Bouge toi le cul

Parfois, le soir, je ne fais rien. Glandant gentiment sur Twitter en matant des vidéos à la con sur Youtube*, je vois parfois passer un pseudo que je connais, une personne que j’ai côtoyé dans une ancienne vie. C’est un peu la magie perverse des réseaux sociaux : soudain, un nom ou un pseudo perdu dans les limbes de votre mémoire vous revient soudain à la figure et vous brûlez d’une petite curiosité, parfois malsaine: et alors, il-elle devient quoi ?

stalking

Les parcours sont variés, certains ont trouvé une joyeuse moitié, d’autres ont même eu l’audace de se reproduire, j’ai accès à leurs photos de couple, leurs photo de bonheur qui ne me regarde pas, finalement. Puis d’autres exposent d’autres aspects de leur vie : leur réussite. Quand je parle de réussite, je ne parle pas nécessairement de réussite au sens capitaliste du terme mais oui, certains ont réalisé leur rêve. Et moi, j’en suis où ?

aladdin magic lamp on black with smoke
aladdin magic lamp on black with smoke

Bonjour, je m’appelle Nina B. et je suis une putain de flipette qui se réfugie dans la procrastination pour ne pas réussir. Voilà, on pouvait pas mieux résumer la situation. Je suis la fille qui veut faire plein de choses mais repousse toujours au lendemain pour d’obscures raisons qui tiennent au choix de la flemme ou de la peur ou des deux. Ma vie est loin d’être un échec, entendons-nous bien, mais il y a ces rêves que je repousse pour « quand j’aurai le temps ». Vous voyez très bien de quoi je parle, vous qui me lisez depuis longtemps, n’est-ce pas ?

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Des fois, j’ai de petites ambitions. Genre créer de nouveaux blogs qui seraient plus axés sur une rémunération, même minime, histoire de (je ne parviens pas à me résoudre à mettre de la pub sur les vingtenaires), lancer une petite marque de bijoux et accessoires faits main juste pour le côté je l’ai fait et choper 30 € de plus par mois (la richesse). Je veux aussi me lancer dans la vidéo, apprendre la musique, une nouvelle langue, tout ça, tout ça. Mais non, je ne fais rien parce que tu comprends, « j’ai trop de travail, j’ai pas le temps ». Notez qu’il est vrai que je suis bien (trop) débordée et que le soir, je suis bien meilleure à résoudre quelques escape rooms (ma nouvelle addiction) en matant une énième fois des épisodes de Salut les geeks, le fossoyeur de films ou le joueur du grenier qu’à écrire trois phrases correctes. Puis la naturopathe, elle a dit que j’avais droit à la paresse alors hein… Et c’est vrai. Mais faut assumer alors.

Mon chat assume son droit à la paresse, par exemple
Mon chat assume son droit à la paresse, par exemple

Et j’avoue que c’est là que le bât blesse un peu. J’ai pas envie d’être juste une fille de bureau. Mon travail n’a certes rien de routinier, je dois régulièrement me pencher sur de nouvelles marques, de nouveaux univers, comprendre ce que veulent des gens qui sont différents de moi, d’une marque qui ne me parle pas. Je suis l’écolo bobo qui anime la page de voitures plutôt polluantes, je suis la rêveuse qui raconte des histoire autour de pays où elle n’est jamais allée pour des compagnies aériennes, je suis l’experte de la bancassurances qui finit à découvert tous les mois, je suis la fille qui écrit des tweets sur un film qu’elle n’a pas vu… Ca occupe. Mais est-ce que ça suffit à m’épanouir ? Non car ce métier me permet de toucher des tas de choses du bout des doigts mais jamais de soulever le voile. Entre parler d’une voiture et la piloter, il y a un gouffre. Entre habiller la photo d’un sublime paysage d’un texte évocateur et voir ce paysage de mes yeux, il y a un abysse. J’ai envie d’expérience, j’ai envie d’aventure, je dois essayer.

Ici, par exemple, une aventure que je ne vivrai jamais
Ici, par exemple, une aventure que je ne vivrai jamais parce que ça me terrorise à mort

Alors maintenant, le dire, c’est bien, le faire, c’est mieux. Parce que ces gens là, croisés irl ou virtuellement dans une autre vie, ils ont pris leur destin en main, ils ont essayé. Si je prends le cas de Natoo dont j’ai déjà parlé, ses petites vidéos lui ont apporté beaucoup : une carrière, des projets (un livre, une BD) et même un mec.  Moi, j’ai déjà le mec mais sur le reste, y a du boulot.

Je déteste tellement ce genre de carton citation de mes fesses...
Je déteste tellement ce genre de carton citation de mes fesses…

Quotidien vs la recherche d’un extraordinaire, la bataille est lancée.

* J’ai plus la télé depuis presque un an. Pas par choix, non, juste par flemme d’appeler SFR pour réclamer une nouvelle télécommande. Ca vous situe mon envie de récupérer une télé

J’ai vu pour vous l’Exoconférence d’Alexandre Astier

Il y a un mois ou à peu près, Zeno et moi nous sommes rendues au Théâtre du Rond-Point pour assister à l’Exoconférence d’Alexandre Astier. Petit préambule : Astier ne semble ne pas faire l’unanimité, ce qui est plutôt sain, je ne suis moi-même pas une fan absolue même si j’ai pas mal de bons souvenirs de Kaamelott, j’y suis donc plus allée par curiosité qu’autre chose. Et la curiosité est toujours la meilleure raison pour découvrir quelque chose.

ExoConferenceAffiche

Ca commence : écran géant qui commence à diffuser des images de synthèse avec Astier qui commente : voici le Big Bang, ça explose, l’univers existe… Lumière, l’acteur apparaît, boîte de popcorn en main et nous explique : c’est bien joli et impressionnant cette explosion mais il est fort probable qu’il n’y en ait pas eu, en fait… Et c’est parti pour 1h30 d’une histoire de l’univers vu par les hommes un peu revisitée. De l’Antiquité au Moyen Age avec un passage obligé par Ptolémée, Copernic puis Fermi et son fameux paradoxe sur l’existence ou non des Extraterrestres. Car voici où nous amène Astier : démonter l’histoire d’ET qui viendraient nous rendre visite et la possibilité de papoter avec une quelconque civilisation extraterrestre.

extraterrestre

Point récurrent du show : la critique assez piquante mais très drôle de la plaque de Pioneer qui semble pour lui la pire façon de communiquer avec une éventuelle civilisation extraterrestre qui ne comprendrait sans doute pas trop ce qu’on lui veut. Puis il détricote certains cas connus d’OVNIS passés par la Terre : Roswell (passé un peu vite), le faux crash d’un OVNI à Sverdlovsky en Russie, l’enlèvement du couple Betty et Barney Hill… La démonstration est assez convaincante en soi et drôle.

Exoconference_Astier

Bref, l’Exoconférence est globalement un bon moment, je mettrais cependant deux bémols :

  • je n’ai pas toujours tout compris aux délires d’Astier. On sent un peu le gars qui a tripé tout seul dans son coin pendant l’écriture du spectacle et on se retrouve avec des passages un peu étranges, notamment quand, après avoir philosophé sur l’univers en citant du Saint-Augustin, hop, y a son groupe qui débarque et c’est parti pour un boeuf avant de nous diffuser une scène façon 3D où Astier nous explique qu’il est physiquement impossible de communiquer avec d’autres civilisations extraterrestres au regard des lois de l’univers et de la physique tout en se mettant en scène dans un OVNI. Heu… wokéééé…
  • le côté un peu lapidaire et condescendant d’Astier. Ok, ça fait partie de son personnage mais le côté “c’est comme ça et c’est pas autrement » sur quelques affirmations sur lesquelles il passe sans s’attarder, ça me fait lever un sourcil… Un exemple qui m’a un peu marquée pour mieux expliquer mon propos : Astier évoque quelques fois les adeptes du complot affirmant que l’homme n’est jamais allé sur la Lune. On se fout bien de leur gueule puis il balance “si, on y est allés, voilà !”. Même si je suis pas convaincue de l’existence de ce complot , je pense que 2 ou 3 arguments comme sur d’autres points évoqués. Bref, il affirme tout en sous entendant bien qu’il faut être con pour y croire. Je ne suis pas sûre qu’il faille être “con” pour être séduit par une théorie du complot, celles-ci étant construites en général de façon à être crédibles, justement. Savoir démontrer un fait, c’est éventuellement plus efficace que l’affirmer… Mais je m’égare.

astier-steampunk

Bref, j’ai apprécié l’Exoconférence même si j’ai pas adoré, je suis sortie un peu mitigé au vu des deux bémols cités juste au dessus. Je ne regrette néanmoins pas d’y être allée car j’ai appris deux ou trois petits trucs au passage. Par exemple, saviez-vous que l’univers aurait un goût de framboise ?* En effet, il est composé en grande partie de formiate d’éthyle que l’on retrouve en grande quantité dans les framboises. Voilà, moi, je savais pas et je pourrai faire ma crâneuse dans les dîners en ville.

framboise

* Et une odeur de rhum selon cet article. Il semble donc que le paradis existe et que c’est l’univers. Cohérent.

Modern stalking

Par Audrey

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Le problème des ruptures à l’ère du web 2.0, c’est qu’elle manque de netteté. Comment tourner la page alors que l’autre reste là, à portée de clic. Malgré les résolutions, malgré l’envie d’avancer, comment résister à l’envie d’aller jeter un oeil… Ne serait-ce que pour vérifier qu’on n’est pas la seule à en chier. Sauf que sur les réseaux sociaux, on a tendance à mettre en avant ce que l’on fait de cool. Et là, la curiosité vire à la scarification mentale.

Mais qui est cette pouffe qui like tout ce qu’il poste avec la régularité d’un métronome ?

Benoît était, quand nous étions installés ensemble, la parfaite incarnation du mot « pantouflard ». Plus motivé à l’idée d’un plateau télé ou d’une soirée console que par l’idée d’aller voir dehors ce qu’il se passe. Mais là, depuis qu’il est seul, il semble pas mal sortir. Un coup au concert de Fauve (style de musique qu’il semblait détester quand nous étions en couple), avis posté sur le dernier Woody Allen, expo à Beaubourg… Mais qui est cet homme ? Mais surtout qui est cette pouffe qui like tout ce qu’il poste avec la régularité d’un métronome ?D’ailleurs, pourquoi lors du concert des Artic Monkeys, elle l’a tagué sur une photo ? C’est qui cette Aurélie ?

Côté face, je souris, je joue la fille « la vie devant moi, youhou ! ». Côté pile, mon estomac est en train de se décomposer sous l’effet des giclées de bile aigre provoquées par toutes les apparitions de cette mystérieuse Aurélie dans la vie de mon mec… euh, mon ex. Jusqu’au jour où ça apparaît en toutes lettres sur mon écran, un coup virtuel dans les tripes « Benoît Garassi est maintenant en couple avec Aurélie Chastain ». Je saisis mon clavier et vomis ma colère, prête à lui démontrer l’étendue de mon vocabulaire le plus ordurier.

Mais, sur les conseils de mon amie Elisabeth, je finis par ne pas l’envoyer. Parce que ça sert à rien. Parce qu’il s’excusera d’avoir été maladroit, oui, mais il ne m’aime plus et la scène, même un peu légitime, qu’il va se prendre ne changera rien. Audrey out, Aurélie in, c’est comme ça.

Devant mon Facebook, je me décide enfin à faire ce que j’aurais dû faire depuis le départ

Alors je me plante devant mon Facebook et fais ce que j’aurais dû faire dès le départ mais que je n’avais pas eu le courage d’exécuter pour de fausses raisons (« non mais ça fait mesquin, tu comprends »). « Voulez-vous vraiment supprimer Benoît Garassi de votre liste d’amis ? ». Oui.

Plan cul ou plan love ?

Remplir sa fiche de site de rencontre est un vrai acte de foi tant on veut tout savoir de vous. Certains vont même jusqu’à vous questionner sur votre lingerie ou vos pratiques sexuelles tout en vous demandant : tu cherches l’amour ou les parties de jambe en l’air ? Ils sont bien curieux, ces sites !

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Mais après tout, si je trouve la question des pratiques sexuelles et de la lingerie franchement sans intérêt (coucou adopteunmec, le site soit disant pour les filles qui doivent cependant exhiber leurs dessous et leurs pratiques intimes pour choper du mâle), la question de ce que l’on cherche peut être intéressante. Alors, est-ce que je cherche l’amour ? Bah oui, hein, tant qu’à faire, ça ferait plaisir de trouver the big love. Mais on n’est pas forcément opposés à un petit plan cul si jamais on trouve un gentil partenaire avec qui on ne fera pas notre vie pour X ou Y raisons, je mets quoi alors ? Car la réponse a son importance :

Carrie Bradshaw
– Je cherche plutôt du cul : vous ne cherchez rien de sérieux ? Attendez-vous à recevoir des mails en conséquence. « Salut, on baise ? » Oui, manifestement, le fait d’assumer chercher des relations sexuelles fait de vous un être insensible à toute forme de bienséance. Ecartez bien les cuisses ou les fesses, tendez fort votre bambou magique, c’est à peu près tout ce qu’on attendra de vous. Votre conversation ? Non mais on s’en branle, on est là pour la baise, pas pour se la jouer café philo. Tant pis si vous êtes du genre jouisseur intellectuel. Sauf si vous considérez que papoter de la pertinence ou non de la fessée lors du coït est stimulant pour votre intelligence. Bref, assumer sa liberté de niquer, c’est souvent se transformer en aimant à gros-ses lourd-e-s.

Aldo Maccione dragueur lourd
– Je cherche l’Amour : option intéressante pour faire un peu le tri entre ceux qui ne cherchent qu’à visiter vos dessous et ceux qui s’intéressent un peu au reste de la bête. Sauf que vous prenez le risque de perdre légèrement en marge de manoeuvre et recevoir des mails flippants à base de « je cherche un-e époux-se, je suis sérieux-se, diplômé-e en truc muche et très certainement fertile, youpi ». Je vous jure avoir reçu ce genre de mail ! Le problème, c’est qu’en évoquant d’entrée de jeu l’envie que ça devienne sérieux, non seulement vous perdez toute insouciance, cette période un peu bénie où vous vivez d’amour et d’eau fraîche sans vous poser de questions, mais surtout vous risquez de vite vous retrouver étouffé-e par un date certes bien intentionné qui va vous parler appart commun et prénom de bébé au lieu de vous parler de nuit blanche torride ou petit week-end à Venise ou à Rome. Et enfin, chercher rigoureusement l’Amour (avec un grand A) pourrait vous permettre de collecter une belle masse de pervers manipulateurs en tout genre qui verront en vue un-e désespéré-e de l’amour facile à embobiner.

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Alors, je mets quoi ? Rien ? Non, mettez tout si vous le pouvez : les petites histoires peuvent parfois se transformer en grande. Mais gardez la tête froide : l’amour ne se trouve pas si facilement au détour d’un clavier.
Love keyboard
Bien, vous avez votre photo, vous avez répondu aux questions. Maintenant, préparons nous à la plus casse-gueule des épreuves : la rédaction de l’annonce.

J’ai testé pour vous : être dans le public à la télé

Ce qui m’a permis de mater le Grand Journal en entier pour la première fois de ma vie.

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Je suis pas une très bonne spectatrice. En fait, je regarde de moins en moins la télé pour cause de vie intense (même si pas hyper trépidante, je n’arrive juste plus à quitter le boulot avant 20h en ce moment) et je n’allume plus ma télé que pour mater des replays de série ou Greek sur Canalplay Infinity (c’est ma nouvelle passion, les fraternités et sororités… Enfin, je dis ça, y a trois semaines, j’avais décrété que c’était le meurtre de la famille Romanov donc bon…). Puis un jour, on me propose d’assister au tournage du Grand Journal via le boulot. Moi curieuse, moi dire oui. Mercredi, me voici donc partie à 17h (youhou !) avec mes collègues pour les studios Canal. Au menu : Kanye West. Heu… Ouéééééé…

KanyeWest

Comme on est des gens du public VIP, on passe en premier par la loge régie avec champagne et petits fours, cool. La fille qui nous reçoit nous parle un peu de l’émission « oui y aura Arié Elmaleh et puis [chroniqueur dont j’ai oublié le nom] et [chroniqueur dont j’ai oublié le nom aussi] ». Je hoche la tête avec conviction mais n’ai aucune idée de ce dont on me parle. Je suis vraiment larguée, en fait…

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Après ce petit apéro, on a droit à une visite de la boîte à question, youpi ! Alors qu’on fait la queue pour rentrer, Antoine de Caunes passe à côté de nous et nous demande ce qu’on va faire là dedans. Huuuu, Antoine de Caunes ! Oui, ado, je pouvais regarder les émissions télé passant avant 22h et Nulle Part Ailleurs, je gérais. Bon, on fait un peu les cons dans la Boîte à questions puis on part en plateau. Nous voilà assis au premier rang, derrière l’invité, et la fille de Canal nous dit « Alors, Nina, Eva et Essenam, on va voir que vous à la télé ! ». Heu…je… Le chauffeur de salle nous met dans l’ambiance, on est sur brieffés sur les moments où il faut applaudir ou non, le fait d’être toujours souriants parce qu’on voit tout le monde à la télé, de pas trop bouger, de pas se tripoter les cheveux ou se mettre les doigts dans le nez, patati patata.

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Et c’est parti pour l’émission, on reçoit Laurent Fabius sur la Syrie. Super facile d’être enjoué et souriant sur le sujet, youhou ! En fait, le souci, c’est de trouver une pose en mode « bien droite mais quand même détendue » avec une proximité physique avec des inconnus (j’étais entre une collègue qui louait notre nouvelle intimité… Aaaaah ? et une inconnue) mais surtout de caler son regard pour pas faire croire qu’on rêvasse. Parce que moi, quand je rêvasse, je louche, je le sais. Mais vu que M. Fabius nous tourne le dos, je fixe sa nuque avec ardeur (en me concentrant sur l’éventuelle apparition d’un strabisme), je respire de soulagement à chaque magnéto lancé tandis que ma voisine laisse tomber sa tête sur mon épaule de soulagement. Les retours sont un peu foireux, on rate le lancement de la pub que nous avait enseigné le chauffeur de salle, on n’applaudit pas un chroniqueur parce qu’on nous avait dit de pas applaudir au retour plateau. En gros, on est paralysés par les caméras et le fait qu’il faille « bien faire », comme à un spectacle de fin d’année quand on était gosse. Et puis moi, j’ai pas envie de fixer la nuque de Fabius ou de Véronique Vasseur arrivée pour dézinguer me système de santé français (ambiance, ambiance, souriez, vous êtes filmés), j’ai envie de regarder les caméras qui s’agitent autour de nous, observer le public… Bref, tout regarder et pas juste faire la statue de sel.

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Ca s’enchaîne, la fille de la météo passe. Elle est immense et si mince, je pensais pas qu’il était possible d’être aussi mince. Je pourrais enserrer sa taille avec mes mains alors que j’ai de toutes petites mains ! Elle avance en talons, j’ai peur qu’elle se casse mais non. Elle fait un sketch où on doit rire (horrible, j’avais envie de tousser), on comprend pas qu’à l’écran, on voit la carte météo, on est largués. Ca enchaîne avec les Guignols, ce sont nos rires qui sont enregistrés. Y a une vanne sur Martine Aubry fringuée comme une Roumaine, ma voisine se penche vers moi « c’est pas drôle ! ». Faut dire que ma collègue est Roumaine, justement… Retour en plateau pour enregistrer la deuxième partie qui sera diffusée lundi soir avec un bouddhiste mais surtout Kanye West. Ah oui, Kanye…

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Je suis pas fondalement fan de Kanye. A dire vrai, je ne connais absolument aucune de ses chansons à part son featuring avec Katy Perry sur ET (j’ai un peu honte de l’avouer). La pression monte, des tas de gens entrent sur le plateau, c’est assez le bordel. Mes collègues montent sur nos sièges mais je retiens la leçon, je reste au sol, moi. Lancement de De Caunes, Kanye arrive et… il est pas trop là en fait. Je veux dire le mec fait son taf mais il a un regard complètement mort, tu sens qu’en coulisses, ils ont pas fait que grignoter des biscuits avec une tasse de thé, quoi. Première chanson plutôt cool, on rentre bien dans l’ambiance, c’est assez énorme pour qui est fan, je suppose. Il revient pour un deuxième titre qui sera diffusé sur le net, il se roule par terre, touche trois fans qui se mettent à pleurer mais il est toujours pas là. Fin de l’enregistrement. Déjà ? Allons siroter un peu de champagne pour se remettre de nos émotions.

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Conclusion ? C’est assez amusant même si le côté pas bouger est assez crispant, au sens physique du terme. J’ai été étonnée de voir que pendant les pubs, personne ne se parlait autour de la table, entre ceux qui révisent leurs fiches, ceux qui se font remaquiller et ceux qui… rêvassent, peut-être. Finalement, c’est un peu froid et convenu, les « obligations » d’applaudir à des moments et pas à d’autres cassent un peu la spontanéité, on est toujours un ton en décalé genre quelqu’un balance une vanne, le rire intervient un peu en décalé, les « woohoohoo » coquins un peu après, comme si on mettait du temps à percuter. Non, non, on veut juste pas se prendre la honte devant la France entière.

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Enfin, je dis ça, à l’arrivée, je suis pas passée une seule fois à l’image en fin de compte, je n’étais pas du tout dans le champ de la caméra. La prochaine fois, je me mettrai des doigts dans le nez si je veux… Ou je viendrai par moi-même : les blondes, elles chopent toutes les places derrière De Caunes.

Plaidoyer pour un mariage laïque

Vous me connaissez, j’aime bien m’énerver, c’est un véritable talent chez moi. Et tiens, puisque je papote pas mal mariage en ce moment sans être concernée, continuons sur la lancée et parlons mariage homosexuel.

Je ne vous referai pas un vibrant plaidoyer pour le mariage gay, je l’ai déjà fait. Je voudrais plus parler du débat actuel sur la question et les incroyables amalgames qui se font. Voilà que le personnel religieux vient ajouter son (gros) grain de sel parce que, merde, le mariage, c’est leur affaire. Pardon ? Ah ça y est, je suis énervée.

D’un point de vue légal (car on parle d’une loi sur le mariage gay donc je suis bien au cœur du truc), le mariage est un contrat entre deux personnes, encadré par le code civil qui stipule les droits et obligations des époux. C’est la signature sur ce contrat et celle-là seulement qui compte. Le reste n’est sur folklore et n’a aucune valeur juridique. D’ailleurs, lors d’un mariage religieux catholique (je n’ai jamais malheureusement assisté à des mariages d’autres confession, ma curiosité et mon envie de chanter Hava Nagila en tapant des mains le vivent mal), le prêtre dit « ceux que Dieu unit, nul ne peut les séparer ». Ben j’en connais pas mal qui ont divorcé quand même. Mairie 1 – église 0.

Le mariage à l’église se fait déjà à la discrétion du prêtre donc d’où ils viennent chouiner ? S’ils n’ont pas envie de marier des gays, rien ne les obligera. Alors pourquoi leur demander leur avis ? Ah oui, les débats politiques incluent une dimension philosophico-morale et après tout, ils ont le droit de donner leur avis comme les autres. C’est vrai. Pourtant, on ne manque pas de philosophes spécialistes des questions amoureuses, historiens de la vie privée ou sociologues de la famille et de la vie de couple prêts à intervenir également. Ça ne me gêne pas en soi qu’un personnel religieux vienne exprimer sa conception des choses sauf quand c’est fait de façon systématique. Car ce qui me gêne, c’est qu’on accentue l’association mariage-religion et là, je dis non.

Oui les mariages dans une belle église, ça a de la gueule mais merde, ça n’a rien d’obligatoire. Ça m’agace même un peu les athées qui se marient à l’église pour le folklore. Oui, le mariage à la mairie, c’est une signature de contrat, ça n’a rien d’émouvant et les photos à la sortie de la mairie sont moins jolies qu’à la sortie de l’église. Mais si le cœur vous en dit, rien ne vous empêche d’organiser une petite cérémonie laïque histoire de donner un vernis affectif à la journée.

Le mariage n’appartient à aucune religion. Et ça, ça ne me semble pas intégré du tout et ça fausse le débat.

Ah non, j’ai perdu mon horloge biologique

(et mon badge pour la cantine aussi mais ce dernier, j’aimerais vraiment le retrouver)

Ces derniers temps, ma vie tourne autour des grossesses et naissances de gens plus ou moins proches de toi. C’est pas compliqué, entre novembre et mai 2012, 9 enfants ont ou vont débarquer dans mon entourage proche. 9 ! 3 sont déjà nés dont le même jour. C’est à dire que dimanche 13, 100% de mes cousines ont accouché (j’en ai que 2, le 3e enfant est celui de Ioulia). Et sur mon Facebook fleurissent les photos de nourrissons fraîchement démoulés, de “bienvenu dans la vie petit(e)”. Bref, le taux de natalité autour de moi fait des bonds. Effet crise ou pas, j’en sais rien mais du coup, ça me renvoie à ma propre fertilité.


J’ai 31 ans et, oui, j’ai un désir d’enfant. Mais un désir d’enfant dans mon entourage, pas un à moi. Hé non, 31 ans et pas envie d’être maman, c’est comme ça et je peux très bien l’expliquer. D’ailleurs, je le fais.
– Dans ma tête, j’ai toujours 25 ans.


– Comme je dis souvent (enfin, j’ai mis cette phrase au point y a 3 semaines mais je la ressors tous les jours) “c’est pas que je veux pas devenir mère, c’est qu’aucun enfant ne voudrait de moi comme mère”. Ben oui, je pense qu’à l’heure actuelle, je serais une mère calamiteuse, du moins loin de ce que j’ai envie d’être comme maman. De un, je ne suis pas disponible en terme de temps (et un enfant, ça en prend un peu quand même). De 2, j’ai plein de choses à faire avant de me reproduire et si je les fais pas, je serai frustrée, je ferai malgré moi subir le poids de cette frustration à mon enfant et nous finirons tous deux en analyse.


– J’ai pas de mec. Et un stérilet. Alors oui, le premier n’est pas nécessaire, un géniteur suffit si je ne voulais n’avoir qu’un enfant et pas une famille. Mais bon, si tu veux, j’ai un peu envie de savoir avec qui je fais un gosse et le temps que je le séduise, que je l’amadoue, que je le VIH-teste… Ben voilà, si demain je veux un gosse, ça n’arrivera pas de suite. Et je te parle même pas du fait qu’il faille rarement tirer un seul coup pour que ça arrive (ça ne marche que quand t’as pas envie d’un gosse en général). Bref, rien que de l’écrire, ça me fatigue. Et oui, pour le stérilet, ça, ça s’enlève facilement.


– Un enfant, c’est un investissement. Tu vois, j’ai eu le choix : faire un enfant ou partir en Thaïlande. Bon ben je décolle le 23 février (hiiiiiiiii !). Et je dis ça mais un enfant, surtout le premier, ça coûte bien plus cher qu’un séjour en Thaïlande. Rien qu’entre le berceau, la poussette, la poche kangourou, le parc, le babycook, les jouets, les fringues… En plus, je me connais, je suis une foutue acheteuse compulsive donc lâche-moi dans un magasin de fringues pour bébés et tu vas voir le massacre. De 1, je vais pousser des cris suraigus à la limite des ultrasons devant des tenues “krokro mignonnes hiiiiiiiii” et je vais tout acheter. Déjà, là, je dois aller jouer un peu avec le feu et aller acheter un petit truc pour ma nouvelle petite cousine, je te dis pas… Je suis folle.


– Je suis en fait très loin de l’image d’une mère correcte à mes yeux. Je reviens au deuxième point, oui, cette argumentation part à vau-l-eau mais on s’en fout, c’est pas une dissertation non plus. Bref, je disais, je suis pas une bonne mère potentielle à mes yeux. C’est à dire que moi, comme je l’ai déjà dit, j’ai eu une enfance très heureuse avec des parents à qui je n’ai pas grand chose à reprocher in fine. Mon principal problème dans la vie, c’est que ma famille est trop parfaite, hé oui. Du coup, j’estime que ma future progéniture doit avoir la chance de bénéficier d’un environnement aussi douillet et heureux que fut le mien. Enfin, je suis pas responsable des aléas de la vie, ok, il se peut que le papa et moi ne restions pas ensemble pour toujours sans que ça soit un drame mais j’ai envie qu’au départ, les conditions soient favorables à l’épanouissement d’un enfant. Oui, j’ose le dire, pour moi, faut deux parents pour élever bien un enfant essentiellement car il me faut quelqu’un pour canaliser mes angoisses et mon gêne « potentielle mère étouffante ». C’est à dire que seule, mon enfant n’aura même pas le droit de se mettre debout, il pourrait tomber et se faire mal, quoi ! Et là, j’y suis juste pas du tout. Je le vis très bien au demeurant, l’image de la maman que j’ai ne coïncide juste pas avec ce que je suis aujourd’hui, ce sera une moi de dans quelques années ou une moi qui n’existera jamais, peu importe.

– je suis curieuse, oui, j’ai parfois la curiosité de connaître les joies de la grossesse (beaucoup moins celles de l’enfantement) pour savoir ce que ça fait. Mais ma curiosité est de courte durée en général, elle ne durera jamais neuf mois. Et puis expérimenter la grossesse, je veux bien mais on se retrouve quand même avec un bébé ensuite et faut le gérer. Et même si je suis curieuse de certains trucs de la maternité, j’en prends à minima pour 20 ans (oui, je suis très optimiste) et euh… Ben non, merci.

Alors continuez à faire des enfants, je serai ravie de jouer avec et pouponner un peu. Mais ça me suffira, merci.

Le complexe de la sous-culture

Ceux qui me lisent depuis la naissance de ce blog auront peut-être noté une légère évolution sur un point. Non la disparition de mes récits sexuels, je parle de culture. Voyez pas ? Simple : je suis officiellement décomplexée de la sous-culture. En somme je n’ai aucune honte à dire que j’écoute de la musique hypra formatée, à lire du Guillaume Musso dans la rue, même si je trouve ça très mauvais, et
je suis très fière de voir les vingtenaires cités sur le blog des sitcomologues, je savais que mes nuits blanches devant AB ne seraient pas vaines. Je ne ressens aucune honte, non. Parce que, tout simplement, je n’ai rien à prouver à personne.

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Pendant longtemps, je n’ai mis en avant que ma haute culture, cachant le fait que j’étais une fan absolue de Sunset Beach par exemple. Alors qu’aujourd’hui, je revendique haut et fort le droit de mater des soaps, alors même que je ne peux plus en voir aucun pour cause de vie professionnelle. Même si on peut voir la plupart sur TF1 et France 2 replay. Mais j’ai pas trop le temps et surtout, je ne sais plus bien qui est qui et où on en est. Non c’est vrai quoi, par exemple, dans Amour, gloire et beauté, en ce moment, Taylor, elle est morte ou pas ? Oui, elle passe son temps à mourir pour de faux, c’est épuisant. Mais là n’est pas la question, je m’égare.

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Donc la sous-culture. Les gens qui se sentent toujours obligés de ne s’adonner qu’à la Culture avec un grand C et en parlant avec le nez froncé (alors même qu’ils ne se sentent plus péter, c’est curieux), ça me gonfle. Attention, je ne dis pas qu’on n’a pas le droit de ne pas aimer la sous-culture, je comprends aisément qu’on ne soit pas sensible à la musique d’une Lady Gaga ou d’une Rihanna, qu’on crève d’envie de jeter le bouquin de Musso par la fenêtre du TGV (ça, c’est moi), qu’on refuse l’idée d’aller voir un blockbuster au cinéma. La
question n’est pas là. Ce qui me gonfle, c’est qu’on refuse même de s’y pencher 5 mn. Non mais j’ai lu un Musso pour me faire une idée, merde (tu le sens mon gros traumatisme !). Ce n’est pas de la culture, c’est de la curiosité, c’est sain.

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Au dela de ça, je me demande toujours si cette posture d’hyper culture, en opposition à la sous-culture, n’est pas un réflexe pour cacher un complexe. Voyons un peu ça de près. Pendant longtemps, j’ai eu du mal à dire « je ne sais pas » tant l’idée d’admettre de ne pas tout savoir me mettait mal  à l’aise. Elle ne sait pas, brûlez l’impie ! Aujourd’hui, je le dis sans complexe car je sais que je ne peux pas tout savoir et Dieu merci, je risquerais de me faire un peu chier le demi-siècle de vie qu’il me reste (selon l’espérance de vie moyenne, je
ne connais pas la date de ma mort). Je picore la culture selon mes lubies du moment. Par exemple, cette année, je prends des cours de bio marine au club de plongée, discipline à laquelle je ne connais rien à la base puisque la bio n’a jamais été ma tasse de thé. Mais même dans les disciplines qui me sont plus favorables, je ne peux pas avoir tout vu/tout lu. Et même si je deviens centenaire, ce sera toujours le cas. Ca frustre un peu d’y penser mais quand on envisage les millions et millions de livres écrits, impossible d’un jour tous les lire. C’est comme ça. Même les classiques, d’autant qu’il faudrait s’entendre déjà sur la définition de classique. Alors il est vrai qu’au vu du peu de temps qu’on a à consacrer à la Culture, je devrais un peu avoir honte de le consacrer à des merdes. Sauf que de un, j’aime bien les merdes (surtout si c’est un téléfilm avec un avion qui va pas bien) et de 2, mon cerveau est un muscle et parfois, il aime un peu se
reposer, lui aussi. Et y a des contextes qui se prêtent peu à la Culture comme lire « l’existentialisme est un humanisme » sur la plage, on comprend pas, on n’est pas concentrées. Bon et quand j’ai fait ça, j’avais 17 ans aussi et aucun cours de philo à mon actif.

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J’arrive à un âge où je me fous un peu de l’image qu’on peut avoir de moi, vu qu’elle fluctue d’une personne à l’autre selon ce que je dis ou fais. On peut me prendre pour la dernière des dindes car je suis hyper calée en sitcoms, je m’en fous. Surtout que sociologiquement parlant, les sitcoms, y a de quoi dire ! Mais peu importe. Ceux qui me connaissent savent que je suis une incurable curieuse qui va lire tout et n’importe quoi pour assouvir précisément cette curiosité, une pique assiette de la connaissance qui peut étudier un sujet
à fond car c’est sa nouvelle lubie et d’autres où elle restera en surface mais ne demandera qu’à en savoir plus si elle croise quelqu’un qui lui expliquera. Je ne truffe pas mes phrases de mots de plus de trois syllabes de façon systématique pour faire ma cultivée car ça alourdit le propos et la forme ne prime pas sur le fond, sauf sur chez les impressionnables. J’ai tendance à croire qu’il est plus simple de communiquer en ne décorant pas ses propos de termes pompeux et superfétatoires (oui mais celui là, je l’aime bien), allons à l’essentiel. J’ai du vocabulaire, merci de vous en préoccuper mais les mots rares et précieux, c’est comme une paire d’escarpin à 600 euros, tu vas pas les mettre tous les jours. Heu… Bon, ok, j’ai foiré ma métaphore. Surtout que ce n’est en rien un signe de grande culture, suffit de faire un tour sur vocsoutenu.net, on chope deux ou trois mots et hop, on passe pour du cultivé. Quand je vous dis que ça ne marche que sur les esprits impressionnables. Un peu comme ceux qui capturent la conversation pour l’amener sur les deux sujets qu’ils maîtrisent, passant pour de grands cultivés alors qu’ils flippent que la conversation glisse sur un terrain plus inconnu. Un peu comme dans cette scène de Friends où Joey, qui a acheté une encyclopédie, veut parler du Vietnam mais ses amis partent sur l’Indochine et il est largué.

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J’ai des références, moi, monsieur.

De l(‘)a normalité

J’aime observer mes congénères et me moquer un peu des comportements caricaturaux, notamment les anticonformismes qui ne sont finalement qu’une obéissance à un autre conformisme. Pour ma part, je ne sais pas bien me positionner sur la question, je fais comme à mon habitude : à la carte. Mais tu te rends vite compte que même quand tu ne revendiques rien en soi, la pression sociale est terrible.

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La semaine dernière, voyage en famille à 7. Ma sœur et son mec, mon presque frère et sa copine, mes parents puis moi, le boulet célibataire. Enfin, célibataire, tout est relatif puisque suite à une histoire de médicaments, mes parents sont persuadés que j’ai un compagnon. Ce n’est pas faux en soi mais c’est compliqué et surtout non exclusif et j’ai juste pas envie de leur expliquer. Mais voilà, je provoque le chiffre impair. Et quand ça parle mariage ou bébé, je me sens exclue. Quand je vois qu’on ne me compte aucun +1 éventuel à une fête qui aura lieu dans un an ou qu’on me demande si je peux envisager de vivre toute mon existence seule (sans compagnon et sans enfants), je me sens vieille et desséchée.

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Et pourtant, parallèlement, je n’ai pas forcément envie du schéma traditionnel mariage et gosses. Surtout pas mariage, d’ailleurs, ça coûte un fric monstre, on doit se supporter des gens qu’on aime pas, ça met une éternité à s’organiser. Moi je me dis qu’à mes yeux, le seul mariage tolérable, c’est celui de Lily et Marshall au pied d’un arbre avec juste les amis proches dans How I met your mother. Non parce que soyons sérieux, le mariage, fiscalement, ça reste intéressant, plus que le pacs. Mais à force de te sentir la bête curieuse, tu finis par ne plus si bien vivre ta vie de… De quoi d’ailleurs ? Je n’avais jamais cherché à me définir jusque là, j’aime me voir comme un papillon même si je manque parfois de légèreté sur certains points.


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Finalement, se range-t-on des voitures par pression sociale ? J’en parlais l’autre jour avec un homme et on était assez d’accord pour admettre que les femmes à la sexualité débridée se comportaient souvent comme ça pour ne rien regretter quand viendra the big one. Moi comprise. J’ai souvent « peur » de ne pas vivre toutes les expériences qui me tentent car une relation forte de type monogame me sera tombée dessus un beau matin. Il n’y aurait pas drame en soi, je sais que mes fantasmes ne sont pas immuables et même casée, monogame et heureuse, je fantasmerai sur des personnes ou situations pas forcément réalisables. Mais on en revient au point de départ : pression sociale ? Si je considère ma relation non exclusive avec Amant chouchou, personne identifiée par mes parents mais qui ne savent pas que je ne suis pas la seule dans le tableau, je ne suis pas sûre d’être capable de leur expliquer très précisément la situation. D’ailleurs pas qu’à mes parents, la plupart des gens ont du mal à comprendre… Pourtant ma mère envisage tout à fait que, moi, je puisse avoir plusieurs hommes en même temps vu que quand j’évoque un ex dont elle a déjà entendu parler, elle me demande spontanément si je le fréquente toujours alors que je suis censée être avec Amant Chouchou. De toute façon, comme elle me répète
sans cesse, je navigue, je n’ai pas de port d’attache.

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Je parle de relations amoureuses mais c’est pareil pour l’éducation des enfants. Je suis tombée deux minutes sur un reportage l’autre jour sur une famille qui voyage autour du monde en voilier (si j’ai bien compris). Réflexion n°1 : et bien les gosses, ils sont pas à l’école ? Et bien bravo! ». A noter qu’ayant pris le truc en route et l’ayant quitté rapidement pour aller au lit donc je ne sais pas si ce voyage se fait hors période scolaire mais pour la suite de la démonstration, partons du principe que ces enfants sont donc déscolarisés pour
faire un tour du monde. Opprobre, scandale, des enfants échappent à notre système scolaire pour voyager ? C’est pas comme ça qu’ils vont trouver du boulot plus tard. C’est vrai, moi aussi, j’ai pensé ça. Sauf qu’à l’arrivée, malgré une scolarisation continue et un bac+5 (et 2 bac+4), j’ai été au chômage pendant un an et demi. Là, encore, on montre « l’anormalité » du doigt mais en y réfléchissant bien, un enfant apprend-il plus sur le banc d’une classe ou en prise directe avec la vie ? Là, franchement, je ne trouve pas la réponse si évidente et je suis même tentée de pencher pour la 2e solution. Il y a quelques années, je suis sortie avec un mec qui avait fait l’école libre, vous savez, là où il n’y a pas de notes, ni rien, enseignement que j’avais rangé dans la catégorie « vaste connerie ». Mais à l’époque, en discutant avec Gaetan, je me suis rendue compte que ce n’était pas si mauvais que ça, il avait pu épancher sa curiosité, toucher à beaucoup de
choses… Bon, il se trouve qu’il a une orthographe déplorable, qu’il est un peu immature et assez beauf mais je ne pense pas que ce soit lié à l’école libre. Je m’égare un peu mais tout ça pour dire que pourquoi la voie « normale » serait forcément la meilleure ? Finalement qui est le mieux placé pour savoir où est le bien de ses enfants ? La société ou ses parents ? Oui bon, ok, c’est pas pour autant que j’approuve tout, le délire des mamans hyper abusives avec le co-dodo et l’allaitement jusqu’à 3 ans « pour ne pas rompre le cordon », je ne suis pas sûre que ce soit pour le bien de l’enfant, je pense surtout que c’est un égoïsme de la mère qui veut que son bébé ne grandisse jamais. Idem pour l’éducation « à la maison » parce qu’à l’école, « y a des voyous ». Pourquoi pas mais tu sais, ton gosse, un jour, il faudra bien qu’il côtoie « les autres ». Brrrr ! Mais bon, après tout, je n’ai pas d’enfants, Dieu seul sait quelle voie je choisirai.

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Bref, « l’anormalité » est souvent assez pénible, d’autant plus quand vous ne vous sentez en rien anormale. Parce que tout est question de contexte. Dans ma famille, tout le monde se case et se marie, ok. Par contre, dans mon entourage amical, hormis Anne qui est toute casée, les autres, c’est le bordel. Et quand je dis bordel, je suis gentille. On valse toutes d’un homme à l’autre, on tombe sur des cas (va falloir que je parle perversion narcissique, tiens)… Donc j’ai dans ma manche de très nombreuses trentenaires célibataires et nullipares
qui ne le vivent pas mal. Ce n’est ni un choix ni une croix à porter, c’est juste un état de fait, limite un hasard de la vie. Alors, non, être célibataire à 30 ans n’est pas anormal. Choisir de vivre des relations « hors normes » n’est pas anormal. Ce n’est pas pour autant que j’envisage de finir seule et sans enfants, je n’envisage juste rien. Je vis et c’est déjà pas mal. Il n’empêche que j’étais quand même un peu ravie de retrouver mon milieu parisien de célibataires en goguette parce que dans ma famille où tout le monde est lié par une bague, je me sentais légèrement en trop, par moment… Et c’est là que tu te rends compte que chaque choix de vie est à assumer, même quand on pensait pas, et que tu finis par te poser des questions… qui n’ont pas lieu d’être.