La curiosité est un masochisme

J’adore sortir ce genre de truisme, ces phrases qui sortent comme autant de révélations, de sentence de sages. On dirait du Sartre, tiens. Oui, j’ai été largement traumatisée par l’existentialisme est un humanisme. Bref.

sartre_existentialisme.jpg

L’autre soir, j’ai donc sorti ce magnifique aphorisme à mlle Sarah qui a pu pénétrer la boite perso de son partenaire mais n’a rien trouvé de suspect, bonne nouvelle pour elle. Car il y a des choses qu’il vaut mieux ne pas savoir. Et je sais de quoi je parle.

yeux_bandes.jpg

Il y a 4 ans, j’ai eu une liaison avec un blogueur du genre passionnée. Dire que j’étais à fond serait un doux euphémisme. Mais la vie étant mal faite, ça s’est fini et là, j’ai pu expérimenter la curiosité masochiste, guettant la moindre de ses notes, lui faisant une scène dès qu’il parlait d’une autre, quand j’avais la sensation qu’il avait dit à une autre les mêmes mots qu’à moi. Une vraie scarification mentale mais la porte était ouverte, je ne pouvais m’empêcher de regarder alors même que je savais que ça allait me faire souffrir. Stupide et stérile. Ce qui m’a sauvée ? Le jeune homme est parti en vacances. 15 jours sans notes sur son blog, j’ai repris ma respiration.

Muscle-Relaxer-And-Pain-Relief.jpg

Aujourd’hui je suis guérie de cette histoire et de mes envies de scarifications mentales, même s’il reste parfois tentant de regarder ce qu’il se cache derrière les portes, qu’elles soient ouvertes ou non. Mais si la connaissance peut être une arme, elle peut se retourner contre vous. Je n’ai jamais cherché à forcer une boîte mail, jamais même jeté un œil alors que je connaissais les codes de Guillaume 1er, vu que je l’avais créée. D’abord parce que je fais confiance, la méfiance est le cancer du couple. Ensuite, imaginons que je regarde et que je trouve des choses suspectes, je fais quoi ? Une scène monstrueuse avouant par la même mon forfait ? Je me tais, sachant que je suis une piètre menteuse ? Savoir n’est pas une délivrance, c’est parfois de la pure torture. Je me souviens d’une histoire avec ce même Guillaume. Le week-end, il restait parfois chez moi et utilisait mon pc pour aller sur le web. Suite à un week-end, je rentre, on bosse chacun de son côté, moi sur le pc. Il faut savoir que j’ai la sale manie de surfer en tapant les premières lettres de l’url. Et là, en tapant un s, je vois apparaitre un truc genre  sex.com ou je ne sais plus quoi. Sur le coup, je rigole et je vais dessus et là, argh, c’est très sado maso hardcore. Je commence à questionner Guillaume qui était en train de faire son sac pour partir, il bafouille et fuit. Qui se ressemble s’assemble, aussi bon menteur que moi. Je fouille donc le pc en tapant toutes les lettres dans ma barre de navigation pour voir ce qui ressort (il avait effacé l’historique). J’ai donc trouve du bondage sm option pince crocodile sur les seins. Le tout en photos amateur ne mettant pas du tout les protagonistes en valeur. Sachant qu’à l’époque, j’étais assez cruche, considérant par exemple que le fait que mon mec se masturbe (sans moi) était un crime de lèse majesté, je suis tombée de haut. Finalement, il s’est pris une belle scène (méritée) à base de « tu m’as menti ! ». Oui parce qu’à l’arrivée c’était quand même le plus grave. Il m’a expliqué qu’en fait, c’était pour un ami à lui et que pour sa part, il trouvait ces photos glauques. Moralité : je veux bien ne pas faire ma curieuse mais ne mets pas
les preuves de ton forfait sous les yeux !

evidence_1_3.jpg

Certains m’objecteront que ne pas vouloir savoir est en soi une forme de lâcheté, une fuite en avant. Pas faux mais une fois de plus, forcer le coffre pour voir ce qui se cache à l’intérieur me parait avant tout une preuve de manque de confiance. Or pour ma part, je considère la confiance comme un élément essentiel du couple. Si je suis tentée de fouiller dans les mail de mon mec, non
seulement je trahis sa confiance mais surtout, je montre que je ne suis pas capable de prendre le taureau par les cornes et de déclencher une discussion avec mon mec à base de « je sens un truc bizarre, que se passe-t-il ? ». Bon évidemment, si je prends la liste de mes exs, l’immense majorité était nulle en mensonge donc c’est un peu facile mais quand même… Je crois qu’on a tous à
gagner à péter un coup et ne pas traquer le moindre indice de… de quoi d’ailleurs ? Au pire, il nous prendra pour une idiote, on finira par s’en rendre compte et on ira chasser un nouveau poisson. Après la période réglementaire de « tous des connards, je vais devenir lesbienne », bien sûr.

Où je me stupidifie (et pas qu’un peu)

En ce moment, je suis chiante. Est-ce la crise de la trentaine qui m’a poussée à redevenir rousse et à me vernir les ongles ou la fameuse crise du mois de mars, là où les emmerdes tombent, je ne sais. Toujours est-il que comme je suis globalement de mauvaise humeur, ma première victime, c’est moi. Je me trouve tous les torts, je m’auto insulte à base de « t’es qu’une pauvre larve, ma fille ! » et autres amabilités du genre. Et mon nouveau complexe du moment, outre ma procrastination crasse (même pas au boulot, en plus, mais quand je suis chez moi et que je fous rien), c’est ma culture G qui fond comme neige au soleil.

cruche-verre.jpg

Il y a trois semaines, je suis partie en week-end pour le boulot. Dans une gare de province, je remplis mes petites menottes de ma littérature fétiche de voyage : des féminins. Faudra d’ailleurs que je fasse un article sur le sujet. Je discute avec la personne qui m’accompagne quand je tombe sur le Nouvel Obs et là, soupir : ça fait un bail que j’en ai pas lu un. A dire vrai, j’ai la sensation que mes lectures sont de plus en plus navrantes. Où est passé ma soif de culture ? Non parce que ça peut toujours servir de connaître le dernier produit Chanel histoire d’être frustrée ou de lire des histoires de cul sans doute inventées par les journalistes qui rédigent le papier (moi, ça me plairait bien, ça) mais ça ne m’aide pas pour suivre l’actualité. L’Actualité, devrais-je dire.

 actualites.jpg

Et que dire de mes lectures littéraires ? Récemment, j’ai fait un truc, un sacrilège : j’ai lu un Guillaume Musso. Bon, je précise, on me l’a prêté (à ma demande, je voulais me faire un avis). Je vous en parlerai dans un article mais j’ai cru me trépaner 47 fois tellement c’était insupportable, j’ai failli pleurer des larmes de sang. Bon, ça me rassure, je suis pas devenue si cruche. Du coup, pour remonter le niveau, je lis du Kessel. D’ailleurs, je suis fort ravie, j’ai acheté ses chroniques journalistiques et dans le premier tome, il parle et de l’Irlande du Nord et de la Russie. Je suis amoureuse mais moins que de Moravia parce que Moravia, il a une plume exceptionnelle et en plus, c’était un sacré beau mec (pourquoi ne suis-je pas née 80 ans plus tôt, hein ?).

alberto-moravia2.jpg

Mais je digresse. Revenons en à nos moutons. Donc je me sens devenir conne. Je ne consomme plus que des futilités. Alors je veux réagir ! Parce que j’arrive à 30 ans, raison ultime pour péter une durite au sujet de tout et n’importe quoi et que je veux me cultiver. Donc j’achète des livres un peu intelligents (de toute façon, la littérature girlie me gonfle, maintenant) et surtout, je fais un vœu pieux : acheter ET lire (nuance importance) le Nouvel Obs et Stratégies parce que c’est un peu important de se tenir au courant de l’actu de sa
profession au sens très large du terme. Et faudrait que j’apprenne le russe, toujours… Mais, plus que de volonté, c’est du temps qu’il me faudrait. Mais bon, c’est con, je ne suis pas une cruche à la base, j’ai appris plein de choses à la fac et par moi-même, j’ai la sensation que je perds ma curiosité, mon envie d’explorer un sujet pour apprendre. Et ça me navre. Ca me navre parce que c’est l’illustration parfaite de ce phénomène que je déteste et dont je suis victime : le métro-boulot-dodo. Je ressors du taf la tête farcie d’infos et je suis trop épuisée pour faire l’effort de faire quelque chose derrière. Et je passe ma soirée à cliquer bêtement sur yahoo ! jeux en soupirant parce que, merde, je me fais chier. La suite de Technopolis est bloquée à la page 166 depuis 3 ans et j’ai plus le courage d’écrire autre chose que des notes de blog crachées sur une feuille virtuelle.

oowriter.png

Non. 30 ans, le virage, je me ressaisis. Et je vais reprendre l’écriture, tiens. Ca m’occupera (enfin, ça m’occupera mes quelques heures de libre, c’est du n’importe quoi en ce moment).

PS : Non mais sérieusement, il transpire le sexe Moravia…

Chroniques d’une râleuse

Par Ella Sykes

I) Entourage

Bien voilà, ça y est ! J’y suis ! J’ai le mal du pays. Oui ça devait bien arriver un jour où l’autre,n’est-ce pas ? À priori, je m’étais toujours dit que c’était encore un de ces maux totalement imaginaires que s’inventent les gens misérables incapables de gérer leurs émotions, à la recherched’un bouc-émissaire. Me voilà contrainte d’admettre le contraire.

En fait, il se passe tant de choses dans ma vie depuis que je suis arrivée, que je me fais l’impression d’être un second rôle dans une tragédie grecque. Je résume : au cours de ce programme universitaire dans lequel je suis inscrite, j’ai fait la connaissance de 5 filles. Je peux déclarer sans ambages que nous sommes devenues amies à force de travailler dur ensemble (suer collectivement nous a probablement rapproché ?) et plus proches encore suite aux nombreuses mines que nous nous sommes payées tous les samedis soirs dans différents bars de la ville au son des
groupes pop/rock plutôt nuls qui s’y produisaient (mais le vomi et les délires alcooliques aussi solidifient les relations entre humains ?).

Il y a donc une petite blonde aux cheveux longs cuivrés, plutôt rondelette mais terriblement sexy. On aurait envie de croquer dans sa peau tant elle est charmante. Elle s’habille toujours avec ce soupçon de classe et d’élégance empreinte d’humilité qui donne envie à celui qui la regarde, de l’embrasser fougueusement. Pourtant, elle est gênée par ses kilos supplémentaires, rêverait de maigrir pour choper tous les Jude Law de la planète, tout en n’ayant pas le courage ni la volonté nécessaires pour aller courir et acquérir le statut de sex symbol. C’est la fillette qui est
toujours de bonne humeur, toujours optimiste, toujours souriante et prompte à s’amuser. On s’imagine qu’elle est fondamentalement droite et honnête.

Puis, il y a une française amoureuse d’un québécois. Toute en finesse, elle a un sourire, une peau et une silhouette d’enfant qui ferait craquer n’importe lequel d’entre vous messieurs. Elle a acquis un accent qui se situe à mi-chemin entre l’accent québécois et français. Du coup, on aurait presque l’impression qu’elle parle comme une Belge. Dommage. Cependant, elle est brillante, douée et parfaite. Elle s’avance dans la vie avec un sérieux et une légèreté tranquilles, un respect des autres et une humilité qui frisent l’insoutenable. Elle est irréprochable.

Vient ensuite cette grande brune aux cheveux sombres magnifiques, un sourire tendre, des yeux rieurs et une silhouette sportive et énergique. Elle vit avec son petit ami et a tout de la jeune fille québécoise type, c’est-à-dire rangée à 23 ans, sûre d’elle et de ses projets futurs : un mariage, des enfants par douzaine, un bon job, et une maison dans un coin sympa histoire de pouvoir se réveiller avec le bruit des oiseaux en arrière fond et le soleil à portée de main. Elle est sans doute la personne la plus généreuse, honnête et gracieuse que j’ai eu l’occasion de rencontrer.

Il y a aussi une autre brune. Elle et moi c’est l’histoire des meilleures ennemies, un jour c’est l’amitié folle et les soirées délirantes à picoler, sortir, et rire. Et le lendemain, sans trop que l’on sache comment ni pourquoi, c’est la guerre froide. Elle me fait penser parfois à ma soeur : ombrageuse comme un cheval effrayé, peu sûr d’elle même mais en temps, qui rêve de tout exploser, de tout explorer et de tout conquérir. Elle aime les relations humaines et approche les autres avec une naïveté, une soif et un désir enviables. Elle tombe toujours sous le charme du
mauvais gars, en souffre, puis m’en veut lorsque je lui fais remarquer que les hommes sont des misérables petites choses non fiables.

Et enfin, il y a la rebelle du groupe. Elle me ressemble trop, nous réagissons de la même manière et ce, sur tous les sujets. Lorsqu’elle est triste ou en colère je sais toujours comment lui parler, car au fond, je m’adresse à elle comme si je me parlais à moi. Elle donne l’image d’une fille forte, inébranlable dans ses convictions, intouchable, insensible parfois, orgueilleuse, intransigeante alors qu’elle n’est qu’une petite fille qui a besoin d’être constamment rassurée. Elle est cependant irrésistible dans une certaine mesure. Et elle, là où elle a du bol, c’est qu’elle a trouvé le seul me sur terre capable de lui parler et de l’accepter comme il se doit. Je sais bien la plaie que ce genre de fille pourrait représenter pour un mec puisque je suis comme elle, Sauf que moi, je n’ai pas eu sa chance, et que je n’ai pour l’heure pas encore rencontré ce type extraordinaire qui aurait des couilles suffisamment monumentales pour me supporter et venir à
bout de ma mauvaise foi et de mon caractère imbuvable.

Je pourrais aussi mentionner l’existence d’un homme que j’ai l’occasion de rencontrer de temps à autre dans le cadre de mon stage. Il est professeur à l’université et je dois dire qu’il est parfaitement charmant. Mais ce qui tyrannise ma curiosité et excite mon intérêt est qu’il possède pas moins de 2 doctorats alors qu’il n’a que 31 ans. Oui, parce que ce qui me fait bander moi, ce sont les hommes brillants. Il est brun et s’habille comme les métrosexuels parisiens, chose plutôt rare dans une ville où tout le monde se contente de porter des baskets et des jeans et où sexy
pour une meuf équivaut à se ballader à moitié à poil dans un tee shirt à bretelles riquiqui et un short jean bariolé.

Tout ce joyeux petit monde anime ma petite vie depuis presqu’une année entière.

Évidemment, je passe sous silence le pote canon de mon colocataire et son sourire ravageur avec qui il pourrait bien se passer quelque chose s’il n’y avait pas cette échéance au bout du chemin. En octobre, il part 6 mois en Europe pour se retrouver seul avec lui-même comme il l’a si bien dit. Je passe encore sous silence l’affreux collègue de travail que je me tape. Oui, un gros tas de geek passionné de jeux de rôles médiévaux qui se prend pour le roi du pétrole et qui a décidé que le travail allait se partager comme lui il avait décidé. Et bien sûr, il a décidé d’en faire le moins
possible, oui parce que vous comprenez, un gros porc, ne peut pas trop faire d’efforts sinon il est épuisé le pauvre chou. Du coup, qui se tape le plus gros du boulot ? Allez quoi, un effort, merde !

Bah oui c’est moi, c’est Bibi !

Allégorie des deux grillons

Par Diane

Un beau matin de juillet que les petits zoziaux zoziautaient et que le gros soleil soleillait, Bob le grillon se promenait dans un petit champ de lavande aux senteurs exquises qui fragrait à ne plus se sentir sentir sous un beau ciel de provence. Tandis qu’il lustrait un peu ses pattes en jetant un coup d’antennes au dehors pour détecter la présence d’un éventuel casse croute dans les environs, ne voilà t’y pas qu’il croise, au détour d’un brin de lavande chatouilleur, son vieux cousin Bill.
Ravi de croiser son vieux cousin, il s’apprêtait à aller le saluer et éventuellement lui proposer une chasse aux termites (très goûtus avec un peu de ketchup), quand il s’arrêta, étonné de voir son cousin l’air contrarié, aux prises avec une mini-tronçonneuse (à l’échelle grillonesque, précisons le). Il s’avança alors vers lui:

-« Salut à toi cousin Bill! « -claironna t’il-, « comment te portes tu donc? »

-« Très bien cousin Bob, » lui répondit le premier, toujours visiblement concentré sur l’insolite objet qu’il tenait entre ses pattes. Il le jaugeait, le soupesait, et appuyait sur un ou deux boutons histoire de voir ce qu’ils déclenchaient.

-« Et dis moi cousin, la curiosité me saisit: que comptes tu donc faire avec cette tronçonneuse? »

-« Oh, ça, » répondit Bill en souriant, « vois tu, c’est pour me couper les pattes. Mais en réalité, je me trouve devant quelques petits problèmes techniques. Tout d’abord, l’engin me semble peu maniable. Et de plus, si je le tiens d’une patte pour m’en couper une autre (et ainsi de suite), avec quoi vais-je le tenir pour me couper la dernière? Non, vraiment, c’est un gros problème… » et là dessus il prit un air taciturne et commença une série de manipulations avec son thorax en s’aidant d’un caillou pour tenter de faire tenir la tronçonneuse sans les pattes, échouant à chaque tentative et poussant des gros soupirs de mécontentement. Bob, de plus en plus décontenancé, lui tint à peu près ce langage:

-« Mais dis moi Bill, pourquoi veux tu diable te couper les pattes?? »
Ce dernier prit un air étonné, et, sans cesser de trifouiller sa machine, lui répondit, légèrement agacé:

-« Mais voyons, c’est pour faire comme Cricri! »
-« Cricri? »
-« Mais oui, Cricri le grand Grillon sauveur de tous les grillons! mais de quel champ de lavande sors tu donc? »
Sortant du champ de lavande voisin, Bob interloqué avoua n’avoir jamais entendu parler du grand Cricri, et avoua derechef ne pas bien saisir qui était ce grand Cricri. Un ami à lui? Le propriétaire de la réserve des termites?

Bill, lachant une seconde sa machine, soupira et lui répondit:
« nononon, tu comprends tout de travers. Le grand Cricri est notre sauveur. Il sait tout et contrôle tout. Le grand Cricri est amour. »
-« …et c’est ton grand  Cricri d’amour qui veut te couper les pattes pour te sauver? Il te l’a demandé? Je ne saisis toujours pas… »

-« Mais non voyons, je ne l’ai jamais rencontré, personne ne l’a jamais rencontré. »

-« Mais comment sais tu qu’il existes alors? »

-« je le sais, c’est tout. »

-Cette réponse le laissant perplexe mais voyant qu’il n’obtiendrait pas davantage sur le sujet, Bob relança Bill sur cette histoire de pattes coupées qui décidemment l’intriguait beaucoup.

-« Eh bien vois tu, le grand Cricri lors de sa grande traversée du champ de lavande maudit, se fit couper les pattes par une moissonneuse batteuse de tous les diables.Et après, elles ont repoussé presque instantanément!  Ainsi, pour être un bon grillon, je dois aussi me couper les pattes. C’est parfaitement logique.  » ….et, prenant un air docte (car il allait à l’école grillonesque), il ajouta: « oui, parfaitement logique, tous les philosophes te le diront, c’est une méthode imparable qui s’appelle syllogique. Les chats sont mortels, socrate est mortel donc socrate est un chat.
parfaitement logique, te dis-je, donc il faut que je me coupe les pattes » et sur ces belles et doctes paroles il reprit son instrument.
Bob écarquilla les antennes et répondit à Bill, la voix un peu échauffée:

-« je ne sais pas qui est ce chat Socrate, mais je peux te dire que vouloir se couper les pattes à cause d’un champ de lavande maudit et d’une moisonneuse batteuse, c’est bien bêt….c’est bien humain! et que vas tu bien pouvoir faire sans tes pattes? MMmm? Comment te déplacer? comment attraper les termites? tu n’aurais plus l’air d’un grillon! A vrai dire, tu n’auras plus l’air de rien! Je refuse de te laisser faire ça! » et là dessus Bob entrepris de lui oter la tronçonneuse des pattes.

Bill se facha tout rouge:
-« EEeeehh mais dis donc, veux tu lacher ça! Occupe toi donc de ce qui te regarde! Si je veux me couper les pattes, c’est mon affaire! c’est ma liberté individuelle de grillon! Et si j’ai envie d’être un grillon sans pattes, pourquoi ne le pourrais je pas, puisque c’est mon choix? »
Bob, estomaqué, balbutia: « m-m-mmais, parce que ce choix là va t’empêcher de pouvoir faire d’autres choix dans ta vie! que oui, je ne suis pas toi, mais je suis un  grillon, je suis ton cousin, et je n’ai pas envie que tu deviennes un thorax grillonant, un semblant de grillon! Et pour tes petits grilloneaux, hein? Crois tu vraiment que te couper les pattes soit dans leur meilleur intérêt?

Bill souffla en reprenant vigoureusement sa dangereuse machine: -« Rhhoo, laisse moi tranquille! De toute façon, réfléchis un peu: si je coupe mes pattes, elles vont repousser, comme celles du grand Cricri! Ainsi j’aurais mes pattes, je suis un bon grillon, ,et j’aurais ma piscine de termites grillées promise à tout bon grillon. » Et là dessus il s’éloigna.

Bob, à court d’arguments, ne sachant que répondre à l’imparable logique de son cousin, se mit à marcher, pensif, dans ce champ de lavande dont le parfum commençait à faiblir. Au bout de quelques brins, il croisa un groupe de trois grillons en pleine conversation, dont l’un tenait un couteau suisse, l’autre un katana et le troisième une pierre à aiguiser.
Il commença à faire quelques pas en leur direction, puis se ravisa. N’ayant sur lui qu’un peu de bon sens, il décida de tourner les pattes et de retourner dans son champ.

I kissed a girl, I liked this

(Pas de où trouver l’homme aujourd’hui parce que j’ai pas envie, en fait)

 Attention, pour ceux qui ne seraient pas au courant, une nouvelle chanteuse débarque sur les ondes, la coquine Katy Perry qui chante qu’elle a embrassé une fille et qu’elle a aimé ça. Gloussons, gloussons ! Sauf que voilà, Katy qui joue sur sa bisexualité est, en réalité, totalement hétéro et n’a même jamais échangé sa salive avec une femme. En gros, Katy s’est inventée une bisexualité pour faire vendre et, devinez quoi, ça marche.

Je suis toujours amusée par les nanas qui font d’une éventuelle bisexualité un argument vente. Il y a un an ou deux, je ne sais plus, un magazine avait fait un reportage sur ces filles qui se roulent des pelles en boîte pour chauffer et choper des mecs. Oh waaaah, trop fortes. Sauf que je trouve limite vexant de me dire que ce que j’ai de plus sexy chez
moi, c’est la langue d’une autre fille en train de taquiner mes amygdales. Evidemment, cette technique de chope (je n’ose même pas dire drague) ne peut pêcher que des chauds du slibard élevé au porno, celui où y a au moins une scène lesbienne. Non pas que ces hommes soient forcément insensibles, c’est pas la question mais un mec qui me drague  parce que j’ai léché la face d’une fille, je me doute que ce n’est pas mon intellect qui l’intéresse.

Je me pose toujours la question : faut-il se réjouir d’une quelconque libération sexuelle qui pousse les femmes à tester la bisexualité (enfin, rouler une pelle, c’est très léger comme test) ou se désespérer de constater que les femmes « libérées » collent à ce point aux fantasmes des mâles ? La bisexualité féminine n’a rien de nouveau. Au XIXe siècle, elle était même très courante entre les jeunes filles bourgeoises en pension mais c’était plus vu comme une amitié profonde, si j’ose dire, qu’une réelle relation amoureuse. Et non, je ne fantasme pas, des études sur les journaux intimes de ces demoiselles prouvent que ces pratiques étaient courantes. Donc la bisexualité féminine n’est pas un signe de
libération sexuelle vu qu’elle existait avant. Je suis toujours un peu amusée par les nanas qui parlent sérieusement de leur bisexualité alors qu’elles sont hétéro qu’elles n’en peuvent plus. Concrètement, je peux dire sans mentir que, ouais, coucher avec une femme, j’aimerais tenter que, oui, j’ai déjà fait des rêves érotiques lesbiens et même qu’un a abouti à un orgasme. Est-ce pour autant que je me définis bisexuelle ? Pas du tout. Je ne suis, de fait, attirée sexuellement par aucune femme. J’imagine quel peut être mon style, je peux dire que telle femme ou telle femme
est excitante mais dans les faits, je ne suis pas sûre qu’en face d’une femme excitante, j’aurais envie d’aller fouiller son string.

Et quand bien même je serais bisexuelle, le mettrais-je en avant ? Franchement, quelle importance ça a de coucher avec des femmes aussi ? Si ça devait arriver, ce qui compte, ce n’est pas qu’elle soit femme mais qu’elle soit elle, qu’elle m’ait attirée pour une raison X ou Y. Le reste ne compte pas. Et puis n’est-il pas paradoxal d’utiliser une femme pour choper des hommes ? N’ai-je donc rien à proposer comme mon humour, mon esprit, ma curiosité ou autres choses bien plus triviales ? Suis-je vraiment obligée de jouer la coquine bisexuelle pour allumer un peu d’intérêt chez le mâle ? Si la réponse est oui, je tombe en dépression.

Au fond, ce qui me déprime dans ce genre de comportement, c’est de voir des filles faire ou faire des choses non par envie mais par calcul. Pour moi, ça dénote vraiment un certain manque de personnalité (je fais les choses car c’est ce qu’on attend de moi, une fille chaude est forcément bisexuelle) mais également un manque de confiance en soi. Quand je
vois deux nanas se rouler une pelle pour chauffer un mec, je me dis qu’elles pensent ne pas pouvoir séduire par d’autres armes. Hé ben non, les filles, rouler des galoches à une autre ne fait pas de vous quelqu’un de plus intéressant. De mon point de vue, c’est même limite plus pathétique. Embrassez qui vous voulez, ok, mais faites le parce que vous en avez envie, pas dans le but de séduire une tierce personne. On n’est plus au collège !


Courrier des cœurs, réponse à Moody Haleine

Cette semaine, Moody nous a envoyé un mail pour nous présenter son cas, attention :

« Chers vingtenaires,

J’ai l’honneur de vous présenter mon honorable problème, un classique classique: Après avoir décidé, à la suite d’une improbable aventure passionnelle avec une nymphomane bouddhiste devenue platonique au bout de 3 semaines et qui m’a fait arroser les saules pleureurs municipaux de façon convaincue (faut pas s’attacher pour la énième fois…), je me jurai de ne plus me précipiter dans des relations frénétiques,ô non ô non trop de problèmes.
Ce qui finit par me faire développer pour une vieille connaissance, évidemment, dont la statistique de fréquentation a connu une croissance exponentielle. Quoi de mieux que de tomber amoureux d’une amie?

Détails piquants:
– Mlle prétend ne plus être tombée amoureuse depuis l’âge de 13 ans (donc + d’une dizaine d’années)
– Tou(te)s ses meilleur(e)s ami(e)s ont déjà une fois ou l’autre essayé de se mettre avec et se sont tou(te)s mangés un râteau. (elle a la main verte)
– Nous écoutons tous les 2 de la New/Cold Wave (ce qui va vous donner un bon prétexte pour vous foutre de moi) et l’une de nos chansons fétiches s’intitule évidemment « Love will tear us apart » (L’amour va nous séparer), de Joy Division, ce qui n’est pas fait pour me rassurer, ben tiens, étant donné ma croyance dans la divination par les juke-box pourris.
– Les éléphants roses sont blancs cette saison.
– Monsieur Damoclés et Madame Eros ont un fils et il s’appelle Tomberamoureuxdesameilleureamie

Bref, Argh, Glurmf, Tzrim, Ploumploum, Zorglonde. Que faire:
1.Essayer de se la jouer romantique fine male pour exciter ses hormones (moi: physique de grand Woody Allen avec une coupe afro) 2. Attendre béatement que le temps arrange tout de manière miraculeuse et scénaristique 3. Fuir très loin?

Merci de vos avis si précieux,
Moody Haleine, du Mortbaillant (56)

P.S.: Elle me sort parfois des compliments du genre « Si je tombais amoureuse de quelqu’un, ben de toi » mais combinés à des phrases du genre « Mais je te le dirais parce que je suis directe ». (Moi-même, je détourne alors la conversation de la plus adroite et la plus constipée des manières).  »




La cellule love and sex s’est réunie comme toutes les semaines et voici ce qu’on en pense :

Diane : Si j’ai bien décrypté le sujet, la question est: je suis amoureux de ma meilleure amie bouhhhh que dois-je faire?

Ttsss….Moody: Dieu a dit: tu ne tomberas pas amoureux de ton/ta meilleur(e) ami(e). C’est mal.

Car, rappelle toi ce que dit la chanson:

« avoiiiiiir un bon copain, c’est bien cqu’il y a d’meilleur au monnndeuuu, puis caaaar, un bon copainnn, c’est plus fidèleu qu’une blondeuuu […]
le grand amour, ça dure un jour

l’amitié dure toujours »

Donc danger numéro 1: si toi y’en a fricoter avec meilleure amie, ça y’en a pouvoir briser à tout jamais l’inimitable complicité chafouine et mutine qui unissait déja vos coeurs et vos âmes du temps q’vous étiez ptits et que vous réinventiez Jules Verne avec vos Playmobils.  (c’est fou ce qu’on peut faire avec un peu d’eau, un jardin, une bassine en inox et quelques playmobils)

Et ça, ça vaut si elle partage ton inclination. S’il se trouve qu’elle te ratise tes élans lyriques, ça risque de mettre un sacré coup de mistral sur vos relations….

Donc, la question se pose: es tu vraiment sûr de tes sentiments pour elle? Ne serais tu pas plutôt dans une mauvaise période (je voudrais pas dire,
mais c’est le printemps, hein…) où ta libido/ta solitude/ton envie de tendresse te travaillent et où, manque de cible potentielle, tu fais un transfert de tes désirs sur la personne féminine la plus proche de toi qui ne soit pas ta mère?

Mon conseil serait donc: laisse le temps faire son ouvrage, ne gache pas une belle amitié c’est trop précieux, attends, attends, et attends encore, et si vraiment au bout deux mois t’en peux plus tu ne penses qu’à elle tu n’en dors plus, alors là, peut-être, tu pourras te reposer la question.

Jane : Déjà, j’aimerais te conseiller d’ouvrir un blog. Je te promets, parfois, ça soulage. Là par exemple, tu pouvais faire facile une trilogie d’articles sur le sujet. Mais comme t’es gentil, t’as préféré nous en faire un condensé, merci merci. Pas qu’on ait l’habitude de répondre à 3 lignes (et laisser vagabonder notre imagination sur la moquette) mais là, tu nous donne tellement de données du problème qu’on a juste envie de dire « Ben voilà, j’suis super d’accord avec toi! » Et ceci n’a rien à voir avec le fait qu’on soit au moins deux à ne pas avoir compris la problématique hein!
Comme je viens d’expliquer que la problématique, après 3 lectures, je ne suis pas sûre de l’avoir trouvée, je vais tenter d’éviter le hors sujet tout en faisant croire que j’ai compris la question. Et rien que pour la performance, ma réponse a sa place parmi les autres. Même si bon, au final, elle va pas aider des masses, c’est l’intention qui compte. Merci de votre attention.
Déjà, arroser les saules pleureurs, c’est cool, parce que ça a vite soif ces petites choses là. Après, une nymphomane platonique, je demande à voir, ça attise ma curiosité. Mais je digresse, je digresse.
Alors ton actuelle (qui n’est pas bouddhiste mais New Age) si je comprends bien, tu l’approches, tu veux la faire tienne, mais elle n’a pas l’air très convaincue. J’ai comme envie de dire que bon, voilà, c’est mort d’avance, mais si tu veux tenter, pour le sport, pour le fun, parce que tu t’ennuies… tu peux toujours essayer. Mais on ne fait pas de service après-vente ici. J’admire néanmoins le fait de ne pas être tombée amoureuse depuis ses 13 ans, à cet âge-là, je jouais à la Barbie sans être consciente qu’on pouvait aimer quelqu’un d’autre que ses parents. Ca a du être quand même sacrément traumatisant.

Nina : D’abord je dirais que quelque part, tu as de la chance, ta dernière histoire foireuse n’a pas été tout à fait inutile, les saules pleureurs de la municipalité t’en sont reconnaissants. c’est vrai, certains ne se retrouvent qu’avec des regrets et l’ego en miette, toi, au moins, tu as fait un beau geste.

Pour le reste, je crois pas en l’amitié qui se transforme en amour. Soit c’est ton amie, soit c’est ta cible mais les deux, non. En tant que fille hyper cloisonnée dans sa tête, les choses sont claires : un mec qui se dit mon pote devient de fait un être asexué dans ma tête surtout qu’en la matière, le temps n’est pas notre ami : s’il avait
dû se passer quelque chose, ça se serait déjà fait et puis c’est tout.

Enfin, finissons par un brin de psychologie de supermarché : n’es-tu pas amoureux d’elle juste par manque affectif? En l’absence d’objet de désir, tu prends la fille la plus proche de toi. Donc réponse à la question : reste ami avec elle et c’est tout.

Lucas : Bon, si je résume, Moody Haleine aimerait être en releycheune pas cheap avec une future ex-meilleure amie. Ça tombe bien, je suis un spécialiste !
J’ai crée il y a 6 mois le groupe sur FB « Je préfère qu’on reste amis« .
Moody risque de recevoir en pleine gueule les désormais classiques :
« Je ne veux pas gâcher une si belle amitié !« ,
« Non, écoute, t’es trop bien pour moi, j’te mérite pas.« ,
« J’t’aime boucou boucou mais ça ne va pas plus loin. »,
« Ecoute, en ce moment tu n’es pas celui qu’il me faut.« ,
« J’ai pas envie de te perdre » (parce que c’est bien connu : les histoires d’amour finissent mal, en generaaal) et surtout le démentiel « Ça vient pas d’toi, t’es un mec génial, d’ailleurs je comprends pas que tu sois célibataire. » (bah moi non plus…)
Pour anticiper ces réparties audacieuses, styiiiiiiiiilées et péremptoires, je pense qu’il faut créer une rupture un beau jour (ou peut-être une nuit), une rupture qui fasse évoluer l’image que la demoiselle a de toi. Que cela lui donne un regard neuf sur ta personnalité (voire sur ta personne alitée…). Bien sûr, il y aussi une autre voie, l’artifice facile de l’alcool pour vous rapprocher… Mais quid du lendemain quand tu te réveilles sourire 10000 watt et que la nana à coté de toi a son sourire gêné ..?
Bref, prend le taureau par les cornes. Ose, lance toi, tu as tout à y gagner et strictement rien à y perdre.

Si tu as une question à nous soumettre, laisse nous un petit comm ou un petit mail, la cellule sera ravie de te répondre !

Envie de nouveauté dans votre rédaction ? Une journaliste-blogueuse à votre disposition

Comme promis la semaine dernière, voici ce que j’ai envoyé aux rédactions quand je cherchais du taf. Pour info, on m’a proposé un CDI grâce à cette approche mais comme j’avais trouvé du boulot entre temps, je l’ai finalement refusé.

Une place vient de se libérer au sein de votre rédaction ? Vous cherchez une nouvelle pigiste pleine de bonnes idées qui peut faire renaître une de vos rubriques ?

Je vous propose mes services.

  • Jeune mais expérimentée

Du haut de mes 26 ans, j’ai accumulé pas mal d’expérience. Etudiante, je traquais déjà la possibilité d’apprendre. Mais pour ne pas être en reste, j’ai passé un master 2 de journalisme à l’IEP de Toulouse.

Sur mon CV, vous constaterez des expériences aussi diverses que variées, du sportif au féminin, en passant par le géopolitique. Parce que ces domaines me plaisent, mes magazines féminins se mêlent à mes magazines d’actu.

J’ai, jusqu’à présent, refusé de me cantonner à un domaine, de peur de me fermer des portes. Je pense en effet que tout(e) bon(ne) journaliste doit être capable d’écrire sur n’importe quel sujet sans que le lecteur soit lésé. Car si je suis aujourd’hui journaliste, c’est essentiellement par curiosité et désir d’apprendre, encore et toujours. Chaque article est l’occasion pour moi d’apprendre quelque chose et de partager mon nouveau savoir aux lecteurs.

A 26 ans, j’ai quitté depuis un an les bancs de l’université et j’ai toutes les qualités de la jeunesse. J’ai des idées, de l’enthousiasme et je peux faire des nuits de 5h sans que ça se voit le lendemain. Motivée, je ne travaille pas en gardant un œil sur la montre : je ne pars que lorsque le travail est terminé.

  • Une blogueuse reconnue

Je tiens plusieurs blogs qui ont un certain succès, le plus connu étant les vingtenaires (www.vingtenaires.com) lu en moyenne par 1500 visiteurs uniques par jour, soit l’équivalent d’un Olympia. Sociologue improvisée, j’analyse ma vie et celle des autres, j’observe mon entourage, les gens dans la rue et j’écris. Bien intégrée dans la blogosphère, je maîtrise parfaitement cet univers, vrai phénomène médiatique. Outre les articles et émissions qui y sont consacrés, les blogueurs sont aujourd’hui des références pour les journalistes. J’ai ainsi été interrogée plusieurs fois par des journaux comme Zurban ou Technik’art.

Ce blog illustre :
– ma capacité à avoir plein d’idées car un article par jour, ça n’est pas toujours évident
– ma capacité à gérer les autres rédacteurs, à édifier un calendrier des publications
– susciter l’intérêt de plus d’un millier de lecteurs qui viennent tous les jours à l’heure du café pour connaître ma vision de la vie.

Ecrits en une demi heure environ sans aucune documentation, ces articles pourraient être développés et faire de vrais dossiers pour vos journaux. Mais pour ne pas m’enfermer dans ce style, je viens de créer un nouveau blog qui me permet d’écrire sur tous les sujets qui me tiennent à cœur. Plutôt que d’attendre qu’on me laisse de l’espace dans un journal pour écrire, je me crée mon propre espace de communication.

  • Une démarche originale

Vous lisez mon plaidoyer pour ma personne et vous devez vous dire que ma démarche est inventive, peut-être risquée. Mais je sais que je dois être la trentième personne de la journée à vous envoyer une candidature spontanée et je vous épargnerai une lettre de motivation stéréotypée. J’ai donc choisi une démarche plus amusante afin d’attirer votre attention sur ma candidature, qui n’en demeure pas moins sérieuse.  Je suis idéalement à la recherche d’un poste fixe (CDD ou CDI) mais aussi de piges. Comme vous avez pu le constater en allant voir mes blogs, je ne manque pas d’idées.

Je joins à ce communiqué mon CV avec mes coordonnées, je me tiens à votre disposition pour tout entretien.

Je vous remercie de l’intérêt que vous porterez à ma candidature. Dans l’attente d’une réponse de votre part,

Cordialement

Nina Bartoldi

Facebook, ou le truc qui sert à rien du tout et sur lequel tu fais des trucs que tu ne piges pas du tout.

Par Tatiana

Il y a peu de temps (genre environ trois semaines) j’ai découvert Facebook. Comme par hasard via un blog. Parait que c’est le nouveau myspace branchouille du moment. C’est THE endroit où il faut être inscrit pour être à la page. D’ailleurs si tu ne connais pas encore, vas vite regarder dans google ce que c’est pour pas avoir l’air idiot.

Un peu d’histoire voulez-vous. Remise en contexte de ce magnifique site qu’est Facebook :

Dixit wikipedia (que ferais-je sans toi) en fait tout cela nous vient des USA (comme toujours). Le nom du site s’inspire des trombinoscopes (facebooks en anglais)
qu’on peut donner aux nouveaux étudiants. A la base c’était un réseau d’étudiants de Harvard, puis il s’est ouvert aux autres universités américaines. Ce n’est qu’en mai qu’il se serait ouvert au reste du monde. Pour le coup là je ne sais pas si c’est vrai mais bon c’est donc tout récent.

Qu’est-ce qu’on trouve sur Facebook ? Ben plein de trucs c’est-à-dire à peu près tout et rien. Grosso modo quand tu ouvres un profil sur Facebook faut déjà que tu le
rendes attractif. Pour ça tu as plusieurs solutions, dont une principale qui consiste à montrer que tu as plein d’amis (et que donc par extension tu n’es pas trop un boulet). Alors tu peux pousser les gens que tu connais à venir s’inscrire ou alors essayer de te faire des nouveaux amis directement sur le site. Plus t’as d’amis et plus tu peux frimer. Ensuite y a un truc super sur Facebook qui s’appelle les « applications ». Alors ça va du « super wall » qui consiste à représenter un mur où tes amis peuvent venir écrire, au « movie
compatibility » qui permet de voir avec qui tu as le plus d’affinités cinématographiques, en passant par les « zombies » grâce à quoi tu peux élever ton armée de zombie. Et donc
plus tu as d’applications sur ton profil et plus ton profil il a l’air cool et sympa et fun. Parce que faut pas croire mais sur Facebook t’es fun avant toute chose, sinon t’es un gros
naze.

 Au final vous allez me demander à quoi ça sert Facebook ? Bien figurez-vous que je me suis posée la même question en m’inscrivant et que je n’ai toujours pas trouvé la réponse. De mon point de vue ça ne sert à rien. Par contre je peux vous dire que ça passe le temps lorsqu’on est chez soit la journée alors que les autres travaillent. J’ai fait ce constat récemment (à peu près y a 4 ou 5 jours), lorsque je me suis rendue compte que pour un site qui ne sert à rien je reste longtemps dessus. Donc il faut au moins que je lui

reconnaisse ça : il occupe bien mes journées. En plus je peux suivre la vie du profil de mes amis style « tiens, il a ajouté ça comme application » ou encore « tiens, il s’est
inscrit dans ce groupe ». Comme en plus y a une fonction agenda on peut même savoir à quelle soirée ou quel événement se rendent ses amis. Etant d’un naturel vraiment curieux j’avoue adorer ce côté voyeur (là tous mes amis vont me virer de leur liste je sens).

Enfin voilà. Facebook ça ne sert à pas grand-chose et pourtant les gens restent dessus et en parlent (la preuve j’en écris un article).

Meetic rend con

Lecteur, lectrice, je dois te parler de quelque chose de grave… ou pas. En fait, pas grave du tout mais parlons en quand même parce que je l’ai décidé et que j’aime bien me la péter dictatrice. Donc aujourd’hui, je vais te parler de meetic (et consort, ça marche pour tous les sites de rencontre) et du comportement sélectif que ça engendre sur nous.

 

Meetic, tout le monde ou presque a déjà testé, pour rigoler ou pas, peu importe, chacun ses motivations. Après tout, c’est vrai que c’est pratique. On rentre de chez soi après une dure journée, on se connecte à un site et hop, on choisit notre futur prince charmant. Note déjà l’aspect supermarché du truc, on peut rentrer des critères hallucinants pour trouver THE mâle d’une nuit ou pour la vie. Tiens, en ce moment, je testerais bien le steward (on dit personnel aérien navigant) brun et bien bâti d’un mètre 90, entre 27 et 30 ans. Hop, je rentre mes critères et avec de la chance, j’aurai une réponse. Ou pas. Le problème, c’est qu’on en arrive à un niveau de sélection hallucinant qu’on n’aurait pas dans d’autres circonstances. Du coup, j’ai la sensation que trop de choix tue le choix.

 Si je regarde mes stats perso, plein de gens ont visité ma fiche et plein ont flashé sur moi. Pourtant, dans les faits, j’ai pas rencontré énormément de mecs dessus et en plus, ceux que j’ai rencontré,une fois sur deux, c’est moi qui les ai contactés. Ouais sur meetic, je suis entreprenante mais faut être honnête : mes stats ont l’air de faire peur, trop de flashs, on se dit que je répondrai pas aux sollicitations. Non, je me la pète pas, pour une fille, c’est facile d’atteindre plusieurs centaines de flash. Bref, là n’est pas la question. Je regarde les

messieurs qui me visitent, 80% du temps au moins, déjà, la photo ne me plaît pas, je zappe. Après, les autres critères ? Niveau d’études trop bas, boulot pourri, signe astro catastrophique (non, je déconne), il aime ça et pas moi, il a un chien, j’ai un chat… Bref, à l’arrivée, il ne reste personne. J’ai des critères à ce point débiles et hallucinants que j’ai failli ne jamais répondre à Gabriel quand j’ai vu qu’il habitait au fin fond de la grande couronne, trop chiant, me disais-je. Finalement, comme il était quand même mignon et qu’on a pas mal d’intérêts en commun, j’ai fini par le voir et bon, 3 mois après, on se fréquente encore (mais non, on n’est pas un couple), je suis à 30 minutes de chez lui grâce au RER, il a une voiture pour venir me voir, des fois. Même si c’est mieux chez lui parce qu’il a un vrai lit et que je dors trop bien dedans.

Quand je me suis rendue compte de ça, je me suis posée plusieurs questions. Bon, au départ, je me suis dit que le problème venait peut-être de moi, que je suis juste pas branchée par ce type de « séduction » et que le côté supermarché me blase mais j’en ai parlé avec Gab qui partage complètement mon avis. Il m’a expliqué un peu ses critères de sélection, je suis rassurée : soit on des 2 psychopathes, soit c’est normal. Mais surtout, ce qui me dérange, c’est qu’en fait, ça tue tout le charme de la séduction et du feeling. Imaginons que je marche dans la rue, lalala et que, pour une fois, je suis consciente de mon environnement. Là, je croise un jeune homme et on s’attire mutuellement. Bon, ok, ça n’arrive jamais mais on imagine, j’ai dit. Là, sur le coup, je me dis « hum, miam miam le jeune homme, allons prendre un café pour discuter ». Je ne sais rien de lui, de ses études, de son taf, de ce qu’il aime ou pas, de son signe
astro, de savoir si le mariage est important pour lui ou pas…Au mieux, j’ai son prénom dans les premières minutes et peut-être son âge pas longtemps après et encore. Bon alors imaginons que ce jeune homme que nous appelleront, au hasard, Sawyer (j’ai vu la fin de la saison 3 de Lost lundi, cherchez pas) ait un bac tout court, à fond pour le mariage, qu’il ait un chien et surtout qu’il
soit pas photogénique : sur meetic, je l’aurais laissé passer sans même bouger d’un poil. Alors que là, on discute et il est super intéressant Sawyer et que même que j’ai envie qu’il me présente son chien. Ceci n’étant en aucun cas une métaphore sexuelle.

Souvent, je pense aux hommes que j’ai connus dans ma vie et je me demande avec lesquels j’aurais vécu quelque chose si on s’était croisés sur meetic. Exit ceux qui ne vivent pas sur Paris donc ciao Guillaume 2 et Alex, pour ne citer qu’eux. Ceux qui n’ont pas un bac +. Ceux qui ne sont pas photogéniques… Ouais ben je sais pas trop qui serait resté à l’arrivée mais ça fait flipper quand même. D’ailleurs, pour l’anecdote, je suis sortie l’an dernier avec un mec qui avait une fiche meetic mais que j’ai pas du tout rencontré là et, forcément, par curiosité, je suis allée voir sa fiche. Force est d’admettre que sa fiche ne m’a pas émue du tout et si on s’était croisés là, il ne se serait rien passé et j’aurais raté un truc. Parce que ce mec là a une prestance naturelle assez remarquable (il a l’élégance innée, je trouve) et en plus, il masse divinement bien. Mais ça, personne ne le dit jamais sur sa fiche. Une autre fois, j’ai « collé un vent » à un mec (enfin, j’ai pas répondu à son mail quoi) que j’ai rencontré dans d’autres circonstances et là, ça a plus collé.

Bref, meetic rend trop difficile et trop con. Bien sûr, je ne limite pas mon champ des possibles à meetic, n’exagérons pas non plus. Je n’y cherche pas le futur père de mes enfants dessus, je suis même assez sceptique sur les chances de le trouver là. C’est plus un gadget quand je m’ennuie, vu que c’est gratuit pour moi, femme. Mais c’est vrai que quand je vois que sur 30 visiteurs reçus, aucun ne me plaît, ça me donne un peu le vertige et ça me déprime. Y a que des cas dans le camp des célibataires ? Non, juste que sur meetic, trop de choix a tué le
choix.

Ciao mes exs

L’autre jour, j’ai acheté un nouveau mobile. Jusque là, rien de bien trépidant. Il est beau, je me suis fait des sonneries qui dépotent, trié mes contacts pour mettre des sonneries
à la plupart d’entre eux (girlie team, famille, mecs, blog, Paris…). Ouais, comme j’ai plus le net, j’ai même eu le temps de faire mes sonneries et tout. Mais c’est pas le sujet, je m’égare dès l’intro, ça commence bien. Non, je veux vous parler de mon ancien mobile, celui où y avait des photos de mes ex et leurs SMS (enfin, certains, pas tous) que je gardais précieusement. Pourquoi ? Sans doute parce que je suis un peu fétichiste, sans doute pour les relire et voir ce que ça me fait.

us.jpg

Mais le « drame » arriva, ma mère décida que mon ancien portable était mieux que son Nokia qui date d’il y a 5 ou 6 ans. Ouais, elle a raison donc elle veut récupérer mon
portable. Donc je dois tout effacer, mes textos amoureux, les photos, tout. Je m’exécute avec une pointe de nostalgie. Et c’est là que je veux en venir : doit-on garder ce genre de
choses ? Si je regarde sur mes pcs, j’ai des photos de plusieurs exs ou amants, je les garde. Pas tant pour faire un tableau de chasse (il en manque…) mais plus parce que ces hommes ont fait partie de ma vie et m’ont tous apporté un petit quelque chose quoi qu’il en soit. De l’amour, de beaux moments, de la confiance en moi, un épanouissement, une force… Enfin, plein de choses, quoi. Des fois, je me pose la question si tous ces souvenirs ne sont pas des petits boulets attachés à ma cheville mais je ne peux nier mon passé. Ces hommes font de moi la femme privée que je suis, la pire relation amoureuse m’apporte des leçons et de l’expérience pour la suite. Même les histoires éphémères peuvent servir. Par exemple, dès que je me trouve moche, je me souviens du sublissime Cyril, un des mecs les plus beaux que j’ai jamais vus, je me rappelle de la nuit passée ensemble, comme c’était bien, comme il me dévorait des yeux et tout… Puis il avait la peau douce. Faudra un jour que je me penche sur ma fascination pour les peaux douces, tiens.

Question annexe : et mes mecs, ils apprécient que je garde des photos de mes ex ? Perso, je m’en fous que mon mec garde des photos de ses anciennes copines vu que déjà,
je vais pas aller fouiller son ordinateur donc je saurai même pas qu’il en a. Puis ça me paraît normal. Il est quelque part malhonnête d’effacer ces traces, comme si on niait ce que l’on avait vécu. Je dirais même que les effacer rend un peu la chose suspecte genre on a quelque chose à cacher. Je ne montrerai jamais à mes mecs les photos de mes exs (sauf s’ils le demandent mais bof) parce que j’en vois même pas l’intérêt. J’ai pas forcément envie de voir la photo de ses anciennes copines, je vois pas pourquoi, lui, il aurait cette curiosité. Mais arrive un âge où on peut difficilement prétendre n’avoir rien vécu, n’avoir aimé personne, avec un grand ou un petit a. Et je ne vois pas pourquoi une nouvelle relation devrait rimer avec effacement du passé. Ce que j’ai vécu avec les autres avant est indépendant de ma relation actuelle, elles ont une place quelque part dans mon cœur. Je crois qu’à bien y penser, je ne supporterais pas qu’un mec m’impose de jeter
mes souvenirs, de ne plus revoir mes exs… Garder mes souvenirs ne veut pas dire que je sois toujours amoureuse d’eux (sinon, j’aurais vraiment un très très gros cœur) mais mes exs me connaissent intimement, ils connaissent mes réactions, ma façon de fonctionner et j’ai toujours de l’affection pour eux, hors de question de les foutre à la porte de ma vie. D’ailleurs, je trouve dramatique de penser qu’on soit obligés de couper les ponts de façon ferme et définitive avec ses ex, si on est toujours amis avec eux. Si la nouvelle relation amicale ne nous fait pas de mal et ne sert pas à maintenir quelques flammes amoureuses, je ne vois vraiment pas où est le problème.

Bien sûr, je ne suis pas particulièrement jalouse donc moi, j’ai aucun souci avec les exs de mes mecs. Par ailleurs, je pense que le fait que je garde certains souvenirs (pas tout quand même) s’explique certainement car ma forte affectivité et un certain côté fleur bleue. Finalement, c’est un peu comme des souvenirs de vacance qu’on regarde de temps en temps pour se rappeler du super voyage qu’on a fait, des bons moments passés ensemble. Et puis ça permet de voir où on en est. Si je me sens obligée de regarder la photo de mon ex tous les jours et que je mets à pleurer à chaque fois, là, y a un problème. Si je relis nos échanges en souriant et que je n’y passe pas ma vie dessus, c’est que j’ai tourné la page des sentiments amoureux et ne reste que l’agréable nostalgie. Et puis, honnêtement, lire des « je t’aime », « tu es belle » et compagnie, si mon cœur ne fait plus 4 tours sur lui-même, mon ego, lui, il adore.