Courrier des cœurs, réponse à Moody Haleine

Cette semaine, Moody nous a envoyé un mail pour nous présenter son cas, attention :

« Chers vingtenaires,

J’ai l’honneur de vous présenter mon honorable problème, un classique classique: Après avoir décidé, à la suite d’une improbable aventure passionnelle avec une nymphomane bouddhiste devenue platonique au bout de 3 semaines et qui m’a fait arroser les saules pleureurs municipaux de façon convaincue (faut pas s’attacher pour la énième fois…), je me jurai de ne plus me précipiter dans des relations frénétiques,ô non ô non trop de problèmes.
Ce qui finit par me faire développer pour une vieille connaissance, évidemment, dont la statistique de fréquentation a connu une croissance exponentielle. Quoi de mieux que de tomber amoureux d’une amie?

Détails piquants:
– Mlle prétend ne plus être tombée amoureuse depuis l’âge de 13 ans (donc + d’une dizaine d’années)
– Tou(te)s ses meilleur(e)s ami(e)s ont déjà une fois ou l’autre essayé de se mettre avec et se sont tou(te)s mangés un râteau. (elle a la main verte)
– Nous écoutons tous les 2 de la New/Cold Wave (ce qui va vous donner un bon prétexte pour vous foutre de moi) et l’une de nos chansons fétiches s’intitule évidemment « Love will tear us apart » (L’amour va nous séparer), de Joy Division, ce qui n’est pas fait pour me rassurer, ben tiens, étant donné ma croyance dans la divination par les juke-box pourris.
– Les éléphants roses sont blancs cette saison.
– Monsieur Damoclés et Madame Eros ont un fils et il s’appelle Tomberamoureuxdesameilleureamie

Bref, Argh, Glurmf, Tzrim, Ploumploum, Zorglonde. Que faire:
1.Essayer de se la jouer romantique fine male pour exciter ses hormones (moi: physique de grand Woody Allen avec une coupe afro) 2. Attendre béatement que le temps arrange tout de manière miraculeuse et scénaristique 3. Fuir très loin?

Merci de vos avis si précieux,
Moody Haleine, du Mortbaillant (56)

P.S.: Elle me sort parfois des compliments du genre « Si je tombais amoureuse de quelqu’un, ben de toi » mais combinés à des phrases du genre « Mais je te le dirais parce que je suis directe ». (Moi-même, je détourne alors la conversation de la plus adroite et la plus constipée des manières).  »




La cellule love and sex s’est réunie comme toutes les semaines et voici ce qu’on en pense :

Diane : Si j’ai bien décrypté le sujet, la question est: je suis amoureux de ma meilleure amie bouhhhh que dois-je faire?

Ttsss….Moody: Dieu a dit: tu ne tomberas pas amoureux de ton/ta meilleur(e) ami(e). C’est mal.

Car, rappelle toi ce que dit la chanson:

« avoiiiiiir un bon copain, c’est bien cqu’il y a d’meilleur au monnndeuuu, puis caaaar, un bon copainnn, c’est plus fidèleu qu’une blondeuuu […]
le grand amour, ça dure un jour

l’amitié dure toujours »

Donc danger numéro 1: si toi y’en a fricoter avec meilleure amie, ça y’en a pouvoir briser à tout jamais l’inimitable complicité chafouine et mutine qui unissait déja vos coeurs et vos âmes du temps q’vous étiez ptits et que vous réinventiez Jules Verne avec vos Playmobils.  (c’est fou ce qu’on peut faire avec un peu d’eau, un jardin, une bassine en inox et quelques playmobils)

Et ça, ça vaut si elle partage ton inclination. S’il se trouve qu’elle te ratise tes élans lyriques, ça risque de mettre un sacré coup de mistral sur vos relations….

Donc, la question se pose: es tu vraiment sûr de tes sentiments pour elle? Ne serais tu pas plutôt dans une mauvaise période (je voudrais pas dire,
mais c’est le printemps, hein…) où ta libido/ta solitude/ton envie de tendresse te travaillent et où, manque de cible potentielle, tu fais un transfert de tes désirs sur la personne féminine la plus proche de toi qui ne soit pas ta mère?

Mon conseil serait donc: laisse le temps faire son ouvrage, ne gache pas une belle amitié c’est trop précieux, attends, attends, et attends encore, et si vraiment au bout deux mois t’en peux plus tu ne penses qu’à elle tu n’en dors plus, alors là, peut-être, tu pourras te reposer la question.

Jane : Déjà, j’aimerais te conseiller d’ouvrir un blog. Je te promets, parfois, ça soulage. Là par exemple, tu pouvais faire facile une trilogie d’articles sur le sujet. Mais comme t’es gentil, t’as préféré nous en faire un condensé, merci merci. Pas qu’on ait l’habitude de répondre à 3 lignes (et laisser vagabonder notre imagination sur la moquette) mais là, tu nous donne tellement de données du problème qu’on a juste envie de dire « Ben voilà, j’suis super d’accord avec toi! » Et ceci n’a rien à voir avec le fait qu’on soit au moins deux à ne pas avoir compris la problématique hein!
Comme je viens d’expliquer que la problématique, après 3 lectures, je ne suis pas sûre de l’avoir trouvée, je vais tenter d’éviter le hors sujet tout en faisant croire que j’ai compris la question. Et rien que pour la performance, ma réponse a sa place parmi les autres. Même si bon, au final, elle va pas aider des masses, c’est l’intention qui compte. Merci de votre attention.
Déjà, arroser les saules pleureurs, c’est cool, parce que ça a vite soif ces petites choses là. Après, une nymphomane platonique, je demande à voir, ça attise ma curiosité. Mais je digresse, je digresse.
Alors ton actuelle (qui n’est pas bouddhiste mais New Age) si je comprends bien, tu l’approches, tu veux la faire tienne, mais elle n’a pas l’air très convaincue. J’ai comme envie de dire que bon, voilà, c’est mort d’avance, mais si tu veux tenter, pour le sport, pour le fun, parce que tu t’ennuies… tu peux toujours essayer. Mais on ne fait pas de service après-vente ici. J’admire néanmoins le fait de ne pas être tombée amoureuse depuis ses 13 ans, à cet âge-là, je jouais à la Barbie sans être consciente qu’on pouvait aimer quelqu’un d’autre que ses parents. Ca a du être quand même sacrément traumatisant.

Nina : D’abord je dirais que quelque part, tu as de la chance, ta dernière histoire foireuse n’a pas été tout à fait inutile, les saules pleureurs de la municipalité t’en sont reconnaissants. c’est vrai, certains ne se retrouvent qu’avec des regrets et l’ego en miette, toi, au moins, tu as fait un beau geste.

Pour le reste, je crois pas en l’amitié qui se transforme en amour. Soit c’est ton amie, soit c’est ta cible mais les deux, non. En tant que fille hyper cloisonnée dans sa tête, les choses sont claires : un mec qui se dit mon pote devient de fait un être asexué dans ma tête surtout qu’en la matière, le temps n’est pas notre ami : s’il avait
dû se passer quelque chose, ça se serait déjà fait et puis c’est tout.

Enfin, finissons par un brin de psychologie de supermarché : n’es-tu pas amoureux d’elle juste par manque affectif? En l’absence d’objet de désir, tu prends la fille la plus proche de toi. Donc réponse à la question : reste ami avec elle et c’est tout.

Lucas : Bon, si je résume, Moody Haleine aimerait être en releycheune pas cheap avec une future ex-meilleure amie. Ça tombe bien, je suis un spécialiste !
J’ai crée il y a 6 mois le groupe sur FB « Je préfère qu’on reste amis« .
Moody risque de recevoir en pleine gueule les désormais classiques :
« Je ne veux pas gâcher une si belle amitié !« ,
« Non, écoute, t’es trop bien pour moi, j’te mérite pas.« ,
« J’t’aime boucou boucou mais ça ne va pas plus loin. »,
« Ecoute, en ce moment tu n’es pas celui qu’il me faut.« ,
« J’ai pas envie de te perdre » (parce que c’est bien connu : les histoires d’amour finissent mal, en generaaal) et surtout le démentiel « Ça vient pas d’toi, t’es un mec génial, d’ailleurs je comprends pas que tu sois célibataire. » (bah moi non plus…)
Pour anticiper ces réparties audacieuses, styiiiiiiiiilées et péremptoires, je pense qu’il faut créer une rupture un beau jour (ou peut-être une nuit), une rupture qui fasse évoluer l’image que la demoiselle a de toi. Que cela lui donne un regard neuf sur ta personnalité (voire sur ta personne alitée…). Bien sûr, il y aussi une autre voie, l’artifice facile de l’alcool pour vous rapprocher… Mais quid du lendemain quand tu te réveilles sourire 10000 watt et que la nana à coté de toi a son sourire gêné ..?
Bref, prend le taureau par les cornes. Ose, lance toi, tu as tout à y gagner et strictement rien à y perdre.

Si tu as une question à nous soumettre, laisse nous un petit comm ou un petit mail, la cellule sera ravie de te répondre !

Je t’aime à la foliiiiiiiiiiie

Il y a quelques mois, j’ai lu un article sur les folles passions amoureuses. En substance : on s’est installés ensemble après la première nuit, je suis tombée enceinte au bout
de 2h et on l’a gardé… Bref, des histoires d’amour fulgurantes et qui tiennent en plus. Moi, au bout de 4 ans, j’ai pas été foutue de vivre avec mon mec et la moindre perspective d’engagement m’effraie.

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Petit topo de mon ambiance affective actuelle. Je passe mes journées sur des forums à lire des histoires d’amour qui finissent mal (et des fois très mal), dans ma famille, une de
mes tantes est en pleine rupture, une autre n’est pas tellement mieux. Du coup, l’amour toujours, j’ai du mal à y croire, malgré le bel exemple de mes parents. Mais ça devient tellement une exception que mon père a même demandé à ma maman l’autre soir s’ils étaient normaux. Du coup, je suis une effrayée de l’amour. A peine je sors avec un mec que je commence à serrer les fesses en attendant que ça casse parce que les histoires d’amour finissent mal, en général. Quoi que le couple qui a chanté ça (les Rita Mitsouko, pour ceux qui remettent pas) fut un couple sans histoire séparé uniquement par la mort. Comme quoi…

 

Dire que je suis une trouillarde affective me paraît encore gentil. M’installer avec lui ? Mais si ça marche pas, ça va être trop galère de rendre l’appart. Le mariage ? Faudrait voir à économiser pour le divorce. Les enfants ? Je serai incapable de les élever seule. Bref, je vois la vie en rose, comme vous pouvez le voir. Mais finalement, je me demande si ce n’est pas eux qui ont raison. La vie est courte, si on tergiverse à vie, on ne fait plus rien. Tout est risqué, à n’en pas douter mais qu’on s’installe ensemble au bout de 6 mois ou au bout de
2 ans, avons-nous réellement plus de garanties ? Evidemment, moi qui suis une flippée, je dirais que 6 mois, c’est trop tôt, je suis pas prête, gna gna gna. Mais je pourrai dire la même chose au bout de 2 ans à ce tarif là, dégainant le fatal « mais si ça marche pas ? ». Mais le temps n’est une garantie de rien, d’une part. D’autre part, évidemment qu’il y a des
risques que ça ne marche pas, c’est comme tout. Par exemple, quand j’ai décidé de quitter mon ancien job pour le nouveau, j’aurais pu ne pas m’entendre avec mes collègues et souffrir. A l’arrivée, je suis gagnante sur toute la ligne. D’ailleurs, là, je dois former encore deux journalistes au blog, genre les nanas qui auraient 150 trucs à m’apprendre tant elles ont du métier et c’est moi le petit scarabée qui vais partager mon savoir. Houuuuuuuu. La vie est une question de risque, si on recule au premier si, on ne fait rien et on a une vie médiocre. Par le passé, j’ai aimé, j’ai souffert, j’ai fini par me relever. Aujourd’hui, malgré les larmes versées, je ne regrette pas d’avoir foncé.

Alors peut-être qu’il faudrait que je jette ma carapace, que j’arrête de dire « non mais ça marchera pas de toute façon » parce qu’on ne sait jamais. La vie n’est pas qu’une peau de vache. Des gens qui s’installent ensemble, voire font des bébés (mais là, c’est quand même un level très élevé pour moi, faut pas déconner), ça n’a rien d’exceptionnel, ça arrive tous les jours. Je ne suis pas plus inapte à la vie en couple que ces gens là. Après tout, avec Guillaume, on vivait officieusement ensemble dans mon appart de 28 m² et on ne s’est jamais engueulés. On avait nos petites règles de vie : on faisait chacun les courses une semaine sur deux, par exemple, on se partageait les tâches ménagères, on faisait parfois des trucs ensemble, parfois des trucs de notre côté, selon nos envies ou nos impératifs. Ouais les étudiants, ça révise et ça écrit des mémoires, des fois. Bien sûr que ce n’était pas tous les jours faciles quand même mais ça n’empêche pas que ça marchait quand même.

Bon, évidemment, c’est facile de dire ça quand on est célibataire, bien sûr, j’ai pas la pression, là. Je me vois mal demander un bébé à un de mes amants ou alors ce serait pour me débarrasser de lui. Pas très classe. Le tout, finalement, c’est de ne pas vivre en fonction d’un calendrier « au bout de 3 mois, je le présente à ma sœur, à 6, à mes parents, au bout d’un an, on vit ensemble puis un an et demi, on se pacse. Au bout de 3 ans, on fait un bébé ». Finalement, c’est ridicule d’essayer de rationaliser et planifier une relation sentimentale parce qu’au fond, c’est impossible. Si l’envie de vivre à deux est là, pourquoi céder aux sirènes du pessimisme. Si ça marche pas, au moins, j’aurais tenté, pas de regrets. Après tout, on connaît des gens qui se marient au bout d’un mois et feraient même un bébé, selon les rumeurs. Mais bon, je soupçonne Nicolas d’avoir engrossé Carla par accident et de vite réparer les dégâts en l’épousant. C’est quand même un super rapide. Un vrai Speedy Gonzales !