Petite chose fragile

Dernièrement, j’ai expérimenté le « je suis la petite chose fragile de service », statut assez inhabituel pour moi dans la mesure où je suis plus habituée à être la pompom girl du groupe, celle qui encourage, montre que le verre n’est pas si vide et que « tu verras, demain, ça ira mieux ». Préceptes que j’applique à moi-même même si parfois, je ne serais pas contre une télécommande magique qui ferait avancer ma vie de quelques semaines jusqu’au moment où tout ira mieux de façon indéniable.

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Ces derniers temps, les gens sont donc très préoccupés par mon bien-être et la gestion de la crise qui est mienne depuis presque deux mois. Tout le monde me dit « n’hésite pas, je suis là pour toi », y compris celle qui vient de perdre sa grand-mère. Les gens me demandent s’ils peuvent inviter l’Amoureux parce qu’ils ont peur que ça me fasse mal. C’est délicat de leur part mais je ne suis pas fâchée avec lui (ni lui avec moi) et le fuir ne servira à rien. J’ai coupé les ponts pendant 15 jours histoire de reprendre des forces. Maintenant, il
nous faut construire une relation amicale et ce n’est pas en le fuyant que je vais arriver à quoi que ce soit. Nous avons des amis et des activités communs, autant affronter la situation.

Je ne sais pas si je suis forte ou juste apathique dans cette histoire mais quand je vois comme les gens s’inquiètent pour moi, ça me touche mais me surprend néanmoins. La semaine dernière, je l’ai revu. Pas en tête à tête, il y avait du monde. Il est arrivé, nous avons parlé tous les deux pendant quelques minutes. Pas de la rupture, je pense qu’il n’y a rien de plus à dire sur la question qui ne remuerait le couteau dans la plaie. Juste de nos vies depuis 15 jours, de ses projets, de mon nouveau taf… Et j’ai vu mes copines qui me surveillaient du coin de l’oeil, vérifiant que j’allais bien, que je n’allais pas me mettre à pleurer et cette question sous-tendue : »Ça va? ». D’autres m’ont questionnée par mail le lendemain, même ma maman m’a posé la question alors que nous avons des problèmes plus graves à gérer dans la famille que mes peines de cœur.

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Je suis touchée. Indéniablement. Mais quelque part, ça m’effraie légèrement : ai-je bien réalisé ? Sous-estimé-je ma propre situation ? Je suis parfois gênée de voir mes copines s’excuser car elles parlent de lui à un moment. Mais son nom n’est pas tabou. Je ne me surestime pas, je me sais fragile en ce moment et les discussions autour de mon retour au pays de la séduction de simples boutades car pour le moment, je n’en ai pas envie. J’ai envie de boire de la tisane dans un pyjama pas sexy du tout et de dormir avec mon chat. Bon, l’épilation reste irréprochable, plongée oblige. Je ne veux pas d’un homme qui ne serait qu’un cataplasme sur mon coeur. Mais j’ai pas non plus envie qu’on marche sur des œufs en ma présence, d’être le centre de l’attention générale pour quelque chose de triste. Réjouissons nous plutôt ensemble de mon nouveau boulot. Concentrons-nous sur celles qui vivent des drames plus graves que les miens. Il est vrai qu’il est doux de voir toutes ces mains tendues, de savoir que si l’on recraque, que l’on a besoin d’une épaule ou de sourires pour oublier, on a qu’à décrocher son téléphone. En attendant, je tiens le cap. Alors the show must go on, parlons de choses gaies. Comme mes vacances d’été en Martinique !

Les desperate singles, les femmes les plus pénibles du monde ?

L’autre soir, je regardais Fox life (mais mon Dieu, pourquoi ? Y a même plus des jours et des vies) et je tombe sur la bande annonce de Brothers and sisters.
Rien que la bande annonce, je diagnostique une série chiante à pleurer avec Sally Field, Rachel Griffiths (Brenda de Six feet under) et… Calista Flockhart. Là, de voir sa tête de Droopy dépressif, je soupire. Mais au fait, pourquoi je ne l’aime pas Calista ?


Evidemment, je ne sais rien d’elle, à part qu’elle sort avec Harrisson Ford donc pourquoi cette antipathie pour cette pauvre Calista ? Mais c’est bien sûr : Ally McBeal. Et là, j’ai eu une révélation : qu’il y a-t-il de plus pénible qu’une desperate single ? Je prends les cas « connus », les héroïnes de films ou de séries mais franchement, y en a pas une pour rattraper l’autre, que ce soit Ally, Clara Sheller, Carrie Bradshaw, Susan Meyer, Bridget Jones… pardon mais de vraies filles casse-couilles (ou ovaires, choisis ton sexe, lecteur). Elles sont toutes pareilles : « han, le célibat, c’est trop moche ! Han, j’ai rencontré un mec mais je sais pas, je lui fais un bisou le premier soir ? Et la langue, je la mets quand ? Han, Steve, il m’a pas rappelé depuis 3h, je suis désespérée ! Han, Steve, il a fini le PQ et n’en a pas remis, non mais tu imagines ? Han ! Steve, il m’a plaquée ! Han, Steve, je l’aime et il me manque trop ! Han, le célibat, c’est trop moche ! Han, il est mignon Brad mais tu crois que je peux lui envoyer un mail de blague pour le draguer ? ».  Résultat : on les déteste. Je trouve assez fort de créer des séries autour de ces femmes globalement peu appréciées mais le fait est que ça marche. Parce qu’on se trouvera toujours moins pathétiques en comparaison ?


Mais le pire, ce sont les vraies desperate singles, celles de la vraie vie. Parce que oui, en vrai, elles existent. Et quand je dis elles, soyons généreux, y a aussi des desperate singles mâles. Scannez un peu votre entourage et identifiez celui ou celle qui ne parle QUE de sa vie amoureuse ou de sa non vie amoureuse, qui préfère répéter 100 fois que « les mecs, c’est tous des connards » plutôt que de laisser la conversation glisser sur un autre sujet plus intéressant ou plus général. Parce que le desperate single, au début, tu veux être sympa, tu le rassures genre « mais non, t’as pas de problème, on ne peut pas tous être en couple tout le temps, ça va venir, tu as toutes les qualités, ne t’en fais pas… ». Erreur, on tombe dans son piège ! Parce qu’en voulant le rassurer, on lui sert d’oreille compatissante et du coup, c’est parti, on a droit à écouter toutes ses névroses amoureuses depuis Thomas, son voisin quand elle avait 4 ans et dont elle était amoureuse mais tu comprends, il n’a pas voulu lui prêter son seau et ce fut le drame… Parce que la desperate single n’a qu’une chose de réellement passionnant dans sa vie (à ses yeux, j’entends) : les hommes. Elle passe sa vie à parler de celui qu’elle a en vue, celui qu’elle a réussi à attraper, celui qui lui a brisé le cœur. Quitte à ressortir de vieilles histoires de temps en temps histoire d’avoir quelque chose à dire. Inutile d’essayer de parler de vous, elle s’en fout (à moins de parler de vie amoureuse pour qu’elle puisse vite dire « ah ben c’est comme moi, blablabla). Si on prend le cas Bradshaw, ses amies peuvent traverser les pires galères du genre « oh tiens, je suis enceinte et je ne le voulais pas », « oh, tiens, je divorce », « oh tiens, j’ai un cancer », elle va compatir trente secondes puis pleurer parce que Mister Big ne l’a pas appelée ou je ne sais quoi d’autre.



Bref, à bien y réfléchir, oui, ces filles sont pénibles et une fois repérée, personnellement, je la fuis. Non que je n’ai aucune compassion mais arrive un moment où recevoir des textos à 0h30 m’informant que X est un connard (véridique), je suis désolée mais non. Sauf de la part de mes amies identifiées comme telles et qui savent qu’elles peuvent le faire. Surtout que soyons réalistes, si j’étais douée en relations amoureuses, ça se saurait. Ce n’est pas parce que je vis bien mon célibat que je dois servir d’épaule à toutes celles qui ne supportent pas de vivre seules plus de deux jours…



Mais va quand même falloir m’expliquer pourquoi les desperate singles sont toujours des héroïnes de séries… de séries qui cartonnent en plus.

Courrier des cœurs, réponse à Moody Haleine

Cette semaine, Moody nous a envoyé un mail pour nous présenter son cas, attention :

« Chers vingtenaires,

J’ai l’honneur de vous présenter mon honorable problème, un classique classique: Après avoir décidé, à la suite d’une improbable aventure passionnelle avec une nymphomane bouddhiste devenue platonique au bout de 3 semaines et qui m’a fait arroser les saules pleureurs municipaux de façon convaincue (faut pas s’attacher pour la énième fois…), je me jurai de ne plus me précipiter dans des relations frénétiques,ô non ô non trop de problèmes.
Ce qui finit par me faire développer pour une vieille connaissance, évidemment, dont la statistique de fréquentation a connu une croissance exponentielle. Quoi de mieux que de tomber amoureux d’une amie?

Détails piquants:
– Mlle prétend ne plus être tombée amoureuse depuis l’âge de 13 ans (donc + d’une dizaine d’années)
– Tou(te)s ses meilleur(e)s ami(e)s ont déjà une fois ou l’autre essayé de se mettre avec et se sont tou(te)s mangés un râteau. (elle a la main verte)
– Nous écoutons tous les 2 de la New/Cold Wave (ce qui va vous donner un bon prétexte pour vous foutre de moi) et l’une de nos chansons fétiches s’intitule évidemment « Love will tear us apart » (L’amour va nous séparer), de Joy Division, ce qui n’est pas fait pour me rassurer, ben tiens, étant donné ma croyance dans la divination par les juke-box pourris.
– Les éléphants roses sont blancs cette saison.
– Monsieur Damoclés et Madame Eros ont un fils et il s’appelle Tomberamoureuxdesameilleureamie

Bref, Argh, Glurmf, Tzrim, Ploumploum, Zorglonde. Que faire:
1.Essayer de se la jouer romantique fine male pour exciter ses hormones (moi: physique de grand Woody Allen avec une coupe afro) 2. Attendre béatement que le temps arrange tout de manière miraculeuse et scénaristique 3. Fuir très loin?

Merci de vos avis si précieux,
Moody Haleine, du Mortbaillant (56)

P.S.: Elle me sort parfois des compliments du genre « Si je tombais amoureuse de quelqu’un, ben de toi » mais combinés à des phrases du genre « Mais je te le dirais parce que je suis directe ». (Moi-même, je détourne alors la conversation de la plus adroite et la plus constipée des manières).  »




La cellule love and sex s’est réunie comme toutes les semaines et voici ce qu’on en pense :

Diane : Si j’ai bien décrypté le sujet, la question est: je suis amoureux de ma meilleure amie bouhhhh que dois-je faire?

Ttsss….Moody: Dieu a dit: tu ne tomberas pas amoureux de ton/ta meilleur(e) ami(e). C’est mal.

Car, rappelle toi ce que dit la chanson:

« avoiiiiiir un bon copain, c’est bien cqu’il y a d’meilleur au monnndeuuu, puis caaaar, un bon copainnn, c’est plus fidèleu qu’une blondeuuu […]
le grand amour, ça dure un jour

l’amitié dure toujours »

Donc danger numéro 1: si toi y’en a fricoter avec meilleure amie, ça y’en a pouvoir briser à tout jamais l’inimitable complicité chafouine et mutine qui unissait déja vos coeurs et vos âmes du temps q’vous étiez ptits et que vous réinventiez Jules Verne avec vos Playmobils.  (c’est fou ce qu’on peut faire avec un peu d’eau, un jardin, une bassine en inox et quelques playmobils)

Et ça, ça vaut si elle partage ton inclination. S’il se trouve qu’elle te ratise tes élans lyriques, ça risque de mettre un sacré coup de mistral sur vos relations….

Donc, la question se pose: es tu vraiment sûr de tes sentiments pour elle? Ne serais tu pas plutôt dans une mauvaise période (je voudrais pas dire,
mais c’est le printemps, hein…) où ta libido/ta solitude/ton envie de tendresse te travaillent et où, manque de cible potentielle, tu fais un transfert de tes désirs sur la personne féminine la plus proche de toi qui ne soit pas ta mère?

Mon conseil serait donc: laisse le temps faire son ouvrage, ne gache pas une belle amitié c’est trop précieux, attends, attends, et attends encore, et si vraiment au bout deux mois t’en peux plus tu ne penses qu’à elle tu n’en dors plus, alors là, peut-être, tu pourras te reposer la question.

Jane : Déjà, j’aimerais te conseiller d’ouvrir un blog. Je te promets, parfois, ça soulage. Là par exemple, tu pouvais faire facile une trilogie d’articles sur le sujet. Mais comme t’es gentil, t’as préféré nous en faire un condensé, merci merci. Pas qu’on ait l’habitude de répondre à 3 lignes (et laisser vagabonder notre imagination sur la moquette) mais là, tu nous donne tellement de données du problème qu’on a juste envie de dire « Ben voilà, j’suis super d’accord avec toi! » Et ceci n’a rien à voir avec le fait qu’on soit au moins deux à ne pas avoir compris la problématique hein!
Comme je viens d’expliquer que la problématique, après 3 lectures, je ne suis pas sûre de l’avoir trouvée, je vais tenter d’éviter le hors sujet tout en faisant croire que j’ai compris la question. Et rien que pour la performance, ma réponse a sa place parmi les autres. Même si bon, au final, elle va pas aider des masses, c’est l’intention qui compte. Merci de votre attention.
Déjà, arroser les saules pleureurs, c’est cool, parce que ça a vite soif ces petites choses là. Après, une nymphomane platonique, je demande à voir, ça attise ma curiosité. Mais je digresse, je digresse.
Alors ton actuelle (qui n’est pas bouddhiste mais New Age) si je comprends bien, tu l’approches, tu veux la faire tienne, mais elle n’a pas l’air très convaincue. J’ai comme envie de dire que bon, voilà, c’est mort d’avance, mais si tu veux tenter, pour le sport, pour le fun, parce que tu t’ennuies… tu peux toujours essayer. Mais on ne fait pas de service après-vente ici. J’admire néanmoins le fait de ne pas être tombée amoureuse depuis ses 13 ans, à cet âge-là, je jouais à la Barbie sans être consciente qu’on pouvait aimer quelqu’un d’autre que ses parents. Ca a du être quand même sacrément traumatisant.

Nina : D’abord je dirais que quelque part, tu as de la chance, ta dernière histoire foireuse n’a pas été tout à fait inutile, les saules pleureurs de la municipalité t’en sont reconnaissants. c’est vrai, certains ne se retrouvent qu’avec des regrets et l’ego en miette, toi, au moins, tu as fait un beau geste.

Pour le reste, je crois pas en l’amitié qui se transforme en amour. Soit c’est ton amie, soit c’est ta cible mais les deux, non. En tant que fille hyper cloisonnée dans sa tête, les choses sont claires : un mec qui se dit mon pote devient de fait un être asexué dans ma tête surtout qu’en la matière, le temps n’est pas notre ami : s’il avait
dû se passer quelque chose, ça se serait déjà fait et puis c’est tout.

Enfin, finissons par un brin de psychologie de supermarché : n’es-tu pas amoureux d’elle juste par manque affectif? En l’absence d’objet de désir, tu prends la fille la plus proche de toi. Donc réponse à la question : reste ami avec elle et c’est tout.

Lucas : Bon, si je résume, Moody Haleine aimerait être en releycheune pas cheap avec une future ex-meilleure amie. Ça tombe bien, je suis un spécialiste !
J’ai crée il y a 6 mois le groupe sur FB « Je préfère qu’on reste amis« .
Moody risque de recevoir en pleine gueule les désormais classiques :
« Je ne veux pas gâcher une si belle amitié !« ,
« Non, écoute, t’es trop bien pour moi, j’te mérite pas.« ,
« J’t’aime boucou boucou mais ça ne va pas plus loin. »,
« Ecoute, en ce moment tu n’es pas celui qu’il me faut.« ,
« J’ai pas envie de te perdre » (parce que c’est bien connu : les histoires d’amour finissent mal, en generaaal) et surtout le démentiel « Ça vient pas d’toi, t’es un mec génial, d’ailleurs je comprends pas que tu sois célibataire. » (bah moi non plus…)
Pour anticiper ces réparties audacieuses, styiiiiiiiiilées et péremptoires, je pense qu’il faut créer une rupture un beau jour (ou peut-être une nuit), une rupture qui fasse évoluer l’image que la demoiselle a de toi. Que cela lui donne un regard neuf sur ta personnalité (voire sur ta personne alitée…). Bien sûr, il y aussi une autre voie, l’artifice facile de l’alcool pour vous rapprocher… Mais quid du lendemain quand tu te réveilles sourire 10000 watt et que la nana à coté de toi a son sourire gêné ..?
Bref, prend le taureau par les cornes. Ose, lance toi, tu as tout à y gagner et strictement rien à y perdre.

Si tu as une question à nous soumettre, laisse nous un petit comm ou un petit mail, la cellule sera ravie de te répondre !

Un bilan meetic-gé

Deux mois que je me suis effacée de meetic, je peux donc en tirer un bilan objectif et je vous en offre la primeur ! Je vous invite à lire l’article que j’avais écrit sur le sujet à l’époque pour voir si mon opinion a évolué ou pas.
Désespérément célibataire 
Soirée déprime fin avril. Je m’emmerde chez mes parents, je trafique sur Internet, ne sachant trop quoi faire. Je réfléchis à ma vie sentimentale et c’est la catastrophe : je viens de débarquer dans une région où je ne connais personne, où suis-je censée trouver une moitié d’une nuit ou pour la vie ? Je connais un site qui pourrait m’aider mais j’hésite car le principe me dérange : un site de rencontre n’est-il pas la version électronique des petites annonces dans le journal ? Pour moi, si. Or, à 18 ans, je me souviens qu’avec une copine de fac, on les lisait en rigolant comme des bossues. Suis-je désespérée au point de tomber si bas ? Après un point sur ma situation, je me rends compte que c’est pas brillant : je viens de débarquer dans une ville inconnue, le seul mec que je connais me fait complètement fantasmer mais il a une greluche et bien qu’on habite à 500 m l’un de l’autre, il ne m’appelle pas. Bon, effectivement, je suis désespérée, allons-y gaiement.
 
Bon, je remplis consciencieusement les dizaines de questions qu’on me pose, je suis limite étonnée qu’on me demande pas la couleur de mon string, mais bon… Je ne mets pas de photos puisque je n’en ai pas sur le pc familial et puis, je me dis que je vais rapidement effacer cette fiche, tout ceci est ridicule. Une fois inscrite, je commence à surfer un peu sur les pages des messieurs qui correspondent à mes critères et là, je vois un gars qui me plaît trop, la trentaine, un visage somptueux. J’hésite encore un peu mais dès que je rentre sur Paris, je mets mes photos en ligne, on verra bien. Je n’attendais rien de ce site dès le départ, je voulais plus me trouver un mec en attendant que l’autre plante sa greluche. J’ai eu beau flasher le beau gosse, je n’ai jamais eu aucun retour de sa part.
Deux mois plus tard… 
Au bout de deux mois, j’ai fini par m’effacer, sur un coup de tête similaire, un ras le bol qui ne voulait pas passer, marre des mecs qui se passent de la politesse élémentaire (avant de me demander si je veux baiser, dis-moi bonjour, déjà). Il faut dire qu’à l’époque, je voulais prouver à Julien que je ne cherchais pas que des histoires de fesses et que, lorsque le courant passait (comme avec lui, je pouvais vouloir plus). Le jour de ma désinscription, alors que je recopiais les mails rigolos que j’avais reçus, un gars m’entreprend en chat et il m’a définitivement prouvé que les hommes n’en voulaient qu’à mon postérieur puisqu’au bout de deux minutes, le monsieur me proposait une sieste crapuleuse… Pfffffff !
 
Presque deux mois après ma désinscription, quel est le bilan ? J’ai reçu 265 flashes, rencontré 6 meeticboys (dont Louis, Benoît, Julien et Christophe), brouetté avec deux. Le score n’est pas terrible, il me semble. Concernant Julien et Christophe, la brouette était prévue mais ça a capoté, comme je l’ai expliqué dans les articles correspondant. Ensuite, il y a eu un gentil garçon que j’ai rencontré en tout bien tout honneur. Extrêmement sympathique avec un très beau sourire, je m’étais dit à l’époque que je le garderais sous le coude, en attendant d’avoir envie d’une relation stable. Résultat : après avoir reçu une carte postale de San Francisco, je n’ai plus eu de nouvelles. Sinon, il y a eu Cédric, le pro de l’annulation  de rendez-vous au dernier moment. Lui, c’est intéressant, j’en fais un paragraphe entier.
 
Premier contact sur le chat, dialogue :
Lui : Je cherche une relation sérieuse
Moi : Pas moi
Lui : Ah…C’est quand qu’on se voit ?
Bon, il s’annonce amusant, ce garçon ! On discute sur MSN, je le trouve très sympathique même s’il est assez empressé, j’apprends qu’il a un fils mais peu importe : je n’ai pas envie de l’épouser, juste de le brouetter. On se fixe donc un rendez-vous. Le jour J, texto : « je suis envoyé à Bordeaux pour le boulot pour la semaine, fais chier », un message dans ce goût-là. Après deux semaines de silence, le voilà qui me relance, on se fixe un nouveau rendez-vous. Le jour J, pressentant le coup foireux, je lui demande par texto de confirmer mais évidemment : « je peux pas, j’ai une réunion ». Evidemment ! Le businessman parvient cependant à débloquer une heure dans sa folle journée pour qu’on puisse boire un verre, une heure de discussion très sympathique, il me file un nouveau rencard pour de folles brouettes. Le jour J : je peux pas, je garde mon fils. On se fixe un nouveau rendez-vous, je l’appelle la veille pour confirmer et, une fois de plus : « non, je peux pas, je garde mon fils ». Cette annulation est plutôt bien tombé, finalement, puisque j’ai passé une folle nuit avec Reno et je n’aurais pas été capable d’enchaîner (enfin, je ne crois pas). On se fixe finalement un rendez-vous la semaine suivante, toute la journée, je guette mes mails, persuadée qu’il va annuler, je vérifie dix fois par heure mon portable (mis sur silencieux) mais aucune annulation. Je finis par quitter mon boulot et, alors que j’attendais le métro, le texto tant attendu arrive : « c’est mort pour ce soir, je vends ma voiture. » Bon, je ne l’ai jamais relancé, j’ai de l’amour propre quand même. Alors, autant pour Christophe, je me dis qu’à 22 ans, on peut ne pas du tout assumer la possibilité de relations sexuelles avec une inconnue, autant à 30, j’ai du mal à comprendre ! Ça m’amuserait qu’il me recontacte, cependant, juste pour le plaisir d’annuler cinq minutes avant.
Aucun regret
Donc, si on résume, meetic m’a rapporté 2 brouettes, sur les 6 comptabilisées sur ce blog, soit un tiers… Aujourd’hui, je me rends compte que je les ai tous perdus de vue, sauf Louis. Pourtant, je ne pensais pas que ce serait avec lui que je continuerais à discuter, nous n’avons pas grand chose en commun mais je suis devenue sa confidente meetic. Les histoires qu’il me narrent m’ont prouvé  que j’avais eu raison de fuir ce site. En effet, en ce moment, il est sur une histoire foireuse avant même d’avoir commencé. Cet été, il « rencontre » sur meetic une jeune fille, l’histoire part bien et voici le moment de passer du virtuel au réel. Le deal est le suivant : elle l’appelle un peu avant le rendez-vous pour qu’ils fixent un endroit pour se retrouver. Une heure après le rendez-vous supposé, n’ayant pas de nouvelles de la demoiselle, Louis lui envoie poliment un texto : « je crois que tu m’as oublié ». Silence radio. Quelques jours plus tard, il reçoit un mail de la demoiselle lui expliquant qu’elle venait de perdre sa tante et que son père était à l’hôpital pour un pontage. Elle n’avait donc pas à la tête à ça. Logique mais ça me paraît un peu gros. Quelques jours plus tard, notre ami Louis découvre que la demoiselle s’est réinscrite sur meetic ! Pour une fille qui n’a pas la tête à ça, c’est étonnant. Elle se connecte et il lui tombe dessus sur le chat, l’autre fait l’étonnée et lui dit de l’appeler demain. Louis me raconte ça sur MSN, dialogue (pour bien comprendre l’ironie de la situation) :
Lui : Elle m’a dit de m’appeler demain à 15 heures, elle sera à l’hosto.
Moi : Elle est infirmière ?
Lui : Non, elle est secrétaire.
Moi : Mais qu’est-ce qu’elle va foutre à l’hosto ?
Lui : Elle va voir son père qui a subi un pontage.
Moi : Putain, arrête, elle se fout de toi. Jamais je ne demanderais à un mec de m’appeler alors que je vais voir mon père malade.
Lui : Je sais. De toute façon, faut éteindre les portables à l’hôpital.
Evidemment, quand il a appelé, il est tombé sur le répondeur. Et surprise : aujourd’hui, elle lui a fixé un rendez-vous pour demain soir, il va y aller pour l’envoyer promener… à condition qu’il ne soit pas annulé, Louis a bien compris la leçon.
 
Aujourd’hui, encore, alors que je débutais la rédaction de cet article, qui vient me parler sur MSN ? Benoît ! Alors, là, je tombe des nues. Il me demande poliment des nouvelles puis veut savoir si j’ai un mec. Comme je lui réponds par l’affirmative, il me dit : « ah, tu n’as plus besoin de moi… Même pas pour une fessée les yeux bandés ? » Non, même pas pour ça (surtout qu’on n’avait jamais fait ça, mais bon…). Si je veux des fessées coquines, j’ai ce qu’il faut à la maison. Du coup, il me demande si j’ai pas des copines qui auraient envie de folles galipettes. Et bien, non, j’ai pas ça sous la main, j’élève pas les copines célibataires, moi, désolée. Il m’informe alors qu’il n’est plus sur meetic car il en avait assez, les filles étaient trop chiante, « pas comme toi », a-t-il précisé.
 
Alors, meetic est-il un ramassis de mythomanes, psychopathes et désespéré(e)s ? Non, je ne crois pas. J’ai pris meetic comme une façon de trouver des camarades de brouette, j’ai eu ce que je voulais. Aurais-je pu trouver l’amour sur meetic ? Je continue à en douter, malgré les témoignages qui prouvent le contraire. Certains me rétorqueront que c’est quand même grâce à meetic que j’ai rencontré Arnaud. Certes, c’est le seul point positif de cette folle aventure !