Le guide du plan cul

Chose promise il y a presque un an, chose due, voici un petit guide pour bien vivre son plan cul. Parce que quand on le pratique assidûment, on s rend compte que certaines questions restent un peu en suspens, que personne ne vous a expliqué s’il y avait une bonne façon de faire ou réagir à une situation donnée envers cette personne que vous butinez ponctuellement.

une abeille butine

Depuis un an, je suis rangée des voitures et j’ai décidé de vous offrir mon petit carnet de route pour vous aider à bien vivre votre plan cul. Bien sûr, chaque histoire est unique et votre relation plancuesque (néologisme) peut être radicalement différente de ce que je vais vous conter ici mais… hé, faut pas trop prendre ce que je vais dire au sérieux, d’accord ?

Les choses de la vie de Sautet avec Romy Schneider et Michel Piccoli

Parce que le plan cul, faut pas lui donner trop d’importance, pour commencer. Les médias adorent nous en parler, on a eu droit à quelques films et c’est vrai que ça brouille bien les cartes : est-on amants ou amoureux ? A partir de quand on bascule de l’un à l’autre et le basculement de l’un à l’autre n’est-il pas qu’un mythe in fine bien moralisateur pour nous expliquer que le sexe, c’est bien mais qu’au fond, on cherche tous l’amour, hein… D’ailleurs, est-ce que vous pouvez me dire une seule histoire de plan cul dans les fictions qui ne se terminent pas par des tourments amoureux ? Même dans Bref, à la fin, il veut retrouver son plan cul parce qu’il se rend compte que peut-être, c’était elle, la femme de sa vie, plutôt que la sublime Brune à tomber par terre mais peut-être moins drôle, moins folle… Ou alors c’était une resucée du Bachelor où à la fin, entre la bombe et la girl next door, il choisit cette dernière parce que ça permet aux téléspectatrices de s’identifier et donc de vivre la belle histoire par procuration… Mais je m’égare.

Un bachelor se promène à Toulouse
Toulouse ! <3

Bref, le plan cul, c’est cette relation étrange, encensée par les médias mais assez peu valorisée, qui se situe entre le one-shot et l’histoire d’amour, cette relation où l’on s’aime pas mais on aime mélanger nos corps parce que le sexe, ça fait toujours du bien et c’est “moins prise de tête” que de partir en chasse dans les bars ou en boîte.

drague - Gossip Girl

Penchons nous ensemble sur le plan cul : qu’est-ce, comment bien le vivre, que faire ou non ? Et n’hésitez pas à commenter, à me donner des pistes de réflexion : si j’ai eu pas mal de plan culs, je n’ai pas le monopole de la connaissance sur le sujet.

Faut-il relancer ses proies sur les sites de rencontre

La question qui tue.

J’ai souvent comparé la recherche de l’amour à la recherche d’un travail tant je trouve cette métaphore pertinente, surtout sur les sites de rencontre. Mets ta plus jolie photo, ton parcours et tes loisirs en avant et envoie ta candidature à celles et ceux qui te séduisent. Tout pareil. Alors du coup, puisqu’il faut faire tout pareil, organisons un système de relance par mail des candidatures laissées sans réponses ! Oui… mais non.

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Un après-midi de juin 2012 (bon, en vrai, j’ai aucun souvenir de la date), je reçois un mail dans ma boîte spéciale site de rencontre m’informant que Loupdamour m’a envoyé un message. C’est étrange, ce pseudo me dit quelque chose, allons voir “3 semaines sans réponse, je suppose que c’est un râteau”. Et voilà comme quelques mots m’ont foutu bien à l’aise et bien de bonne humeur, merci Loupdamour ! Me sentant obligée de me justifier, je lui ai signalé qu’il était en couple et donc que je n’étais pas intéressée par ce type de relation, merci, bisous, au revoir.

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Un autre mec m’envoyait régulièrement des messages, aussi du type “ah, enfin le week-end, je vais me reposer après une dure semaine à bosser. Je l’ai bien mérité ! Je vais sans doute aller me promener et aller au ciné avec mon fils. Et toi ?”. Heu, c’est à dire on se connaît ? Il y a une raison pour laquelle tu commences à me raconter direct ta vie ? Le pire est que j’en ai reçu une demi douzaine comme ça, ainsi que mes copines inscrites sur le site. Je n’ai jamais su si le monsieur se rendait compte qu’il m’avait déjà envoyé un bout de son blog quelques jours plus tôt mais là, c’est rhédibitoire : non merci !

blasée

En matière de séduction, s’il y a une chose que je ne supporte pas, c’est d’adresser une fin de non recevoir, je trouve ça toujours gênant. Personne n’a envie d’entendre “ouais écoute, Jean-Luc, t’es sympaaaaa mais ça va pas le faire. Oh et commence pas à me sortir le couplet de l’amitié et co, on est sur un site de rencontre et on sait très bien ce que ça veut dire”. Du coup, quand je sens que le gars ne va pas m’intéresser, je ne me fens pas d’un mail pour le lui dire surtout que mes goûts n’étant pas universels, le fait que j’ai pas super envie de me projeter avec lui pour une nuit ou pour la vie ne veut pas dire que personne au monde n’aura envie de lui. Je veux dire personne ne doit se remettre en question parce que je suis naturellement plus branchée Jon Kortajarena que Brad Pitt et que j’aime pas les mecs qui étalent leur fric sur leur compte ou parce qu’ils regardent les Anges de la téléréalité (bien que je doute que quelqu’un-e puisse indiquer regarder cette émission sur une fiche de site de rencontre en restant au 1er degré). Alors forcément devoir m’en expliquer devant cette personne qui a eu, certes, le courage de faire le premier pas m’agace légèrement. J’aime pas donner des coups, viens pas en chercher gratos.

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Alors vous allez m’objecter : “ouais mais peut-être qu’il/elle n’a pas vu mon message dans la masse et moi, je le/la veux vraiment parce qu’il/elle a tout ce que je veux, tout ce que j’aime, faut que je retente, des fois que…”. Oui alors je n’ai pas les stats de messages non remis sur les sites de rencontre mais je doute qu’il y en ait tant que ça. Alors oui, tu pourrais recontacter en envoyant un message tout neuf mais si la personne se souvient de ton pseudo, ça risque de légèrement l’agacer d’avoir l’impression que tu bombardes toutes les personnes du coin sans faire attention si tu as déjà contacté la personne ou pas. Le pire étant de renvoyer le mail à l’identique, rappelant vaguement à votre proie ces mails de Marie Voyance qui vous écrit car vous êtes en grand danger. Oui, oui, oui.

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Bref, si votre cible ne répond pas, ce n’est tout simplement pas la bonne. La vie est ainsi faite mais pas de panique : une porte se ferme, une autre s’ouvre. Comme disaient les jeunes à l’époque, Next !

Tel un chat sur un clavier brûlant

(apparté : je me suis défoncée sur ce titre)

Ce qui est charmant quand on débute l’aventure des sites de rencontre, c’est qu’on fait parfois preuve d’un peu de naïveté. Peu importe votre quête, vous débarquez avec votre politesse et votre élégance, une certaine vision de la séduction. Mais parfois, face à vous, des joueurs très expérimentés qui n’ont pas de temps à perdre.
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Alors que vous vous émoustillez à découvrir tous ces beaux gosses et/ou belles gosses que vous pourriez butiner pour peu qu’ils répondent à votre flash, ça commence à clignoter dans tous les sens : une personne vous invite à chatter. Ohlala, dis donc, ça débute fort. Un peu comme si, à peine entré-e dans un bar, on vous offrait direct un Martini Grenade*. C’est flatteur. J’ai dit que les nouveaux sur ces sites faisaient preuves de naïveté ? Et bien je le répète. Vous cliquez donc sur accepter et vous pénétrez alors un univers différent où vous allez naviguer entre conversation sans relief (ça va ? Tu fais quoi sur ce site ? Et sinon ça va ?), des conversations polies sur l’amour, la mort, et sinon ça va ? et les personnes cash qui n’ont pas envie de parler mais de se prendre un petit shoot d’hormones. « Tu baises ? »
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La misère ou l’obsession sexuelle vous assaille sur ces fenêtres vous rappelant vos jeunes années sur ICQ : c’est moche, ça marche souvent pas très bien et on ne sait finalement pas trop à qui on parle. Un système de random chat avec pour seul axe commun : la présence sur un site de rencontre. Du coup, 90 à 95% des conversations n’ont in fine qu’un seul but : la baise. Non, je vous jure, le chat n’est pas l’outil des grandes histoires d’amour. Mais votre interlocuteur-trice va parfois tourner autour du pot, poser quelques questions sans intérêt pour tenter d’arriver au but : chez toi ou chez moi ? Certains, en bons stakhanovistes du cul**, vont direct vous poser la question. Quelques déclinaisons possibles, tirées de mon expérience : « tu baises ? » « envie d’une fessée ? » « je suis nu dans mon lit, tu viens ? » « tu aimes les gros calibres ? » (véridique, je l’ai eu celui là)… Tu dis oui, tu dis non, il-elle en a lâché une demi douzaine en même temps, le premier ou la première à mordre à l’hameçon a gagné. Si quelqu’un mord, j’ai pas de stats sur le sujet. Je testerais bien mais en temps que femme, j’aurais pas besoin de lancer beaucoup de lignes pour me faire tringler tous les soirs si l’envie me prenait, voyez. Peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse… des sens.
anatomie-de-la-pudeur
D’autres, cependant, n’osent pas être aussi francs. Timidité ou besoin d’en savoir un peu plus sur l’objet de sa convoitise, on n’est pas obligés d’adhérer au côté total trivial non plus. Bref, le chat tourne aux question un peu insipides, le temps de trouver le courage de sauter le pas, on s’emmerde un peu. Ou on peut beaucoup s’amuser, pour peu qu’on ait décidé que non, non, on ne cèderait pas à la tentation. Ne saisissez aucune perche, répondez toujours à côté de la plaque. Tu ne me demandes pas franchement si je veux baiser, je ne te dis pas franchement non. Par contre, au bout de la 30e question creuse, vous risquez de quitter le chat et ne plus jamais y retourner.
Fast-typing
Mais pas de panique ! Si le chat vous ennuie (et je le comprends), il existe un autre moyen de communiquer : les mails.

* Je viens de terminer Plonger de Christophe Ono dit Biot et il est question de ce cocktail, je dois le tester, c’est ma nouvelle obsession alcoolique.
** (c) José dans Les Mystères de l’Amour (j’ai des références)

Faut-il draguer au yoga ?

À présent que le froid s’est installé, retournons draguer à l’intérieur, la motivation pour le jogging étant généralement proportionnelle à la température. Et bah tiens, allons au yoga.

Sur le papier, le yoga, c’est sexy. Des corps qui ploient et se déploient lentement, tout en grâce et en souplesse, suivant la douce voix du yogi. Une communion des corps, une communion des esprits…

Ça, c’est la théorie. En pratique, c’est plus compliqué. Déjà, va trouver un mec en cours de yoga… Le seul de mon corps est agrémenté d’un vagin accompagnateur (sa copine). Mais imaginons pour la suite de cet article qu’il y ait du mâle en cours de yoga et observons le déroulé de la séance.

Au début, fièrement assis sur nos tapis, nous respirons profondément, émoustillés à l’idée de nous soumettre aux consignes du prof. Inspirez, expirez ! Facile. Les premiers exercices sont simplissimes, vas y que je me mets à 4 pattes, la poitrine ouverte vers le ciel et hop chien la tête en bas ! Je suis sexy, je me tends au maximum, je sens mes muscles s’allonger.

Mais ça va se compliquer. Allez, zou, exercice d’équilibre, le truc que je plante à chaque fois. Je n’arrête pas de reposer le pied par terre, je commence à transpirer… Oui, le sexyness et la grâce en prennent un coup. Puis mes pieds sont jamais positionnés comme il faut, mes épaules se contractent toutes seules. Je suis aussi désirable qu’une vieille chemise froissée retrouvée au fond du placard. Mmmm…

Puis bon, tant qu’on y est, on part en chandelle ! La chandelle, j’assure bien. Mais quand il s’agit de mettre nos genoux de chaque côté de nos oreilles et que je me retrouve le nez dans mon périnée, là, autant dire que toute idée de séduction m’a abandonnée. Je me sens limite un peu ridicule et le fait qu’on soit 30 dans ce cas ne me console pas vraiment.

Heureusement, voici les quelques minutes de relaxation où tu manques de t’endormir option bave au coin des lèvres. De toute façon, ça fait bien 20 mn que j’ai oublié mon objectif de séduction.

Conclusion ? Le yoga, c’est génial mais pas pour draguer. De toute façon, vu qu’on est censé se concentrer sur soi et fixer des points dans le vide, comment évaluer les beaux jeunes hommes autour de nous ? Si tant est qu’il y en ait…

Peut-etre qu’on n’est pas là où il faut

Vendredi 22 juin, théâtre de Pontoise, je sirote un Schweppes agrumes face à Anais. Quasi 15 jours qu’on s’était pas vues, on avait du papotage en retard. Après une remise à jour des derniers potins, on aborde notre sujet préféré : les mecs. Ou plus précisément : on les trouve où, bordel de merde ?


Le sujet me passionne, j’en ai fait une série d’article (je vous prépare un reload d’ailleurs). Comme on change de club de plongée l’an prochain (enfin surtout moi, elle va s’inscrire aux deux), on espère qu’il va y avoir du plongeur sexy parce que mine de rien, ce serait pratique. J’ai plusieurs fois suggéré le cours de danse mais les mecs y sont très très caliente, paraît-il. Alors moi un mec caliente, je dis oui à partir du moment où j’ai pas à vérifier tous les mois que j’ai pas chopé des chlamydiae… Et accessoirement, sans être trop prétentieuse ou orgueilleuse, ça me ferait un peu plaisir de savoir que s’il me dit oui, c’est pas juste parce que je suis open mais bien parce que je lui plais. Au moins, un prof de danse, je suis sûre que je le séduirai pas par mon sens du rythme et ma coordination.


Bref, quand Anais me demande où sont les hommes, je réponds en toute honnêteté : partout. Sauf que bon, faut entrer en interaction, qu’il soit célibataire, disponible (les célibataires encore amoureux de leur ex sont ingérables), hétéro et relativement équilibré. Pas de mytho ou de pervers narcissique, de complexe d’Electre mal résolu, ça va hein. Oui ça devient compliqué mais messieurs, avouez que vous avez les mêmes exigences pour nous ! Ah et j’oubliais : à notre goût, intéressant, cultivé… Drôle aussi. On frôle la quadrature du cercle.


Et là, elle m’assène une drôle de vérité : « on n’est peut-être pas là où il faut ». Oui, je le confesse, je pense pas qu’on trouve un homme dans ce théâtre de Pontoise, les individus mâles de la pièce se promenant avec une alliance à la main gauche et une épouse accrochée au bras droit. Ah, la constatation est plus générale « non mais tu comprends, je suis sûre que c’est plus facile de faire des rencontres en province ». Mmmm, force est de constater que j’ai peu d’amies trentenaires provinciales célibataires. J’ai peu d’amies en province tout court, okay, dur d’en tirer une vérité scientifique et sociologique. Déformation ou réalité ?


On parle plus souvent de la solitude des célibataires dans les grandes villes. Hormis l’amour est dans le pré, je veux dire. En même temps, les médias zooment toujours plus facilement sur les grandes villes et je suis sure qu’un Sex and the city qui se passerait dans une petite ville n’aurait pas eu la même gueule. La preuve, ça existe et ça s’appelle desperate housewives.


En fait, chaque cas a ses inconvénients. Plus facile de faire des rencontres en province ? De fait, le terrain de chasse est moins grand donc les célibataires moins dispersés MAIS il y a moins de gibier, si j’ose dire. Mais est-ce que le très grand choix parisien n’entraîne pas une surconsommation sexuelle ? En somme, ce n’est pas grave si je couche avec Ludovic sans le rappeler ensuite, il reste tout un gros paquet de mecs célibataires, je ne grille pas une chance de me caser. Non parce que même les plus grands chasseurs ont envie de ranger leur fusil à un moment (ma métaphore est en train de déraper)… Sans parler d’une question de norme : en province, il est normal de s’installer en couple dans une maison et de faire un premier enfant à l’aube de ses 30 ans. Dans les grandes villes, c’est un peu moins le cas. Faut dire que se payer une maison dans les mégapoles, c’est pas à la portée de toutes les bourses.


Bref, sommes-nous vraiment au mauvais endroit ? Pas forcément car à Paris, comme en province, les rencontres se font surtout là où on ne s’y attend pas. Comme dirait la pub Meetic que je trouve assez chiante « les rencontres, elles se font partout et surtout ailleurs ». Ceci étant, merci Meetic de rechanger ta comm pour démontrer comme je le disais que les femmes amazones sexuellement agressives, ça marchait pas pour ton business.

Tu veux ou tu veux pas

(trois ans plus tard, la suite de une histoire d’amour, j’aurais dû réécrire le premier épisode vu que je change un peu le style d’écriture mais en ce moment, je manque de temps)

Désormais, vous avez conscience de l’existence de cet autre qui vous donne envie de danser la vie. Ah, quelle douce sensation enivrante d’avoir un objet de rêvasserie, d’imaginer des dialogues percutant mâtinés de flirts qui aboutiraient au premier baiser, tant attendu, tant espéré.

Mais la rêvasserie n’est pas la vie et objet de votre désir (OVD) vous obsède. Quand il est à côté de vous, vous sentez votre corps en émoi. Si vous avez l’opportunité de lui parler, votre voix compose une partition folle, montant et descendant les octaves sans logique. Et ne parlons pas d’éventuelles moiteurs des mains ou des aisselles, des rougissements intempestifs… L’émotion a pris le contrôle.

Dans votre obsession, ce petit crush prend des proportions démesurées. Vous commencez à vous persuader qu’OVD est votre only one et vous craignez la fin du rêve. Et comme il n’a pas indiqué de statut amoureux sur Facebook, vous ne savez pas bien s’il est disponible ou non (et s’il ne l’est pas, vous ne pouvez pas jauger la concurrence). Donc vous entrez en phase « tu veux ou tu veux pas » dite aussi « guettons le moindre signe ».

Et c’est parti pour l’auto torture mentale. « Hiiiii, il m’a dit que j’étais jolie aujourd’hui, c’est donc qu’il aime ! La vie est belle, chantons sous la pluie ! » (oui, je sais, je pique une vanne de François Pérusse). Mais « oh non, il m’a à peine fait la bise aujourd’hui ! C’est un connard, je le hais, je vais me jeter du haut de la Tour Eiffel ! ». Bon, ok, je vous peins le tableau en mode maniaco-dépressive… Mais vous saisissez l’idée. On traque sans relâche le moindre signe, le moindre sourire, clin d’oeil, main glissée dans les cheveux… Tu veux ou tu veux pas ? Ton corps envoie tant de signes contradictoires… Comment savoir ? Ça me consume !

Rétrospectivement, cette lente période de doute et de traque reste toujours l’une des plus charmantes de la phase de séduction, celle dont on aime reparler quelques temps plus tard. « Tu sais, quand j’ai dit ça, c’était pas anodin… ». »Je le savais… »

Sauf que le langage du corps ne répond jamais à cette cruciale question : tu veux ou tu veux pas ? Pour savoir, qu’une solution : se jeter à l’eau.

« Ça te dit pas un ciné mercredi soir ?
– Si… »

Trois jours à attendre. Un enfer.

Vilaines maigres

Par Pink Lady

Hello les pioupious !

Ça va bien ? Pas trop dur le froid ? Moi j’ai la peau en mode crocodile et les cheveux qui font des éclairs dès que je retire ma chapka. Mais je ne veux pas vous parler de ça, ça suffit de dire qu’en hiver, il fait froid et qu’en été, il fait chaud. Non, je veux vous parler de la guerre qui secoue actuellement les milieux féminins : la guerre des grosses et des maigres.


Si on en croit Hegel, l’histoire n’avance que par confrontation entre deux groupes distincts, en général les riches et les pauvres. Je schématise, j’ai jamais étudié la philo en dehors de ma petite année de terminale. Aujourd’hui, il se joue cette dialectique dans le monde glamour des paillettes, les filles à l’IMC bas contre celles à l’IMC élevé. Laisse ton corps choisir ton camp. Tout a commencé par une série de photos où une mannequin grande taille enlace un mannequin taille zéro pour d’étranges photos. Puis il y a eu un article mal écrit d’une journaliste auto proclamée s’indignant de la grosse fille qui danse dans la pub Catalunya. Perso, je l’aime pas trop cette pub. Non pas à cause de la mannequin ronde qui se trémousse mais parce que ça renvoie à une certaine image des grosses, à savoir la fille un peu exhubérante qui remue ses cuisses pour dire merde aux diktats de la mode. Un peu comme cet épisode de Friends où les personnages jouent au « et si », Monica imagine sa vie si elle était toujours grosse. Et bien la Monica obèse est lourde. Ce jeu de mots est sponsorisé par Kinder.

L’apparition des filles rondes dans les magazines a provoqué un étrange phénomène. Enfin, je dis apparition mais il y en a une tous les 6 mois, faut pas exagérer. Mais en étalant leurs formes sur papier glacé, elles ont libéré la parole des grassouillettes qui désormais s’en donnent à coeur joie : les maigres sont laides, on voit leurs os, c’est dégueulasse !

Il faut savoir que dans les magazines, les femmes sont rondes malgré elles alors que les maigres le sont forcement par choix. On ne reproche plus aux femmes leurs kilos en trop parce que, tu comprends, on ne sait pas ce qu’elles ont vécu, y a des femmes qui ne sont pas faites pour être minces, le métabolisme… Et ça peut être vrai. Par exemple, regardez Loana, ça se voit que ses kilos en plus sont dus à des traitements médicaux. Sauf que pourquoi on ne reconnait pas les mêmes excuses aux femmes maigres ? Certaines femmes n’arrivent pas à grossir, elles regardent leurs petits bras maigrichons avec détresse, elles aimeraient les bras plus épais des stars d’Hollywood. Devant leur miroir, elles soupirent devant leurs os apparents, leur silhouette d’une finesse qu’elles trouvent peu féminine. Oui, la maigreur n’est pas le résultat d’un régime strict à base de trois grains de raisin par jour.

Mais les maigres, on peut les attaquer sans souci. Leurs corps sont laids, pas féminins, pas sexy, pas appétissants… Je vous épargne les mots les plus grossiers, c’est sans intérêt. Et puis ça me rend assez furieuse en fait. Je suis pourtant du côté des pas trop fines, même si mon imc est tout fait normal. Mais c’est terrible tous ces jugements dont dont victimes le corps des femmes. Trop rondes ou trop minces, les femmes sont victimes de jugement en permanence. Je ne ressens pas la même pour les hommes, il y a moins la pression de la belle silhouette. Par exemple, prenons la série Friends, une nouvelle fois. En 10 ans, les actrices sont restées minces (sauf Lisa Kudrow pendant sa grossesse) alors que certains acteurs ont litteralement gonflés comme Matthew Perry ou Matt Leblanc. Ou si je regarde les présentateurs télé français : Benjamin Castaldi ou Thierry Ardisson sont loin d’être minces mais côté féminin, à part Laurence Boccolini et Valerie Damidot, on est au royaume des petits culs et des ventres plats. On se fiche que tu sois douée, on voudrait que tu sois bonne.


Les femmes sont en perpétuelle lutte contre leur corps, pour le faire grossir ou mincir afin de correspondre plus ou moins à un idéal. Alors pour se venger de pas correspondre au corps qu’on voudrait, on insulte les petites copines. Voilà qui n’est pas sport…

Et puisque la silhouette est un élément de séduction (les hommes aiment les formes, oui, non, ça dépend), je vous file un truc les filles : certains hommes aiment les filles minces, d’autres les filles enveloppées. Après tout, vous aimez bien les mecs grands ou petits ou fins ou baraqués… Alors si vous craquez pour un mec dont vous n’êtes pas le type, c’est dommage. Mais n’allez pas en conclure que tous les mecs aiment les filles rondes ou minces. Car hey, y a pas de règles ! Fou fou non ?

Fais péter la jupe

Il y a des combats auxquels on ne pense pas forcément et qui, une fois sous ton nez, te rendent limite hystérique. Mi mai éclate la fameuse affaire DSK et soudain, les députées (non, je n’ai pas fait de faute) trouvent que c’est un bonne occasion pour parler : à l’hémicycle, mieux vaut éviter la jupe. Qu… quoi ? Je vais m’étrangler d’indignation et je reviens.

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Je l’avoue, je ne suis pas une adepte de la jupe car je ne trouve pas ça très pratique. Je suis quelqu’un qui gigote beaucoup, qui ne s’assoit que très rarement correctement ce qui implique que si je mets des jupes, la personne face à moi finira forcément par entrevoir la couleur de ma culotte. Et c’est le genre d’infos que je préfère réserver à un public choisi (ouais, enfin, si on compte les copines du vestiaire de plongée plus celles de mon futur club de sport… En fait, tout le monde peut voir ma culotte). Et puis même, pour marcher, rien ne vaut le pantalon ou le short. Oui parce que je n’ai rien contre le fait de dévoiler mes gambettes, surtout en été donc short. Et pourtant, je me rends compte qu’aujourd’hui, porter la jupe est un acte limite politique, une audace féministe incroyable. Et à bien y réfléchir, si je mets plus de jupe aujourd’hui, c’est parce que j’en ai eu marre de me faire emmerder par le passé.
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Je me souviens d’un jour d’août 2002, je bossais dans un organisme de crédit comme vacataire et j’avais mis une robe-salopette que j’aime beaucoup. Un peu courte mais toute mignonne, pas provocante pour deux sous. Après la journée de travail, je suis allée en ville, à Toulouse, pour je ne sais quelle raison et là, ce fut un festival de sifflements et remarques à l’avenant. Le pire étant le soir quand, allant voir Anne, un mec un peu bizarre commençait à me marmonner que j’avais de belles jambes. Ce jour-là, j’ai pensé “plus jamais la jupe!”.

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Et ça fait chier. En tant que jeune femme, j’aime être jolie, apprêtée, c’est mon droit le plus élémentaire. Pourquoi me suis-je faite si jolie ? Pour moi, peut-être pour un lui. Peut-être qu’un homme dans la rue me trouvera jolie, c’est son droit le plus absolu, il peut même le dire. Sauf qu’il y a dire et dire. Je m’énervais vendredi sur cette histoire de vertu, on en revient là. J’ai la vague sensation que plus les jambes et/ou les seins sont dénudés, plus on perd le respect le plus élémentaire. En gros, j’ai une jupe, je suis une pute. Ou tout du moins une salope. Je trouve dramatique qu’en France, pays civilisé, une femme puisse être regardée de travers parce qu’elle met une jupe, préfère enfiler un pantalon et un col roulé car elle a un entretien avec un homme de type libidineux. Parce que manifestement, une femme est un être de séduction, on ne peut rien faire sans que ça excite le mâle. Mâle qui est lui-même un animal en perpétuel rut, si j’ai bien compris, puisque la vue de gambettes semble lui faire croire que tout est permis. Et puis une main au cul, c’est mignon, c’est bon enfant, huhuhu.

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Alors je crois que je vais me remettre sérieusement à porter des jupes avec un message très clair : si je n’ai pas rendez-vous avec toi dans un resto romantique après quelques semaines à se tourner autour, il n’y a que très peu de chances que cette jupe soit là pour t’exciter. Ceci étant, avec ma balafre de 13 cm sur le genou, je suis pas sûre d’exciter grand monde pour le moment…

De la baisabilité en milieu sportif

L’autre jour m’est venu une constatation pour le moins étrange. Je suis chez le kiné donc dans une tenue ne me mettant guère en valeur : pas de maquillage, un jogging qu’on confond quasi systématiquement avec un pyjama (bon, ceci étant, y en a un, c’est bien un pyjama), les cheveux attachés un peu à l’arrache (alors qu’en ce moment, ils sont d’une souplesse remarquable). Je suis pas canon. Sauf que, en fait, si.

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Déjà, je me démarque sur un premier point : je suis la seule fille de moins de 30 ans. Oui, pardon, j’en ai 31 mais ça se voit pas et même que mon voisin de table, l’autre jour, il m’a demandé si j’étais étudiante en histoire car je lisais un bouquin sur les Borgia. Oui tu vois, je fais jeune (mais je crois qu’il m’aime bien le rugbyman alors je sais pas s’il cherchait pas à me flatter, surtout). Donc forcément, quand je suis la seule à avoir moins de 30 ans en apparence et à ne pas dégager de testostérone, je me sens légèrement matée. Par le rugbyman, le jeune qui travaille ses bras quand je fais du vélo et un monsieur d’un certain âge (50 ?) qui  a toujours l’air content d’être à la piscine en même temps que moi. Faut dire que j’ai piqué un maillot à ma mère qui me gaine et me fait une silhouette de rêve. Faut que je lui pique pour la plongée l’an prochain (on ne sait jamais). D’ailleurs, ce sont les trois seuls à m’adresser la parole en dehors des kinés et d’une vieille dame qui a un problème aux mains et que j’aime bien.

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Bien entendu, au départ, tu ne fais pas attention. Je veux dire qu’il me semble que mon potentiel de séduction de chez le kiné vire au négatif, cf description du premier paragraphe. Et pourtant, alors que je bossais mes ischios l’autre jour, je me suis regardée discrètement dans la glace et malgré ma myopie (ou grâce à), je me suis dit « oh ma fille, t’es bonne ! ». Oui, je suis la seule personne à avoir le droit de me dire que je suis bonne sinon, c’est vulgaire. De fait, j’étais penchée sur la table de massage, le buste bien gainé (je bosse mes abdos), le dos cambré, les fesses en arrière et je levais et baissais ma jambe. Mon t-shirt se soulevait légèrement, laissant entrevoir un peu de peau de bas de mon dos. Hey girl, you’re to sexy for your jogging, ouais ! Je me suis soudain sentie appétissante, sensation que je n’avais plus eu depuis le mariage de ma sœur… Oui, bon, ok, ça fait pas si longtemps.

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Lundi, rebelote, me voici accrochée aux espaliers à m’étirer dans tous les sens, tirer, me tendre, me replier, le tout avec une certaine grâce (je me mate dans la glace en le faisant, hein). Le rugbyman semblait ravi de me regarder faire et c’est là que j’ai senti toute la magie de la baisabilité en milieu sportif. De 1, en m’étirant de la sorte, je montre mon corps sous son meilleur jour, tous muscles saillants. Et ça va, j’ai pas du muscle de culturiste, ça fait pas peur, on voit pas les grosses veines. De 2, ça illustre ma souplesse qui n’a pas trop souffert de mon immobilité (mais va quand même falloir travailler bien dessus, le yoga sera mon ami à la rentrée). Or si j’arrive à faire des choses avec un espalier, imagine avec ton corps, mmmm. En 3, le plus étonnant et pourtant : la sueur. Moi de prime abord, la sueur, j’aime pas ça, ça pue. Surtout la mienne, quand elle vient se nicher sous mon nez, posée tranquillement sur l’ourlet de la lèvre supérieure, yeurk ! Mais la sueur, c’est moite, c’est torride (enfin, dans un contexte sportif et sur une personne propre à la base parce que la sueur millésimée, c’est infect), la petite goutte qui perle le long d’une épaule en plein effort… Mmmm, pardon, je m’égare mais deux mois de réclusion sexuelle, ça commence à m’agiter les hormones.

Oui, même en plein effort physique, la séduction opère car on démontre ce que notre corps peut faire, nos muscles saillent et qui y a-t-il de plus émouvant qu’une belle épaule en pleine action ? Oui, j’adore les épaules. Et je vous dis pas quand c’est la séance de piscine ! D’ailleurs, hier, la dame à côté de moi, du haut de ses 70 ans à minima, ça l’excitait un peu l’eau chaude, elle a pas arrêté d’allumer le kiné… Qui a répondu « Ahah, oui, oui… Bon pédalez, Madame Michu ». Lui, la baisabilité en milieu sportif, il est vacciné (oui, bon, ok, elle avait un certain âge mais c’est pour ma chute). Triste.

PS : La photo de mon pyjama que je mets comme un jogging, ça fait illusion, non ? Et puis surtout, notons une chose essentielle sur cette photo : j’ai renoué avec la bipédie !!

 

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