L’amour peut-il naître de pixels ?

Longtemps, j’ai cru que l’amour, même avec un petit a, ne pouvait naître sur un site de rencontre. Pourquoi ? Ca tient à l’avant relation, en fait : comment faire naître la petite étincelle quand on n’a pas l’obsession de l’autre ?
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C’est l’histoire de Lucie. Un soir de party, elle croise le regard de Renaud, un bien joli garçon qu’elle trouve bien craquant. Ils se glissent quelques mots, la machine à fantasme s’engage. Au bout de quelques soirées à se croiser, Lucie est au max de l’excitation et quand Renaud l’embrasse enfin, c’est feu d’artifice dans sa tête. Pendant des jours, des semaines, Renaud était devenu son obsession, elle guettait chaque signe, attendait le moindre de ses mails ou SMS le coeur battant, tentant de décrypter chaque mot pour deviner une réciprocité ou non de son intérêt pour lui. Donc forcément, quand la relation commence, Lucie est à fond. Renaud l’est peut-être tout autant.
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Quand tu prends rencard sur un site de rencontre, une fois que tu es rôdé, tu sais que ça ne se passera pas comme ça. Même si tu t’envoies plein de mails, tu as à côté de ton Renaud ou de ta Lucie des Sylvain, Pierre, Maud ou Sandrine qui t’occupent une partie de ton esprit. Au mieux des roues de secours en cas d’échec avec ta cible principale, au pire des chemins à explorer à tout prix. Je m’engagerai quand j’aurai fait le tour de mes potentielles conquêtes, bisou.
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La drague sur les sites de rencontre m’a souvent fait penser à la drague en boîte. Dans mes croyances personnelles, on ne rencontre pas l’amour en boîte à cause en partie de la forte offre et demande qu’il existe là-bas (et l’impossibilité d’avoir un semblant de conversation). Comme… sur les sites de rencontre, donc. Oh bien sûr, je connais des couples formés sur ces sites (alors qu’il ne me semble pas connaître de couples formés en discothèque, tiens…) mais ce manque d’excitation au départ me paraissait toujours être un frein. Quand je liste mes dernières histoires amoureuses, l’attachement naissait d’abord de l’incertitude « il me drague ou pas ? Je le veuuuuux mais est-ce réciproque ? ». A noter d’ailleurs que cette volonté de conquérir l’objet de mon attirance m’a parfois aveuglée sur les qualités de la dite personne alors que sur les sites de rencontre, j’ai pu réaliser assez vite quand j’avais à faire à des pervers narcissiques et mythos. Y a du bon, finalement, à ne pas trop se reposer sur l’envie et l’incertitude pour choisir son compagnon.
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Evidemment, certains jouissent de cette délicieuse énigme pré relation amoureuse sur les sites de rencontre aussi, ça peut arriver, j’en lis des paquets des histoires comme ça. Elles finissent rarement bien mais vous en connaissez tant que ça, vous, des histoires d’amour qui finissent bien ? Je veux dire si on prend un individu lambda non polyamoureux, il aura vécu plus d’histoires amoureuses qui auront pris fin que d’histoires qui dureront jusqu’à leur mort. Bien que j’ai toujours considéré que la fin d’une histoire d’amour n’était pas toujours forcément un échec non plus. Au fond, je considère peut-être qu’il est plus dur de trouver l’amour sur un site de rencontre car mes amis chassent de plus en plus dessus vu qu’il devient de plus en plus difficile de chasser ailleurs. Comme y a 15 ans, on chassait en boîte.

T’as pris ta bouée ?

Par Audrey

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C’est cliché mais dans mon cas, ce fut vrai : une fois installée en couple, je me suis un peu négligée. Je n’avais pas remarqué jusqu’à ce matin, quand j’ai décidé que la déprime post rupture, ça suffisait et que j’allais mettre mon plus beau slim pour me sentir jolie. Quand j’ai pas réussi à passer la barrière des cuisses, autant dire que l’estime de moi avait pris un sacré coup dans la tronche.

« Si j’ai grossi, c’est la faute de mon ex »

Face à la prise de conscience de cette délicate brioche enrubannant mon ventre et de tout ce moelleux épanoui sur mes hanches, je tire une conclusion indiscutable. Tout ça, c’est la faute de mon ex. Oui, parfaitement ! Lui et son foutu métabolisme rapide qui lui permet de s’avaler des kilos de pizzas, pâtes, fromages, frites… sans prendre un gramme. Inconsciente, je l’ai suivie. Aujourd’hui, je passe à la caisse et je regarde mon slim d’un air navré. Adieu petit bout de tissu, mon cul et toi n’êtes plus compatibles.

Non, je refuse de jeter Rufus. Oui, Rufus devient désormais le symbole de mon corps perdu et que je dois retrouver. Je vais le ranger soigneusement, pas trop caché, histoire de le ré essayer de temps en temps, histoire de mesurer où j’en suis. Oui, je sais que les hommes aiment les rondeurs mais celles-ci ne sont pas à moi, je ne sais qu’en faire. Et puis, à présent que j’ai aménagé mon petit chez moi et que j’ai pris un chat, je manque de projet de vie pour bien laisser mon ex et sa nouvelle copine loin de mes pensées. Un régime, c’est parfait : je vais pouvoir remplacer mon obsession pour mon ex par une obsession pour la nourriture.

A moi salades, tomates, quinoa et huile en spray pour ne pas trop en mettre. De l’eau en litres, du thé vert et des brocolis vapeur. Et du sport, oh oui ! Je suis motivée ! Mais surtout, mon inconscient a trouvé la plus belle excuse pour ne pas réellement se lancer à la conquête d’un nouvel homme : mon corps n’est pas à son top, je dois d’abord gérer ça, tu comprends… Je ne dupe sans doute pas grand monde mais je gagne un peu de temps. Reprendre le jeu de la séduction après une longue relation, ça fait bien plus peur qu’un saut en parachute. On est plus proche d’une Sandra Bullock qui se balance dans l’espace pour tenter d’attraper une navette spatiale…

« Le problème avec les régimes, c’est que la faim remplace vite la motivation »

Résolue à mincir, je l’étais, sincèrement. Mais le problème avec les régimes, c’est que la motivation est vite remplacée par la faim. Et y a frites à la cantine. Bon, Rufus, je crois que toi et moi, on va faire une longue pause, on se retrouve dans 3 mois.

Trop beau pour toi

L’amour, ah, l’amour. Qu’est-ce qu’on s’emmerderait sans lui. Un matin, vous vous levez, votre vie est vide de ce doux sentiment, vos fantasmes sont peuplés d’acteurs et de mannequins top bueno parce que dans votre entourage, nul ne fait vibrer votre coeur. Eventuellement, en tirant un peu, vous reconnaissez que le beau mec du pôle du côté peut faire frémir votre culotte mais à force de l’avoir sous le nez toute la journée, vous vous êtes légèrement lassée. En un mot comme en cent : nul n’occupe vos pensées.

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Alors que vous cheminez ainsi, un homme vient croiser votre destinée. Il est TOUT. Tout à fait à votre goût, bourré de charme et d’humour, ouvert et cultivé et il a même cette voix grave qui vous fait frissonner des pieds à la tête. Ca tombe bien : enamourée, vous pourriez passer des heures à l’écouter parler, vous émouvant de ses connaissances, de son sourire, de son visage d’ange et de cette petite fossette, là, au creux du menton (ou de tout autre détail physique qui vous séduit. En fait, moi, je suis plus sensible aux jolis nez qu’à la fossette mais là n’est pas le débat. Enfin, je crois pas…). Bref, ce mec là, mon vieux il est terrible. Justement trop. Vous crevez d’envie de lui, ça vire à l’obsession mais vous avez la sensation de ne pas jouer dans la même cour.

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Les Américains raisonnent en terme de notation sur le sujet. Vu dans la navrante série Joey qui a trouvé comme ressort humoristique l’inceste (on en est tous très à l’aise), ce dernier explique à son neveu la règle de drague : tu es une note, tu peux viser les gens du même rang que toi, un rang en dessous et tenter le rang en dessus mais tu ne dois pas sortir de ce cadre-là. Un 8 peut tenter le coup avec un 7 ou un 9 mais si tu es un 6, tente pas le 8, tu vas te manger un râteau.

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En théorie. J’y oppose trois arguments massue (attention):
– perso, je suis bien infoutue de m’auto noter. Soit on se sous évalue (le plus souvent, je pense), soit on se surévalue.
– quel est le référent de beauté ? Je veux dire, existe-t-il seulement un canon universel à un point donné ? Actuellement, je suis une charmante blonde à la peau caramel (ok, j’exagère légèrement ce dernier détail mais c’est mon blog, j’ai le droit de survanter mon bronzage, merde) d’1m56 avec des gros seins. Pour le mec qui kiffe les petites blondes à gros seins et au teint hâlé, je dois être du 8-9 facile. Par contre, pour le mec qui kiffe les grandes brunes androgynes, je suis un 4, on va dire. Ou pour le mec qui kiffe les Noires, là, je dois descendre à 3 voire 2. Donc existe-t-il une note universelle ?
– et si je me donne une note pas top, rien n’interdit à mon 10++ d’avoir mauvais goût et de trouver qu’il grignoterait bien la note largement inférieure que je suis. Après tout, George Clooney est bien resté trois ans avec Céline Balitran (qui n’est certes pas moche mais qui était un peu une inconnue au moment des faits. C’est marrant, c’est le seul exemple qui m’est venu, si vous en avez d’autres…).

Peacemaker Premiere

Sur le papier, rien n’est jamais perdu tant qu’on n’a pas tenté. Peut-être que votre 10++ se donne un 4 et vous croit hors de portée. Peut-être que votre charme, votre charisme et votre humour vous fait gagner un joli bonus de points que vous ne soupçonniez pas. Il reste difficile de draguer un mec que vous estimez hors de portée. De 1/ le râteau vous paraît inévitable, de 2/ si vous arrivez à l’obtenir, vous aurez peur qu’il trouve mieux que vous. A moins que vous ne vous détendiez. Vous n’êtes pas si mal que ça… Et les mecs ne sortent pas avec vous par charité.

Amour toxique

J’ai lu y a quelques semaines La vie sexuelle des super héros. Quand j’étais en Égypte, dans un désert à la chaleur caressante et à la lumière enveloppante… Rah j’ai un cafard là ! Je disais quel j’avais donc lu ce livre sur je suis loin d’avoir adoré mais j’y ai trouvé un petit os à ronger : l’amour qui rend dingue et qui te pourrit tout.
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Dans La vie sexuelle des super héros, Mister Fantastic tombe fou amoureux d’une jeune femme et se retrouve embarqué dans ce genre de relation toxique, tellement obsédante que plus rien ne compte, plus rien n’existe. Il néglige sa famille, ses amis, son travail, viré parano et passe son temps à se questionner sur cette relation . Ça sur 150 pages, je vous cache pas que j’ai eu plusieurs fois envie de prendre mon élan et de lui coller une énorme tarte dans la gueule. Pourtant, qui n’a pas vécu ce genre de relation qui vous empoisonne littéralement la vie, la tête, qui fait sortir une partie de votre personnalité peu plaisante ?

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L’amour rend distrait dans un premier temps, un petit tour de magie des hormones, je suppose. Comme dirait la chanson « je ne pense qu’à toi, je bosse plus, je fous rien« . Combien de fois en réunion ou devant mon Pc mon esprit est parti vagabonder dans de doux draps retrouver les bras accueillants de mon aimé. Mais jusque là, rien de bien préoccupant. Évidemment, cette distraction amoureuse n’est pas forcément la meilleure alliée de votre rentabilité et on n’est pas à l’abri d’une boulette mais si on reste un minimum attentif, cet état amoureux est une douce balade sur les sentiers de la vie, pas un chemin de croix.

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Mais l’amour peut parfois être une belle saloperie qui va tout flinguer. Parfois parce que vous êtes tombés sur un connard ultime genre pervers narcissique ou autre psychopathe aimant par dessus tout briser menu sa proie. Mais parfois, c’est juste parce que ça sent pas la belle histoire. Parce que le mec est un connard tout court. Les princes et princesses charmantes* n’existent pas, faudrait s’en rendre un peu compte. Avec de la chance, on tombe sur un camarade de vie bien agréable qui nous rendra notre tendre amour. Avec pas de chance…

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Sauf que parfois, on n’a pas senti le truc venir et on se laisse piéger. On tombe amoureux de l’autre, on lui prête mille qualités et le petit vélo démarre « je suis pas assez bien pour lui/elle ». C’est même le ressort préféré des pervers narcissiques : si cet-te enfoiré-e réussit bien son travail de sape, à la fin, c’est limite si vous n’êtes pas censé le/la remercier d’avoir même daigné poser le regard sur vous et vous avez teeeeeeeellement de chance qu’il/elle vive désormais à vos crochets, pillant vos maigres économies tel un parasite de la société qu’il est (tout en vous parlant des millions qu’il a à la banque mais que vous ne verrez jamais car ils n’existent pas). Parfois, votre douce moitié ne fait rien pour vous rendre malheureux, l’amour toxique peut parfois prendre naissance tout simplement dans le cœur de celui qui se dévalorise. Parce qu’il a mis l’autre sur un piédestal et se ronge les sangs à penser qu’il finira forcément par le/la perdre.

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Alors l’autre devient l’obsession. On guette tous les signes qui prouvent qu’il/elle va nous quitter pour mieux. Paranoïa qui nous ronge, qui bouffe l’autre aussi, obligé de subir nos questions, nos doutes, nos peurs… Fatalement, cette attitude précipite ce que nous craignons le plus : la rupture. Parce que personne ne veut vivre dans un climat délétère, personne ne peut supporter ça. Et si ça vous pourrit la vie, est-ce vraiment la peine de s’entêter ?

*si, j’ai droit de décliner charmant au féminin, maintenant.

Et si je me mettais en couple ?

En 8 ans de blog (!!), j’en eus connu des hommes. J’ai dû en évoquer une dizaine ou une quinzaine ici, j’en ai croisé pas mal plus. Séduire un homme, je gère. Là où je suis archi nulle, c’est pour les choisir. Et là, je vous le dis officiellement : j’ai envie d’être en couple.

Couple In Love

Depuis quelques temps, j’ai mis la pédale douce sur mes activités post job : punie de piscine, j’ai décidé d’arrêter la chorale suite à des histoires sans intérêt (non mais la vie associative, au secours…). Donc mon emploi du temps s’allège et je pourrais avoir le temps d’avoir un mec… Même si je compte me rendre dans une nouvelle salle de sport juste à côté de chez moi et je me prends la tête sur mes activités de l’an prochain (continuer ou non la plongée et j’ai très envie de faire des percussions. Si tu as un avis sur ces questions, les comms sont à toi!), j’ai plus de temps.

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En fait, être célibataire, ça fait un moment que ça dure et j’ai envie d’une nouvelle aventure. Tenter la vie à deux. Partir en week-end en amoureux, se faire une soirée DVD tranquille. Rien de bien extraordinaire. Sauf que :
– rencontrer un homme célibataire qui me plait , c’est pas évident (surtout la partie célibataire. C’est pas que je sois difficile, c’est que je dois avoir des goûts très communs et j’arrive toujours après la bataille)
– arrêter de craquer sur des mecs à problèmes pensant que j’allais les guérir. Mais bon, la naturopathe m’a dit que moi aussi, j’avais le droit de sortir avec des mecs équilibrés.
Bref, c’est la merde.

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Alors en attendant, je m’affûte, je fais plein de sport, je réfléchis à un nouveau look, je vais même à des soirées célibataires des fois que (j’en ai une ce soir, tiens). J’essaie de provoquer le hasard puisqu’il m’a toujours apporté des hommes sur un plateau d’argent. Bref, je ne chouine pas sur mon lit en attendant que ça arrive. Je ne chouine pas du tout d’ailleurs vu que je suis pas en manque, c’est une envie et non un besoin. Parce que j’ai la sensation que j’ai besoin de me poser pour me projeter. Je n’ai pour l’heure aucun projet au delà du mois d’août et je devrais avoir la maturité de voir à un peu plus long terme. Professionnellement parlant, j’ai certes une idée d’où aller mais si j’ai appris quelque chose de mes jeunes années de travail, c’est que c’est pas toujours toi qui pilote la voiture. En attendant, faut que je devienne une bête en anglais. Et en italien. Et que je chope une troisième langue (le russe me tente toujours même si c’est pas forcément le plus utile mais l’espagnol, j’ai peur de trop m’embrouiller avec l’Italien, les langues asiatiques ne me tentent pas. Éventuellement l’hébreu car j’aime bien les sonorités mais apprend-on une langue parce qu’on la trouve jolie à l’oral. Si tu as un avis, les commentaires, tout ça…).

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En fait, je suis un peu fatiguée de courir. Je suis à la Reine de l’instabilité, que ce soit de mon fait ou non, j’ai envie de lâcher mon trône. Professionnellement, j’ai la sensation que je vais pouvoir un peu rester sur ma branche quelques temps, mon poste me permet d’évoluer en son sein. Mais en privé ? J’ai certes mon groupe d’amis qui reste un socle solide, ma famille… Rencontrer des hommes, c’est toujours plaisant, le premier baiser, la première nuit, c’est toujours un peu excitant… Mais arrive un moment où ça blase. Cet été, j’avais redécouvert le plaisir d’une relation simple, l’envie d’être juste ensemble, peu importe où au fond. Même si cette relation était une arnaque en fin de compte, ça faisait du bien. Et j’ai envie de remettre ça.

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Maintenant, ça reste facile à dire…Car si j’ai à ce point collectionné les histoires compliquées, n’était-ce pas précisément parce que j’avais pas tant envie de m’engager que ça ? Suis-je vraiment guérie de ce travers ? Tant de questions qui trouveront leur réponse un jour ou l’autre, sans doute.

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En attendant, les percussions, ça vire à l’obsession, vous n’imaginez pas… (oui, la stabilité dans mes loisirs, j’y compte pas, par contre)

Et cette musique dans ma tête…

Dire que j’aime la musique est l’une des déclarations les plus insignifiantes que je connaisse, à peu près au niveau de, “tiens, il pleut” alors que tes orteils sont déjà noyés. Tout le monde ou presque aime la musique, je suppose que c’est l’un des mots les plus utilisés dans la rubrique loisirs des CV. D’ailleurs, je suis fière de moi, je ne l’ai pas mis (j’ai mis chant) (avant, ok, j’avais mis musique en précisant violoncelle mais je n’en ai fait qu’un an en 2004 alors voilà quoi…). Pourtant, j’ai parfois comme un besoin limite violent d’écouter un morceau précisément.

J’ai fait il y a fort fort longtemps un article sur la musique comme bande-son de ma vie. Mon péché mignon ? Trouver de nouveaux titres ou artistes que je vais adorer. Certaines chansons sont comme les amours de ma vie : comment ai-je pu vivre sans eux jusque là ? Parfois, ça vire à l’obsession. Du matin, lorsque je lance spotify sur mon iPhone pour aller bosser, au soir où je rentre chez moi, je n’ai envie de n’écouter qu’un seul titre. Envie ? Non besoin. Dès que je coupe le son, je l’ai qui tourne en boucle dans la tête, qui m’obsède, encore et toujours. L’écouter, je dois l’écouter.

Je me souviens précisément d’une soirée où j’avais Roméo et Juliette de Prokofiev dans la tête,je suivais distraitement les conversations en attendant le moment où je pourrais enfin l’écouter. De retour à la maison à 2h du matin, ramenée en voiture par un de mes camarades de plongée, je n’ai pas pu dormir sans l’avoir écoutée. J’ai des obsessions musicales, ça me démange le tympan. Je suis capable d’écouter la même chanson en boucle toute une journée sans m’en lasser. Dès que j’essaie de passer à un autre titre, j’écume mes playlists Spotify en vain : je ne veux pas écouter une autre chanson, je veux écouter celle-là. Plus qu’une envie, un besoin.

Ce qui est fascinant dans cette obsession, c’est qu’elle varie. Je peux écouter trente fois la même chanson un jour et ne plus y penser le lendemain. De la même façon, un musique peut soudain s’imposer à moi comme une évidence, comme la B.O de ce que je vis. Typiquement en Sicile, alors que je découvrais ces vestiges des temps anciens, Grecs et Romains sur fond de ciel bleu azur, je ne pouvais que penser au thème de Camille du film du Mépris de Godard. En fait, pour expliquer à ceux qui n’ont pas vus, à un moment, il y a l’image d’une statue grecque (Arès ? Apollon ?) qui tourne sur un fond de ciel pur et sans nuage. Cette mélopée me revenait sans cesse en tête, une obsession : le thème de Camille.

J’ai de la musique un besoin vital, une boulimie me faisant avaler tout et son contraire selon les périodes de ma vie, mes besoins. Je peux passer le lundi à écouter du classique, le mardi de la pop dance commerciale, le mercredi du gros rock qui tâche, le jeudi du lounge… Et tous les jours quelques notes de violoncelle. Et mon péché mignon : rebondir d’artistes en artistes pour découvrir mon nouvel artiste préféré dont j’écouterai le titre en boucle sans être capable d’écouter autre chose. Obsessive, moi ? Pas du tout !

Et pour finir, le fameux thème de Camille dont je vous reparlerai à l’occasion.

Tu veux ou tu veux pas

(trois ans plus tard, la suite de une histoire d’amour, j’aurais dû réécrire le premier épisode vu que je change un peu le style d’écriture mais en ce moment, je manque de temps)

Désormais, vous avez conscience de l’existence de cet autre qui vous donne envie de danser la vie. Ah, quelle douce sensation enivrante d’avoir un objet de rêvasserie, d’imaginer des dialogues percutant mâtinés de flirts qui aboutiraient au premier baiser, tant attendu, tant espéré.

Mais la rêvasserie n’est pas la vie et objet de votre désir (OVD) vous obsède. Quand il est à côté de vous, vous sentez votre corps en émoi. Si vous avez l’opportunité de lui parler, votre voix compose une partition folle, montant et descendant les octaves sans logique. Et ne parlons pas d’éventuelles moiteurs des mains ou des aisselles, des rougissements intempestifs… L’émotion a pris le contrôle.

Dans votre obsession, ce petit crush prend des proportions démesurées. Vous commencez à vous persuader qu’OVD est votre only one et vous craignez la fin du rêve. Et comme il n’a pas indiqué de statut amoureux sur Facebook, vous ne savez pas bien s’il est disponible ou non (et s’il ne l’est pas, vous ne pouvez pas jauger la concurrence). Donc vous entrez en phase « tu veux ou tu veux pas » dite aussi « guettons le moindre signe ».

Et c’est parti pour l’auto torture mentale. « Hiiiii, il m’a dit que j’étais jolie aujourd’hui, c’est donc qu’il aime ! La vie est belle, chantons sous la pluie ! » (oui, je sais, je pique une vanne de François Pérusse). Mais « oh non, il m’a à peine fait la bise aujourd’hui ! C’est un connard, je le hais, je vais me jeter du haut de la Tour Eiffel ! ». Bon, ok, je vous peins le tableau en mode maniaco-dépressive… Mais vous saisissez l’idée. On traque sans relâche le moindre signe, le moindre sourire, clin d’oeil, main glissée dans les cheveux… Tu veux ou tu veux pas ? Ton corps envoie tant de signes contradictoires… Comment savoir ? Ça me consume !

Rétrospectivement, cette lente période de doute et de traque reste toujours l’une des plus charmantes de la phase de séduction, celle dont on aime reparler quelques temps plus tard. « Tu sais, quand j’ai dit ça, c’était pas anodin… ». »Je le savais… »

Sauf que le langage du corps ne répond jamais à cette cruciale question : tu veux ou tu veux pas ? Pour savoir, qu’une solution : se jeter à l’eau.

« Ça te dit pas un ciné mercredi soir ?
– Si… »

Trois jours à attendre. Un enfer.

Petit cours de médisance

Ces derniers temps, le scénariste de ma vie semble se prendre pour un auteur des Feux de l’Amour ou Jean-Luc Azoulay, je ne sais… Mais ça fatigue un peu. J’essaie de régler les choses les unes après les autres pour tenter d’atteindre une relative sérénité et je vais devoir à m’attaquer rapidement à un nouveau dossier. Un dossier plein de médisances qui m’épuisent.

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Je ne vais pas jouer les mères la vertu, je suis une langue de pute. Je médis, oui. Parfois parce que les gens que j’aime m’énervent sur certains points, des points qui ne méritent pas de drames donc j’en parle à une tierce personne pour me vider. Le but ici est d’éviter d’exploser à la figure de la personne et attendre que la crise passe. Car il est des crises qui ne nécessitent pas de s’asseoir pour discuter (sinon, on ne langue de pute pas, on se comporte en adulte et on convoque la personne à un café explicatif). Et puis il y a le gros langue de putage sur les personnes que je n’aime pas et là, je m’en donne à coeur joie. Du moment que ça ne vire pas à l’obsession, tout va bien. Sinon tu règles ton obsession parce que c’est lourd pour tout le monde.

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Seulement la médisance exige un certain savoir-faire et notamment celui de trouver un allié de langue de putage à savoir une personne qui partage votre point de vue. Dans mon problème actuel, c’est là tout le problème, je me retrouve le cul entre plusieurs chaises. D’un côté notre amie Léa qui attend beaucoup des gens, beaucoup trop. Du genre à faire la gueule sans qu’on sache pourquoi et si on ne va pas lui demander, on est des méchantes. Les têtes de turc de Léa varient, nous avons eu A (B et moi étions alors ses chouchoutes) puis B (C et moi devenions alors ses chouchoutes). A présent, elle est remontée contre B et C, A et moi sommes ses nouvelles meilleures amies. Je n’ai pas entendu qu’elle se plaignait de moi aux autres donc pour le moment, A MA CONNAISSANCE (j’insiste), je suis la seule à ne pas avoir essuyé son courroux. Sauf que du coup, elle m’écrit des mails dans lesquels elle se plaint de B et C (avant, c’était A) et quand nous sommes toutes ensemble, elle marmonne des remarques acerbes qui m’épuisent. D’abord parce que je trouve son comportement illégitime. La dernière fois que nous avons fait une soirée toute ensemble, elle a claqué la porte car « personne ne se préoccupe de moi alors que j’ai dit que mon mec allait sans doute me quitter demain et tout le monde s’en fout ». Notons que ce jour précis, j’étais célibataire depuis moins de 24h et que j’ai fait l’effort d’être agréable autant que faire se peut mais je n’avais pas la palme : A venait de perdre sa grand-mère. Bref, Léa est une attention whore mais elle a quand même bon fond et peut être de très bonne compagnie, ce qui m’empêche de l’envoyer tout simplement chier.


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Pour autant, j’aimerais ne plus être dans toutes ces histoires. Je ne suis pas d’accord avec ses griefs sur les autres filles, je ne la relance jamais sur ses médisances, j’aimerais qu’elle me foute la paix avec ça. Par exemple, moi, quand j’ai une personne que je n’aime pas, je vais pas en parler à une personne qui l’apprécie. En ce moment, il y a une fille que je méprise du plus profond de mon âme. Je suis en parallèle copine avec une fille qui a l’air de bien s’entendre avec elle donc je me contente de ne pas en parler pour ne pas mettre la
dite fille au milieu d’une inimitié qui n’a strictement rien à voir avec elle. De toute façon, j’en parle pas tout court, ça n’a aucun intérêt.


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S’il est donc une règle essentielle à retenir pour le langue de putage, c’est de s’assurer de le faire avec le bon partenaire. Parce que confier tout le mal que l’on pense d’une personne à une autre qui l’apprécie, c’est créer un malaise donc personne n’avait besoin, surtout pas celui qui reçoit les confidences.

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Donc mission de la semaine : demander à Léa d’arrêter ce genre de discours avec moi et aller s’expliquer avec les demoiselles impliquées. Enfin, je dis cette semaine mais vu que j’ai zappé son anniversaire la semaine dernière, je vais peut-être attendre un peu, je suis pas en position de force pour que mon message passe bien.

2007 fut chouette, 2008 sera sweet

Bon, là, on est le 31 décembre, il serait temps de faire le bilan 2007. Et autant vous dire que ce bilan, je suis un peu ravie de le faire. C’est comme monter sur une balance après
un régime réussi, on sait déjà que le chiffre va nous plaire. Faut dire que pour moi, 2007 fut quand même drôlement chouette.

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Pourtant, ça avait mal commencé puisque la première semaine, je m’étais pris coup sur coup une rupture amoureuse (classe) et une rupture amicale (crade). L’hiver a été marqué par la recherche d’emploi qui virait quasi à l’obsession. Des entretiens qui n’aboutissent pas, des CV envoyés partout sans réponse la plupart du temps, des journées entières passées chez moi en jogging… Pas glamour. Point culminant, fin mars avec un entretien foiré avec un retard de 20 minutes et l’annonce de la mort de grand-mère qui, finalement, n’est pas morte. Ce qui fut positif, quand même, c’est l’arrivée dans ma vie de Summer et Vicky, mes fidèles coéquipières de la girlie team.

 

Puis en avril, le virage. Ca a commencé pile le jour de mon anniversaire puisque j’ai répondu à l’annonce qui allait me faire entrer dans la vie active. Un entretien puis le 13
avril, un vendredi, le coup de fil que je n’espérais plus « vous êtes embauchée ! ». Une joie intense suivie d’une grosse fatigue, la pression de tous ces mois qui s’envole. Lundi
16 avril, je débute mon premier CDI. Me voici animatrice de communauté pour un opérateur téléphonique. Alors que je comptais y rester environ 2 ans, la vie m’a fait un autre cadeau, totalement inattendu, celui là. En août, voici donc que je reçois un mail de Simon qui me propose de venir travailler dans un grand groupe de presse. Attends, que je réfléchisse… Oui ! Après deux mois d’entretiens cachés, c’est officiel : me voici embauchée en CDI chez TGGP, je dois, entre autre, animer le site d’un grand magazine féminin (TMF).

Côté cœur, rien de bien particulier à signaler. Quelques mini histoires, l’année 2007 a surtout été marquée par Gabriel, bien qu’on ait jamais été un couple. Pour le reste, ma
voyante que j’étais allée voir en février, par là, avait raison sur ce point : quelques relations, rien de durable mais je ne serai jamais vraiment seule. Ouais, c’est vrai. Maintenant, vu
que 2007 fut l’année du taf, je suis bien décidée à ce que 2008 soit celle du mec. Non mais ! On verra, je me mets pas la pression, ça arrivera quand ça arrivera. Un mec, c’est pas comme un boulot, je peux vivre sans quand même.

 

2008, parlons en. Bon, tu me connais, lecteur, tu sais qu’il suffit que je dise « je prends la résolution de… » pour ne pas la tenir. Donc je n’en prends pas, je fais plutôt une liste de vœux pieux qu’il ne tient qu’à moi de réaliser pour la plupart. Lesquels ? Mais les mêmes que chaque année. Plus de cigarette, du sport et une vie plus saine. Quoi qu’en 2007, je l’ai vachement assainie ma vie et je compte pas rentrer au couvent en 2008 alors bon. Peut-être me coucher plus tôt mais tu vois, ça fait 8 mois que je bosse, maintenant, 8 mois que je
me couche tous les soirs entre 2 et 3h du mat (voire encore plus tard) et que tous les matins, quand le réveil sonne et que j’ai pas envie de me lever, je me jure que ce soir, je me coucherai plus tôt. Et tu penses bien que je le fais pas. Mais allez, en tête de mes vœux pieux, je mets « me coucher plus tôt » puis reprendre la piscine une fois par semaine. Pour le reste, tenir un peu mes projets persos à jour au lieu de dire « je dois faire », « je dois faire ». Ou alors essayer de comprendre que le soir, en rentrant du boulot, je peux être un
peu claquée et ne pas avoir envie de faire autre chose de glander. Et sinon ? Sinon, faire mon taf tout comme il faut et même un peu plus, ce sera bien aussi.

Bref, quand je vois mon état il y a un an et mon état aujourd’hui, je n’arrive pas à croire tout ce qui a pu m’arriver de bien, cette année. J’oserais bien dire que je le mérite mais mérite-t-on vraiment les choses ? Je veux dire que s’il y a bien une chose que je sais de la vie, c’est qu’elle n’est pas juste, que des gens mériteraient beaucoup et d’autres ne mériteraient rien et ce ne sont pas les pires mécréants qui végètent au fond de la mare. Dans mon cas, tout est question de rouage, finalement, tout s’est mis en place petit à petit. Il y a un
an, j’étais chômeuse déprimée, aujourd’hui, je suis travailleuse heureuse. Ah, je suis devenue brune aussi, j’avoue que je m’en lasse pas. Un simple détail, certes, mais vu comme les détails prennent parfois leur place dans la machine, rien n’est jamais à négliger. Bonjour, la phrase obscure mais tu m’as comprise, lecteur.

 

Bref, 2007, ça avait commencé super mal, ça finit super bien. Comme un conte. Maintenant, 2008, tu vas avoir du boulot pour être une aussi bonne année. Mais je compte sur toi !

Printemps arrivé, graisse pourchassée

Télé allumée, je grignote mes Special K en tapotant sur mon ordinateur quand une série de pub attire mon attention : « peau flasque, mettez la crème super liftante restructurante lissante autobronzante », « tu fais baleine dans ton maillot ? Utilise la pilule qui facilite le transit et élimine la rétention d’eau » « perdez une taille en trois jours » (ça, c’est véridique). Bon, cette année encore, la mode n’est pas aux formes si chère à Le Titien (oui, je fais ma culturée).
 

Comme la plupart des filles, j’ai acheté ce type de crème. Au bout d’une semaine, j’arrête d’en mettre parce que ça colle et ça sent fort… Quoi que j’aimais bien l’une d’entre elles qui sentait bon mais je me souviens plus de la marque. L’an dernier, je mettais celle qui faisait froid, j’avais l’impression d’avoir mâché un freedent avec mes cuisses, brrrrrr ! Je me souviens, avec Amina et Douschka, on avait eu une formidable discussion sur le sujet, chacune parlant de sa crème. A l’arrivée, pas de solution miracle. C’est pas une crème qui va nous faire perdre nos kilos superflus, faut pas rêver.

Donc l’été se profile à l’horizon, il est temps de relancer mon programme « belle et svelte ». Oui, ça, c’est mon truc. Le principe est très simple : manger peu et
bien (bye le grignotage) et faire du sport. Le tout, c’est de ne pas craquer même si on peut s’autoriser un petit écart de temps en temps, genre un resto, pour pas virer dingue et faire un gros craquage, genre le pot de nutella. Par exemple, dimanche soir, petit coup de blues, j’avais le choix entre me commander une pizza dont j’avais envie et du riz. Bon, honnêtement, quand j’ai pensé à la pizza, j’ai déjà commencé à culpabiliser donc hors de question de céder. Si je veux être la plus belle cet été à la plage (alors qu’il est peu probable que j’y aille), hors de question de s’enfiler une pizza, aussi bonne soit-elle.

Je suis bien une femme des années 2000 pour ça : plutôt que de capitaliser sur mes rondeurs appétissantes, j’essaie de les éradiquer, coûte que coûte ! Bon, très honnêtement, je ne suis pas du tout énorme et, mine de rien, ça me fait du bien de faire du sport : ça défoule. Mais comme m’a fait remarquer mon petit cœur, c’est hypocrite de ma part de dire que je ne fais du sport que pour me défouler : « Non, mais tu t’entends ? Dès que tu parles de glace, tu associes ça de suite à ton rameur ! ». Oui, c’est vrai, dès que je me lâche un peu, hop rameur. Et mine de rien, mon nouveau contrat m’a incité à plusieurs reprises à avaler un sandwich. Même qu’hier, je l’avoue, je me suis acheté un McDo ! L’autre jour, je parlais avec Zoé sur le net qui me disait en gros: « Non mais tu les fais tous craquer, t’es vraiment une tombeuse! Arrête le rameur sinon il n’y aura plus d’hommes pour nous! ». Pourtant, je me considère pas du tout comme canon, j’ai du mal à concevoir que je peux plaire avec mon petit ventrou qui m’obsède.

Le problème, c’est qu’à force de voir des filles filiformes se pincer la peau en pleurant sur leurs kilos superflus (pour perdre un kilo de plus, faudrait qu’elle s’ampute un bras !), on se sent obèse dès qu’on ne fait pas du 34. Parfois, dans le métro, je regarde les autres filles pour voir si je suis plus grosse ou plus mince qu’elles, comme si ça avait une importance. On me répète tellement que je dois être mince, dépourvue du moindre bourrelet ou capiton que je crois que mon ventre sans abdos est rédhibitoire pour les hommes. Et quelque part, ça
m’agace. J’ai beau dénoncer la dictature des régimes et de la minceur (voire maigreur), je peux pas m’empêcher d’en être victime.

 

La faute à qui ? A la société, aux magazines qui ne photographient que les anorexiques, au publicitaires qui font promouvoir tous les produits régimes par des filles qui auraient plutôt besoin de se remplumer. Au fait que les gros n’existent pas dans le paysage audiovisuel, si ce n’est comme des caricatures de bon vivant. Si, si : par exemple, les gens forts, on les fout à présenter les émissions de cuisine : « ah, c’est de la bonne chair, ça, c’est les produits du terroir ! ». Dès qu’une femme ronde est médiatisée, elle finit toujours par maigrir, comme Sonia Dubois. Elle nous répétait à l’époque qu’elle s’assumait parfaitement… La preuve que non. Pourtant les médias s’en défendent : « Mais non, on
aime les femmes en chair, aussi, regardez Laetitia Casta, c’est une vraie femme ! ». Oui bon, ben là, je complexe définitivement. Même les chanteuses se font liposuccer graphiquement parlant comme Mariah Carey qui perd facilement 10 kilos par photos ou Shakira qui gagne des abdos sur ses clichés. Et puis c’est ma faute, aussi, faudrait que je suis moins influençable.

L’autre jour, j’ai découvert un blog, l’histoire d’une jeune fille qui raconte ses troubles de l’alimentation : elle se nourrit quasiment que de coca light et se gave de laxatifs pour tout éliminer. Puis, des fois, elle craque et forcément, ça la rend malade, elle culpabilise. Bon, je n’en dis pas plus, c’est sa vie et pas la
mienne donc allez lire son blog pour en savoir plus. Ces comportements sont extrêmes, je ne peux ni ne veux juger cette jeune fille qui m’a émue. Supplicier son corps à ce point ne peut laisser indifférent et je ne peux m’empêcher de demander qui pousse les jeunes filles à de telles méthodes. Il y a même des femmes qui font exprès d’attraper un ver solitaire afin de mincir. Pour en
rajouter au dossier, les médias ont parlé de cette semaine de deux femmes décédées après avoir pris des pilules minceur à base d’extraits thyroïdiens. Là, je suis proprement catastrophée ! Les déréglements thyroïdiens ne sont pas anodins, comment peut-on se flinguer la santé pour trois kilos de moins? Sans parler de la pilule miracle des années 80 qui a provoqué des crises cardiaques
en pagaille et je crois qu’il y a eu des cas de cancer, suite à ça. De toute façon, moi, tout ce qui est miracle, je me méfie. Le seul produit qui aide à éliminer que je m’autorise, c’est le thé vert mais faut dire que marié à la menthe, c’est plus un péché de gourmandise qu’un geste minceur!

Mais bon, voilà. La norme des femmes rondes qui a fait les beaux jours de l’art semble bien loin. Aujourd’hui, faut être toujours plus mince. Par exemple, la fille de la pub Purple est tellement maigre qu’on aperçoit sa cage thoracique sous sa poitrine. Mais c’est laid ! Il paraît que les hommes préfèrent les rondes… Alors pourquoi toutes les filles qu’on nous présente comme modèle sont filiformes ? Quel paradoxe ! En attendant, cette année, je m’achèterai pas de crème anticapiton. Si je veux mincir, je préfère la bonne vieille méthode : le
sport. Parce qu’en plus, c’est bien meilleur pour la santé.