Liberté d’expression et blocage sur les réseaux sociaux

Dans un monde idéal, les réseaux sociaux, c’est un lieu d’échange et d’enrichissement, un lieu ou la culture et la connaissance coulent à flot… entre deux lolcats et une loutre trop mignonne, ok (j’adore les loutres). Mais parfois, des gens qui ne sont pas d’accord avec toi ou des trolls (à ne pas confondre) décident de te harceler jusqu’à ce que tu changes d’avis. Alors tu les bloques… et là ça hurle “et ma liberté d’expression, alors ?”

Un couple de loutres

Depuis le drame de Charlie Hebdo, c’est devenu l’argument massue de tous les rageux “liberté d’expression !”, ce truc magique censé les autoriser à appeler à la mort ou au viol de leurs ennemis (musulmans voire arabes en général, homos, femmes, qui vous voulez). Les plus lettrés vous citeront peut-être Voltaire au détour d’une menace, vous rappelant que vous seriez bien nobles de respecter leur parole car “je ne suis pas d’accord avec vous mais je me battrai pour que vous puissiez exprimer vos idées”… Oui ok sauf que Voltaire n’a jamais dit ça, pour commencer, et s’il l’avait fait, je ne pense pas vraiment qu’il pensait à tes menaces de viol ou de meurtre, tu vois… La liberté d’expression est une chose précieuse mais il faut en comprendre le principe de base : cette liberté, c’est celle que l’on a, en tant que citoyens, d’élever la voix, de dénoncer, une autorité quelconque. C’est notre droit à aller manifester (quoi que ces derniers temps…), à écrire des éditos ou réaliser des dessins qui dénoncent. je schématise parce que c’est pas le coeur de mon article mais la liberté d’expression, elle est là pour contrebalancer le pouvoir. Pas pour menacer l’intégrité physique d’une personne.

Extrait du film Menace d'Etat avec Sean Bean

« Tu vas la respecter ma liberté d’expression, sale pute bobo gauchiasse féministe ? »

Du coup, parfois, sur les réseaux sociaux, tu rentres en contact avec une personne qui a décidé que tu avais tort et qui va venir te faire la leçon. Avec pas de chance, le mec (car ce sont souvent des mecs, quand même), va commencer direct à annoncer ses intentions vis à vis de ton cul, tes dents, voire ta personne dans sa globalité. Et on a beau avoir les épaules larges et s’attendre à ce genre de déferlement quand tu oses attaquer la virilité et la domination de ces petits êtres fragiles, à un moment, se faire menacer de viol toutes les deux minutes, ça limite l’envie de sourire. Non mais sérieusement, quand j’ai relayé un article sur l’atroce Babylone 2.0, y a des mecs qui sont quand même venus me cracher à la gueule en mode “de toute façon, vous n’êtes que des putes, bien faits pour vous !”. Mais je… quoi ?

Dispute de couple

Et puis il y a ceux que j’appellerai les évangélistes, ceux qui viennent t’apporter une vérité que tu n’avais pas forcément demandé. Alors comprenez bien : je peux parfois dire des conneries, évidemment, je n’ai pas la science infuse et je ne suis pas du tout opposée à ce que quelqu’un vienne m’apporter avec des sources de la contre argumentation qui me fera réfléchir. Mais y a d’autres moments où juste non. Typiquement, quand je m’exprime en tant que femme sur un ressenti en tant que femme, un homme n’a pas à venir tenter de me faire changer d’avis car lui sait mieux que moi. Non, tu ne sais pas mieux que moi, tu es un homme, tu ne peux pas savoir ce que je vis en tant que femme. Au mieux, tu peux imaginer. De la même façon, je vais pas aller expliquer à une personne de couleur qu’elle exagère à parler de racisme tout le temps parce que je n’en sais rien, je ne vis pas le racisme ordinaire donc shut the fuck up. Mais je ne me démonte pas, j’essaie d’expliquer à cette personne qu’elle ne sait pas de quoi elle parle, j’enrichis mon propos de liens vers des articles. Tu persistes et signes ? Tu refuses ma demande de cesser de me parler ? Ok : block.

Liberté d'expression sur twitter

Et là, ça se met à hurler “han mais quelle conne, elle respecte pas ma liberté d’expression”. Peurdon ?? Alors juste deux points :

– en général, je bloque quand même au bout d’une heure, voire deux, de débats stériles, je pense que tu as eu plus que ta part d’expression

– en quoi je nuis à ta liberté d’expression ? Je t’interdis désormais de m’adresser la parole (et en général, ça survient après plusieurs demandes de me laisser en paix non respectées) mais tu gardes ton espace pour déballer ta merde, t’inquiète. Je t’ai juste fermé la porte de chez moi, je t’ai pas enfermé dans un bunker, seul au monde. Comme j’aime à dire, je me tape suffisamment de cons dans la vraie vie que je ne peux malheureusement pas masquer ou bloquer, je vais pas m’imposer ça en plus sur les réseaux sociaux. Surtout que bon, le prends pas mal mec mais y a 9 chances sur 10 qu’on se connaisse pas donc je ne vois pas trop pourquoi je devrais continuer à te subir…

Bref, le fait qu’une personne n’ait plus envie d’écouter vos préchis préchas ne veut pas dire que votre liberté d’expression est menacée. C’est un concept beaucoup trop important pour être réduit à votre simple blessure narcissique et admettez enfin que, non, tout le monde n’a pas envie de vous entendre sur tout. Votre parole n’est indispensable pour personne.

 

D’ailleurs, faudra que je vous explique pourquoi quand on vous bloque sur Twitter, ça ne vous fait pas automatiquement gagner le débat. Un jour.

 

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Et si tu lisais avant de retweeter

Les réseaux sociaux sont un univers fascinant. Même si je rêve parfois d’une autre carrière, ce qui ne me lassera jamais, c’est la petite sociologie que je peux faire là dessus. Et parmi mon sujet de fascination : le besoin viscéral de tweeter les infos le plus vite possible, commenter sans lire. Quitte à avoir l’air très con par la suite.

Commenter sans lire

Il y a quelques semaines, France Dimanche balance sur les réseaux sociaux “Nicolas et Carla, la séparation !”. Aussi sec, les réseaux sociaux s’enflamment, les internautes traitent très élégamment Carla de pute (faudra que je revienne là dessus, aussi), rappelant sa longue liste de conquêtes et se gaussent sur cette rupture. Sauf que… ben, y a pas de rupture en fait : en lisant l’article (payant, bien évidemment), on découvre que le couple se sépare… d’un chien. Voilà, voilà. On s’est donc ramassé un gros vomi bien sexiste pour rien, youpi ! Et c’est un plaisir de vous mettre le nez dans votre caca en soulignant que vous n’avez pas lu, trop occupés à sortir la meilleure vanne en premier.

twitter-cafe

Sur les réseaux sociaux, je classerai les internautes hyper réactifs en deux clans :

  • ceux qui se croient au stand up, les stackhanovistes de la punchline qui bondissent sur le moindre os à ronger pour essayer de faire le buzz à tout prix. Retweete-moi, retweete-moi, retweete-moiiiiii ! Bon évidemment, à un moment, tu finis par te planter sauf que ces comptes étant fortement suivis, un hoax est vite diffusé
  • ceux qui veulent se donner une image d’éclairé et vont faire feu de tout bois. Un article d’actualités ? Hop, hop, je retweete, je commente, je suis celui/celle qui sait, regardez ! Alors que pas forcément justement vu qu’ils balancent tout ce qu’ils voient passer sans filtre et sans prendre le temps de lire. Ce sont d’ailleurs souvent les mêmes qui gueulent parce qu’on ne parle pas des attentats de Beyrouth ou Lahore alors que, si, les journaux en ont parlé mais que, juste, personne dans ses communautés n’en a parlé. Mieux, ceux qui postent un courageux statut « ah et personne ne met le drapeau pakistanais en PP, hein, bravo! ». Non, c’est vrai… toi le premier d’ailleurs.

enerve

Bref, ça étale sa fausse science à toute vitesse parce que… je sais pas, le besoin de la primeur de la réaction ? Le 1er avril, les décodeurs ont écrit un article sur le fait que plus on fréquente les réseaux sociaux, moins on lit. Réactions indignées de tas de commentateurs qui viennent expliquer que non, c’est pas vrai, eux, ils sont sur Facebook mais lisent 3 livres par jour ou à l’inverse ceux qui pleurent sur cette génération de jeunes décérébrés et incultes, pia pia pia. Penchons nous un peu sur cet article :

decodeurs

J’avoue, j’ai joui.

Et je m’interroge sur ce besoin de donner son avis sans réellement savoir de quoi on parle. Et je parle de ce cas mais le nombre de fois où j’ai eu des “débats” avec des fachos décérébrés à qui tu envoies des articles pour un peu chiffrer ton propos et qui te répondent en 2 secondes “c’est de la merde cet article”. Tu l’as même pas lu, mec… Du coup, je questionne régulièrement “mais tu as lu ce que je t’ai envoyé ?”, question qui reste étrangement sans réponse. Parce qu’en plus, c’est ça qui est magique : je commente sans lire mais je ne l’admettrai jamais comme le prouve ce commentaire sur l’article sus nommé :championne

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Je comprends les réactions épidermiques, à chaud, il m’en arrive d’en avoir sur certains sujets mais je me renseigne aussi, je lis, j’essaie d’aller un peu plus loin que “j’ai lu un titre d’article, je suis pas d’accord et je me sens obligée de le dire”. Peut-être aussi parce qu’en tant que professionnelle des réseaux sociaux, je connais un peu trop les titres “mendiants du clic” pour me laisser berner… et surtout que finalement, il y a toujours matière à creuser et il est intéressant de se cultiver à minima. Ok, on en n’a pas toujours le temps mais… vous savez quoi ? On a aussi le droit de ne pas avoir un avis sur tout, de ne pas s’exprimer si on n’est pas sûr, si on a un doute. L’important n’est pas tant de réagir en premier mais de réagir de façon éclairée…

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Et en plus, ça vous évitera de passer pour un-e con-ne

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L’amour sur les réseaux sociaux

Tant qu’on parle d’amour avec la désormais passée St Valentin (et pour ceux qui veulent savoir : mon gâteau magique était absolument délicieux, la recette en cliquant sur le lien, vous devez le tester), j’ai envie de me pencher plus spécifiquement sur la mise en scène de son amour sur la toile : l’ amour sur les réseaux sociaux.

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En 2016, je vais peut-être soigner mes photos culinaires, qui sait ?

Dans mes timelines diverses, je vois passer moults contenus, chacun affichant ce qu’il souhaite donner comme image de lui : performances sportives, plats cuisinés (coucou ! Ben, je cuisine peu alors quand je le fais, faut que ça se voit), voyage (re coucou), opinions politiques (ça dépend), culture avec le programme précis des sorties culturelles de la personne et son avis sur ce qu’il a vu/lu en 3 mots… mais nous avons aussi les couples qui roucoulent d’amour sur nos timelines. Certains trouveront ça mignons, d’autres lourds… Moi,selon le degré, je vais finir par trouver ça suspect.

L'amour sur les réseaux sociaux

Alors je ne suis pas une partisane d’afficher toute ma vie de couple sur les réseaux sociaux parce que… ben parce que la vie de couple, c’est pas non plus l’aventure H24 et un dimanche à glander sur le canapé, ça n’intéresse personne à part les deux concernés, il me semble. Cependant je ne cache pas non plus ma situation amoureuse, Victor et moi échangeant de très nombreux messages sur les différents réseaux sans faire style qu’on n’est pas ensemble. Ceux qui me suivent sur Twitter et sont un peu attentifs n’auront aucun mal à trouver le compte de Victor (c’est pas un défi que je vous lance). Sur Facebook, on est au même endroit au même moment, on se like et on se commente mais pas de photo de nous ensemble… Essentiellement parce qu’il en existe peu vu qu’on n’est pas super fans des photos (c’est pas pour rien que je suis toujours derrière l’appareil) mais surtout qu’une nouvelle fois, je vois pas super l’intérêt. Mais c’est une fille qui ne comprend pas le besoin de faire un selfie devant chaque truc que l’on croise qui vous dis ça, je dois prendre 10 selfies par an, essentiellement pour changer ma photo de profil Facebook, celle que j’ai ne me plaisant plus. D’ailleurs, ça passe les selfies sur LinkedIn ? Non parce que j’ai la même photo depuis 3 ans, elle commence à me saouler. Bref. Donc mes photos de vacances, c’est en général “regarde ce que j’ai vu, c’est trop génial” et pas “regarde, c’est MOI devant un truc génial !”. D’ailleurs, on le voit moins le truc génial. Ressentant peu le besoin de mettre mon image en scène, il est donc naturel que je ne le fasse pas pour mon couple non plus.

Quand je me selfise

Quand je me selfise

La plupart de mes contacts agissent ainsi : il est assez facile de comprendre qui est leur moitié puisqu’ils ne se cachent pas, sans pour autant s’exhiber. Mais il y a d’autres styles qui m’interpellent un petit peu. En premier lieu le :

Je ne veux aucune trace de mon couple sur les réseaux sociaux : alors ok mais à un moment, ça finir par devenir suspect. Qu’on n’utilise pas le “en couple” de Facebook, soit, ok, je ne le fais pas non plus. Mais qu’on s’attache à faire disparaître toute trace d’un éventuel autre, qu’on parle de son only one sans jamais le citer alors qu’il est bien dans le réseau mais tu comprends, c’est pour “préserver notre intimité”… Non, c’est que je pense qu’il/elle t’a fait croire ça juste pour pouvoir chasser tranquillement sur les réseaux sociaux. Surtout qu’à un moment, le couple caché est cramé donc si aucun des deux n’est déjà en couple, pourquoi faire genre que non ? C’est pas parce que tu admets être en couple avec un pseudo ou un profil Facebook qu’on va tous s’inviter à votre mariage, hein… Enfin, de mon expérience, les mecs qui cachent farouchement leur meuf sont rarement irréprochables niveau fidélité (et du coup, c’est très drôle quand quelqu’un les tague sur la photo de leur propre mariage… tu tombes un peu des nues mais ça reste drôle).

Salut, je suis la meuf du mec qui te chauffe sur les réseaux sociaux en t'assurant qu'il est célib !

Salut, je suis la meuf du mec qui te chauffe sur les réseaux sociaux en t’assurant qu’il est célib !

– Les “regarde, t’as vu, je suis en couple, t’as vu, t’as vu ?”. Ceux là, tu peux pas avoir une photo de l’un sans l’autre et des commentaires mielleux à longueur de page. Ceux à qui tu as envie de hurler : “Ca va, c’est bon, on a compris que vous étiez en couple !”. Ici, j’ai tendance à voir un comportement sous-jacent à base de “woh je suis ENFIN en couple, regardez les amis, quelqu’un a voulu de moi !”. Je ne sais pas si c’est mignon ou flippant, à dire vrai… Parce qu’à travers les réseaux sociaux, à travers nos statuts et nos tweets transparaissent nos angoisses les plus profondes. Pourquoi mettre à ce point son couple en avant ? Pourquoi “pisser” sur l’autre pour bien marquer qu’il est nôtre… Surtout si l’autre est du genre “non, je n’affiche en aucun cas mon couple sur les réseaux sociaux”. Les likes et les retweets de toute manifestation de notre adoré-e se multiplient… Et s’étale sous ton nez l’évident déséquilibre de ce couple que, parfois, tu ne connais même pas.

"Poste un truc que je le like/retweet"

« Poste un truc que je le like/retweet »

Je suis toujours un peu interrogative sur les motivations d’exposer son couple à ce point. Ou de le cacher farouchement (alors qu’on vous crame très facilement, arrêtez). Parce que finalement, dans votre romance très affichée ou votre célibat artificiel, je n’y vois toujours que le sous texte : ce que j’aime dans mon couple ? L’image que ça donne de moi.

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Le deuil sur les réseaux sociaux

2016 débute sur les chapeaux de roue avec non pas un mais deux décès de people. A ma gauche, Michel Delpech, chanteur gravement malade depuis des années et à ma droite, Michel Galabru, 93 ans. Deux disparitions qui sont donc loin d’être surprenantes ou choquantes contrairement à celle de Jules Bianchi, par exemple, décédé à 25 ans en pleien course. Et pourtant, tout le monde s’est mise à pleurer sur ses réseaux sociaux “oh non, il est mort !”. Heu, oui ?

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En général, quand un people meurt, il y a une course à celui qui postera le RIP en premier, celui qui sera le plus rediffusé, qui gagnera trois followers parce qu’il a dit en premier que Jean People est mort. Du coup, se multiplient les “oh non Jean People !”, en espérant que personne dans votre entourage n’aura la primeur de l’annonce du décès.

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Mais il n’y a pas que ça… Passées les 15 premières minutes (ça va très vite sur les réseaux sociaux), abandonnez l’idée d’avoir la primeur du RIP, à moins de pleurer sur un candidat éliminé au premier tour de The Voice Italie donc totalement inconnu par chez nous (déjà que je suis pas sûre que le nom des candidats des premiers éliminés de The Voice vous restent bien en tête…). Et pourtant, les RIP et autres “oh non” continuent de déferler dans votre timeline, accompagnés d’émoticônes qui pleurent. Pourquoi tant de rage et de désesoir ? Réponse : pour faire partie d’une communauté qui partage un sentiment à un moment donné, tout simplement.

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J’ai toujours eu du mal avec l’expression de ce genre de sentiments sur les réseaux sociaux… et dans la vie de manière générale, d’ailleurs. Je n’ai jamais pleuré un people sur les réseaux sociaux et même lors des attentats, je n’ai pas donné mon sentiment parce que… dans le cas des attentats, je n’ai pas senti le besoin d’exprimer ma peine ni de la mettre en scène et pour les peoples… Ben ça me touche pas vraiment, en fait. Autant j’ai de l’empathie pour leur famille et je n’irai pas faire de jeux de mots dégueulasses pour gagner 3 RT et je me retiendrai de cracher à la gueule des cadavres des pires ordures (essentiellement parce que je vois pas trop l’intérêt de poster des “ah, il est mort Marc Dutroux, bon débarras”… oui, merci, c’est très intéressant), autant ces gens ne font pas partie de mon quotidien. Oui, ça pique parfois quand le décédé était jeune, oui il peut représenter une partie de mon enfance ou une partie de ma vie, ça peut me chagriner mais me rendre triste au point que je me sens obligée d’exprimer cet état sur les réseaux sociaux et communiquer avec les autres attristés, non.

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Mais le point qui me fascine le plus, ce sont les fans de la dernière heure qui, soudain, se sentent triste de la mort d’un people dont ils n’avaient strictement rien à faire 2 jours plus tôt. Je veux dire, je suis tout à fait certaine que beaucoup estimaient que Michel Delpech était un monsieur très sympathique mais si je vous demande de citer un de ses titres, vous allez me dire “Pour un flirt” puis… ? C’était un peu pareil pour Michaël Jackson, j’avais légèrement été fatiguée par les “han non, trop triste, je vais réécouter ses chansons” de la part de personnes n’ayant pas écouté du Jackson depuis des années. J’ai tellement été saoulée que j’ai plus écouté de titres du monsieur pendant au moins deux ans. A se demander s’il n’y a pas une sorte de hype de la mort : pour relancer la vente de tes disques… ben meurs.

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Bref, pourquoi exprimer sa tristesse suite à un deuil sur les réseaux sociaux ? Pour gagner un peu de visibilité ? Pour intégrer une communauté (certe éphémère) ou parce qu’on n’ose pas dire qu’on s’en fout car faut pas dire du mal des morts ?

 

Choisissez votre camp

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Attention à qui tu retweetes

Janvier puis novembre, ce même phénomène : passer mes journées sur Twitter à cliquer sur tous les articles sur les attentats, apprendre, apprendre encore. Essayer de trouver des articles qui vont m’éclairer sur Daesh, sur la situation, m’éclairer du mieux possible même sur ce que je sais ou pensais savoir… F5, F5. A l’abri derrière mon écran, je suis l’horreur en direct en me ramassant des infos dans tous les sens. Et c’est là que le bât blesse : au milieu des infos vérifiées et importantes à diffuser circulent des hoax, rumeurs et grosses merdes qui te feront bien paniquer.

Fausse info Twitter

Soyons plus concret. Vendredi 13 novembre : j’échange des mails Facebook avec mes anciens collègues pour savoir si tout va bien. Alors qu’on se stresse pour celui coincé au Stade de France, une autre nous explique être à Châtelet et c’est un peu la merde. Je passe sur Twitter et je vois un tweet affirmant qu’il y a des fusillades aux Halles. Whaaaaaat ? Panique pour ma pote. En même temps, je reçois des SMS d’Anaïs qui m’explique que tous les bars sont attaqués, de la Bellevilloise au Comptoir Général. Sauf que pour le coup non, non pour ces derniers. Le lendemain, les journalistes spécialisés dans la Désintox refont le point sur ce qu’il s’est passé ou non. Et là, je vois passer certains comptes que je connais trop bien : info140 et lesnews. Vous savez, ces comptes qui démarrent tous leurs tweets par un énorme point rouge avec un “urgent”.

View of an installation of the exhibition "Infinite Obsession" by 84-year-old Japanese female artist Yayoi Kusama at the Banco do Brasil Cultural center (CCBB) in Rio de Janeiro, Brazil, on October 11, 2013. AFP PHOTO / YASUYOSHI CHIBA (Photo credit should read YASUYOSHI CHIBA/AFP/Getty Images)

Je vomis ces comptes. Vous pensez que leur but, c’est de vous informer? Absolument pas. Tous ces comptes comme celui-ci, lesaxviezvous, les Abandonedpics etc., sont ici pour une seule raison : choper du follower en masse pour louer leur compte aux marques. Donc déjà, je suis légèrement agacée quand je vois ces comptes sur ma timeline et j’ai toujours envie de gronder (plus ou moins gentiment selon mon humeur) ceux qui rentrent dans ce jeu, souvent malgré eux. Après tout, n’ai-je pas moi même retweeté des chatons mignons par le passé ? Bon, voilà. Un article qui vous situe un peu le bordel de tous ces mendiants du RT (je dis plus pute à clic, trop sexiste)

chaton-mignon

Là où le bât blesse, c’est sur la diffusion d’information et de fausse information. Depuis pas mal d’années, on s’énerve sur les hoax et autres désinformations, j’étais la Reine du mail lapidaire “c’est une fausse info, merci de vérifier avant d’envoyer ce genre de mails, merci”. Je ne dis pas ça par snobisme (enfin, si, un peu parfois) mais parce qu’on ne sait pas ce qu’il y a derrière. Au mieux, des gens pas très bien intentionnés récolteront gentiment votre adresse mail et vous recevrez des tas de pourriels. Au pire, on vous racontera des histoires qui font peur, distillant quelques grammes de haine ordinaire de l’Autre (souvent arabe et encore plus précisément musulman même si cette nuance est souvent difficile à percevoir pour les émetteurs de ces messages). Aujourd’hui, si le procédé reste plus mercantile, bien que quelques uns ne cherchent que la gloriole parce que j’imagine qu’il y a corrélation entre nombre de RT et taille du pénis (sinon, je vois pas l’intérêt); les fausses informations peuvent potentiellement devenir dangereuses. Dans le cas du 13 novembre, j’ai été quitte pour une frayeur pour ma pote (et elle encore plus, vous imaginez bien) mais la situation aurait pu facilement dégénérer à cause de ces comptes relayant toutes les rumeurs comme s’il s’agissait d’un fait avéré.

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Les réseaux sociaux sont un média potentiellement incroyable, qui vous permet de suivre n’importe quel événement, heureux ou malheureux, en direct. Twitter réalise régulièrement des cartes liées au nombre de tweets sur un sujet donné pour montrer l’instantanéité des nouvelles. Ici, par exemple, Charlie Hebdo :

Ca fait toujours son petit effet en présentation même si celle sur un but en foot met l’assistance de meilleure humeur. Une rumeur peut se répandre comme une traînée de poudre grâce à ces comptes merdiques qu’on retweete sans y penser et pour le coup, en devenant relais, on devient responsable. Or, le souci, c’est qu’une rumeur, même avérée fausse, laissera toujours des traces, tout le monde n’a pas le courage/l’envie de vérifier une info et le démenti n’atteindra pas forcément ceux qui ont rediffusé sans penser à mal. N’y voyez aucune condescendance de ma part, je me suis aussi parfois plantée (par contre, si je vois le démenti, je le diffuse en faisant mon mea culpa).

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Mais aujourd’hui, soyons responsables : ne retweetons plus les mendiants du RT, c’est notre petit militantisme pour une info vérifiée et de qualitay sur les réseaux sociaux.

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Quoi ? On ment sur les réseaux sociaux ?

La semaine dernière, l’univers des réseaux sociaux a subi un véritable séisme : Essena O’Neill, star d’Instagram, a fait une terrible révélation : tout n’est pas si rose au pays de la photo de smartphone refiltrée. Et oui, on peut être star d’Instagram, chut. Essena a poussé un cri du coeur : “non, les réseaux sociaux, c’est pas la vraie vie”. Mazette, quelle révélation !

Ceci est une pause tout à fait naturelle

Ceci est une pause tout à fait naturelle

Il y a un bon paquet de temps, j’ai eu pour ambition de rédiger quelques articles appelés “mise en scène du soi sur les réseaux sociaux” parce que oui, tout est orchestré pour faire un peu rêver. Je veux dire, qui irait sur les réseaux sociaux si c’était pour voir la gueule des autres au réveil ou pour lire des “aujourd’hui, il ne s’est rien passé” ? Les réseaux sociaux, c’est le plus grand soap opera du monde : du rire, des larmes, des grossesses (beaucoup, d’ailleurs, mon entourage ne semble pas concerné par la baisse des naissances en France, j’ai presque plus vite fait de faire la liste de mes copines pas enceintes que celles qui le sont…), des mariages, des ruptures, de la violence… Un vrai cocktail d’émotion brute… ou presque.

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De temps en temps, je cause avec mon ex, Guillaume 1er, qui m’explique qu’il refuse d’aller sur Facebook parce qu’il veut pas que le géant américain sache tout de sa vie. Je peux comprendre qu’on se soucie de l’utilisation de ses données personnelles et de la protection de sa vie privée mais… on n’est pas obligé d’absolument tout partager non plus. Sur mon Facebook perso, peu de publications : mes voyages, quelques instants heureux, quelques articles plaisants. A la limite, mes likes et mes commentaires doivent en dire bien plus si on les cherche : “Bonjour, je suis féministe et gauchiste, je me sens d’humeur à expliquer aux machistes et xénophobes à quel point leur vision de la société pose problème”. En gros. Brut de pomme de décoffrage* la meuf. Et je me dis que mon vrai moi devrait un peu se calmer sur le sujet car on ne sait jamais qui lit la conversation et qui pourrait retenir mon nom en négatif. Genre le recruteur d’une trop super boîte où je pourrais postuler un jour, on ne sait pas. Mais voilà, sur mon vrai moi, en ce que je poste, y a pas grand chose sur Facebook et sur Twitter et LinkedIn, je suis insupportable de fayotage en mode “HE SALUT JE SUIS L’ACTU DES RESEAUX SOCIAUX, T’AS VU ?”

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Infographie piquée à Jérôme Deiss

Oui, on pose sur les réseaux sociaux, bien sûr qu’on pose sur les réseaux sociaux. Matez le profil de n’importe lequel de vos amis, vous noterez que les photos les moins avantageuses sont postées par les copains qui ont eu le taggage vache. Enfin, si la personne a eu le courage d’assumer… J’avoue sans honte m’être détaggée de photos où j’étais vraiment horrible, surtout celles datant des prémices de mon adolescence… Pour le reste, belles photos avec du sourire en veux-tu, en voilà, des cheveux shiny, un corps environ parfait, un lieu paradisiaque.

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Oui, on met en scène, quelle surprise ! Sur mes réseaux professionnels, je sélectionne les infos que je diffuse en fonction de l’image que je veux donner de moi. Lorsque je cherchais à quitter ma précédente boîte, j’avais envie de tenter l’aventure du côté du paid et du RTB et relayais de nombreux articles sur le sujet sur mes réseaux. Aujourd’hui, j’essaie de construire quelque chose autour de la data et de l’e réputation donc… Et j’évite de publier mes résultats à Candy Crush ou 2048 parce que non, ça ne donne pas une image de fille brillante qui résout des casse-tête mais plus une fille accro à son mobile (qui serait bien foutue de tenter de battre son record en réunion et de nous pourrir le Facebook avec ses invitations à jouer pour gagner des vies). Je ne comprends pas l’aspect révolution de ces révélations. S’il est drôle de voir les photos retouchées en mode “je fais genre que je passe un bon moment alors que j’ai posé pendant 3h dans le froid”, je ne vois pas qui est vraiment naturel sur ces réseaux sociaux. On ne poste pas gratuitement, jamais, il y a toujours un but… et celui-ci est quand même dans 75% du temps de donner une image de soi. Les 25% restants sont partagés entre la râlerie et l’envie d’expliquer à un inconnu qu’il a tort (je plaide complètement coupable).

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Parfois, j’ai envie de créer un compte “la vraie vie nulle de *pseudo à trouver*” justement pour illustrer le fait qu’on ne poste jamais rien par hasard sur les réseaux sociaux.

* Expression honteusement volée à Tutotal

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Affiche ton mantra !

En tant que bonne consultante social media, je passe pas mal de temps sur les réseaux sociaux à la recherche d’infos puisque comme je l’ai déjà dit, le social media, en 10 jours, t’as 30 nouveautés (à peu près). Et sur LinkedIn (et relativement sur Facebook), je vois passer ces cartons avec une phrase de motivation dessus, un mantra censé te faire atteindre les étoiles. Et ça m’agace prodigieusement.

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Il y avait une sentence que j’aimais bien “Ce n’est pas parce que c’est difficile qu’on n’ose pas mais parce qu’on n’ose pas que c’est difficile” (Sénèque), petite phrase que je me répète quand j’abandonne avant d’avoir commencé pour de mauvaises raisons, l’universelle étant le manque de temps. Parce que je reste convaincue que le temps, je l’ai mais je perds trop de temps en glande et ce même si je m’accorde un droit à la paresse. Non parce que passer des soirées à résoudre des escape rooms, ça détend certes mais ça ne me rend pas meilleure et ça nuit en plus à mon sommeil. J’aimAIS bien ce mantra, oui, mais à force de le voir étalé en long, large et travers sur mon LinkedIn avec un photo random derrière, je finis par ne plus la supporter. Idem pour “Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait” (Mark Twain… Toi aussi, révise les auteurs des citations célèbres avec le blog des Vingtenaires, le blog qui te nourrit le cerveau).

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En l’occurence, ces mantras sont balancés par des pro entrepreneuriat en mode “prend ta vie en main, ouais !”. Alors je n’ai rien contre l’entrepreneuriat, je n’ai même aucun avis sur le sujet de façon générale, mais faut arrêter de nous vendre ça comme le truc des gens audacieux. Je vais parler de mon environnement professionnel en particulier, certains me diront que dans le leur, ce n’est pas ça du tout, mais des (auto) entrepreneurs, j’en ai une très belle collection dans mes contacts LinkedIn, Facebook et Twitter, des gens qui se lancent, audacieux ou conquérants (bon, quand tu ne les connais pas personnellement, tu ne sais jamais s’ils se mettent à leur compte après avoir préparé leur projet ou juste parce qu’ils ont perdu leur boulot mais je ne critique pas en soi la démarche), qui te balancent du mantra à tour de bras… Pour afficher fièrement leur CDI retrouvé à la première occasion. Parce que entrepreneuriat, ce n’est pas facile, il ne suffit pas de créer son petit statut d’auto entrepreneur et de se montrer volontaire sur les réseaux sociaux pour choper du client. Faudra que je fasse un article sur entrepreneuriat et pourquoi ça peut me poser un problème. Bref, les mecs nous expliquent que, eux, ils sont audacieux, “regarde, je l’ai fait alors que personne n’y croyait, qu’ils pensaient tous que c’était impossible, ahah !”, à coup d’image neuneu.

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Et ça me gonfle. Je trouve le principe de mantra pas si con en soi, je me dis que je devais en imprimer quelques uns chez moi pour me booster un peu et utiliser mon temps à bon escient pour atteindre mes objectifs MAIS je considère que c’est quelque chose de personnel. Les choses que je souhaite accomplir, je veux le faire pour moi. Si j’ai envie de partager mon aventure avec d’autres pour montrer que ce que j’ai mis en place marche ou non, je peux le faire à travers un blog ou éventuellement un livre si mon histoire est folle. Mais poster comme ça des phrases dont on a vidé tout le sens parce qu’on l’a trouvé sur Internet et que ça fait entreprenant et volontaire, non. Non.

Dans le genre citation sur photo random, celle ci tient le haut du panier

Dans le genre citation sur photo random, celle ci tient le haut du panier

Je comprends la nécessité de travailler son image sur le web, je le fais moi-même. Parce que je sais qu’aujourd’hui, on a tendance à googliser quelqu’un qui postule dans notre boîte ou qui nous propose ses services. C’est rassurant de voir que cette personne est associée à des articles sur son domaine d’expertise, que son fil Twitter est gavé d’articles sur le sujet, indiquant qu’il suit les actus, qu’il participe à des conférences. De la même façon, se rappeler au bon souvenir de ses contacts LinkedIn en postant des contenus percutants, oui. Je dis 4 fois oui. Si je suis gênée qu’on veuille faire de « je », une marque, mon discours change sur le côté professionnel. Je me fiche de l’avis des gens sur ma vie privée narrée ci ou là mais par contre, côté pro, j’essaie d’être irréprochable et de dessiner les contours des sujets qui m’intéressent pour qu’un jour, quelqu’un se dise : quelqu’un spécialiste des réseaux sociaux et qui a son nom associé au tourisme, au big data ou que sais-je encore… mais oui, Nina Bartoldi !

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Mais ce côté « mantra » chopé sur le net, ça pue le flan. A la limite, gardez ça pour votre Facebook, ce haut lieu de la mise en scène du soi mais sur un réseau professionnel, ça pue le kikoolol. Vous voulez démontrer votre esprit d’entreprise ? Mettez par écrit vos expériences et conseils (sans refaire 30 fois un article déjà vu du type « pourquoi avoir une page Facebook? », c’est bon, ça va, on est en 2015 les gars, ce point là est acquis, offrez autre chose que vos platitudes) (et ne réécrivez pas en français les articles de The verge and co, ça ne fera que prouver votre niveau, parfois relatif, en anglais). Mais ce côté « mantra pour ado », non, pitié. Parce que ça me rappelle ces phrases philosophiques qu’on écrivait au stylo bic de couleur dans nos cahiers de texte pour faire genre qu’on était des torturés philosophes alors qu’on ne comprenait même pas de quoi il s’agissait. J’ai toujours trouvé que coller des citations un peu partout pour faire cultivé, ça crée précisément l’effet inverse : tu vas sur Evene et tu trouves des citations sur tout et n’importe quoi donc niveau culture, on va se calmer. Et si tu as A TOUT PRIX besoin d’étaler ton mantra à la gueule du monde, essaie d’en trouver un un tant soit peu original parce que Sénèque ou Mark Twain, ça pue le manque total de personnalité ou d’inventivité. Et ce n’est jamais très bon pour son image pro.

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Sur ce, je vous laisse avec cette citation de Shia Laboeuf « Let the dream come true, just do it! »

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Ca, c’est du mantra qui pète sa classe.

PS : J’ai toujours pas d’avis arrêté sur Shia Laboeuf, j’arrive pas à décider si ce mec est un putain d’artiste génial ou un mec totalement border.

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“Je” est une marque… ?

En tant que consultante social media, je réalise souvent des veilles sur mes réseaux sur le sujet afin de ne pas trop être larguée. C’est un peu l’inconvénient de ce métier : tu pars en vacances 15 jours et quand tu reviens, tout ce que tu croyais connaître sur les réseaux sociaux n’existe plus. Un jour, on se lèvera et Twitter ne fonctionnera plus en 140 caractères. Parmi les quelques articles parvenus naturellement jusqu’à moi, un article qui m’a passablement énervée : pourquoi il faut supprimer de votre liste les amis passifs.

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Dans les faits, j’ai une gestion assez inexistante de ma liste d’amis : je supprime rarement les gens et je ne sais jamais combien j’ai d’amis dans ma liste, notant parfois que je n’ai pas vu passer une personne depuis un bail. Ah tiens, pourtant, nous sommes toujours amis. J’ai supprimé quelques exs ou assimilé récemment vu qu’on ne se parlait plus et qu’à part faire ma voyeuse et cancaner, ces amitiés ne me servaient à rien. Et les cancans ne font pas de moi une personne meilleure. Bref, je ne sais pas qui sont mes amis et mon Facebook est paramétré pour que seules certaines personnes voient mes rares mises à jour. En gros, à part quelques photos de vacances sur lesquelles j’apparais très rarement, y a rien à voir, passez votre chemin.

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Et pourtant, l’article précédemment cité m’explique que je dois supprimer mes amis inactifs car… ils nuisent à mon reach (nombre de personnes atteintes par une publication pour les non initiés). Ouais, à cause de ces fantômes, tous mes amis ne verront pas mes belles photos de vacances, c’est intolérable. Mais… pardon mais ça vous importe, vous, que tous vos amis voient vos statuts ou bien ? Je veux dire : si je dois partager une news importante genre, je sais pas, “hé salut, je suis en cours de reproduction avec mon chéri, livraison du colis dans 3 ou 6 mois” ? ou éventuellement un “hé salut, je m’expatrie car j’ai trouvé un super boulot à l’étranger”, mes amis, les vrais, seront au courant bien avant que je le balance sur Facebook et heureusement ! Je serais pour ma part bien vexée que mes amis proches m’annoncent une grosse news via Facebook et ne me l’aient pas dit avant. C’est même à ça que je mesure ma proximité avec mes “amis” Facebook. Si j’apprends leur mariage, leur grossesse ou expatriation par le réseau, c’est que je ne suis pas leur amie, au mieux une pote ou une camarade, voire une lointaine connaissance. Je mets un like, poste un “waouh félicitations” et la vie va. Et si je rate la news ? Et bien, vu que ce n’est pas une personne que je vois suffisamment régulièrement pour me rendre compte que sa circonférence abdominale a cru de façon exponentielle ou que leur adresse principale ne se situe plus en France, ce n’est pas si dramatique. Bien sûr, il y a cette fois où je suis allée boire un verre avec Simon et Philippe, anciens collègues de TGGP et où j’ai appris que le premier avait eu des jumeaux et que le second était marié mais n’ai-je rien vu sur le sujet parce que Facebook ne m’avait pas distribué la news ou parce que je n’étais pas connectée au moment où c’est passé ? Nul ne le saura jamais.

La seule raison d'annoncer sa grossesse sur Facebook : faire une photo rigolote

La seule raison d’annoncer sa grossesse sur Facebook : faire une photo rigolote

Mais ce qui m’interroge là dedans, c’est ce besoin presque maladif de visibilité. Oui, sur Facebook, on publie des news pour se la raconter (on va pas se mentir). “Héhé, regardez ce que je suis en train de vivre, ma vie est tellement plus belle que la vôtre, ahah !”. Certains font un peu de promo pro “coucou, je cherche des freelances”, “coucou, j’ai publié des articles”, “coucou, j’ai eu une promotion” mais si tu ne te sers que de Facebook pour ce genre de publication, c’est que tu ne maîtrises pas très bien les réseaux sociaux. Pour le pro, LinkedIn fait bien le job et Twitter te dnne une visibilité publique, sans parler du partenariat avec Google qui prend désormais en compte les tweets dans les résultats de la recherche (oui, pour le moment, juste ceux des big big comptes mais ça va finir par arriver pour tout le monde).

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Et puis, “je” est-il appelé à devenir une marque ? Doit-on gérer nos réseaux sociaux en fonction d’objectifs, en fonction d’un reach ? A ce niveau là, ne postez pas vos mises à jour à certaines heures de la journée pour être sûrs d’être vus, hein ! Poste-t-on pour le plaisir de partager un moment, un bonheur, une bonne nouvelle ou juste pour se la raconter sévère auprès du plus grand monde, y compris Caroline, la fille avec qui on a partagé un goûter en maternelle et Salim, le stagiaire d’une ancienne boîte ajouté pour le mettre admin d’une page Facebook ? Je trouve ça assez déprimant, assez parlant d’une période où les réseaux sociaux ne sont qu’un outil pour nous vendre comme un vulgaire yaourt. Vas-y, like ma grossesse, mon mariage, mon expatriation, mes vacances, donne-moi l’illusion d’être une Rihanna et que mes faits et gestes t’intéressent et font réagir le plus grand nombre… Car j’aurai optimisé mon reach en supprimant ces vilains amis qui ont l’audace de ne pas se connecter régulièrement.

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Partage ton Noël sur les réseaux sociaux

Ahahah, bonsoir, bonsoir, vous me surprenez alors que je termine d’installer mon sapin de Noël. Approchez, mais approchez donc, que je partage avec vous le résultat, je suis pas peu fière. Hé oui, moi, j’aime montrer mon esprit de Noël. Clic, zou, c’est publié sur Instagram. Ohohoh !

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Il y a quelques rituels sur les réseaux sociaux, quelques dates importantes où il faut montrer qu’on en est. Il y a les vacances d’été où il faut poster une photo de ses jambes en mode knacki, le brunch où il faut à tout prix montrer sa belle assiette, les concerts, histoire de prouver qu’on y était, etc. Noël est l’un de ces moments et, pas de chance pour les allergiques à l’esprit de cette sympathique fête, ça dure un moment : course aux cadeaux, décoration de la maison, départ en vacances, réveillon, repas et ouverture des cadeaux, vous allez en bouffer du tweet, du statut Facebook, de la photo Instagram et même du Vine pour les moins chanceux (tiens, si je me servais de mon compte, d’ailleurs ?). Immortalisons, immortalisons !

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Mais pourquoi ce besoin de partager ce moment précis ? Pour s’inscrire dans une sorte de grand tout ? De communion sociétale ? Certes mais pas que car n’oublions pas que Noël, c’est aussi la grande fête du “dis-moi combien tu m’aimes ?” Hé oui, plaisir d’offrir, joie de recevoir : selon ce que tu as mis comme fric sur mon cadeau, je saurai si tu m’aimes ou pas*. T’as vu mes beaux cadeaux, tavu, tavu ? T’en a pas eus d’aussi beaux, toi, hein ? Puis tiens mate ceux que moi, j’offre, parce que je suis généreuse et j’aime mes proches, je leur fais de supeeerbes cadeaux.

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Et puis, les fêtes, c’est aussi la joliesse de son intérieur. Hop, ça fera bien sur Pinterest. T’as un aussi beau sapin, toi ? T’as vu mes boules, hein, t’as vu mes boules ??

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Et puis n’oublions pas la bouffe. Aaaaah la bouffe ! Saviez-vous que l’alimentation était le 3e sujet le plus discuté sur les réseaux sociaux ?** Alors là, on va un peu étaler notre richesse et notre opulence avec des délicieux mets raffinés et follement délicieux. Une petite coupe de champagne par ici, une petite cuillère de caviar par là, tu me passes les huîtres s’il te plaît ?

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Bref, Noël est l’un des paroxysme de la mise en scène de soi sur les réseaux sociaux. Alors que tout l’année, on chuine sur nos impôts, la cherté de la vie et nos découverts, durant les quelques jours de la fin décembre, nous voici soudain riches à étaler notre argent comme s’il en poussait sur le sapin. Et j’avoue, je m’en amuse et en abuse. Vous aurez donc le droit comme chaque année à mes photos de réveillon, de mes paquets cadeaux, de bon manger et des photos de mon neveu de dos. Et encore, vous avez de la chance, je vous ai épargné ma crise de foie de l’an dernier.

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Ca vous saoule ? Courage, on enchaîne direct avec le réveillon.

Et en cadeau, pour vous, parce que je regarde ça en boucle depuis un mois pour survivre à mes pitches, l’épisode de Noël du Coeur a ses raisons !

*en vrai non, certains  achètent l’affection d’autrui avec des cadeaux histoire de compenser une absence ou pour étaler leur fric mais ceci est une autre histoire.

** C’était la minute experte des réseaux sociaux

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Le syndrome Prom Queen

Les réseaux sociaux ont ce pouvoir merveilleux de conférer aux gens un sentiment d’importance. Chaque contenu posté déclenche l’attente frénétique du moindre like, commentaire ou retweet, selon où vous vous exprimez. Le but est de devenir le ou la plus populaire de votre petite bande virtuelle, celui ou celle qui décrète et les autres suivent. Ce fameux influenceur qui fait bander les marketeux. Je reviendrai sur la notion d’influenceurs plus tard, ça mérite un bon paquet d’articles je pense.

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Première étape : construire sa communauté, donc, se créer des liens, étendre ses tentacules toujours plus loin, se construire une audience de plus en plus importante pour l’inonder de vos pensées, jugements, derniers achats, photos de vacances… Et une très bonne façon de se faire des copains, c’est l’ennemi commun. L’ennemie commune en l’occurence pour cet article : la fille trop jolie avec un mec canon qui s’en sort bien dans la vie et qui évolue à des dizaines de miles au dessus de vous. Au début, personne n’ose la critiquer tellement la moindre pique envers elle semble puer l’aigreur. Mais à 10, le rapport de force est inverse et là, tout est permis.

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C’est ce que j’appelle le syndrome Prom Queen. Prenez n’importe quel teen movie (ou série) américain, ce phénomène est pregnant : c’est la reine de la fête, la plus jolie, la plus populaire, celle que l’on adore donc détester car elle est trop tout. Les anti Prom Queen se rejoignent peu à peu, galvanisés par leur haine commune de cette pauvre fille qui a surtout le tort de ne pas être comme eux. Oh oui, certaines sont de vraies connasses, je dis pas. Mais de toute façon, sympa ou connasse, la règle reste la même : on déteste la Prom Queen.

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Alors dès qu’elle ouvre la bouche, poste une photo ou respire un peu bruyamment, le torrent de haine démarre. Il débute par une petite remarque, grossie par les commentaires, retweets et autres LOL. On se sent cool de démolir la jolie fille de service qui n’est même pas si jolie que ça, tavu ? Elle doit bien se photoshopper la garce parce qu’en vrai, elle n’a pas la peau aussi lisse ou les cuisses aussi fines. Oui, le syndrome Prom Queen transforme ses victimes en hyènes, ces féministes qui hurlent dès qu’on tacle une femme sur son physique mais n’hésitent pas à se moquer du bourrelet (légèrement imaginaire) de la Prom Queen ou du creux entre ses seins et supplient qu’on lui file un hamburger tellement elle est maigre. Dans cette petite réunion haineuse, les principes sautent.

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Alors, pour conserver sa petite communauté rigolarde, on guette. Tout ce que dit ou fait la Prom Queen sera analysé, critiqué, jeté en patûre à sa petite bande excitée à la vue du sang. Non mais tu as vu son pull ? Non mais elle a fait une faute, ahah ! Ohlala, elle a lu tel livre qui est trop nul, quelle idiote ! Effet pervers : la Prom Queen honnie devient finalement le ciment de la petite bande. Et si demain celle-ci disparaissait ? Ca peut arriver, rappelons que nous parlons de vie virtuelle, de blogueuses, de twitteuses, de forumeuses, de nanas qui ont une vie en dehors de la bulle virtuelle et peuvent en disparaître sur un coup de tête, de ras le bol. La petite bande d’excitée va-t-elle disparaître ? Non, bien sûr : une Prom Queen meurt, vive la Prom Queen. Car peu importe la victime, du moment que l’on peut la descendre pour se sentir mieux qu’elle. Et si un jour vous renoncez à cette mesquinerie, rassurez-vous : vous serez rejeté par la communauté. Vous n’avez plus vos places parmi les rageuses.

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Typiquement féminin ? Rassurez-vous, les hommes ont aussi leur petites guéguerres. Eux, ils sont plus sur la taille de leur bite communauté par contre… On en reparle une prochaine fois.

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