Vilaines maigres

Par Pink Lady

Hello les pioupious !

Ça va bien ? Pas trop dur le froid ? Moi j’ai la peau en mode crocodile et les cheveux qui font des éclairs dès que je retire ma chapka. Mais je ne veux pas vous parler de ça, ça suffit de dire qu’en hiver, il fait froid et qu’en été, il fait chaud. Non, je veux vous parler de la guerre qui secoue actuellement les milieux féminins : la guerre des grosses et des maigres.


Si on en croit Hegel, l’histoire n’avance que par confrontation entre deux groupes distincts, en général les riches et les pauvres. Je schématise, j’ai jamais étudié la philo en dehors de ma petite année de terminale. Aujourd’hui, il se joue cette dialectique dans le monde glamour des paillettes, les filles à l’IMC bas contre celles à l’IMC élevé. Laisse ton corps choisir ton camp. Tout a commencé par une série de photos où une mannequin grande taille enlace un mannequin taille zéro pour d’étranges photos. Puis il y a eu un article mal écrit d’une journaliste auto proclamée s’indignant de la grosse fille qui danse dans la pub Catalunya. Perso, je l’aime pas trop cette pub. Non pas à cause de la mannequin ronde qui se trémousse mais parce que ça renvoie à une certaine image des grosses, à savoir la fille un peu exhubérante qui remue ses cuisses pour dire merde aux diktats de la mode. Un peu comme cet épisode de Friends où les personnages jouent au « et si », Monica imagine sa vie si elle était toujours grosse. Et bien la Monica obèse est lourde. Ce jeu de mots est sponsorisé par Kinder.

L’apparition des filles rondes dans les magazines a provoqué un étrange phénomène. Enfin, je dis apparition mais il y en a une tous les 6 mois, faut pas exagérer. Mais en étalant leurs formes sur papier glacé, elles ont libéré la parole des grassouillettes qui désormais s’en donnent à coeur joie : les maigres sont laides, on voit leurs os, c’est dégueulasse !

Il faut savoir que dans les magazines, les femmes sont rondes malgré elles alors que les maigres le sont forcement par choix. On ne reproche plus aux femmes leurs kilos en trop parce que, tu comprends, on ne sait pas ce qu’elles ont vécu, y a des femmes qui ne sont pas faites pour être minces, le métabolisme… Et ça peut être vrai. Par exemple, regardez Loana, ça se voit que ses kilos en plus sont dus à des traitements médicaux. Sauf que pourquoi on ne reconnait pas les mêmes excuses aux femmes maigres ? Certaines femmes n’arrivent pas à grossir, elles regardent leurs petits bras maigrichons avec détresse, elles aimeraient les bras plus épais des stars d’Hollywood. Devant leur miroir, elles soupirent devant leurs os apparents, leur silhouette d’une finesse qu’elles trouvent peu féminine. Oui, la maigreur n’est pas le résultat d’un régime strict à base de trois grains de raisin par jour.

Mais les maigres, on peut les attaquer sans souci. Leurs corps sont laids, pas féminins, pas sexy, pas appétissants… Je vous épargne les mots les plus grossiers, c’est sans intérêt. Et puis ça me rend assez furieuse en fait. Je suis pourtant du côté des pas trop fines, même si mon imc est tout fait normal. Mais c’est terrible tous ces jugements dont dont victimes le corps des femmes. Trop rondes ou trop minces, les femmes sont victimes de jugement en permanence. Je ne ressens pas la même pour les hommes, il y a moins la pression de la belle silhouette. Par exemple, prenons la série Friends, une nouvelle fois. En 10 ans, les actrices sont restées minces (sauf Lisa Kudrow pendant sa grossesse) alors que certains acteurs ont litteralement gonflés comme Matthew Perry ou Matt Leblanc. Ou si je regarde les présentateurs télé français : Benjamin Castaldi ou Thierry Ardisson sont loin d’être minces mais côté féminin, à part Laurence Boccolini et Valerie Damidot, on est au royaume des petits culs et des ventres plats. On se fiche que tu sois douée, on voudrait que tu sois bonne.


Les femmes sont en perpétuelle lutte contre leur corps, pour le faire grossir ou mincir afin de correspondre plus ou moins à un idéal. Alors pour se venger de pas correspondre au corps qu’on voudrait, on insulte les petites copines. Voilà qui n’est pas sport…

Et puisque la silhouette est un élément de séduction (les hommes aiment les formes, oui, non, ça dépend), je vous file un truc les filles : certains hommes aiment les filles minces, d’autres les filles enveloppées. Après tout, vous aimez bien les mecs grands ou petits ou fins ou baraqués… Alors si vous craquez pour un mec dont vous n’êtes pas le type, c’est dommage. Mais n’allez pas en conclure que tous les mecs aiment les filles rondes ou minces. Car hey, y a pas de règles ! Fou fou non ?

Les lofteurs vs les bloggeurs

Là, de prime abord, ce titre est effrayant, inquiétant et surréaliste mais oui, je te confirme, il y a un lien entre les lofteurs et autres « stars » et les bloggeurs, du moins ceux qui s’affirment influents. Je ne vais pas me défouler sur cette notion aujourd’hui, ce n’est pas trop le sujet, quoi que…

Alors, quel est donc le point commun entre ces deux entités. Bon, déjà, il y a le fait qu’on ne connaît jamais vraiment leur vrai nom. Par exemple, il y a Loana du loft et Nina des vingtenaires, des gens qu’on appelle par leur pseudo mais dont personne ne connaît le vrai nom, finalement. Mais en fait, ce n’est pas tant ça le point commun que je voulais évoquer parce que ça ne ferait pas un article à part entière mais plutôt le phénomène de « je suis célèbre… dans ma tête ». J’ai eu l’occasion de croiser un lofteur dans une soirée,
j’en avais parlé à  l’époque, celui qui fornique dans une piscine et le mec se sentait plus péter. Se rend-il qu’il est juste un gros naze dont plus personne ne se souvient ou presque ? Que si on ne m’avait pas dit « hé, c’est machin », je me serais dit au mieux « tiens mais ce mec me dit quelque chose, j’ai dû le croiser quelque part » mais pas plus.

Et bien le bloggeur « influent », c’est pareil. Au départ, le blog était un petit espace de parole avec une personne qui écrit pour raconter sa vie, se créer une vitrine professionnelle, etc. Aujourd’hui, pour pas mal, le but est de choper des cadeaux à la louche, être invité aux soirées ultra VIP, jouer à mort le racolage et le « buzz » pour attirer le visiteur, tout ça, tout ça. Le bloggeur, comme le lofteur, se pense important et célèbre et que même qu’il a le pouvoir de dégommer une marque, un film ou une personne. Par exemple, si moi, je te dis qu’un film est nul, forcément, tu vas me croire et ne pas y aller. Mais si je te dis qu’un film est bien, tu vas y aller. C’est pour ça que je trouve normal que les marques me brossent dans le sens du poil et que si elles font un faux pas, je vais les assassiner car j’ai le pouvoir.

Ce que j’aime surtout, c’est la sensation d’être célèbre. Les blogs les plus lus font en moyenne 10 000 visiteurs uniques par jour donc un certain pourcentage vient de google. En gros, il arrive régulièrement que des gens lisent votre blog sans savoir qui vous êtes et sans forcément lire ce que vous avez dit en dehors de l’article qui les intéressait. Alors c’est sûr que si je dis que l’appareil photo XY est tout pourri et que je suis bien placée sur google, le consommateur qui hésite à l’acheter tombera sur mon avis en premier ou pas loin. Mais
s’il se contente de mon avis sans en consulter d’autres, il n’est pas bien malin.

Mais le must, quand même, ce sont les guerres entre bloggeurs. C’est un peu à qui tapera le plus fort, à qui va virtuellement assassiner qui… Alors nous sommes supposés lire tout le monde sinon tu ne comprends pas les piques limite private jokes qui font rire tous les commentateurs sauf toi car tu ne comprends pas qui est visé par « j’aime toutes les tortues sauf celles qui sont attirées par le turquoise alors que ça leur va pas du tout ». C’est comme les guéguerres des lofteurs et assimilés qui essayaient de se discréditer les uns
les autres pour gagner sauf que le bloggeur, il ne gagne rien. Au mieux, il fait baisser les stats de sa cible mais en général, c’est l’effet inverse que cela produit. En gros, le bloggeur met en scène ses disputes en espérant que ça va fasciner tout le monde car tu comprends, il est une célébrité, on aime quand ça saigne.

Mais surtout le bloggeur est un peu un ringard comme les lofteurs. Parce qu’il veut tellement exister qu’il y a de quoi se moquer de lui, de ses crises existentielles parce qu’il n’a pas été invité à telle ou telle soirée ou parce que telle marque l’a snobée, sa volonté de soigner la forme plus que le fond, parler du dernier album de Madonna juste parce que ça va ramener du clic alors qu’il déteste Madonna. Les outils marketings, les tuyaux, on finit toujours par les connaître, c’est pas si compliqué. Mais vendre son âme pour une notoriété fantasmée, ce n’est pas forcément mieux que de se faire filmer toute la journée pour une émission de téléréalité. Surtout que sorti du milieu des bloggeurs, nous ne sommes plus personne. D’ailleurs, si tu n’évolue pas dans le milieu pub-market-comm voire journalisme parisien, c’est à peu près certain que quand tu commences ta phrase par « j’ai déjeuné avec tel bloggeur la semaine dernière et tout », on ne sache pas du tout de qui tu parles.

PS : Un autre article sur le sujet que j’ai bien aimé

Courrier des cœurs : réponse à So Long

So Long nous a soumis la question suivante :
Un jeune homme de ma connaissance et qui a partagé mon lit quelques fois me poursuit de ses ardeurs « fellationesques » lors même qu’il est heureux et amoureux. Dois-je, au nom de la solidarité féminine (of course), informer la demoiselle qui partage sa vie ?

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La cellule love and sex des vingtenaires s’est réunie et voici ce que nous pensons de cette histoire :

Diane : OOooohhh que j’ai envie de dire OUI, oui OUI!! Au nom de toutes (les frustrées du monde entier, certes, mais pas que) les pauvres, naïves et larmoyantes jeunes filles trompées, désabusées, déçues, vidées,abusées, bernées et avilies, va la voir, mets donc ce pauvre lâche devant sa bassesse crasse et force le à assumer ses désirs et ses responsabilités!
….Et puis je réfléchis un peu, et je doute.
-si moi à la place de la fille, je voudrais la vérité, qui me dit que, elle, elle préférerait pas rester dans une illusion confortable? Qui me dit que ce serait lui rendre service?
-Et le bougre en question, si tu lui disais « oui », qui me dit qu’il concrétiserait ses désirs? Tous les gens casés du monde ont des désirs cachés avec lesquels il faut composer. En rêver, ou en parler permet parfois de les exorciser, de faire avec plutôt que d’en être complètement frustrés. Par définition, on ne peut pas désirer ce que l’on a déjà (avec des nuances, bien sûr), et demandez à tous les gens casés (du moins depuis un certain temps) autour de vous: leurs rêves érotiques ne concerneront jamais la personne avec laquelle ils sont en couple. Et l’homme (en général, hein, ça inclut Eve aussi) a besoin de désirer ce qu’il n’a pas.
Après, l’important, ce sont les actes. On ne peut contrôler ses désirs, mais on peut contrôler ses actes. Donc si Môsieur en question passe à l’action, là, la question sera toute autre.
Tout en pensant aussi qu’il y a des filles que être trompées ne dérange pas, même si ça court pas les rues.
Donc, malgré mon désir intérieur de super fille curieuse/touche à tout, je réprimerais mon premier réflexe qui aurait été de te dire vas y dis lui la vérité et fait le affronter ses conneries, à ce sopckzpfojkapfj de (———), et te conseillerais davantage de garder cela pour toi, tout en envoyant chier le (——–) en question.

 Jane : Il faut tout d’abord noter que la poursuite et les ardeurs sont excellents pour ton ego. Tu es douée, il en redemande. Tu es en quelque sorte un exemple à suivre pour toutes les femmes et devrais penser à donner des cours. Il est toujours bon de flatter le lecteur (dans le sens du poil)
Concernant ton dilemme, que dire… Tout d’abord, as-tu accepté? parce qu’il y a une différence entre expliquer à une demoiselle « Ton homme voudrait que je le fellationne joyeusement » et « je fellationne ton homme sur une base semi-régulière » Dans le premier cas, il sera un salaud. Dans le second, tu te prendras un pain. Je te déconseille évidemment de le faire. Sauf si tu es masochiste.

Je pense que la solidarité féminine a le dos large sur ce coup-là. Mais si tu n’aimes pas l’officielle et a envie de la faire douter de son potentiel de fellation, dans ce cas, go go go, annonce lui que son homme vient vers toi pour des interludes torrides. Mais j’espère que tu cours vite.

Lucie : NE SURTOUT PAS AVERTIR LA DEMOISELLE !!! Elle pourrait s’offusquer !!! Ben vi, elle se rendrait compte qu’elle assure peut-être pas assez niveau fellation&co…la lose quand même…

Je vous évite le blabla sur la fidélité…

Marine : Ceci n’est pas une pipe.

Chère SoLong,

Première chose, j’ai envie de dire qu’il y a quelque chose de flatteur dans la requête de monsieur, quant à tes qualités « fellationesques » (sic). Mais juste un petit quelque chose, dans la mesure où par ailleurs, merde, on n’est pas des putes, à ou sans frange, d’ailleurs. Bref. Désolée pour cette brève incursion chienne de gardesque, ça ne se reproduira plus, promis.
Deuxième chose, rapport à la solidarité féminine. Perso, j’ai demandé à Benoît l’autre jour de cesser de me dire à quel point une de ses ex était pas belle et qu’il se forçait pour coucher avec.
C’est juste que je frémis d’avance à l’idée qu’un de mes ex dise à sa nouvelle à quel point j’étais lamentable au pieu ou que sais-je encore. D’où le double raisonnement suivant (d’aucunsparleront de syllogisme) : est-ce que tu aimerais être dans la position de la dinde de la farce? Réponse attendue : non. Ce qui nous amène à l’attitude non seulement de refus de la pipe mais aussi de rappel au monsieur qu’il est moyen classe sur ce coup-là.
Mais aussi l’autre partie de mon raisonnement est la suivante : est-ce que tu aimerais apprendre par une pote de ton mec qu’il lui fait des avances? Ça j’y crois moins. C’est un peu humiliant malgré tout et peut-être même la mort de leur couple. En gros : si c’est une bonne copine à toi, tu arriveras peut-être à trouver les mots, ou alors à lui faire comprendre que « he might not be the one« . Si c’est quelqu’un que tu connais assez mal, je te conseille de rester à ta place pour lui éviter à elle d’être dans une position encore plus humiliante, et de rappeler à ton pote que s’il est heureux et amoureux, nom de dieu mais sucer c’est tromper! (j’adorais Tout le monde en parle, et j’assume). En définitif, on est pas des putes, mais le fait d’être d’authentiques connasses égocentriques est une bonne clé pour gérer nos relations avec nos consœurs. Amies connasses, bon week-end!


Nina : Chère So Long,
 
Réponse courte : non

Réponse longue : la demoiselle sort avec un goujat et t’es au courant, ok. Mais à moins qu’elle ne te connaisse depuis trèèèèèèèèèèèès longtemps et qu’elle ait une confiance absolue en toi, laisse tomber. D’abord parce qu’on a tendance à tuer le messager. Ensuite, l’amour rendant souvent aveugle, il se peut que tu te retrouves avec le mauvais rôle dans l’histoire, en gros « nan mais elle est trop une vipère, elle dit ça parce qu’elle est jalouse et qu’elle est amoureuse de mon mec en secret, gna gna gna ». De toute façon, les histoires de couple, vaut mieux pas s’en mêler car n’est pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre, hein !

Tatiana : Hum, effectivement c’est une position délicate à ce que je vois. Enfin, à ce que je lis plutôt. Déjà, est-ce que tu connais la jeune
demoiselle en question ? Car si oui là il faut dire à ce jeune homme d’aller porter ses ardeurs fellationesques ailleurs, sous peine d’une intervention de ta part. Et puis tu peux aussi lui faire remarquer que c’est pas hyper intelligent de faire ça avec une copine de sa nana. T’as de fortes chances d’être démasqué un jour ou l’autre. Maintenant, s’il est heureux et amoureux on est en droit de se poser la question du pourquoi ne pas combler ce manque avec sa chère et tendre plutôt qu’avec toi ? Ca je crois que c’est un trait de l’être humain que j’ai du mal à piger des fois : l’herbe est toujours plus verte dans la prairie d’à côté. Ma supposition de psycho de comptoir du jour serait de dire que certains mecs voient leur copine comme une fille sainte et prude et que donc fellation=péché et que c’est pas possible que ce soit fait par elle. Du coup ils cherchent ailleurs. Autre solution c’est que la copine en question s’y prend très mal
et que du coup il a perdu tout espoir d’exercer cette pratique avec elle.

Donc, en conclusion, soit tu l’emmènes chez un psy pour qu’il arrive à voir sa copine autrement, soit tu donnes des cours à sa copine.

Lucas : Bien sûr que tu dois l’informer ! Le mec est en couple, il n’a aucune légitimité pour aller voir ailleurs ! C’est un manque total de
respect pour SA nana d’aller cherche ailleurs si pipeuse il y a. Le jeu sexuel est une chose mais le fait d’être en couple mets un stop aux dérives. Quand on est en couple, on se tient et on se retient ! Et si on est frustré on en parle à sa copine. Et si elle n’est pas d’accord, on fait des abdos et des étirements pour se faire une autopipe et point barre. Donc moi j’informerais la demoiselle que son mec est un sagouin et j’eunuquerais le damoiseau.

Bastien : Prenons la question par l’autre bout. Admettons que tu dises a la miss que son mec veuille se faire polir le chinois par tes soins. Admettons également qu’elle prenne quelques secondes de réflexion et que donc tu puisse prendre le temps de fuir sa noire colère avant qu’elle ne décide de trucider le premier bipède a croiser sa route. Que penses tu qu’il pourrait arriver ? Et bien moi je vais te le dire ce qui va arriver ! Non seulement dans ta fuite tu tomberas dans les escaliers, mais en plus -et surtout-, prise d’une
folle panique digne d’un mec qui n’a plus d’air dans son scaphandrier elle va se mettre a nous danser la tecktonik version AAAAHH MAIS PPPOOOOOURQUUUOIIIII et autres railleries du genre, le tout dans un concert d’assiettes cassées, d’armoire retournées et de photos de belles mamans jetées par la fenêtre. Voila le point critique. Belle maman. Dans un élan de lucidité elle se dira « mais,
elle n’y est pour rien Gertrude » et dans un ultime effort pour rattraper le cadre encore en vole elle sautera par la fenêtre le sourire au lèvres. Résultat les pompiers concluront au suicide.

Tu ne vois toujours pas le hic ? Attends, je vais te faire un dessin. Qui dit jeune fille suicidait en plein Paris pour cause de quasi adultère dit info d’ouverture du 13h de TF1. Qui dit info d’ouverture du 13h de TF1 dit nouveau décret du gouvernement interdisant les suicides (comme pour les chiens méchants, les jeunes dans les cages d’escalier, tout ça). Qui dit décret du gouvernement dit réaction des opposants. Et comment vont réagir les opposants !? Et bien en se suicidant pardi ! Le geste est fort, médiatique, parfait
pour faire connaître la cause. Imagine un peu le nombre de suicidés dans les semaines qui suivront ta révélation !

Mais ça n’est pas tout. Voyant la France enfin dans une grande crise interne les USA toujours jaloux de nos camemberts et de notre belle tour Eiffel vont décider de but en blanc de nous envahir, pour sur. Réaction en chaîne, jeux des alliances, tu peux être sûre que la Russie chantant le bon vieux temps se dira très proche depuis toujours de la France, l’Afrique verra enfin une bonne occasion de retourner la donne et se liera a l’Amérique, l’Angleterre jouera toujours les toutous atlantistes mais l’Allemagne se rangera de notre coté pour éviter que les jumelages Nancy – Brême ou autre Troyes – Winweiler ne sautent. L’enjeu est énorme ! Qui dit guerre intercontinentale dit donc guerre mondiale, et qui dit guerre mondiale dit bien évidemment bombe H.

Apres on peut spéculer sur la Chine, si les bridés jouent bien le coup ils peuvent rester neutres pendant que chacun s’affaiblit pour ensuite prendre le contrôle du monde a la docteur No. Mais ceci est un autre débat.

C’est quand même cher payé pour une simple imitation de Loana.

Apres moi je dis ça…
 
Les avis sont partagés, quoi. En espérant avoir pu t’aider !
 

Toi aussi, lecteur ou lectrice, tu as une question de cet ordre et tu veux être éclairé(e) par les étranges lumières des vingtenaires, pose ta question ! J’en sélectionnerai une lundi matin pour la soumettre à la cellule love & sex des vingtenaires.

Le spectacle de la vie vraie des beaufs

Vendredi dernier, on déjeune au bureau entre collègues. Alix et Joy nous ayant parlé de séances drôlissimes de confessions intimes, on se décidé à regarder ça. D’abord, Bryan le Cap, ado merdeux qui se prend pour une star de la chanson mais, comme dit le reportage « Pour lui, il est une star à part entière. Le problème, c’est qu’il est le seul à le savoir ». Puis Peggy qui se trouve trop belle et qui est persuadée qu’elle réussira grâce à son physique, même qu’elle dit qu’elle ressemble à Eva Longoria. Ok mais de très loin alors. On regarde ça et on se bidonne mais quelque part, ça m’interpelle.

 

Pour les reportages, je vous les mets en fin d’article, vous n’aurez qu’à les regarder si vous voulez. Sur le coup, je me suis bien marrée tout en me moquant de ces pauvres gens qui veulent « être une star ». Mais quand même, ça me fait me poser des questions. J’avoue que je ne suis pas fan de Confessions intimes, Strip tease, Sans aucun doute et tout ça. D’abord, quand on regarde ce genre de reportages, on se pose toujours la question de leur véracité. Ca paraît tellement gros et caricatural, les personnes sont si odieuses qu’on ne peut s’empêcher de se montrer vexant envers eux genre la Peggy « non mais où elle a vu qu’elle était belle, sans déconner ? ». Après, je ressens comme une gêne : dans ces cas là, les deux personnes rêvent à la célébrité et font tout pour se mettre en avant, y compris se ridiculiser à la télé. Sauf qu’il ne faut pas oublier que c’est pas des images brutes mais du montage, relié entre elles par les commentaires ironiques des journalistes. Bien sûr, vous allez me dire que le montage, c’est bien joli mais on ne peut pas inventer les propos des gens, c’est bien Peggy qui dit « moi, je suis belle, contrairement aux autres », ou équivalent. Là encore, attention. J’avais vu il y a deux ans, je crois, une émission d’arrêt sur images sur Super Nanny et on a échangé nos mamans où des gens qui avaient participé expliquaient les grosses ficelles du montage. Par exemple, une des mamans échangées expliquait que les journalistes la poussaient à mort pour qu’elle commente l’intérieur de sa nouvelle famille, la poussant à la critique. « Oh, c’est les Bidochons, ici ! ». Faut pas croire qu’un journaliste, ça allume la caméra et attend que ça se passe. Un journaliste, ça pose des questions et ça pousse parfois la personne, pas habituée à la télé, à dire des choses qui dépassent sa pensée. Et nous voilà avec des gens ignobles dont on peut se moquer.

Mais je crois que ce qui me dérange le plus dans tout ce déballage, c’est qu’il flatte nos plus vils instincts. Nous avons tous nos beaufs, bien sûr. Ca nous rassure sur notre « nous » en se disant que, youpi, y a pire ailleurs. On se gausse sur cette France d’en bas, à savoir celle en dessous de nous. Mais au fond, pourquoi ça nous fait tant plaisir ? Sans doute que nous avons tous un fond de méchanceté, bien sûr. On a besoin de référents, on a des idoles, des gens « je veux être comme ça » et des gens « ce que je refuse d’être ». Souvenez-vous, à l’école, les profs prenaient souvent les bons et les mauvais élèves en exemple, ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire. Les enfants riaient en se moquant du mauvais élève. Dieu merci, j’ai jamais vécu ça… Bref la médiocrité des autres est souvent une fange dans laquelle on aime se rouler, on les montre du doigt. On est tellement mieux. Moi comme les autres. Même si après, j’ai un peu honte de cette méchanceté gratuite. Bien sûr, personne n’a forcé Peggy, Bryan Le Cap ou Clément le no life de passer à la télé mais vous pensez vraiment qu’on leur a vendu ça en leur disant « Toute la France va se foutre de votre gueule, pensez à changer de pays après ». Non, on leur fait miroiter une hypothétique célébrité, des millions de gens vont vous regarder. Un peu comme ceux qui allaient se prendre un râteau en direct à Y a que la vérité qui compte. Qui est en cause alors ? Les gens qui croient à la célébrité facile (et factice) des Loana et consort, des gens qui rêvent de raconter à la boulangère qu’ils sont passés à la télé ? Les émissions de télévision qui savent flatter les bas instincts des uns (un désir de célébrité) et des autres (la moquerie facile) pour se faire du blé ? Nous qui regardons et encourageons ces émissions ? Sans doute les trois.

Parodie littéraire

Après la parodie au cinéma, voici la parodie littéraire ! Ouais, bon, ok, ce n’est pas nouveau mais comme je viens de lire « Et si c’était niais » de Pascal Fioretto, je vous en parle. Pour ceux qui n’en ont pas entendu parler, petit résumé : ce bref roman nous livre une parodie de nos plus grands auteurs contemporains. Grands en terme de chiffre de vente, hein ! Donc à travers 11 chapitres, on suit la même histoire, chaque chapitre reprenant le style littéraire de 11 auteurs français. L’histoire ? Les meilleures plumes de l’éditeur Chiflon sont kidnappées ! Le commissaire Adam Seberg enquête, entre deux crises avec sa bien aimée Clara. 

Dans ce roman, on retrouve les parodies de Bernard Henry Lévi, Christine Angiot, Fred Vargas, Marc Lévy, Amélie Nothomb, Jean d’Ormesson, Pascal Sevran, Bernard Werber,
Jean-Christophe Grangé, Frédéric Beigbeder et Anna Gavalda. Et franchement, je me suis bien marrée même si je n’ai pas lu tous ces auteurs. Perso, j’en ai lu 5 sur les 11 mais j’ai plus du tout envie de lire ceux qui me manquent puisque si la parodie est hilarante, ça souligne bien la lourdeur de l’écriture originale. Donc, je lis, je ris mais quand même, ça m’interpelle : pourquoi ? Je veux dire, pourquoi ce livre ? Car il apparaît vite que la motivation du kidnappeur est de faire disparaître ces gens qui ne savent pas écrire et piquent la place de ceux qui, eux, savent.

Là, la parodie, je dirais même plus la satire (avec un i, pas un y, heiiiiin !), prend tout son sens. Il est vrai que ce petit roman souligne de façon très drôle les travers littéraires de nos écrivains français gros vendeurs. Et c’est vrai qu’on ne peut que reconnaître le talent de Fioretto pour souligner les tics de nos auteurs. Entre Werber et ses pléonasmes et redondances, Amélie Nothomb qui truffe ses bouquins de termes de figures linguistiques, Jean-Christophe Grangé et son écriture « crade » à base de cadavres énuclées ou autres, Marc Lévy et sa niaiserie, Gavalda et ses personnages Amélipoulainesques… Bref, j’ai adoré les chapitres d’auteurs que j’avais lu car ça m’a vraiment fait rire. Mais quand même, me
vient en tête le fameux « la critique est facile, l’art difficile ». Ici, l’intérêt du livre n’est pas l’intrigue, globalement très mince, mais la parodie en tant que telle, tout
comme les précédents ouvrages de Fioretto. Scribouillard raté, aigri et jaloux ? Personnellement, des auteurs que j’ai lus, j’avoue que je ne comprends effectivement pas ce qui vaut leur succès. Je trouve les écritures de Gavalda, Werber et Lévy plates, les intrigues ennuyeuses, les dénouements trop prévisibles. Beigbeder, un style génial pour du blogging, pas mieux. Amélie Nothomb, autant j’aime bien ses autofictions, comme on dit, autant ses romans sont trop similaires et ça m’a particulièrement gonflée pour Acide Sulfurique, resucée d’Attentat que j’avais pas aimé. En gros, la beauté et l’intelligence contre la mocheté et la laideur. Alors en faire un roman, c’était déjà beaucoup alors plusieurs… Ca m’a déçue. Surtout que souvent, ses romans, c’est « on s’assoit et on discute ». Et ça, Fioretto l’a bien saisi ! Après, je ne m’érige pas en juge de ce qui mérite d’être publié ou pas, vu que je suis pas éditrice. Moi, je suis lectrice alors je décide juste de ce qui est lisible ou pas et c’est vrai que la rentrée littéraire s’est faite sans moi ou presque ! Si les chiffres des ventes ne sont pas forcément proportionnels à la qualité d’écriture, on en revient toujours au même débat : oui mais lui, il a été édité parce que c’est le fils de, parce qu’il passe à la télé et qu’il vend beaucoup. Finalement, le milieu littéraire n’est pas bien différent des autres milieux artistiques type ciné ou musique : oui, il y a des héritiers et quand on est le fils de, ça aide. Oui, certains tombent en littérature sans qu’on comprenne bien ce qu’ils foutent là, que les autobiographies de Loana ou Lorie sont de vastes fumisteries. Alors, forcément, comme ces milieux artistiques, il est normal que le milieu littéraire ait aussi ses parodies et je dirais même que c’est sain, ça évite la sclérose par manque de recul et d’auto dérision.

Bref, certains diront que ce livre n’est que le reflet de l’aigreur de son auteur qui n’arrive pas à être publié autrement qu’en parodiant. Moi, je m’en fous, je vais pas bouder mon plaisir face à ce bouquin vraiment hilarant. Mais une question me taraude depuis quelques temps concernant le milieu littéraire : quand est-ce que ça sortir le premier remake ou reprise d’un livre déjà existant ? Je parle pas de plagiat, hein, je parle de vraie reprise proclamée ! Après tout, ça me paraît une suite logique…

Y a quelqu’’un qui m’’a dit… que… tu m’’aimais zencorezzzzzzzz…

Dimanche de Pâques, à l’heure où les enfants cherchent du chocolat dans le jardin, de quoi vous parler ? J’aurais pu vous raconter les Pâques de mon enfance, photo à l’appui mais en fait, ça, je le ferai soit demain, soit jamais. Non, aujourd’hui, je vais vous parler musique… Si on peut appeler ça comme ça.

 

Imaginez que vous êtes un artiste musical, que vous galérez comme un malade pour approcher les maisons de disque parce que, bon, c’est un peu un univers impitoyable, tout ça. Vous avez fait 30 maquettes, courrez les festivals, les cafés concerts et tout ça. A côté de vous passe une pouffe qui ne sait pas chanter, a appris trois accords à la guitare vite fait et hop, elle vend je sais pas combien de millions de disque. La différence ? Quand vous, vous vous appelez Jean(ne) Dupont, elle, elle s’appelle Carla Bruni. Bon, je préviens de suite, je honnis Carla Bruni. Le fait qu’elle ne sache pas chanter (mais alors vraiment pas), déjà, c’est discutable mais les textes sont à la hauteur de sa voix : nullissimes. Oui, je suis pas objective mais moi, Carla, j’entends une de ses chansons, je me sens profondément dépressive. N’allez pas croire que je vénère les chanteuses à voix, je suis fan de Camille, Emilie Simon ou Adrienne Pauly (elle est top, elle, elle me fout trop la patate). Mais Carla, non, c’est au-dessus de mes forces.

 

Je stigmatise Carla mais combien de célébrités se sont payés le luxe de sortir un album, capitalisant plus sur leur nom que sur un hypothétique talent ? Allons visiter les bacs virtuels de la FNAC (oui, j’ai pas de FNAC à moins de 50 km de chez mes parents). Emmanuelle Seigner, Carla Bruni, Yvan Le Bolloch (je sais pas l’écrire), Gérard Darmon, Charlotte Gainsbourg, Elie Semoun, Victoria Abril… Et ça, c’est juste ceux qui me passent par la tête. Sans parler des fils de… Bon, là, je vois déjà les comms « non mais vas-y, tu critiques mais moi, j’aime bien l’album de machin et t’en ferais pas autant, toi ! ». Ok mais déjà, j’aurais pas l’idée de faire un disque alors que c’est pas mon métier. Et puis « Nina
Bartoldi », c’est pas (encore) bankable comme nom. Et mon vrai nom, encore pire. Donc y a pas un Benjamin Biolay, un Pascal Obispo ou une Zazie qui vont m’écrire un album. Quoi que je serais bien emmerdée s’ils le faisaient… Bref, personne ne miserait un kopeck sur ma personne, ni artistes, ni maisons de disque.

 

Là, j’entends la foule huer : « non mais tu sais chanter au moins ? ». Heu… Parce que tous les gens sus-cités savent eux ? Imaginons que je sois célèbre
mais pas chanteuse, genre je deviens la comique à la mode avec mon one woman show qui tue. Je suis un peu la people incontournable, on prend des photos de George et moi en train de se rouler des pelles, un peu le cauchemar, quoi. Un jour, mon agent m’appelle (oui, une célébrité, ça a un agent, c’est comme ça). « Bon Nina, t’es au top, on va faire un disque.

– Mais je suis pas chanteuse, moi…

– C’est pas grave ! Tu crois qu’il sait chanter Elie Semoun ?

– Ahahah !

– Bon, alors, y a Benjamin Biolay et Carla Bruni qui sont ok pour t’écrire des chansons.

– Ouais mais je les aime pas. On pourrait pas demander à Jorane plutôt ?

– Qui ?
– Une violoncelliste québécoise.
– Elle est connue ?
– Pas particulièrement.
– Alors non. »

Oui, je sais, j’exagère mais ça m’agace comme des gens qui sont aussi doués pour le gens que moi pour l’athlétisme sortent des CD parce que leur nom est connu. Si ça les amuse de chanter, qu’ils s’achètent du matériel karaoké et qu’ils laissent la place à de vrais artistes.

Et je parle de la musique pour pas parler des livres parce que là, ça rime à n’importe quoi. Mimi Mathy sort un bouquin pour raconter sa love story avec son mari, Loana et sa vie, Pamela Anderson et sa vie, Charlotte Valandrey et son combat contre le SIDA… Non mais sans déconner, qu’est-ce qu’on en a à foutre ? D’abord, c’est même pas eux qui les écrivent et ensuite, on passe à côté de mecs méga talentueux avec des idées géniales mais dont le script prend la poussière chez les éditeurs.
 

Alors, évidemment, vous allez me dire « ben oui, c’est dégueulasse, c’est le système ». Une Mélissa Theriau a plus de chances de présenter Capital que Mireille Meunier, brillante journaliste mais pas forcément très jolie, une Mimi Mathy aura un rendez-vous chez l’éditeur et un producteur de disque prêtera une oreille attentive à Carla Bruni. Mais moi, Carla, je lui prêterai pas mes oreilles, pour ce qu’elle en fait !

Paillettes et politique

Pour ceux qui sortiraient de leur grotte et tomberaient direct sur ce blog ou pour ceux qui ne vivent pas en France et ne suivent pas l’actu de l’hexagone, j’ai un scoop : dans 8 mois, on va élire un nouveau Président. Chirac ne se représentant sans doute pas (sauf surprise mais j’y crois pas du tout), le prochain président (ou la prochaine présidente) sera donc le 6e de la 5e République. Alors que la campagne n’a pas encore commencé, le show, lui, est déjà parti.

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Pour l’heure, la liste des candidats est longue, comme d’habitude mais il semble à peu près sûr que le prochain président sera issu soit de l’UMP, soit du PS. Oui, en France, on a pas de bipartisme officiellement mais officieusement… L’UDF, les verts et le PC ont encore quelques députés à l’Assemblée mais grâce (ou à cause, je vais pas lancer le débat) de notre système électoral particulier à deux tours, les petits partis sont souvent éliminés au premier tour. Et donc nos prétendants au trône partent dans une entreprise de séduction qui me dépasse parfois. A droite, Sarkozy. Bon, MAM a dit qu’elle n’excluait pas de se présenter mais je pense que ça tient plus de l’effet d’annonce qu’une réelle volonté. A gauche Ségolène Royal, Dominique Strauss Kahn, Laurent Fabius, Lionel Jospin et même Hollande n’a pas exclu de se présenter. Tout ce petit monde a profité du grand moment que sont les universités d’été qui marquent en général la rentrée politique. Ce qui me sidère d’ailleurs au sujet de ces universités, c’est qu’elles sont organisées par les jeunes militants et qu’on ne parle pas d’eux. J’ai fait les revues de presse sur les sujets et les journalistes semblent oublier ces jeunes militants grâce à qui ont lieu ces universités.

 

A Marseille, Sarko a fait son show, invitant à ses côtés Johnny Hallyday, un citoyen exemplaire puisqu’il voulait récupérer sa nationalité belge y a quelques temps, et Doc Gynéco. Limite, ça m’étonne qu’il ait pas invité Céline Dion ! Bon, remarquez, il a déjà fait le pantin aux côtés de Tom Cruise qui se fout royalement de la politique française, sauf peut-être de la loi anti-secte mais c’est un autre sujet. Donc voilà, pour qu’on vote pour lui, M. Sarkozy nous présente deux people tout acquis à sa cause, un vieux chanteur qui veut se casser du pays et un jeune rappeur un peu foncé de peau qui, rappelons-le, chantait autrefois au sein du Ministère Amer. Là, j’avoue que je n’ai pas du tout compris ce que Doc Gynéco foutait là, c’est une alliance bien improbable tout de même ! Je tape sur Sarko mais à gauche, c’est pas mieux. Dimanche dernier, je suis donc allée à la conférence de Jack Lang : officiellement, il s’exprimait sur l’avenir des jeunes, officieusement, il se vendait pour le scrutin au sein du PS. Ce genre d’happening est assez fascinant pour un observateur, genre la petite journaliste qui est là pour faire son travail. Je vous explique un peu le principe. Dans tout meeting politique, vous voyez des gens débordant d’enthousiasme brandissant des banderoles, applaudissant à tout rompre, limite en transe. Et bien sachez que quand vous vous pointez à un meeting, on vous propose de l’argent pour faire ça. Ca casse un mythe, hein ? Les partis sont plus ou moins généreux, je crois que ça tourne généralement autour de 75 euros. Dimanche, je ne sais pas si les gens ont été payés mais tout a été savamment orchestré. Avant que la conférence ne commence, un gars explique aux gens assis par terre sur la piste que quand Jack rentre, il faut se lever puis l’acclamer puis quand il termine son arrivée, on se rassoit pour recommencer la standing ovation à la fin du discours. Et oui, tout est calculé ! Et il avait même son people, Jack : Armande Altaï, la seule people que je croise dans Paris (ça fera que la 3e fois, je suis désespérée).

 

Il y a quelques années, Yohann, mon ex meilleur ami, était allé au meeting européen de Charles Pasqua et Philippe De Villiers (oui, il était de droite), il m’expliquait que ces meetings étaient tellement prenant que si tu devais voter juste après, tu votes forcément pour le candidat que tu viens de voir. Mais à l’arrivée, qu’il y a-t-il dans ces meetings ? Quelques idées mais surtout des belles phrases qui pourront être reprises par les journalistes (qui sont des gens feignants qui aiment bien qu’on leur mâche le travail). Et plus on attaque l’adversaire, mieux c’est. Je pense qu’à cet égard, le plus fort, c’est Jean-Marie Le Pen. Parce que si on regarde les apparitions de ce monsieur dans les médias, ce ne sont pas tant ses idées qu’on expose que ses attaques envers les adversaires, les « Chirac, c’est Jospin en pire » (ou vice et versa).

 

Et là, ça me saoule. Je ne veux pas voter pour un candidat qui aligne les formules creuses pour séduire mais qui ne propose rien derrière. Or j’ai l’impression qu’on glisse de plus en plus vers ça. Il y a quelques années, on se moquait de la gueule des Américains avec leur politique spectacle, les confettis qui tombent du plafond et les pom pom girls mais n’est-ce pas le concept de la paille dans l’œil du voisin et la poutre dans le sien. Parce que nous, on a peut-être pas les pom pom girls mais on n’en est vraiment pas loin. Les politiques sont des stars que l’on peut toucher, à qui on peut demander un autographe (ça, ça me dépasse complètement !), qui côtoie les people et dresse leur liste d’amis célèbres. La politique fait partie du show biz, au point qu’on se permet de demander aux artistes pour qui ils votent. Mais c’est quoi cette question ? Certains sont engagés donc eux, on connaît leurs opinions mais les autres. Je me souviens, y a 5 ans, VSD (grand journal hautement intellectuel) avait demandé aux peoples pour qui ils allaient voter. Et bien, moi, j’avoue que je m’en fous de savoir pour qui ils votent mais c’est symptomatique. Si on leur demande, c’est que leur opinion peut influencer, qu’ils sont une sorte de super citoyens qui guident les pauvres anonymes que nous sommes. Je veux pas être méchante mais je crois pas que Jenifer ou Loana puissent m’encourager à voter pour X ou Y, surtout que leurs justifications sont parfois affligeantes : « mon papa, il était ouvrier chez Renault alors moi, je vote Jospin ! ». Ah, putain, c’est beau la conscience politique ! Pourquoi se faire chier à lire les programmes alors que nous avons là la plus belle raison de voter Jospin ?

 

Alors quand je vois cette irruption de people dans la politique, le tout sous le sourire complice de nos hommes politiques, je me demande encore si les gens votent pour Sarko ou Johnny, pour le PS ou Renaud ? Parce que du coup, nos amis les journalistes se régalent de la présence de people. Mais du programme, on n’en parle point.

Suivons le mouvement

L’été, en général, j’en profite pour beaucoup lire, je sais pas pourquoi. Après avoir suivi les conseils littéraires avisés d’un charmant jeune homme (Fante, Djian), après avoir lu quelques essais pour faire ma culturée, faut un peu laisser reposer le cerveau. Et pour ça, rien de mieux que la télé (bon, même si je fais autre chose en même temps, sinon, je m’endors). Donc après Karma et Milan (deux garçons que j’estime), moi aussi, je vous parle de l’Ile de la tentation.


J’avoue ne jamais avoir suivi cette émission jusqu’à présent. J’avais vu les deux premiers épisodes de la première saison, celle avec Brandon et Diana (rien que les prénoms, ça vous situe les gens, surtout que ce sont des pseudos !). Guillaume 1er m’avait fait regarder ça car il avait « craqué » sur un couple qu’il aimait bien mais je me souviens pas de leur nom et là, j’avais découvert les vertus du montage. On vous fait un super montage de l’émission suivante où on vous fait croire qu’il s’est passé des trucs trop graves alors
qu’en fait, non.

Cette année, je tombe dessus un lundi soir (je savais pas que c’était aussi diffusé ce soir-là). Déjà, je découvre que c’est présenté par Céline Giraud, une fille que j’estimais beaucoup en tant que journaliste sportive, autant vous dire que je suis déçue de la voir là. Bon, bref, nous avions quatre couples mais un s’est marié sur l’Ile entre temps. Moi je dis, un mariage devant les caméras de TF1, c’est la sse-cla, quand même. Oui car ces gens-là, ils parlent une langue étrange, c’est censé être du français mais je comprends pas toujours, leur syntaxe est assez curieuse. Genre ils finissent jamais leur phrase : « Non mais tu vois ce qu’elle m’a fait… Et puis d’abord, Gisèle, elle me fait trop… Non mais voilà, quoi ! ». Donc, ce que voulait dire cette personne, c’est que sa copine avait fait quelque chose qui lui déplaisait au plus haut point et qu’il allait donc se venger en forniquant avec Gisèle. Oui, c’est très amusant, l’Ile de la Tentation, il faut combler les trous pour comprendre ce qu’ils disent. Un jeu hautement intellectuel, donc.

Cette année, ils ont pris du lourd. Les filles sont toutes vulgaires, les mecs tous crétins. Mais vraiment, y en a pas un(e) pour rattraper l’autre, c’est incroyable. Chez les filles, il y a Mélanie, la fausse blonde avec de vraies fourches qui a le bon goût de mettre un trait marron autour de ses lèvres siliconées. Pour elle, c’est le summum de la classe, je suppose. Elle est venue sur l’île avec Vincent, un benêt qui a vite fait de trouver la dénommée Shanice (une fan de Friends un peu illettrée, je suppose) très à son goût. Nous avons ensuite Eric, nain vilain et Sandra, la volcanique Brésilienne ou Colombienne ou de par là, quoi, qui fait tout le temps la gueule. Franchement Sandra, elle a pas l’air gentille. Après, il y a Harry (qui porte bien sur son visage l’étendue de son intelligence) et Emeline qui n’arrête pas d’expliquer que son mec voulait lui faire un bébé avant de venir. Elle, elle est dégoûtée parce que son mec la trompe
avec une brunette et qu’aucun tentateur ne la drague parce que, faut dire ce qui est, c’est quand même la plus moche de toute. Après, y a un nouveau couple qui est arrivé et qui s’aiment très très fort, comme c’est mignon.

Cette année, c’est très amusant, tout le monde a trompé tout le monde, sauf Emeline, donc. Mais le pire, c’est l’hypocrisie des mecs. Vincent flirte sévère avec Shanice et quand il voit comment se comporte sa dulcinée qui a décidé de lui rendre la monnaie de sa pièce, il déclare : « ah ben puisqu’elle se gêne pas, je vais m’amuser moi aussi ! ». Et ils sont tous pareils, ils flirtent sans gêne avec une tentatrice mais si leur moitié fait pareil, c’est un scandale… Si c’est pas un peu hypocrite quand même ! Parce que l’Ile de la tentation,
c’est ça : on monte des images innocentes pour vous faire croire que vous êtes cocu(e). Et encore, y en a qui s’emballent d’un rien. On voir Mélanie se frotter à un mec en dansant et son cher et tendre pète les plombs. Bordel, comme si t’en faisais pas autant, c’est juste une danse. Mais bon, sur l’Ile de la tentation, on vous monte les images de telle façon que vous ne voyez que le mal. De toute façon, j’ai du mal à croire que ce soit de vrais couples vu qu’ils sautent sur la première pétasse ou le premier bodybuildé venu. Perso, quand je suis amoureuse, Brad Pitt pourrait me passer à côté que je le verrais même pas (même avec mes lunettes) alors bon…

Mais la question que je me pose toujours c’est : pourquoi ? Pourquoi des gens vont dans cette émission ? Pour tester leur fidélité ? Mais enfin, soit on a confiance en l’autre et on n’a pas besoin de le tester, soit y a un souci dans le couple. Evidemment, ils s’en tapent de leur couple, ce qui compte, c’est de « passer à la télé ». Ah, que ne ferait-on pas pour ses 15 minutes de gloire ! Mais bon, doit-on mettre son couple en péril juste pour ça ? Moi, je suis plutôt du genre « pour vivre heureux, vivons cachés ». Parce que j’ai pas envie que la boulangère me dise : « Ben dis donc, Sagamore, il avait l’air de bien l’aimer, Jessica, à la télé » ou des trucs du genre. On t’a
demandé ton avis connasse ? Mais bon, je l’ai bien cherché, aussi, fallait pas que je m’exhibe sur cette foutue île. Puis je vois bien que les gens dans la rue, ils parlent à voix basse quand je passe dans la rue pour commenter ma soit-disant idylle avec Illich (oui, les filles ont des noms latins, les mecs des noms slaves, vous avez remarqué ?). Non, je n’ai pas embrassé ce bdoybuilder décérébré, je préférais Andreï mais comme on m’a inventé une idylle avec l’autre, j’ai du me le coltiner tout le reste du jeu.

Donc voilà, aller sur l’Ile de la tentation, c’est avant tout « passer à la télé » en espérant que ça aboutira sur quelque chose. Le bilan est en effet prometteur : en 4 ou 5 ans, seuls Brandon et Diana sont passés à la postérité et encore… A part chez Cauet, on ne les voit plus nulle part, ce qui est normal en soit. Après tout, devenir célèbre parce qu’on a roulé une pelle dans une piscine, c’est du déjà vu (et Loana, elle, au moins, elle a couché). En fait, je crois que c’est là tout le pathétique de cette émission. 8 beaufs qui ne pourront jamais
briller par leur intellect trouvent une nouvelle voie pour tenter de briller quelques instants et deviennent la risée de l’hexagone. Et ils en sont fiers en plus ! Alors certains diront que c’est pour vivre « une aventure humaine » (c’est leur grande expression, ça). Ben, je veux pas dire mais le côté aventure, je le vois pas trop, là. Autant dire : « j’en ai marre de bobonne et je veux me taper des canons. » En plus, je plains hautement les tentateurs/tentatrices : quand on voit la gueule des candidat(e)s, ça donne pas envie de tenter qui
que ce soit mais ils sont là pour ça. Déjà, y en a une qui commence à dire : « Non mais Vincent, il veut qu’on ait une relation suivie en rentrant sur Paris, moi, je trouve qu’il va un peu vite ». Sous-entendu : « c’est un gros beauf, je vais pas me le coltiner en dehors de l’émission, ça va pas ! ».

Bref, l’Ile de la tentation, c’est vraiment une aventure humaine plutôt effrayante, une plongée dans les abysses de la beaufitude. Céline, toi que j’estimais, pitié, barre-toi de là !

D’’Hélène et les garçons à la Star Ac

Au vu de mon état physique déplorable dû au fait que j’ai veillé 22h hier (levée 6, couchée 4h) et que mon week-end fut très chargé, l’article du jour ne se veut qu’un délire débile qui me permet de reposer un peu mes pauvres neurones qui ont pas mal de boulot pour demain.

 

 

L’autre soir, mercredi, soirée à thème. Vous avez le choix entre les Experts ou le foot sur la 1, Nouvelle Star sur M6, Nip/Tuck sur Paris-Première (enfin, ce n’est plus le cas). Donc lors des mercredi non-footeux, je mate donc les Experts et quand ça passait, je regardais ensuite Nip/Tuck, le tout en restant sur le net. Un soir, Gauthier me parle sur MSN genre : « Oh, c’est Dominique qui chante, elle est trop forte ! » Je lui indique que vu que je ne regarde pas, j’en ai un peu rien à battre de Dominique, de la Tortue ou de chais pas qui. Puis à un moment, il me dit : « regarde la 2, c’est énorme ». Ok, je zappe et je tombe sur un Ça se discute spécial « anciennes célébrités oubliées ». Ça marche toujours d’enfer ce genre d’émission, on dirait qu’on a toujours une nostalgie des starlettes d’antan et celles-ci sont ravies de se trouver à nouveau en haut de l’affiche le temps d’une soirée. Là, c’était un spécial « produits AB ». Là, avec Gauthier, on commente : « Oh, y a Nicolas d’Hélène et les garçons ! Oh, y a Annette de Premiers Baisers ! Waaaah, elle est bien sans lunettes ! ». En gros, c’était ça.

Et là, tout à coup, j’ai pensé à un truc : finalement, ces acteurs parfois improvisés ne sont-ils pas les ancêtres de tous les jeunes que l’on voit dans les émissions de télé réalité. Je m’explique. Déjà, vous remarquerez qu’on a parlé de Nicolas et d’Annette, pas de tout de leur nom d’acteur que personne ne retient, en général. Par ailleurs, Annette et Nicolas ont pour nom de famille la série dont ils sont issus, comme Nolwenn de la Star Ac ou Loana du Loft. Bon, encore, ceux qui sortent de la Star Ac, on leur file vite un vrai nom de famille (quoi que je savais pas que Jenifer avait ressorti le sien) mais ceux du Loft… Le premier qui me sort le nom de famille de Loana a gagné ! Je sais que c’est un truc italien en cci mais je me souviens pas exactement et comme je tape cet article dans le train, j’ai pas accès au net. Et puis on s’en fout.

Revenons à nos stars AB. Oui, ce fut des stars à l’époque, comme Loana et ses amis. Hélène a fait je ne sais combien de couvertures de magasines, les OK Podium et autres proposaient beaucoup d’interviews de ces jeunes-là… De vraies références. Finalement, on savait peu de choses de leur vie, Jérôme était avec Justine et on se tapait de savoir qu’en vrai, ils n’étaient pas un couple. Même, d’apprendre que ce n’était pas vrai avait quelque chose de dérangeant. Justine, Jérôme, Annette puis les autres, c’était un peu nos copains, ils vivaient presque la même chose que nous… On suivait leur vie quotidiennement ou hebdomadairement (j’avoue que je ne suis plus sûre), comme on suivait le Loft. Il y avait plus d’aventures et plus de décors, moins de sexe mais au fond, c’était un peu le même principe : des gens normaux qui vivent des choses normales et à qui on peut s’identifier.

Mais derrière ces personnages souvent caricaturaux, il y avait des acteurs avec une vie bouleversée par les séries AB. Ces jeunes (oui, certains étaient vraiment très jeunes) se sont retrouvés soudain avec un compte en banque super garni, propulsés sur le devant de la scène. Certains en ont profité, d’autres se sont cramés les ailes, certains décidaient de tout arrêter avant de, finalement, revenir dans la série. Comme les stars de la téléréalité, ils ont mélangé les genres : d’acteurs, ils ont fait chanteurs (ou vice et versa, Hélène était plus chanteuse qu’actrice, au départ). Au collège, j’avais fait un exposé sur les émissions jeunesses et j’avais appris comment fonctionnait l’entreprise AB : on encourageait au maximum les acteurs à pousser la chansonnette. Cricri d’amour, qui s’appelait en vrai Sébastien Roch (ouais, lui, j’ai retenu) a, par exemple, enregistré un disque chez un concurrent d’AB et du coup, zouuuuu, viré de la série, son personnage détruit par les scénaristes qui en profitent pour faire passer un message : « la drogue, c’est pas beau ! ». Un autre acteur qui jouait un batteur chez Hélène fut rapidement viré car il clamait haut et fort qu’il ne voulait pas chanter pour eux. Donc en gros, sur TF1, on alternait entre les chansons et les séries AB, tout ça présenté par notre amie Dorothée.

En plus, le rêve avait quelque chose d’accessible : les comédiens n’avaient pas tous fait le Cour Florent et plus on produisait de séries, pire c’était. Ainsi, sur Hélène et les Garçons, le couple José/Bénédicte a été recruté dans le personnel qui travaillait sur la série, ils étaient tous les deux décorateurs, je crois. Il y a eu une autre histoire par rapport à Anthony Dupray qui jouait dans Premiers Baisers, je l’ai découvert en lisant le blog de Fabien Remblier (Jérôme de Premiers Baisers). Je vous conseille de le lire, on apprend des trucs super marrants et on découvre que tous ces acteurs n’étaient pas forcément aussi purs que leur personnage. Bref, il explique donc que le petit Anthony bossait sur Premiers Baisers depuis longtemps en tant que figurant et que la prod a décidé de le mettre en première ligne mais pas n’importe comment : ils ont fait croire qu’il avait envoyé une chanson à AB où il chantait qu’il aimait Hélène ou quelque chose de ce goût-là. Donc le petit Anthony (qui avait quand même une belle gueule) est officiellement devenu le fan anonyme d’Hélène propulsé au sommet. Donc en gros, n’importe qui pouvait devenir la star d’une série AB.

Donc, mercredi soir, on revoyait tous ces jeunes là, y avait Nicolas, Sébastien, José, Annette et Mallaury Nataf (elle, vu qu’elle a montré sous ses jupes à la télé, on retient plus son vrai nom que le nom de son personnage). Il devait y en avoir d’autres mais j’ai pas regardé l’émission jusqu’au bout, Nip/Tuck oblige. Je voyais donc ces gens-là, constatant qu’il étaient encore jeunes puisqu’à peine trentenaires (ça donne l’idée de leur jeune âge quand ils ont débuté) et déjà has been. Comme la téléréalité, l’étiquette AB fut au départ un bon moyen d’ouvrir les portes et, aujourd’hui, les ferme très rapidement. Ils rebondissent un peu grâce au théâtre et à la téléréalité (ils cumulent !) mais à part le Sébastien Roch-Cricri d’amour, je n’en ai vu aucun au cinéma. Ah si, y a une fille de Premiers Baisers qui a joué dans le dernier Jaoui, mais je sais pas si c’était un grand rôle, j’ai pas vu le film. La plupart ont été obligés d’abandonner la comédie ou de l’exercer de façon moins exposée. Y a par exemple Sébastien d’Hélène qui fait du doublage.

C’est fou cette capacité qu’on a à brûler nos idoles. Sur le devant de la scène un jour, hasbeen indésirable le lendemain. Et j’ai l’impression que plus ça va, plus le « hasbeenage » est rapide (je n’ai que peu dormi ce week-end, je m’autorise l’invention de mot). Prenons Loana : consacrée gagnant du Loft en 2001, tellement ringarde en 2006 qu’elle se tape une émission qui ne réunit que des gens dont on connaît à peine le nom. En 5 ans, elle est morte médiatiquement alors qu’il me semble que Hélène et Co, ça a duré bien plus que ça. On pousse même le vice à faire des émissions de téléréalité où on pousse ces stars ringardes à tenter de revenir sur le devant de la scène tout en se moquant d’eux : « bah, elle, elle sait plus quoi faire pour qu’on parle d’elle ! ». Le problème, c’est que ces gens ont connu une gloire fulgurante et massive et qu’une fois le phénomène de mode essoufflé, non seulement ils se rendent compte qu’il ne suffit pas de claquer des doigts pour obtenir ce que l’on veut mais aussi que leur étiquette est devenu un vrai handicap.

Et pourtant, chaque année, ils sont de plus en plus nombreux à tenter désespérément de pousser la porte du château de la Star Ac ou de se produire sur la scène de la Nouvelle Star… De vraies usines à has been.

La fable de la journaliste

Il était une fois, dans une ville de la banlieue parisienne, une jeune fille en passe de réaliser son rêve. Cette fille avait travaillé dur pour devenir journaliste et, enfin, elle allait entamer son premier CDD, le rêve. La veille, elle se couche tard (oui, bon, ça va…), elle a du mal à dormir. « Demain, je serai journaliste. ». Prudente, la jeune fille met tous les réveils de son domicile à sonner. Après avoir passé 6 mois à ne pas voir les premières heures de la journée, la jeune fille devait se lever à 8h45. Y arrivera-t-elle ?

 journaliste

8h45, le réveil sonne mais elle est déjà réveillée, Kenya la terrible ayant eu envie d’un gros câlins quelques instants plus tôt. Il faut savoir que Kenya la terrible est un chat joueur qui, pour arriver à ses fins, utilise plusieurs techniques : le « je m’étale sur ta figure », le « j’essaie de rentrer ma patte dans ta narine », le « j’imite le cri de la peluche » ou encore le « je te ronronne dans l’oreille ». Notre jeune fille se lève et se rend tel un automate dans la salle de bain pour la séance « ressemblons à quelque chose ». Sauf qu’elle a tellement peur d’arriver en retard qu’elle est prête une demi-heure en avance. Qu’à cela ne tienne, notre journaliste est facétieuse, elle va faire une expérience punitive chez Paul le pâtissier, achetant un délicieux beignet à la framboise (ce soir, c’est rameur). Le beignet, c’est bon mais le sucre glace qui tombe partout ou la confiture rouge qui gicle au coin de la bouche, beaucoup moins. Professionnelle, elle s’assoit à l’abribus et entame la lecture de Courrier International de la semaine. Journaliste jusqu’au bout des ongles, on vous dit. Le bus est à l’heure et notre amie journaliste arrive à l’entreprise vingt bonnes minutes en avance donc elle s’autorise une petite cigarette et c’est parti.

Arrivée à l’accueil, première épreuve : le badge manquant. Oui, l’assistante de son patron est joueuse, elle n’a rien prévu pour son arrivée et voilà notre journaliste un poil déconfite. Mais voilà le prince Pierre-Cécil qui s’amène, il va la sauver de ce mauvais pas. Oui car dès le premier jour, notre amie journaliste et Pierre-Cécil sont déjà super synchro. La portière du Palais donne à notre héroïne un badge journalier, je sens que cette histoire de badge va être un des éléments croustillants de cette aventure. Le prince dit « le DRH choupinou » embarque notre amie et commence à lui taper la conversation, passant directement du vous au tu, il l’amène dans l’ascenseur et là, ils ne font pas l’amour comme des fous, on n’est pas des sauvages ! L’entreprise est morte : entre les vacances et les ponts, il n’y a personne, surtout pas l’assistante qui devait s’occuper de mon ordinateur (heureusement, j’ai amené mon portable), de ma connexion Internet (je dois surfer avec le pc de DRH choupinou donc pas de balade sur les blogs), de mon mail perso (héhéhé, quand je l’aurai, je m’écrirai juste pour pouvoir me la péter), de mon numéro de poste perso, de mon badge… Heureusement, aujourd’hui, choupinou ne mange pas à la cantine donc la journaliste va hériter de son badge. 10h30, choupinou n’a pas l’air motivé pour bosser donc il entraîne notre magnifique héroïne à travers les couloirs de la boîte, café en main, il lui présente des gens, la demoiselle dit bonjour en se demandant à qui elle est censée parler et comment elle va réussir à retrouver son chemin toute seule quand choupinou la laissera seule. Peut-être va-t-elle recycler l’histoire du petit poucet, ce serait une bonne idée.

 

A la machine à café, choupinou lui raconte ses vacances : il est parti à New York car sa femme est américaine. Notre héroïne n’aime pas trop savoir que choupinou est marié mais en même temps, il porte pas son alliance, gniark ! gniark ! La journaliste, en pro qu’elle est, note l’information, on ne sait jamais. ( A noter qu’il est en communication avec une collègue, là, et il vient de m’appeler « petite jeune fille »… Non mais oh, on fait l’histoire de la journaliste, là, pas le petit chaperon rouge !). Bon, voilà, ils montent et descendent les étages, la journaliste est perdue mais elle fait semblant de pas être déstabilisée par les 9 étages de cette bâtisse. Elle finira par se retrouver, promis. Ceci étant, si vous n’avez pas de nouvelles de la journaliste d’ici 24 heures, merci de prévenir la police.

 

Bon, après cette fascinante balade, voilà la première réunion en tête-à-tête entre choupinou et la demoiselle, une demi-heure de franche discussion. Choupinou porte vraiment bien son surnom mais la journaliste est pro, on vous a dit ! Les idées fusent. Idées de reportage : les balades à faire dans la ville où va emménager l’entreprise, un déjeuner shopping dans le centre commercial voisin… Mmmm, la journaliste est ravie à l’idée de faire ces reportages, c’est plutôt sympa. Par contre, elle se rend compte à un moment qu’un peu de sucre glace est resté collé sur le rebord de ses lèvres et là, c’est la honte.

 

Bon, après cette réunion yeux dans les yeux avec choupinou (qui a eu la bonne idée de pas mettre sa cravate aujourd’hui, c’est beaucoup mieux), la journaliste n’a rien de particulier à faire donc elle commence la rédaction de cet article et lit Courrier International (c’est pour son prestige mais n’empêche que c’est toujours intéressant), elle rédige un petit mail pour Zoé qu’elle postera plus tard. Puis la journaliste en bonne toxico qu’elle est descend à l’étage fumeur pour exercer son vice (le tabac, hein, bande de petits pervers) et se retrouve face à deux pintades qui se racontent leur vie en ignorant délibérément la demoiselle. Mais la journaliste s’en fout, elle au moins, elle n’a pas des cernes de 3 km de long sous les yeux, na !

 

Midi, l’heure de la cantine. Frédérique, la chargée de comm, vient la chercher pour déjeuner, elle me retrouve donc à table avec 4 nanas donc deux qui revenaient de vacances, le thème fut donc : « Seigneur, les vacances en club, c’est fatigant, ils sont cons les gens ». Et là, nos deux amies dépeignent le beauf de base en vacances dans ce genre de club, ça se résume à : « Y a que des vieux et des Loana ! ». Bon, la journaliste étant insupportablement snob, elle se marre comme une bossue. Car la journaliste a expérimenté dans le temps ce genre de vacances avec ses parents délicieusement snobs aussi et franchement, c’est un peu pénible d’être toujours sollicités pour les jeux apéros et compagnie. Là, arrive choupinou qui s’installe en face de moi et qui raconte ses vacances à New York, notamment une comédie musicale sur Brodway qui devait être écrite par les auteurs de South Park. L’histoire, en très gros, c’est sur les concours d’orthographe qui sont légions aux Etats-Unis, vous savez, ce truc qu’on voit toujours dans les séries américaines : « débilitant, D. E. B. I. L. I. T. A. N. T ». A un moment, choupinou explique qu’un personnage est troublé par une demoiselle de l’assistance et du coup, il perd et il doit entamer une chanson qui commence par : « I had an erection ! ». Ben, là, il paraît que les Américains, ils ont été un peu choqués… Puis y a Jésus qui débarque à un moment… Du grand n’importe quoi, donc. Donc choupinou raconte ça en faisant son numéro et la journaliste bave. Plus elle le regarde et plus il est craquant, aaaaaaaaaaaaaah !! Ça va être trois semaines fort plaisantes. Sinon, la journaliste a trouvé son alter ego féminin, une frappadingue qui explique : « Ah non mais moi, petite, je détestais le cirque : j’avais peur des clowns et les animaux en cage, ça me rend malade. En plus, se mettre en rond autour d’une piste, je trouve ça d’un débile. » Notre héroïne exulte : elle aurait pu tout à fait énoncer ce genre d’opinions.

Ensuite, café avec miss Frédérique, choupinou ayant un rendez-vous (annulé depuis, le pauvre, j’ai prêté une oreille attentive à ses malheurs) donc normalement, au menu : « quelle est la mission de la journaliste ? » mais ce fut « la journaliste raconte sa vie parce qu’elle adore ça. ». Retour au bureau, notre demoiselle ne peut rien faire car elle n’est pas connectée à Internet donc elle écrit ce présent article et Technopolis 2 quand choupinou l’appelle auprès de lui pour lui montrer un truc sur son pc, elle se penche pour regarder l’écran, regardant au passage qu’en plus d’être craquant, choupinou a un parfum très agréable (mais des ongles crades par contre, gros point négatif). Il lui montre le logiciel de gestion du personnel sur lequel il travaille. Car choupinou peut savoir tout sur ses employés, leur situation familiale, leur salaire, leur contrat, les prêts contractés à la banque, la taille de leur pénis (non, je déconne)… Parenthèse : au moment où j’écris cette phrase, choupinou décroche le téléphone en disant : « je sais tout ! ». Comme on est merveilleusement en phase.

Bon choupinou s’en va et le monsieur qui gère l’informatique m’apporte mon poste de travail, un pc tout pourri qui est en train de virer au noir et blanc mais ça évitera que je trimballe le mien, c’est pas plus mal. Et là, il me fait : « bon alors votre code secret, c’est bretagne. » Oh putain, il lit mon blog et il m’a reconnue, c’est pas possible autrement ! Ah, je flippe, au secours !

Enfin, 18h15, je décide de partir, j’ai encore des choses à faire (genre m’acheter à manger). A partir d’aujourd’hui, je commence à 9h…

Alors petit bilan après le premier jour. Bon, choupinou porte délicieusement son nom, voilà un sacré plan M ! Les gens ont l’air sympa, le peu que j’ai croisé, et je suis grandement motivée. On verra dans trois semaines pour le boulot !