10 ans

28 mars 2005, je traîne ma petite valise sur le trottoir minuscule d’un quartier résidentiel de Plume-sur-Berges, un McDo à la main, me rendant gaiement dans le super appart vide de ma soeur (elle partageait avec une amie l’étage d’une maison, canon). Le lendemain, j’allais démarrer un stage de journalisme à Paris city. Je ne pensais pas forcément moisir ici… 10 ans plus tard, je vis toujours à Plume sur Berges mais que d’aventures depuis.

10-ans
Photo piquée à Je suis cette fille (http://www.jesuiscettefille.com/)

 

C’est étrange de se dire que je vis depuis 10 ans ici, moi, la Toulousaine (je n’ai vécu “que” 7 ans à Toulouse). J’ai rencontré des tas de gens, connu quelques histoires de coeur, beaucoup d’histoire de cul, ri beaucoup, pleuré parfois, eu envie de distribuer quelques bonnes baffes. Je suis arrivée avec des rêves de journalisme, je suis aujourd’hui consultante marketing genre “head of social strategy” (faut que je l’écrive comme ça sur mon CV tiens). Je pensais enfin pouvoir écrire vu que j’avais fini mes études. J’ai ouvert un blog et pondu plus d’un millier d’articles, anéfé (on approche même des 2500) mais je n’ai plus terminé un seul roman. Je me suis fait des amis grâce à ce blog, pris des claques que je n’aurais jamais pris autrement (le courage de l’anonymat allié à la protection de l’écran), découvert que mon amitié pouvait être utilisée comme marchepied pour certain-e-s parce qu’à un moment, j’avais pleiiiiin de lecteurs. Puis j’ai trouvé du boulot et oublié un peu de travailler sérieusement mon blog et aujourd’hui, j’ai plein de lecteurs en moins mais on s’en fout. J’en parlerai pour les 10 ans du blog, tiens (ben oui, forcément).

10-ans

J’avais peur de vivre à Paris puis j’ai trouvé ça géniaaaaaal. La petite provinciale qui monte à la capitale, quelle success story. Ok, j’ai été au chômage pendant 1 an et demi (avec quelques missions de ci de là) mais j’étais Parisienne, moi, monsieur. Faussement snob, j’allais parfois savourer mon thé ou mon chocolat au Café de Flore ou aux 2 magots en mode Simone de Beauvoir, tu sais. Je me réjouissais des pique-niques sur les bords de Seine, des bars ouverts toute la nuit, de me la jouer Sex and the City en sirotant un petit Cosmopolitan au Qong, le resto designé par Starck, rien que ça. J’ai remué mon cul au Batofar, au Cab ou au Showcase, j’avais des soirées boulot au Carmen Café. Je me suis rendue chez une journaliste que je regardais à la télé plus jeune,  Yves Calvi est venu poser sa pêche dans nos toilettes du boulot, j’allais à la même cantine que Faustine Bollaert (qui était très souriante, autant le dire), j’ai appris à une dame de la télé comment on fait son blog, j’ai assisté à des avant-premières, rencontré Amélie Nothomb (enfin, en dédicace) croisé des “stars”.

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Et puis je me suis mise à en avoir marre de Paris. Marre du monde, de la foule, de devoir se battre pour tout, pour rien, ne plus aller aux expos parce qu’en semaine, je bosse et le week-end, je dors. Tout est cher, tout est surfait. Tu trouves une cantine sympa, ça devient vite moisi, tu n’as que rarement l’effet “bons clients” (mais ok, ça existe encore). Tu cours, tu cours, tu deviens infect et insupportable. Tu cours après le métro parce que tu es à la bourre pour une “régularisation de trafic” qui te laisse poireauter dans un tunnel sombre entre 2 stations. Tu cours et il t’arrive des bricoles, tu te troues la jambe ou tu te casses un bout de pied.

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Depuis que je vis à Paris, il y a plein de choses que je ne fais plus car tout est loin, tout est galère. J’ai renoncé totalement aux loisirs créatifs car le magasin le plus proche de moi est à 30 mn (il vient d’ouvrir), je commande tout car j’ai plus de voiture et c’est vite galère de transporter des éléments un peu lourds dans le métro ou le train, je commande mes fringues parce que faire les courses un samedi à Paris, c’est la mort. Je suis fatiguée de tout payer 3 fois plus cher juste parce que c’est Paris et je trouve merveilleux de payer un cocktail à 7 €. J’en ai marre de la pollution qui pue, de devoir m’entasser au moindre rayon de soleil sur un misérable mètre carré de pelouse avec les groupes avoisinants qui nous imposent leur musique merdique, leur bouffe qui pue et leurs conversations navrantes (et rassurez-vous, ils pensent la même chose de nous. Alors que s’il le faut, dans un autre contexte, on se serait adorés).

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Rentrer alors en province ? Oui j’y pense. Mais pas tout de suite. Parce que j’ai conscience qu’être “head of social strategy” à Toulouse City, c’est pas si simple et que je suis en pleine réflexion pour trouver ma prochaine carrière (sachant que là, j’hésite entre instit, masseuse shiatsu et infographiste… On est clairement dans le grand n’importe quoi). Et puis à Paris, y a quand même mes amis, mon amoureux, ma soeur (mais elle va rentrer dans 2 ou 3 ans normalement… Oui, le même délai que moi. Coïncidence ? Je ne crois pas !) et des aéroports qui me permettent d’aller où je veux.

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Il y a 10 ans, je disais “la ligne TGV Toulouse-Paris en 2016 ? Ahah, je m’en fous, j’y serai plus, à Paris !”. Et bien, en 2016, je serai encore certainement à Paris mais on n’aura toujours pas le TGV.

C’est toi la rentrée littéraire

Par Lucas

Chaque année, c’est la même chose.
Chaque année, les libraires n’ont pas de vacances.
Chaque année, il faut qu’ils choisissent parmi 300 nouveautés à mettre en place en rayon (au delà des 20 titres phares qui seront bien markétés par les maisons d’éditions et que tout le monde voudra lire).
C’est dingue ce pseudo événement de merde.
Je suis blaszzzzzzé
Par plein de choses.

Le fait tout d’abord qu’il faut créer  un événement pour qu’on daigne s’intéresser à l’actualité éditoriale. On est soi disant dans un pays qui lit. Quand je vois que le chiffre d’affaire du jeu video est de 40 milliards dans le monde (Courrier international du 20 août) je me demande comment faire pour rendre aux bouquins une présence plus grande. D’ailleurs, dans un article du NYTimes, (toujours dans CI), un auteur explique comment il a écrit son roman de SF en pensant à son adaptation en jeu vidéo. On ne pourra avancer dans le jeu qu’en connaissant  des choses racontées dans le roman…

C’est marrant cet imbroglio des deux mondes.
Ça me rassure aussi.

Pour moi les seules passerelles qu’il y avait entre le texte et l’image (mais un jeu n’est pas qu’une image…) c’était l’adaptation de roman en film.
Je suis défait les rares fois où je vais voir un film tiré d’un bouquin. Le pouvoir des mots est tellement plus évocateur que les images ternes qu’on nous sert…
Bon d’accord,  vous allez dire que les temps changent, que « les gens » ne veulent plus lire, gnagnagna.
Je soupire dans mon coin.
Et je ne parle même pas des mères de famille qui lisent Elle et Madame Figaro puis qui vont acheter des bouquins une fois que la critique est tombée dans ces bouses magazines…
Premier point

Vient ensuite, le fait que certains auteurs nous sortent un bouquin chaque année à cette même période. Quand je dis ça, je pense évidemment à Amélie Nothomb.
Son Voyage d’hiver sorti il y a une semaine ne m’a pas emballé.
Le Fait du Prince
s’est révélé niais et sans relief, là où elle aurait pu développer plein de trucs intéressants (oui avec des conditionnels, la vie est simple)
Ni d’Eve ni d’Adam
était un énième Amélie au Japon,
Journal d’hirondelle
avec son tueur né était chiant à mourir et.. oh !

Bah voila : il faut remonter à Acide Sufurique pour avoir un bouquin qui tienne la route où elle évoque et développe une réflexion implicite au texte sur la téléréalité (ici je fais un p’tit salut à mon ami Stan. Si vous ne savez pas pourquoi, lui il le sait).
Un bouquin qui m’avait fait croire que l’auteur d’Attentat et de Mercure avaient retrouvé de l’allant après Antechrista et Robert des Noms Propres. Bah non, faut pas rêver…

Bon, OK,  je fais une pause pour recevoir dans la face les centaines de réponses des lectrices et lecteurs offusqué(e)s devant mes partis pris (Mais arrêêêêêêteeu, moi j’ai adoréééééééé).
Voila, je vous remercie d’avoir râlé, n’hésitez pas à en rajouter, pendant ce temps là je continue.

Quand je reprends la liste des bouquins, je suis perplexe.
Cette année, les éditeurs de Marc Lévaille et Guillaume Mussal ont cru que ça allait le faire de sortir les derniers étrons de leurs poulains avant les vacances. Vous me direz, c’est toujours ça de moins à évincer sur les rayonnages. Bien sûr, j’ai feuilleté un peu les pages et j’ai pris la 4eme de couv de Musso. Là, j’ai baaaadé : San Francisco, une histoire d’amour, un truc inexpliqué, bref, la recette habituelle. D’ailleurs le premier témoignage d’une lectrice sur le site de la Fnac (oui je fais des bafouillles documentées) ledit témoignage est donc éloquent :

 » J’aime lire ses livres car il me transporte loin du train-train quotidien, il me fait rêver, voyager et quand arrive la fin je me dis déjà et attend le prochain avec impatience… »

Alors je pose la question,suis-je un pseudo intello de façade qui se la raconte en stigmatisant ce genre de bouquins ?
Bon vous me direz que les derniers bouquins que j’ai achetés ou empruntés n’étaient pas non plus des essais : le dernier Paul Auster,  » Man In the dark« , un Zweig que j’avais jamais lu « La confusion des sentiments« , « Le Japon n’existe pas » que je vous conseille, et « Eloge de Rien » un mini bouquin publié aux Editions Allia, une maison qui a une ligne éditoriale terrible avec des formats minuscules.

Restent quand même des poids lourds de l’édition. Bons ou mauvais.  Encore un Beigbeder, par exemple. Après99F, Nouvelles sous Extasy et l’Amour dure 3 ans (celui-là je l’ai adoré), j’ai essayé les autres mais j’ai décroché. La critique dit que c’est un roman très personnel. Mais ils le sont tous. Faut-il donc que je m’intéresse au dernier ?
Et puis quand on voit la flopée d’auteurs méconnus, on est perdu.
Comment choisir ? Sur quels critères juger ? La couleur flashy de la couverture qui attire l’oeil ? La 4eme de couv ? Le titre prometteur ?

Ma libraire nous fait des soirées tous les 6 mois pour nous présenter des coups de cœur qu’elle, son associé ou ses deux employés-etudiants ont pu avoir. En outre, elle met des petits cartons pastels sur les romans qu’elle a kiffé pour expliquer en quoi c’est un bouquin terrible.
Mais il y a en tellement…
J’ai adoré « Le Japon n’existe pas » et « Sur la Plage« . J’ai boucou aimé La formule préférée du professeur et « Fuck América« .
Entre autres.
Des centaines d’autres.
Pour les personnes qui n’ont pas une relation telle avec leur libraire et qui achètent leurs bouquins à la Fnac en s’arrêtant sur la tête de gondoles « nos meilleures ventes », quid juris?

Bon OK.  Ma libraire, est parfois complice.
Les auteurs connus à fort tirage sont mis en avant. Il faut bien qu’elle gagne sa vie. Quand je rentre chez ma libraire, juste devant l’entrée il y a un présentoir spécial, rempli des derniers Musso et Levy, ainsi que du dernier Kennedy, lequel a publié lui aussi un nouveau roman en mai : je n’ai lu aucunes critiques mais après la douche froide de « La femme du Vème », j’étais peu enclin à
me jeter sur le nouveau.
Vous allez me dire que Douglas a fait exactement comme Marc et Guillaume vu qu’il finit en queue de poisson en jouant la facilité avec un épilogue surnaturel…
Pour moi, c’est vraiment un coup de poignard dans le dos.

Ce qui était intéressant chez lui, c’est le fait qu’il prenne des faits de sociétés comme thème de roman : l’impératif de la réussite sociale dansl’Homme qui voulait vivre sa vie (j’ai adoré ce bouquin), le poids de l’image sociale dans Rien ne va plus, etc.
Là, c’est plus « un américain à Paris » mais sans le coté cinglant de l’humour anglais de « A Year in The Merde » ou romanesque de Hemingway et consorts.
Affligeant.

Je suis donc bien con de critiquer Mussal et Lévaille.
Pour autant, Mister Doug, peut-on esperer que l’opus sorti en mai est plus sympa ?
J’ai des doutes…

Je repense à Simenon et San Antonio, qui nous sortaient un roman tous les 6 mois (une fois, Simenon à mis 2 jours pour écrire un Maigret…).
Je pense à Mary Higgins Clark qui nous lâche des polars à la chaine.
Je pense à Higgins qui nous sort des épisodes de Sean Dillon tous les ans,
à Grisham qui nous pond un thriller juridique dans la même période.
S’il n’avait pas mourru si vite, est-ce que Stieg Larsson nous aurait sorti une nouvelle saga aussi efficace que celle qui peuple les tunnels de ma RATP ?

Vous allez surement me répondre que personne dans la vie ne choisit sa couleur, l’important c’est d’écouter son cœur. Les apparences et les préférences ont trop d’importance, acceptons les différences, c’est vrai, faut de tout tu sais, faut de tout c’est vrai, faut de tout pour faire un monde.
Oui.
Mais…
Ca m’agace quand même qu’on soit submergé à un moment « T « de bouquins en tout genre là où un livre génial sorti en mars aura plus de mal à se faire connaitre.
Bon c’est vrai que l’Elégance du Hérisson, avec tous ces passages reulou au-delà du sujet principal très prenant, ce bouquin donc était sorti en dehors des circuits et que ca n’a pas empêché un succès de masse. Comment l’expliquer ds ces cas là ? Le bouche à oreilles ? Le fait que l’auteur joue sur l’image des classes sociales ? Le fait que…
Peu importe…
J’aimerais bien avoir votre avis, tout de même !

Allez je vous laisse sur un test rigolo.
Lisez 10 pages d’un levaille ou d’un mussal puis allez lire un extrait des œuvres de JLB dans le roman La Petite Marchande de Prose de Daniel Pennac. Vous allez voir, ça va vous rappeler quelque chose…

Au fait, je ne regarde jamais la télé, mais est ce qu’il y a des pubs pour les bouquins ?

Où es-tu, je reviens te saouler

Par Lucas

Bien sûr amies lectrices, amis lecteurs, vous n’allez pas manquer de lâcher un « Lucas il est jalouuuuux« . Je sais bien et j’avoue : je suis jaloux, effaré par le succès d’auteurs aussi merdiques que ces deux loustiques. Je n’ai même pas besoin de vous donner leurs noms ; ils trustent les deux premières places des ventes en France : Guillaume et Marc.

Ils ont trouvé un filon et ils l’exploitent jusqu’à la lie. J’en veux pour preuve les atermoiements des lecteurs (pardon, des lectrices…) qui ont donné un jugement sur FNAC.com.  Musso en prend plein la gueule avec son dernier roman Je reviens te chercher car selon les lectrices il joue la facilité. Il reprend, d’une part, un schéma stérile et facile, d’autre part le thème de la seconde vie, et il use tout ça jusqu’à la corde. Je ne vous parle pas de Levy avec Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites. Les copines à qui j’en ai parlé ont eu un petit sourire gêné, en avouant du bout des lèvres qu’elles étaient un peu déçues. Une sorte de Max Gallo spirit… Perso j’ai ouvert « Vous Revoir » qui trone sur la bibiyotek de ma p’tite sœur. J’ai tenu 50 pages…


Marc et Guillaume ressortent donc des schémas éprouvés et les copient-collent d’un roman à un autre.

C’est ce que faisait Paul-Loup Sulitzer avec le western financier,

c’est ce que fait Grisham avec le monde juridique américain,

c’est ce que fait Higgins avec la l’IRA et la Seconde Guerre Mondiale : c’est ce que font nombre d’auteurs de romans de gare. Musso et Levy en sont les dignes successeurs. Sauf qu’ils ont une machinerie marketing derrière eux, eux. Et le market, c’est ce qu’on nous a appris à faire en école de commerce. Ça me rend fou… De manière plus ou moins avouée, c’était en partie ce que Beigbeider critiquait dans 99 francs, même si ce n’était pas le sujet principal.

Ce qui est déplaisant là dedans c’est que ce mimétisme semble toucher bcp d’écrivains à succès. Je prends un exemple : Douglas Kennedy.

Kennedy  a écrit un de mes romans préférés, L’Homme qui voulait vivre sa vie.
Il y dépeint les travers de l’Amérique qui veut toujours réussir sur des schémas classiques (bonnes études, situation importante, travail acharné). Dans Les Désarrois de Ned Allen, il raconte cette vie à crédit où tout le monde court après un bonus, dans Rien ne va plus c’est le coté superficiel des relations humaines à Elaye, dans Les Charmes Discrets de la Vie Conjugale c’est le schéma de la vie de famille aux States et la main mise des média qui servent au public des infos markétées donc vendeuses, etc…

Je n’ai jamais été déçu… jusqu’à La Femme du Vème.

Là encore, tel un Musso ou un Levy, Kennedy s’embarque dans des explications surnaturelles ! Alors même que ce qui fait tout l’intérêt de ses romans précédents c’est justement de présenter des situations humaines au possible, sans force occulte ! Des situations qui prennent pied dans notre société avec ses travers et ses bonheurs. La vie, quoi !

Je pourrais aller loin comme ça. Vous parler des girlie books qui fleurissent à la FNAC. Dans la droite ligne de Bridget Jones et Le Diable s’habille en Prada. Les bouquins, pas les films qui en ont été tirés. Vous savez bien, tous ces bouquins avec des couvertures bien flashy, bien affligeants mais qui ciblent une population (les femmes dynamiques, vieilles vingtenaires, jeunes trentenaires) et ça marche. A se demander ce qu’il reste aux vrais auteurs. Bah parlons-en.

Le prochain roman d’Amélie Nothomb  sort, comme d’hab, en Septembre, pour la rentrée littéraire. Les premières pages proposées par le magazine Lire sont un peu décevantes. Je ne vais pas juger avant l’heure mais c’est vrai que Journal d’hirondelle m’avait un peu laissé sur ma faim. Amelaye avait heureusement rebondi avec Ni d’Eve ni d’Adam, grace à son fonds de commerce, Amélie au Japon. Mais il faut avouer qu’elle sait parfois centrer son roman sur des thèmes forts  (Attentat avec les normes de beauté, Mercure avec les apparences et les relations humaines, Acide Sulfurique et la télé réalité, entre autres). Pour autant, quid avec Le Fait Du Prince ?
Réponse à la rentrée…

Pour ma part ça fait des années que des copains me pressent d’écrire un roman. Mais il y a un océan entre vous baver des articles pamphlétaires à deux sous sur les Vingtenaires et avoir la rigueur d’écrire 100 pages intéressantes et intelligentes, captivantes et rythmées. C’est là-dessus et uniquement là-dessus que mon honnêteté intellectuelle doit saluer Levy et Musso. Ils savent (ou ils ont su) écrire des trucs qui tiennent en haleine. Encore une fois ça démontre bien à quel point, dans notre existence absurde (merci Albert Camus) on a besoin d petits moments d’émotions épars pour se sentir vivre. Ces petits moments de souffle court, c’est peut-être ça que les lectrices aiment chez Marc Musso…

Parodie littéraire

Après la parodie au cinéma, voici la parodie littéraire ! Ouais, bon, ok, ce n’est pas nouveau mais comme je viens de lire « Et si c’était niais » de Pascal Fioretto, je vous en parle. Pour ceux qui n’en ont pas entendu parler, petit résumé : ce bref roman nous livre une parodie de nos plus grands auteurs contemporains. Grands en terme de chiffre de vente, hein ! Donc à travers 11 chapitres, on suit la même histoire, chaque chapitre reprenant le style littéraire de 11 auteurs français. L’histoire ? Les meilleures plumes de l’éditeur Chiflon sont kidnappées ! Le commissaire Adam Seberg enquête, entre deux crises avec sa bien aimée Clara. 

Dans ce roman, on retrouve les parodies de Bernard Henry Lévi, Christine Angiot, Fred Vargas, Marc Lévy, Amélie Nothomb, Jean d’Ormesson, Pascal Sevran, Bernard Werber,
Jean-Christophe Grangé, Frédéric Beigbeder et Anna Gavalda. Et franchement, je me suis bien marrée même si je n’ai pas lu tous ces auteurs. Perso, j’en ai lu 5 sur les 11 mais j’ai plus du tout envie de lire ceux qui me manquent puisque si la parodie est hilarante, ça souligne bien la lourdeur de l’écriture originale. Donc, je lis, je ris mais quand même, ça m’interpelle : pourquoi ? Je veux dire, pourquoi ce livre ? Car il apparaît vite que la motivation du kidnappeur est de faire disparaître ces gens qui ne savent pas écrire et piquent la place de ceux qui, eux, savent.

Là, la parodie, je dirais même plus la satire (avec un i, pas un y, heiiiiin !), prend tout son sens. Il est vrai que ce petit roman souligne de façon très drôle les travers littéraires de nos écrivains français gros vendeurs. Et c’est vrai qu’on ne peut que reconnaître le talent de Fioretto pour souligner les tics de nos auteurs. Entre Werber et ses pléonasmes et redondances, Amélie Nothomb qui truffe ses bouquins de termes de figures linguistiques, Jean-Christophe Grangé et son écriture « crade » à base de cadavres énuclées ou autres, Marc Lévy et sa niaiserie, Gavalda et ses personnages Amélipoulainesques… Bref, j’ai adoré les chapitres d’auteurs que j’avais lu car ça m’a vraiment fait rire. Mais quand même, me
vient en tête le fameux « la critique est facile, l’art difficile ». Ici, l’intérêt du livre n’est pas l’intrigue, globalement très mince, mais la parodie en tant que telle, tout
comme les précédents ouvrages de Fioretto. Scribouillard raté, aigri et jaloux ? Personnellement, des auteurs que j’ai lus, j’avoue que je ne comprends effectivement pas ce qui vaut leur succès. Je trouve les écritures de Gavalda, Werber et Lévy plates, les intrigues ennuyeuses, les dénouements trop prévisibles. Beigbeder, un style génial pour du blogging, pas mieux. Amélie Nothomb, autant j’aime bien ses autofictions, comme on dit, autant ses romans sont trop similaires et ça m’a particulièrement gonflée pour Acide Sulfurique, resucée d’Attentat que j’avais pas aimé. En gros, la beauté et l’intelligence contre la mocheté et la laideur. Alors en faire un roman, c’était déjà beaucoup alors plusieurs… Ca m’a déçue. Surtout que souvent, ses romans, c’est « on s’assoit et on discute ». Et ça, Fioretto l’a bien saisi ! Après, je ne m’érige pas en juge de ce qui mérite d’être publié ou pas, vu que je suis pas éditrice. Moi, je suis lectrice alors je décide juste de ce qui est lisible ou pas et c’est vrai que la rentrée littéraire s’est faite sans moi ou presque ! Si les chiffres des ventes ne sont pas forcément proportionnels à la qualité d’écriture, on en revient toujours au même débat : oui mais lui, il a été édité parce que c’est le fils de, parce qu’il passe à la télé et qu’il vend beaucoup. Finalement, le milieu littéraire n’est pas bien différent des autres milieux artistiques type ciné ou musique : oui, il y a des héritiers et quand on est le fils de, ça aide. Oui, certains tombent en littérature sans qu’on comprenne bien ce qu’ils foutent là, que les autobiographies de Loana ou Lorie sont de vastes fumisteries. Alors, forcément, comme ces milieux artistiques, il est normal que le milieu littéraire ait aussi ses parodies et je dirais même que c’est sain, ça évite la sclérose par manque de recul et d’auto dérision.

Bref, certains diront que ce livre n’est que le reflet de l’aigreur de son auteur qui n’arrive pas à être publié autrement qu’en parodiant. Moi, je m’en fous, je vais pas bouder mon plaisir face à ce bouquin vraiment hilarant. Mais une question me taraude depuis quelques temps concernant le milieu littéraire : quand est-ce que ça sortir le premier remake ou reprise d’un livre déjà existant ? Je parle pas de plagiat, hein, je parle de vraie reprise proclamée ! Après tout, ça me paraît une suite logique…

Halte au terrorisme intellectuel

L’autre jour, en lisant mes blogs préférés, une discussion en comm m’interpelle. Dans sa planche, notre ami blogueur explique qu’il n’aime ni Céline ni Vian et en comm, ça ne rate pas : « mais comment tu peux dire ça ? ». Et oui, les goûts personnels n’ont pas leur place en culture, apparemment.
 

Bon, tu me connais lecteur, je ne supporte pas l’inculture. Ne pas savoir qui a écrit Le Rouge et le Noir, les Misérable, le Horla, les Yeux d’Elsa ou Voyage au bout de la nuit, ça me dépasse. Surtout que bon, suffit d’écouter ses cours de français pour le savoir. Alors quand je regarde des trucs du genre Qui veut gagner des millions ? (enfin, je regarde plus justement) et que le candidat sait pas répondre à des questions de ce genre, ça me fait frémir. Mais ce n’est pas parce que j’estime qu’il faut connaître ses classiques qu’on doit les apprécier. Honnêtement, jamais réussi à lire Le rouge et le noir ou Madame de Bovary (malgré plusieurs tentatives), j’ai sauté des paragraphes entiers des Misérables… Bref, je connais les auteurs de ces romans, je sais qu’ils existent, j’ai essayé de les lire mais je ne les ai pas appréciés. Même quand j’étais en histoire et que ces romans « sociaux » m’auraient été utiles pour illustrer mes dissertations. Et alors, je devrais m’en excuser ?

En maîtrise d’histoire, j’ai eu un cours sur « l’histoire du genre et de la sexualité » (avec une prof topissime) et, à un moment, la prof nous parle de Bourdieu. Alors, moi, Bourdieu, c’est un peu le sociologue qui me fait marrer : « il faut rendre la sociologie accessible à la plèbe mais je vais pas vulgariser ma prose, faut pas déconner non plus ». J’ai fait un exposé sur Bourdieu, plus tard, je vous jure que je devais lire chaque phrase plusieurs fois pour la comprendre. Dommage car Bourdieu, des fois, il a des observations très intéressantes. Notamment sur le bon goût et hop, je récupère le fil de mon article. Selon M. Bourdieu, donc, ce sont les valeurs bourgeoises qui définissent ce qui est de bon goût et ce qui ne l’est pas. En somme : il est de bon ton quand on a un certain statut social d’avoir lu ses classiques. Et il est bien vu de les avoir appréciés. Je me souviens, petite, ma grand-mère paternelle, pour qui le mot pédante a dû être inventé, m’expliquait toute fière : « tu vois, Nina, moi, j’ai des Proust dans ma bibliothèque, mais moi, au moins, je les ai lus, c’est pas comme beaucoup de gens ! ». Moi, je savais pas qui c’était Proust mais depuis, dès qu’on me parle de Proust, les premières choses qui me viennent à la tête, c’est « auteur chiant que personne ne lit mais tout le monde fait semblant ». Et après la chanson de Dave (« Et si on allait un tour du côté de chez Swan, lalalala ». Maudissez-moi, vous allez l’avoir dans la tête, maintenant) mais ça, je devrais pas le dire. Même les madeleines, ça arrive après.

Alors, là, je prête fantastiquement le bâton pour me faire battre alors rien que pour vous emmerder, je désamorce de suite pour pas que vous puissiez le dire en comm. Alors : « Non mais toi, Nina, si méprisante envers les incultes, tu te foutrais pas un peu de notre gueule ? ». Pif paf, dans ma gueule, toute seule. Oui, c’est vrai, c’est curieux de réclamer le droit de ne pas aimer les classiques, de les trouver mauvais alors que je n’accepte pas que les gens ne connaissent pas les noms de ces auteurs. Sauf que je les ai lus, ou du moins, j’ai commencé, je ne les ai pas rejetés à priori en hurlant à la chiantise. Mais d’un autre côté, s’il me paraît normal d’avoir de la culture générale (il me semble quand même pas incroyable de savoir que Notre Dame de Paris est un livre de Victor Hugo avant d’être un film, un dessin animé ou une comédie musicale), je pense qu’il faut avoir l’honnêteté d’affirmer ses goûts plutôt que de suivre la foule et surtout la bienséance. Dire que Flaubert, c’est chiant, ça se fait pas. Alors que lui, je trouve vraiment qu’il a la palme. Et là, je parle de littérature mais on peut faire pareil pour le cinéma ou la musique. J’ai une culture cinématographique « impressionnante » sur papier, genre je connais le nom des grands films, des grands acteurs, l’histoire du cinéma en gros mais je n’ai vu aucun classique ou presque. Au moins, je connais le nom mais qu’on m’insulte pas si dans ma DVDthèque, je les ai pas (alors que c’est vrai que j’ai Cube). Je n’ai pas tellement le goût des vieux films, pour le moment. Mais même sans parler des classiques, il y a des films qu’il est bon ton d’aimer et d’autres qu’on regarde en cachette. Faites un test autour de vous, parlez cinéma. Et bien, tout le monde vous dira avoir vu et adoré des films classiques genre La Dolce Vità ou le Mépris ou ce que vous voulez et personne, oh non, n’est allé voir Brice de Nice ou les tribulations cinématographiques de Michaël Youn. C’est comme à la télé, personne ne regarde Julien Courbet mais il pète les scores d’audience. Franchement, des films de merde, j’en ai vu un beau paquet et je m’en cache pas. Oui, Scary Movie, c’est lourd et prévisible mais moi, ça me repose le cerveau et je l’ai vu ! Et même que j’ai rigolé. Et même que je suis pas la seule parce que y a toujours quelqu’un pour y faire référence à un moment (ou à American Pie, au choix). Bon, par contre, Michael Youn, je peux pas.

 Bon, je pourrais développer l’exemple pour la musique mais t’es pas idiot, t’as compris. Alors, moi, ça m’agace qu’on me demande : « mais comment tu oses aimer ça et ne pas aimer ça ? ». Mais je n’en sais rien comment j’ose, c’est comme ça et puis c’est tout. J’ai le goût des styles littéraires légers avec un vocabulaire riche mais précis. Le verbiage pompeux, ça me fatigue. J’aime Moravia qui est mon modèle absolu en la matière. J’aime bien le style d’Amélie Nothomb (même si je trouve qu’elle retombe toujours sur les mêmes thèmes), j’aime les intrigues de Barjavel, je suis incapable de lâcher un Van Cauwelaert une fois entamé. J’aime les films comme Cube, faits avec trois bouts de ficelle et qui reposent sur un scénario original, j’ai aimé Dark City et le principe de Matrix (le principe, pas le film, attention). J’aime les Tim Burton. Mais Lelouch m’a toujours fait chier, aujourd’hui comme hier. J’ai failli mourir d’ennui rien qu’en regardant la bande annonce de l’épisode 2 de sa trilogie parisienne. Le seul intérêt que j’ai trouvé dans « La belle histoire », c’est Gérard Lanvin en Jésus châtain aux yeux verts, jamais Jésus n’avait été aussi sexy. Je n’ai vu qu’un seul Woody Allen (« Tout le monde dit I love you ») et je m’en fous. Je ne vais pas m’excuser pour tous les classiques que je n’ai pas vus/lus/entendus. Je peux m’excuser de ne pas avoir essayé de le faire, ça, oui. Mais si j’accroche pas, je vais pas me forcer pour faire bien en société. Parce que Monsieur et Madame Pouet-Pouet-j’me-la-pète, s’il le faut, dans le secret de leur chambre, ils se fendent la poire devant Les Bronzés plutôt que de se pâmer sur le génie esthétique du Cuirassé Potemkine.
 
Moi, des fois, j’ai des goûts « de merde » et en plus, j’assume. Surtout qu’en général, quand je confesse regarder « Amour, gloire et beauté » ou « Sunset Beach », y a toujours quelqu’un pour s’esclaffer : « Ahah, moi aussi ! ».

The interview (part 1)

Voici la première partie de l’interview (c’était trop long pour le mettre en une fois) . La suite samedi prochain. Si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas !

Pourquoi as-tu choisi Nina comme pseudo ? (Dragoon, Lunelô, Rem)

Alors, c’est très simple. Juste avant d’arriver sur Paris, j’ai lu « Hygiène de l’assassin » d’Amélie Nothomb dans lequel l’héroïne, journaliste, s’appelait Nina. Or elle affrontait un écrivain obèse particulièrement odieux qui m’a fait penser à ma grand-mère. Donc, je me suis un peu identifiée, Nina a fait ce que je ne pourrai jamais faire (ouais, le respect des aïeux). Donc quand j’ai crée ce blog, j’ai pris ce prénom. Je l’aurais crée à un autre moment, j’aurais sans doute choisi un autre prénom.

Ben : Peux-tu me décrire Nina dans 10 ans (pas ce que tu espères, ce que tu crois être ton avenir) ? (famille, amis, job, lieu de vie, …).

Bon, question délicate. Dans l’idéal : je serai enfin journaliste en CDI, peu importe quelle rédaction. J’écrirai des livres aussi, peut-être seront-ils publiés, je sais pas. En tout cas, ce blog sera mort, ça, c’est sûr. Côté vie privée, j’espère que j’aurai avancé aussi, que j’aurai un mec que je retrouverai tous les soirs en rentrant à la maison (soit une vraie maison, soit un appart super classieux) et puis peut-être que ce sera un mec tellement génial que je lui aurai fait des bébés. Mais pas trop quand même. Et puis j’espère que j’aurai toujours Kenya parce que dans 10 ans, elle aura 12 ans, c’est jouable. Et j’aurai arrêté de fumer, aussi. Dans le pire des cas : je serais manager au McDo parce que j’aurais pas trouvé de poste de journaliste et obèse parce qu’à force de bouffer du McDo, hein…Du coup, je serai célibataire, sans enfants mais y aura peut-être toujours Kenya. Evidemment, dans 10 ans, mes parents seront toujours là, je m’occuperai de temps en temps de mes neveux et nièces et le dimanche, j’irai dîner chez ma sœur (ou elle viendra à la maison).

LilVirgo : Est-ce que tu me trouves fabuleuse et belle et intelligente? Ah merde, c’est TON ego, qu’on doit flatter, pas le mien… :p
Est-ce que TU te trouves fabuleuse, et belle et intelligente?

Heu… Bon, intelligente, je sais que je suis cultivée vu que je suis pas mal bibliophage et hyper curieuse. Ce qui est bien, c’est qu’on peut toujours apprendre, tout le temps, c’est ce qui me plaît. Ca n’en tiendrait qu’à moi, je serais étudiante toute ma vie. Après l’intelligence, c’est relatif. J’ai une bonne logique donc je suis douée avec les chiffres et comme je lis beaucoup, j’ai du vocabulaire. Après, j’ai plutôt une bonne intelligence sociale et émotionnelle mais je suis catastrophique en intelligence spatiale. La géométrie, ça a toujours été mon cauchemar et je me perds tout le temps.

Belle, ben, évidemment, ça dépend des gens, les goûts et les couleurs, hein ! Mais bon, vu les superbes mecs que j’ai conquis dans ma vie, je me dis que je suis quand même pas un boudin !

Et fabuleuse, ouais, carrément !

Quant à toi, tu sais tout le bien que je pense de toi, je dis toujours un truc genre « Lil, je l’adore, elle est super brillante et puis elle se la pète même pas. Et en plus, elle est toute jolie ! ». Bref, heureusement que t’es sympa sinon, je te détesterais ! T’es une Marieke en puissance (private joke).

 

Maître Sam : Quel est ton plus grand regret dans la vie?

Ca dépend des jours… Mais bon, je crois que mon plus grand regret, c’est de plus avoir mon grand-père, j’aurais bien aimé qu’il me connaisse en tant qu’adulte. Parce qu’il aimait beaucoup de choses qui me plaisent aujourd’hui, on aurait eu des tas de choses à se dire. Et comme ça, aller voir ma grand-mère n’aurait pas été un calvaire vu qu’il aurait été là. Je crois que j’écrirai un article sur lui un jour car je l’adorais, mon grand-père.

Mimine : Dans quel pays, lieu ou ville aimerais-tu vivre à part Paris et pourquoi?

Canada, Montréal ! J’ai toujours eu une passion pour le Canada parce que petite, je croyais qu’ils parlaient tous français là-bas et un pays aussi grand qui parlait français, ça me fascinait. Ensuite, j’ai fait une maîtrise sur le sujet et j’adore leur projet de société. Bon, ils n’ont pas leur indépendance mais c’est vrai que leur société est fascinante : un peu américaine, un peu anglaise, un peu française… Puis ils ont des expressions qui tuent ! C’est fou comme on peut parler la même langue à la base mais grâce à des contextes culturels différents, ça devient carrément une autre langue.

Peu importe : Tu comptes tenir ce blog pendant combien de temps ? Et as tu déjà imaginé la gestion de sa fin ?

Je sais quand et comment le blog s’arrêtera mais je n’en dirai pas plus pour le moment, top secret ! Mais bon, je pensais pas qu’il existerait encore aujourd’hui. Il y a des jours où je me dis que je devrais arrêter, mais bon, j’ai une date butoir, je dois tenir jusque là… Mais le blog a encore quelques beaux jours devant lui.

Dragoon : Comment viennent tes termes abordés et où trouves tu tout ton inspiration ?  Qu’est ce que tu aimes le plus dans la vie ? Quels sont tes attentes sur le plan professionnel, dans la vie de tous les jours, dans ta vie amoureuse ?
Si tu pouvais changer une chose dans le monde, qu’est ce que ce serait ?

– Ben, dans mes conversations avec mes amis, en général. Je sors boire un verre entre amis, on parle de tout et de rien et là, paf, une idée d’article ! Je trouve aussi mon inspiration en lisant ou en regardant la télé. Des fois, en rêvassant aussi. J’aime bien me triturer le cerveau, une idée peut naître en voyant des gens dans la rue qui s’embrassent ou même sous la douche.

– Heu… Là, je sais pas, y a plein de choses que j’aime bien dans ma vie et d’autres moins… Disons que j’aime beaucoup les gens qui m’entourent, ma famille et mes amis. Ils sont là quand ça va et aussi quand ça va pas, c’est un socle solide dont j’ai besoin pour avancer. En gros, les bases solides pour construire le reste de ma vie. Si je suis pas équilibrée, j’aurai du mal à avancer sur le plan professionnel et le plan privé.

– Dans ma vie professionnelle, c’est pas compliqué, je veux un CDI ! Dans le journalisme, off course. Je commence un truc très important pour moi et je suis très emballée, j’ai galéré mais mon ciel s’éclaircit. C’est pas encore le grand ciel bleu mais les nuages se dissipent. Dans ma vie privée, je veux un mec, sur Paris, pour changer. Mais bon, ce n’est pas pour autant que je vis mal mon célibat, chaque chose en son temps. Mais c’est vrai que me poser, ça serait super reposant !

– Ohlala, tellement de choses à changer, je sais pas trop ce que je choisirais…Bon, j’éradiquerais la pollution, pour commencer, revivre dans un environnement sain et, cette fois-ci, en prendre soin. Pendant longtemps, on n’a pas eu conscience de ce qu’on faisait à notre planète, on est plus attentifs maintenant donc si on repartait à zéro sur ce sujet, j’ai espoir qu’on ne recommette pas les mêmes erreurs. J’aurais bien dit éradiquer la pauvreté mais il y aura toujours des plus riches et, donc, des plus pauvres.

Lunelô : Si ce site etait un livre: lequel? Et pourquoi?

Sex and the city ! Mais en fait, je n’ai jamais lu ce livre donc c’est un peu hypocrite comme réponse. Puis en plus, je viens de livre un bouquin de Candace Bushnell (Haut de Gamme), la créatrice de Sex and the city et j’ai trouvé ça très chiant. Idéalement, j’aimerais être un livre de Moravia puisque c’est mon auteur préféré mais aucun des livres ne correspond vraiment à l’esprit du blog. Normal, il n’a pas vécu notre époque ! Des fois, je me sens un mélange de « L’ennui », « Désidéria » et « Lui et moi » (même si j’ai pas de pénis). Y a un peu de Virginie Despentes ici sauf que je suis pas du tout trashouille, moi !

Grr : Un futur lointain, imaginons que ton blog s’appelle « les octogénaires ». Quel serais ta vie de grand-mère en 2066 ? Comment conterais-tu ta vie bien remplie de vieille peau, à nous, tes petits enfants ?

Ben, j’espère arriver à 80 ans plutôt en forme, déjà ! (enfin en 2066, j’aurai 86 ans, gloups !). Ma vie de grand-mère, j’espère que je serai avec pépé et qu’on passera des journées bien remplies. Sans courir à droite à gauche, on aura du temps pour lire, discuter, je me mettrai au tricot et tout ça ! Si je suis en forme, je prendrai des cours à l’université du troisième âge et j’écrirai des histoires pour mes petits enfants. Non parce que je suis pas sûre que les gaver de gâteaux soit une bonne chose.

Je leur apprendrai des choses, à mes petits enfants, j’espère que je serai pas trop réac et que je n’aurai pas oublié que je n’ai pas toujours été d’une sagesse exemplaire dans ma prime jeunesse. Mais bon, j’omettrai de dire qu’avant papy, il y a eu pas mal d’autres hommes dans ma vie, faut pas trop leur donner de mauvaises idées ! Ouais, en gros, j’espère que je serai pas anormalement réac et que je deviendrai pas méchante comme ma grand-mère.

Christophe : comment te vois-tu au sein de la francophonie ?

C’te question ! Je suis pas sûre de comprendre le sens de ta question, je vais tenter de te répondre, tu pourras me dire si je me suis plantée ou pas. J’aime beaucoup la langue française que je trouve très riche et j’apprécie d’écrire dans cette langue. J’aime par ailleurs entendre les expressions idiomatiques des autres pays francophones, comme je le disais plus haut au sujet du Canada (enfin du Québec, plus précisément). C’est ça une langue vivante. Après, je suis très chiante au niveau de l’utilisation du français, j’aime pas les fautes et je corrige souvent celles de mes amis. Après, la francophonie en tant que communauté n’a plus beaucoup de poids, en France, on s’en fout. Au Canada, par contre, c’est une vraie philosophie, surtout au Québec du fait de leur lutte indépendantiste. Pourtant, je pense qu’en tant que communauté culturelle, la France devrait plus s’impliquer. Après tout, la francophonie, c’est pas juste la France. En littérature, par exemple, nombre d’auteurs ne sont pas francophones et ce serait bien de les promouvoir un peu plus.

Lambchop : C’etait quoi les réelles motivations de ce blog, à l’origine ?

La gloire ! Non, au début, c’était vraiment pour le fun, un truc crée entre potes pour s’amuser. En tant que journaliste, je n’ignorais pas le phénomène blog mais je pensais pas que tant de gens se passionneraient pour nos vies et nos opinions sur pas mal de sujets. Moi, j’y voyais surtout la possibilité d’écrire avec un outil super facile à utiliser. J’avais un premier site perso sur le net en 2000, le blog était quelque part une continuité, une façon d’assouvir ma frénésie d’écriture. Et de changer de style aussi puisqu’on est loin des romans ou des articles journalistiques que j’écris en temps normal.

Sophie : Ton blog t’a apporté plus de plaisir ou de désagréments dans l’ensemble?

Plus de plaisir, sinon, j’aurais arrêté. Les désagréments que j’ai eu dans la blogosphère ne diffèrent pas de ce que j’ai pu avoir dans la vie, juste qu’il y a plus de gens au courant. J’aime bien écrire, c’est un fait, et savoir que tous les jours, mes écrits vont être lu par un millier de gens, c’est assez flatteur. Non mais c’est vrai, se dire que tous les jours, des tas de gens viennent lire ce que je raconte et débattent des sujets que je lance, c’est passionnant. J’ai fait de belles rencontres grâce à ce blog, je suis même tombée amoureuse grâce à lui. Une petite communauté s’est créée, elle évolue beaucoup mais des gens se sont rencontrés en dehors, y a même un couple qui s’est crée grâce à lui. Il m’a par ailleurs beaucoup aidé pendant ma période de chômage où je n’allais pas bien. Des tas de gens m’encourageaient, étaient derrière moi et ça m’a aidé. Je sais que le jour où je l’arrêterai, ça me manquera.

Maître Sam : Es tu heureuse dans ta vie actuellement?

Globalement oui. Evidemment, je n’ai pas tout ce que je désirerais, comme pas mal de gens mais rien ne me mine. Bon, je suis pas amoureuse mais ça viendra. Après, pour le boulot, j’ai de quoi faire donc pas de soucis à ce niveau-là. Côté santé, ça va bien aussi, ça fait longtemps que j’ai pas été malade (alors que pendant ma période de chômage, j’étais malade une fois par mois). Côté entourage, à part quelques anicroches, ça va bien aussi. En ce moment, je raconte des tas de gens fascinants avec qui je parle de beaucoup de sujets et ça fait drôlement du bien ! Bref, oui, je suis heureuse.

Mister Fish : Donnes moi les 5 rôles que tu aurais aimé interprété, soit au cinéma, soit au théâtre, et pourquoi …

Aïe, la question ! Je ne suis pas cinéphile donc je vais répondre les premiers rôles qui me viennent à l’idée mais je sais pas si je répondrai la même chose plus tard !

– Cécilia dans l’Ennui, ne serait-ce que parce que tourner des scènes de sexe avec Charles Berling, je suis à fond pour ! Puis c’est le premier livre de Moravia que j’ai lu et comme j’ai adoré, j’en ai lu plein d’autres depuis.

– Clare dans 6 feet under. Ok, c’est une série mais je l’adore et Clare, c’est un personnage génial : complètement paumée, rebelle mais pas méchante, finalement. Puis elle se tape des beaux mecs, en plus. Et c’est une artiste et ça, forcément, ça me plaît.

– Le rôle de Juliette Binoche dans Fatale, Anna, parce que j’ai aimé tant le film que le livre, il m’a remué les tripes.

– Kitty dans Chatterton d’Alfred de Vigny. Ou n’importe quel rôle féminin dans une pièce de théâtre romantique parce que j’adore mais c’est la première qui m’est venu à l’esprit.

– Rita/Camilla dans Mullholland Drive car ce film est tout simplement énorme et qu’elle a un putain de sex appeal même si le rôle de Betty/Diane doit être plus dur à jouer.

Petite bulle de bonheur (Guillaume)

Jeudi matin, lever aux aurores (non, je déconne), opération : « Guillaume arrive » ! Donc ménage en grand. Puis épilation, évidemment… Mais évidemment, le sort s’acharne contre moi : mon eau chaude se fait capricieuse. En effet : quand j’allume le robinet, un filet délicieusement chaud apparaît… Mais il ne reste que trente seconde, pas le temps de se laver, même avec la meilleure volonté du monde. Donc toilette à l’eau froide. J’espère que ce n’est pas un mauvais présage !
 
Etape 1 : le cadeau
Tout est parfait chez moi (enfin, à peu près rangé, quoi), me voilà partie en direction de la librairie de ma ville pour trouver le cadeau que je voulais lui offrir. Oui, Guillaume vient me voir pile le jour de ses 24 ans donc il faut marquer le coup. C’est très difficile de faire un cadeau à un homme qu’on ne connaît pas physiquement : on laisse tomber tout ce qui est vestimentaire. Un objet de décoration ? J’ai bien vu des photos de sa chambre mais laissons ça de côté aussi : je ne sais pas ce qu’il a, ce dont il pourrait avoir besoin… Une photo de moi… Non, je plaisante ! Des CD, il fait de la musique, trop risqué. Alors voilà, je vais lui offrir un livre. On avait parlé littérature une fois par MSN puis mail, il me demandait une liste des livres que j’aimais car il avait envie de lire plus qu’il ne le faisait. Bon, rusée, je m’en vais acheter un livre que je lui avais conseillé. En fait, je voulais lui offrir un coffret Harry Potter (oui, j’aime beaucoup, même si les premiers sont mieux que les derniers). Mais ma sublime librairie locale n’a pas ça, elle n’a rien, d’ailleurs. Les Harry Potter, il y en a mais aucun volume n’est dans la même collection, je ne peux pas lui offrir ça… Je tourne, je vire… Les Bernard Werber, il n’aime pas ça. Amélie Nothomb ? Je ne crois pas que ça lui plaira… Certains livres ont des titres alléchants mais je ne les ai pas lus donc je ne vais pas tenter… Bon, en dernier recours, je me rabats sur le « Da Vinci Code » mais je ne suis pas très contente, ce n’est pas ce que je voulais.
 
Etape 2 : le retrouver sur le quai de la gare
Je ramène le cadeau à la maison et hop ! Je saute dans le train, dans le métro et me voilà à Montparnasse : j’ai 20 minutes d’avance, ce qui tombe bien vu qu’il est 16h et je n’ai encore rien mangé. Donc un petit arrêt chez Paul pour m’acheter un beignet à la framboise (au passage, je trouve ça scandaleux qu’ils ne fassent plus les macarons à la vanille, c’étaient les meilleurs) que j’avale à toute vitesse. Une petite clope et voici le train qui arrive. Je respire, ça va bien, pas de panique. Enfin, si, un peu : j’ai pas pris mes lunettes, je ne vois rien. En fait, à l’extérieur, j’ai mes lunettes de soleil « à ma vue » donc le contraste est saisissant, je vois des tâches floues à la place des visages. Mais comment vais-je voir Guillaume ? Je ne peux tout de même pas remettre mes lunettes de soleil… Ah, quel drame !
 
Les gens défilent : on sent le week-end à rallonge, il y a un monde ! Tout à coup, je vois un jeune homme brun s’avancer vers moi, tout sourire… C’est marrant, il ne ressemble pas du tout à ses photos, il est mignon, mais… ah, ben ce n’est pas à moi qui sourit ! Voilà pourquoi il ne ressemble pas à ses photos : ce n’est pas lui. Deuxième tentative, un jeune homme brun s’approche, il a des lunettes et une drôle de sacoche… Non, ce n’est pas lui. Je suis trop nulle ! Ah, et ce jeune homme là ? Brun, assez grand… Ah, là, j’en suis sûre, c’est lui ! Effectivement, il me sourit et avance dans ma direction : même sans mes lunettes, je me suis pas trop plantée à cette épreuve.
 
Etape 3 : le premier baiser ?
Alors que faire ? Dans une conversation MSN, on avait évoqué cette question du premier contact : baiser langoureux ou sage bise ? Après avoir opté pour le premier, on se rabat sur le second : il ne faut pas précipiter les choses. On se contente donc d’une sage bise puis il me serre dans ses bras. Après cette sage étreinte, direction le métro. Il commence à me caresser les fesses avec sa valise (il ne l’a pas fait exprès) puis, une fois dans la rame, il se penche soudain vers moi : « oups, j’ai failli tomber ! » Zut, je croyais qu’il voulait m’embrasser (il s’agissait effectivement d’une première approche). On arrive chez moi, on discute tranquillement. A un moment, il va dans la salle de bain donc je vais m’allonger sur le lit pour jouer avec Kenya qui est juste en dessous. Guillaume sort de la pièce et vient s’asseoir à côté de moi, commençant à me masser les épaules. Mmmmm ! Comme je suis en travers, je me remets comme il faut, il s’assoit en califourchon sur moi et là, c’est parti pour un massage anthologique, je fonds sous ses doigts. Mais mon T-shirt le gêne, ses doigts ne glissent pas bien dessus. Ok, je l’enlève. Un baiser sur la joue plus tard, il dégrafe mon soutien-gorge : « le prend pas mal, hein ! C’est juste parce que ça me gêne. » Tout va bien. Un deuxième baiser atterrit sur ma joue, puis dans mon cou et, enfin, sur mes lèvres.
 
Etape 4 : sortie mondaine
Nos corps se découvrent peu à peu mais je n’en dirai pas plus, il y a des enfants qui peuvent passer par là. Donc, après cette brouette « découverte » tant attendue, nous voilà partis à prendre une douche (oui, on sortait après). Merveilleux, l’eau chaude est revenue, je me paie un petit orgasme aquatique pour le coup. On se frotte, on se savonne, on se rince joyeusement et nous voilà partis en retard pour le resto où nous rejoignions Banana, Agnès, Sab, Tink et Gauthier. J’appelle donc ce dernier pour le prévenir et il s’écrie : « ah, je le savais, espèce de coquinette velue ! ». Oui, bon, d’accord, tout le monde a compris… Dans les couloirs du métro, on profite de chaque escalator pour s’embrasser, on se touche, on se caresse doucement (on reste décents), on se prend la main… Bref, un vrai petit couple et ça fait du bien. Arnaud n’était pas très câlin en public, je devais toujours réclamer alors que là, non. Enfin, on se perd dans le quartier, j’essaie au passage de m’acheter des clopes, on récupère Tink au passage et nous voilà enfin au resto avec la joyeuse bande. Un resto très sympa sauf qu’on s’est entassé à sept sur une table de six, j’avais les pieds de la table entre les jambes (merci de m’éviter les jeux de mots vaseux à ce sujet !), je pose mes plats en équilibre entre deux tables… Franchement, ils ont abusé !
 
A un moment, Guillaume part aux toilettes. Déjà, Banana m’avait regardé tout le repas avec un sourire béat, sous-entendu : « et alors ? », Tink en fait autant. A peine mon cher correspondant aux toilettes, cinq paires d’yeux se tournent vers moi pour un interrogatoire en règle : on a consommé, pas consommé ? Qui a fait le premier pas ? Ah, revoilà Guillaume. Bon, on dîne, mon cher voisin glisse sa main sous la table et m’effleure gentiment la cuisse, je glisse la mienne au même endroit et on se caresse innocemment les mains. Banana et Gauthier nous calculent puisqu’ils se font des messes basses (Gauthier me confirmera ça plus tard, tout comme le fait que, lorsque nous sommes arrivés, il a dit à Banana : « ils sourient, ils ont brouetté ! »). Après ce dîner, on va dans un bar plus que louche, après avoir abandonnés Banana et Gauthier qui voulaient se coucher tôt. le patron était complètement saoul. Un café ? Non, la machine est en panne. Un coca light ? Un quoi ? Super, quoi ! Je tire les cartes à tout le monde, le tirage de Guillaume est délicat à interpréter, il y a une histoire de femme adultérine dans son présent… hum ! Bon, on rigole et on finit par partir en courant après qu’Agnès se soit pris un stylo dans la tête jeté par le patron du bar. De retour à la maison, il m’avouera avoir eu droit au même interrogatoire quand je me suis absentée aux toilettes mais lui n’a rien dit (contrairement à moi…)
 
Etape 5 : sortir du lit (on a échoué)
On rentre chez moi et Guillaume et moi dégustons du champagne pour fêter dignement son anniversaire. On commence à s’embrasser assez chaudement. A un moment, je vais dans la salle de bain pour me brosser les dents, il m’accueille à la sortie et fait mine de me ramener au divan pour finir le champagne mais c’est un piège : il me pousse sur le lit et…voilà. Joyeux anniversaire mon cœur !
 
Ce week-end, on n’a pas fait grand chose, on est resté au lit très longtemps : réveillés tard, levés encore plus tard, on profite au maximum de l’autre. Vendredi soir, on va boire un verre avec Gauthier. Samedi, monsieur m’offre un resto. Pendant le repas, il me demande s’il considère qu’on est un couple. Aïe, question piège ! Je lui réponds la vérité : non. Je suis bien avec lui mais il vit trop loin, je ne crois pas aux relations à distance et il est d’accord avec moi. En gros, nous sommes ensemble quand on se voit et entre temps, on ne se doit rien. Nouvelle session alcoolique avec Gauthier dans le Marais. Je bois peu mais vite (on se faisait mettre dehors du café, la margarita est fatale, je suis saoule. On repart après le dernier métro : bus de nuit ou taxi ? L’alcool ayant activé ma libido (déjà que…), je supplie Guillaume de prendre un taxi, on finit par en trouver un de libre et là, c’est parti pour l’aventure : le chauffeur ne connaît pas ma ville mais pas de soucis, je vais le guider. Donc, je rappelle à mon lectorat que je suis saoule et myope… A un moment, Guillaume me demande : « c’est pas à droite là ? » « Heuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu…si ! » Trop tard, l’intersection est déjà dépassée. Bon, le chauffeur nous balade, je lui demande de s’arrêter à un stop proche de chez moi et là, c’est le drame : il ne prend pas la carte bleue ! Bon, on se cotise, on râcle les fonds de poche. Il manque 10 centimes mais le chauffeur est sympa, il nous en fait grâce (ben tiens !). On rentre vite chez moi pour assouvir nos envies. Dimanche, grasse matinée à  nouveau puis on prend un bain à la lueur des bougies. Oui, j’ai trouvé une combine pour avoir de l’eau chaude car vendredi et samedi, douche à l’eau froide, brrrrrr ! Bon, évidemment, nos deux corps nus enrobés de la douce lumière des bougies… Je vous laisse deviner la suite.
 
Etape 6 : nos petites manies
Bref, ce week-end, on a vécu « d’amour et d’eau fraîche » comme a dit Guillaume. A un moment, juste après une brouette, je lui susurre à l’oreille : « t’es beau ». Et bien, je ne sais pas si c’était une bonne idée car tout le reste du week-end, il a fait en rigolant : « je m’en fous, je suis beau ! ». C’est pas bon de trop flatter les mecs, ils se reposent sur leurs lauriers… Enfin, pas Guillaume, ouf ! Faut dire qu’il a de beaux yeux verts rehaussés de cils magnifiques. Ça me dégoûte un peu qu’un mec ait des cils comme ça alors que, moi, je suis obligée de les gainer de mascara pour avoir le même effet. Et puis, au fil du week-end, son visage est assombri par une barbe de quelques jours, j’adore ça… En plus, il a des cheveux épais et très doux, j’adore passer mes mains dedans (je lui ai fait une coiffure d’enfer durant tout le week-end). De son côté, il a découvert une sale manie que j’ai : dès qu’un mec ne fait pas ce que j’ai envie, je pousse un gémissement de protestation : « hmmmmmmmm ! ». Par exemple, après une brouette, je n’aime pas que le mec se retire trop vite donc dès que je sens qu’il part : « hmmmmmm ! ». Ensuite, dès qu’il veut quitter mes bras pour aller dans la salle de bain : « hmmmmmmm ! ». Et le pire c’est que, avant qu’il me fasse la remarque, je n’avais jamais fait attention à ça ! Mais bon, si je suis capricieuse en matière de câlin, je ne le suis pas ailleurs, je ne suis pas du genre à réclamer qu’on me paye des restos, des verres, des cadeaux, qu’on soit disponible pour moi 24 heures sur 24… Il ne faut pas abuser.
 
Etape 7 : les au revoir
Aujourd’hui, dernier round de ce week-end merveilleux : il s’en va. Je le savais. Je le taquine un peu : « et si je te kidnappais ? Tu es vraiment obligé de partir ? » mais il ne peut en être autrement. On tente de prendre une douche mais l’eau chaude s’est à nouveau fait la malle. Déjeuner en tête à tête sur le quai de la gare, je le plains : à côté de lui, dans le train, une vieille acariâtre qui n’a pas arrêté de râler durant les deux minutes où j’ai été dans le wagon et, en plus, il tombe dans le wagon des enfants non accompagnés. D’ailleurs, avant le départ, toute cette marmaille pleure à chaudes larmes, parfait pour l’ambiance, ça. Mais les adieux ne sont pas si déchirants que ça : il repasse sur Paris le week-end prochain et j’irai le voir le week-end du 20.
 
Guillaume, une nouvelle fois, je te remercie pour ce week-end magique, j’ai hâte d’être à samedi.

Perso

C’est dimanche et le dimanche, on parle culture. Evidemment je ne parle pas de grande culture. Ce n’est pas que j’en ai pas (bande de mauvaises langues !) mais le dimanche, c’est détente, c’est léger. Et puis même si ma culture du dimanche flirte avec les profondeurs abyssales, c’est toujours mieux que de regarder Michel Drucker (non mais !).
Aujourd’hui, j’évoque un sujet qui me tient à cœur et qui a marqué mes jeunes années d’étudiante : le magazine Perso. Je ne sais pas si tu l’as connu, lecteur, il n’existe malheureusement plus et c’est bien dommage.
 
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Au tout début, il s’appelait « Personnalités », je crois, quelque chose dans ce goût-là. Je me souviens la première fois que j’ai eu ce titre entre les mains :
j’avais rendez-vous chez le coiffeur et pour passer le temps, il me fallait un peu de littérature. Oui, moi, quand je vais chez le coiffeur, je fais toujours des trucs qui prennent trois heures (permanente, couleur ou mèches). Dès le départ, une grande histoire d’amour naît entre nous. Je me souviens que c’est en lisant Perso que j’ai découvert pour la première fois des noms comme Amélie Nothomb, Tina Arena ou leur préférée, Asia d’Argento.
 
Premier changement notable : Personnalité (ou Personnality, j’arrive pas à m’en souvenir) devient Perso, c’est plus facile à retenir. Une fois à la fac, tous les mois, je rôde dans les rayons des magazines féminins, je me l’achète et, le soir, je le lis dans mon bain. Seigneur que c’est bon !
 
Il y a plusieurs choses dans Perso, des rubriques modes (que je ne lisais que peu), des pages sur des personnalités, des rubriques psychologie, sexe, voyages (je crois), culture… Bref, un magazine féminin comme un autre mais avec un ton fantastique. C’est rédigé de telle façon qu’on a plus l’impression de lire une lettre envoyée par une bonne copine qu’un papier rédigée par une journaliste quinquagénaire frustrée de la liberté sexuelle de la génération suivante. Les premières pages étaient occupées par des petites brèves très marrantes pour présenter les trucs tendance, du genre : « faut-il acheter ce nounours Agnès B ? Oui parce que c’est pour la bonne cause et en plus, je le trouve tout mignon ». La particularité de Perso, c’est que ce genre d’article était rédigé à la première personne du singulier mais ce « je » n’excluait pas le lecteur, au contraire. Ce « je » écrit  par une journaliste pouvait me coller, je pouvais devenir son « je ». Perso, c’était vraiment devenu ma meilleure copine.
 
Il y avait une rubrique que j’adorais plus que tout et qui a franchement inspiré le ton de ce blog, c’était « les aventures d’une fille toute simple ». J’aurais adoré
connaître la fille qui écrivait cette rubrique, elle avait un style, un humour ! Sa première histoire, c’était sa tentative de drague sur Pedro, le trop beau gosse. A un moment, elle fait une soirée, elle boit plus qu’elle n’aurait dû. Mais alors vraiment trop, le genre de cuite qui fait qu’on a un gros blanc. Le lendemain matin, elle se réveille et elle comprend qu’elle a brouetté comme une folle toute la nuit. Là, Pedro entre dans la chambre avec un plateau de petit-déjeuner : bingo ! se dit-elle. Du coup, elle sourit timidement au jeune homme et lui
fait : « qui l’aurait cru ? » 
« Oui, en effet ! ». Et là, ça bouge dans son lit. Mais que se passe-t-il ? La bosse inanimée à ses côtés se révèle être Etienne, le cousin de Pedro… Donc, voilà, non seulement elle n’a pas eu l’homme qu’elle voulait mais, en plus, elle a couché avec son cousin… bravo, bravo ! Bon, rassurons-nous, elle finira par l’avoir, son Pedro, elle finira même par le larguer, je ne sais plus du tout pourquoi mais il l’avait bien cherché. Autour d’elle, elle avait des amies : celle qui sortait avec un homme marié (« tu dois le
plaquer », expliqua la fille toute simple), la fille super intelligente agrégée de latin qui se faisait passer pour une conne car « les hommes n’aiment pas les femmes plus intelligentes qu’eux » et mes préférées, Déprima et Lexomil, deux « joyeuses comiques » comme leur nom l’indique. Cette fille toute simple, c’était moi, c’était toi, lectrice. C’est la meilleure amie rigolote idéale. Des fois, ses aventures me manquent. Honnêtement, ce blog n’est finalement que la continuité de ses histoires, j’espère arriver à vous plaire autant qu’elle me plaisait, à l’époque.
 
Perso est devenu culte à la fac, je le prêtais à mes amis. Oui, il n’y a pas de faute d’orthographe, je dis bien « amis » sans e car Gauthier aimait bien le lire. Je me
souviens d’une fois où je l’ai appelé car il y avait un article « hype/pas hype » et, dedans, ils expliquaient que rouler en fiat Uno avec un A au derrière, c’était pas hype… Non mais y aurait eu écrit : « Rouler en fiat uno bordeaux avec un A au cul, c’est pas hype, Gauthier ! », ça aurait été pareil.
 
Perso a fait naître de nombreuses anecdotes dont une qui colle à la peau de la pauvre Anne. 5 ans après, on en parle encore. Donc un midi, à la fac, je lis Perso et leur dossier spécial Pénis, tout le monde rit, tout le monde glousse, surtout qu’il y a des photos de zizi et pas en ombres chinoises ! A un moment, Anne arrive à table (nous étions assez nombreux) pour prendre un café avec nous et Gauthier, qui ne la connaissait pas à l’époque, lui pose le Perso sous les genoux et lui demande de lire la première page du dossier pénis où étaient listés je ne
sais combien de synonyme du sacro-saint Phallus. Et là, Anne, dans toute sa spontanéité, s’écrit : « Ah non, pas ça dans ma bouche ! ». Evidemment, comme on ne voit toujours que le mal, on a rigolé comme des bossus, la pauvre Anne ne savait plus où se mettre. Du coup, pendant six mois, quand je parlais d’Anne et que Gauthier buggait : « C’est qui, Anne ? », je lui répondais : « Mais, si, tu la connais, c’est « pas ça dans ma bouche » ! ».
 
Ce dossier sur lé pénis a marqué le début de la fin. Forcément, on parle zizi, on en montre, ça choque. Pourtant, le dossier était extrêmement bien fait, les photos pas vulgaires du tout. A un moment, ils demandaient à des lectrices la première et la dernière fois qu’elles avaient vu un pénis, c’était marrant. Personnellement, je ne me souviens pas la première fois que j’ai vu un pénis, dans la mesure où j’ai grandi avec mon cousin, je devais avoir 2 ans et je pense que je m’en suis foutue royalement. Mais la plupart des demoiselles s’en souvenaient et étaient choquées par la chose. Ah ? Mais les réponses les plus amusantes étaient celles liées à la dernière fois, on sentait les nanas frustrées : « je m’en souviens même plus ! » « celle de Raymond Barre aux Guignols, rien en vrai, malheureusement… ». Puis les autres : « celle de mon copain ce matin ! ». Les garces ! Bref, un dossier fort bien construit avec témoignages, interview d’un sexologue… Et forcément, ça a fait scandale. Le mois suivant, l’édito était justement sur les réaction négatives qu’avaient engendré ce dossier. En substance, la rédactrice en chef s’étonnait qu’on puisse se scandaliser d’un tel dossier aujourd’hui. Ouais, je suis d’accord. Peu de temps après, la lignée rédactionnelle a complètement changé et c’est devenu chiant. Mode, mode, mode, mode… Je me souviens d’un numéro très « hype » où ils s’étaient amusée à prendre un mannequin noir habillée en noir sur fond noir… Donc on n’y voyait rien, forcément ! Oui, c’est concept, c’est tendance…mais c’est surtout très con.
 
J’ai continué à acheter quelques numéros jusqu’au jour où, stupeur, ma meilleure amie rigolote idéale a disparu : il n’y avait plus d’aventures de la fille toute simple ! Du coup, j’ai gardé mes pièces pour moi, hors de question de soutenir un journal qui commet de telles erreurs ! Ils ont tué ma meilleure amie, bouh ! Ce Perso là n’était plus le mien, c’était devenu un bête journal féminin, sans intérêt. Il ne me faisait même plus rire. Pourtant, Perso, c’est le seul journal à avoir osé écrire : « faire l’amour dans un arbre, pourquoi pas mais c’est pas facile de trouver une branche plate de deux mètres sur deux ».
 
J’ai jamais retrouvé d’équivalent, je lis Cosmo, depuis, mais ce n’est pas pareil, je ne rigole pas autant… Perso me manque.

Lettre à Amélie

Chère Amélie,
 
Hier, je t’ai rencontrée, j’ai pénétré ta sphère pendant une minute. Cette minute fut merveilleuse pour moi, les quelques mots que tu m’as adressées m’ont confortée dans mon choix : tu es mon modèle.
 
Au début, je ne t’aimais pas, Amélie. Je me demandais qui était cette hurluberlue avec un grand chapeau qui étalait ses habitudes alimentaires dans les journaux pour faire parler d’elle. Au moins, tu avais la décence de ne pas jouer la provoc’ nauséabonde à la Houellebecq pour réaliser un bon coup médiatique. Un écrivain est-il un produit marketing que l’on vend comme du yaourt ? J’ai bêtement ricané le jour où quelqu’un m’a dit : « Amélie Nothomb, elle fait de très bons titres, mais c’est tout… ».
 
Donc je ne t’appréciais pas. Puis, un jour, je t’ai vue dans une émission sur Canal +. Le journaliste, tout sourire dehors, te pose une question : « Alors, Amélie, vous avez un record à votre actif, vous voyez de quoi je parle ? » Et toi de lui répondre : « Ben, mon ascension du Mont Fujiyama… De toute façon, je n’en ai qu’un à mon actif, je ne vois pas de quoi vous pourriez parler d’autre ! » Question idiote, réponse idiote mais tu m’as fait rire.
 
Partant du principe que la seule personne qui peut me dire ce que j’aime en matière de littérature, c’est moi, j’ai décidé de me frotter à toi. Amélie est-elle aussi géniale qu’on le prétend ? A moi de le découvrir. J’emprunte donc « Stupeur et tremblements » à la bibliothèque universitaire. En une journée, je l’ai dévoré. Il tombait bien, ce roman, j’avais passé une mauvaise journée, tu m’as redonné le sourire. Bonne première impression mais je me devais de confirmer.
 
En vacances, je m’achète « Mercure » et « Attentat ». Le premier fut un délice, j’ai particulièrement aimé le principe de fin alternative. Si tu veux mon avis, la deuxième est la mieux, tellement plus digne de toi. Je n’ai pas accroché avec « Attentat », par contre, j’avais deviné la fin très tôt et je suis restée un peu sur ma fin. Du coup, je t’ai laissée un peu tomber, c’était la fin des vacances, de toute façon.
 
Puis je t’ai retrouvée en pleine année scolaire, tes « Catilinaires » m’aidaient à supporter les cours soporifiques de comparatisme des systèmes politiques (titre pompeux et mensonger, on n’a jamais rien comparé), je pouffais sous le bureau.
 
Tes livres m’accompagnent en voyage, en vacances, me détendent en période de partiels… Chacun est marqué par un souvenir particulier. Tu m’as accompagnée lors de mon arrivée à Paris : alors que je devais repartir dans mon sud natal après un entretien de motivation concluant, j’ai lu d’abord « Cosmétique de l’ennui » dans un petit café au bord de la Seine. Je l’ai dévoré avec passion, je n’ai pas pu le lâcher avant de l’avoir terminé. Puis, dans le train, j’ai découvert « Hygiène de l’assassin », un livre qui m’a profondément marquée. En effet, le personnage de l’écrivain, odieux, prétentieux, méchant… me fait furieusement penser à ma grand-mère, celle a qui je rêverais de rabaisser le caquet. Mais il paraît que l’on doit le respect à ses aînés donc je me tais et je subis ses remarques désobligeantes. Forcément, j’ai rêvé d’être à la place de Nina, cette brillante journaliste qui mettait cette odieuse créature à ses pieds. Tu ne peux pas imaginer, Amélie, comme chaque ligne me faisait jubiler, je ne savais plus si je devais rire ou pleurer, tant ce livre était un exutoire à cette situation qui m’épuise. J’ai tellement aimé « Nina » que je lui ai subtilisé son prénom pour écrire mon blog : elle est tellement ce que j’aimerais être.
 
Tu vois, Amélie, aujourd’hui, je me rends compte que seuls les imbéciles ne changent pas d’avis. Contrairement à ce que je pensais, j’aime beaucoup tes romans autobiographiques, surtout « métaphysique des tubes ». Tu vois, quand ce livre est sorti, j’ai soupiré : « mais quel intérêt ? Qu’est-ce qu’elle nous emmerde, celle-là, avec ses histoires alimentaires ». Grave erreur ! D’une part, ce livre ne parle pas que de ton tube digestif mais, en plus, j’ai beaucoup aimé tes petites histoires enfantines. Si un jour je finis par me reproduire, j’espère que mon enfant aura autant d’imagination que toi. Comme tu devais être jolie, Amélie, courant sous la pluie pour aller te baigner dans le lac voisin…
 
J’aime également tes romans, cette volonté d’opposer systématiquement beauté et laideur. J’aime ton style, ta façon d’intégrer naturellement des mots que l’on ne trouve plus que dans le dictionnaire. C’est étrange comme, souvent, utiliser des mots de trois syllabes peut paraître prétentieux… Mais chez toi, ça coule de source, les mots se déroulent à merveille, comme une douce symphonie. J’aime te lire, Amélie, tu m’inspires beaucoup, j’aimerais tellement réussir à peu près aussi bien que toi. En littérature, je n’ai que peu de références absolues, tu es la seule dont je ne rate aucun roman, avec Moravia, auteur italien décédé mais particulièrement brillant. L’autre jour, un des lecteurs de mon blog m’a dit que mon écriture lui faisait penser à toi… Tu ne peux pas imaginer comme j’étais fière !
 
Voilà, Amélie. Ton « acide sulfurique » m’a charmée une fois de plus, vivement l’année prochaine pour ton nouvel opus. Je suis ravie d’avoir pu te rencontrer quelques instants, je vais rester sur mon nuage un petit moment.
 
Affectueusement,
 
Nina

J’’ai rencontré Amélie Nothomb

Il y a, dans la vie, des périodes où tout va bien. En ce moment, je suis plutôt dans une phase positive : j’ai terminé un stage pourri, je suis avec un garçon bien sous tout rapport, j’ai la santé, j’ai pas gagné au loto mais on peut pas tout avoir non plus… Samedi, mes parents étaient sur Paris, ils pleuvaient des cordes, peut-être était-ce la fin du monde (private joke, allez voir le blog de Ced…) ? Bon, comme le temps était franchement catastrophique, on renonce à aller se balader où que ce soit, direction les Champs pour faire les magasins. On se rend d’abord à Virgin et là, que vois-je sur une affiche immense ? Mon idole vient signer des autographe ! Elle, en chair et en os, elle sera là, mercredi ! Il est impossible que je rate ça.
 
 
Amélie et moi
 
Comme une rock star…
Hier, me voici donc à faire la queue pour avoir un gribouillis sur mes livres. J’avais hésité à lui écrire une lettre, je ne l’ai pas fait, de peur d’être ridicule : cette femme est connue, elle n’a pas que ça à faire de se pencher sur mon admiration sans bornes pour elle. J’avais quand même pris mon appareil photo, il ne faut pas déconner. J’arrive un peu avant l’heure, soit à 16h45, la dédicace commence à 17h et il y a déjà une queue monstre. Je me pose tranquillement dans la queue, j’allume une cigarette en faisant attention à ne cramer personne mais comme je suis en fin de queue, j’ai de l’espace. J’observe discrètement la foule, je me ravis de voir autant de jeunes : qui a dit que la jeune génération ne lisait plus ? Je m’extasie sur ces jeunes lycéens équipés de leur Eastpack, je me dis : « C’est grandiose, ils sont venus ici directement en sortant de cours ! ». Puis je me suis souvenue qu’on était mercredi, calmons notre enthousiasme.
 
La foule est bigarrée, il y a des jeunes et des moins jeunes, des demoiselles aux cheveux roses (Maliki ?), des demoiselles qui lisent Cosmo, des monsieurs tatoués, des mamans et leur fille, un monsieur avec un beau bouquet… Si j’avais su, je l’aurais écrite, ma foutue lettre. Je constate que beaucoup ont le dernier livre d’Amélie, Acide sulfurique, sagement rangé dans une poche Virgin. La question que je me pose est la suivante : combien ont acheté leur livre le jour même car ils ont découvert la dédicace au dernier moment ? Ceci étant, du moment qu’ils lisent le bouquin, peu importe. D’ailleurs, beaucoup en entamaient la lecture en faisant la queue. Personnellement, j’ai préféré m’abstenir : lire un livre debout au milieu de la foule n’est pas des plus agréables, je n’ai pas envie de gâcher mon plaisir (je l’ai commencé plus tard le livre et j’ai bien fait d’attendre).
 
Madame je-sais-tout
La foule était divisée en plusieurs sections : une queue qui s’étalait sur les champs et deux à l’intérieur. Les gens avancent donc par groupe de dix ou quinze : ça avance peu mais quand ça avance, on fait un sacré pas en avant très motivant. Rapidement, je me retrouve près du monsieur au bouquet qui sympathise avec un jeune lycéen et une bonne femme et les voilà qui se mettent à discuter. Je trouve le monsieur au bouquet assez intéressant mais la bonne femme ne lui permet pas d’en placer une. Au début, je la trouve assez marrante mais au bout de dix minutes, je la trouve franchement gonflante. Au départ, elle se met à tout critiquer : « ah, la bonne femme qui a écrit Harry Potter, elle avait le chapeau qui parle, là, c’était ridicule ! ». Je me dis : « en voici une qui déteste Harry Potter » mais finalement, voilà qu’elle avoue qu’elle attend le sixième avec impatience. Bref, rien ne lui plaît, rien ne lui convient, elle parle avec une voix nasillarde avec un niveau sonore impressionnant : je suis obligée de l’entendre. En fait, c’est le genre de bonne femme qui pose des questions afin d’étaler sa science, du genre : « vous êtes allés à New York ? Moi oui ! ». J’ai donc appris que son ami vivait à Boston depuis janvier, qu’elle avait un chat, les livres qu’elle aimait ou non, la fois où elle avait passé la nuit dans un palace londonien parce que l’avion qu’elle devait prendre pour San Francisco avait une panne… Je regrette de ne pas avoir su la couleur de sa culotte. Ce qui était fascinant, c’est que, dès que ses camarades abordaient un thème qu’elle ne pouvait soutenir, elle y mettait un point définitif. Exemple : « Ah non, moi, les Fourmis, je l’ai jamais fini, il m’a gonflée, je préfère lire des livres tels que Patricia Cornwell… » Et la voilà partie sur Mme Cornwell et ciao Bernard Werber et ses fourmis ! Pendant deux heures, j’ai dû entendre ses considérations sur tout et n’importe quoi, surtout sur Amélie : « Ah, elle picole, bah elle va être bien ! Non mais y en a qui lui font la bise, je rêve ! Ah non, pas de photos, ça nous retarde ! Quoi, elle fait une pause ? Mais elle a pas le droit, ahahahah ! » Pfffffff ! En plus, c’est dommage qu’elle ait monopolisé la conversation comme ça, le monsieur au bouquet, tout calme, semblait autrement plus intéressant à écouter. Pour dire à quel point elle ne permettait pas aux autres d’en placer une : le vigile, certes mignon, passait son temps à papoter avec les demoiselles. Quand nous sommes arrivés à notre hauteur, il s’est retrouvé à côté de notre amie et est resté cois.  Dieu Merci, le vigile a eu la bonne idée de nous séparer à un moment, quel doux calme, tout à coup ! Je me retrouve avec deux sœurs (dont celle qui lisait Cosmo) qui papotent tranquillement de leur cours d’éco et de leurs amourettes, c’est autrement plus reposant surtout que là, je ne suis plus obligée d’entendre.
 
Amélie apparaît
Je me concentre sur les écrans au dessus de nos têtes qui montrent Amélie en train de signer les autographes. J’ai peur alors que le moment s’approche… Et si elle était conne ? Et si mon modèle absolu en  matière de littérature m’était antipathique ? Au fur et à mesure que je m’approche, je la vois sur l’écran, elle pose aimablement pour les photos, elle sourit, elle discute avec les gens… Je suis un peu rassurée. Comme je suis petite, je n’arrive pas à voir la fin de la queue. Tout à coup, le monsieur avec le bouquet se décale et, là, je la vois ! Elle est même pas à cinq mètres de moi, mince ! Je sors mon appareil photo et lui vole un premier cliché. Là, ça file à toute vitesse, les gens arrivent, elle signe, leur adresse deux, trois mots avec le sourire. Les deux sœurs montent sur l’estrade et, après, c’est à moi, je demande au mec qui s’occupe la vidéo de me prendre en photo avec elle, il me fait une petite blague : « ah mais non, alors ! Non, je rigole ! ». Trop drôle…
 
Je monte sur l’estrade, je lui dis bonjour en souriant (oui, je suis polie), on pose pour la photo (j’ai une photo de ma personne avec Amélie Nothomb !) puis elle me demande mon prénom. « Ah, mais bonne fête car c’est bientôt ! ». Amélie Nothomb m’a souhaité ma fête… AMELIE NOTHOMB M’A SOUHAITE MA FETE ! Je la remercie cent cinquante fois, j’en profite pour glisser deux autres livres en disant :
« Oui, j’abuse, et encore, je les ai pas tous amenés.
– Oui, c’est vrai !
– C’est parce que je viens de déménager, mes livres sont restés chez mes parents.
– Ah ? Et vous venez d’où, Nina ? (oui, elle a dit mon prénom !)
– De Toulouse.
– Et bien, Nina, merci d’être venue à moi ! »
Là, je n’ai pas pleuré mais ce n’était pas loin. Cette femme est grandiose ! Ça peut paraître anodin ces quelques mots mais quand on sait que je suis passée presque deux heures après le début de la dédicace, c’est beaucoup. L’effort qu’elle fait d’appeler les gens par leur prénom est très significatif : cette femme est attentive à ses fans et je trouve ça essentiel. Beaucoup lui ont fait un cadeau, je regrette de ne pas lui avoir écrit cette fameuse lettre, je vais l’écrire plus tard et la publier ici, peut-être lui enverrai-je ensuite.
 
C’est le bonheur
J’ai été sur un petit nuage ensuite, j’ai regardé plusieurs fois les dédicaces, trois différentes : une classique, une où elle me souhaite une bonne fête et, enfin, une avec un idéogramme japonais. En rentrant chez moi après une réunion gonflante, je me trouve à Châtelet. En fait, j’ai prétexté aller chez Arnaud pour abandonner mon chef de rubrique qui m’horripile, je n’aime pas sa façon de parler, sa façon de me regarder avec ses yeux de merlans frits, sa manie de me coller tous les sujets parce que je suis la seule pigiste à aller aux réunions… Donc je chemine sur le tapis roulant de Châtelet, tenant fermement ma poche dans laquelle sont rangés mes précieux livres dédicacés quand un homme me croise et se retourne vers moi : « que vous êtes rayonnante ! ». Je suis un peu surprise car je l’avais pas vu arriver. « Vous semblez fatiguée mais pourtant, vous êtes lumineuse, quel bonheur ! ». Il me demande la raison de cette lumière, je lui réponds que j’ai rencontré quelqu’un de merveilleux, dans la journée. Le monsieur me remercie une nouvelle fois et s’en va sans me taxer mon numéro ou autre.
 
Tu vois, Amélie, grâce à toi, grâce au bonheur que tu m’as apporté, j’ai apporté un peu de lumière à quelqu’un.