Moi ? Je suis un expert (autoproclamé)

Chaque jour, je plonge dans la toile, clique sur des liens, ouvre des sites, des blogs, des journaux collaboratifs et je lis des trucs assez hallucinants de connerie. Je n’ai pas des connaissances en tout mais certaines ficelles me paraissent trop grosses. Mais ça marche, il suffit de crier suffisamment fort pour gagner le titre de spécialiste.

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Imaginez. Parce que j’ai écrit une maîtrise sur le Québec, je me pose en spécialiste du fédéralisme ou des luttes indépendantistes (j’ai aussi fait un mémoire sur l’Irlande du Nord, hein !). Parce que j’ai un blog qui s’appelle « les vingtenaires »et que je fais un léger effort intellectuel pour tenter de trouver quelques faits saillants sur notre génération pourtant protéiforme, je suis une spécialiste de la question de la place des jeunes dans notre société. Pourquoi je ferais ça ? Pourquoi pas après tout. Quand on a des convictions, ca permet de faire figure d’autorité. Exprimons nous toujours sur le même sujet ou presque, truffons nos discours de quelques termes techniques qui font plus vrais. De toute façon, on s’en fout, on écrit pour le web, pas besoin de définir précisément, les gens ne prennent pas le temps de vérifier. Et là, je tique un peu. Beaucoup.

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Prenons un exemple concret : le 11 septembre. Suite à quelques commentaires ici même affirmant une nouvelle fois que c’est une conspiration, qu’un building ne peut pas s’effondrer comme ça, je suis allée voir quelques vidéos sur le sujet. Assez troublant si on reste à la couche 1 (ce que dit cette personne est vraie). Sauf que le mec affirme des trucs sans aucune preuve. Il y avait des histoires de débris sur des toits par exemple, je ne me souviens plus exactement du propos mais je fronce les sourcils. A-t-on réellement retrouvé de tels débris ? Je peux affirmer ce que je veux, on est libre de croire ou pas. C’est précisément ce sur quoi je vais m’appuyer. Ainsi, chaque internaute va soudain se croire expert en génie civil, économiste à deux doigts du prix Nobel ou, récemment, j’ai découvert une foule de sexologues/ gynécologues m’expliquant qu’il est impossible que je jouisse par la pénétration et que la preuve, quand les mecs te défoncent, des fois, ça fait mal. Mais les cunni faits avec la participation d’un menton tout râpeux, par exemple, ça me fait extrêmement mal aussi, dois-je nier l’existence de l’orgasme clitoridien donc ? Enfin, peu importe certaines preuve scientifiques concernant un orgasme vaginal, il existe pas et j’ai dû rêver quand j’en ai eus.

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Le tout est dans la façon d’affirmer les choses, de paraître si convaincu que personne ne vous contredira. Et surtout bien agresser celui qui osera vous faire remarquer qu’en l’occurrence vous avez tort. Ces personnes sont manipulées par les Américains, la droite ou la gauche, le patriarcat, ta mère, ton voisin, la société, Dieu seul sait qui. Attention, je ne dis pas forcément que toutes ces personnes ont tort, jamais de la vie, mais arrive un moment où la condescendance (moi je sais car je ne suis pas manipulé contrairement à toi)n’est pas un argument. Perso, quand je ne suis pas d’accord avec un contre argument, j’explique pourquoi, je ne me contente pas d’un « non mais tu es trop manipulé par [qui tu veux] ».

Manipulation-sommes-nous-manipulés

En fait, c’est un peu la magie d’Internet, sa magie perverse, on est qui on veut. Il suffit simplement d’affirmer avec aplomb. Quoi que ça peut marcher dans les dîners en ville si vous parlez d’un sujet que peu maîtrisent. Moralité : avant de dire amen à tout, faites deux ou trois recherches, vous verrez que les « experts » ne sont souvent qu’autoproclamés.

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N’empêche que ça me plaît bien, ça, spécialiste de la question de la place des jeunes dans la société… Je pourrais le mettre sur mes cartes de visite.

Toi aussi, t’es un no life ?

L’été dernier, j’ai travaillé pour une asso (non, non, toujours pas reçu mes derniers salaires mais ils m’appellent régulièrement pour me filer des rendez-vous qu’ils annulent) qui cherche à promouvoir la place des 18-35 ans dans la société, en gros. Je faisais des revues de presse et au cours de l’une d’entre elles, j’ai lu un article sur la génération Zapping. En gros, les djeuns d’aujourd’hui sont surconnectés. Là, à l’heure où je vous écris, je surfe sur le net et je regarde la télé. J’écoute pas la radio, faut pas déconner non plus.

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Bref, les djeunz d’aujourd’hui dans lesquels je m’englobe sont en permanence connectés à des tas de gens. Mais cette hypersociabilité n’est-elle pas, paradoxalement, une forme d’autisme ? Je m’explique. Vendredi, au taf, en fin de journée, je vais traîner sur youtube et là, je tombe sur Clément le nolife (youtube en fin d’article). En gros un gamin tête à claque qui drague plein de nanas sur Internet mais en fait, on sent surtout le pauvre type qui n’a pas d’amis. Du coup, je regarde ce reportage (et surtout les 150 parodies) et je me pose la
question : moi mieux que lui ?

Bon, Clément, il a 17 ans et il s’invente une vie genre « je suis un métalleux qui drague des filles sur le net et regarde des pornos parce que les meufs s’inspirent de ça ». Moi, je m’invente pas de vie, je suis Nina qui a un style girl next door, qui lit des blogs et chope des mecs, des fois, mais pas forcément exprès (enfin, j’écume pas les sites de rencontre quoi). Evidemment, quand j’étais au chômage, je passais mes journées sur des blogs et MSN, mes amis les plus proches aujourd’hui sortent de blogs ou de forum (mes vingtenaires chéris, Vicky, Lil Virgo), j’ai pas mal de gens sur mon MSN qui sortent de là aussi. Mais pas que. Ma meilleure amie, Anne, je la connais depuis la maternelle, j’ai d’autres amis que j’ai rencontré autrement. Mais c’est vrai que ça aide à rencontrer des gens mais quelle valeur donner à ces relations là ? Je parle à des gens que je n’ai jamais vues, je leur confie des fois des choses très intimes. Mais la plupart, je ne connais même pas leur nom de famille. Quand Lucas a eu son accident, personne ne m’a prévenue… Normal, on se connaît plus virtuellement que réellement, j’ai jamais rencontré ses amis, ses parents…Heureusement, une de ses amies lit le blog et m’a expliqué ce qu’il se passait. Mais il y a des gens qui rentrent virtuellement dans ma vie, on parle de choses parfois très intimes et parfois, ils en sortent sans que je m’en rende compte. Faut dire qu’une soixantaine de contacts MSN, je peux pas parler à tout le monde non plus.

Personnellement, je ne me considère pas comme une no life. Oui, je suis « surconnectée » comme Clément mais l’ordinateur n’est pas mon seul horizon. Je sors, je lis des livres avec de vraies pages, des magazines (en papier), je regarde la télé, écoute la radio, parle à des gens en chair et en os, je vais voir des expos, des films au cinéma… Bref, j’ai aussi une vie loin de mon écran de pc. Faut dire que Clément, c’est un phénomène. Vendredi, j’ai commencé à regarder quelques parodies de Clément le no life, on en a regardé plein d’autres avec ma future coloc vendredi soir et samedi. D’ailleurs, avec mon camescope acheté une bouchée de pain sur ebay, on a décidé de faire notre version de Clément. Reste qu’à trouver une actrice (oui, on fera la version fille) et d’écrire le scénar et on va se lancer. Oui, il est ridicule mais je parle toute la journée avec des ados qui se couchent à 2h du matin après avoir passé la soirée à chatter avec d’autres membres de la plate forme. Ils changent toutes les semaines de best friends, m’expliquent que leur best, c’est truc ou machin qu’ils connaissent pas, ils « sortent » entre eux sans jamais s’être vus… No life.

Ceci étant, Clément, il est devenu une star, une vraie. Ce youtube, on me l’avait filé sur MSN, y a 150 parodies (des très drôles !). Bon, je n’ose imaginer sa vie depuis, tout le monde doit se foutre de sa gueule au lycée mais il est tellement puant qu’à la limite, je le plains même pas. Puis, en fait, on arrive aux limites du système. Clément ne vit que sur le net, il rêvait de devenir célèbre, il l’est devenu grâce au net. Bon, c’était pas la popularité à laquelle il aspirait mais bordel, qu’est-ce qu’on se marre grâce à lui !! Pour ceux qui vont
sur youtube, je vous conseille de mater les parodies genre Luc, Michou, Jean-Yves, Charles-Henri, Mister Gomme. Bon, c’est hyper addictif mais avec Future coloc, on s’est bien marrées !

Halte au terrorisme intellectuel

L’autre jour, en lisant mes blogs préférés, une discussion en comm m’interpelle. Dans sa planche, notre ami blogueur explique qu’il n’aime ni Céline ni Vian et en comm, ça ne rate pas : « mais comment tu peux dire ça ? ». Et oui, les goûts personnels n’ont pas leur place en culture, apparemment.
 

Bon, tu me connais lecteur, je ne supporte pas l’inculture. Ne pas savoir qui a écrit Le Rouge et le Noir, les Misérable, le Horla, les Yeux d’Elsa ou Voyage au bout de la nuit, ça me dépasse. Surtout que bon, suffit d’écouter ses cours de français pour le savoir. Alors quand je regarde des trucs du genre Qui veut gagner des millions ? (enfin, je regarde plus justement) et que le candidat sait pas répondre à des questions de ce genre, ça me fait frémir. Mais ce n’est pas parce que j’estime qu’il faut connaître ses classiques qu’on doit les apprécier. Honnêtement, jamais réussi à lire Le rouge et le noir ou Madame de Bovary (malgré plusieurs tentatives), j’ai sauté des paragraphes entiers des Misérables… Bref, je connais les auteurs de ces romans, je sais qu’ils existent, j’ai essayé de les lire mais je ne les ai pas appréciés. Même quand j’étais en histoire et que ces romans « sociaux » m’auraient été utiles pour illustrer mes dissertations. Et alors, je devrais m’en excuser ?

En maîtrise d’histoire, j’ai eu un cours sur « l’histoire du genre et de la sexualité » (avec une prof topissime) et, à un moment, la prof nous parle de Bourdieu. Alors, moi, Bourdieu, c’est un peu le sociologue qui me fait marrer : « il faut rendre la sociologie accessible à la plèbe mais je vais pas vulgariser ma prose, faut pas déconner non plus ». J’ai fait un exposé sur Bourdieu, plus tard, je vous jure que je devais lire chaque phrase plusieurs fois pour la comprendre. Dommage car Bourdieu, des fois, il a des observations très intéressantes. Notamment sur le bon goût et hop, je récupère le fil de mon article. Selon M. Bourdieu, donc, ce sont les valeurs bourgeoises qui définissent ce qui est de bon goût et ce qui ne l’est pas. En somme : il est de bon ton quand on a un certain statut social d’avoir lu ses classiques. Et il est bien vu de les avoir appréciés. Je me souviens, petite, ma grand-mère paternelle, pour qui le mot pédante a dû être inventé, m’expliquait toute fière : « tu vois, Nina, moi, j’ai des Proust dans ma bibliothèque, mais moi, au moins, je les ai lus, c’est pas comme beaucoup de gens ! ». Moi, je savais pas qui c’était Proust mais depuis, dès qu’on me parle de Proust, les premières choses qui me viennent à la tête, c’est « auteur chiant que personne ne lit mais tout le monde fait semblant ». Et après la chanson de Dave (« Et si on allait un tour du côté de chez Swan, lalalala ». Maudissez-moi, vous allez l’avoir dans la tête, maintenant) mais ça, je devrais pas le dire. Même les madeleines, ça arrive après.

Alors, là, je prête fantastiquement le bâton pour me faire battre alors rien que pour vous emmerder, je désamorce de suite pour pas que vous puissiez le dire en comm. Alors : « Non mais toi, Nina, si méprisante envers les incultes, tu te foutrais pas un peu de notre gueule ? ». Pif paf, dans ma gueule, toute seule. Oui, c’est vrai, c’est curieux de réclamer le droit de ne pas aimer les classiques, de les trouver mauvais alors que je n’accepte pas que les gens ne connaissent pas les noms de ces auteurs. Sauf que je les ai lus, ou du moins, j’ai commencé, je ne les ai pas rejetés à priori en hurlant à la chiantise. Mais d’un autre côté, s’il me paraît normal d’avoir de la culture générale (il me semble quand même pas incroyable de savoir que Notre Dame de Paris est un livre de Victor Hugo avant d’être un film, un dessin animé ou une comédie musicale), je pense qu’il faut avoir l’honnêteté d’affirmer ses goûts plutôt que de suivre la foule et surtout la bienséance. Dire que Flaubert, c’est chiant, ça se fait pas. Alors que lui, je trouve vraiment qu’il a la palme. Et là, je parle de littérature mais on peut faire pareil pour le cinéma ou la musique. J’ai une culture cinématographique « impressionnante » sur papier, genre je connais le nom des grands films, des grands acteurs, l’histoire du cinéma en gros mais je n’ai vu aucun classique ou presque. Au moins, je connais le nom mais qu’on m’insulte pas si dans ma DVDthèque, je les ai pas (alors que c’est vrai que j’ai Cube). Je n’ai pas tellement le goût des vieux films, pour le moment. Mais même sans parler des classiques, il y a des films qu’il est bon ton d’aimer et d’autres qu’on regarde en cachette. Faites un test autour de vous, parlez cinéma. Et bien, tout le monde vous dira avoir vu et adoré des films classiques genre La Dolce Vità ou le Mépris ou ce que vous voulez et personne, oh non, n’est allé voir Brice de Nice ou les tribulations cinématographiques de Michaël Youn. C’est comme à la télé, personne ne regarde Julien Courbet mais il pète les scores d’audience. Franchement, des films de merde, j’en ai vu un beau paquet et je m’en cache pas. Oui, Scary Movie, c’est lourd et prévisible mais moi, ça me repose le cerveau et je l’ai vu ! Et même que j’ai rigolé. Et même que je suis pas la seule parce que y a toujours quelqu’un pour y faire référence à un moment (ou à American Pie, au choix). Bon, par contre, Michael Youn, je peux pas.

 Bon, je pourrais développer l’exemple pour la musique mais t’es pas idiot, t’as compris. Alors, moi, ça m’agace qu’on me demande : « mais comment tu oses aimer ça et ne pas aimer ça ? ». Mais je n’en sais rien comment j’ose, c’est comme ça et puis c’est tout. J’ai le goût des styles littéraires légers avec un vocabulaire riche mais précis. Le verbiage pompeux, ça me fatigue. J’aime Moravia qui est mon modèle absolu en la matière. J’aime bien le style d’Amélie Nothomb (même si je trouve qu’elle retombe toujours sur les mêmes thèmes), j’aime les intrigues de Barjavel, je suis incapable de lâcher un Van Cauwelaert une fois entamé. J’aime les films comme Cube, faits avec trois bouts de ficelle et qui reposent sur un scénario original, j’ai aimé Dark City et le principe de Matrix (le principe, pas le film, attention). J’aime les Tim Burton. Mais Lelouch m’a toujours fait chier, aujourd’hui comme hier. J’ai failli mourir d’ennui rien qu’en regardant la bande annonce de l’épisode 2 de sa trilogie parisienne. Le seul intérêt que j’ai trouvé dans « La belle histoire », c’est Gérard Lanvin en Jésus châtain aux yeux verts, jamais Jésus n’avait été aussi sexy. Je n’ai vu qu’un seul Woody Allen (« Tout le monde dit I love you ») et je m’en fous. Je ne vais pas m’excuser pour tous les classiques que je n’ai pas vus/lus/entendus. Je peux m’excuser de ne pas avoir essayé de le faire, ça, oui. Mais si j’accroche pas, je vais pas me forcer pour faire bien en société. Parce que Monsieur et Madame Pouet-Pouet-j’me-la-pète, s’il le faut, dans le secret de leur chambre, ils se fendent la poire devant Les Bronzés plutôt que de se pâmer sur le génie esthétique du Cuirassé Potemkine.
 
Moi, des fois, j’ai des goûts « de merde » et en plus, j’assume. Surtout qu’en général, quand je confesse regarder « Amour, gloire et beauté » ou « Sunset Beach », y a toujours quelqu’un pour s’esclaffer : « Ahah, moi aussi ! ».

L’éternité et douze mois

Par Marine

Toujours dans l’air du temps, à savoir Noël et la nouvelle année, voici un petit article tout sucré, pour vous, chers amis. Après le bilan de Lucie, et en attente du bilan de Nina, je vous propose une méthode intéressante de bilan. Parce qu’un bilan, ça se fait pas comme ça, non non. Il faut réfléchir à la méthode adoptée, à la procédure qu’elle recouvre etc. Aujourd’hui, je propose : où étions nous il y a exactement un an? Où sommes nous aujourd’hui? Que pouvons-nous en déduire de l’évolution de notre vie.

Nous sommes donc fin décembre. Où étais-je l’année dernière, au même moment?
Dans mon lit.
Enfoncée dedans, sous la couette.
De temps en temps, je risquais mon nez dehors pour aller boire avec tout ce qui se fait de connaissances pour oublier. Pour me saouler avec des boissons et les saouler avec des paroles.
Et puis aussi, j’allais sur Internet. Pour me changer les idées. Pour trouver un horoscope qui me dirait que ça passerait, et un psychotest qui m’annoncerait qu’il allait revenir et que ça allait être l’amour, l’eau fraîche, ses yeux dans les miens et le bonheur. Alors d’une, les horoscopes m’ont dit que j’allais avoir la baracca à partir d’octobre 2006, excusez-moi si je suis vulgaire mais pas l’ombre d’une couille à l’horizon depuis au moins le mois d’août. De deux, les psychotests ne m’ont pas répondu ce que je voulais entendre puisque tous claironnaient que c’était fini fini. Mais eux au moins, ils disaient la vérité. Puis j’ai entendu parler des blogs. Alors je suis allée voir. Sur la plateforme over-blog, le premier référencé s’appelait « vingtenaires ». Amusant. Je me suis dit que c’était ma tranche d’âge, alors j’ai voulu lire. Tu parles Charles. Que des meufs ou des pédés. C’était pas là que j’allais rencontrer des hommes susceptibles de me faire oublier mon Guillaume à moi – donc pas Guillaume 4, mais plutôt Guillaume M, avec un M comme Marine. Nous sommes en décembre 2005, je m’appelle Marine Alloys et je suis vouée à mourir seule, dévorée par les cafards et les rats.

Alors en cette fin d’année, je dresserai pas un bilan complet de mes états d’âme ou de mes succès et échecs de l’année. J’étais seule il y a un an. Et désespérée. Aujourd’hui, je suis seule. J’ai des toiles d’araignées sous la jupe tellement j’ai été sexuellement inactive -purée, j’espère que je me ferai pas punir par le Père Noël quand même.

Donc en apparence, rien n’a changé. Je suis toujours derrière un bureau, à travailler les mêmes choses et j’ai les mêmes amis. Enfin non, pas tout à fait. J’ai pas eu d’amoureux cette année. Mais mon frêle petit coeur a été plus mis à rude épreuve que n’importe quand auparavant. Il a battu, il s’est emballé, il s’est flétri, il a gambadé, il a voyagé… plus qu’avant. L’année dernière, j’étais prête à me faire nonne. J’envisageais 2006 dans une petite boîte. Où je croupirais seule. Déprimée. Que des plans d’un soir, ou des tarés affectifs. Si c’est ça les hommes, ben moi j’arrête. Douze mois après, dans mon célibat le plus forcené, j’envisage 2007 avec enthousiasme. J’ai vu un mec qui me plaisait… voire deux… Ca peut sembler n’être rien, et pourtant… pourtant le monde me semble moins cloisonné, nous sommes moins dans des petites boîtes hermétiques. Guillaume M est un bon copain aujourd’hui, et j’espère qu’il arrivera à trouver sa voie (aux dernières nouvelles, c’était plutôt lui qui était paumé). Les « meufs & pédés » du site number one sur over-blog un an plus tôt ne sont plus number one cette année. Mais ils ont tous un prénom, en plus de leur pseudo.  Cependant que moi, en plus de mon prénom, j’ai pris un pseudo. Enfin, un an exactement après, le monde est à mes pieds et c’est grisant.
Bref, nous sommes en décembre 2006, je m’appelle Marine Alloys et mon dieu mais c’est Noël, et en plus en plus… il y a au moins une année pleine qui s’ouvre à moi!

Ca pourrait être le mot de la fin, mais j’en ai un plus percutant, en fait : merci Nina.

Tous les soirs, je me fais une petite……

Mercredi soir, j’ai fait une soirée blog avec plein de gens connus : Gauthier (of course), 7h48, Cham, Wil, le Maniac et Eguemarine. En fin de repas, miss Rouquine est arrivée, accompagnée de Sylvain. On discute un peu de tout et à un moment, elle me dit : « en ce moment, sur ton blog, tu parles pas de toi. » Je lui fais remarquer que j’ai pas grand-chose à raconter de passionnant mais elle insiste. Donc si vous trouvez cet article chiant, vous savez à qui vous en prendre (quelle vilaine lâche, je suis !).

Bon, que fait une Nina en ce moment ? Le matin, la Nina est tirée de son sommeil par un réveil crachant les programmes du Mouv. Parfois, la Nina ne l’entend pas de suite, ce foutu réveil, et émerge plus tard. Il y a des jours aussi où ses gentils patrons l’appellent plus tôt, genre à 8h-8h30 (mon réveil est à 9h) donc la Nina est réveillée par le téléphone, ce qu’elle n’aime pas. C’est agressif un téléphone, ça fait des sonneries super moches et ça fait sursauter notre pauvre Nina qui a l’impression qu’elle va clamser d’une crise cardiaque.

Une fois debout, la Nina va dans la salle de bain pour diverses émulsions. Ensuite, elle enfile une culotte et son paréo, elle va ouvrir les volets, nourrit Kenya et prépare son petit déjeuner : cappucino et biscuit. Si vous voulez tout savoir, en ce moment, c’est bichoco au chocolat, justement. Tandis que le cappucino chauffe dans le micro-ondes (oui, lait et plaques électriques, c’est pas top comme mariage), elle se connecte au blog pour mettre l’article du jour, répond aux comms, lit ses mails et ses blogs préférés (liste sur le côté). Donc une heure plus tard à peu près, elle daigne enfin se mettre à bosser.

Alors, que fait-elle ? Le lundi et le jeudi, c’est revue de presse donc consulter la presse en ligne et récupérer tous les articles sur les 18-35. Des fois, ça fait beaucoup et d’autres, pas du tout. Une fois les articles collectés, elle les imprime, les lit avec son stabilo magique pour souligner ce qui est important puis elle rédige sa revue de presse. Elle la met ensuite sur l’éditeur du site et prévient ses boss que c’est prêt à la lecture. Les autres jours, la Nina rédige des articles sur des sujets parfois intéressants et d’autres qui lui prennent franchement la tête. Par exemple, la Nina a eu beaucoup de mal à rédiger son papier sur l’influence du territoire sur le parcours scolaire. Peut-être parce que Nina déteste le déterminisme. La Nina prépare parfois aussi des interviews, bosse sur un dossier de presse, essaie de répondre aux 38 mails qu’elle reçoit et essaie de comprendre ce qu’on lui dit vu qu’une fois sur deux, une des personnes a oublié de cliquer sur « reply to all » et qu’il manque des bouts de conversation.

Mais bon, la Nina est journaliste donc un peu feignante. En journée, outre son boulot, elle :

– fume
– mange chez elle ou sort rejoindre Gauthier
– fait une sieste

– va faire ses besoins et en profite pour faire une petite grille de sudoku

– se bat avec Kenya qui a décidé que, si, elle dormirait sur le clavier

– boit, beaucoup, du taillefine fizz ou de la menthe à l’eau (que je suis subversive quand même)

– parle aux gens sur MSN

– répond aux comms sur son blog et va en poster sur ceux des autres

– écrit pour son blog
– répond au téléphone quand Gauthier ou Mister Big appellent
– fait la vaisselle
– va faire des courses
– mate Lost (enfin, quand ça passait)
– prend une douche
– va fumer dans la cour de son immeuble pour aérer Kenya
 

Le soir, la Nina glande. Ou sort, ça dépend. Elle peut regarder la télé ou s’endormir devant ou parler sur MSN avec des gens qui sont parfois de charmants mâles. Quand il est l’heure d’aller au lit, elle éteint l’ordi et la télé si elle la regardait puis va prendre une douche délicieusement tiède, se lave avec du savon qui sent bon et, un soir sur deux, se lave les cheveux avec nutri gloss, le shampoing qui rend ses cheveux trop beaux et trop doux. Oui, il faut savoir qu’en ce moment, la Nina tripe sur ses cheveux, faut pas lui en vouloir. Puis après s’être lavée la frimousse et les dents et appliqué sur son corps un lait hydratant autobronzant qui est censé ne pas laisser de traces (et c’est quoi la sale trace marron que j’ai sur le bras, hein ?), la Nina va se faire une petite… grille de sudoku pour se détendre avant de dormir. Tout ceux qui ont pensé à autre chose sont des pervers (ce qui ne veut pas dire que je ne me fais jamais de plaisirs solitaires mais bon, on a dit que c’était un article chiant donc on reste dans la lignée).

Une vie monotone, certes. Mais la Nina ne se plaint pas. La Nina est contente de se lever le matin avec une raison de le faire. La Nina a des projets sur le feu et pas des moindres mais ne peut en parler. N’empêche que ça la rend heureuse. La Nina aime bien son stage parce qu’elle travaille sur un sujet super intéressant. La Nina a des amis, aussi, c’est ça qui compte. Elle les voit des fois, leur parle souvent, rit avec eux… Je vous cite quand même une sublime phrase de mon Gaugau adoré alors que je lui expliquais que j’avais des ampoules plein les pieds : « oh, moumour, tu es la Tour Eiffel des pieds ! ». Yes, j’ai réussi à la placer ! Oui, des fois, le train train, c’est pas si mal.