Les réseaux sociaux ou le triomphe modeste

Récemment, une étude s’est penché sur le narcissisme des utilisateurs des réseaux sociaux. Notre petit écran devient la scène de nos ego trips les plus frénétiques. Regarde-moi, j’existe ! Et la magie des réseaux sociaux, c’est que votre audience va rapidement croissant, nourrissant ce sentiment d’importance. Même si vous vous contentez finalement de récupérer le boulot des autres.

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J’aime Pinterest. Très fort. Dès que j’ai le malheur d’y mettre les pieds, je suis aspirée par toutes ces images, j’épingle, encore et toujours. Parfois, j’épingle mes propres photos, celles diffusées sur le blog, mais ça doit représenter 1% de mes épingles. Et mon nombre de followers ne cesse d’augmenter. Sauf que bon… J’ai pas bien de quoi me vanter. Y a des gens qui trouvent que les photos que j’épingle sont jolies, youhou ! Mais quelle influenceuse je suis dis donc. C’est vrai qu’elles sont tellement originales, les photos que je pine, personne ne les a jamais vues. Y a qu’à aller dans la section « popular », j’en retrouve un bon paquet. Mais ça n’empêche pas certains de se vanter régulièrement de leur nombre d’abonnés.

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Autre réseau social dont les messages de fierté me font toujours lever les yeux au ciel : Tumblr. J’en avais créé un y a 3 ans que j’ai jamais vraiment animé mais je reste à suivre ceux des autres. Je souris souvent grâce à des gifs animés mis en contexte par une petite phrase du type « quand il me dit que finalement, il est pas dispo ce soir » (gif de nana qui lève les yeux au ciel, l’air blasé ou gif de meuf qui pleure en mangeant de la glace), « quand, le vendredi soir à 18h, on te fait une demande urgente » (gif de mec pétant son ordinateur ou gif de mec hurlant)… Bref, c’est mignon, c’est frais, ça détend 5 minutes. Bon, ça me fait détester certaines séries sans même les avoir vues (faudra quand même un jour m’expliquer pourquoi les Internet vénèrent à ce point Zoey Deschanel, je l’ai jamais vue ailleurs que dans H2D2 et le combo grosse frange dans les yeux et lunettes de geek ne me donne surtout pas envie de mater the new girl). Mais là, ça se la pète grave au pays du tumblr : il faut publier un gif joyeux dès qu’on dépasse un nombre significatif d’abonnés, publier quelques messages élogieux de gens expliquant qu’ils adoooooooooorent le blog, c’est trop cool. Bon déjà, quand je vois la gueule des articles de blogs « historiques » et le fait de publier un gif avec une malheureuse phrase, je soupire un peu fort… Mais bon, pourquoi pas, après tout. Mais le mieux, c’est quand, la main sur la coeur, ils s’indignent qu’on leur pique leur gif sans les citer. Leur gif ? Ah, c’est toi qui fait tous les gifs de The new girl(justement), The big bang theory, Friends, Dr Who, les téléréalités américaines à base de meufs tellement refaites qu’on a l’impression de mater X files ? Non ? Ben alors pourquoi tu pisses soudain sur un gif surexploité pour marquer ta propriété, je situe pas bien… Bref, l’univers du tumblr est un vrai panier de crabes où y a des règles à respecter dans la multiple utilisation d’un gif et que c’est normal que tu aies des tas de gens qui te suivent parce que tu fais pareil que tout le monde mais de façon plus géniale. Rendons cependant hommage à un compte qui crée vraiment ses gifs : réalité à la française(oui, concept pompé de la version américaine mais au moins, c’est pas juste de la réutilisation de gifs en se croyant follement original).

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Se la raconter facile, c’est l’apanage des nouveaux réseaux sociaux ? Mais trop pas ! Sur Twitter aussi, ça plagie et pas qu’un peu. Les mêmes blagues tournent à l’envi, sans qu’il s’agisse du retweet de l’original, chacun s’approprie la vanne de l’autre en mode « je suis tellement drôle ». Par exemple, j’ai vu une demi douzaine de personnes revendiquer la paternité d’une photo relative à l’appel de don de l’UMP : une carte postale du rainbow flag sur lequel était écrit « Fuck you » en mode « MA réponse à l’UMP ». Oui, MA, parce que je suis vraiment trop drôle quoi. J’ai aussi vu passer plusieurs fois la photo de Copé dans la piscine avec écrit dessus « travailler plus pour gagner plus » avec toujours cette même volonté de faire croire qu’on en est l’auteur. J’ai même vu ça sur Facebook ! Lors de la mort de Bernadette Lafont, Ladislife que je suis s’est amusé à retwitter toutes les vannes sur « Bernadette Lafont, la forme », mon fil d’actu a été envahi… Il est vrai que Twitter pousse à être drôle et percutant, des milliers de titres dignes de Libé qui défilent en permanence. Mais de là à revendiquer la paternité d’une vanne qui n’est pas de nous, là, ça me dépasse. Et encore, je parle de vanne mais l’accident de Brétigny a aussi été fascinant en la matière, des twittos postant des photos de l’accident sans y être. Je vous invite à lire l’article très intéressant de Deldebbio qui a démontré que les photos reprises par les médias n’avaient pas été prises par les twittos les diffusant. D’ailleurs, faudra que je vous parler du twitt-journalisme, ça commence à salement me gonfler, ça aussi.

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Bref, je suis fascinée. Je me sens parfois différente : je ne connais pas bien mon nombre de followers sur Twitter, Pinterest, Instagram ou Tumblr (il faut que je le reprenne, ce putain de Tumblr, je m’y amusais bien), amis sur Facebook, lecteurs de mon blog (je me suis rendue compte récemment que j’avais perdu mon google analytics en changeant de thème… 6 mois plus tôt). Mon klout n’est qu’une vague donnée, je m’en fous. Peut-être parce que je sais que cette gloire est futile et ne m’ouvrira pas de portes. Après tout, j’ai jamais eu autant de lecteurs que quand j’étais au chômage. J’en ai perdu plein mais dans ma vraie vie, je trouve que je réussis pas mal. Et c’est ça qui est le plus important. Surtout que j’ai pas de pub sur mon blog donc pas besoin de milliards de lecteurs !

PS: Par contre, j’essaie de devenir ninja en SEO

L’amour, c’est l’orgueil

Des fois, j’aime à me poser sous le grand cerisier en fleur du jardin pour penser à la vie. Envoûtée par la voûte rosée et le parfum délicat, mon esprit vole loin, loin… En vrai, je suis dans mon appart qui sent le M. Propre avec mon chat qui pioute pour avoir un câlin mais un peu de bucolisme ne nuit pas.

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Donc l’amour. Je sais pas vous mais quand je sors avec quelqu’un, si mon cœur bat plus fort, y en a un autre qui parade fièrement : l’orgueil. Comprenez bien que je ne suis pas du genre à choisir un bellâtre pour me promener en accrochant mon doux éphèbe à mon bras et si j’aime les mecs intelligents, j’évite les pédants prétentieux qui prend les gens de haut parce que tu comprends, ils n’ont aucun avis sur la pensée d’Alain appliquée à la téléréalité (l’article lié n’est lui pas prétentieux et très intéressant pour le coup. Mais finissez mon article avant d’y aller, merci). Surtout si les gens en question sont mes amis… Mon mec doit d’abord me plaire à moi et j’ai tout à fait conscience qu’il n’y a rien de plus subjectif que les goûts et les couleurs. Donc non, je n’exhibe pas mon mec comme un trophée. De la même façon, j’évite de trop étaler mon bonheur en mode « mon mec est trop parfait, hihihi ! ». Essentiellement parce que ça gonfle. Et que plus une personne va me chanter la mélodie de son bonheur plus je vais me demander quelle est la noirceur qu’elle tente de dissimuler. On me la fait pas à moi.

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Mais il y a de l’orgueil en amour. Cet autre que nous avons choisi, nous lui prêtons bien des qualités. Un homme si incroyable qui me choisit comme petite copine, ça fait ronronner l’égo. Mais quand survient la rupture, si le cœur saigne, l’ego fait sacrément la gueule. Parce que comment ose-t-il jeter une fille aussi bien que moi, ce gros nase ? Il pense vraiment trouver mieux ? Oui, la rupture peut transformer un homme tout parfait en gros beauf, voyez… Et puis va falloir assumer aux yeux du monde qu’on a failli et ça, ça fait un peu chier. Même si le monde fait en général un peu preuve d’empathie et évite de vous crucifier d’un « Ben ouais, il t’a larguée, normal, t’es une grosse merde » (sauf les trolls).

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En octobre, quand j’allais chez la naturopathe et que nous parlions de prince-charmant-devenu-crapaud, elle me demanda si je l’aimais. Et je répondis honnêtement : »non ». J’étais attachée à lui, j’étais amoureuse de l’image que j’avais de lui mais je ne l’aimais pas non. Cette histoire me faisait du mal d’une part parce que je ne comprenais pas mais surtout parce qu’il m’avait prise pour une conne. Et parce qu’à chaque rupture subie, on se demande pourquoi . L’autre n’est plus qu’un élément dans le drama narcissique qui se joue en notre for intérieur.

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C’est marrant comme en amour, on a du mal à accepter de perdre la face alors que des fois, ça ne le fait juste pas. Il m’est arrivé de rompre juste parce que ça ne fonctionnait pas entre nous. Le mec n’était pas en cause en tant que tel, c’est juste le lui+moi qui est boiteux. Mais des que la décision ne vient pas de nous, l’autre devient un connard. Non mais regardez le nombre de rupture où le plaqué vient déverser son chagrin sur votre canapé en sortant la phrase ultime « Non mais quel connard ! ». Alors que non, il a juste été honnête. Mais là, ce n’est plus votre cœur qui parle, c’est votre orgueil.

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Finalement, aimer, est-ce choisir un autre miroir qui vous renverra une image de vous que vous aimez ? Vous avez trois heures.

Je lis l’avenir dans la téléréalité

J’ai un don : je mate une émission de téléréalité et je peux vous dire qui va gagner. Même sans la regarder d’ailleurs, il me suffit de lire les résumés sur Voici et je vous sors le nom du vainqueur. Parce que, oui, la téléréalité, c’est surtout une belle histoire qu’on vous raconte.

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Je suis tombée dans la spirale du Bachelor. Pas les premiers épisodes parce que j’avais chorale mais petit à petit, j’ai vu. Surtout que chaque épisode a dû être diffusé une bonne douzaine de fois. Vous avez vu l’histoire d’un bellâtre à accent qui tombe amoureux de plein de filles mais finit par n’en choisir qu’une dans un grand moment d’émotion, de rose et de bague échangée. Au bout de max trois semaines de tournage mais ça fait bien pour la télé. Mais voici la vraie histoire que l’émission vous a raconté.

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Il était une fois une jeune fille de province de type girl next door, jolie mais pas canonissime qui se rêve la nouvelle Cendrillon. Elle se retrouve projetée dans un univers de jeunes femmes qui ont été miss de beauté, sont mannequins ou Dieu seul sait quoi. Bien sûr, dans le lot, quelques fille moins jolies mais elles seront dézinguées dans les premiers épisodes vu que le garçon doit rembarrer une douzaine de ses prétendantes en deux soirs, bam. D’emblée, on voit de la bonnasse, certes vulgaire pour la plupart, mais remarquable. Pourtant, notre prince repère d’emblée sa Cendrillon. Et c’est parti pour deux mois (je crois) d’une romance simple, une romance à portée de main. Pendant que les mannequins et miss tombent au champ d’honneur, notre Cendrillon reste courageusement épisode après épisode. Elle est timide, réservée, naturelle… Une fille comme vous et moi. Plus que quatre filles : un mannequin, deux ex Miss et la fille comme nous. La mannequin tombe. Puis les deux miss. Bravo Cendrillon, t’as gagné !

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Je n’affirmerai pas que tous les participants de l’émission sont des acteurs et que tout est écrit, non, non. Je mettrai juste en avant l’incroyable talent des monteurs et réalisateurs qui vous racontent une bien belle histoire. Pour le Bachelor, le tournage a dû avoir lieu fin d’été, début d’automne à vue de nez. Imaginez tout le temps qu’ils ont eu pour bricoler cette histoire de Cendrillon. Ils auraient pu faire la même avec Livia (j’aime bien ce prénom mais je suis un peu traumatisée, là…), effacer les moments où elle est hypeeeeeeeeer exubérante pour ne garder que les moments fille sensible, gnagnagna. Idem pour la Déborah qui explique être “de plus en plus proche de la femme qu’Adriano recherche” (sous entendu “je veux gagner donc j’essaie de piger ce qu’il veut et je lui sers”… Mais elle s’est loupée, elle faisait super peur en parlant mariage, bébés avec prénoms déjà choisis…), on peut toujours choisir l’angle d’attaque.

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Prenons les Secret Stories, réalisation plus au cordeau mais si on regarde la liste des gagnants (pour ce que je m’en souviens, j’avoue n’avoir suivi que les saisons 3 et 4 mais je fais quand même comme si je savais de quoi je parlais), ce sont souvent les “gentils” de l’histoire, les un peu grande gueule mais pas trop, les pas trop mal mais pas trop canons, ceux qu’on pourrait avoir en meilleurs amis… Voire qui pourraient être nous.

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Parce que c’est bien de cela qui s’agit. La téléréalité vous raconte une histoire dont vous pourriez être l’héroïne, vous, oui, vous, la ménagère de moins de 50 ans. D’ailleurs, les gagnants sont quand même très souvent des gagnantes, non ? Vous pensez avoir le pouvoir de choisir le candidat qui restera mais vous choisissez celui que la prod vous impose par un subtil jeu de montages et de règles à la con permettant d’éviter la nomination des fortes têtes imbuvables mais qui font le spectacle. Vous pensez assister à la naissance d’une love story et choisir une candidate car elle vous paraît plus vraie. Mais on vous l’a vendue ainsi alors qu’on fait passer l’autre pour une hystéro prétentieuse et égocentrique.

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La téléréalité, ce n’est finalement ni plus ni moins qu’un jeu de lumière. Et je suis super douée pour voir vers qui pointe le projecteur.

Tout le monde n’a pas le destin de Kate Middleton ! – Fred Ballard

Tout commence à Noël 2012. Vacances parfaites avec un neveu fraîchement livré qui nous émerveille de ses mille et unes mimiques. Même si à moins d’un mois, ça fait pas grand chose, un bébé mais il est kro kro mignon hiiiiiiii ! D’humeur joyeuse, je vais fureter dans les livres de ma mère à la recherche de “Le mec de la tombe d’à côté”, LE livre à lire mais j’échoue lamentablement (en fait, il était dans la bibliothèque de ma chambre, une histoire passionnante). Etant dépourvue de lecture car je venais de finir “Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire”, je me rabats donc sur un livre qui me semble amusant “Tout le monde n’a pas le destin de Kate Middleton !”.

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C’est là que j’ai réalisé que j’avais pas trop la gagne niveau littérature ces derniers temps. Fans de Kate Middleton, pliez bagage, la douce princesse ne fera pas la moindre apparition dans ce roman mais bon, c’est accrocheur comme titre. Le contenu par contre… On suit les aventures de Capucine Guillon, femme multi divorcée et multi maman qui nous a pondu 3 garçons subtilement nommés Paul, Emile et Victor. Ca place de suite l’univers lolesque de notre quadra qui surnage comme elle peut dans sa vie sans saveur. Fred Ballard va donc nous raconter la vie de Capucine pendant un an, du réveillon au réveillon, sur 12 chapitres (comme douze mois, bravo !).

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Sauf qu’une vie sans saveur racontée en roman, ça donne un récit sans relief. Je comprends même pas comment l’auteur a réussi ce tour de force de pondre 300 pages de vide, de rien. Oh y a bien quelques anecdotes mais ce qui est quand même incroyable, c’est qu’elles ne servent à rien. Capucine cartonne une voiture de police, Capucine se fait attaquer par des mouettes, on attend de comprendre le sens de l’anecdote mais… rien. C’était juste histoire de remplir 10 pages. Tout est à l’avenant. On fouille le livre à la recherche d’un embryon d’intrigue, on se demande à quoi va servir chaque briques posées mais elles ne servent de fait à rien, elles sont juste lancées dans le jardin et démerde-toi avec…

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Enfin, si, y a une intrigue et même deux, poussées en parallèle mais sans réel lien (je ne parle pas de consistance):
– Capupu est une ratée qui travaille dans une boîte qui écrit des questions pour des jeux télés. A un moment, elle propose une téléréalité à base de 2 familles partageant une maison en colocation pour l’été donc on suit très vaguement l’écriture du concept et le tournage. Mais vu que notre chère héroïne suit un peu ça de loin, nous aussi…
– Comme sa vie est très vide, notre amie s’invente des problèmes de type “mon premier mari veut plus que je porte son nom et ça m’embête beaucoup parce que mon nom de jeune fille est pourrie”. Donc Capucine va partir en quête d’un nouveau mari ayant le même nom de famille que l’ancien juste pour pas changer de nom. A ce moment là, on pourrait être écroulés de rire devant tant de fantaisie rafraîchissante. Mais non, on a juste un peu envie de jeter le livre par la fenêtre parce qu’on s’en fout bien de savoir si elle trouvera mari au bon nom de famille ou non, le personnage nous a épuisé.

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Sans vouloir critiquer (après tout, si j’avais un jour été publié, ça se saurait), il me semble que dans la construction d’un récit, on amène des éléments servant à des intrigues, pas juste des anecdotes sans saveur destinées à noircir quelques pages supplémentaires. J’avais juste la sensation de lire un blog d’une meuf qui force sa plume de manière agaçante (ah les périphrases… C’est drôle si on n’en abuse pas). Faudra que je vous parle de ça d’ailleurs dans un article, c’est un style d’écriture qui m’agace. Bref, j’ai souffert pendant ces 300 pages (écrit gros), tout est forcé et en même temps, c’est creux, c’est étrange. Comme quoi, passer de la chronique radio à la littérature, même petite, c’est plutôt casse-gueule comme exercice.

Tuons la téléréalité

Depuis plus d’un an maintenant, j’ai une sale manie : je compulse les réseaux sociaux pendant mes trajets en métro au lieu de lire. Triste habitude qui m’empêche de nourrir mon esprit mais exaspère mon désespoir envers l’humain social et sa propension moutonnière. Comme par exemple sa volonté à live tweeter la moindre émission racoleuse de télé réalité ou associée (genre émissions de reportages merdiques où l’on fait croire aux gens qu’on leur donne la parole alors qu’on veut juste se moquer d’eux). Et là, je dis “mais éteignez votre télé bordel ! ».

Petite parenthèse sémantique pour que le reste de l’article soit clair pour ceux qui n’utilisent pas Twitter : en gros, ce sont des gens qui commentent en direct une émission de télé. Or si tu reprends mon paragraphe précédent, je consulte surtout Twitter dans les transports donc quand tu te retrouves à un tweet genre “Oh quelle pute la blonde #emissiondemerde”, tu comprends pas trop de quoi il s’agit et quel est l’intérêt de la déclaration, mais voilà, tu sais que quelque part dans le poste de télé, y a une blonde qui est assimilée à une pute. Mais sutout, tu découvres un phénomène pervers : la téléréalité et consort sont regardés par des kikoolol mais aussi par des amis que tu pensais intelligents et cultivés mais qui ont envie de leur dose de lol et de cracher sur le prolo inculte qui rêve de ses 5 mn de gloire.

J’ai moi même regardé ces émissions. Essentiellement Secret Story 3 (les autres ne m’ont pas accrochée), le Bachelor 3 (parce que j’aime l’histoire de cet homme qui dit je t’aime en toute sincérité toutes les 2 minutes et ce dès le premier rencard et passe pour un prince. Alors qu’un mec qui fait pareil hors caméra passe sutout pour un connard), Pékin Express 1, un peu l’Ile de la tentation (saison 4, 5 ou 6, j’en sais fichtre rien). Et je me suis moquée de leur français plus qu’approximatif et de leur bêtise profondément incrustée. J’ai tenté quelques Confessions intimes mais j’ai un peu de mal, ça me rend terriblement mal à l’aise. Quand aux On a échangé nos mamans et Super Nanny, j’en avais parlé tantôt.

Pourtant, même si on en rit au premier abord, ça finit par créer un malaise. D’abord parce que ces gens qui passent à la télé n’ont pas toujours conscience du traquenard dans lequel ils se sont fourrés. Ils pensent pouvoir trouver une solution à leurs problèmes, faire parler de leurs particularités, de leur passion ou devenir enfin des stars. Touchant sauf que la télé saloparde se fout des bons sentiments, on n’est pas chez les Enfoirés ici. Le montage pervertit les images, ne ressort que les “perles” des brèves participants. Si tu prends Secret Story par exemple, faut pas se leurrer, on prendra toujours le moment où Sandy dit une énormité de type “oh bah je m’a trompée hihihi!” mais si elle se mettait à parler physique quantique (on ne sait jamais), jamais vous n’auriez accès à cette scène. Les abrutis parlent aux abrutis ou aux snobs imbus se moquant de ces losers en quête de leur 15 minutes de gloire. Et ça finit par me faire de la peine, tous ces jeunes paumés prêts à montrer leurs fesses H24 pour “devenir des stars”, seul avenir un peu clinquant qui leur est promis. Mais au bout de 2 mois, tout le monde les aura oublié.

Et c’est là que je dis stop, faut arrêter de nourrir le système. On ne peut pas s’indigner du racolage de ces émissions et les raconter limite minute par minute sur un réseau social, accroissant le succès de la dite émission. Ca fait 10 ans qu’on se moque des débilos exhibos qui parlent pas français, ça va aller maintenant. Si vous voulez de la merdophagie, regardez des séries télé, y en a plein de pourries (je vous en parle suffisamment souvent). Au moins, les acteurs et scénaristes sont payés et non pas exploités avec une vague promesse de célébrité. Et après, on se retrouve avec une ancienne “star” de la téléréalité dépressive qui s’enchaîne les tentatives de suicide.

Alors, on arrête ?

Paranormal Activity 1 & 2 de Oren Peli

Lecteur, je ne sais pas si tu en as bien conscience mais des fois, je souffre exprès pour toi. Comme par exemple quand, dans l’avion, je regarde Paranormal Activity 1 et 2. Et si j’ai pas regardé le 3, c’est parce qu’il y était pas. Tout ça pour t’écrire un nouvel opus de l’art du nanard… Remercie moi.

En fait, tout a commencé par accident, je me demandais quelle était cette étrange émission de téléréalité bidon que regardait la fille devant moi dans l’avion (au passage, pourquoi je me retrouve toujours derrière le connard ou la connasse qui allonge son siège dès le décollage ?). En guise de téléréalité, c’était en fait un film réalisé avec trois bouts de ficelles façon vidéo amateur pour faire plus vrai : Paranormal activity 1.

Katie et Micah sont de jeunes étudiants qui s’installent ensemble dans une belle maison mais suite à quelques événements étranges, Micah achète une caméra pour filmer tout ça. Et c’est vrai que ça fait peur : pendant la première nuit, les clés que Katie avaient posées sur le comptoir de la cuisine sont tombées au sol. OH PUTAIN C’EST LE DEMON ! A dire vrai, les premières nuits, ils ne se passent quasi rien : un lustre qui se balance, des lumières qui s’allument et s’éteignent. C’est du démon de compète… Y a la porte qui bouge un peu. Bref, je meurs de peur. Katie appelle un prêtre ou un exorciste et lui raconte qu’elle est poursuivie par un démon depuis qu’elle est toute petite, même qu’il a mis le feu à leur ancienne maison.

Bref, la caméra énerve un peu notre démonounet qui commence à se fâcher un peu. Katie passe une nuit debout, endormie, avant de partir dans le jardin, il prend possession d’un oui-ja, ça monte en pression. Un soir, Micah trouve dans le grenier et trouve une photo à moitié brûlée de Katie petite. Tout le monde flippe mais moi, pas trop, trop. En fait le suspense se base sur une technique de base : images sombres, silence, tu sais qu’il va se passer un truc (un truc = porte qui claque, un objet qui tombe…) et forcément, quand ça se passe, tu sursautes. Finalement, seule la fin est bien foutue, les deux dernières attaques sont sérieuses (c’est pas juste une lumière qui clignote mais j’en dis pas plus). Le premier opus se termine sur une scène “d’horreur” (on voit rien, t’as qu’à imaginer), sans explication.

On passe à l’opus 2 avec une petite famille américaine : le papa, la toute nouvelle maman avec un petit garçon et la fille du père (belle-fille de la mère). On a droit à des images absolument sans intérêt d’un bonheur familial jusqu’à ce que l’on frappe à la porte : oh mais c’est Katie de l’épisode 1. Katie est la soeur de la jeune maman ! Effectivement, elle avait parlé d’une jeune soeur… Bon, il me semble que dans l’épisode 1, la dite soeur devait s’appeler Cherry et là, elle devient Kristi mais comme j’ai eu la flemme de vérifier, on va dire que je me plante. Petite ellipse temporelle, on se retrouve un an plus tard et la maison de Kristie a été dévastée par des cambrioleurs qui n’ont rien emporté… Ohoh, dit Kirstie à Katie, ça me rappelle quand on était petites, tu sais ? “non, non, parle pas de ces choses là!”. Du coup, le mari de Kristie installe des caméras partout dans la maison et c’est reparti pour un tour : il se passe des trucs trop flippants genre le robot de la piscine qui sort tout seul de l’eau pendant la nuit. TERREUR ! Le démon semble en vouloir à Hunter, le bébé, il se passe des choses étranges la nuit dans sa chambre. Un soir, la bonne espagnole entend de drôles de bruits, elle flippe et veut exorciser la maison mais les parents rentrent à ce moment là et la virent.

Là encore, les événements deviennent de plus en plus violents, on passe de pas grand chose à un bébé qui vole jusqu’à l’attaque violente de la mère par le démon. On sait que l’histoire se passe juste avant le 1. Kristi révèle qu’elle est attaquée depuis toute petite et…. Non mais attendez, quoi ? Dans l’opus 1, c’est Katie la victime du monstre, pas Kristi… Et pourtant si. Le démon prenant possession du corps de Kristi,  la seule façon de s’en débarrasser est de le refiler à Kathy pendant un exorcisme (où la bonne espagnole revenue entre temps disparaît entre deux scènes, normal). Super les mecs, vous êtes en train de totalement vous contredire.

Bref, je vous raconte pas l’histoire plus avant. Dans le 3, de ce que j’ai vu de la bande annonce, ils relieraient le démon à la légende “Bloody Mary” (le truc où tu dis trois fois son nom dans le miroir pour l’invoquer). Là encore, le démon en a après Kristi. Sauf que dans le 2, la belle-fille de cette dernière semble trouver une raison liée à un ancêtre de la famille qui aurait vendu son âme au diable. Et dans le 1er, c’était Katie la victime du démon et non Kristi.

En fait, la “force” du 1 était qu’il n’y avait pas vraiment d’explication bien que Micah parle d’un cas similaire, une certaine Diane (prénom gravé par le démon sur le oui-ja), histoire qui disparaît complètement dans l’opus suivant. En donnant une explication dans le 2 (qui semble modifiée dans le 3), ça casse complètement finalement le peu de peur psychologique du film : Katie est victime sans raison, limite, ça peut nous arriver à tous. Le 2 est plus poussé en terme d’effets spéciaux , les attaques sont de fait plus violentes et le switch final peut être un bon lien entre les deux opus en fin de compte.

Le problème en fait, c’est le rythme. C’est long, très long, tu as des scènes où il ne se passe quasi rien, voire carrément rien et tu attends limite les attaques avec impatience histoire de voir un truc. Le suspense est gonflé de façon artificielle : tu vois les heures défiler au fur et à mesure et dès que le compteur repasse à vitesse normale, tu sais qu’il va se passer un truc. Pas forcément un truc de ouf mais un truc. Du coup, t’as la pression qui monte, tu flippes et quand un objet tombe, tu sursautes. Sauf qu’une fois le film fini, ben tu peux dormir seule chez toi dans le noir sans aucun stress. Parce que ça ne fait juste pas peur, du début à la fin, tu te dis “bon allez, c’est quand la prochaine attaque parce qu’on s’ennuie ferme, là…” Et tu espères qu’à la fin, tu n’auras pas perdu 1h30 pour rien. Et ben si.

Et dire qu’ils vont en faire un 4e…

La coloc de la vacuité : milieu d’étape

Pour les trois du fond qui ne suivraient pas, je vis depuis maintenant 15 jours avec Vicky. On va le faire version téléréalité. « Elles sont deux dans un studio de 30 m² avec un chat, 3 pc, un smartphone, 4 cartons. C’est la coloc de la vacuité ! ».


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Donc voilà, 15 jours, déjà. Quand nous avons commencé notre colocation, l’idée était la suivante : « Soit on devient totalement fusionnelles et insupportables, soit on ne se supportera plus ». Quel stress ! Bon, autant vous dire qu’au bout de 15 jours, on est plus dans le fusionnelles et insupportables que dans le on ne se supporte plus. D’ailleurs, cette semaine, les 3 jours où elle était à Londres, j’aurais dépéri si je n’avais pas organisé ma semi-semaine en conséquence avec des verres en bonne compagnie et un cours de plongée (maintenant, je sais enlever et remettre mon masque sous l’eau, installer ma bouteille sur le gilet mais je suis un peu vexée de rentrer dans un gilet S avec tous les nibards qui sont miens).

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Mais mercredi soir, que de retrouvailles émues ! Pourtant c’était mal barré : moi à la gare du nord à me cacher pour ne pas être la victime collatérale d’une bagarre à laquelle participait un chien surexcité, elle dans un train quelque part perdue dans la campagne calaisienne…  Alors que j’étais au relay pour acheter Closer (ben oui, je
suis égocentrique, j’achète les magazines dans lesquels je suis) et quelques autres titres que je ne citerai pas vu que je pige pas dedans (mais c’est pas dur, vous allez au rayon mensuels féminins et vous trouverez pas mal de titres désormais en ma possession), elle m’appelle « c’est la merde, je serai pas là avant 22h30, rentre à la maison.

– Oh ma chouuuuuuuuute !  Tu veux que je te fasse une bonne soupe ?

– Non, j’ai faim, commande une pizza ! »

23h15, la pizza est dans le micro-ondes et enfin, je la récupère, épuisée. Ma pauvre choute !

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Cette coloc nous rapproche encore d’un cran du genre « hé t’as vu mon nouveau soutif ? » avec démonstration à l’appui, la porte qu’on ne ferme plus quand on fait pipi (y a un drap qui sèche dessus), les eaux oxygénées et coton demak’up qu’on se partage, les « bon, attends, lundi soir, je dors pas chez toi comme ça, je te laisse un peu ton intimité. » « Roh mais te sens pas obligée » ou les « bon, dès que je récupère les clés, je pars camper dans mon nouveau chez moi » « oh mais tu peux revenir un
peu dormir ici, si tu veux… ». Ouais, on devient clairement et irrémédiablement fusionnelles.

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Donc à mi-parcours, je le dis haut et fort et pas juste parce qu’elle est derrière moi : je suis ravie du tour que prennent les choses. Mon appart ressemble
encore à quelque chose, notre linge barbote joyeusement dans la même machine à laver, on a acheté les mêmes baskets Puma. Je trouve le test pour notre amitié intéressant et le fait qu’au bout de 15 jours, il n’y eut pas l’ombre d’une tension m’apparaît comme un élément extrêmement positif alors que par ailleurs, nous avons toutes les deux des sources de tension qui pourraient nous rendre désagréables l’une avec l’autre. J’ai même spontanément proposé que nous
fassions du ménage à fond dans son nouveau chez elle (ok, je suis accro au serpillage des murs maintenant). Et pour fêter cette mi-parcours, nous nous sommes faits une petite st valentin aux petits oignons avec foie gras (elle en a mangé les ¾) et petite bouteille de Chardonnay (elle en a bu une gorgée, j’ai fini le reste. Je suis d’ailleurs un peu pétée). Si c’est pas de l’amour ça !

PS : A la question qui est qui dans le couple Emilie-Sabrina, Vicky vient de hurler « je suis la vierge! ». Donc moi, je suis la coiffeuse.

Re- PS : Par contre, Kenya ayant deux maîtresses qui la bichonnent, elle est sacrément merdeuse en ce moment

Raconte-moi une histoire…

Par Lucas

Il est une famille de français moyens que toute la France connait pour l’avoir croisée au moins une fois depuis l’an 2000 (bientôt dix ans…). Laissez-moi vous présenter les deux principales figures. Et ne me dites pas que vous ne les reconnaissez pas…

 Cette famille,

elle n’a pas fait une émission de télé réalité,

elle n’a rien de spécial
elle n’a pas participé à un jeu à la con,
pas été éventrée par un pater familias pour faire les choux gras de la gutter press.


Elle est comme la mienne,
comme la votre,
comme tous les français
et on suit la vie de cette tribu comme un feuilleton.
En moyenne 170 épisodes par ans.

D’abord il y a les enfants,  Juliette et Thibaud.
Et puis leur grand-mère, qui se fout de la gueule de son gendre en permanence.
Lequel gendre s’appelle Philippe,
marié à Mathilde, une nana qui a un sacré caractère.
Sympa pour Philippe, après une journée de travail avec son collègue, Régis, qui a la voix de Homer Simpson : « j’te dérange paaaaas Philippe ? »

Pour les apatrides qui nous lisent,
pour les ermites et les associaux qui n’écoutent jamais la radio,
je vous parle d’une série de pubs pour les centres Leclerc crée en 2000 par l’agence Lollipop Music.

C’est tout un univers qui a été créé, une sorte de mini feuilleton pour chaque pub.
Un dialogue entre deux protagonistes qui échangent des infos sur un produit Leclerc après une intro funky qui « catche » l’oreille (voix nasillarde, ton surpris, etc).
Ils sont forts chez Leclerc.
Ils ont commencé en France avant tout le monde : ca s’appelle le story telling.

Pas moyen d’y échapper !
Mieux que les Feux de l’Amour !
Tous les pubeux surfent là-dessus en ce moment ! Regardez dans les magazines, on voit partout des images « Isabelle 12 ans, aime boucou ceci »
Entre autres…
Et pour revenir à Leclerc,

On a suivi l’accouchement de Mathilde sur RFM,
on a vu grandir Thibaud sur Nostalgie,
on a entendu Régis emmerder Philippe sur Oui FM (Philippe va-t-il un jour craquer ?),  etc. tout est interchamgeable : ils sont partout, on ne peut pas les louper, et c’est un vrai feuilleton
qui déclenche chez nous une empathie et une sympathie.
Parce qu’on a tous  en  nous quelque chose de Tennessee un peu de Mathilde et Philippe.
Sitcom.
Mine de rien, j’ai beau trouver ca niais, ça fait du bien dans le paysage pubeux d’entendre ces p’tits moments plus ou moins rigolos. Bon, bien sûr, ya toujours le message essentiel, avec les tickets Leclerc, les réductions, tout ça. Et puis la chute finale avec un peu d’humour.
Bingo…

Avec mon snobisme, hérité de mes parents, j’avoue que j’ai été longtemps fermé à ca.
Par exemple, j’ai envie de balancer ma radio par la baie vitrée chaque fois que j’entends l’équivalent de ce story telling chez Super U avec Daniel Prevost et sa voix à claque.
Mais pas avec Mathilde et Philippe.

En fait avec Daniel, j’ai le sentiment aigu que je suis pris pour un con.
Qu’on fait semblant de me raconter une histoire tout en glissant la promo du jour.
Avec Philippe et Mathilde vous allez me dir que c’est pareil mais je le ressens moins.
Je suis moins là à chercher quel produit ils vont défendre. Ya quelques chose en plus sympa, même si ça n’enlève pas mon sentiment de malaise, à chaque fois…
Idem pour les pubs EDF GDF dans les magazines. Avant on avait parfois des personnalités ou des sportifs soutenus par EDF. Là  on nous présente la photo d’une nana. Inconnue. A qui on doit s’attacher car cette personne c’est moi, c’est toi : elle est censée résonner en chacun d’entre nous.

Ca m’agace qu’on utilise de tels ressorts et qu’on me prenne ouvertement pour un abruti… Qu’on me scande à tout va que la Carte Leclerc c’est super. Mais d’un autre coté je me dis que ces pubs doivent resonnner dans plein de foyers. C’est vrai qu’elles sont loin des pubs de mon enfance à la télé où une nana se faisait alapaguer par un vendeur ds un rayon pour tester un produit « ah mais c’est vrai qu’il est bon ». Triple orgasme, double salto arrière.
Connaaaaaaaaasse.

Mais il y a pire…
Au delà du story telling,
je fais un aparté…
Car ça me démange.
Car j’ai envie d’empaler un rédac chef chaque fois que je vois qu’on nous prend pour des cons avec un publi-redac dans les magazines, là où les pubeux nous présentent des produits  sous la forme d’un article. Avec un titre et un agencement comparable à la maquette du journal et la complicité de la revue.
Gniiiiiiiii !!!

Et je suis perplexe.
Est-ce que ça vous donne plus envie de consommer, vous ?
Est-ce que le message passe mieux s’il est moins sur un schéma connu ?
Moi j’avoue que les produits me passent au dessus du nez.
En même temps je ne suis pas allé dans un Leclerc depuis des lustres. Je pense que je serai toujours éberlué devant un linéaire de 3 mètres sur 2 avec 150 références de chips différentes (ici mes potes marketeux ressortent de leur tiroir la poupée vaudou à mon effigie)

Le pire c’est que cette logique prise par les publicitaires s’inscrit dans la nature humaine. On aime bien se faire raconter des histoires, on aime bien être emporté hors de notre monde, quelques minutes. Les spécialistes des campagnes politiques pensent que la raison pour laquelle Kerry n’a pas été élu face à Bush c’est qu’il n’avait pas LA bonne histoire pour rallier à lui tous les zelecteurs… Faire rêver, faire associer. Permettre aux gens en face de se retrouver : dans la pub il s’agit toujours plus ou moins de rassurer. Rappeler vous « Travailler plus pour… gagner plus ». Moi ca m’inquiète un peu ces stratagèmes.
.
Je me dis que si ca se trouve on va arriver à un monde où tout sera story tellin’. Des histoires racontées par des pontifes et en face de ça des opposants pour rappeler la vérité. Relisez La Ferme des animaux et 1984, relisez le Meilleur des Mondes : c’est un peu boucou ça… Tiens une citation de Mister Orwell qui s’applique autant à la politique qu’à la pub,

«Le langage politique est destiné à rendre vraisemblables les mensonges, respectables les meurtres, et à donner l’apparence de la solidité à ce qui n’est que vent.»

C’est toi la rentrée littéraire

Par Lucas

Chaque année, c’est la même chose.
Chaque année, les libraires n’ont pas de vacances.
Chaque année, il faut qu’ils choisissent parmi 300 nouveautés à mettre en place en rayon (au delà des 20 titres phares qui seront bien markétés par les maisons d’éditions et que tout le monde voudra lire).
C’est dingue ce pseudo événement de merde.
Je suis blaszzzzzzé
Par plein de choses.

Le fait tout d’abord qu’il faut créer  un événement pour qu’on daigne s’intéresser à l’actualité éditoriale. On est soi disant dans un pays qui lit. Quand je vois que le chiffre d’affaire du jeu video est de 40 milliards dans le monde (Courrier international du 20 août) je me demande comment faire pour rendre aux bouquins une présence plus grande. D’ailleurs, dans un article du NYTimes, (toujours dans CI), un auteur explique comment il a écrit son roman de SF en pensant à son adaptation en jeu vidéo. On ne pourra avancer dans le jeu qu’en connaissant  des choses racontées dans le roman…

C’est marrant cet imbroglio des deux mondes.
Ça me rassure aussi.

Pour moi les seules passerelles qu’il y avait entre le texte et l’image (mais un jeu n’est pas qu’une image…) c’était l’adaptation de roman en film.
Je suis défait les rares fois où je vais voir un film tiré d’un bouquin. Le pouvoir des mots est tellement plus évocateur que les images ternes qu’on nous sert…
Bon d’accord,  vous allez dire que les temps changent, que « les gens » ne veulent plus lire, gnagnagna.
Je soupire dans mon coin.
Et je ne parle même pas des mères de famille qui lisent Elle et Madame Figaro puis qui vont acheter des bouquins une fois que la critique est tombée dans ces bouses magazines…
Premier point

Vient ensuite, le fait que certains auteurs nous sortent un bouquin chaque année à cette même période. Quand je dis ça, je pense évidemment à Amélie Nothomb.
Son Voyage d’hiver sorti il y a une semaine ne m’a pas emballé.
Le Fait du Prince
s’est révélé niais et sans relief, là où elle aurait pu développer plein de trucs intéressants (oui avec des conditionnels, la vie est simple)
Ni d’Eve ni d’Adam
était un énième Amélie au Japon,
Journal d’hirondelle
avec son tueur né était chiant à mourir et.. oh !

Bah voila : il faut remonter à Acide Sufurique pour avoir un bouquin qui tienne la route où elle évoque et développe une réflexion implicite au texte sur la téléréalité (ici je fais un p’tit salut à mon ami Stan. Si vous ne savez pas pourquoi, lui il le sait).
Un bouquin qui m’avait fait croire que l’auteur d’Attentat et de Mercure avaient retrouvé de l’allant après Antechrista et Robert des Noms Propres. Bah non, faut pas rêver…

Bon, OK,  je fais une pause pour recevoir dans la face les centaines de réponses des lectrices et lecteurs offusqué(e)s devant mes partis pris (Mais arrêêêêêêteeu, moi j’ai adoréééééééé).
Voila, je vous remercie d’avoir râlé, n’hésitez pas à en rajouter, pendant ce temps là je continue.

Quand je reprends la liste des bouquins, je suis perplexe.
Cette année, les éditeurs de Marc Lévaille et Guillaume Mussal ont cru que ça allait le faire de sortir les derniers étrons de leurs poulains avant les vacances. Vous me direz, c’est toujours ça de moins à évincer sur les rayonnages. Bien sûr, j’ai feuilleté un peu les pages et j’ai pris la 4eme de couv de Musso. Là, j’ai baaaadé : San Francisco, une histoire d’amour, un truc inexpliqué, bref, la recette habituelle. D’ailleurs le premier témoignage d’une lectrice sur le site de la Fnac (oui je fais des bafouillles documentées) ledit témoignage est donc éloquent :

 » J’aime lire ses livres car il me transporte loin du train-train quotidien, il me fait rêver, voyager et quand arrive la fin je me dis déjà et attend le prochain avec impatience… »

Alors je pose la question,suis-je un pseudo intello de façade qui se la raconte en stigmatisant ce genre de bouquins ?
Bon vous me direz que les derniers bouquins que j’ai achetés ou empruntés n’étaient pas non plus des essais : le dernier Paul Auster,  » Man In the dark« , un Zweig que j’avais jamais lu « La confusion des sentiments« , « Le Japon n’existe pas » que je vous conseille, et « Eloge de Rien » un mini bouquin publié aux Editions Allia, une maison qui a une ligne éditoriale terrible avec des formats minuscules.

Restent quand même des poids lourds de l’édition. Bons ou mauvais.  Encore un Beigbeder, par exemple. Après99F, Nouvelles sous Extasy et l’Amour dure 3 ans (celui-là je l’ai adoré), j’ai essayé les autres mais j’ai décroché. La critique dit que c’est un roman très personnel. Mais ils le sont tous. Faut-il donc que je m’intéresse au dernier ?
Et puis quand on voit la flopée d’auteurs méconnus, on est perdu.
Comment choisir ? Sur quels critères juger ? La couleur flashy de la couverture qui attire l’oeil ? La 4eme de couv ? Le titre prometteur ?

Ma libraire nous fait des soirées tous les 6 mois pour nous présenter des coups de cœur qu’elle, son associé ou ses deux employés-etudiants ont pu avoir. En outre, elle met des petits cartons pastels sur les romans qu’elle a kiffé pour expliquer en quoi c’est un bouquin terrible.
Mais il y a en tellement…
J’ai adoré « Le Japon n’existe pas » et « Sur la Plage« . J’ai boucou aimé La formule préférée du professeur et « Fuck América« .
Entre autres.
Des centaines d’autres.
Pour les personnes qui n’ont pas une relation telle avec leur libraire et qui achètent leurs bouquins à la Fnac en s’arrêtant sur la tête de gondoles « nos meilleures ventes », quid juris?

Bon OK.  Ma libraire, est parfois complice.
Les auteurs connus à fort tirage sont mis en avant. Il faut bien qu’elle gagne sa vie. Quand je rentre chez ma libraire, juste devant l’entrée il y a un présentoir spécial, rempli des derniers Musso et Levy, ainsi que du dernier Kennedy, lequel a publié lui aussi un nouveau roman en mai : je n’ai lu aucunes critiques mais après la douche froide de « La femme du Vème », j’étais peu enclin à
me jeter sur le nouveau.
Vous allez me dire que Douglas a fait exactement comme Marc et Guillaume vu qu’il finit en queue de poisson en jouant la facilité avec un épilogue surnaturel…
Pour moi, c’est vraiment un coup de poignard dans le dos.

Ce qui était intéressant chez lui, c’est le fait qu’il prenne des faits de sociétés comme thème de roman : l’impératif de la réussite sociale dansl’Homme qui voulait vivre sa vie (j’ai adoré ce bouquin), le poids de l’image sociale dans Rien ne va plus, etc.
Là, c’est plus « un américain à Paris » mais sans le coté cinglant de l’humour anglais de « A Year in The Merde » ou romanesque de Hemingway et consorts.
Affligeant.

Je suis donc bien con de critiquer Mussal et Lévaille.
Pour autant, Mister Doug, peut-on esperer que l’opus sorti en mai est plus sympa ?
J’ai des doutes…

Je repense à Simenon et San Antonio, qui nous sortaient un roman tous les 6 mois (une fois, Simenon à mis 2 jours pour écrire un Maigret…).
Je pense à Mary Higgins Clark qui nous lâche des polars à la chaine.
Je pense à Higgins qui nous sort des épisodes de Sean Dillon tous les ans,
à Grisham qui nous pond un thriller juridique dans la même période.
S’il n’avait pas mourru si vite, est-ce que Stieg Larsson nous aurait sorti une nouvelle saga aussi efficace que celle qui peuple les tunnels de ma RATP ?

Vous allez surement me répondre que personne dans la vie ne choisit sa couleur, l’important c’est d’écouter son cœur. Les apparences et les préférences ont trop d’importance, acceptons les différences, c’est vrai, faut de tout tu sais, faut de tout c’est vrai, faut de tout pour faire un monde.
Oui.
Mais…
Ca m’agace quand même qu’on soit submergé à un moment « T « de bouquins en tout genre là où un livre génial sorti en mars aura plus de mal à se faire connaitre.
Bon c’est vrai que l’Elégance du Hérisson, avec tous ces passages reulou au-delà du sujet principal très prenant, ce bouquin donc était sorti en dehors des circuits et que ca n’a pas empêché un succès de masse. Comment l’expliquer ds ces cas là ? Le bouche à oreilles ? Le fait que l’auteur joue sur l’image des classes sociales ? Le fait que…
Peu importe…
J’aimerais bien avoir votre avis, tout de même !

Allez je vous laisse sur un test rigolo.
Lisez 10 pages d’un levaille ou d’un mussal puis allez lire un extrait des œuvres de JLB dans le roman La Petite Marchande de Prose de Daniel Pennac. Vous allez voir, ça va vous rappeler quelque chose…

Au fait, je ne regarde jamais la télé, mais est ce qu’il y a des pubs pour les bouquins ?