Vivre sans télé ?

Petite soirée entre filles, je papote avec Stéphane, une copine de mon ex club de plongée avec qui je suis partie au Levant. A un moment, on évoque la question passionnante de la taxe d’habitation et de la redevance et elle me fait « j’ai pas la télé. Entre les replays et le téléchargement, j’en ai pas besoin ! ». Ah, tiens, pas con.

Je trouve qu’on diabolise souvent la télé à tort dans la mesure où c’est un média comme un autre et que tout dépend de l’utilisation qu’on en fait. Je peux regarder France 5 comme TF1 tout comme je peux lire Le Monde ou Cosmo, écouter France Inter ou Skyrock, surfer sur Mediapart ou un skyblog. Oui je dis « ou » et pas « et », je suis manichéenne si je veux. Mais force est de constater que ma télé est plus sur TF1 ou IDF1 que sur France 5 ou la chaîne parlementaire. C’est mon droit, c’est mon choix, point de flagellation ici. Mais la question se pose : elle m’amène quoi, la télé ?

En premier lieu du bruit et de la distraction. Je ne la regarde que très rarement attentivement vu qu’en même temps j’écris, je continue de taguer mes vieux articles, je gribouille en anglais, je tricote… Bref je ne sais pas regarder la télé sagement. Parce que d’abord, ça m’endort mais en plus, j’ai peur de perdre mon temps.

Mais la télé, elle me raconte parfois des histoires qu’il me plaît d’entendre. Je parle des séries voire téléfilms, pas d’une éventuelle manipulation médiatique (déplaisante à entendre au passage vu l’amour absolu de la petite lucarne pour le catastrophisme et le racolage). Elles sont rares, certes (je suis tellement chiante comme spectatrice) mais quand même… Et non, je télécharge pas parce que j’y pense pas. Mais je peux changer ça. Récupérer ce qui m’intéresse et ne plus regarder que séries et films en vo s’il vous plaît car mon english fait la gueule en ce moment. C’est fou comme ça se perd vite… Et j’économiserais la redevance + l’abonnement télé. De toute façon, je suis déjà larguée quand on me parle de top chef/masterchef/la France a un incroyable talent/Koh Lanta… Tous ces prénoms qui surgissent sur la scène télévisuelle pour redisparaitre aussitôt. Qui serait capable de me citer les participants de secret story de cette année ? Puis au pire, j’ai qu’à lire les résumés de Voici et me revoici à la page !

2013 sans télé, la première bonne résolution ?

La coquette et l’intello

Depuis quelques temps, je le confesse, je délaisse toute presse féminine. Lassitude, impression d’avoir déjà tout lu, j’en parlerai une autre fois. Or un petit nouveau qui se positionne différent apparaît dans nos magasins. Vais-je craquer ? Non car en lisant ceci et ceci, j’ai compris que ce nouveau venu, Causette de son nom, n’arrivait toujours pas à dépasser le sempiternel clivage de
la presse féminine. Soit t’es coquette et conne, soit t’es intello et négligée. Raaaaah !

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Petit point de sémantique avant de poursuivre : je parlerai ici de femmes intellectuelles et non pas intelligentes. Parce qu’on peut très bien être cultivée et avoir le QI d’une huitre (ce qui n’empêche pas une bonne mémoire) et avoir une culture proche du néant et être néanmoins intelligente. Maintenant que ce point est posé, poursuivons. Donc la femme, cet être à part, est souvent présentée comme polyvalente, capable de parler au téléphone tout en gribouillant la liste des courses et surveillant la cuisson du poulet. Par exemple. Ce qui n’est pas mon cas vu que je ne fais jamais de liste de courses ni ne cuis de poulet. Par contre, j’ai toujours un franc succès quand je sors ma botte secrète : être capable de taper sur mon clavier une phrase cohérente tout en discutant avec la personne à côté donc en ne regardant ni clavier ni écran. J’ai fait ça l’autre jour à ma stagiaire qui était persuadée que je tapais n’importe quoi. Même pas, et toc. Par contre, je le fais de façon totalement inconsciente. Mais je m’égare ! Donc la femme a beau être polyvalente, il semble qu’on ne soit capable que de ne s’adresser qu’à une partie de son cerveau : soit la partie coquette, soit la partie intellectuelle. Les deux ? Et bah non !

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Vous allez me dire (à juste titre) que j’exagère, qu’il y a aussi des reportages sérieux dans Elle et Biba, par exemple. Si, c’est vrai. Des reportages souvent consacrés aux conditions de vie des femmes dans des pays où ce n’est pas la joie, j’ai même lu un article sur l’excision dans Biba et ça ne te met pas super en joie. Mais bon, il est vrai que ce genre d’articles est un peu noyé dans la masse des mascaras, rouges à lèvres, it bag et photo de mannequins à l’IMC relativement préoccupant. Et encore, les mannequins des photos sont bien plus épaisses que les mannequins des défilés. A ce sujet, je me demande bien pourquoi les créateurs ne font pas défiler directement leurs tenues sur des cintres… Passons. De l’autre côté, on nous propose donc un magazine sans mode et beauté parce que les filles en talon sont des pétasses. Ouiiiiiiiii…

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Alors il est vrai qu’en général, quand je lis un Cosmo ou assimilé, c’est pas forcément pour me cultiver mais plutôt pour me détendre et avaler plus facilement les 5 ou 6h de train qui me séparent de chez mes parents. J’ai bien tenté les mots croisés mais dans un élan de modestie, j’avais acheté un jeu niveau 1 ou 2 avec comme réponse à la définition « pour jouer », il fallait inscrire le mot « jouet ». Ceci étant, j’ai cherché quelques minutes, tellement je pensais pas que ça pouvait être aussi simpliste. Ah ben si… Au secours. Si je veux me cultiver, j’irai plus prendre un Nouvel Obs, un Courrier International ou que sais-je encore. Choisis ton camp camarade. Mais ce qui m’énerve, c’est cette perpétuelle dichotomie. Doit-on, pour être intellectuelle, se foutre de la mode, avoir du poil aux pattes et une sacrée gaine de capitons autour des cuisses ? Franchement, que cette dichotomie vienne de la part de femmes, ça me rend dingue. Parce que pardon mais quand on dit que pour avoir un esprit sain, faut un corps sain, je trouve ça on ne peut plus vrai. Et puis tiens, tirons un peu la démonstration. La mode, le maquillage, ce n’est ni plus ni moins que de la science. Pardon ? Mais oui, nous avons un corps et sur ce corps, il faut placer des oripeaux qui correspondent au mieux à sa géométrie. Par exemple sur une fille petite comme moi, faut pas trop abuser des tailles basses qui peut donner une sensation de « « petites pattes » . De la même
façon, la coiffure ou le maquillage doit épouser la forme de notre visage et respecter ses couleurs. Du fait de mes yeux bleus et de ma peau claire, je dois plutôt jouer sur les couleurs froides.
Mets-moi du rouge à lèvres rouge et tu verras à quel point ça ne me va pas du tout. Et, oui, j’aime avoir la peau douce et sentir bon, reconnaître les effluves qui me parlent et se marient bien à
la chimie de ma peau, trouver des produits qui la rendent soyeuse parce qu’une peau bien hydratée ne tire pas. Quant au régime alimentaire et au sport, là, encore, c’est une question de physique.
Si je mange mal, je digère mal et je ne suis pas bien. En tant qu’adepte de la chrononutrition (enfin, je dis ça mais je petit déjeune pas, c’est mal), je sais que le midi, j’ai intérêt à privilégier les sucres lents sinon à 17h, fringale et perte d’énergie. Or ma journée de travail dure jusqu’à 19h, je peux pas perdre 2h à ne rien foutre.  2h sur une journée qui en dure 8, c’est énorme. Et je ne te parle même pas des régimes équilibrés à base de calcul de calories… Quant au sport, il permet de se vider la tête des conneries, se purger pour booster sa créativité. Sans parler de la magie des endorphines qui me donne de l’énergie à revendre. Etant d’un naturel stressé, je peux vous garantir qu’on n’a rien trouvé de mieux que le sport pour se détendre. J’ai même une théorie qui dit que tout problème est dissolvable dans l’eau chlorée. Testé et approuvé par moi.

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Bref, je suis navrée de constater qu’en 2010, il faille encore choisir son camp. Non mais quelqu’un peut-il m’expliquer depuis quand mettre des talons empêche de se cultiver. Oui, ok, c’est moins pratique pour marcher dans les musées, par exemple, mais n’importe quelle femme habituée à ses talons de 12 pourra vous faire toute une expo sans penser à ses pieds, concentrée sur les œuvres qui sont étalées sous son nez. Et quand on fait un régime, ce n’est pas les neurones que l’on perd, ce sont les capitons. Alors amies, unissons nos forces et crions ce slogan : « Moi, je suis intello même avec mes stilettos ». Non mais…

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Faudra que je pense à acheter des stilettos pour le coup.

Voilà pourquoi je ne vais jamais chez le docteur

Aujourd’hui, je vous dois une confidence : en tant que fille de médecin, je suis victime du syndrome des cordonniers mal chaussés. En un mot : je ne vais jamais chez le docteur, je demande tout à papa. Ce qui fait par exemple que j’ai des lunettes tordues sur le nez (il est pas ophtalmo mon père et y a des jours où je lui en veux un peu pour ça) et que j’ai dû lui demander des antibio pour soigner préventivement une potentielle chlamydia. Ce qui l’a fait marrer, mes parents ont un super sens de l’humour.

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Mais voilà, depuis ma plongée à Marseille, j’entends moins bien les gens et je m’entends un peu trop bien (vous n’imaginez pas comme ça fait du bruit de se laver les dents) donc mardi soir, quand j’ai quasi pas pu mettre la tête sous l’eau à cause de mes oreilles, mon gentil moniteur m’a dit « bon, tu es gentille mais tu vas chez l’ORL, là ! ». Moi chez le docteur, juste ciel ! Ah oui, c’est là que je dois aussi préciser que je me suis jamais réinscrite à la sécu depuis la fac… Hum… Donc docile, j’appelle un premier ORL, répondeur : « Bonjour, nous sommes ouverts le lundi de…à…, le mardi de… à…, le vendredi… Ah non pardon, le mercredi de… à… […] En cas de résurgence…heu pardon d’urgence, vous pouvez nous joindre… ». Bon, c’était pas résurgence le mot mais un docteur qui laisse un tel
message répondeur, j’y vais pas. Au suivant. Re répondeur (ils bossent jamais avant 10h les ORL ?) mais message normal. La secrétaire me rappelle quelques temps plus tard, rendez-vous est pris pour le lendemain (aujourd’hui donc), 10h.

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9h55, ce matin, je sonne, je suis reçue par un mini docteur qui me place dans la salle d’attente. Ah tiens, y a Be, je vais en profiter pour le feuilleter, Nelly m’ayant dit que c’était le meilleur des hebdos féminins (je suis très Grazia moi). Je confirme, c’est pas mal mais je comprends mieux pourquoi j’aime moins Cosmo maintenant : Fiona Schmit est partie chez Be. Manquerait plus que Sophie Henaff parte et je n’achèterai plus Cosmo. Bref, le docteur finit par me recevoir et j’ai droit à toute une leçon de morale sur le fait que je prends pas mes médocs pour mon allergie parce qu’en fait, tout vient de mon nez et non pas de mes oreilles, je dois avoir le nez nickel pour plonger. Et comme j’ai toujours une demi allergie qui traîne forcément, je suis légèrement morveuse. Et puis je me fais gronder pour avoir trop plongé, être retournée à la piscine mardi… Ca me rappelle quand j’étais à l’école et que j’avais mal (voire pas, j’étais une graine de délinquante) fait mes devoirs et que j’avais développé une technique infaillible pour ne pas trop écouter : agiter les orteils et me concentrer sur cette partie de mon corps. Aujourd’hui encore, je le fais en pensant très fort dans ma tête « ranafout ranafout ranafout ! » mais j’évite de trop faire ça car mes yeux me trahissent. Bon bref, je me fais gronder et traiter d’inconsciente parce que s’il le faut, j’ai cassé mon oreille interne et il ne veut pas entendre mon objection relative au fait que mon équilibre va très bien (enfin équilibre physique, le reste est encore à prouver).

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Je passe sur le siège, il regarde ma gorge qui va bien, merci. Ensuite, il met un cylindre dans mon nez, ce qui ne me plaît pas vraiment, je suis pudique de certains conduits, moi. Et là, merveilleux, fantastique : « Vous avez une déviation de la cloison nasale à droite, c’est pour ça que vous souffrez de l’oreille droite ». Quoi ? Pardon ? Tu oses me dire que mon nez tout charmant n’est pas parfait ? Là, j’ai un peu envie de pleurer mais vu qu’il ne me propose pas l’opération direct, je suppose que ma déviation est anecdotique. Bon, passons aux oreilles : « ahlala, comme vous avez un nez tout petit, vos conduits auditifs sont tous petits aussi, je vais vous allonger ». Ca sent
la réplique de mauvais film porno ça, l’histoire de s’allonger et de petits conduits…  « Oh, vous avez un peu de sang dans l’oreille ». J’ai le droit de pleurer pour de vrai, là ?

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Bon, l’oreille gauche va à peu près bien merci, il me teste l’oreille interne en faisant tinter un truc sur ma tête, elle est nickel (mais je lui avais déjà dit). A l’arrivée, j’ai pas trop grand-chose, juste un barotraumatisme de l’oreille moyenne, ce que je savais déjà grâce à Internet mais j’ai rien perforé. Et me voici avec une ordonnance longue comme mon bras d’antibio, de cortizone (bon, ben là, super régime), de trucs qui nettoient le nez. Sachant que si je ne me suis jamais droguée nasalement, c’est essentiellement parce que je déteste me mettre des trucs dans le pif, je suis toute en joie. Et évidemment, je suis punie de piscine pendant 15 jours.

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Je retourne à l’accueil où la secrétaire malade me dit « 70 € ». Ahah, ma surdité temporaire me joue de drôles de tours. Je tends ma carte bleue et que vois-je sur l’écran ? 70 €. Attends, le mec, il m’a allongée (bon, ok, je suis en pantalon), fouillé les conduits, dit du mal de ma cloison nasale et je dois payer 70 € ? Et après, on s’étonne que je n’aime pas aller chez le docteur.

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Bon, en attendant, je vais aller m’inscrire à la sécu, hein, histoire que ma mutuelle me serve enfin à quelque chose.

Les merveilleux ressorts de la drague féminine

Par DianeVingtenairets, vingtenairettes, Nina, collègues, lecteurs chéris mon amour
Aujourd’hui un petit article option cosmo/biba. Il se trouve que j’ai eu la récente occasion d’observer le très intéressant -voire un tantinet comique- phénomène de ce qu’on pourrait nommer la « drague féminine », et que dans un élan d’altruisme compulsif  j’ai eu envie de partager avec vous ce beau moment de démonstration plus ou moins subtile des conséquences plus ou moins subtiles elles aussi de l’action des hormones sur le corps et l’esprit féminins.

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Plantons le décor. Etant apprentie prof, quand je ne donne pas de cours j’en prends, avec plusieurs autres profs débutants, de plusieurs matières différentes. Bref, Lundi dernier je rentre donc en RER avec trois collègues, dont une de ma matière (appelons la Pamela), et deux autres (masculins, je précise) profs d’histoire géo (Brandon et Stephen). Et lors de ce long trajet j’ai pu observer non sans intérêt donc que ma collègue ne semblait pas indifférente aux charmes d’un de nos compatriotes mâles (Brandon).


ANALYSE COMPORTEMENTALE DE LA FEMELLE EN RUT

1/ Première technique: éloigner toute concurrence
Etant donné que j’étais danger potentiel en tant qu’autre femelle présente, fraichement brushée de la veille, et en plus connaissant la cible depuis un peu plus longtemps qu’elle, il a fallu m’évincer afin de retenir l’attention un maximum. Ce pourquoi Pamela a  choisi comme sujet de conversation une formation à laquelle ils ont assistés tous les trois, mais pas moi. Elle peut ainsi empêcher ma
participation à la conversation un maximum, et vous pouvez ainsi comprendre le pourquoi de cet article. N’ayant strictement rien à foutre et ne comprenant rien à ce qu’ils disaient, la politesse m’interdisant de sortir mon IPOD, il ne me restait plus comme option pour éviter l’ennui mortel que l’observation sociologique.

2/Deuxième technique: créer un lien social et relationnel avec la cible
Pour cela, plusieurs possibilités: on peut la flatter, s’affirmer passionnée par sa collection de capsules de bière ou rire un peu exagérément au moindre trait d’humour de sa part. Pamela a pour sa part opté pour la fameuse technique du « tissage du lien social par dénigrement d’un tiers ». Je m’explique. Une fois choisi le sujet de conversation qui me mit hors-jeu, elle fit alors preuve d’une déjection de fiel impressionnante à propos des autres gens présents à leur formation du matin. Il s’agit donc de se rapprocher de quelqu’un en s’alliant contre un « ennemi commun », une sorte de bouc émissaire contre lequel on n’a rien en particulier mais qui est bien utile pour se rapprocher de Brandon. Et il ne s’agit même pas de critiquer ses techniques pédagogiques, ou ses qualités humaines, nononon: elle ne s’attaquait à rien de moins que… leurs physiques. Ayant choisi pour cibles uniquement des filles (cf technique n°1), elle menait un listing de leurs défauts physiques, voyageant entre le visage ingrat de l’une et les kilos superflus de l’autre…le tout sous couvert d’une observation purement socio-pédagogique: ça doit être dur le regard des élèves sur soi quand on est moche comme ça… un vrai délice. Et ce qui lui a permis de passer à la troisième technique:

3/Troisième technique: le chleuasme
aaahhh ça, c’est une des techniques préférées des filles. Ce mot barbare et pas très beau (chleuasme) désigne une petite chose toute simple. En gros, après avoir déblatéré sur la mocheté ambiante des filles présentes à la formation ce matin là, elle opte pour un « enfin moi, je me considère pas magnifique non plus, mais bon, dans la norme quoi »…  Et qu’essaye t-elle de faire ici? La même chose que toutes celles qui disent en soupirant « j’suis trop moche », « j’suis trop grosse », « j’suis trop conne »…… c’est à dire d’essayer de faire dire à celui qui est en face de soi que « mais nonnn, t’es pas mooooche ». Le chleuasme consiste donc en un auto-dénigrement (que l’on ne pense pas pour un sou, bien sûr) pour faire dire le contraire à l’autre. Elle attendait là un « attends, t’es vachement mieux qu’elles quand même, un bijou rare des îles malouines, allons coïter dans mon appartement ».

4/quatrième technique: bien se faire voir
Juste après le dénigrement des autres puis de soi-même, Pamela eut un petit temps de pause (pas trop long, quelqu’un pourrait prendre la parole et détourner l’attention de Brandon) puis lança un très spontané « enfin, j’suis pas méchante hein… » qui personnellement m’a bien fait intérieurement glousser. On imagine le petit dialogue intérieur avec elle-même pendant cette pause « merde je viens de passer 10 min à cracher sur le physique d’autres filles je vais passer pour une méchante aigrie faut pas qu’il croit ça sinon exit le coït faut que je dise quelque chose qui fasse sympa pour le détromper vite vite vite….. » et pouf. Et pour compléter le tableau, après avoir passé 14 stations de RER (c’est long, j’vous le dis) à parler d’un truc que je ne comprenais absolument pas, elle se retourne vers moi entre la 14ème 1/2 et la 15ème et dernière station pour commencer un: « au fait, on parle de la formation qu’on a eu ce matin et…..ah tiens, on descend ici. Tu restes bien toi, hein? bon bah salut! »

Je me passerais de davantage de commentaires (pour une fois), et en guise de conclusion ne résiste pas à vous mettre un passage de Nana (experte en chef en ce qui concerne la séduction féminine dans toute sa cruauté et son ingénuité.. ) (Nana est une fille des rues, elle débute en tant qu’actrice dans un théâtre de boulevard et fait bcp d’effet aux hommes, et même  qu’un prince vient la rencontrer dans les coulisses)

« Si Son Altesse veut bien entrer… 
Un cri de femme surprise se fit entendre, et l’on vit Nana, nue jusqu’à la ceinture, qui se sauvait derrière un rideau, tandis que son habilleuse, en train de l’essuyer, demeurait avec la serviette en l’air. 
— Oh! c’est bête d’entrer comme ça! criait Nana cachée. N’entrez pas, vous voyez bien qu’on ne peut pas entrer! 
Bordenave parut mécontent de cette fuite. 
— Restez donc, ma chère, ça ne fait rien, dit-il. C’est Son Altesse. Allons, ne soyez pas enfant. 
Et, comme elle refusait de paraître, secouée encore, riant déjà pourtant, il ajouta d’une voix bourrue et paternelle: 
— Mon Dieu! ces messieurs savent bien comment une femme est faite. Ils ne vous mangeront pas. 
— Mais ce n’est pas sûr, dit finement le prince. 
Tout le monde se mit à rire, d’une façon exagérée, pour faire sa cour. Un mot exquis, tout à fait parisien, comme le remarqua Bordenave. Nana ne répondait plus, le rideau remuait, elle se décidait sans doute. Alors, le comte Muffat, le sang aux joues, examina la loge.  Ce sentiment de vertige qu’il avait éprouvé à sa première visite chez Nana, boulevard Haussmann, l’envahissait de nouveau. 
— Dépêche-toi donc ! souffla Bordenave, en passant la tête derrière le rideau.
Je vous demande pardon, messieurs, dit Nana en écartant le rideau, mais j’ai été surprise…
Tous se tournèrent. Elle ne s’était pas couverte du tout, elle venait simplement de boutonner un petit corsage de percale, qui lui cachait à demi la gorge. Lorsque ces messieurs l’avaient mise en fuite, elle se déshabillait à peine, ôtant vivement son costume de Poissarde. Par-derrière, son pantalon laissait passer encore un bout de sa chemise. Et les bras nus, les épaules nues, la pointe des seins à l’air, dans son adorable jeunesse de blonde grasse, elle tenait toujours le rideau d’une main, comme pour le tirer de nouveau, au moindre effarouchement.
— Oui, j’ai été surprise, jamais je n’oserai… balbutiait-elle, en jouant la confusion, avec des tons roses sur le cou et des sourires embarrassés.
— Allez donc, puisqu’on vous trouve très bien ! cria Bordenave.
Elle risqua encore des mines hésitantes d’ingénue, se remuant comme chatouillée, répétant :
— Son Altesse me fait trop d’honneur… Je prie Son Altesse de m’excuser, si je la reçois ainsi…
— C’est moi qui suis importun, dit le prince ; mais je n’ai pu, madame, résister au désir de vous complimenter…
Alors, tranquillement, pour aller à la toilette, elle passa en pantalon au milieu de ces messieurs, qui s’écartèrent. »

Tsunami en la demeure

Aussi incroyable que ça puisse paraître, je ne suis pas morte. Personne de mon entourage n’a passé l’arme à gauche non plus. Ma petite absence en ces lieux s’explique par une déprime passagère qui me rend à peu près aussi drôle qu’un tableau de Munch et mon week-end à Marseille pour Buzz Paradise que je vous raconterai quand j’aurai retrouvé toute
ma joie de vivre car ce week-end fut une belle réussite pour l’agence à mes yeux et je veux leur rendre hommage à juste titre. Et pour ceux qui en douteraient, non, je ne bosse pas chez eux. La preuve, je ne vis pas au Luxembourg.


Donc je disais qu’en ce moment, c’est pas la joie alors plutôt que de griller un sujet intéressant (ou non) en écrivant un article mal tourné car nous savons tous ici que mon humeur influe sur la qualité de ma plume, je pars en freestyling. Non, ici, point de chouinage à base de la vie c’est moche. De toute façon, mes soucis étant liés au boulot, je préfère ne pas raconter, de peur de trop en dire. Rien d’essentiel, je ne risque pas du tout ma place, que du chiant de toute façon. Comme a dit Anthony, le mec de ma sœur : « vous faites vraiment un métier de con… » (le vous intégrant ma sœur). Pas tout à fait faux quand on voit les drames qui sont les nôtres. Dans quelques temps, ça me fera hurler de rire à m’en taper les cuisses mais là, un peu moins. De toute façon, l’unanimité de mes relations me signale que je suis un peu trop impliquée et qu’il faudrait que je lève le pied. Moi-même, je me le dis, c’est pour dire. Même mon horoscope de Biba (je crois) a dit, je cite : « les amours ? Pas le temps, vous ne pensez qu’à votre carrière ». Pas faux mais en même temps, en ce moment, les mecs que je rencontre ont tous de sérieux problèmes avec les femmes en général. Des fois, je regrette un peu de ne pas avoir fait d’études de psychologie, je suis un tel aimant à tarés que je ferais fortune si j’avais mon cabinet. Oh, je créérais un blog psy ! Genre venez étaler vos névroses en comms, je vous analyse. J’aurais du pain sur la planche, déjà que certains ici me font halluciner par le contenu de leurs propos alors que je ne soigne personne… Mais faut dire aussi que j’ai le don de trouver mignon des mecs qui se révèlent être des connards.nPas forcément avec moi, d’ailleurs. Là, par exemple, j’ai croisé un mec en soirée au tout début de l’été, un croisement si furtif qu’il ne m’a pas vue, j’avais juste son prénom. Un jour, une amie me parle d’un blogueur dont je ne connais que le pseudo, elle me montre sa photo, j’ai un doute… On dirait le même mec. Et bien tout à l’heure, en furetant sur viadeo, j’ai eu confirmation que c’était le même mec. Ce mec qui incarne à la perfection mon style d’hommes est donc un type peu fiable. Merde. Pour la petite histoire, j’ai retrouvé ce jeune homme… dans les contacts de ma sœur.

On peut draguer sur viadeo ou c’est mal vu ?


Enfin, il faut voir le verre à moitié plein, je dois m’y forcer. Mes problèmes sont ponctuels, peu importants, rien de grave. Dans quelques temps, j’en rirai de bon cœur (sans me taper les cuisses cette fois, ça fait mal à force). Je pensais que 2009 serait un cru aussi bon que 2007, pour le moment, hors changement de poste, y a rien de vraiment particulier mais j’ai envie de lui laisser une chance de me prouver le contraire à 2009. Il reste deux mois et demi. A moi de me bouger pour faire un truc de plus de positif, un truc qui restera. Non mais c’est vrai, zut, les années impaires sont mes années, j’adore le chiffre 29 et depuis que j’ai 29 ans, il ne se passe rien de notable. Faut que j’attende la trentaine ? La trentaine, mon Dieu… D’ailleurs, ça y est, depuis presque 15 jours, j’ai 29 ans « et demi », comme quand on était petit, je dégringole vers l’autre côté. Suis-je censée commencer à réfléchir très fort à une liste de choses à faire avant 30 ans ? Non parce que j’ai pas trop d’idées, là… En même temps, en cinq mois et demi, il ne me reste pas le temps de faire beaucoup de choses, des petits trucs, plutôt. Et non, je ne sauterai ni d’un avion ni d’un pont, dussé-je avoir un élastique ou un moniteur avec un parachute dans le dos (bien que ça puisse être un volet intéressant pour où trouver l’homme mais je me pense sincèrement incapable de le faire).


De toute façon, faut que j’arrête de toujours me mettre des échéances pour tout, ça sert à rien.

Bref, voilà, je finis là cet article sans queue ni tête. Dès que ça va mieux, je vous raconte mon week-end marseillais, mon avis sur adopteunmec (ça va saigner), le fait que je suis toujours insatisfaite et j’avais vu un autre sujet pas mal dans Glamour ou Biba ou Cosmo (j’ai pas encore lu Marie-Claire) à développer. Ah et il faudra à tout prix que je vous parle d’une asso aussi !



Bon, c’est pas tout ça mais après avoir bu un mug de café, la nature se rappelle à moi.

Les trolls sont nos amis

(il faut les aimer aussi… Naaaaaaaaaaan !)

Cette semaine, j’ai reçu un mail pour le moins étrange que, dans ma grande générosité, j’ai fait suivre à quelques personnes tellement il était fin et spirituel. Enzo, dans un élan que je qualifierais de psychanalytique, a décidé pour nous de décrypter le message de ce monsieur. Découvrons ceci ensemble. (Enzo est en bleu)

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J’avais le choix entre trois sujets, deux dissertations (« Est-ce que le blog n’est qu’un prisme déformant de la vie ? » et «  ») ou une étude de texte. J’ai choisi cette dernière, avec un beau commentaire d’une personne célèbre à propos de l’article sulfureux « Les femmes préfèrent les connards » adressé à son auteur Nina. Je vous retranscris l’étude en insertion dans le texte, pour une meilleure compréhension.

« Bonjour Nina,
Le plus intéressant, dans ton article, sont les commentaires et, surtout, ta manière d’y répondre. Très révélatrice cette agressivité dont tu fais preuve envers les hommes aigris, les frustrés, les bande-mou, les moches et autres premiers de la classe boutonneux à lunettes qui ne méritent que ton dédain et leur main droite pour seules compagnes. »
La première phase me donne immédiatement le sourire car apparait tout de suite les réflexes flagrants que l’on découvre souvent dans ce genre de missive. On y retrouve la posture du psychologue : tout est intéressant, révélateur. Une position médicale qui permet d’amener une certaine supériorité, comme une sagesse et un recul intrinsèques à cette position. Un détail à noter : l’auteur signe « Dr House », ce qui, en dehors d’un indice d’une grande originalité et imagination, renforce cette posture médicale. Un gentil sage qui s’occupe -bénévolement- du cas de Nina par amour de l’humanité et respect du serment d’hypocrate.

« Sans évoquer le cas extrême de ceux qui furent brisés dès la naissance par une nature injuste ou une mère harpie (ou les deux, pour les parfaits boulets), t’es-tu seulement demandé la raison pour laquelle des hommes, au départ sains et dignes, sont devenus ces larves immondes et soumises qui implorent en rampant qu’une ultime belle salope telle que toi les achève pour de bon et en public ?
Pourquoi viennent-ils ici répandre leur impuissance et se faire humilier par une princesse de pacotille ? »

La suite post-introduction démontre la connaissance de la psychanalyse en mettant en avant les concepts de mère abusive et de l’importance des évènements apparaissant « dès la naissance ». La verve employée peut l’être pour rentabiliser au maximum ses cours de français, soit pour vouloir instaurer une forme de supériorité intellectuelle. Dans le doute, je m’abstiendrais de trancher. Mais l’on peut remarquer que parmi ces nombreux adjectifs, on y retrouve la première insulte « ultime belle salope telle que toi », bien que l’on sentait déjà une légère agressivité dès le début j’en conviens aisément.

Puis Enzo trouve son analyse trop longue donc il poursuit par des commentaires brefs et concis.

Sans doute parce que ce sont eux les vrais gentils dont tu nous parles avec mépris ; ils n’ont toujours pas compris que les filles dans ton genre – comme la plupart de celles qui dévorent ces magazines féminins débilisants pour lesquels tu sembles vouer une passion malsaine qui suinte à travers ton style d’écriture très « pétasse assumée » (mais il se situe peut-être là l’objectif ultime de notre petite carriériste : rédac en chef chez Cosmo…) , ces filles donc, n’éprouvent aucune pitié pour les pauvres bougres qui recherchent désespérément le grand amour et se font systématiquement larguer au profit d’un gros connard en Porsche Cayenne, voire en Mini décapotable – la marque et le modèle de l’attrape-gonzesses mobile pouvant varier en fonction de l’âge, et donc de l’ambition, de la pétasse assumée et de son gros connard
[le commentateur s’introduit en se positionnant en tant que psy bénévole]
[le commentateur veut amener l’auteur à un questionnement profond qu’on peut résumer ainsi (sans les insultes) « est-ce qu’elle se demande pourquoi les gens sont comme ça avant de les taper injustement ? »]
[le commentateur en mode « robin des bois », avec la terrible introduction « ce sont eux les vrais gentils dont tu nous parles avec mépris », entrecoupé d’un pavé mysogyne sur l’idée que se fait le commentateur de certaines femmes]

Oui, je sais, je suis aigri et incapable de « pécho », comme tu dis. Mais cela n’a pas toujours été le cas.
[paragraphe court, je ne le résume pas : « Oui, je sais, je suis aigri et incapable de « pécho », comme tu dis. Mais cela n’a pas toujours été le cas. » la dernière phrase annonce une rétrospective de la vie du commentateur, façon « la cité de la peur »]

Je me suis tapé des bombes sexuelles auxquelles même Brad Pitt, dans ses rêves les plus fous, n’aurait pas osé adresser la parole de peur de se prendre un râteau. Je ne suis pourtant pas spécialement beau : pour être honnête, je suis encore plus moche que lui. En revanche, il paraît que je suis une « rock star » (à mon avis, bien plus star que rock, mais passons…). Et ça, mon petit, c’est l’arme ultime du connard triomphant.
[le commentateur raconte qu’il est une rock star en fait et qu’il se tapait toutes les plus belles filles]

Ma carrière artistique débuta de bonne heure, et le succès fut immédiat. Je n’ai donc pas eu le loisir de connaître ni de pleurer mon premier amour d’adolescent. Dès le début, rien que du cul, pur et dur. J’étais un gros connard-né, en quelque sorte, et l’exemple de mes grands-parents (une romance exceptionnelle qui dura soixante ans et s’acheva à la mort de mon grand-père) ne parvenait pas
à me servir de repère étant donné qu’ils appartenaient tout deux à une époque révolue, conjointement assassinée par la révolution sexuelle des seventies et l’accession au pouvoir de ces connes de féministes. Bref, durant de nombreuses années, question nanas, j’ai lâchement profité de mon statut de vedette pour passer à la caisse devant tout le monde et sans payer. Mais, de ces dizaines de
filles jeunes et belles qui m’offrirent sans retenue leur corps magnifique – hélas plus souvent allongé sur un flight-case, à l’arrière d’un camion, que dans les draps de soie d’un palace -, parmi toutes ces filles, disais-je, aucune ne m’a inspiré la moindre composition, pas même instrumentale. Ça situe le niveau. Rien que des détraquées ou des salopes qui, pour les plus perverses, poussaient le vice jusqu’à dévoiler après-coup à leur petit ami le récit de nos ébats (hé oui, Michel, elle adorait la sodomie…). Il y a bien sûr eu quelques histoires presque durables – avec les plus cochonnes, cela va de soi -, mais rien qui vaille la peine d’être gravé sur le tronc d’un chêne millénaire.
[rétrospective de la carrière de rock star du commentateur, enfin surtout la facette sexe pour coller au thème, c’est un peu génant, on a l’impression de déranger le commentateur dans sa masturbation]

Puis, un jour, après avoir lu dans une revue animalière que des chercheurs canadiens étaient parvenus à établir une sorte de dialogue avec des orques, et que certains spécimens auraient même témoigné de sentiments quasi-humains, il me vint à l’esprit une question d’une étrangeté choquante pour toute personne sensée : puisque des hommes ont réussi à communiquer avec des cétacés,
pourquoi ne parviendrais-je pas à en faire de même avec une femme ? J’en parlai aussitôt à mon dentiste (la revue provenait de sa salle d’attente), lequel conforta mon intuition délirante en affirmant que j’obtiendrais sans nul doute un résultat comparable à celui des canadiens. Selon lui, il suffirait pour cela que j’empêche le sujet de se déshabiller tout de suite et que je l’emmène au restaurant. Je décidai donc de tenter l’expérience et me métamorphosa en… crétin amoureux.
[le commentateur découvre que les femmes ne sont pas des animaux à la lecture d’une revue animalière parlant de communications entre des orques et des humains, il se décide à devenir un « crétin amoureux »]

La première hyène qui flaira l’odeur allèchante de la proie sans défense s’appelait Julie. Elle détruisit ma vie en l’espace de deux ans. Elle ne mérite donc pas que je lui consacre plus de deux lignes.
[le commentateur rock star a vu sa vie détruite par une fille, suite à ce changement de mentalité (en plus pas de bol, ça lui est arrivé dès la première rencontrée)]

Tu dois te dire « Bien fait pour ta sale gueule, espèce de misogyne, tu as eu ce que tu mérites. ». Mais tu aurais tort de penser cela, car je n’ai pas mérité d’être puni. A l’exception de ma pauvre mère le jour de ma naissance, je n’ai jamais fait souffrir aucune femme. Il n’a jamais été question de sentiments dans nos relations, c’est différent. Tout était clair et sans mensonge, de mon côté en tout cas.
[le commentateur imagine la réaction de l’auteur, c’est toujours bien plus facile de parler tout seul]

Depuis lors, je suis incapable d’aimer. Dès qu’une femme m’approche, je fuis. J’ai des numéros de téléphone, mais je n’appelle jamais. Même le sexe ne m’intéresse plus : je me branle juste de temps en temps sur des vidéos pornos, pour évacuer la pression lorsque je rentre au petit matin, bourré et toujours seul. Après ça, je dors comme un bébé. Pathétique, n’est-ce pas ?
[le commentateur est triste et découvre qu’il est gynophobique maintenant (mais il arrive quand même à chopper des numéros de tél’), puis raconte sa vie onanique (apparemment il n’est plus rock star, ou alors la fille citée au dessus a détruit sa carrière, ou alors il a oublié ce qu’il avait dit avant]

Et toi, Nina, tu nous parles de tous ces mecs que tu te tapes (les connards, les gentils, les ceci, les cela…), depuis vingt-neuf ans, n’as-tu pas encore trouvé chaussure à ton pied ? On dirait bien que non. Peut-être n’es-tu pas une fille si formidable que ça après tout… Manquerait-il un vice caché ou, au contraire, y en aurait-il un peu trop ?

[ le commentateur imagine que l’auteur (qui a 29ans) se « tape des mecs » depuis sa naissance. puis applique la logique « si c’est comme ça, c’est que c’est ta faute » mais se garde de l’appliquer à soi-même]

Quoi qu’il en soit, gardons à l’esprit ces trois choses essentielles :

1. « Ne vous vengez pas d’une femme, le temps s’en charge pour vous. » (Claudel)
2. « Les féministes travaillent, picolent, conduisent comme des mecs et après elles s’étonnent qu’on les encule. » (Patrick Timsit)
3. « Les femmes équilibrées ne sont pas attirées par les connards et ne racontent pas leur vie sur des blogs : elles la vivent avec le gentil crétin qu’elles aiment. » (Moi)
[pour faire intelligent, le commentateur sort quelques citations en y glissant sournoisement la sienne avec le message classique dédié aux blogueurs « get a life! »]

Très tendrement,

Dr House.
[puis il finit par un « Très tendrement », ce qui est la moindre des choses après avoir traité l’auteur d' »ultime belle salope »]
————————————————————————————————————————–
La réaction d’Enzo m’ayant bien fait rire (plus que le message original,c’est dire), je me disais qu’il fallait partager ça avec vous. Mais pour finir, je ne pouvais partir sans vous faire partager l’ultime mail de ce monsieur qui aura bien égayé ma semaine quand même : « Nina ma douce,

Je me délecte de tes mots comme un chat habilement caressé.

« Ultime salope » n’était qu’un compliment, pas une insulte. Désolé de m’être mal exprimé envers une encore jeune fille (il paraît qu’aujourd’hui, on est une femme à partir de quarante ans). Mon approche était donc bien trop cavalière pour l’époque, j’en conviens. Fais-moi donc le plaisir de me relire dans dix ans, j’espère qu’alors tu en riras vraiment de bon coeur.

Ton style « pétasse assumée » ainsi que ton élégant revers slicé me manqueront, c’est certain. Mais je respecterai ton désir et ne t’importunerai plus. J’en suis navré, mais je comprends qu’une si noble relation doive se briser d’un coup, et non s’user dans un combat indigne d’elle.

Bien à toi

Le Batard. »
(le bâtard est lié à son adresse mail, je précise).

Avec de tels compliments, c’est vrai, si je suis célibataire, ça doit vraiment être de ma faute,j’ai qu’à accepter les avances de tous mes prétendants, moi aussi !

Si toi aussi, une fille t’a brisé le coeur, n’hésite pas à m’envoyer un mail d’insulte. Je ne sais pas bien pourquoi mais manifestement, ça doit être de ma faute, alors…

Courrier des cœurs, réponse à Adeline

Cette semaine, Adeline nous a posé la question suivante : « Je suis avec mon chéri depuis 8 mois et depuis quelques temps,
niveau sexe, c’est de moins en moins souvent. On est passé à une fois par semaine puis une fois tous les 15 jours et là, c’est une fois par mois et encore, c’est pas le nirvana. Je me sens indésirable et je ne sais plus que faire, comment raviver la flamme ? Aidez-moi ! 
»

La cellule Love and sex des vingtenaires s’est réunie et voici ce que nous en pensons.

Enzo : Mes collègues s’occuperont sûrement des réponses et solutions classiques, je vais en profiter pour prendre la chose sous
un autre angle, celui du MLH (Mouvement de Libération des Hommes) :
– « Je me sens indésirable et je ne sais plus que faire » Te sens tu indésirable parce qu’il te repousse ou parce qu’il n’initie pas ? Si c’est le deuxième cas, il peut avoir le même sentiment :
« Quand je n’initie pas, ma copine ne fait pas le premier pas, j’ai l’impression de ne pas être désiré. Même au bout d’un mois, elle ne me saute pas dessus par envie. Je ne sais plus quoi faire, comment raviver la flamme ? Aidez-moi ! ». Tu ne sais plus quoi faire, mais qu’as tu fait (précision qui aurait pu être intéressante dans ta question mais le fait de passer cela sous silence est peut-être révélateur) ?
– « et encore, c’est pas le nirvana » Le sexe, ce n’est pas un sport solitaire (enfin l’entrainement si parfois). Si sexer est quelque chose que « ton mec te donnes et que tu reçois », cela peut-être la cause de sa baisse de régime. Mais peut-être est-ce la lecture biaisée d’un membre du MLH.
Il est vrai que sans précisions, je ne peux donner qu’un avis selon l’impression de la lecture de ta missive.
Mon conseil : viole-le ! (attention, ceci n’est pas une apologie du viol et de la violence, il s’agit juste qu’une exagération volontaire destinée à faire réagir l’interlocutrice)
Pour les conseils « achète toi une nouvelle nuisette », va voir les magazines féminins et/ou masculins.

Diane : Solution n°1: la DISCUSSION
Solution n°2: l’onanisme frénétique
Solution n°3: participer à un concours de Nina et gagner un petit canard keepsecret qui fait bbbbbrrrrrrrrrrrr
Solution n° 4: la méditation taoïste

Tatiana : Prends un amant. A tous les coups il va sentir que tu es distraite et ailleurs et il sera plus attentif à tes désirs. Et puis si ça change rien ben tu te sentiras désiré par un autre et tu seras plus en manque de sexe.

Keira : Mmmh, un problème embêtant.
Le problème ne vient peut-être pas forcément de toi mais de lui. Déjà est-ce que sa vie lui plaît actuellement ? Comment va t’il ?
Une baisse de régime en matière de sexe peut-être liée à son état d’esprit, à son moral. Ca peut-être liée à toi aussi, est-ce que tu tentes de l’approcher ? Si tu n’oses pas, et que lui en a marre de faire tout le boulot en matière de stimulation, bah forcément au bout d’un moment il va tout simplement t’ignorer. Si jamais c’est encore autre chose comme raison (c’est vrai que plus de précisions auraient été utiles) bah déjà faut parler. La communication ça aide, au lieu d’être démangée en permanence soit tu grattes un coup, soit tu vas voir ton copain et tu règles le problème. Et puis si jamais ça ne marche pas, la liste de solutions suggérées au-dessus est vraiment très pratique et intelligente.

Petite Cervoise : Oui, en parler serait bien.
Aguicher ton mec serait mieux.
Lui montrer que tu peux être désirable et aime être désirée serait top.
Mais, comme tu dois également lire Cosmo, Glam’s et compagnie, tu le sais déjà et ces concepts restent apparemment abstraits pour toi. Donc, conseil pratique, un soir (ou un matin, as you want) tu commences à te faire du bien toute seule, sans faire appel à un « objet d’aide extérieure ». Normalement, l’homme devrait s’intéresser à ce que tu fais, donc te regarder les yeux dans la boutique à bonbons, pour changer.  Toutefois, si l’homme ne détourne pas son attention de L’Express, tu appliques la même technique expliquée précédemment sur lui.  C’est dur de refuser dans ces cas.

Lucas : J’avoue que cette question de l »habitudine » me ronge avant l’heure vu que je n’ai pas encore poussé de relations aussi
longtemps; d’un autre coté je me dis qu’un mec normal a une envie constante de sexer et que si le bonhomme ne veut plus avec toi c’est soit qu’il a un problème de santé, qu’il est crevé qu’il bosse trop, soit que tu ne l’excites plus; Ah bon ça a déjà été dit ? Bon. Donc au lieu de maugréer dans ton coin prend ton courage à deux mains et dis lui clairement que tu veux plus d’attentions plus de sexe, plus de douceurs, tout ça. Et s’il ne fait pas un mea culpa et une opération reconquête, tu le largues. C’est vraiment qu’il ne te mérite pas puisqu’il est pas foutu de faire un effort pour toi.

Nina : Comme mes camarades, je préconiserais la discussion. Tu penses que le problème vient de toi mais pas forcément. As-tu
pensé au fait que ton compagnon avait peut-être des soucis au travail, par exemple ? Les hommes sont comme nous, ce sont des êtres sensibles et pas juste des bêtes de sexe. Par ailleurs, un peu de piment change tout de suite le goût d’un plat, n’hésite pas à lui préparer un petit numéro avec lingerie coquine ou petits jeux qui sortent de l’ordinaire.

Si toi aussi, lecteur, tu as une question love and sex à nous poser, n’hésite pas à utiliser les commentaires, le mail, le facebook, le twitter, comme tu veux !

Courrier des cœurs : réponse à Boulou

Cette semaine, Boulou nous a soumis la question suivante : « je sors depuis quelques semaines avec un gars que j’apprécie beaucoup, on s’entend très bien, on passe de bons moments mais pour moi, ça ne va pas plus loin, je pense que je ne tomberai jamais amoureuse de lui. Par souci d’honnêteté, je pense le plaquer mais je sais pas trop quoi lui dire vu que ça me gonfle les phrases trop entendues du genre « t’es génial, c’est pas toi, ça vient de moi, tu trouveras certainement qq de mieux » etc. Comment larguer quelqu’un qu’on apprécie de façon franche sans tomber dans les banalités d’usage? Des conseils? Je suis preneuse… »



La cellule love and sex des vingtenaires s’est donc réunie pour répondre à cette délicate question, voici nos réponses :

Tatiana : « T’es sympa mais je sais que je ne tomberais jamais amoureuse de toi. Y a pas de magie, déclic, papillons, appelle ça comme tu veux. Si tu veux on peut toujours se voir pour le sex. « 

Mais être honnête ca veut pas forcément dire larguer le mec. Si ça se trouve il pense pareil. A moins peut-être que ça te gonfle de rester avec quelqu’un que tu n’aimes pas ? Mais si vous savez tous les deux que vous ne tomberez pas amoureux, vous pouvez très bien passer des bons moments ensemble.

Mais si tu veux vraiment le plaquer : il a quel âge, t’as sa photo ?

Lucas : Ce qui est rigolo c’est que normalement t’es censée tomber amoureuse et seulement après tomber dans le quotidien lancinant. Toi tu fais les choses à l’envers. La classe…
Pour ce qui est d’évincer Bob…
On passe de bon moments ensemble mais je ne suis pas amoureuse et rien en toi ne me fait vibrer (ici tu te lèves et tu entonnes ce refrain détourné :
« Im needin’ good vibrations
(oom bop bop good vibrations) ».

Ensuite tu enchaines
T’es un mec qui me comprend mais sans plus. Ces 3 semaines passées avec toi m’ont démontrées qu’au delà des connivences tu n’as pas su allumer le feu, allumeeeeeer le feu, faire danser les diables et les dieux et faire grandir la flaaaaamme dans mes yeux.
Donc merci de ta tendresse, merci d’avoir été présent mais là tout de suite tu m’empêches d’attirer de beaux mecs séduisants alors casse-toi s’il te plait, en me pardonnant (Please, Forgiiiiiiiiiiiiive Me…) Et si tu comptes te suicider t’es gentil tu laisses pas mon nom dans ta lettre d’adieux car de toute façon je n’aurai aucun remord. D’ailleurs les trip à la Renan Luce, merci bien. Et ne te rates pas s’il te plait parce que mon nouveau mec et moi on viendra pas te voir à l’hosto et t’auras ensuite une vie entière en tant qu’handicapé : moteur, ça tourne ! (te fais pas de film, je parle de ton fauteuil roulant…)

Summer : Euh, je dois être sans coeur mais je ne vois pas trop où est le problème, tu vas pas te forcer non plus. La façon est simple, lui dire honnêtement que tu l’aimes bien mais que vous allez en rester là, que tu n’as pas le déclic tout simplement; et surtout lui dire avant qu’il quémande une mise au clair.

Enzo : La réponse dont tu es l’héroïne !
1) Voici plusieurs semaines que tu es en couple mais, bien que tout se passe bien, tu ne ressens pas les papillons dans le ventre t’indiquant le potentiel de compatibilité de reproduction à moyen
et long terme :
– Ton objectif principal est la quête du mâle final, va en case 3.
– Ton objectif principal est la stabilisation d’un certain état de bonheur, va en case 2.
2) Cette relation te procure des bienfaits même si ce n’est pas le coup de foudre. Mais, au risque de tuer la poule aux oeufs de bronze (ben oui c’est pas l’or quand même), il faut stabiliser la situation tout en prenant en compte que certaines issues sont vaines (mariage,  monospace et petits-enfants).
– Tu es honnête mais tu aimes bien la cocon confortable du couple, va en case 34.
– Tu as toujours voulu tester le concept de fuck-friend depuis que tu l’as lu dans Cosmo, va en case 36.
– Tu as trop peur de tuer la poule aux oeufs d’argent (oui finalement c’est un peu mieux que le bronze vu que tu y trouves ton compte), va en case 40.
3) Ton souhait est de trouver l’homme de ta vie. Mais cela signifie-t’il pour tant le quitter ?
– Tu la joue honnête et sans bavure, il ne sert à rien de continuer une relation sans avenir, va en case 42.
– Tu joue la carte de l’hyper-pragmatisme, des relations sexuelles régulières jouent sur le taux d’hormones, augmentant les chances de conclure une nouvelle relation. De plus, la structure relationnelle du couple apporte une dose de réconfort nécessaire en ces temps difficiles (la hausse du pétrole et du CAC40). Trois possibilités :
– le mensonge (va en case 40),
– la semi-honnêteté (va en case 34)
– ou l’honnêteté (va en case 36).
34) Explique-lui qu’il manque quelque chose, avec les mots que tu as employé, mais tout en restant en couple. Une forme de sursis agréable. Bonus : il essaiera peut-être de faire des efforts, alors qu’il était déjà bien. Double bonus : la porte de sortie est tout tracée et il s’y attendra (à ce moment là, va en case 42).
36) Explique-lui qu’il manque quelque chose, avec les mots que tu as employé, et passer au statut d’amis intimes s’il est d’accord. Bémol : faire attention à son implication émotionnelle pour éviter des menaces de tentatives de suicide ou de bains de sang si la personne est impulsive.
40) Statut-quo. Reste avec lui sans aborder tes doutes. Elabore quelques points de friction pour te justifier une porte de sortie en cas de découverte de possibilités avec un mâle plus attractif.
42) Quitte-le en expliquant ce que tu viens de nous dire. Pourquoi mentir ou travestir la vérité ?

Jane : Grâce à Enzo, mon conseil du jour est donc: la 36 si tu as tout plein de courage, la 40 si tu as du mal à te résigner à être méchante là maintenant tout de suite.

Diane : Dans friends, quand ils ont ce genre de problème, ils disent à l’autre que c’est une question « d’alchimie » qui ne se fait pas, et qu’on peut pas l’inventer, et que c’est comme ça. Ne lui sort pas que c’est « un mec bien », c’est le genre de truc qui énerve.

De toute façon, si tu es dans un souci de ‘pas le blesser’, si lui il a des sentiments pour toi, quoi que tu dises, ça risque de pas changer grand chose au schmilblick. Il le sera. Bon, après, je te dis pas de lui balancer « bon bah c’est pas tout ça mais j’me fais un peu chier là, jme barre avec ton meilleur pote, parait que c’est un bon coup lui, et ah, au fait, prend un chewing gum quand même », mais juste une vérité franche et nette (pas dans la nuance, parce que là où il y a nuance, l’autre peut se dire « ah tiens peut-être que encore espoir…’).

Le fait de vouloir être honnête avec lui montre assez bien en soi l’estime que tu lui portes.

Si toi aussi, tu as un souci dans ta vie amoureuse ou sexuelle et que tu as besoin de nos lumières (ou t’as juste envie de nous poser une question), n’hésite pas à nous la soumettre !

L’homme est une femme comme les autres (et vice et versa)

(La chômagie reprendra après les ponts du mois de mai)

Y a quelques années, tout le monde ne jurait que par le livre « les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus », sorte de bible psychologique du genre qui nous explique que si on se comprend pas, c’est normal, on ne marche pas pareil et ce sera comme ça pour toujours. Il y a des fois où moi-même, je dis : « pfffff, ces mecs, je les comprends pas ! ». Il est vrai que parfois, je comprends pas les hommes. Mais y a des fois où je comprends pas les femmes non plus… Et si finalement, les différences entre hommes et femmes, c’était la grande illusion ?

Hier soir, j’ai acheté GQ. J’en ai lu quelques pages puis j’ai bouquiné un peu cosmo juste après. Et là, on se rend compte quand même qu’on vit un peu les mêmes choses finalement. La comparaison serait plus juste avec Elle mais peu importe, je vais pas non plus faire une analyse de presse approfondie, j’écris un article de blog, pas une thèse. En gros, la différence majeure que je vois entre ces titres, c’est qu’on a remplacé la mode par le high tech mais pour le reste : culture, sexe et même beauté, on s’y retrouve. Et surtout les
articles à base « comprenez le sexe opposé ». Mais à bien y réfléchir, sommes-nous si différents ? Les hommes préfèrent-ils réellement les chieuses et les femmes les hommes de pouvoir ? Et bien ça dépend des filles et des garçons, y a pas de règles. Nina ou l’art d’enfoncer les portes ouvertes. Nous, les femmes, on n’arrête pas de se plaindre des diktats de la mode et des mannequin sylphides et retouchées par photoshop. C’est vrai, dans les magazines de mecs, y a que des mannequins mâles au ventre mou et poilu, tiens. Même que les hommes, ils font aussi des régimes. Et oui !

En fait, aujourd’hui, le rôle de l’homme et de la femme sont moins distincts qu’autrefois, même que ça fait hurler ce bon Eric Zemmour. Si on regarde, pendant longtemps, l’homme investissait la sphère publique, la femme le privé. Aujourd’hui, les femmes ont aussi une vie publique, une carrière… Une femme peut vivre sans un homme. De la même façon, un homme s’investit dans les tâches privées. D’ailleurs, selon une étude américaine, un juste équilibre des tâches ménagères dans un couple accroît la libido. Je vais imprimer l’article où il est fait mention de cette étude (dans GQ, c’est l’édito écrit par Anne Boulay… Ouais une femme !). Les hommes peuvent tout à fait prendre un congé parental, ils s’investissent de façon naturelle dans l’éducation des enfants, tout ça, tout ça.

Evidemment, il reste le biologique et on aura du mal à passer outre certains états de fait. La maternité, par exemple. Même dans une société parfaitement égalitaire (si tant est que ce soit possible mais j’en doute), ce seront toujours les femmes qui auront la lourde tâche de porter l’enfant. Par contre, je rêve du jour où la contraception sera vraiment l’affaire des deux parce qu’à partir du moment où le préservatif disparaît, c’est à la femme d’assurer en prenant la pilule ou en posant le stérilet…

Selon une théorie culturaliste des relations internationales, il est coutume de penser que si les femmes gouvernaient le monde, il ne tournerait pas pareil. Et bien, moi, j’en suis pas convaincue du tout. Imaginons par exemple que Ségolène Royal ait été élue présidente de notre pays et Hillary Clinton présidente des Etats-Unis (ce qui à mon avis, n’arrivera pas mais c’est pas le sujet). La face du monde en aurait-elle été changée ? Oui et non. Pas parce qu’elles sont des femmes mais parce qu’elles sont des individus. Si par exemple
nous avions eu Strauss Kahn président, les choses seraient certainement différentes aussi, ce n’est pas une question de sexe mais réellement une question de vision de la société et de caractère aussi. Des chefs d’Etat s’entendent ou non sans que leurs opinions politiques entrent en ligne de compte mais juste parce que ce sont des personnalités qui s’accordent ou pas.

Bref, tout ça pour dire quoi ? Et bien, je pense sincèrement que pour régler la guerre des sexes, il suffit de comprendre qu’elle n’existe plus. Si je ne comprends pas un mec, c’est essentiellement parce que cette personne ne raisonne pas comme moi. Tout comme ça m’arrive avec les femmes. 

CRITIQUE DE LA LIAISON PRATIQUE

Par Diane

Plantage de décor : j’étais il y a peu en train de déjeuner avec mes amies Gudule et Cunégonde, cette dernière nous contant ses aventures avec ce qu’elle
appelle son « amant », qui équivaut en langage de djeuns contemporains, -d’après ce que j’ai pu lire dans cosmo en tous cas-  au très populaire « sex friend », c’est à
dire un jeune étalon avec lequel on biscote ardemment de temps en temps, quand on en a envie, sans attaches affectives intensives, et sans qu’il aie à venir nourrir le Chat Perceval quand on part en vacances. Devant le récit de ses biscotades légères et libidineuses, je vis soudain Gudule pousser de gros soupirs et nous avouer toute penaude que, elle qui était en couple sûr stable solide depuis plus de 5 ans, elle qui nous contait souvent ses petites joies concubinantes (et je ne vous raconte pas toutes les allusions tendancieuses qu’on peut tirer de ce néologisme là), eh bien
elle, en écoutant Cunégonde, sentit soudain le démon de l’envie s’emparer d’elle. Elle enrage, elle en désespoir, elle en mollesse ennemie de son petit couple gentillet option ikéa et dimanche en famille.

Alors moi, je compare.

1/Gudule soupire sur l’étiolement de la passion qui aux premiers temps de leurs florissantes amours enflammait leurs âmes et leurs libidos. Elle se rappelle, l’œil
humide et lointain, les temps où Childebert aurait creusé la terre jusqu’après sa mort pour couvrir son corps d’or et de lumière…

Aujourd’hui Childebert, Humain trop humain, se gratte les coudes devant le match de foot et se tripote le bide qui grossit au fur et à mesure des descentes de
bières.

2/Les Passions de l’âme ont déserté son quotidien, et elle nous rappelle qu’être en couple signifie également subir tout un tas de petits désagréments matériels
tels que la belle-mère qui critique ta ratatouille (vous mettez trop de poivrons, Gudule !), le caniche quipuequipète de la dite belle mère à sortir, et surtout à supporter,  ou encore les moultes névroses que votre cher compagnon prendra bien soin de vous imposer.

3/Gudule nous avoue qu’elle jalouse aussi ce petit goût de liberté qui a déserté ses pensées. Etre en couple, c’est être, d’une façon ou d’une autre, attaché à l’autre. Si l’on veut tout d’un coup partir à l’autre bout du monde, là où on dit qu’il y fait toujours beau (c’est là que migrent les oiseaux), il faut penser à l’autre (et si lui il veut pas ? je pars quand même ou pas ?). Ou, à échelle plus réduite, si j’ai envie de sortir le soir, de partir en week end avec une amie, il faut toujours prévenir l’autre, avoir en quelque sorte « des comptes à rendre », elle sent que ça enlève à sa vie une sorte de spontanéité.

Et à passer sa vie aux chaud dans ses pantoufles

il se pourrait alors que vos amours s’essoufflent…

Et voilà t’y pas que Cunégonde en rajoute une couche que ouaaaiiis c’est top kiffe cool la vibe le sex friend. Alors moi, je m’interroge


CRITIQUE DE LA LIAISON PURE

Cunégonde nous affirme donc que l’hédonisme est un humanisme, qu’elle se consacre à la jouissance totale et sans entraves morales ou matérielles, qu’avec son
« amant », vu qu’il n’y a pas d’attaches, elle se sent d’une liberté totale et se permet plus de choses, laisse parler ses fantasmes et ses instincts, sans se réprouver, et je ne parle pas que de biscotage, bande de pervers libidineux que vous êtes. Etant donné qu’elle ne se sent pas redevable vis à vis de lui, qu’elle ne cherche pas particulièrement à lui prouver quelque chose, à attester qu’elle est une fille bien et intelligente et spirituelle et morale et que sais-je encore, elle se sent totalement désinhibée et par conséquent laisse s’exprimer ses instincts que la bonne morale ou la Métaphysique des mœurs réprouveraient. Mais à passer sa vie à jouir de ses instincts, se pourrait-il alors que cet amour soit vain? (excusez moi lecteurs, d’avoir pour mes refrains, pris, l’esprit joueur, goût à l’alexandrin…)  

Et là, voyant Cunégonde empêtrée dans ses chimères et sachant que l’Avenir d’une illusion n’est jamais rose, je me sentis immédiatement investie d’une mission de
plombage d’ambiance et de raisonnage caractérisé. Je lui sortis donc, en contrepoint de son éloge de la folie et peut-être aussi pour rassurer notre larmoyante Gudule prête à s’enfuir à Acapulco avec Miguelito le serveur Mexicain du bar, deux arguments :

1/L’authenticité : je me demande : le fait d’être totalement désinhibé, sans  entraves aucune, est-il facteur d’authenticité ? Est-ce être vraiment soi que de ne pas se réfréner ? Est-ce que notre raison, notre morale ne fait pas partie de nous autant que nos vices ?

2/L’intimité : et là, c’est à mon humble avis l’argument en béton, celui qui fait s’écrouler les 99 autres pro-amant-coupdevent qu’on avait pu énumérer avant.
La légèreté, la liberté totale de mouvements, la pure indépendance peut aussi avoir ses inconvénients, la légèreté à son revers qui est la solitude, le manque de solidité. Ne pas avoir d’épaule sur laquelle pleurer ses états d’âmes, ne pas avoir quelqu’un qui aie besoin de nous, bref ne pas connaître ce petit frisson serein, cet étrange sensation d’harmonie et d’apaisement qui nous traverse quand on entend la voix ou quand on sent l’odeur de l’autre sur un vêtement laissé là, c’est quand même louper un sacré bout d’essentiel.

Et me voilà lancée devant mes deux amies sceptiques dans une critique ou plutot un éloge d’une hypothétique et idéale liaison dialectique, qui serait faite bien sûr
d’un dialogue entre la liaison pure et la liaison pratique,  où seraient habilement mêlés l’intime et le léger, et où une heureuse Cunédule roucoulerait des jours heureux en compagnie d’un homme à la fois raisonnable et exalté, une sorte de Roméo pantouflard qui ferait la cuisine en lui récitant du Lamartine.

Et Cunégonde de me répliquer : « A quoi ça sert d’en discuter de toute façon, puisque je suis heureuse » ….Les gens heureux sont
désespérants.