Mmmm, tu peux mettre une capote avant d’entrer ?

Je vous l’avais promis, voici un article sur les capotes et sur un comportement que je croise le plus souvent dans mes rencontres charnelles : la tentative d’oubli de la capote. Pas de ma part, non. Mais de celle du monsieur.

Pour justifier cette intrusion sans gants, si j’ose dire, j’entends “mais j’ai fait un test et tout va bien”. Mmmm, ok, petit padawan, TOI, tu es clean, à ce que tu m’annonces, partons du postulat que c’est vrai. Que sais-tu de ma propre sérologie ? J’ai pas fait de test donc je n’en sais moi-même rien mais tu me fais confiance. Ah ok donc je résume : à ton dernier test, tu étais séronégatif. A quand remonte-t-il ? As-tu refait du sexe depuis ? Avec ou sans capote ? Parce que je te trouve un peu prompt à la confiance quand même. Et si tu l’es avec moi, je suppose que tu l’es avec d’autres. Et quand on parle de dépistage, tu t’es fait dépister de quoi exactement ? Non parce que tu es peut-être séronégatif mais niveau hépatite, syphillis, blennoragie, chlamydiae… t’es au point ? Ah tu ne sais pas… Bieeeeeen…

Et je parle des MST mais quid de la contraception ? Non parce qu’avant la tentative de put in tout nu, on n’a pas forcément parlé de ma fertilité. Ben oui, depuis que Gudrun m’embête moins, je ne suis plus trop utéro-centrée. Tu pars sans doute du principe qu’en tant que femme libérée du XXIe siècle, je prends forcément la pilule. Tu es audacieux. Dans les faits, tu as raison, j’ai un moyen de contraception hors capote mais imaginons un peu que j’ai un fou désir d’être môman. La reproduction est une loterie mais si t’es pas chanceux, voilà que c’est ton nageur qui remporte la médaille d’or… Enfin, j’ai des doutes sur la pertinence de ma métaphore, je suis pas sûre que tu sois ravi de gagner cette course. Peut-être que tu es prêt à devenir papa avec une fille avec qui tu as passé une nuit, pourquoi pas, hein… Mais ça m’étonnerait un peu. Aaaaah, tu penses que tremper ton biscuit sans protection te décharge (si j’ose dire) de toute responsabilité. Ohla mais non, tu sais, un homme dont on prouve la paternité est obligé d’assumer, c’est triste. Oui, bon, c’est sûr que si le mec ne répond pas à mes messages, ça va tourner court cette histoire mais peu importe.

En fait, j’avoue que ça me saoule d’avoir à débattre de ça. Début de relation, c’est capote et point. D’où on remet ça en question maintenant ? Le pire c’est qu’en général, le mec qui est lourd sur la question de la capote, j’ai tendance à ne pas remettre le couvert avec parce que j’ai pas envie de devoir insister pour ça. Parce que oui, ok, la capote, c’est un peu moins que sans rien mais choper une cochonnerie (foetus inclus) parce que “c’est moins agréable”, je ne vois pas bien l’intérêt. Tu as envie de jouer à la roulette russe sexuelle, c’est ton droit mais moi, pas trop. Même pas du tout. Le jeu n’en vaut guère la chandelle, vois-tu. Oui, c’est plus agréable sans, je suis d’accord. Mais je suis pas sûre que la trithérapie soit d’un grand confort… Ou tout traitement anti MST. Parce que je sais pas toi mais moi, les antibiotiques, ça ne me réussit pas du tout.

Au delà de ça, je me demande où est passée la fameuse génération sida, celle à laquelle on est censés appartenir, nous, les enfants des années 80. C’est pas comme si on avait seriné toute notre adolescence de sortir couvert, alors même que nous n’avions pas encore de sexualité. Je savais comment mettre une capote avant même d’avoir vu un monsieur tout nu et d’imaginer tout ce que je pouvais faire avec… Doc et Difool nous expliquaient tous les soirs que ce n’était pas sale mais qu’il fallait mettre une capote. Pour moi, mettre un préservatif était l’alpha de toute relation sexuelle. Mais on dirait que 15 ans (!!) plus tard, le préservatif, c’est limite has been. Et bien je te le dis : je suis fière d’être ringarde sur ce point. Tu mets ton capuchon et tu arrêtes de discuter sinon tu sors.

Doctophobe moi ? Heu oui

On dit que les cordonniers sont les plus mal chausses donc je suppose qu’en bonne fille de médecin, il est normal que je déteste aller chez le docteur. Non pas que je déteste le corps médical mais j’ai peur de ce qu’il pourrait me dire.

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Mardi, 11h38, ma mère (qui avait rendez-vous à 10h45) m’abandonne pour suivre sa consultation, moi, je n’ai rendez-vous qu’à 11h30 (soit 12h15). Oui, dans ma famille, on a de super activités mère-fille. Au menu du jour : pose d’un stérilet. Depuis que j’ai un compagnon officiel pour mes parents (qui n’ont aucune idée de la complexité de la situation réelle), ma mère semble heureuse pour moi mais légèrement flippée à l’idée que, tout à coup, je me mette à assurer la descendance. Qu’elle se rassure, je n’envisagerai rien de tel tant que je continuerai à changer de boulot tous les ans… Donc me voici dans la salle d’attente du gynéco, gavée de spasfon en préventif, le sexe sentant le savon, une vieille culotte en cas de saignements. Et je psychote. Non pas sur la pose du stérilet en lui-même mais sur la consultation. Et si on me trouvait un truc ?

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Ça ferait un peu comme dans les téléfilms, je souris à la vie et elle me le rend bien mais un jour, au détour d’une consultation anodine, le drame se noue ! Le gentil docteur m’annonce la terrible nouvelle, genre un cancer, tiens. Je sais que je me fais des films (et que je dois calmer ma merdophagie, je regarde trop de téléfilms pourris) mais ça peut arriver. Par exemple, y a 3 ans, la cousine va chez le dermato faire contrôler ses grains de beauté et là, le docteur panique littéralement et lui programme une intervention en urgence pour un grain de beauté suspect. Nous,
on a imaginé le pire (cancer de la peau, tu meurs en 6 mois max à ce que disait ma mère). A l’arrivée ? Rien de rien, juste une flipette de 15 jours.


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Donc me voici désormais dans le bureau du docteur qui a fait naitre ma sœur. Je lui raconte mes dernières péripéties vaginales, le traitement préventif pour la chlamydiae que j’ai dû prendre car un amant pouvait éventuellement l’avoir attrapée, la mycose suite à la prise d’antibiotiques. Là, il m’annonce que mon dernier frottis datant de 10 ans (quelle honte, je pensais pas…) donc j’ai la combo frottis- stérilet, ouais ! Bon, il faut le faire, c’est important mais dans sa petite boîte de petri, y a peut-être un grand drame.


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Je ne sais pas d’où ça vient, ça, cette terreur de la maladie. Oh enfin si, ça vient de toute cette pression médiatique qui nous sort quotidiennement la liste de plein de saloperies qu’on pourrait avoir et qu’il faut en permanence se vacciner. Je veux bien mais je suis à peu près persuadée que si je fais tous les vaccins qu’on me préconise à la télé, à la
fin, je vais briller dans le noir. Je ne suis pas quelqu’un d’hypocondriaque à la base mais à force d’entendre parler de toutes les maladies du monde, on finit par se poser des questions. J’ai un truc qui gratte, là, n’aurais-je pas contractée une nouvelle forme de peste ? Et cette boule, là, sur mon bras, c’est pas un peu un kyste ? Ah non, c’est une piqûre de moustique.
Hé mais je tousse, j’ai un cancer, ça y est ! Je savais bien que j’aurais dû arrêter de fumer avant même de commencer. A moins que ce ne soit le nutella ou l’aspartame. Mais je 
reviendrai plus longuement sur cette question.

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Bref quoi qu’il en soit, mon psychotage en salle d’attente n’a pas servi à grand-chose. Hop, vas y que je m’allonge sur la table, les pieds dans l’étrier (ça c’est un peu top par contre, j’aime bien avoir les jambes un peu surélevées), hop le spéculum entre en œuvre, mon utérus proteste et je le sens en train de pousser le spéculum vers la sortie (j’ai un utérus protectionniste, apparemment), hop, le frottis, je douille un peu pour la pause du stérilet car « ah, votre utérus résiste un peu ». Non mais utérus, entre nous soit dit, tu m’emmerdes déjà 1 voire 2 jours par mois à me plier par terre et même à me filer des coups (je vous jure que c’est la sensation que ça me fait), tu peux pas te tenir correctement pour une
fois ? Bordel, ai-je envie d’ajouter. Ca piquouille un peu mais délivrance ! Normalement, je suis stérile pour les 3 prochaines années. Bon, j’ai un peu douillé le reste de la journée, j’ai l’impression qu’il va piquer la queue de mon prochain amant (mais non, ça ne risque rien, hein !), qu’il va s’accrocher à mon prochain tampon mais je vais l’occulter, ça va aller. Puis
j’ai pu jouer les princesses avec ma maman qui m’a interdit de faire quoi que ce soit aujourd’hui car je dois me reposer. Bon, à la fin, je suis quand même allée faire ma quasi heure d’aquagym, seul truc qui a calmé la douleur.

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Je referai un article sur le stérilet dans quelques temps pour raconter, là, j’ai juste envie de dire que me taper deux fois des règles douloureuses à une semaine d’intervalle, c’est pas le meilleur…

Voilà pourquoi je ne vais jamais chez le docteur

Aujourd’hui, je vous dois une confidence : en tant que fille de médecin, je suis victime du syndrome des cordonniers mal chaussés. En un mot : je ne vais jamais chez le docteur, je demande tout à papa. Ce qui fait par exemple que j’ai des lunettes tordues sur le nez (il est pas ophtalmo mon père et y a des jours où je lui en veux un peu pour ça) et que j’ai dû lui demander des antibio pour soigner préventivement une potentielle chlamydia. Ce qui l’a fait marrer, mes parents ont un super sens de l’humour.

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Mais voilà, depuis ma plongée à Marseille, j’entends moins bien les gens et je m’entends un peu trop bien (vous n’imaginez pas comme ça fait du bruit de se laver les dents) donc mardi soir, quand j’ai quasi pas pu mettre la tête sous l’eau à cause de mes oreilles, mon gentil moniteur m’a dit « bon, tu es gentille mais tu vas chez l’ORL, là ! ». Moi chez le docteur, juste ciel ! Ah oui, c’est là que je dois aussi préciser que je me suis jamais réinscrite à la sécu depuis la fac… Hum… Donc docile, j’appelle un premier ORL, répondeur : « Bonjour, nous sommes ouverts le lundi de…à…, le mardi de… à…, le vendredi… Ah non pardon, le mercredi de… à… […] En cas de résurgence…heu pardon d’urgence, vous pouvez nous joindre… ». Bon, c’était pas résurgence le mot mais un docteur qui laisse un tel
message répondeur, j’y vais pas. Au suivant. Re répondeur (ils bossent jamais avant 10h les ORL ?) mais message normal. La secrétaire me rappelle quelques temps plus tard, rendez-vous est pris pour le lendemain (aujourd’hui donc), 10h.

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9h55, ce matin, je sonne, je suis reçue par un mini docteur qui me place dans la salle d’attente. Ah tiens, y a Be, je vais en profiter pour le feuilleter, Nelly m’ayant dit que c’était le meilleur des hebdos féminins (je suis très Grazia moi). Je confirme, c’est pas mal mais je comprends mieux pourquoi j’aime moins Cosmo maintenant : Fiona Schmit est partie chez Be. Manquerait plus que Sophie Henaff parte et je n’achèterai plus Cosmo. Bref, le docteur finit par me recevoir et j’ai droit à toute une leçon de morale sur le fait que je prends pas mes médocs pour mon allergie parce qu’en fait, tout vient de mon nez et non pas de mes oreilles, je dois avoir le nez nickel pour plonger. Et comme j’ai toujours une demi allergie qui traîne forcément, je suis légèrement morveuse. Et puis je me fais gronder pour avoir trop plongé, être retournée à la piscine mardi… Ca me rappelle quand j’étais à l’école et que j’avais mal (voire pas, j’étais une graine de délinquante) fait mes devoirs et que j’avais développé une technique infaillible pour ne pas trop écouter : agiter les orteils et me concentrer sur cette partie de mon corps. Aujourd’hui encore, je le fais en pensant très fort dans ma tête « ranafout ranafout ranafout ! » mais j’évite de trop faire ça car mes yeux me trahissent. Bon bref, je me fais gronder et traiter d’inconsciente parce que s’il le faut, j’ai cassé mon oreille interne et il ne veut pas entendre mon objection relative au fait que mon équilibre va très bien (enfin équilibre physique, le reste est encore à prouver).

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Je passe sur le siège, il regarde ma gorge qui va bien, merci. Ensuite, il met un cylindre dans mon nez, ce qui ne me plaît pas vraiment, je suis pudique de certains conduits, moi. Et là, merveilleux, fantastique : « Vous avez une déviation de la cloison nasale à droite, c’est pour ça que vous souffrez de l’oreille droite ». Quoi ? Pardon ? Tu oses me dire que mon nez tout charmant n’est pas parfait ? Là, j’ai un peu envie de pleurer mais vu qu’il ne me propose pas l’opération direct, je suppose que ma déviation est anecdotique. Bon, passons aux oreilles : « ahlala, comme vous avez un nez tout petit, vos conduits auditifs sont tous petits aussi, je vais vous allonger ». Ca sent
la réplique de mauvais film porno ça, l’histoire de s’allonger et de petits conduits…  « Oh, vous avez un peu de sang dans l’oreille ». J’ai le droit de pleurer pour de vrai, là ?

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Bon, l’oreille gauche va à peu près bien merci, il me teste l’oreille interne en faisant tinter un truc sur ma tête, elle est nickel (mais je lui avais déjà dit). A l’arrivée, j’ai pas trop grand-chose, juste un barotraumatisme de l’oreille moyenne, ce que je savais déjà grâce à Internet mais j’ai rien perforé. Et me voici avec une ordonnance longue comme mon bras d’antibio, de cortizone (bon, ben là, super régime), de trucs qui nettoient le nez. Sachant que si je ne me suis jamais droguée nasalement, c’est essentiellement parce que je déteste me mettre des trucs dans le pif, je suis toute en joie. Et évidemment, je suis punie de piscine pendant 15 jours.

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Je retourne à l’accueil où la secrétaire malade me dit « 70 € ». Ahah, ma surdité temporaire me joue de drôles de tours. Je tends ma carte bleue et que vois-je sur l’écran ? 70 €. Attends, le mec, il m’a allongée (bon, ok, je suis en pantalon), fouillé les conduits, dit du mal de ma cloison nasale et je dois payer 70 € ? Et après, on s’étonne que je n’aime pas aller chez le docteur.

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Bon, en attendant, je vais aller m’inscrire à la sécu, hein, histoire que ma mutuelle me serve enfin à quelque chose.