La responsabilité Doctissimo

Des fois, j’ai un petit pet de travers. Plutôt que de pousser la porte du premier généraliste, je tape mes symptômes sur google qui me renvoie toujours vers de fantastiques conversations doctissimo qui transforment ton petit rhume en cancer phase terminale.

rhume

Fin février 2012, à quelques heures de m’envoler pour la Thaïlande, c’est la panique totale : je crache mes poumons et surtout, à chaque mouchage, j’ai du flux qui me fait très très mal au cou. Qu’est-ce que donc. Ni un ni deux, je saisis mon clavier (à 23h, je vais pas appeler SOS médecins pour ça) et je découvre une conversation sur Doctissimo qui semble m’expliquer que j’ai les symptômes…du SIDA. Ok pince toi le haut du nez, souffle un bon coup… Et évite de pondre une réponse assassine à tous ces crétins.

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Point médical avant de poursuivre : on ne meurt pas du sida mais de la maladie attrapée à cause de l’immuno-déficience provoquée par le sida. Donc parler de symptômes du sida est une hérésie totale mais la conversation reste en ligne, comme par exemple le mec qui se demande s’il a le sida car il a un petit rhume et qu’il reçoit en réponse des “faut attendre 6 semaines pour avoir les symptômes”. Et personne n’efface ça ?

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Je vois de graves problèmes là dedans. Imaginons que le débile à l’origine de la conversation se sente bien au bout de 6 semaines, il va aller retremper son biscuit Dieu seul sait où en se croyant séronégatif. Il l’est peut-être, la seule façon de le savoir est de faire un test et non de guetter des symptômes imaginaires. Peut-on laisser de telles hérésies en ligne ? J’aurais pu répondre pour remettre un peu de vérité dans toutes ces conneries mais je ne suis qu’une internaute lambda, je n’ai aucune légitimité médicale même si je pourrais m’en inventer une, tiens, qui irait vérifier ?

doctoresse

Evidemment, c’est le jeu des forums, l’info est biaisée, on peut se prétendre être qui on veut, peu importe qui l’on soit. Mais si les psychopathes qui s’inventent une vie ou des pathologies pullulent, ils ne sont que pathétiques et (relativement) sans danger. Par contre, se poser en fin connaisseur des symptômes du SIDA me pose un gros, un très gros problème : on en touche à la santé publique. Que foutent les modérateurs ? Non parce que moi, je sais que c’est du flan mais qui me dit que toute personne tombant sur cette conversation sera capable de faire la part des choses. Ne pensez pas que je me pose en fille über intelligente face à la masse stupide et ignorante mais quand je vois une demi douzaine de personnes participent à cette discussion sans qu’une personne signale que les symptômes du SIDA n’existent pas, je peux légitimement me poser des questions. Et je parle de cette conversation car il s’agit d’un exemple précis croisé mais j’ai lu d’autres choses curieuses. Par exemple, je souffre pas mal d’acouphènes (notamment pulsatiles, c’est un peu flippant), j’ai un peu fouillé sur Internet pour tenter de comprendre et j’ai lu des dizaines et des dizaines de causes, réelles ou supposées, j’ai découvert la prose délirante d’hypocondriaques faisant d’une montagne d’un petit symptôme (ça semble lié à la spasmophilie, c’est un des symptômes. Mais vu que je fais de la plongée, je pense que c’est une explication bien plus plausible). Si je cherche à Google de m’expliquer des causes plausibles d’un symptôme, c’est que je ne sais pas de quoi il peut bien s’agir (et surtout pour lire que tout ça n’est rien, pas la peine de consulter donc. De toute façon, mes acouphènes n’ont lieu que le soir quand je me couche, comment je montre le truc au docteur, hein ?). Donc si je ne recroise pas les infos, je risque de me fourvoyer, penser que je vais bien car je n’ai pas certains symptômes ou mal parce que je viens d’éternuer et d’après Doctissimo, je dois avoir chopé Ebola. Quand mon cousin a appris que ma mère avait un lupus, il a cherché sur Doctissimo et appelé ma mère en pleurant sur le thème “tu vas bientôt mourir, c’est horriiiiiible”.

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Bref, si doctissimo remplissait sa promesse jusqu’au bout, il faudrait une modération drastique pour virer ce genre de propos dangereux et faire intervenir des médecins “officiels” afin de rétablir la vérité. Ou alors arrêter de croire ce qu’on lit sur Doctissimo…

Moi, spasmophile

Pendant longtemps, j’ai cru que la spasmophilie était une sorte de maladie imaginaire, une affection des hypocondriaques qui se prennent le pouls toutes les 3 minutes. Oh, ciel, j’ai des vapeurs, je dois être spasmophile. C’est vrai, si on se penche 5 minutes sur les symptômes de la spasmophilie, tu retrouves tous les bugs possibles du corps humain.

D’ailleurs, ma machine commence à ne plus trop marcher comme il faudrait, j’ai des ratés. Ca commence par quelques tremblements le matin, des tremblements assez marqués. Bah, me dis-je, c’est la fatigue. Je me traîne quelques spasmes à la paupière, au ventre et à la jambe mais c’est anecdotique et Doctissimo mon ami m’explique que je fais un peu de spasmophilie à cause d’un manque de magnésium. Ah ben voilà, je vais manger des amandes et ça ira mieux.

Puis un jour, tout bascula (tadam!). J’étais en charmante compagnie après une semaine un peu stressante, le champagne et les cigarettes rigolotes coulaient à flot. Quand, à la faveur d’un mouvement de tête un peu brusque, j’ai commencé à pas me sentir bien genre malaise vagal. Je demande donc à mon partenaire de me laisser un peu d’air mais là, c’est de pire en pire : allongée sur mon lit, j’ai envie de vomir, je suis en sueur et j’ai des fourmis dans les bras, des mains jusqu’aux coudes. Bon, une demi heure plus tard, c’était passé mais sur le coup, j’étais mal et je reste légèrement traumatisée.

Un coup de google plus tard, il s’avère qu’il s’agit d’une bonne grosse crise de spasmophilie. Bon, ben, ok, faut faire quoi pour se soigner ? Ah rien, ok… Super ! Faut juste que j’apprenne à me détendre, faciiiiile ! Bon, en plus de la chorale, de la plongée et de la salle de sport, va falloir que je me cale une ou deux séances de yoga quoi.

Comment en suis-je arrivée là ? Le stress, tout simplement. Rien de bien exceptionnel en soi. Mais du coup, je vire désormais parano, je me sens au bord de la crise à la moindre bizarrerie de mon corps alors même que je n’ai eu qu’une vraie crise en 32 ans et que celle-ci a eu lieu y a plus de trois mois. Genre alors qu’épuisée, je dois attendre 3h dans une gare seule, je commence à flipper quand j’ai la sensation d’avoir quelques palpitations. Même que je prends mon pouls pour vérifier (cf 1er paragraphe hein…). Je flippe au moindre fourmillement dans les doigts, peur, peur, peur… Mais est-ce que c’est pas un peu un cercle vicieux ? Plus j’ai peur plus je risque de provoquer une nouvelle crise ?

Non, y a pas à dire, la spasmophilie, ça craint.

PS : Evidemment, je suis preneuse de tous conseils sur le sujet, j’aime pas ça, être spasmophile.

Doctophobe moi ? Heu oui

On dit que les cordonniers sont les plus mal chausses donc je suppose qu’en bonne fille de médecin, il est normal que je déteste aller chez le docteur. Non pas que je déteste le corps médical mais j’ai peur de ce qu’il pourrait me dire.

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Mardi, 11h38, ma mère (qui avait rendez-vous à 10h45) m’abandonne pour suivre sa consultation, moi, je n’ai rendez-vous qu’à 11h30 (soit 12h15). Oui, dans ma famille, on a de super activités mère-fille. Au menu du jour : pose d’un stérilet. Depuis que j’ai un compagnon officiel pour mes parents (qui n’ont aucune idée de la complexité de la situation réelle), ma mère semble heureuse pour moi mais légèrement flippée à l’idée que, tout à coup, je me mette à assurer la descendance. Qu’elle se rassure, je n’envisagerai rien de tel tant que je continuerai à changer de boulot tous les ans… Donc me voici dans la salle d’attente du gynéco, gavée de spasfon en préventif, le sexe sentant le savon, une vieille culotte en cas de saignements. Et je psychote. Non pas sur la pose du stérilet en lui-même mais sur la consultation. Et si on me trouvait un truc ?

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Ça ferait un peu comme dans les téléfilms, je souris à la vie et elle me le rend bien mais un jour, au détour d’une consultation anodine, le drame se noue ! Le gentil docteur m’annonce la terrible nouvelle, genre un cancer, tiens. Je sais que je me fais des films (et que je dois calmer ma merdophagie, je regarde trop de téléfilms pourris) mais ça peut arriver. Par exemple, y a 3 ans, la cousine va chez le dermato faire contrôler ses grains de beauté et là, le docteur panique littéralement et lui programme une intervention en urgence pour un grain de beauté suspect. Nous,
on a imaginé le pire (cancer de la peau, tu meurs en 6 mois max à ce que disait ma mère). A l’arrivée ? Rien de rien, juste une flipette de 15 jours.


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Donc me voici désormais dans le bureau du docteur qui a fait naitre ma sœur. Je lui raconte mes dernières péripéties vaginales, le traitement préventif pour la chlamydiae que j’ai dû prendre car un amant pouvait éventuellement l’avoir attrapée, la mycose suite à la prise d’antibiotiques. Là, il m’annonce que mon dernier frottis datant de 10 ans (quelle honte, je pensais pas…) donc j’ai la combo frottis- stérilet, ouais ! Bon, il faut le faire, c’est important mais dans sa petite boîte de petri, y a peut-être un grand drame.


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Je ne sais pas d’où ça vient, ça, cette terreur de la maladie. Oh enfin si, ça vient de toute cette pression médiatique qui nous sort quotidiennement la liste de plein de saloperies qu’on pourrait avoir et qu’il faut en permanence se vacciner. Je veux bien mais je suis à peu près persuadée que si je fais tous les vaccins qu’on me préconise à la télé, à la
fin, je vais briller dans le noir. Je ne suis pas quelqu’un d’hypocondriaque à la base mais à force d’entendre parler de toutes les maladies du monde, on finit par se poser des questions. J’ai un truc qui gratte, là, n’aurais-je pas contractée une nouvelle forme de peste ? Et cette boule, là, sur mon bras, c’est pas un peu un kyste ? Ah non, c’est une piqûre de moustique.
Hé mais je tousse, j’ai un cancer, ça y est ! Je savais bien que j’aurais dû arrêter de fumer avant même de commencer. A moins que ce ne soit le nutella ou l’aspartame. Mais je 
reviendrai plus longuement sur cette question.

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Bref quoi qu’il en soit, mon psychotage en salle d’attente n’a pas servi à grand-chose. Hop, vas y que je m’allonge sur la table, les pieds dans l’étrier (ça c’est un peu top par contre, j’aime bien avoir les jambes un peu surélevées), hop le spéculum entre en œuvre, mon utérus proteste et je le sens en train de pousser le spéculum vers la sortie (j’ai un utérus protectionniste, apparemment), hop, le frottis, je douille un peu pour la pause du stérilet car « ah, votre utérus résiste un peu ». Non mais utérus, entre nous soit dit, tu m’emmerdes déjà 1 voire 2 jours par mois à me plier par terre et même à me filer des coups (je vous jure que c’est la sensation que ça me fait), tu peux pas te tenir correctement pour une
fois ? Bordel, ai-je envie d’ajouter. Ca piquouille un peu mais délivrance ! Normalement, je suis stérile pour les 3 prochaines années. Bon, j’ai un peu douillé le reste de la journée, j’ai l’impression qu’il va piquer la queue de mon prochain amant (mais non, ça ne risque rien, hein !), qu’il va s’accrocher à mon prochain tampon mais je vais l’occulter, ça va aller. Puis
j’ai pu jouer les princesses avec ma maman qui m’a interdit de faire quoi que ce soit aujourd’hui car je dois me reposer. Bon, à la fin, je suis quand même allée faire ma quasi heure d’aquagym, seul truc qui a calmé la douleur.

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Je referai un article sur le stérilet dans quelques temps pour raconter, là, j’ai juste envie de dire que me taper deux fois des règles douloureuses à une semaine d’intervalle, c’est pas le meilleur…

Pour vivre heureux, vivons sans télé?

Par Diane

Il y a quelque chose de pourri au royaume du PAF.

Je ne suis pas une grande consommatrice de télévision. Je regarde pas mal de films en dvd, mais plutôt rarement la télévision.

Il se trouve que, ayant depuis peu un nouvel appartement, j’ai acquis en prime un téléviseur. Et, d’après la théorie qui veut que quand on s’achète des trucs, on s’en sert (….théorie qui ne tient pas toujours la route en ce qui concerne l’étrange phénomène qu’on appelle l’acheteur compulsif), eh bien je me suis mise à regarder un peu plus la télé. L’autre jour, par exemple. Littéralement affalée sur le canapé aussi gracieusement qu’une baleine échouée sur le rivage, j’atteins la 174 ème page des frères Karamazov et, malgré le  génie
narratif de Dostoïevski, je fais un énième retour en arrière car mon cerveau n’arrive pas à imprimer le fonctionnement (digne des codes cryptés les plus complexes de la N.A.S.A) des patronymes russes (Fédor Pavlovitch Karamazov a trois fils: ivan fédérovitch karamazov, dmitri fédérovitch karamazov-qu’on surnomme parfois Mitia- et alexis fédérovitch karamazov -qui des fois, s’appelle
aussi Aliocha. Dmitri fédérovitch a promis monts et merveilles à catherine ivanovna polenskaia, mais a fricoté -le vilain- avec grouchenka polenta ratafia, aussi appelée Micheline les jours de pluie. Et encore,là, je simplifie. Si vous voulez mon avis, Dostoievski aurait triplé ses ventes s’il avait appelé ses héros John, mike, brad et Bob).

Bref, ayant besoin de me reposer l’encéphale un tantinet, je tends ma tentacule droite vers la télécommande et allume la chose.

-Chaine n°1: les infos: en vrac: le pauvre monsieur de 50 ans avec une femme, 4 gosses + des quintuplés à venir est au chômage, le vilain virus de la grippe A qui a fait moins de morts que le système patronymique russe a muté -un myopathe cancéreux et un hamster lapon en sont morts-, la banquise fond comme mister freeze au soleil, et notre président…..notre président (tout court).
(…..mouarf).

zappons

-Chaine n° 2: j’opte pour une chaine genre national géographic 30 millions d »amis. Une madame nous présente gaiement une clinique vétérinaire en australie spécialisée dans le soin aux petits koalas. On soigne dans cet établissement les mignonnes petites boules de poils qui pourront ainsi retourner chez elle. Diantre que c »est mignon. Eh bien non, à peine rentrés dans le truc qu’une vétérinaire nous explique que la mignonne petite boule de poil ,eh bah elle est en train de crever d' »un virus qui bouffe son système immunitaire, et que le sida du koala extermine toute l' »espèce, même que elle devrait pas faire long feu sur la planète de toute façon. Tiens regardez la petite madame koala là avec son pti nez qui remue et qui s’accroche à votre bras comme une huitre à son rocher, eh bien le virus lui a refilé 4 kystes aux ovaires gros comme mon petit coeur tout gonflé de compassion triste, elle tient plus debout, elle couine, elle souffre il faut la piquer pouf elle est morte.
Bon.

zappons

-Chaine n° 3: une sorte de jeu télévisé du genre bigdil. Une grande démonstration haute en couleurs de la bienveillance et de la fraternité humaine. Un monsieur est là, fébrile. On l’a choisi moche, petit et gros, c’est mieux, ça va faire pitié et émouvoir le chaland. Il est là, silencieux, un peu renfermé, timide, il regarde le présentateur option brushing barbara gourde en silence, avec un sourire un peu forcé mais sincère malgré les plaisanteries très fines du connard brushé qui du haut de son costard Vuittron, le félicite, l’air puant et goguenard, sur le choix de ce magnifique gilet jacquard que sa grand mère avait tricoté pour l’obtention de son bac.
Le monsieur attend qu’il aie fini de se foutre de sa poire et qu’il lui demande quelle boite il choisit, parce que attentionnnn il faut bien choisir, dans une boite il y a 100 000 euros c’est une somme ça 100 000 euros hein ça vous serait utile 100 000 euros hein, 100 000 euros, 100 000 euros (caquette t-il en changeant sa fréquence de voix, pour bien lui faire sentir le poids de ce qu’il peut perdre). Et le monsieur de répondre faiblement « celle de droite », avec dans la voix toute l’angoisse pesante de ses multiples crédits, du traitement de sa femme et des études de ses fils à qui il aimerait payer une grande école de commerce pour qu’ils n’aient jamais à s »abaisser à aller dans ce genre de débilités accroche-désespérés dans l’espoir de sortir de la merde financière dans laquelle il est englué.
…..attention attention, vous avez gagné…………..20 centimes! ohhhh c’est dommaaaaaage, vous n’avez pas choisi la bonne boiiiiite, elle était juste à côté pourtant bon bah voila au revoir hein.

Bon.

Et là je dis mais voilàààà, j’ai trouvé le facteur principal de la « crise »: c »‘est la télé!

Après environ une heure de visionnage, j’ai mal au bide, une grosse boule dans la gorge, j’ai peur d’aller dans le métro et y choper un virus, d’aller dans ma classe (suis prof) et de me faire poignarder par la jeunesse hyperviolente et stupide, et j’ai presque envie de verser une larme sur l’humanité perdue. Du coup je sors plus, je gagne plus d’argent, je regarde encore plus la télé, j’ai plus d’argent, je prends un crédit, arrivent les huissiers, je déprime, je deviens hypocondriaque, je multiplie les rdv chez les médecins, je creuse le trou de la sécu, l’économie française s’écroule, on déclare la guerre aux russes qui s’allient avec les japonais, devant la faiblesse mondiale les extra-terrestres débarquent et pouf on retourne tous au stade amibe.

Bref, plus sérieusement quand je pense qu’il y a des gens qui regardent la télé 5h par jour et plus… je comprends mieux pourquoi je me fais marcher dessus dans le métro. C’est incroyable le potentiel anxiogène que peut avoir cette petite boite…. 30 minutes de visionnage quotidien et vous perdez toute foi en l’espèce humaine et en l’avenir! wou ou! Je sais pas vous, mais moi, à chaque fois que je regarde la télé plus de 30 min, il me prend quasi-instantanément une envie soudaine de regarder une comédie musicale. Une sorte de palliatif en somme, comme quand on enlève un pansement d’un coup sec et qu’on appuie tout de suite après sur le bobo comme pour apaiser la douleur… (http://www.youtube.com/watch?v=k-HhoQLC9q8 )

J’ai l’impression que tout y est déformé (ça, c’est pas nouveau), mais à l’extrême: c’est comme les bonnes vieilles tragédies grecques: il faut susciter l’horreur et la pitié, pas moins. C’est du réchauffé d’Aristote tout ça. Faire du chiffre, du brouzouf, montrer des filles qui ondulent des hanches en faisant « han han, han han » autour d’un mec à capuche qui fait « han han, han han », des mecs qui pataugent dans leur honte mais qu’on paye pour la montrer alors bon…, des gourdes qui gloussent et des koalas qui crèvent .
En gros, que des caricatures du genre humain. Du grossi, du bourrin, de l’hyperbolique, de l’exacerbé, du frénétique.
Et si peu de place pour le subtil, pour la finesse et la nuance.

Oui, je sais, je râle, mais que voulez vous j’utilise le processus d’écriture cathartique pour délivrer mon âme de la profonde angoisse et du désespoir amer dans lesquels m’a plongé cette petite heure au sein du royaume pourri et tout puissant (et je pèse mes mots, quelle puissance elle a donc, cette petite boite…) du PAF.

Et devant ce constat affligeant du peu de résistance que ma conscience est capable d’opposer  à la télé, j’interroge votre propre relation au PAF: êtes vous capables de la regarder plus d’une heure sans pleurer? désespérer? devenir parano-agressivo- hypocondriaque?
Le pouvez vous sans regarder l’Humanité après coup comme un ramassis gargouillant de raclures de bidet?

 

Un article pour rien

Par Gauthier
Lectrice, lecteur, autre, je m’adresse à toi pour t’informer que je n’ai strictement rien d’intéressant à dire. Alors je vais pondre un article (forcement !). Le but premier de ce blog c’est d’être une sorte de journal intime, t’es d’accord ? Donc c’est parti…
 
Je m’en vais te conter mon escapade toulousaine de ce week end, tu vas voir lecteur c’est folklo !
 
Mercredi 3h02 (du matin pour les deux du fonds qui suivent pas) :
 
Je prends une décision mûrement réfléchie au vue de mes finances catastrophiques : ce week end je rentre à Toulouse. Comment payer un billet d’avion quand on bouffe des pâtes ? « Allo maman, oui je vais pas bien en ce moment, j’accumule les merdes, j’ai besoin de vous voir, que tu me dorlotes, que tu me fasses des madeleines, que tu me dises que je suis ton fils aîné préféré, tu me payes un billet d’avion ? » *Insérer ici le sourire le plus hypocrite de votre répertoire* « Bien sûr mon chéri, tu arrives quand ? » (ndlr : je n’ai pas appelé ma mère à 3h02 mais le lendemain matin, je ne suis qu’un demi-monstre, quand même…)
Et voilà je suis ignoble, je sais, surtout que ma mère sait très bien que je viens pas pour la voir mais pour me biturer avec la bande à neuneu qui me sert de groupe d’amis. De plus Nina sera sur place aussi, tu rajoutes à cela une présentation officielle du Yome à la troupe, je me devais d’en être…
 
Vendredi 8h00 :
 
Mon réveil sonne…
 
Vendredi 9h00 :
 
Mon réveil sonne toujours…
 
Vendredi 10h00 :
 
JE SUIS EN RETARD !!!!! Je me prépare en 2 min, je fais ma valise, j’oublie mes magazines pour l’avion. Je me baisse pour les prendre (ils sont « rangés » sous ma table basse), et là c’est le drame : mon genou gauche m’informe que je devrais passer le week end sans lui (traduction il implose sous mon poids). Là je dois dire que comme je suis un homme et que je suis grand et fort, je me mets immédiatement à pleurer sous la pression (et la douleur surtout).
Résultat : je ne peux donc plus marcher sans ressembler à un GIG/GIC !!!!
Seule solution : prendre un taxi (centre de Paris —> Orly = je n’ose même pas l’imaginer le prix !)
 
Vendredi 11h00 :
 
Oui rapidement pour moi ça veut dire 1h, et alors ???? Je boite jusqu’à la station de taxi la plus proche (impossible de remettre la main sur cette foutue carte de taxi que j’avais « rangé là parce que si un jour j’en ai besoin je la trouverai rapidement »). Là un type est avant moi dans la file, un taxi se profile à l’horizon, le monsieur me lâche un généreux « tu as l’air presser, je t’en prie prend le ! » avec un sourire qui voulait dire quelque chose comme « tu me suces salope ? », mais bon pas le temps… Je demande au chauffeur s’il va à Orly (ben oui j’ai pas l’habitude de sortir de Paris en taxi môa), et le charmant jeune homme me lâche un « tu parles il doit bander pour le coup ! ». Là tu rajoutes le chauffeur de taxi qui me raconte toute sa vie (viiiiiiiiiiiiiite opération iPod, c’est pas poli, mais ça fait du bien !)
Qu’est ce que j’ai fait au bon Dieu pour attirer tous les tarés de la Terre ? 23,80€ plus tard je suis à Orly… avec une heure d’avance !!! J’aurais peut-être dû boiter dans le métro et j’aurais été à l’heure quand même ! Non je souffre trop (limite hélitreuillage pour sortir du taxi).
 
Vendredi 12h30 :
 
« Je vous mets sur un autre vol ? Vous êtes en avance… » « Non, mon billet n’est pas modifiable » « Ah tant pis, il va falloir attendre alors »
Je hais le personnel d’Air France !
 
Vendredi 13h50 :
 
« Votre commandant vous informe que nous survolons actuellement la Creuse » « … »
Je prends l’avion assez souvent, et je dois dire que c’est la première fois qu’on me fait le coup ! Quand je le raconte hilare à mon père, il me dit hilare aussi « mais c’est pour vous dire que si vous vous écrasez vous ne tuerez personne ! ». Je rappelle à l’assistance que j’ai peur de l’avion, heureusement que je n’ai pas penser à ça là haut, sinon je me petit suicidait.
 
Vendredi 16h00 :
 
Je souffre trop, je décide d’aller voir mon kiné, qui me connaît depuis que j’ai 10 ans. C’est pratique ça permet de débarquer sans rendez vous. Là tu rajoutes un merveilleux « je souffre, tu peux regarder vite fait ? ». et ça marche, non sans que je me prenne un merveilleux « alors le parisien, ça va bien sous ta pollution ? ». Mais bon ça c’est autre chose.
Il m’annonce, qu’en fait, je n’ai aucun problème au genou, pas de problème aux ligaments, pas de problèmes aux muscles, alors pour lui ça vient des os. Il ne me manquait plus que ça ! Je promets de consulter un docteur, et je me sauve (à l’heure actuelle je n’ai toujours pas vu un docteur et j’ai encore mal, mais c’est mon côté maso qui ressort). Et puis de toute façon le généraliste va encore me dire « mais Gauthier, tu sais très bien que tu es hypocondriaque… » OUI ET ALORS ?
 
Vendredi 22h00 :
 
Je suis à la bourre à mon rendez-vous avec Emma, Yome, Lucie, Mister Big et Nina.
 
Vendredi 22h30 :
 
J’arrive à mon rendez vous, au passage je greffe une ancienne collègue de promo de l’année passée. On part dans un bar pourrave de notre belle ville. J’avais oublié qu’Océane avait fricoté avec le serveur, ce qui nous fait une tournée à l’œil (parce que lui il m’a reconnu, moi je m’en suis souvenu en moins de 5 min, c’est un record perso).
Et avec Mister Big on se fait engueuler par un Yome qui nous trouve « bien sage ». Eheheheh le coquinou, qu’est ce qu’il a pas dit ! Deux tournées plus tard je me souviens juste que je lui tripotais les oreilles. Mais je vous rassure, on est resté soft !
Bon peut être qu’en fin de soirée je l’ai embrassé sur la bouche au milieu d’une boite bondée, mais comme je suis poli, j’avais demandé la permission, et je l’ai obtenue (tu te démerde comme tu peux Yome maintenant pour sauver ta réputation)
 
Épilogue :
 
Voilà je ne vous raconterai pas la soirée de samedi, elle est totalement inintéressante (j’ai bu, j’ai mangé, j’ai fait l’andouille en boite), ni celle de dimanche (j’ai dormi). Je suis donc rentré à Paris le lundi soir (en taxi = 29€ ; note pour plus tard, le taxi le soir c’est plus cher), et depuis je glande en attendant de reprendre les cours vendredi.
Et je t’informe ami lectrice, lecteur et autre que je viens de taper un article de 1132 caractères pour ne RIEN DIRE ! Et je suis sûr que je t’ai fait sourire au moins trois fois. Ce n’est pas la peine de nier, je t’ai vu.