Plan cul ou plan love ?

Remplir sa fiche de site de rencontre est un vrai acte de foi tant on veut tout savoir de vous. Certains vont même jusqu’à vous questionner sur votre lingerie ou vos pratiques sexuelles tout en vous demandant : tu cherches l’amour ou les parties de jambe en l’air ? Ils sont bien curieux, ces sites !

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Mais après tout, si je trouve la question des pratiques sexuelles et de la lingerie franchement sans intérêt (coucou adopteunmec, le site soit disant pour les filles qui doivent cependant exhiber leurs dessous et leurs pratiques intimes pour choper du mâle), la question de ce que l’on cherche peut être intéressante. Alors, est-ce que je cherche l’amour ? Bah oui, hein, tant qu’à faire, ça ferait plaisir de trouver the big love. Mais on n’est pas forcément opposés à un petit plan cul si jamais on trouve un gentil partenaire avec qui on ne fera pas notre vie pour X ou Y raisons, je mets quoi alors ? Car la réponse a son importance :

Carrie Bradshaw
– Je cherche plutôt du cul : vous ne cherchez rien de sérieux ? Attendez-vous à recevoir des mails en conséquence. « Salut, on baise ? » Oui, manifestement, le fait d’assumer chercher des relations sexuelles fait de vous un être insensible à toute forme de bienséance. Ecartez bien les cuisses ou les fesses, tendez fort votre bambou magique, c’est à peu près tout ce qu’on attendra de vous. Votre conversation ? Non mais on s’en branle, on est là pour la baise, pas pour se la jouer café philo. Tant pis si vous êtes du genre jouisseur intellectuel. Sauf si vous considérez que papoter de la pertinence ou non de la fessée lors du coït est stimulant pour votre intelligence. Bref, assumer sa liberté de niquer, c’est souvent se transformer en aimant à gros-ses lourd-e-s.

Aldo Maccione dragueur lourd
– Je cherche l’Amour : option intéressante pour faire un peu le tri entre ceux qui ne cherchent qu’à visiter vos dessous et ceux qui s’intéressent un peu au reste de la bête. Sauf que vous prenez le risque de perdre légèrement en marge de manoeuvre et recevoir des mails flippants à base de « je cherche un-e époux-se, je suis sérieux-se, diplômé-e en truc muche et très certainement fertile, youpi ». Je vous jure avoir reçu ce genre de mail ! Le problème, c’est qu’en évoquant d’entrée de jeu l’envie que ça devienne sérieux, non seulement vous perdez toute insouciance, cette période un peu bénie où vous vivez d’amour et d’eau fraîche sans vous poser de questions, mais surtout vous risquez de vite vous retrouver étouffé-e par un date certes bien intentionné qui va vous parler appart commun et prénom de bébé au lieu de vous parler de nuit blanche torride ou petit week-end à Venise ou à Rome. Et enfin, chercher rigoureusement l’Amour (avec un grand A) pourrait vous permettre de collecter une belle masse de pervers manipulateurs en tout genre qui verront en vue un-e désespéré-e de l’amour facile à embobiner.

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Alors, je mets quoi ? Rien ? Non, mettez tout si vous le pouvez : les petites histoires peuvent parfois se transformer en grande. Mais gardez la tête froide : l’amour ne se trouve pas si facilement au détour d’un clavier.
Love keyboard
Bien, vous avez votre photo, vous avez répondu aux questions. Maintenant, préparons nous à la plus casse-gueule des épreuves : la rédaction de l’annonce.

Petite drague en famille

Sur les sites de rencontre, on veut quand même être sûr qu’il n »y a pas tromperie sur la marchandise donc tu es prié d’indiquer ton statut marital et le nombre d’enfants en ta possession. Comme ça, direct, pan ! T’as même pas pu faire découvrir à ton date ta passion pour le ukulele et ton envie de découvrir l’Arctique en kayak (parce que moi, j’aimerais bien quand j’aurai réglé la question du froid) que déjà, ton rencard sait que tu es déjà passé devant le Maire et que ça s’est mal fini et qu’en plus, un de tes spermes a un jour fécondé un ovule.

Antarctic Kayaking 234

Jouer carte sur table, c’est bien. On ne cache pas à son nouveau flirt un ex conjoint ou quelques enfants que l’on garde une semaine sur deux. Seulement, il y a des façons de l’amener et le balancer d’entrée de jeu, avant même son prénom vu que la plupart évoluent sous pseudo, ça casse un peu la (pseudo) magie de la rencontre. Non mais imaginez, « salut, je te dis pas mon prénom mais sache que j’ai déjà subi une grosse rupture qui s’est réglé devant un juge » ou « salut, on se connaît pas mais j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour toi. La bonne, c’est que si tu veux te reproduire, je suis fertile. La mauvaise, c’est que j’aurai toujours mon ex dans les parages vu qu’on a un peu mélangé nos gênes. On va boire un café ? ». Là, comme ça, ça casse une ambiance quand même.

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Bien sûr, il faut de tout et je suppose que pour certains, récupérer un coeur brisé est une perspective excitante, panser les plaies, ça peut plaire. Moi même, je suis un peu (beaucoup) une soignante. Je ne cours pas avec les divorcés pour autant, ça me fait même un peu fuir (même si un divorcé, il me saoulera pas pour qu’on se marie, à priori) mais c’est pas non plus absolument éliminatoire. Par contre, le statut « séparé » me fait frémir. Parce que bon, pourquoi t’es pas divorcé ? Parce que c’est en cours et que c’est pas prononcé ou parce que tu es juste séparé d’elle mais qu’au moins l’un d’entre vous ne veut pas écrire le mot « fin » au bas d’un papier administratif vous rendant chacun votre liberté ? Non parce que les retours de flamme, pour la 3e personne, ça a surtout des airs de backdraft… Carbonisé ton coeur, hop !

Backdraft

Puis les enfants. Alors si tu as décidé de ne pas envahir le monde de ta descendance, c’est plutôt une bonne nouvelle : y a déjà un mini lui ou elle, il/elle te saoulera peut-être pas trop pour en avoir un de plus. A moins de tomber sur un reproducteur abusif ou le gourou d’une secte qui cherche sa 58e compagne mais là, ce serait pas de bol. Par contre, si tu as le désir fou d’avoir des enfants à toi, faut vérifier les paramètres dès le départ : est-ce qu’à un moment, tu envisages d’en avoir un autre ou l’usine à bébé est définitivement fermée ? Le truc peut évidemment évoluer, hein, ne préjugeons pas. Cependant, la vraie question est « es-tu prêt-e à rentrer dans la parentalité sans préparation ? ». Non parce qu’un enfant que tu fabriques, t’as 9 mois pour t’y préparer. Un enfant que tu choisis d’adopter, t’en as pour pfiou la la ! Mais là, tu vas prendre un verre avec un-e inconnu-e, ça matche et bam, tu récupères un compagnon de route et un enfant. Surprise ! Et encore, dans le meilleur des cas, y en a qu’un…

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Alors, faut-il livrer son livret de famille dès ton inscription sur le site ? J’hésite. Parce que si, « dans la vraie vie », tu peux rencontrer une personne qui te plaît et apprendre ensuite qu’il-elle fut uni par les liens sacrés du mariage et a même une progéniture sans que ça t’effraie. Si tu le sais avant même d’avoir adressé la parole à cet-te inconnu-e, la règle du jeu risque de ne plus être la même.

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Après les vacances de Noël, nous nous poserons cette cruelle question : doit-on assumer ou cacher son tabagisme, si on en a un ?

Bonnes fêtes mes lecteurs d’amour (et même mes lecteurs de haine s’il en reste, je ne suis qu’amour)

Prends ta pilule et tais toi

Oui en ce moment, je suis un peu branchée contraception.

Petite discussion sur Twitter l’autre jour autour du stérilet, solution de plus en plus prisée par la femme du XXIe siècle. Moi, franchement, passé les 3 premiers mois un peu douloureux, je suis ravie. Pas de risque de mini moi et pas de gavage aux hormones, que demander de plus ? Ah oui : que les gynecos arrêtent de nous prendre pour des connes.

Le stérilet a certes quelques contre indications. Ceci étant, on devrait éviter de filer la pilule aux fumeuses mais ça, ça ne dérange pas trop les gynecos peu consciencieux. Mais les contre indications sont très peu nombreuses, ça me paraît même moins violent pour le corps que la pilule. Ce n’est qu’un bout de cuivre dans l’utérus, j’ai bien 2 vis dans le genou et c’est pas dérangeant… Alors comme je l’ai déjà dit, Gygy veut surtout pas mettre un stérilet sur une nullipare, des fois qu’une grossesse extra-utérine accidentelle nuise à notre fertilité. Oui enfin, c’est un risque minime, je le connais et je le prends, merci.

Le pire, c’est que la demande d’un stérilet semble passer chez certains gynecos pour un caprice. Oui, je réclame souvent à un thérapeute de m’implementer des bouts de cuivre par pure flemme d’avaler quotidiennement une pilule, je fais ma princesse. Car il semble que les effets secondaires de la pilule ne soient rien d’autre que psychosomatisation de notre part, exagération et mauvaise foi. À les entendre, les filles qui ne supportent pas la pilule n’existent pas et si je m’en plains, c’est donc que je mens.

Une négation de la douleur des femmes à grande échelle et tout ça pour quoi ? Intérêts pharmaceutiques ou duree de la consultation, je ne sais… Mais comment peut-on traiter de malade imaginaire ces femmes qui se plaignent de douleurs réelles ? Ça m’échappe… Et ça m’énerve. Non, nous ne sommes pas des chochottes capricieuses qui cherchons le confort à la première crampe utérine. Nous demandons juste à bénéficier de ce droit qui est notre de choisir un moyen de contraception qui nous convient et ne nous rend pas malade. Je comprends même pas que ça puisse être sujet de débat.

T’as pris ta pilule, mon chéri ?

Aujourd’hui, dans le cadre de l’éternel débat sur l’égalité homme-femme, je vous propose une réflexion sur la nouvelle pilule contraceptive masculine en cours de création. Une fois de plus, je suis sidérante de réactivité.

Topo : des scientifiques ont trouvé une molécule qui bloque la fabrication de sperme chez le rat sans que ça n’inhibe la production des hormones mâles. Une fois le traitement arrêté, il retrouve sa fertilité au bout d’une petite poignée de mois. Wahou, me dis-je, la contraception ne sera plus simplement une affaire de femmes.

Naïve moi. Ces messieurs sont un peu gênés parce que bon, ça marche chez les rats, ok, mais est-ce que ça va pas avoir d’autres effets sur l’homme. Du genre quand même nuire à la production de testostérone et donc leur faire perdre poils et voix grave. On attenterait pas un peu à leur virilité ?

Laissez-moi rire. J’ai pris la pilule pendant 4 ans et demi, une micro dosée. Durant cette période, j’étais plus gorgée d’eau qu’une éponge et ma libido en dessous de zéro. Tu veux qu’on s’envoie en l’air ? Oui boah, si tu veux, fais-toi plaiz… Et encore, moi, j’ai pas trop à me plaindre, les effets secondaires étaient plutôt limités. Je suppose que la femme est destinée à souffrir, on se tape bien des crampes de bide tous les mois, on va pas pleurer sur quelques effets secondaires, hein…

Et puis après tout, c’est dans notre ventre que ça se passe, c’est à nous de faire attention. Dans tu invites des gens chez toi, c’est à toi de leur imposer quelques règles pour que tout reste en l’état et si y a de la casse, c’est à toi de gérer. Fallait pas l’inviter comme qui disait…

Oui mais non, c’est trop facile. A la base, un foetus, c’est la rencontre d’un spermatozoïde et d’un ovule (les vingtenaires, le blog premier sur les cours de reproduction), y a donc 50% toi, 50% moi. Alors oui, la magie de la vie se déroule dans mon ventre mais ça ne concerne pas que moi, on était deux dans l’histoire, non ? Facile de s’en laver les mains d’un “mais elle disait prendre la pilule!”. Et toi, mon ami, qu’as-tu fait pour empêcher le petit spermato de se lancer dans une chevauchée fantastique ? Hein ? Hein ? Mais bon, tu t’en fous. Pour peu que tu sois un peu connard, il te suffit de ne plus répondre aux mails ou coups de fils et tu es débarrassé de cette histoire.

Bref, les levers de boucliers face à ce contraceptif masculin nous rappellent encore et toujours que la contraception et les douleurs de la reproduction restent typiquement féminines. S’est-on déjà indigné des effets des hormones féminines sur la femme ? Non mais c’est normal, elle avait qu’à pas avoir d’utérus pour commencer…

Qui qui qu’on invite ?

Le mariage n’est pas que la célébration de notre amour, non, non. Le mariage est d’abord une convention sociale : oublier d’inviter quelqu’un peut déclencher une crise familiale et/ou amicale, une déchirure grave et irréversible. Sauf que ça coûte des sous, les invités et que non, la fille qui était à côté de nous en CE1 et qui nous a prêté unes cartouche d’encre une fois n’est pas un témoin indispensable à notre bonheur.

Qui devons-nous donc inviter ? La famille pour commencer. De mon côté, j’ai deux parents, une soeur et un beau-frère, un presque-frère et sa presque-femme (ils se marient en septembre), 3 tantes, 2 oncles, 6 cousins, 2 cousines, 6 moitiés respectives, 9 petits cousins (Aparté : c’est atroce, je n’en connais physiquement que 5 !). D’ici que j’ai un vrai Jon, je devrais gagner un ou deux neveux ou nièces (hiiiii !) et peut-être un ou deux autres petits cousins. Ça va aussi dépendre du droit à l’adoption des couples homosexuels parce que dans les hétéros de ma famille, hormis ma sœur, y a pas trop d’envie de bébé… Bon ma famille pure, ça fait une quarantaine de personnes, on va en mettre autant pour Jonichou, ça fait déjà 80 personnes. Ploum.


Le problème, c’est que parmi ces 80 personnes somme toute difficilement contournable, il y en a toujours au moins un(e) dont on espère ardemment l’absence. Car comme dirait le poète, on choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille… Et on a tous un(e) cousin(e), oncle ou tante pas fin qui finira par vous foutre la honte mais vous sourirez en vous excusant platement auprès des autres invités alors que vous mourrez d’envie de lui planter une ou deux fourchettes dans les yeux. Le cas le plus classique est celui du lourdaud bourré car dans un mariage, l’alcool coule à flot et certains ne connaissent toujours pas leurs limites. Celui là même qui interrompra votre émouvant discours de remerciement par un galant et fort bienvenu « à poil la mariée ! ». Il draguera lourdement les femmes, ira emmerder le DJ pour faire changer la playlist et dans les cas les plus extrêmes, se sera pris une baffe après avoir mis la main aux fesses d’une demoiselle non consentante.


Nous avons également le plaisantin de service (qui peut aussi être bourré) qui confond mariage et one man show, qui nous la joue Jean Dujardin dans le lénifiant « Mariages » (ce film était à chier malgré un synopsis prometteur mais j’ai du mal à supporter Mathilde Seigner et Lio, c’est peut-être pour ça), vous savez genre cynique anti mariage. Celui qui vous saoule toute la soirée à base de corde au cou, début des emmerdes et tutti quanti. Ahahah… Ta gueule.


On a aussi l’accro des bébés, une femme en général, qui considère que puisque vous êtes mariés, vous allez donc procréer. Sauf que pas forcément, ne serait-ce que parce que vous avez envie de profiter de la vie à deux, que vous n’avez pas envie de mélanger vos gènes ou vous avez envie de rentabiliser Gudrun. En fait, peu importe votre corps vous appartient et là, vous avez pas envie de parler couches et allaitement. C’est légitime, j’avoue que ça n’est guère passionnant. Mais voilà, vous y avez droit, vous êtes jeune, fertile (à ce qu’on en sait) et surtout mariée. La sainte trinité de la procréation. Puis merde, si tu te reproduis pas, qui paiera ta retraite, hein ? Hein ?


À propos d’enfants, parlons en. À un mariage traînent toujours quelques chérubins tout mignons gniiiiiiiii. Oui, sauf que les enfants ont une patience à leur échelle : minuscule. Alors que vous écoutez votre magnifique quatuor à cordes la main sur le cœur et les larmes aux yeux, un étrange son discordant s’élève « PATAPATATAPAAAAA! » parfois suivi d’un « keuf keuf bouuuuu… Ouiiiiiiiiin ! ». C’est un fait, les enfants se foutent de l’incroyable magie romantique de votre mariage, ils expriment quelques besoins vitaux (pipi, faim, sommeil) ou tout simplement leur ennui. En tant que mariée extrémiste, je souhaite donc mettre en place un système de garde pour les petits car entre ceux qui chouinent et leurs parents qui se focalisent sur leurs mini mois beuglards, la cérémonie devient un vrai bordel. Déjà qu’ils vont courir partout pendant le vin d’honneur…


Et les amis ? Bon, c’était fatigant de faire la liste famille, on s’occupera des amis la semaine prochaine !

Mmmm, tu peux mettre une capote avant d’entrer ?

Je vous l’avais promis, voici un article sur les capotes et sur un comportement que je croise le plus souvent dans mes rencontres charnelles : la tentative d’oubli de la capote. Pas de ma part, non. Mais de celle du monsieur.

Pour justifier cette intrusion sans gants, si j’ose dire, j’entends “mais j’ai fait un test et tout va bien”. Mmmm, ok, petit padawan, TOI, tu es clean, à ce que tu m’annonces, partons du postulat que c’est vrai. Que sais-tu de ma propre sérologie ? J’ai pas fait de test donc je n’en sais moi-même rien mais tu me fais confiance. Ah ok donc je résume : à ton dernier test, tu étais séronégatif. A quand remonte-t-il ? As-tu refait du sexe depuis ? Avec ou sans capote ? Parce que je te trouve un peu prompt à la confiance quand même. Et si tu l’es avec moi, je suppose que tu l’es avec d’autres. Et quand on parle de dépistage, tu t’es fait dépister de quoi exactement ? Non parce que tu es peut-être séronégatif mais niveau hépatite, syphillis, blennoragie, chlamydiae… t’es au point ? Ah tu ne sais pas… Bieeeeeen…

Et je parle des MST mais quid de la contraception ? Non parce qu’avant la tentative de put in tout nu, on n’a pas forcément parlé de ma fertilité. Ben oui, depuis que Gudrun m’embête moins, je ne suis plus trop utéro-centrée. Tu pars sans doute du principe qu’en tant que femme libérée du XXIe siècle, je prends forcément la pilule. Tu es audacieux. Dans les faits, tu as raison, j’ai un moyen de contraception hors capote mais imaginons un peu que j’ai un fou désir d’être môman. La reproduction est une loterie mais si t’es pas chanceux, voilà que c’est ton nageur qui remporte la médaille d’or… Enfin, j’ai des doutes sur la pertinence de ma métaphore, je suis pas sûre que tu sois ravi de gagner cette course. Peut-être que tu es prêt à devenir papa avec une fille avec qui tu as passé une nuit, pourquoi pas, hein… Mais ça m’étonnerait un peu. Aaaaah, tu penses que tremper ton biscuit sans protection te décharge (si j’ose dire) de toute responsabilité. Ohla mais non, tu sais, un homme dont on prouve la paternité est obligé d’assumer, c’est triste. Oui, bon, c’est sûr que si le mec ne répond pas à mes messages, ça va tourner court cette histoire mais peu importe.

En fait, j’avoue que ça me saoule d’avoir à débattre de ça. Début de relation, c’est capote et point. D’où on remet ça en question maintenant ? Le pire c’est qu’en général, le mec qui est lourd sur la question de la capote, j’ai tendance à ne pas remettre le couvert avec parce que j’ai pas envie de devoir insister pour ça. Parce que oui, ok, la capote, c’est un peu moins que sans rien mais choper une cochonnerie (foetus inclus) parce que “c’est moins agréable”, je ne vois pas bien l’intérêt. Tu as envie de jouer à la roulette russe sexuelle, c’est ton droit mais moi, pas trop. Même pas du tout. Le jeu n’en vaut guère la chandelle, vois-tu. Oui, c’est plus agréable sans, je suis d’accord. Mais je suis pas sûre que la trithérapie soit d’un grand confort… Ou tout traitement anti MST. Parce que je sais pas toi mais moi, les antibiotiques, ça ne me réussit pas du tout.

Au delà de ça, je me demande où est passée la fameuse génération sida, celle à laquelle on est censés appartenir, nous, les enfants des années 80. C’est pas comme si on avait seriné toute notre adolescence de sortir couvert, alors même que nous n’avions pas encore de sexualité. Je savais comment mettre une capote avant même d’avoir vu un monsieur tout nu et d’imaginer tout ce que je pouvais faire avec… Doc et Difool nous expliquaient tous les soirs que ce n’était pas sale mais qu’il fallait mettre une capote. Pour moi, mettre un préservatif était l’alpha de toute relation sexuelle. Mais on dirait que 15 ans (!!) plus tard, le préservatif, c’est limite has been. Et bien je te le dis : je suis fière d’être ringarde sur ce point. Tu mets ton capuchon et tu arrêtes de discuter sinon tu sors.

Ah non, j’ai perdu mon horloge biologique

(et mon badge pour la cantine aussi mais ce dernier, j’aimerais vraiment le retrouver)

Ces derniers temps, ma vie tourne autour des grossesses et naissances de gens plus ou moins proches de toi. C’est pas compliqué, entre novembre et mai 2012, 9 enfants ont ou vont débarquer dans mon entourage proche. 9 ! 3 sont déjà nés dont le même jour. C’est à dire que dimanche 13, 100% de mes cousines ont accouché (j’en ai que 2, le 3e enfant est celui de Ioulia). Et sur mon Facebook fleurissent les photos de nourrissons fraîchement démoulés, de “bienvenu dans la vie petit(e)”. Bref, le taux de natalité autour de moi fait des bonds. Effet crise ou pas, j’en sais rien mais du coup, ça me renvoie à ma propre fertilité.


J’ai 31 ans et, oui, j’ai un désir d’enfant. Mais un désir d’enfant dans mon entourage, pas un à moi. Hé non, 31 ans et pas envie d’être maman, c’est comme ça et je peux très bien l’expliquer. D’ailleurs, je le fais.
– Dans ma tête, j’ai toujours 25 ans.


– Comme je dis souvent (enfin, j’ai mis cette phrase au point y a 3 semaines mais je la ressors tous les jours) “c’est pas que je veux pas devenir mère, c’est qu’aucun enfant ne voudrait de moi comme mère”. Ben oui, je pense qu’à l’heure actuelle, je serais une mère calamiteuse, du moins loin de ce que j’ai envie d’être comme maman. De un, je ne suis pas disponible en terme de temps (et un enfant, ça en prend un peu quand même). De 2, j’ai plein de choses à faire avant de me reproduire et si je les fais pas, je serai frustrée, je ferai malgré moi subir le poids de cette frustration à mon enfant et nous finirons tous deux en analyse.


– J’ai pas de mec. Et un stérilet. Alors oui, le premier n’est pas nécessaire, un géniteur suffit si je ne voulais n’avoir qu’un enfant et pas une famille. Mais bon, si tu veux, j’ai un peu envie de savoir avec qui je fais un gosse et le temps que je le séduise, que je l’amadoue, que je le VIH-teste… Ben voilà, si demain je veux un gosse, ça n’arrivera pas de suite. Et je te parle même pas du fait qu’il faille rarement tirer un seul coup pour que ça arrive (ça ne marche que quand t’as pas envie d’un gosse en général). Bref, rien que de l’écrire, ça me fatigue. Et oui, pour le stérilet, ça, ça s’enlève facilement.


– Un enfant, c’est un investissement. Tu vois, j’ai eu le choix : faire un enfant ou partir en Thaïlande. Bon ben je décolle le 23 février (hiiiiiiiii !). Et je dis ça mais un enfant, surtout le premier, ça coûte bien plus cher qu’un séjour en Thaïlande. Rien qu’entre le berceau, la poussette, la poche kangourou, le parc, le babycook, les jouets, les fringues… En plus, je me connais, je suis une foutue acheteuse compulsive donc lâche-moi dans un magasin de fringues pour bébés et tu vas voir le massacre. De 1, je vais pousser des cris suraigus à la limite des ultrasons devant des tenues “krokro mignonnes hiiiiiiiii” et je vais tout acheter. Déjà, là, je dois aller jouer un peu avec le feu et aller acheter un petit truc pour ma nouvelle petite cousine, je te dis pas… Je suis folle.


– Je suis en fait très loin de l’image d’une mère correcte à mes yeux. Je reviens au deuxième point, oui, cette argumentation part à vau-l-eau mais on s’en fout, c’est pas une dissertation non plus. Bref, je disais, je suis pas une bonne mère potentielle à mes yeux. C’est à dire que moi, comme je l’ai déjà dit, j’ai eu une enfance très heureuse avec des parents à qui je n’ai pas grand chose à reprocher in fine. Mon principal problème dans la vie, c’est que ma famille est trop parfaite, hé oui. Du coup, j’estime que ma future progéniture doit avoir la chance de bénéficier d’un environnement aussi douillet et heureux que fut le mien. Enfin, je suis pas responsable des aléas de la vie, ok, il se peut que le papa et moi ne restions pas ensemble pour toujours sans que ça soit un drame mais j’ai envie qu’au départ, les conditions soient favorables à l’épanouissement d’un enfant. Oui, j’ose le dire, pour moi, faut deux parents pour élever bien un enfant essentiellement car il me faut quelqu’un pour canaliser mes angoisses et mon gêne « potentielle mère étouffante ». C’est à dire que seule, mon enfant n’aura même pas le droit de se mettre debout, il pourrait tomber et se faire mal, quoi ! Et là, j’y suis juste pas du tout. Je le vis très bien au demeurant, l’image de la maman que j’ai ne coïncide juste pas avec ce que je suis aujourd’hui, ce sera une moi de dans quelques années ou une moi qui n’existera jamais, peu importe.

– je suis curieuse, oui, j’ai parfois la curiosité de connaître les joies de la grossesse (beaucoup moins celles de l’enfantement) pour savoir ce que ça fait. Mais ma curiosité est de courte durée en général, elle ne durera jamais neuf mois. Et puis expérimenter la grossesse, je veux bien mais on se retrouve quand même avec un bébé ensuite et faut le gérer. Et même si je suis curieuse de certains trucs de la maternité, j’en prends à minima pour 20 ans (oui, je suis très optimiste) et euh… Ben non, merci.

Alors continuez à faire des enfants, je serai ravie de jouer avec et pouponner un peu. Mais ça me suffira, merci.

30 ans, célibataire, sans enfants. Ca urge !

Article écrit alors que je suis légèrement énervée, espérons que ma prose ne s’en ressentira pas trop. Discussion anodine sur ma vie amoureuse entre un homme (que je ne connais pas au demeurant) et moi. Alors que je lui explique l’extrême complexité de ma vie privée (bon ok, en très gros, sans aucun détail), son jugement est sans appel : largue-le, tu perds ton temps avec lui. Perdre mon temps ? Mais à quel niveau ? Réponse attendue et qui a déclenché une réponse acerbe de ma part : parce que ta fertilité n’est pas éternelle. Et allez, ça faisait pas longtemps qu’on ne me l’avait pas sortie, celle là.

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Alors de 1, fréquenter un homme même si la relation est complexe et ne ressemble pas à une histoire se terminant par « et ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants » n’est pas une perte de temps. Enfin, si elle l’est, j’y mets fin rapidement. Quand je suis avec lui, on discute de tout et de rien, il m’apprend des choses et j’espère en faire autant, on s’apporte tendresse et affection, on jouit, on rit… Franchement, si, ça, c’est perdre son temps, j’aimerais que mes heures perdues sur yahoo! jeux m’apporte au moins la moitié de la plénitude que me donne cette relation. Bref. Après tout, quel que soit le background et les risques de pleurer parce que « les histoires d’amour finissent mal en général », je ne comprends pas le propos. Je rencontre un homme, on se plaît, on commence à sortir ensemble. Même si tous les voyants sont au vert, rien, je dis bien RIEN n’indique que c’est parti jusqu’à la fin de ma vie. Et même des années après. Les parents de Guillaume 1er ont bien divorcés il y a 2 ans, à 60 ans. Donc je pourrais en effet courir après le mec « parfait » ou à peu près (du moins parfait à mes yeux), sortir avec lui, me dire que ouahou, lui, c’est le bon parce que j’ai eu un orgasme dès la première fois alors ça veut tout dire, m’installer très vite chez lui et même me dire que c’est tellement lui l’homme de ma vie qu’on va faire un bébé, voire deux ou même trois. Super ! Sauf que ma connaissance des hommes me prouve qu’une fois pères, ils ne restent pas forcément auprès de leur donzelle. J’ai eu des amants jeunes papas (et officiellement toujours avec la mère du bébé), je connais des histoires de femmes en relation avec un homme qui a une légitime enceinte jusqu’aux yeux. C’est pareil pour les femmes, hein, la paternité/maternité n’est en aucun cas synonyme d’amour unique et éternel, ça n’a strictement rien à voir. Donc aucune histoire d’amour n’est mathématiquement pérenne, faut arrêter de se prendre la tête avec ça. Au pire, on fera des familles recomposées, ce sera rigolo. 

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De 2, le besoin soit disant biologique de s’épousailler (ou du moins de se mettre en couple) et de se reproduire. Alors ok, je n’ai « que » 30 ans, je suis plus en début de vie qu’en fin (enfin, j’espère ! J’ai envie de savoir ce que c’est, la retraite) et peut-être qu’un jour, j’aurai envie d’un gosse, d’un mini « nous ». Je ne dis pas le contraire mais aujourd’hui, si je viens de me faire poser un stérilet, c’est pas pour lancer le concept de piercing interne… Aujourd’hui, je n’ai pas de désir d’enfant, essentiellement parce que je sais que je n’ai pas la maturité pour. J’ai 30 ans sur ma carte d’identité mais je ne me sens pas en âge de penser à fonder une famille. Même mon visage refuse mon âge, on m’en donne 5 de moins (voire 10, huhu). J’ai trop envie de tas de choses avant et même mon goût de l’expérience ne me donne pas envie de ce bébé. Du coup, par quel calcul magique devrais-je considérer mon horloge biologique dans la recherche d’une vie privée… modèle ? Oui, c’est ça, modèle. Mais je m’en fous, moi, du modèle, je refuse de me mettre martel en tête pour ça. D’abord, j’ai quand même largement le temps avant la ménopause et quand bien même celle-ci serait précoce, rien ne m’interdit d’adopter si j’ai vraiment un désir d’enfant. Ca fera un malheureux en moins et le premier qui dit « han mais imagine quand tu iras chercher ton gosse à l’école, on va croire que tu es sa grand-mère, bouh! ». C’est un argument aussi intelligent que « non mais un enfant de couple homo, le pauvre, on va se moquer de lui à l’école ». Moi, à mon époque, on regardait les enfants de divorcés comme des bêtes curieuses, on ne comprenait rien aux histoires de familles recomposées et pourquoi Stéphane n’avait pas le même nom de famille que sa soeur Julie. On évolue et on s’en fout. 

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Bref, chaque chose en son temps. J’en ai marre que, sous prétexte que je sois une femme, donc à la fertilité périssable, on me saoule avec ce genre de discours. Mon partenaire actuel me comble parfaitement même si la périphérie est très compliquée et que je ne suis pas sûre de pouvoir tout gérer à l’arrivée. On verra au moment. Au pire, j’irai pleurer dans les bras de l’amour de ma vie (Vicky, je ne parle pas de mon chat…) puis je repartirai sur les chemins de la séduction quand je me sentirai prête. Advienne que pourra. Et si un jour j’ai une furieuse envie d’un enfant, je ferai avec et j’agirai en conséquence. Bon, sans faire le plan du bébé dans le dos, ça, c’est très moche. 

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Mais pour l’heure, ce n’est pas le cas et j’en ai plus qu’assez que la « société » sache mieux que moi ce dont j’ai envie ou besoin. Mon corps a juste envie d’amour et de jouissance, pas de maternité. Ce n’est pas de l’auto-conviction, c’est un fait. J’admets tout à fait la possibilité que ça évolue tout comme celle que ça ne change jamais. Je n’aurais pas cru, y a 10 ans, devenir celle que je suis aujourd’hui, je n’ai aucune idée de celle que je serai demain.Je suis à l’écoute de mon corps et de mes envies, justement et là, il me murmure qu’il a
surtout envie que j’aille manger des activia au muesli (mon corps a bon goût). 

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Alors je dis merde et je revendique. Je revendique le droit, à 30 ans, d’avoir d’autres envies qu’une maison Catherine Mamet avec un jardinet, des meubles ikéa, un labrador, un gentil mari qui roule en megan scenic et une tripotée de mioches. Même si j’ai rien contre les meubles ikéa et les labradors (mais je suis chat, moi) et que je me damnerais pour un jardinet. Je revendique le droit, en tant que femme, de ne pas être automatiquement associée à la maternité et qu’on arrête de m’expliquer que mon histoire sentimentale n’est pas raccord avec mon horloge biologique alors que celle-ci ne demande rien du tout. Je revendique le droit d’envisager une vie sans enfants sans pour autant l’avoir ratée. Je revendique le droit de raconter à mes ami(e)s mon histoire d’amour compliquée sans qu’on me réponde systématiquement « largue-le » parce que, merde, je suis heureuse et que je souhaite ça à tout le monde. je revendique le droit de vivre ma vie comme elle vient et tant pis si je suis loin de l’idéal « papa, maman, enfants » parce que peut-être que je ne suis juste pas faite pour ça. Est-ce vraiment un crime ?

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Je finirai par cette citation légèrement détournée de Simone de Beauvoir soufflée par Camille Touraine sur Twitter : « On ne naît pas mère, on le devient ». Simone de Beauvoir qui, rappelons-le, avait une relation polyamoureuse avec Sartre et n’a jamais eu d’enfants. A-t-elle raté sa vie pour autant ? Je ne crois pas, non.

Tes gosses, c’est ton seul avenir

L’autre jour, je vous parlais donc de mon été dissolu, mon dernier été avant la trentaine, donc. Je le poste en lien sur Facebook et là, je reçois ce commentaire-ci « faire la fête c’est bien mais pense à faire des enfants sinon, à 60 ans, tu regretteras de n’avoir rien fait de ta vie », en substance. Hein ? Ca veut dire que la seule chose que je puisse faire de ma vie, ce sont des enfants ?





Bon passons sur le côté potentiellement machiste de ce commentaire, je ne pense pas que cette personne m’ait dit ça parce que je suis une femme, il aurait tenu les mêmes propos avec un homme. Passons donc au cœur du message : ton avenir, c’est la perpétuation de tes gênes. Point. Sans ça, point de salut. Bon, tu peux adopter aussi, l’essentiel est d’élever une progéniture qui te rendra fier et qui justifiera ta venue sur Terre. Ainsi, notre vie pourrait être résumée comme ça : tu as deux buts dans la vie, être un bon fils (ou une bonne fille) et être un bon parent. Heu… au secours ?

Bon, côté bonne fille, ça va, je crois que j’ai pas mal assuré jusque là. J’ai fait des études et pas de délinquance, je n’ai tué personne et ma débauche ne laisse pas de trace. J’ai même des projets, un boulot… Non, ça va, de ce côté-là, j’ai pas à rougir. Mais de l’autre, par contre, on est mal barrés. Déjà, supposons que demain, je rencontre le père de mes futurs enfants et qu’on ne traîne pas à se reproduire. Qui me dit que la chair de ma chair va forcément me remplir de joie et d’allégresse ? Qui me garantit qu’ils ne vont pas tomber dans la drogue, le crime, faire des fugues ou lire Twilight ? L’éducation, c’est bien gentil mais ça fait pas tout et si mes gosses sont des ratés, moi, par voie de conséquence, j’aurai foiré ma vie. A la limite, je préfère dire que je l’ai déjà foiré et pas me reproduire, ça évitera une grande déception.



Plus sérieusement, je suis toujours étonnée par ce côté « la seule façon de faire quelque chose de sa vie, c’est de se reproduire ». Donc on peut dire que Beethoven, Van Gogh ou Gide n’ont rien fait de leur vie, pour ceux qui me viennent en tête. D’ailleurs, si on considère que je ne dépends plus de mes parents en aucune façon depuis plus de deux ans, ce qui me déconnecte un peu de mon rôle de bonne fifille, ai-je d’ores et déjà perdu deux ans de ma vie à ne pas me reproduire ? En tant qu’animaux, il est vrai que la vie c’est manger-dormir-forniquer en vue de procréer. Sauf que nous sommes un peu plus que ça. Nous avons la chance de pouvoir forniquer par simple plaisir, sans aucune visée procréatrice et sans attendre une période de fertilité, nos vies sont plus riches que la simple réalisation de nos besoins vitaux. Alors pourquoi faut-il encore qu’on nous explique par A+B que nos vies ne sont pas complètes si on ne participe pas à la création d’un nouvel être. Ok, il aidera à payer notre retraite (la mienne avant celle de son père, c’est moi qui vais souffrir pendant 9 mois,  sans compter l’allaitement, le corps déformé et le fait que chaque faux pas fera forcément de moi une mauvaise mère). Mais si je n’en fais pas, par manque d’envie ou parce que je n’ai jamais trouvé le père adéquat (je ne mélange pas mes gènes avec n’importe qui), est-ce que ma vie sera ratée ? Est-ce que ma carrière, ma vie privée, la réalisation de divers projets ne compteront pas face au
fait que dans l’arbre généalogique, je suis une branche morte ?  Je reviens, je vais me jeter par la fenêtre, ça ira plus vite.




Je trouve au fond assez triste de voir que même aujourd’hui, malgré tous les beaux discours, une personne sans enfants est une personne ratée alors qu’à mes yeux, si cette même personne n’a jamais ressenti le désir, l’envie de faire un gosse, je ne vois pas d’où il faudrait lui jeter la pierre. J’aurais plus tendance à conspuer ceux qui font des enfants « parce qu’il faut en faire » alors qu’ils n’en avaient pas envie et qu’ils risquent de faire des enfants malheureux car mal aimés. Ouais super.



Ceci étant, je viens d’avoir une conversation avec mon responsable qui me parlait d’une petite fille de 3 ans qui épluchait les légumes plus facilement que moi je ne tape sur un clavier et là, je me dis que les gosses, c’est pas si mal… A quel âge ça peut maîtriser l’aspirateur à votre avis ?

Où trouver l’homme ? Episode 23 : à la technoparade

A la recherche du prince charmant

(Lecteur, je te rappelle que tout ceci n’est qu’une fiction et qu’il ne faut pas trop prendre ce que je dis au pied de la lettre sinon, ça ferait
peur. Puis la preuve : la technoparade, elle est samedi et je ne suis pas sûre d’y aller)

L’avantage quand on vit à Paris, c’est que nous avons droit à une foultitude d’événements festifs et culturels, des réunions de foules gigantesques. Et qui dit foule dit « nombre de célibataires mâles au m² plus élevé que d’habitude ». Ceci étant dit, pour un plan drague, mieux vaut cibler l’événement parce qu’à la gaypride, il n’est pas évident de trouver son prince charmant (même s’il y a des hétéros, bien entendu, faut juste arriver à les cibler). Du coup, je me dis que la technoparade est un peu plus sûre pour trouver du mâle hétéro qui voudra bien devenir ma moitié. Puis c’est coloré, chatoyant… Allez, à l’abordage !


 

Rendez-vous est pris avec Vicky à Bastille. Je sors du métro et là, je suis assaillie par les décibels. Mazette, j’espère que les hommes ne sont pas exigeants sur ma capacité d’écoute parce que là, je pense perdre quelques points auditifs… Une fois Vicky retrouvée (d’ailleurs, je vous propose un jeu amusant : essayez de téléphoner un jour de technoparade, vous allez voir comme c’est compliqué mais exaltant), on se pousse un peu plus loin histoire de voir les chars défiler. Et pouvoir mater tranquille.

La foule commence à arriver et je fronce les sourcils. Je crois avoir totalement surestimé mes chances de trouver un homme présentable à ma famille ici. Autour de moi, les mecs sont pour l’immense majorité mineurs, ils se sont renversés un pot de gel sur la tête, ils ont découpé de longues chaussettes bariolées pour en faire des mitaines, des t-shirts noirs avec une inscription fluo «techtonik killer » et portent des slims. De façon personnelle, j’ai tendance à croire que slims et fertilité ne font pas bon ménage. J’ai lu il y a quelques années une étude qui expliquait que des jeans masculins trop serrés faisaient remonter les testicules un peu trop hauts et augmentaient donc leur température, nuisant aux petits spermes, très sensibles à la chaleur. C’est pour ça qu’en hiver, les hommes ont les couilles hautes (au chaud près des cuisses) et basses en été (à l’air frais). Avec cette mode des slims pour homme, on se prépare un babycrash, je ne vous dis que ça. Mais même s’ils avaient des baggys qui tombent jusqu’au genoux, ils n’en restent pas moins qu’ils ont 16-17 ans et que je ne suis pas pédophile.

 

C’est dommage qu’il n’y ait pas plus de 25-30 ans quand même car avec l’arrivée des chars, me voici très intime avec tout un tas de gens que je ne connais pas. Si ma vie était un roman ou une série télé façon Sex and the city, au détour d’un mouvement de foule, je me retrouverais soudain nez à nez avec un charmant jeune homme qui m’inviterait à aller prendre un café plutôt que d’assister à ce défile de fous furieux adolescents et de finir de perdre mon ouïe. Mais ma vie n’est pas un roman, ni une série, pas même une comédie romantique avec Meg Ryan qui jouerait mon rôle. Non, ma vie est régie par la loi du plus tu cherches, moins tu trouves et au bout d’une heure, mon résultat de chope est déprimant : des ampoules et des acouphènes. Je m’agite vaguement en rythme mais j’ai omis de prendre des cours de techtonik et je n’ai pas trop de place pour m’agiter. Finalement, le seul point positif c’est qu’avec la chaleur
torride, je vais perdre quelques kilos. Ca peut toujours servir pour un prochain plan drague.


 

En attendant, le défilé, plutôt court si on compare a la gaypride, est déjà passé, la rue s’est vidée à une vitesse hallucinante, ne reste que quelques technokillers de 17 ans trop fiers de boire de la bière à la bouteille. Bon, ben, on va se faire un Starbucks ? Après tout, la
dernière fois, ça avait été efficace… Quoique…

En bonus, je remets la vidéo que j’ai monté sur la technoparade 2007 parce que je me suis bien embêtée à la faire, na. Les photos sont faites par moi aussi !