Peut-on rester léger face à  l’effondrement de notre monde ?

Ceci n’est pas un titre grandiloquant.

La semaine dernière, j’ai vraiment été troublée, la goutte d’eau. Depuis quelques temps, l’actualité me rend enragée. Je ne m’étendrai pas sur la politique française et européenne, tout ça n’est finalement qu’un détail par rapport au drame qui touche d’autres personnes, des populations qui vivent au quotidien dans la violence, dans la peur, qui sont prêts à donner tout ce qu’ils ont pour tenter de survivre ailleurs. Leur sort me fait mal, les réactions déconnectées de ceux qui ne comprennent pas ces “poltrons qui fuient la guerre” encore plus et tout le dégueulis raciste qui l’accompagne me rendent folle. Puis il y a eu cet enfant, ce petit corps sans vie, le même âge que Saturnin, à peu près. La goutte d’eau de trop.

pieta

Et à côté, il y a ma vie. J’ai tout pour être heureuse, entre mon mec, ma nièce à naître incessamment sous peu. J’ai la santé, un boulot, je voyage à travers le monde, mon dernier souci fut une fièvre qui m’a clouée au lit dimanche et qui m’a empêchée de profiter pleinement de Victor. Le grand drame donc. Et j’ai envie d’écrire des tas de banalités, rire des facéties de mon neveu, la semaine à 4 qu’on a vécue avec Victor (nous deux et nos deux chats), mes périples… Bref, les petites choses qui font le sel de la vie.

chattes

Mais peut-on vraiment continuer à faire comme si de rien n’était ? Se réjouir de nos petites vies bourgeoises où on peut obtenir tout ce dont on a besoin ou envie, où on surconsomme. On passe nos soirées à regarder des histoires futiles où un homme et une femme s’aiment mais se compliquent la vie pour des bêtises, des gens qui meurent mais on s’en fiche car ce qui nous intéresse, c’est de savoir qui est le meurtrier. On envoie des SMS pour laisser des gens enfermés dans de fausses maisons ou pour qu’ils continuent à chanter, on regarde les gens qui meurent pour de vrai dans un JT, entre deux pubs pour du Coca ou un iPhone qui coûte plus cher qu’un loyer.

Roger-Gicquel

Peut-on rester léger quand, à côté, des gens, des enfants, voient leur vie réduite en miette ? Qu’ils ne leur restent que des ruines pour espérer se protéger d’un tir de missile ou d’une rafale de kalach ? Peut-on continuer à supporter notre impuissance face à ces drames ? Je veux dire, on peut faire des micro choses, donner de l’argent, apporter un peu de chaleur aux migrants sur notre territoire mais n’est-ce pas déjà trop tard pour eux ? Pour un qui a réussi à arriver sain et sauf sur nos plages, combien sont déjà morts ? Trop tard, trop tard. Evidemment, dès qu’il n’y a plus gaz ou pétrole, les défenseurs des Droits de l’Homme détournent le regard…

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Vous me direz que ce n’est pas la première fois que l’Humanité traverse ce genre de crises et que les migrations importantes de populations fuyant une guerre sont presque un phénomène séculier. Il y a 80 ans, c’étaient les Espagnols qui traversaient les Pyrénées pour venir chez nous. Et puis même, si on parle de migration, il suffit d’aller faire un tour du côté de Lampedusa et visiter son musée des Invisibles pour bien voir que ça ne date pas non plus d’hier.

Lampedusa_SOS

Et peut-être qu’on a justement besoin d’un peu de futilités, de petits bonheur, pour ne pas sombrer dans le désespoir ? Je sais pas…

Les jolies histoires, ça peut aussi se passer sur les sites de rencontres

Précédemment sur les vingtenaires, je vous parlais des histoires glauques que j’ai pu avoir sur les sites de rencontre, quelques gars pas forcément super équilibrés qui mentent et manipulent, le festival du pervers narcissique. Mais ce serait vous tromper de ne vous montrer qu’un côté de la médaille car j’ai aussi eu de jolies histoires sur les sites de rencontres. J’en retiens au moins 2.

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  • Pio l’Italien

En fait, je commence par une histoire qui ne s’est pas passée directement sur un site de rencontre mais ça peut être utile pour illustrer l’étendue des possibilités. Juin 2012 : suite à une période bien chiante, je décide de partir quelques jours en Sicile avec Zéno histoire de remettre du joli dans ma vie. Je redécouvrais alors à quel point les Italiens, c’était ma came. Et ça tombait follement bien car j’étais justement en plein échange de mails avec un Italien vivant à Paris sur Okcupid : Simone. Il est thésard en philo et bien mignon sur ses photos. Il doit partir en Allemagne peu de temps après mon retour à Paris, je décide donc de passer la seconde. Au vu de nos agendas, qu’une seule possibilité : la fête de la musique. Evénement que je déteste en général mais je suis en mode “je veux un Italien”, je suis résolue, tant pis, j’y vais.

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Arrivée dans la cour d’immeuble où on devait se retrouver, déception : il ne ressemble pas du tout à ses photos, je ne le trouve pas attirant du tout. Bon, c’est pas grave : il est avec un de ses potes italiens et un autre Mexicain, y a une Roumaine qui nous rejoint on parle anglo-franco-italien, ça ne fait jamais de mal. Son pote italien me parle un peu, je ne fais pas trop attention, on se balade, on se retrouve à un bar à attendre le directeur de thèse qui débarque totalement bourré avec quelques Italiens en plus, ça vire au grand n’importe quoi. Le pote italien me parle à nouveau et là, je réalise qu’il est carrément craquant, des faux airs de Jeremy Sisto et plutôt intéressant. Thésard en philo lui aussi et il ne quitte pas Paris dans 3 jours. Durant le déplacement suivant, j’essaie de l’isoler pour lui filer mon numéro ou récupérer le sien mais Simone ne nous laisse pas seuls. Finalement, je repars de la soirée bredouille.

Motif Spreadshirt http://ow.ly/JNsLh
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Mais je suis un peu du genre têtue et légèrement dérangée. Je connais son prénom, je sais dans quel fac il est thésard. Google, aide-moi ! Ok, il s’appelle Pio Rizzi et tiens, y a un mail. J’envoie, j’envoie pas, j’envoie, j’envoie pas, j’envoie, j’envoie pas… Quelques jours plus tard, soirée un peu alcoolisée, je me lance “hé salut, ça te dit un café ?”. Rendez-vous est pris juste avant mes vacances. Je vous la fais courte : soirée au bar, je rate le dernier métro (je l’ai presque pas fait exprès…), on atterrit chez lui pour “attendre le premier métro”. Mais je suis fatiguée donc je propose qu’on dorme un peu et bon, il a qu’un lit alors bon… Je vous laisse imaginer la suite.

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On passe l’été à se croiser, on s’écrit tous les jours pour compenser, je lui envoie une photo par jour. Une histoire digne d’une comédie romantique… Excepté la fin assez merdique à base de “j’ai besoin d’être seul, c’est pas toi, c’est moi, salut, bye!”. Mais ça, on s’en fout, on retient le côté comédie romantique, le pique-nique dans le parc de Saint Cloud seuls au monde, le brunch au Canal St Martin, les photos quotidienne, notre langage amoureux entre français et italien.

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  • Victor, l’actuel

Pour ceux qui lisent tous mes articles, vous avez vu passer ce prénom un paquet de fois. Rencontré via Okcupid (encore), on se met ensemble, on se sépare, on se retrouve, on se reperd… C’est un peu compliqué mais on vit de jolis moments : un premier baiser au Forum des Images pendant le générique de fin de “Faites le mur” de Banksy, une journée à Boulogne sur Mer pour commencer (c’est compliqué d’aller à la mer en janvier sans voiture), une semaine à Tabarka en Tunisie et bientôt un week-end à Rome. Un concert d’Archive en plein air, des séances de cinéma collé l’un à l’autre… Oui parce que je pense qu’on a tout de cet insupportable couple qui se colle et se touche tout le temps, voyez ? Quelques brunchs, des matinées à rester au lit à câliner, des visionnages de série (il m’a initiée à Game of thrones, la série (je voulais finir le livre avant), Arrow, Banshee, un peu Gotham, j’ai vu le film des Chevaliers du Zodiaque* avant qu’il ne sorte en France au ciné tranquillement calée sur son canapé. Bref, une histoire toujours en cours d’écriture près d’un an et demi après la rencontre.

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Je parle de mes histoires mais j’en connais d’autres. Dans mon entourage, mes amis et camarades ont trouvé l’amour sur Meetic, Tinder ou même Badoo (si, si !). Je ne dis pas forcément que l’amour est sur les sites de rencontres, il est juste potentiellement partout, là ou ailleurs.

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Mais alors pourquoi ai-je quitté cet univers quelques temps avant de me remettre avec Victor, alors que j’étais célibataire ? A suivre…

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* Je dois vous le chroniquer d’ailleurs

 

Si on faisait un film sur ma vie, personne n’irait le voir

La fille insupportable de la pub Meetic.

Je n’aime pas la fille de la pub Meetic. Non mais regardez-moi cette connasse qui en fait des caisses pour attirer l’attention, qui parle sans faire gaffe aux autres… Brrrrr ! Mais voilà, notre amie frangée égocentrique rêve d’amour avec un grand A, d’une histoire échevelée qui ferait de sa vie la meilleure comédie romantique de tous les temps. Et pour se faire, elle compte sur… Un site de rencontre. Help !

On nous dit souvent que l’amour se trouve au coin de la rue. Bon alors ça doit pas être de la mienne car moi, je ne croise que des vieux ou des mères de famille voire un troupeau de petiots encadrés par quelques instits femelles. Pourtant, selon le dernier magazine municipal reçu, à Plumes sur Berges, y à plus de célibataires que de gens en couple… Je vais traîner plus souvent au Monoprix alors ! Toujours est-il que dans toute histoire d’amour digne d’intérêt pour le cinéma, l’ingrédient premier est : la surprise.

« Nina avançait seule dans sa vie quand elle croisa par hasard le chemin d’Alexandre. Quelques péripéties plus tard, ils se marièrent, se reproduirent et finirent leur vie en jouant au Scrabble devant la cheminée ». Une bien belle histoire qui n’a en soi rien d’original mais ça marche toujours. Maintenant imaginons « Nina est une working girl qui cherche un mec mais n’a rien de comestible/disponible sous la main. Le soir, elle cherche donc l’amour sur des sites dédiés en boulotant ses chocapics, chope des rencards et à un moment, elle a rendez-vous avec Alexandre, ça se passe bien et idem mariage-reproduction-Scrabble ». Mmm… On pourrait éventuellement faire une comédie sur les rencards foireux ou les morts de faim pensant pecho d’un simple « on baise ce soir ? ». Je suis un peu curieuse de connaître la rentabilité de ce type d’approche.

À la limite, si Égocentrique 1ère trouve les rencontre Meetic incroyables, chacun son truc. En fait, le problème n’est pas tellement là mais plus dans cet espèce de narcissisme forcené. Aujourd’hui, toutes nos histoires doivent être folles, incroyables, époustouflantes. D’abord, j’ai envie de dire qu’un bon narrateur peut rendre toute rencontre incroyable, même si ladite rencontre répond à un schéma assez simple. Peu importe que ce soit au bureau, en boîte, en soirée… Tout n’est que subtil jeu de lumière. Ex : j’ai rencontré Guillaume 1er à la cafet’ de la fac. Dit comme ça, ça fait un scénario pour Hélène et les garçons mais pas plus. Je peux me limiter à ça où insister sur le fait qu’il m’a abordée en me demandant de lui prêter un jeu de cartes ou que le jour où on a conclu, on attendait de se retrouver enfin seuls. Tout le monde part en cours sauf nous deux, on commence à se conter fleurette quand ils reviennent tous 5 mn après parce que le cours est annulé. Voyez déjà, on a une approche originale et des obstacles à surmonter, c’est plus consistant.

Et puis tu vis tes histoires pour toi ou pour les autres ? Tu ne sortiras pas avec Stéphane car c’est ton collègue et que ça te rend pas originale ? Alors que bon, je comprendrais mieux l’argument du no zob in job… Tu ne sortiras pas avec Ludovic parce que c’est le pote d’un ami et que, au secours, c’est du vu et revu ? À ce niveau là, j’ai envie de dire à ces messieurs de remercier le ciel que tu sois à ce point conne, ça leur fait gagner du temps.

La vie n’est pas un film, je l’ai déjà dit. Pourquoi ne pas nous laisser surprendre par sa simplicité plutôt que de toujours courir après un incroyable qui, dans le fond, ne nous satisfaira jamais totalement ?

Ce garçon que j’ai croisé trois fois

J’ai un travers, une perversion. Un truc sympa et nocif pour personne, peut-être légèrement préoccupant pour ma santé mentale mais on n’est pas à ça près. Bref, j’aime imaginer que ma vie est un roman rocambolesque. Vertu première : ça stimule mon imagination. Vertu deuxième : je crois en une happy end. Souvenez-vous, lors de mon marasme, je m’étais dit « ça ferait un bon début de comédie romantique, ta vie qui s’effondre et hop à la fin, tu trouves l’amour et un boulot ultra wouah et tu embrasse l’homme de ta vie en riant sous la pluie« . En vrai, je me suis cassée la jambe et ma grand-mère est morte le 24 décembre mais passons.


À présent que le marasme 2011 est officiellement terminé, je me prends moins pour Jennifer Aniston. Mais quand même, y a un truc qui m’interroge : ce garçon que j’ai croisé trois fois en moins de trois mois. Je croise mes voisins moins souvent que ça !

(source image P45)

Ce garçon, j’en ai déjà parlé, il était au mariage de Lena, le prof de physique qui m’a entendu dire « en cours de physique quand j’écoutais pas, comme d’hab quoi… » (je connaissais pas sa profession à ce moment là de l’histoire ! Je suis pas cruelle) puis le lendemain « non mais en vrai, j’écoutais hein, je suis calée en ohms… Et merde ! ». Les ampères ou les volts ma fille, ça, c’est dénué d’ambiguïté. Donc ce garçon là, avec qui y a rien eu de notable, pas de flirt (c’était vraiment pas fait exprès le coup des ohms), rien. On est tous rentrés sur Paris et fin de l’histoire.


Puis y a eu le 13 juillet. Souvenez-vous, ce jour là, nous allons en famille chercher ma sœur qui a glissé dans ses cheveux des barrettes de couleur pour nous annoncer le sexe de son bébé. Alors que nous repartons gaiement vers nos voitures, je l’apercois. J’en parle quelques temps plus tard à Lena qui semble étonnée qu’il ait pu se retrouver dans cette gare-là. « Mais t’es sûre que c’était lui ? » « Ben, il me semble bien. Il avait un violon… » « Ah bah c’est lui, oui ».


– 31 juillet. Après une expédition ratée au marché St Pierre (j’ai pas trouvé la mercerie que je cherchais), me voici à Anvers pour prendre le métro mais je me fais doubler par un gros troupeau de touriste. Bon fait chier, je vais redescendre jusqu’à St Lazare à pied. Je chemine donc, perdue dans mes pensées (je travaillais le scénario de l’espèce de comédie romantique que j’ambitionne d’écrire) quand je vois une silhouette masculine au loin. Ah ben tiens, on dirait le garçon… Mais merde, c’est lui ! C’est ainsi que je le croise pour la 3ème fois sur un chemin que je n’emprunte jamais…

Les plus romantiques me diront « c’est lui, envoie-lui un mail ! ». Oui sauf que non, ce n’est pas cohérent. Bon d’abord, je ne lui ai parlé qu’au mariage, rien n’indique que lui m’ait vue ou reconnue (à la gare, j’en étais à plus d’une semaine sans maquillage, je perds automatiquement 10 ans). Mais surtout, je suis en pleine romance pathignonne (néologisme, mélange de pathétique et mignon, vous savez, quand l’amour nous rend neuneus concons) avec un autre homme, je suis plus du tout à la recherche d’une histoire. Je comprends pas les scénaristes de ma vie.


Ou alors mon idée de comédie romantique est pourrie et la vie me souffle une autre idée. Ou encore, ça me prouve que j’ai raison de penser que ce garçon est l’amour de la vie d’Anais.

Veux-tu m’épouser ?

Un mariage débute en général par une demande censée être la plus romantique possible, comme on le voit dans les séries et les comédies romantiques.

Pour débuter cette saga de l’été, posons le décor : il y a l’homme, que nous appellerons Jon, en hommage à mon nouveau fantasme Jon Kortajarena. Oui ok, il est peut-être gay mais on s’en fout, c’est un fantasme. Et même s’il était hétéro, je pense que mes chances de terminer un jour avec un mannequin international de 24 ans se calculent en négatif, n’est pas Madonna qui veut. Oui je vous ai pas dit, la saga de l’été ne fera pas l’impasse sur mes digressions habituelles. Bref donc y a Jon, l’homme et Nina, la femme. À l’heure où j’écris ces lignes (16 juin), le mariage homo n’est pas encore légalisé puis je suis toujours pas lesbienne donc on part en version hétéro.

Nina et Jon disais-je. De 1, comment demande-t-on quelqu’un en mariage ? La tradition voudrait que ce soit l’homme qui fasse le grand saut, à coup de belle bague, d’étoiles dans les yeux et de très fines bulles de champagne. Vu mon intérêt personnel actuel pour le mariage, c’est sur que ça risque pas de venir de moi. Bref, comment Jon pourrait-il me demander en mariage en mêlant romantisme et originalité. Non parce que le coup de la bague dans le champagne, c’est hyper éculé et faudra m’expliquer comment on ne peut pas voir une bague dans du champagne… À la limite, dans un verre de vin rouge… Et je ne parle même pas de l’idée saugrenue de planquer la bague dans un gâteau ! On ne joue pas avec la nourriture, la demande risque de se terminer aux urgences et je n’ai pas envie de porter une bague ayant trempé dans un gâteau… Ou pire en cas d’ingestion involontaire…

Quand je parle aux jeunes mariés du XXIe siècle, je constate que la demande tient plus de la négociation aujourd’hui. Du type : »tu sais, je crois que ce serait mieux de se marier ». Que ce soit pour les impôts ou pour faire plaisir à une famille traditionaliste, au choix. Évidemment, ça peut juste être par amour. Après tout, on peut décider des tas de choses par amour : vivre ensemble, faire un enfant, partir à deux faire un tour du monde, que sais-je encore ? Finalement, le mariage s’inscrit bien dans cette logique.

Sauf que la demande en mariage fait partie de la mythologie du couple. En général, quand vous annoncez la nouvelle, après les félicitations, hiiiii et quelques larmes d’emotions selon la sensibilité de vos interlocuteurs, vient la question : « comment il a fait sa demande ? » (il, toujours). « Oh bah, on se brossait les dents, il n’y avait plus de dentifrice donc je lui en ai sorti un du placard et là, il m’a dit « chérie, je t’aime, marions-nous ! ».

Manque de romantisme ? Je vous rappelle que le Jon et la Nina de cette histoire s’aiment donc à qui sert ce romantisme ? À l’auditoire en manque de belles histoires ? Car là est la vérité : on nous parle de belles déclaration, de bague cachée pour une surprise merveilleuse. Sauf que je connais un couple, le mec s’était amusé à cacher la bague sous l’oreiller… Ils ont passé une heure à la retrouver.

Non, les demandes en mariage de mon entourage ont rarement été d’un romantisme niais. La plus belle que j’ai entendue ? Celle spontanée après une bonne soirée en amoureux où cette union paraissait soudain comme une évidence. Une demande sans bague, sans calcul. Au fond, n’est-ce pas la plus magique ?

Quoi que celle de Monica et Chandler n’était pas mal non plus mais une question me taraude : pourquoi les Américains ont toujours 30 kilos de bougies chez eux ?

Ah et pour ceux qui ne connaissent pas Jon, une petite vidéo :

Guide du premier rendez-vous parfait

Je vous parlais l’autre jour de premier rendez-vous au cinéma et je me suis dit : « tiens, si je rédigeais un petit article sur le premier rendez-vous » et surtout le choix de l’activité du dit rendez-vous ? Donc voici un article consacré au premier rendez-vous et surtout au choix de l’activité du dit premier rendez-vous.

Dans mon histoire d’amour, les deux personnages décident donc d’aller au cinéma et se retrouvent confrontés au choix du film. Mais tout premier rendez-vous est une question de choix : que veux-je et que propose-je ?

Par exemple si vous êtes, comme moi, de type jouisseur intellectuel, un verre ou un resto semble être la solution idéale : vous pouvez faire connaissance avec votre camarade en toute quiétude. Sauf que voilà, parfois, on se trompe et on n’a rien à se dire. Dans le cas d’un verre, vous avalez tranquillement mais sûrement votre coca, bière ou cocktail et vous coupez court. C’est plus délicat pour un dîner car votre plat, faut bien le manger et c’est fou comme ça peut paraître long à partir du moment où vous réalisez que, non, ça va pas le faire. Tous ceux qui ont vécu un premier rendez-vous « le nez dans l’assiette, on se dit rien » me comprendront.

Le cinéma ou le concert peuvent être une bonne solution : même si vous n’avez rien à vous dire, vous ne perdrez pas 2h de votre vie (sauf si le film ou le concert est nul mais là, vous entrez dans la cour des grands loseurs). Le problème est que si l’affinité ne se crée pas, vous pouvez vous retrouver avec un(e) partenaire motivé(e) à l’idée de profiter du noir ou des mouvements de foule pour tenter un rapprochement des corps. Autre risque : en ne parlant que peu lors de ce premier rendez-vous, vous risquez de ne découvrir que plus tard que la personne est tarte (ou pire). Mais bon, si coucher avec une mauvaise personne était fatal, ça fait longtemps que je serais plus là. Je suis trop gentille, souvenons-nous.

Autre plan intéressant : le premier rendez-vous balade. Quelle joie de faire naître une histoire d’amour dans un décor aussi fabuleux que Paris. Plus comédie romantique, tu meurs. Forcément, l’objet de votre affection ne pourra que céder et vous offrir un premier baiser de cinéma sur le pont des Arts, devant la Tour Eiffel, dans le parc du Luxembourg ou peu importe, écrivez votre propre histoire. Sauf que la balade comporte deux inconvénients majeurs. D’abord la météo. Oui le baiser sous la pluie permettrait de finir ce rendez-vous cliché en apothéose mais en vrai, c’est pas si top. Sans parler de la température. Non parce qu’un baiser sous la neige, ça peut faire furieusement Tolstoïen mais nous ne sommes pas Nicolaï Rostov et Sonia, des êtres de papier. Nous sommes de chair et de sang et notre petit corps aime son petit confort et sa petite chaleur. Et je ne vous parlerai même pas de notre sexyness en période de grand froid : gants, manteaux, bonnets, écharpes, goutte au nez et peau rougie. Je vous le dis : y a que dans la littérature russe que le froid est romantique.

Mais surtout, si vous prenez l’option balade, choisissez un(e) neo-parisien(ne) voire carrément un(e) touriste car sinon, c’est compliqué. On en revient toujours au même point évoqué dans le cas du cinéma : dis-moi ce que tu choisis, je te dirai qui tu es. Parce que par exemple, tu peux choisir de trainasser du côté du Pont des Arts pour ce fameux premier baiser cliché, ton/ta partenaire ne percevra pas forcément ton second degré et pensera que tu es dépourvu de la moindre originalité. De la même façon, évitez de sortir la carte du coin secret de Paris si vous l’avez trouvé dans un guide quel qu’il soit. Parce que vous n’êtes pas seul(e) à les lire et attention, risque de chute.

 

Ceci étant, peu importe le choix en fait : si ça ne colle pas entre vous, ça ne collera pas quoi que vous fassiez… Et vice et versa.

Le mythe du baiser sous la pluie

Toi qui me lis depuis longtemps, tu le sais : je n’aime pas les comédies romantiques que je limite à l’emblématique scène du baiser sous la pluie. S’il pleut pas, ton histoire d’amour est foutue, c’est comme ça. Pourtant à bien y penser, c’est bien nul cette histoire de baiser mouillé.

Prenons la base : le baiser sous la pluie représente l’oubli absolu généré par la passion. En clair, on est tellement occupés à s’aimer qu’on ne se rend même pas compte qu’il pleut. Puis n’oublions pas que l’eau rend sexy, souvenez-vous d’Alerte à Malibu et de toutes les chanteuses vulgaires chantant mouillées dans leur clip. À moins que ces artistes félines essaient d’envoyer un autre message ? Bref, l’imaginaire nous renvoie l’image d’une situation romantique flirtant avec l’érotisme. Et ça illustre parfaitement l’adage des comédies romantiques : l’amour est partout, même sous la pluie.

Après tout, pourquoi pas. Qui n’a jamais couru sous la pluie une nuit d’été en riant de cette fraîche et bienfaisante caresse sur la peau, les narines emplies du charmant parfum de terre ou d’asphalte mouillée ? En de tels instants, peu importe qui vous embrasse, le moment reste magique.

Sauf que la vie n’est pas une éternelle journée de chaleur où la pluie est accueillie avec joie. Genre là, cette année, la pluie, je l’accueille plutôt d’un grommeleux « encore ! Putain, fais chier, j’en ai marre, etc ». Je n’ai envie de rien sous la pluie, ni d’un baiser, ni de me faire salement mouiller alors que j’amène mon chat chez ma stagiaire afin qu’elle la garde pendant que je vadrouille en Sicile (oui, au bout de 6 mois de stage, elle est devenue si docile que je peux aussi l’exploiter hors bureau)(non, en vrai, elle m’a suppliée de la garder. C’est parce qu’elle ne connaît pas la bête, je crois) et encore moins de courir en riant. Ça part déjà mal.

Et puis la pluie, ce n’est pas agréable. Ceci fut sans doute l’une des phrases les plus navrantes de ce blog. Non mais c’est vrai, c’est froid, ça te détrempe parfois jusqu’à l’os, ça dépose une pellicule humide sur ton visage, donnant l’impression à ceux qui te feraient la bise que tu transpires comme un boeuf, ca t’aplatit salement le cheveu. Et je vous parle même pas de l’effet dévastateur d’une bonne averse sur votre maquillage, votre visage ne ressemble plus qu’à l’œuvre d’un mauvais peintre qui confond qualité et quantité de peinture posée sur la toile. Je veux bien croire que les pandas, c’est krokro mignon mais l’oeil panda suite à un écoulement abusif de mascara, ce n’est sexy que quand c’est minutieusement créé par un maquilleur.

Oserais-je évoquer les risques de coups de froid liés à la pluie et les déluges nasaux qui en découlent ? Non, sur ce point, vous m’avez comprise.

En somme, je dirai qu’à de rares exceptions près (le parapluie, ça peut le faire), le romantisme du baiser sous la pluie est une arnaque. Contrairement au baiser sur la plage devant un coucher de soleil, ça, ça fonctionne. Mais, allez savoir pourquoi, les comédies romantiques sont plus urbaines que balnéaires.

Le mystère Josh Radnor

Que tout ceux qui ont lu le titre en s’exclamant “qui ?” lèvent la main. Pour ma convalescence, je me suis prévue quelques petites séries à mater comme la saison 6 d’How I met your mother (HIMYM). J’ai d’ailleurs regardé le premier épisode en anglais non sous-titré, j’ai pas ri. Mais en fait, je suis rassurée : de l’avis général, ce n’est pas parce que je n’ai pas compris, c’est que ce n’est pas drôle. Ouf.

 

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Cette série recèle quand même un sacré mystère, le mystère Josh Radnor, l’interprète de Ted dans la série. Pour vous expliquer pour ceux qui n’ont jamais vu HIMYM, Ted est le héros, celui qui raconte à ses enfants comment il a rencontré leur mère, se perdant dans foule d’anecdotes qui font autant d’épisodes. Autour de lui deux hommes, Marshall et Barney, et deux femmes, Lili et Robin. Evidemment, de suite, on retient Lili vu qu’elle est interprétée par Alison Hannigan, la Willow de Buffy. Mais comment expliquer que le héros d’une série est l’acteur masculin le moins connu de celle-ci, justement ? Le vice va même plus loin puisque les premières et deuxièmes saisons tournent autour de l’amour que se portent Ted et Robin, actrice dont je n’ai pas non plus retenu le nom (Cobie Smulders me dit Wikipedia…). Mais comment est-ce possible ? Je crois que nous assistons au fameux phénomène : les faire valoir valent mieux que le(s) personnage(s) principal(aux).

 

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On peut observer ce phénomène dans Friends dans une moindre mesure. La série tourne essentiellement autour du couple Rachel-Ross, les autres ayant pendant les premières saisons des relations plus ou moins éphémères, à l’exception de Richard et Janice. Or au fur et à mesure des saisons, le couple Ross-Rachel s’est effacé au profit de Chandler et Monica. Or au tout début de la série, Chandler, au même titre que Phoebe, ne devait être qu’un personnage limite secondaire. Le public préfère-t-il les faire-valoir, plus riches en répliques cultes ? Il faut dire ce qui est, Ted n’est pas funky, Ross l’est déjà plus et il reste le père des deux poingts frappés l’un contre l’autre pour dire “je t’emmerde”. Ted, il ne dit rien de mémorable, il se contente de tomber amoureux et de réaliser quelques belles preuves d’amour mais après, son personnage n’a pas la folie d’un Barney ou d’un Marshall. En fait, il est un peu chiant. Mais l’acteur est mignon (j’adore
les mecs aux longs cils), ça excuse le truc.

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Le problème, c’est que les scénaristes ont accentué le trait jusqu’à perdre de vue le principe de la série : how I met your mother, comment j’ai rencontré votre mère (I am bilingue, t’as vu ?). Les premières saisons concernaient bel et bien les amours de Ted mais on le perd de plus en plus de vue et, pire, on s’en fout. On veut voir les dingueries de Barney, le couple improbable Marshall-Lili mais Ted, il est chiant, compliqué et on sait qu’il ne rencontrera la mère de ses mioches que lorsque l’on nous annoncera la dernière saison. En espérant que la série puisse avoir une fin, je commence à frémir. Faudra un jour que je vous parle de comment j’envisage le monde des séries télé (monde auquel j’appartiens pas, c’est pour ça que j’envisage ce que je veux). Bref, plus le temps passe, plus on s’en fout de comment il a rencontré cette fille, on veut des fulgurances de Barney, des pétages de plomb entre Lili et Marshall, on veut qu’il se passe des trucs. Et plus ça va, moins c’est le cas. La série aurait-elle perdu son âme au passage ?

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Parce qu’il faut dire ce qui est, on ne se marre plus. Barney a été tué par sa relation avec Robin, demoiselle qui est assez chiante à toujours vivre les mêmes choses (mon travail, les hommes, mon travail, les hommes…), Lili et Marshall deviennent chiants comme la pluie et Ted rêve d’amour sans toutefois réellement faire grand chose pour le trouver. De toute façon, ça ne nous intéresse plus vraiment, on serait ses enfants, on se serait déjà pendus dans le salon tellement son histoire n’en finit pas et que les 9/10e des anecdotes qu’il raconte n’a rien à voir avec le schmiblick. Pauvres petits, votre père est un tocard.

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Alors, doit-on en conclure qu’HIMYM est une série ratée ? En un sens. Je plains quelque part ce pauvre Josh qui pensait décrocher le rôle de sa vie et qui végète finalement dans l’ombre de ses partenaires de série. Mais tu sais, Josh, tu seras peut-être celui qui t’en sortira le mieux. Neil Patrick Harris risque d’être à jamais Barney comme Matt Le Blanc sera à jamais Joey et la suite est bien difficile. D’ailleurs la dernière photo recensée de Matt Leblanc :

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AAAAAAAAAAH !

Oui, Josh, je crois qu’une fois qu’HIMYM sera terminé (bientôt, sans doute), ton physique passe partout se vendra très bien dans les comédies romantiques. D’ailleurs, j’ai appris que tu étais aussi scénariste et réalisateur. Je te vois bien dans le rôle du good boy qui séduit la jeune fille romantique genre Anne Hathaway, oui. Puis tout n’est pas de ta faute. Si on ne retient pas Ted, c’est tout simplement parce que les scénaristes l’ont oublié.

Rentabilisons la lose

Ces derniers temps, on ne peut pas dire que ma vie a été un long fleuve tranquille. C’est pas compliqué, en quelques mois, tout mon univers s’est écroulé, tout s’est accumulé à une vitesse hallucinante. A un moment, tu regardes le désastre autour de toi en te demandant ce qui a bien pu se passer et tu te dis que la seule chose à faire, c’est de hurler en s’arrachant les cheveux. Ou essayer de fabriquer quelque chose de toutes ces ruines fumantes. Après tout, comme on dit, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir.

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J’aime bien dire parfois que la vie est une pute. Ah ça, elle a su bien me faire perdre tous mes repères, me tendant d’un air compatissant mon tube de lexomil. Tiens, ma fille, drogue-toi, tu oublieras. Je dis non. Car la vie est en fait une perverse narcissique qui te gifle et te caresse en même temps, pour que tu la détestes autant que tu l’aimes. Tiens, je te retire ton boulot. Mais allez, pleure pas, je t’en donne un autre. Je suis quand même dans une situation assez folle où après un an et demi de déprime professionnelle, c’est aujourd’hui ma bouée, ce qui fait que justement, je ne touche pas (trop) à mon Lexomil. Faudra que je vous raconte ma soirée corpo d’ailleurs, seul truc sympa de la semaine dernière. Côté vie perso, par contre, ça vire au n’importe quoi. J’ai dû écouler mon stock de larmes de l’année, déjà. Hurler ? Non, rentabiliser.

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Quand je raconte mes péripéties, j’observe souvent les mêmes réactions : la mâchoire qui se décroche avec des commentaires du type « non ma pauvre ! ». Je comprends, hein… Je n’aurais pas moi même vécu tout ça, je n’y croirais même pas. Un vrai roman… Et là, tu me sens venir petit lecteur. Vendredi, dans un accès de grand ras le bol, je décide de
retourner la situation. Fini de pleurer, de me demander pourquoi. Le pourquoi, ça console pas de toute façon. Alors mon pourquoi, je me l’invente. Non, je ne subis pas tout ce bordel par hasard. La vie m’offre une occasion unique de rire de tout ce souk, de rentabiliser la lose. Je suis une héroïne de roman girly. J’ai beau ne pas les aimer, c’est un fait. Alors je prends ma meilleure arme : mon clavier. Et je commence à écrire. Sur mon iPhone pendant que je navigais un peu partout dans Paris car mon week-end fut chargé. Je suis à l’aube d’une nouvelle vie, d’une nouvelle construction. Ca fout la trouille mais c’est pas comme si j’avais le choix. Surtout que me lamenter planquée sous la couette en avalant des litres de glace au chocolat m’a toujours ennuyée. Et j’aime pas trop la glace au chocolat. Il faut bien vivre, se lever tous les matins pour aller travailler dans la joie et la bonne humeur donc faisons en sorte de transformer les choses en un truc
positif. Et si je m’en réfère à ma connaissance relative des comédies romantiques et autres séries gnan gnan, plus c’est la lose dans ta vie, plus il va t’arriver un truc cool, un truc de ouf qui va te faire sourire à la vie. Ca a beau être une garce sado-masochiste, des fois, elle peut te faire un cadeau sympa. Genre un boulot qui te réconcilie avec le monde du travail. Donc logiquement, si dans le milieu professionnel, on peut passer de galères en galères à un boulot qui nous va enfin bien, on peut légitimement penser que ça sera pareil dans d’autres domaines.

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Sauf que l’happy end, c’est pas pour demain non plus. Alors en attendant, je vais écrire. Un roman (semi?) autobiographique à la sauce cynico-rigolote parce qu’un pur roman girly, j’aurais pas envie de le lire alors l’écrire… Je vais tenter. Peut-être que ça me saoulera vite. Mais l’autre roman que j’avais entamé (4 pages…) était trop noir pour que je m’y repenche. C’est mathématique : quand t’as pas la moral, tu vas pas t’enfermer dans le noir pour aller mieux, tu vas au soleil. Ben là, pareil. Après tout, personne n’est mort, sourions à la vie tant qu’on peut. Ce sera plus agréable pour tout le monde, je suis chiante quand je passe en mode « la vie est une pute ». Mes pauvres confidentes en savent quelque chose.

Où trouver l’homme ? Episode 24 : au mariage

(Je rappelle à mon aimable lectorat et au taré qui m’insulte en faisant semblant de faire de grosses fôtes que ceci n’est qu’une
fiction. En vrai, je n’ai pas assisté à un mariage depuis 5 ans et ce serait bien qu’Anthony demande ma sœur en mariage pour que je fête au moins celui là.)

A la recherche du prince charmant

Un soir, rentrant du boulot, j’ouvre ma boîte aux lettres en miaulant. Non que je sois folle mais ma porte est face aux boîtes aux lettres et Kenya appelle des fois que la personne qui farfouille devant la porte soit moi donc je lui réponds joyeusement [ça, c’est vrai]. Tiens, une lettre qui n’est pas envoyée par EDF et consort, qu’est-ce que c’est ? Une invitation au mariage d’une vieille copine de lycée. Ah oui, c’est vrai qu’elle m’en avait parlé. Bon, je viens seule ou accompagnée ? A un mariage où je ne connais personne ? J’ai pas de compagnon sous la main… Donc seule.

Le mariage, ah le mariage, ressort essentiel à nombre de comédies romantiques. Hé oui, le grand classique, le héros ou l’héroïne doit assister au mariage de son ami et il/elle est seul(e) et un peu déprimé(e) mais pendant la cérémonie il/elle rencontre une charmante personne, ils se tournent autour pendant 1h30 à 2h de films et à la fin, le monsieur demande la demoiselle en mariage et tout le monde pleure. Souvent il pleut et l’héroïne a les cheveux mouillés mais elle a un maquillage magique : il coule, certes, mais fait un effet smoky eyes sexy. Alors que si elle avait été sous la pluie et misérable parce que son nouvel amour doit faire face aux obstacles, elle a du mascara plein les joues.

 

Donc le mariage semble être le bon plan idéal pour la drague mais moi, je ne suis pas vraiment convaincue. Si je regarde la liste des mariages où je suis allée, les célibataires se comptaient sur les doigts de la main d’autant que dans ses cas là, on essaie de venir accompagnée quoi qu’il arrive pour ne pas passer pour la célibataire de service et éviter les questions gênantes de tante Yvette qui nous demande où est notre fiancé. Moi aussi, je me pose la question tante Yvette, si tu savais…Sauf que le mariage ayant lieu en Bretagne, je trouve peu d’hommes motivés pour m’accompagner. Et je n’ose pas faire un faux coming out à un mariage où je ne connais personne. Surtout qu’il faut avouer qu’un mariage, il y a une chance sur deux qu’on s’ennuie à mourir.

Week-end du mariage. Voyons le positif, ça me fait deux jours loin de Paris, comme des vacances. Et…c’est tout. Je ne connais quasi personne à part la mariée, ses parents et sa sœur mais ils sont très occupés, c’est fou. Du coup, à la mairie, je me passionne pour le plafond de la pièce et pendant la messe, je réfléchis plus sur le bébé qui pleure qu’autre chose. Je sais pas si vous avez remarqué mais y a toujours un bébé qui pleure et qui crie durant toute la cérémonie ou des enfants turbulents qui n’ont pas très envie de rester assis une heure. Moi, j’ai passé l’âge de courir sur les bancs de l’église en piaillant, c’est bien dommage. Ca m’aurait occupé. Tiens, si j’édifiais une théorie sur le mariage pour mon blog ? Pourquoi c’est toujours long à mourir une cérémonie de mariage ? Pourquoi le sermon du prêtre est toujours très drôle ? Pourquoi je trouve toujours surréaliste qu’une personne qui a fait vœu de chasteté explique à un jeune couple qui a déjà visité le kamasutra comment ça marche l’amour entre deux êtres alors que ça lui est étranger ? C’est comme si j’allais expliquer la cuisine à Cyril Lignac.

Fin de la cérémonie. Le couple a choisi des chansons relativement sympa, j’ai quand même assisté à une cérémonie où la mariée rentrait sur du Johnny Hallyday [véridique]. Là, arrive le meilleur moment, je trouve, le jeter de confettis sur les mariés puis le défilé de voitures qui klaxonnent. Parce qu’après, arrive la torture des photos, ça prend des heures, c’est insupportable et en plus, là, il pleut. Mariage pluvieux, mariage heureux, dit-on pour consoler ceux qui n’ont pas bien choisi leur date. Le dernier mariage pluvieux auxquels mes parents ont assisté, ça a duré 6 mois [véridique], super. Et c’est parti pour les photos, les parents des mariés, la
famille de la dame, la famille du monsieur, les témoins, les cousins… Moi, j’arrive en toute fin, la photo des gens qu’on n’a pas pu caser ailleurs. On est une demi douzaine dans le cas, ceux qui ne sont pas de la famille et ne sont pas témoin. Mais… qui est donc ce charmant jeune homme là, sans fille ultra sapée et bronzée accrochée à son bras ? D’ailleurs, j’aimerais qu’on m’explique qui a décrété qu’il pleuvait tout le temps en Bretagne, elles sont toutes dorées alors que moi, je suis plus teint de bidet. Mais bon, on dirait qu’il est seul. Intéressant…

A suivre, bien entendu !

Pour le plaisir, la chanson de Johnny Halliday pour rentrer dans une église.