Qu’est-ce que l’amour ?

(Non, toujours pas la suite de la recherche du prince charmant, toujours pas envie, là, de suite, mais ça reviendra, ne vous inquiétez
pas…)

L’amour, il est partout : dans les romans que je lis, dans les films que je vois, les chansons que j’écoute, les magazines m’expliquent comment le trouver, on en parle entre copines. Bref, on a tous que ce mot là à la bouche mais finalement, sait-on réellement de quoi on parle ? Qu’est-ce que l’amour ? Je parle de l’amour que l’on donne à une seule autre personne, objet de nos désirs, avec qui on a envie de mélanger nos gênes. J’avais jamais remarqué que cet amour là était à priori égoïste puisqu’il ne se vit qu’à deux, normalement.
D’un autre côté, à plus de deux, j’aurais du mal à gérer, je me connais. Sans compter qu’actuellement, entre mon boulot, mes séances du sport (oui, la Nina 2008 fait du sport figure toi et depuis un moment, en plus), mes soirées entre copines, mes soirées mondaines (au moins), je ne sais déjà pas quand je pourrais caser un mec alors deux… Voire plus… Non.


Quand j’étais ado, j’étais une perpétuelle amoureuse et j’aimais bien, en fait. J’avais comme spécialité de tomber amoureuse du « beau mec là bas », celui qui n’avait aucun ami en commun avec moi. Je passais mon temps à rêvasser, à imaginer nos premiers mots, notre premier baiser, à échafauder des plans pour aller lui parler. Ca m’occupait beaucoup. Evidemment, ce n’était pas de l’amour mais du fantasme mais à l’époque, je ne le savais pas. En grandissant, j’ai un peu perdu cette capacité à m’emballer. D’abord, j’ai été quatre ans
et demi avec Guillaume 1er et même si durant cette période, j’ai secrètement craqué sur deux hommes dont le terrible démon tentateur, ça ne restait que du désir. Mais là, j’en avais conscience.

Aujourd’hui, je suis tombée dans l’excès inverse, je ne tombe plus amoureuse, plus du tout. Pourtant, j’ai fait des rencontres sympas, j’ai eu des petits coups de cœur, ça fait plus d’un an que je fréquente le même mec dans le cadre d’une relation libre et non impliquante mais non, je ne tombe pas amoureuse. A moins que… A moins que je ne sache pas ce qu’est l’amour. Peut-être qu’on me l’a tellement survendu que je crois que ça ne peut aller qu’avec les feux d’artifice, le cœur qui danse la polka, le love at first sight des films romantiques que je déteste, d’ailleurs. Oui, les belles histoires d’amour au cinéma, ça m’ennuie, on sait déjà comment ça va finir et je sais que dans la vie, on rencontre jamais le prince charmant pile au moment où on se sentait au fond du trou et hop, magie, tout s’arrange. Quand je suis au fond du trou, j’ai tendance à être aussi au fond de mon lit avec mon chat et un bon bouquin, je ne vois pas
bien comment Patrick Dempsey viendrait sonner à ma porte pour changer ma vie. De toute façon, je le trouve vraiment pas attirant du tout Dempsey. Quoi que je le préfère à Tom Hanks qui a souvent joué l’homme prince charmant dans les films romantiques.


Bref, je m’égare mais des fois, je me demande s’il est possible que j’aime sans savoir. Je sais que la question paraît ridicule et que si je me pose des questions sur mes sentiments amoureux, c’est qu’ils ne sont pas là. Mais au fond, c’est quoi l’amour ? A quoi le reconnaît-on précisément ? Se loge-t-il dans l’ivresse des sens ? Dans l’envie de construire une vie à deux ? Dans la complicité entre deux êtres ? Dans la dépendance ? Rien ne me paraît si évident que ça. On dit qu’on aime parce qu’on le sait, parce que c’est évident. Mais pourtant, par le passé, j’ai cru aimer mais une fois l’étincelle du début éteinte, il ne restait plus rien. Et quand je me retourne, je me dis que,
non, ce n’était pas cet amour mythique que je suis censée chercher à longueur de temps. C’était de l’affection, du désir, voire de l’orgueil, de l’optimisme, de l’envie d’y croire mais pas de l’amour. Y a qu’à voir à la vitesse à laquelle je m’en remets. Si j’étais réellement en mal d’amour, j’aurais pleuré bien plus que ça.

Parfois, quand on me parle d’histoires d’amour ou de chagrin d’amour, j’ai envie de soupirer. Non, tu n’es pas amoureux, non, tu n’as pas le cœur brisé, c’est juste une blessure d’ego. Ca fait mal, en effet, mais ne te cache pas derrière des « je l’aimeeeuh ! », ce n’est pas lui que tu aimes mais c’est l’idée d’être en couple, de sortir avec cette belle personne, de ne pas être seul et paria…

Et au fond, je me demande… L’amour entre deux êtres qui parlent à la première personne du pluriel, est-ce que ça existe vraiment ?

Où trouver l’homme ? Episode 23 : à la technoparade

A la recherche du prince charmant

(Lecteur, je te rappelle que tout ceci n’est qu’une fiction et qu’il ne faut pas trop prendre ce que je dis au pied de la lettre sinon, ça ferait
peur. Puis la preuve : la technoparade, elle est samedi et je ne suis pas sûre d’y aller)

L’avantage quand on vit à Paris, c’est que nous avons droit à une foultitude d’événements festifs et culturels, des réunions de foules gigantesques. Et qui dit foule dit « nombre de célibataires mâles au m² plus élevé que d’habitude ». Ceci étant dit, pour un plan drague, mieux vaut cibler l’événement parce qu’à la gaypride, il n’est pas évident de trouver son prince charmant (même s’il y a des hétéros, bien entendu, faut juste arriver à les cibler). Du coup, je me dis que la technoparade est un peu plus sûre pour trouver du mâle hétéro qui voudra bien devenir ma moitié. Puis c’est coloré, chatoyant… Allez, à l’abordage !


 

Rendez-vous est pris avec Vicky à Bastille. Je sors du métro et là, je suis assaillie par les décibels. Mazette, j’espère que les hommes ne sont pas exigeants sur ma capacité d’écoute parce que là, je pense perdre quelques points auditifs… Une fois Vicky retrouvée (d’ailleurs, je vous propose un jeu amusant : essayez de téléphoner un jour de technoparade, vous allez voir comme c’est compliqué mais exaltant), on se pousse un peu plus loin histoire de voir les chars défiler. Et pouvoir mater tranquille.

La foule commence à arriver et je fronce les sourcils. Je crois avoir totalement surestimé mes chances de trouver un homme présentable à ma famille ici. Autour de moi, les mecs sont pour l’immense majorité mineurs, ils se sont renversés un pot de gel sur la tête, ils ont découpé de longues chaussettes bariolées pour en faire des mitaines, des t-shirts noirs avec une inscription fluo «techtonik killer » et portent des slims. De façon personnelle, j’ai tendance à croire que slims et fertilité ne font pas bon ménage. J’ai lu il y a quelques années une étude qui expliquait que des jeans masculins trop serrés faisaient remonter les testicules un peu trop hauts et augmentaient donc leur température, nuisant aux petits spermes, très sensibles à la chaleur. C’est pour ça qu’en hiver, les hommes ont les couilles hautes (au chaud près des cuisses) et basses en été (à l’air frais). Avec cette mode des slims pour homme, on se prépare un babycrash, je ne vous dis que ça. Mais même s’ils avaient des baggys qui tombent jusqu’au genoux, ils n’en restent pas moins qu’ils ont 16-17 ans et que je ne suis pas pédophile.

 

C’est dommage qu’il n’y ait pas plus de 25-30 ans quand même car avec l’arrivée des chars, me voici très intime avec tout un tas de gens que je ne connais pas. Si ma vie était un roman ou une série télé façon Sex and the city, au détour d’un mouvement de foule, je me retrouverais soudain nez à nez avec un charmant jeune homme qui m’inviterait à aller prendre un café plutôt que d’assister à ce défile de fous furieux adolescents et de finir de perdre mon ouïe. Mais ma vie n’est pas un roman, ni une série, pas même une comédie romantique avec Meg Ryan qui jouerait mon rôle. Non, ma vie est régie par la loi du plus tu cherches, moins tu trouves et au bout d’une heure, mon résultat de chope est déprimant : des ampoules et des acouphènes. Je m’agite vaguement en rythme mais j’ai omis de prendre des cours de techtonik et je n’ai pas trop de place pour m’agiter. Finalement, le seul point positif c’est qu’avec la chaleur
torride, je vais perdre quelques kilos. Ca peut toujours servir pour un prochain plan drague.


 

En attendant, le défilé, plutôt court si on compare a la gaypride, est déjà passé, la rue s’est vidée à une vitesse hallucinante, ne reste que quelques technokillers de 17 ans trop fiers de boire de la bière à la bouteille. Bon, ben, on va se faire un Starbucks ? Après tout, la
dernière fois, ça avait été efficace… Quoique…

En bonus, je remets la vidéo que j’ai monté sur la technoparade 2007 parce que je me suis bien embêtée à la faire, na. Les photos sont faites par moi aussi !

 

Où trouver l’homme ? Episode spécial : la cellule des copines

(Je rappelle à mon aimable lectorat et à mes lecteurs les plus agressifs que tout ceci est une fiction donc c’est pas du vrai.)

Lors du dernier épisode FICTIF, je me promenais avec un jeune homme pour ce qui devait être une balade romantique mais erreur stratégique : il semblerait que monsieur et moi n’ayons rien à nous dire. Après avoir abrégé le rendez-vous, je découvre avec surprise que le monsieur veut me revoir. Là, je pige pas. J’avais l’impression qu’il ne passait pas forcément un bon moment, alors quoi ?

Comme je suis pas une pétasse, du coup, j’hésite. En fait, j’ai pas l’air comme ça mais je suis du genre trop bonne, trop conne [note de l’auteure de ces lignes : ceci n’est pas une fiction,je commence même à me dire que je suis méchante à toujours refuser les invites du semi russe à se mater un DVD chez lui parce qu’il veut peut-être vraiment ne faire que ça…] alors je n’arrive pas à me décider : 2ème chance ou pas ? Parce que les questions tourneboulent un peu dans ma tête :

– est-il de nature timide et a eu du mal à se décoincer pour ce premier rendez-vous. S’il avait l’air détendu lors du smirting, c’est peut-être qu’il était bourré ou entouré de ses potes.

– me donne-t-il une seconde chance car il s’est dit que j’étais de nature timide et que j’avais du mal à me décoincer pour ce premier rendez-vous. Si j’avais l’air détendue lors du smirting, c’est peut-être parce que j’étais bourrée.

– il me trouve baisable et se dit que ce sera toujours ça de pris.

– il a pas baisé depuis un an alors moi ou une autre, quelle importance du moment qu’on a la jouissance ?

Bref, de mes hypothèses, y en a quand même qu’une qui justifie un nouveau rendez-vous. Alors que faire en cas d’hésitation ? Tadan, on réunit la cellule conseils amoureux de la girlie team. Evidemment, comme j’ai plusieurs conseillères, j’ai plusieurs sons de cloche. Au moins, je peux pas dire que j’ai été poussée dans un sens ou dans un autre vu qu’elles ont pas le même avis.

« Il te plaît ?

– Il est mignon et gentil mais bon, on se dit rien.

– Il est peut-être timide.

– Ou juste chiant.

– Ben peut-être qu’on n’a pas encore trouvé nos points communs, je sais pas.

– Ouais, enfin, tu te vois revivre un après-midi comme le dernier ?

– Bah, vas-y, prends ton pieds et tu verras

– Non, laisse tomber, la première impression est toujours la bonne ».

Ouais ben merci les filles.

Alors interrogeons une personne directement concernée : moi. Je me parle souvent dans ma tête [ce point de détail n’est pas une fiction] et voilà l’idée. Je cherche l’Homme, celui avec qui j’aurai envie de vivre ma vie, de présenter à ma mère et même de faire
mes enfants. Si je cherchais juste des plans culs, je serais plus dans le wait and see. Alors il arrive régulièrement que dans les comédies romantiques, la jeune et belle princesse à la recherche de son prince se trompe d’abord de prince charmant et couche à tort avec celui qui ne lui convient pas. Y a bien que Cendrillon qui trouve de suite chaussure à son pied. Mais d’un autre côté, j’ai du mal à coucher avec un mec qui ne m’excite pas la matière grise aussi. Mais il faut aussi avouer que le garçon, il a l’air gentil quand même alors peut-être qu’on va arriver à se dire des choses.

Bon, j’annonce à la girlie team que je vais prendre un nouveau café avec lui. Ma vie n’est pas un film d’une heure trente, certaines choses prennent parfois du temps.

La semaine prochaine, deuxième rendez-vous.

PS totalement hors sujet : un très bon article conseillé par Souchon version punk dans un comm, lisez le quand vous aurez posé votre petit comm ici !

Un gars, une fille, et moi et moi et moi ?

Je suis ce qu’on appelle une fille qui découvre des trucs trois plombes après tout le monde genre Un gars, une fille. Tout le monde en parlait à la fac, racontait les meilleurs sketches, moi j’étais dépassée. Mais là, ça passe en boucle sur les chaînes de la freebox donc je profite pour rattraper mon retard. Et pif, tiens, j’en fais même un article.

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Revenons aux origines de la série. Tout est parti du Québec où la série est lancée. Les créateurs de la série décident de l’importer en France et moi, déjà, je commence à tiquer. Non parce que faut voir que le Québec a une culture très différente de la nôtre, quoi qu’on en dise, on avait déjà essayé de nous importer un show à l’américaine avec Julie Snyder qui s’est lamentablement vautré. Dans les rôles principaux, Jean Dujardin, que je connais très vaguement grâce au « Nous c nous » et Alexandra Lamy, que je connais pas du tout. La série démarre,
je la regarde pas parce qu’à la même heure y a les Guignols mais je me dis que ça fera pas long feu de toute façon. Finalement, j’ai eu tort (ça arrive même aux meilleures) et voilà que Loulou et Chouchou deviennent des stars, on est tous des Loulous et Chouchoux. Je commence à jeter un œil un peu, j’ai l’impression de voir Guillaume et moi de temps en temps même si Guillaume n’est pas
macho et coureur (juste mateur même pas discret mais bon, c’est pas grave). Depuis, Jean Dujardin est l’acteur bankable du cinéma français, il joue même les Beigbeder dans 99 francs. Alexandra Lamy joue dans quelques comédies romantiques mais rien de bien trippant. En tout cas, à force de jouer les amoureux tous les jours, ils ont fini par sortir ensemble.

 

Bon, maintenant que j’ai fait un petit historique, je vais vous dire pourquoi j’aime cette mini-série. Outre le fait que je mangerais bien Jean à 16h, je trouve qu’au-delà de la caricature, c’est bien vu. Les traits sont bien évidemment grossis, il est macho connard et coureur, elle est jalouse hystérique et superficielle mais on a tous un peu de chouchou et loulou en
nous. Si je suis pas du genre jalouse, je peux être casse-couille à la Alexandra, superficielle et cancanière comme elle. Mais là où je trouve que la série est terriblement juste, c’est dans la complicité du couple. Ils sont gamins qu’ils n’en peuvent plus mais c’est fou comme en couple, on l’est tous. On se chamaille toujours pour de rire, on a nos petits délires totalement incompréhensibles pour ceux qui ne font pas partie du couple (les autres, quoi). Non mais c’est vrai, les couples ressemblent souvent à des chiots qui se mordent l’oreille pour jouer. Ouais, elle est pourrie ma comparaison mais vous voyez l’idée quoi.

Autre chose que j’aime beaucoup dans Un gars, une fille, c’est l’appétit sexuel d’Alexandra. A bien y regarder, deux fois trois, c’est elle qui allume son mec et pas l’inverse et ça, ça me fait plaisir. Et oui, les filles ont aussi des désirs et c’est normal. D’ailleurs dans un épisode, elle menace son mec de faire la grève du sexe et il lui répond du tac au tac : « ouais, c’est ça, tu te lasseras avant moi » et elle lui fait : « Ouéééééééééé, c’est vrai ! ». D’ailleurs y a pas mal de sexe dans la série et de façon pas du tout sous-entendue, plusieurs scènes tournent autour du coït (bon, ça reste soft comme image, on les voit pas en pleine levrette non plus), ça baise, ça parle cul, pipe et même sodomie. Si ! Dans

un épisode, Alex a une grosse gueule de bois et son mec lui raconte à l’oreille ce qu’ils sont censés avoir fait la veille et elle lui répond « ah ben non, ça m’étonnerait ! » « Pourquoi ? » « Parce que c’est à la tête que j’ai mal ! ». Pour une série diffusée à l’origine en access prime time, c’est quand même super osé. Ségolène Royal s’était d’ailleurs émue d’un épisode où Alex convainquait son mec d’aller dîner chez sa mère en lui faisant une fellation. Pourtant, soyons honnêtes, c’est le quotidien d’un couple. Le sexe en fait complètement partie et je trouve ça très bien de ne pas zapper ce gros dossier.

Bon, évidemment, tout n’est pas rose, hein. La plupart des sketches me font marrer, certains sont pas bons mais au vu du volume, le contraire aurait été étonnant. Je regrette juste la fin, du gros n’importe quoi puisqu’ils plaquent tout pour partir vivre à Ste Anne (l’Ile, pas l’hôpital psy). Quand on voit comment Jean est un acharné du boulot pendant toute la saison, qu’ils viennent d’acheter une maison et tout, je trouve dommage que sous prétexte de mettre des décors plus sexy, on gâche le plaisir de retrouver les petites histoires de ce couple ordinaire en se disant que tel sketch nous rappelle quand avec notre chéri(e) à nous, on a vécu une situation similaire.

Les hommes parlent des femmes (et disent n’’importe quoi)

Dans la série « entre sexes, on ne se comprend pas », j’ai eu l’occasion de me rendre compte que les hommes fonctionnent comme nous : au cliché. De façon générale, les hommes adorent nous ranger dans des tiroirs : si on est infirmière ou secrétaire, on est cochonnes. Si on a des gros seins, on est cochonne. Si on est blonde, on est cochonne. Si on est brune, on est chaude comme la braise. Si on est rousse, on est sulfureuse. Si on a des lunettes, on est le feu qui couve sous la glace. Si on est instit, on est perverses et on cache notre jeu. Par contre, si on porte un vieux gilet de grand-mère avec une jupe en laine et des mocassins sans talons, on est frigide, on n’intéresse personne. D’ailleurs, dans les films pornos, vous remarquerez qu’il n’y a jamais de physicienne ou de conductrice de bus. Pourtant, dans ces catégories socio-professionnelles, il y a aussi de belles filles.
 
Forcément, les tiroirs, ça nous rassure. La psychologie féminine, ça paraît compliqué et ils ne savent jamais comment nous prendre (je ne parle pas de sexe dans cette phrase). Car les hommes pensent tous que nous avons été gavées de contes de fées durant toute notre enfance. Donc il faut toujours agir en conséquence et attention au faux pas. Et bien non, messieurs. Je ne rêve pas d’être la nouvelle Cendrillon ou la nouvelle Belle au Bois dormant, absolument pas. Déjà, messieurs, apprenez que les fleurs ne font pas tout. Dans tous les films romantico-concon censés augmenter les ventes de Kleenex, l’homme offre des fleurs, tout le temps, pour rien. Un premier rendez-vous ? Un bouquet. Une demande en mariage ? Une alliance glissée au milieu des roses (très malin, on se déchire les mains pour la récupérer. Une alliance sur un doigt en sang, c’est original…). Une dispute ? Un bouquet pour se réconcilier. Il a pété au lit ? Un bouquet. Alors messieurs, les fleurs, c’est joli mais ça ne sert pas à tout.
 
La semaine dernière, je vais chez le fleuriste pour offrir un bouquet à ma sœur (elle avait gardé Kenya pendant mon week-end breton). Un monsieur est en train d’acheter un énorme bouquet de roses rouges. Au passage, on n’offre les roses jours que par nombre impair… Je ne sais pas pourquoi mais c’est comme ça. Donc ce monsieur achète ça, j’observe la scène d’œil vide quand les deux hommes devant moi commencent à rigoler : « Ben si avec ça, elle te pardonne pas, c’est que je comprends pas !
– Ouais, t’as tout bon, mec, elle va craquer !
– Heu… J’espère. »
Je lève les yeux au ciel : mais qu’est-ce qu’ils en savent ? Bon, vu leurs têtes, je pense qu’ils ont appris la psychologie féminine devant les films pour adulte ou chez Bataille et Fontaine mais pas avec des vraies femmes. Pourquoi les hommes pensent toujours qu’un bouquet de fleurs va tout arranger. Surtout que, dans ce cas-là, vu la taille du bouquet, il l’a au moins trompée avec sa sœur, c’est pas possible ! Personnellement, en cas de grave problème avec monsieur, ce n’est pas des roses qui arrangeront les choses. De toute façon, j’ai pas de vases et moi, j’aime les lys.
 
Mais le bouquet de fleurs ou le bijou pour les plus fortunés permet d’éviter les discussions. Oui parce que, pour les hommes, l’explication avec la femme semble à proscrire à tout prix. Dans toutes mes relations amoureuses, c’est toujours moi qui ai abordé les sujets délicats parce qu’il y a parfois des abcès à percer. Et des fois, de parler montre à monsieur que la montagne qu’il imaginait était un trou de taupe. Exemple : quelques mois après le début de ma relation avec Guillaume premier du nom, le voilà qui prend soudain de la distance avec moi, chacune de mes paroles est accueillie par un grognement. Le voilà qui passe en mode agressif, ce que je ne supporte absolument pas. S’il a des soucis, qu’il m’en parle mais qu’il ne me traite pas comme ça. Je sens la rupture proche, je serre les fesses, je l’attends. De toute façon, s’il continue comme ça, c’est moi qui vais rompre. Et un soir, j’apprends le pourquoi du comment. En fait, ce soir-là, on devait aller au bowling entre copains et le voilà qui m’appelle pour annuler car il a une migraine. Guillaume, c’était pratique, dès qu’il avait un souci, il avait une migraine donc il ne pouvait rien me cacher. On commence à discuter et il avoue qu’il se pose des questions sur nous. Ah, nous y voilà ! « Tu comprends, ça fait 6 mois qu’on est ensemble et je t’ai pas encore dit je t’aime. » Alors, c’était donc ça ? Ce n’était QUE ça ? Il faut savoir que Guillaume n’avait aucune spontanéité. La première fois qu’il m’a dit je t’aime, il a mis deux heures à amener la conversation pour le dire. Donc je lui dis : « mais mon chéri, c’est pas grave ! Est-ce que
je t’ai demandé de me le dire ? J’ai pas besoin de l’entendre. » Abcès crevé.
 
Mais les hommes craignent les conversations car ils les assimilent aussitôt à des crises d’hystérie. Il est vrai que, nous, les femmes, on pleure plus facilement qu’eux. Autant en public, je suis incapable de pleurer, trop fière. Mais en privé, quand les vannes s’ouvrent, c’est le déluge. Seulement, souvent, si je pleure, c’est parce que je me heurte à un mur et que je ne comprends plus. La relation ne va pas et il faut arrêter ? Mais pourquoi ? Je ne peux pas me contenter d’une déclaration comme ça. Il est vrai que j’ai le défaut de toujours croire que l’échec d’une relation amoureuse m’incombe, ce qui me vaut de sacrées remontées de bretelles de la part de Gauthier. « Moumour, tu as fait des efforts, ça ne marche pas, ça arrive. Toi, tu as fait ce que tu avais à faire, ce n’est pas ta faute. » Je peux le concevoir mais que monsieur m’explique pourquoi ça ne marche pas et, là, la pilule passe. Ce n’est pas parce qu’il m’a vue sans maquillage, je suis rassurée. Messieurs, on peut discuter gravement avec une femme calmement, sans qu’elle casse toutes les assiettes ou vous envoie
votre bouquet à la figure.
 
Ce qui est amusant, aussi, c’est la relation que les hommes établissent entre notre humeur et nos règles. Alors, il est vrai que les hormones jouent sur notre état d’esprit mais arrêtez de croire que humeur boudeuse rime avec règles douloureuses (ou pas d’ailleurs). Si on vous reproche quelque chose, ce n’est pas parce qu’on a un tampon entre les jambes, c’est parce que vous le méritez. Tout ne s’explique pas par notre flux menstruel, ce serait trop facile. D’ailleurs, moi, je n’ai pas de règles douloureuses donc ça ne me rend pas chiante.
 
De l’autre côté, l’homme a peur de se comporter de telle façon qu’on pourrait exagérément s’attacher à lui. L’autre soir, je prenais un bain avec mon Cosmo (ce sont les joies du célibat, ça !) et le magazine fait un article sur « ce qu’ils pensent après l’amour. » Florilège : « A ce qui l’attend si elle s’imagine que nous entamons une relation sérieuse », « à remettre mon pantalon dignement et dévaler l’escalier le plus vite possible », « A mon talent, j’ai réussi à ne pas prononcer le mot amour , « à ce que je vais répondre si elle me demande mon numéro de portable », « au pire : pourvu qu’elle ne me demande pas si je l’aime ». Rassurons-nous, il n’y avait pas que ça…Alors, je vous le dis, messieurs : non, les femmes ne pensent pas que la brouette amène directement à l’autel ! D’ailleurs, beaucoup de filles n’ont pas du tout envie de se marier… On ne sait pas où une relation peut nous amener et, au début, on ne se prend pas la tête à savoir si on va s’installer dans son appart ou le nôtre. De plus, je ne demande jamais à un homme s’il m’aime. S’il veut me le dire, il n’a qu’à le faire, je vais pas le forcer non plus. Et s’il me le dit, je ne suis même pas obligée de le croire ou de penser que ce je t’aime est une demande en mariage. Hé oui je vous le dis : les femmes ne sont pas des psychopathes qui sautent sur le premier mec qui passe en espérant lui mettre la corde au cou. Nous ne nous prenons pas pour des princesses de la collection Harlequin.
 
Voilà, messieurs, arrêtez d’avoir peur du prétendu romantisme du sexe dit faible. Et arrêtez de croire qu’un cadeau fera passer n’importe quelle pilule !