Qui qui qu’on invite ?

Le mariage n’est pas que la célébration de notre amour, non, non. Le mariage est d’abord une convention sociale : oublier d’inviter quelqu’un peut déclencher une crise familiale et/ou amicale, une déchirure grave et irréversible. Sauf que ça coûte des sous, les invités et que non, la fille qui était à côté de nous en CE1 et qui nous a prêté unes cartouche d’encre une fois n’est pas un témoin indispensable à notre bonheur.

Qui devons-nous donc inviter ? La famille pour commencer. De mon côté, j’ai deux parents, une soeur et un beau-frère, un presque-frère et sa presque-femme (ils se marient en septembre), 3 tantes, 2 oncles, 6 cousins, 2 cousines, 6 moitiés respectives, 9 petits cousins (Aparté : c’est atroce, je n’en connais physiquement que 5 !). D’ici que j’ai un vrai Jon, je devrais gagner un ou deux neveux ou nièces (hiiiii !) et peut-être un ou deux autres petits cousins. Ça va aussi dépendre du droit à l’adoption des couples homosexuels parce que dans les hétéros de ma famille, hormis ma sœur, y a pas trop d’envie de bébé… Bon ma famille pure, ça fait une quarantaine de personnes, on va en mettre autant pour Jonichou, ça fait déjà 80 personnes. Ploum.


Le problème, c’est que parmi ces 80 personnes somme toute difficilement contournable, il y en a toujours au moins un(e) dont on espère ardemment l’absence. Car comme dirait le poète, on choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille… Et on a tous un(e) cousin(e), oncle ou tante pas fin qui finira par vous foutre la honte mais vous sourirez en vous excusant platement auprès des autres invités alors que vous mourrez d’envie de lui planter une ou deux fourchettes dans les yeux. Le cas le plus classique est celui du lourdaud bourré car dans un mariage, l’alcool coule à flot et certains ne connaissent toujours pas leurs limites. Celui là même qui interrompra votre émouvant discours de remerciement par un galant et fort bienvenu « à poil la mariée ! ». Il draguera lourdement les femmes, ira emmerder le DJ pour faire changer la playlist et dans les cas les plus extrêmes, se sera pris une baffe après avoir mis la main aux fesses d’une demoiselle non consentante.


Nous avons également le plaisantin de service (qui peut aussi être bourré) qui confond mariage et one man show, qui nous la joue Jean Dujardin dans le lénifiant « Mariages » (ce film était à chier malgré un synopsis prometteur mais j’ai du mal à supporter Mathilde Seigner et Lio, c’est peut-être pour ça), vous savez genre cynique anti mariage. Celui qui vous saoule toute la soirée à base de corde au cou, début des emmerdes et tutti quanti. Ahahah… Ta gueule.


On a aussi l’accro des bébés, une femme en général, qui considère que puisque vous êtes mariés, vous allez donc procréer. Sauf que pas forcément, ne serait-ce que parce que vous avez envie de profiter de la vie à deux, que vous n’avez pas envie de mélanger vos gènes ou vous avez envie de rentabiliser Gudrun. En fait, peu importe votre corps vous appartient et là, vous avez pas envie de parler couches et allaitement. C’est légitime, j’avoue que ça n’est guère passionnant. Mais voilà, vous y avez droit, vous êtes jeune, fertile (à ce qu’on en sait) et surtout mariée. La sainte trinité de la procréation. Puis merde, si tu te reproduis pas, qui paiera ta retraite, hein ? Hein ?


À propos d’enfants, parlons en. À un mariage traînent toujours quelques chérubins tout mignons gniiiiiiiii. Oui, sauf que les enfants ont une patience à leur échelle : minuscule. Alors que vous écoutez votre magnifique quatuor à cordes la main sur le cœur et les larmes aux yeux, un étrange son discordant s’élève « PATAPATATAPAAAAA! » parfois suivi d’un « keuf keuf bouuuuu… Ouiiiiiiiiin ! ». C’est un fait, les enfants se foutent de l’incroyable magie romantique de votre mariage, ils expriment quelques besoins vitaux (pipi, faim, sommeil) ou tout simplement leur ennui. En tant que mariée extrémiste, je souhaite donc mettre en place un système de garde pour les petits car entre ceux qui chouinent et leurs parents qui se focalisent sur leurs mini mois beuglards, la cérémonie devient un vrai bordel. Déjà qu’ils vont courir partout pendant le vin d’honneur…


Et les amis ? Bon, c’était fatigant de faire la liste famille, on s’occupera des amis la semaine prochaine !

Les hommes parlent des femmes (et disent n’’importe quoi)

Dans la série « entre sexes, on ne se comprend pas », j’ai eu l’occasion de me rendre compte que les hommes fonctionnent comme nous : au cliché. De façon générale, les hommes adorent nous ranger dans des tiroirs : si on est infirmière ou secrétaire, on est cochonnes. Si on a des gros seins, on est cochonne. Si on est blonde, on est cochonne. Si on est brune, on est chaude comme la braise. Si on est rousse, on est sulfureuse. Si on a des lunettes, on est le feu qui couve sous la glace. Si on est instit, on est perverses et on cache notre jeu. Par contre, si on porte un vieux gilet de grand-mère avec une jupe en laine et des mocassins sans talons, on est frigide, on n’intéresse personne. D’ailleurs, dans les films pornos, vous remarquerez qu’il n’y a jamais de physicienne ou de conductrice de bus. Pourtant, dans ces catégories socio-professionnelles, il y a aussi de belles filles.
 
Forcément, les tiroirs, ça nous rassure. La psychologie féminine, ça paraît compliqué et ils ne savent jamais comment nous prendre (je ne parle pas de sexe dans cette phrase). Car les hommes pensent tous que nous avons été gavées de contes de fées durant toute notre enfance. Donc il faut toujours agir en conséquence et attention au faux pas. Et bien non, messieurs. Je ne rêve pas d’être la nouvelle Cendrillon ou la nouvelle Belle au Bois dormant, absolument pas. Déjà, messieurs, apprenez que les fleurs ne font pas tout. Dans tous les films romantico-concon censés augmenter les ventes de Kleenex, l’homme offre des fleurs, tout le temps, pour rien. Un premier rendez-vous ? Un bouquet. Une demande en mariage ? Une alliance glissée au milieu des roses (très malin, on se déchire les mains pour la récupérer. Une alliance sur un doigt en sang, c’est original…). Une dispute ? Un bouquet pour se réconcilier. Il a pété au lit ? Un bouquet. Alors messieurs, les fleurs, c’est joli mais ça ne sert pas à tout.
 
La semaine dernière, je vais chez le fleuriste pour offrir un bouquet à ma sœur (elle avait gardé Kenya pendant mon week-end breton). Un monsieur est en train d’acheter un énorme bouquet de roses rouges. Au passage, on n’offre les roses jours que par nombre impair… Je ne sais pas pourquoi mais c’est comme ça. Donc ce monsieur achète ça, j’observe la scène d’œil vide quand les deux hommes devant moi commencent à rigoler : « Ben si avec ça, elle te pardonne pas, c’est que je comprends pas !
– Ouais, t’as tout bon, mec, elle va craquer !
– Heu… J’espère. »
Je lève les yeux au ciel : mais qu’est-ce qu’ils en savent ? Bon, vu leurs têtes, je pense qu’ils ont appris la psychologie féminine devant les films pour adulte ou chez Bataille et Fontaine mais pas avec des vraies femmes. Pourquoi les hommes pensent toujours qu’un bouquet de fleurs va tout arranger. Surtout que, dans ce cas-là, vu la taille du bouquet, il l’a au moins trompée avec sa sœur, c’est pas possible ! Personnellement, en cas de grave problème avec monsieur, ce n’est pas des roses qui arrangeront les choses. De toute façon, j’ai pas de vases et moi, j’aime les lys.
 
Mais le bouquet de fleurs ou le bijou pour les plus fortunés permet d’éviter les discussions. Oui parce que, pour les hommes, l’explication avec la femme semble à proscrire à tout prix. Dans toutes mes relations amoureuses, c’est toujours moi qui ai abordé les sujets délicats parce qu’il y a parfois des abcès à percer. Et des fois, de parler montre à monsieur que la montagne qu’il imaginait était un trou de taupe. Exemple : quelques mois après le début de ma relation avec Guillaume premier du nom, le voilà qui prend soudain de la distance avec moi, chacune de mes paroles est accueillie par un grognement. Le voilà qui passe en mode agressif, ce que je ne supporte absolument pas. S’il a des soucis, qu’il m’en parle mais qu’il ne me traite pas comme ça. Je sens la rupture proche, je serre les fesses, je l’attends. De toute façon, s’il continue comme ça, c’est moi qui vais rompre. Et un soir, j’apprends le pourquoi du comment. En fait, ce soir-là, on devait aller au bowling entre copains et le voilà qui m’appelle pour annuler car il a une migraine. Guillaume, c’était pratique, dès qu’il avait un souci, il avait une migraine donc il ne pouvait rien me cacher. On commence à discuter et il avoue qu’il se pose des questions sur nous. Ah, nous y voilà ! « Tu comprends, ça fait 6 mois qu’on est ensemble et je t’ai pas encore dit je t’aime. » Alors, c’était donc ça ? Ce n’était QUE ça ? Il faut savoir que Guillaume n’avait aucune spontanéité. La première fois qu’il m’a dit je t’aime, il a mis deux heures à amener la conversation pour le dire. Donc je lui dis : « mais mon chéri, c’est pas grave ! Est-ce que
je t’ai demandé de me le dire ? J’ai pas besoin de l’entendre. » Abcès crevé.
 
Mais les hommes craignent les conversations car ils les assimilent aussitôt à des crises d’hystérie. Il est vrai que, nous, les femmes, on pleure plus facilement qu’eux. Autant en public, je suis incapable de pleurer, trop fière. Mais en privé, quand les vannes s’ouvrent, c’est le déluge. Seulement, souvent, si je pleure, c’est parce que je me heurte à un mur et que je ne comprends plus. La relation ne va pas et il faut arrêter ? Mais pourquoi ? Je ne peux pas me contenter d’une déclaration comme ça. Il est vrai que j’ai le défaut de toujours croire que l’échec d’une relation amoureuse m’incombe, ce qui me vaut de sacrées remontées de bretelles de la part de Gauthier. « Moumour, tu as fait des efforts, ça ne marche pas, ça arrive. Toi, tu as fait ce que tu avais à faire, ce n’est pas ta faute. » Je peux le concevoir mais que monsieur m’explique pourquoi ça ne marche pas et, là, la pilule passe. Ce n’est pas parce qu’il m’a vue sans maquillage, je suis rassurée. Messieurs, on peut discuter gravement avec une femme calmement, sans qu’elle casse toutes les assiettes ou vous envoie
votre bouquet à la figure.
 
Ce qui est amusant, aussi, c’est la relation que les hommes établissent entre notre humeur et nos règles. Alors, il est vrai que les hormones jouent sur notre état d’esprit mais arrêtez de croire que humeur boudeuse rime avec règles douloureuses (ou pas d’ailleurs). Si on vous reproche quelque chose, ce n’est pas parce qu’on a un tampon entre les jambes, c’est parce que vous le méritez. Tout ne s’explique pas par notre flux menstruel, ce serait trop facile. D’ailleurs, moi, je n’ai pas de règles douloureuses donc ça ne me rend pas chiante.
 
De l’autre côté, l’homme a peur de se comporter de telle façon qu’on pourrait exagérément s’attacher à lui. L’autre soir, je prenais un bain avec mon Cosmo (ce sont les joies du célibat, ça !) et le magazine fait un article sur « ce qu’ils pensent après l’amour. » Florilège : « A ce qui l’attend si elle s’imagine que nous entamons une relation sérieuse », « à remettre mon pantalon dignement et dévaler l’escalier le plus vite possible », « A mon talent, j’ai réussi à ne pas prononcer le mot amour , « à ce que je vais répondre si elle me demande mon numéro de portable », « au pire : pourvu qu’elle ne me demande pas si je l’aime ». Rassurons-nous, il n’y avait pas que ça…Alors, je vous le dis, messieurs : non, les femmes ne pensent pas que la brouette amène directement à l’autel ! D’ailleurs, beaucoup de filles n’ont pas du tout envie de se marier… On ne sait pas où une relation peut nous amener et, au début, on ne se prend pas la tête à savoir si on va s’installer dans son appart ou le nôtre. De plus, je ne demande jamais à un homme s’il m’aime. S’il veut me le dire, il n’a qu’à le faire, je vais pas le forcer non plus. Et s’il me le dit, je ne suis même pas obligée de le croire ou de penser que ce je t’aime est une demande en mariage. Hé oui je vous le dis : les femmes ne sont pas des psychopathes qui sautent sur le premier mec qui passe en espérant lui mettre la corde au cou. Nous ne nous prenons pas pour des princesses de la collection Harlequin.
 
Voilà, messieurs, arrêtez d’avoir peur du prétendu romantisme du sexe dit faible. Et arrêtez de croire qu’un cadeau fera passer n’importe quelle pilule !