La rue ne t’appartient pas [connard]

Jeudi matin, je quitte mon appart, à peu près fraîche et prête à affronter la journée. Alors que je chemine, un peu perdue dans mes pensées, un mec m’interpelle “bonjour… Bonjour… Oh bonjour ! Oh ! Tu pourrais répondre, déjà que t’es pas belle !”. Alors évidemment, je lui ai un peu pourri la gueule. Parce que j’en ai marre de me prendre des giclées de domination masculine dès que je fous un pied dehors.

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Le problème n’est pas tant ici l’agression verbale. Ce monsieur a le droit de ne pas me trouver à son goût (mais dans ce cas, il aurait été tellement plus plaisant qu’il ne m’adresse pas la parole, n’est-ce pas) même si je m’interroge quant au besoin de verbaliser ça. Je ne sais pas, je ne me sens pas obligée d’indiquer aux hommes qui ne me plaisent pas et que je croise dans la rue que je les trouve laids. Le problème ici c’est qu’une fois de plus, mon tort a juste été de pénétrer dans l’espace public. Je portais certes un short très court mais a) en été, je n’aime pas porter ma combinaison de ski, b) si j’achète des jolies fringues, c’est pour les porter, c) il m’arrive assez régulièrement d’avoir envie d’être jolie et surtout d) je fais ce que je veux, connard. Mon short bien court n’est une invitation à rien surtout si je ne réponds pas à ton premier bonjour. Je t’ai vexé en ne te répondant pas ? Je ne t’ai pourtant pas insulté… enfin, avant que tu fasses ton macho de base en me traitant de “pas belle”,là, j’avoue, ton “connard”, tu l’avais bien mérité.

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Le problème de cette insignifiante anecdote, c’est que ça nous rappelle une nouvelle fois que nous, les femmes, ne sommes pas les bienvenues dans la rue. Féminines, nous sommes priées de nous plier aux envies de ces messieurs qui se considèrent sur leur territoire alors que nous ne faisons que de le traverser. Je dois répondre à un monsieur qui me parle sous peine de me prendre une agression verbale alors que je ne demandais qu’à me rendre au travail tranquillement, sans rien demander à personne. On ne se rend pas compte à quel point la place de la femme dans la rue est une bataille constante. Un exemple ? Cet excellent épisode du Meufisme :

Parce que si on traîne tard dans la rue, les mecs peuvent s’amuser à nous coller ou à nous demander nos tarifs, histoire de souligner, rigolards, que notre place n’est certainement pas ici.Une femme seule dans la rue est une incongruité, une anomalie qui semble autoriser le mâle plafonné à venir la mettre mal à l’aise avec des remarques déplacées ou une tentative de drague qui n’a souvent pas pour but de draguer mais bien de continuer à asseoir la domination masculine : tu es sur notre territoire, nous pouvons donc faire de toi ce que nous voulons.

« Ah oui mais avec des conneries comme ça, on peut plus vous draguer, aussi ! ». Ca tombe bien : on n’en a pas envie. Surtout si je tombe sur du lourdaud premier choix qui mesure ma beauté à ma capacité à me soumettre à sa volonté de mâle alpha. Je réponds : belle, je réponds pas : pas belle. Gnééééé ! « Oui mais y a cette fille, elle est belle et je suis pas un dragueur de rue, moi ». Alors observe la. Marche-t-elle d’un pas pressé ? Te rend-elle tes regards insistants ? Pianote-t-elle son smartphone avec ardeur alors que tu tentes un eye contact ? A priori, tu sauras dès le départ si elle est prête à te laisser ta chance ou si ça va la déranger que tu l’abordes. Oui parce que pardon mais la rue n’est pas un  site de rencontre, j’y suis en général pour des raisons beaucoup moins romantiques (aller au travail, au hasard) et je n’éprouve jamais de plaisir à coller un râteau à quelqu’un. Donc oui, me faire draguer me dérange (non, je n’ai pas besoin de me rassurer sur mon pouvoir de séduction et non, tes compliments ne me font pas plaisir vu qu’ils sont intéressés et qu’une fois sur deux, tu les retireras en les remplaçant par une insulte) surtout quand le mec insiste louuuuuurdement. Mais oui, je les ai bien entendus tes 5 bonsoirs mademoiselle, j’essayais juste de nous éviter un moment gênant et pénible à tous les deux.

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La rue m’appartient autant qu’à toi connard et je vais pas remiser mon joli short au placard juste parce que je te dérange. Et la prochaine fois, viens me dire en face que je suis pas belle plutôt que de le marmonner dans mon dos, petite merde sans courage.

Pour ceux qui ont encore du mal à comprendre pourquoi la drague de rue, c’est ultra chiant, un peu de lecture avec le Projet Crocodiles qui t’explique quand la drague est subie et pas appréciée (des fois que)

Continuer ou non les rendez-vous après un rencard réussi ?

Le principal piège sur un site de rencontre, c’est de multiplier les « dossiers », c’est à dire les candidat-e-s possibles pour ravir votre coeur. Parce que c’est facile : tranquillement installé devant votre écran, en pyjama et bol de chocapic à la main, vous multipliez les contacts. Et parfois, vous faites plusieurs prises. Comment gérer ?

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Mardi, vous avez rendez-vous avec Camille. Un rencard somme toute parfait, votre petit coeur palpite, vous avez repris contact habilement. Oui mais sur votre agenda, c’est écrit en toute lettre : jeudi, c’est premier date avec Alex. Et je ne parle pas des 2 ou 3 autres que vous avez sur le grill car comme dirait l’adage : il ne faut pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. Mais si Camille se révèle être the good one, est-il la peine de poursuivre et d’aller au rendez-vous avec Alex, quitte à en caler un ou deux autres par la suite avec d’autres de vos conquêtes virtuelles ?
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En l’occurence, il n’y a pas de règles et rien ne vaut d’agir en fonction de votre instinct. Si Camille vous a à ce point séduit-e, pensez-vous utile de vous caler un rendez-vous que, de toute façon, vous n’apprécierez pas avec une personne charmante qui se demandera ce qu’elle a bien pu faire pour que vous lui manifestiez si peu d’intérêt ? Quant aux autres, les romances cybernétiques qui se terminent avant même la première rencontre, rassurez-vous, ça arrive tous les jours.
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De l’autre côté, que savez-vous de Camille et de sa propre gestion des encours ? Admettons que, dans le meilleur des cas, le rendez-vous se soit terminé par une fusion horizontale et que votre nouveau crush ait répondu à votre reprise de contact. Est-ce pour autant qu’il n’y a pas d’autres dossiers en cours ? Camille choisira-t-il/elle également cette optique de relation monogame ou n’étiez-vous finalement que son « Alex », une tierce personne faisant plus battre son coeur que vous ? Comment savoir ? Alors vous oubliez de suite la version stalking (ou vous la jouez extrêmement discrète) car pour faire fuir quelqu’un, je ne connais rien de plus efficace.
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Le plus simple, c’est encore de demander. Mais là, encore, l’exercice peut se révéler légèrement périlleux. Si vous demandez un peu trop de but en blanc, ça peut presque donner l’impression que le prochain rencard se fera à la mairie pour la signature du registre avec parents et témoins. Par ailleurs, il serait bien plus agréable d’en parler de vive voix plutôt que d’envoyer un SMS « au fait, on est ensemble ou pas ? » auquel il ne manque plus qu’un « et sinon, tu vas acheter le pain » pour être le moins romantique possible. Puis ça casse légèrement la spontanéité du truc. Mais être au clair évite de :
– se morfondre devant son téléphone en attendant un signe de vie alors que l’autre est en train de gérer ses dossiers, à la cool.
– coller un rendez-vous à une personne à qui on ne manifestera aucun intérêt et qui pourrait être profondément blessé dans sa chair (on a tous nos fragilités)
– tromper Camille qui vous considère effectivement en couple et n’appréciera pas d’apprendre que vous avez forniqué ailleurs à peine deux jours après le début de votre relation. Evidemment, vous allez, tant qu’à faire, éviter de le lui apprendre mais ça peut potentiellement, finir par se savoir.
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Bref, là encore, rien ne vaut l’instinct : Camille vous plaît vraiment ? Pourquoi donc risquer de le/la perdre ? Au pire, si ça le fait pas, vous reprendrez votre chasse. Car à force de collectionner les rendez-vous et conquêtes, un danger vous guette : l’addiction. On verra ça la semaine prochaine.

La balade du larron relou

Attirés l’un par l’autre, le désir les titilles, leurs peaux s’appellent, leurs doigts se frôlent, leur souffle se fait plus court. J’ai envie de toi, ma bouche crève de s’unir à la tienne, mon corps meurt loin de ta chaleur. Toi aussi, tu le veux, je le vois dans ton regard enfiévré. Toi. Moi. Et ce bon relou de 3e larron qui ne semble pas avoir pigé qu’il était légèrement de trop…

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C’est une vraie histoire. Au bord de la piscine du Airport Resort de Male (c’est mieux que ça en a l’air), une vingtaine de Français foutent un peu le bordel. Alors que l’heure de rejoindre l’aéroport se rapproche, un homme et une femme s’isolent un peu. Ca fait quelques jours qu’ils se tournent autour mais l’intimité sur un bateau est une denrée rare. Alors que le groupe commence à lever le camp, ils traînent, se mettent mutuellement de la crème solaire… La tension sexuelle est palpable. Les autres Français se bougent, ils prendront la navette suivante… Tous les autres ? Non, reste le relou, celui qui, on ne sait pas pourquoi, décide de rester avec eux pour lire encore un peu… Décidément, personne ne leur laissera cette intimité propice à tout rapprochement amoureux.

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Parce que faut dire ce qui est : passé un certain âge et en deça d’un certain seuil d’alcoolémie (ou éventuellement sur le quai d’un métro parce qu’il est l’heure de se séparer et que la soirée ne peut se terminer autrement), un premier baiser se savoure à deux, rien qu’à deux. Même si l’amour (avec un petit a) isole les amoureux dans leur petit univers douillet (comment expliquer autrement les couples qui roucoulent dans un lieu aussi glauque que le métro ?), à un moment, on aime bien être à deux, rien qu’à deux. Surtout que si on n’a vraiment pas de chance, le larron relou est vraiment d’une finesse à toute épreuve, se sentant obligé de commenter “hé mais je me sens un peu chandelle là, ohohoh huhuhu” Ahahah, ta gueule.

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La vraie question est : pourquoi ? Evidemment, on peut arguer que, parfois, on ne fait pas attention. Les rapprochements ne sont évidents que si on est attentif, si les autres nous intéressent à minima. On a tous connu cette situation où cet autre qui nous tente tant devient soudain à portée mais voilà-t-il pas qu’un troisième qui n’a rien à faire dans l’histoire tape l’incruste et diminue notre voilure. Dégage, dégage, dégaaaaaaaaaaaage !! Mais comment signaler poliment – le mode harpie est rarement un élément positif dans le jeu de séduction – à l’importun qu’on aimerait qu’il aille voir ailleurs si on y est ? Sans parler du fait que rien que d’en parler, rien que de prononcer les mots « dis, pardon, est-ce qu’il te serait possible de t’absenter quelques instants pour que Machin-e et moi échangions un premier baiser en toute intimité », la magie est cassée. On pourrait espérer l’intervention d’une 4e personne qui viendrait déloger le larron relou mais si la manoeuvre n’est pas subtilement réalisée, ça brise quoi qu’il en soit le romantisme… Ceci étant, rassurez-vous, pour avoir été victime d’un larron relou par le passé, ça n’a rien empêché et, au moins, ça a constitué une anecdote.

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Des fois je me dis que la séduction devrait être maillée de codes clairs. Par exemple « hé Bidule, pourrais-tu aller nous chercher un café » devrait universellement dire « hé toi, tu dégages, steuplé ? Merci, bisous ».

Site de rencontre. Etape 1 : sauter le pas

Je devrais faire une mini série sur le sujet, tiens.

En ce moment, certaines de mes amies ont décidées de se lancer sur les sites de rencontre, histoire de voir. Elles viennent alors me raconter leurs impressions, je trouve ça assez sympa, ça me rappelle mon arrivée à Paris et ma découverte de Meetic, à l’époque. Je vais fusionner mes amies en une seule que nous appelleront Mélanie, donc. Suivez nous, il est temps de sauter le pas !

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Le site de rencontre a souvent mauvaise presse, c’est bon pour les désespérés de la vie, ceux et celles infoutues de trouver l’amour tout seul. Moi même, je trouvais ça pathétique à l’époque où j’étais étudiante et en couple puis étudiante et seule. Faut dire que faire des rencontres quand on est étudiant, c’est facile. C’est après que ça se complique. J’ai sauté le pas quand je suis arrivé sur Paris et que mon cercle social s’était réduit comme peau de chagrin. Après tout, pourquoi pas ? Je n’avais rien à perdre, tout à y gagner. Surtout qu’à l’époque, c’était gratuit pour les filles.

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Pourtant, ça restait un peu l’infamie. Ben alors, t’es pas foutue de trouver un mec toute seule ? T’es trop moche pour ça et tu as besoin d’user de tes photos les plus avantageuses pour choper un rencard ? Et que vont dire mes parents le jour, où, enamourée, je leur ramènerai un mec chopé sur un site de rencontre ? « Et alors, vous vous êtes rencontrés comment ? » « Sur Meetic ! ». Tant de romantisme m’émeut. Autant poster une petite annonce, tiens, quitte à être pathétique.

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Et pourtant, pourquoi pas les sites de rencontre ? Nos grands-parents se rencontraient dans les bals, nos parents en discothèque, pourquoi ne serions-nous pas la génération site de rencontre (mais la boîte, ça fonctionne toujours, j’avoue) ? A y regarder de près, mes seuls amis ne s’étant jamais créé de fiches sur ce type de site sont ceux en couple depuis longtemps et monogames. On débute doucement sur des sites « pas faits pour ça » comme On va sortir (où ça chope énormément mais attention, les quelques cas croisés ou qui m’ont été rapportés font un peu peur, ça pullule de manipulateurs et pervers narcissiques en puissance). Puis un jour, on finit par faire le grand saut.

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Faut avouer que c’est pratique un site de rencontre. Après une dure journée de labeur qui vous a bien foutu sur les rotules, avez-vous vraiment envie d’aller chercher l’amour dans un bar cossu ? Ou préférez-vous rentrer chez vous déguster une bonne soupe tout en faisant défiler les profils sur votre ordinateur en choisissant à qui vous avez envie d’adresser la parole ou non. Enfin, quand je dis « préférez-vous », je m’entends. Moi, après une journée de 10h de boulot avec option déj en 2/2 devant mon pc, si j’avais le choix, j’irais directement m’évanouir sur mon lit alors bon… Mais le trip boulot-dodo me donne légèrement envie de pleurer. Enfin, je m’égare ! Vu que dans mon entourage, les opportunités de rencontre sont nulles (pas d’amis d’amis célibataires, on retrouve toujours les mêmes personnes aux soirées et la vie associative ne permet pas toujours de trouver chaussure à son pied. Et les collègues, ça m’emballe moyen comme concept), autant aller chercher l’homme là où il se trouve. Et je peux même le chercher en pyjama ou en paréo culotte si je veux. Cachée derrière mes jolies photos, je séduis tranquille, tout en dégustant mon yaourt et en matant la télé.

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Mais bon, si psychologiquement, on est prêtes, l’inscription réelle peut légèrement refroidir nos ardeurs. Nous en parlerons la prochaine fois (tiens, ce sera désormais tous les lundis, j’ai décidé).

Veux-tu m’épouser ?

Un mariage débute en général par une demande censée être la plus romantique possible, comme on le voit dans les séries et les comédies romantiques.

Pour débuter cette saga de l’été, posons le décor : il y a l’homme, que nous appellerons Jon, en hommage à mon nouveau fantasme Jon Kortajarena. Oui ok, il est peut-être gay mais on s’en fout, c’est un fantasme. Et même s’il était hétéro, je pense que mes chances de terminer un jour avec un mannequin international de 24 ans se calculent en négatif, n’est pas Madonna qui veut. Oui je vous ai pas dit, la saga de l’été ne fera pas l’impasse sur mes digressions habituelles. Bref donc y a Jon, l’homme et Nina, la femme. À l’heure où j’écris ces lignes (16 juin), le mariage homo n’est pas encore légalisé puis je suis toujours pas lesbienne donc on part en version hétéro.

Nina et Jon disais-je. De 1, comment demande-t-on quelqu’un en mariage ? La tradition voudrait que ce soit l’homme qui fasse le grand saut, à coup de belle bague, d’étoiles dans les yeux et de très fines bulles de champagne. Vu mon intérêt personnel actuel pour le mariage, c’est sur que ça risque pas de venir de moi. Bref, comment Jon pourrait-il me demander en mariage en mêlant romantisme et originalité. Non parce que le coup de la bague dans le champagne, c’est hyper éculé et faudra m’expliquer comment on ne peut pas voir une bague dans du champagne… À la limite, dans un verre de vin rouge… Et je ne parle même pas de l’idée saugrenue de planquer la bague dans un gâteau ! On ne joue pas avec la nourriture, la demande risque de se terminer aux urgences et je n’ai pas envie de porter une bague ayant trempé dans un gâteau… Ou pire en cas d’ingestion involontaire…

Quand je parle aux jeunes mariés du XXIe siècle, je constate que la demande tient plus de la négociation aujourd’hui. Du type : »tu sais, je crois que ce serait mieux de se marier ». Que ce soit pour les impôts ou pour faire plaisir à une famille traditionaliste, au choix. Évidemment, ça peut juste être par amour. Après tout, on peut décider des tas de choses par amour : vivre ensemble, faire un enfant, partir à deux faire un tour du monde, que sais-je encore ? Finalement, le mariage s’inscrit bien dans cette logique.

Sauf que la demande en mariage fait partie de la mythologie du couple. En général, quand vous annoncez la nouvelle, après les félicitations, hiiiii et quelques larmes d’emotions selon la sensibilité de vos interlocuteurs, vient la question : « comment il a fait sa demande ? » (il, toujours). « Oh bah, on se brossait les dents, il n’y avait plus de dentifrice donc je lui en ai sorti un du placard et là, il m’a dit « chérie, je t’aime, marions-nous ! ».

Manque de romantisme ? Je vous rappelle que le Jon et la Nina de cette histoire s’aiment donc à qui sert ce romantisme ? À l’auditoire en manque de belles histoires ? Car là est la vérité : on nous parle de belles déclaration, de bague cachée pour une surprise merveilleuse. Sauf que je connais un couple, le mec s’était amusé à cacher la bague sous l’oreiller… Ils ont passé une heure à la retrouver.

Non, les demandes en mariage de mon entourage ont rarement été d’un romantisme niais. La plus belle que j’ai entendue ? Celle spontanée après une bonne soirée en amoureux où cette union paraissait soudain comme une évidence. Une demande sans bague, sans calcul. Au fond, n’est-ce pas la plus magique ?

Quoi que celle de Monica et Chandler n’était pas mal non plus mais une question me taraude : pourquoi les Américains ont toujours 30 kilos de bougies chez eux ?

Ah et pour ceux qui ne connaissent pas Jon, une petite vidéo :

Le mythe du baiser sous la pluie

Toi qui me lis depuis longtemps, tu le sais : je n’aime pas les comédies romantiques que je limite à l’emblématique scène du baiser sous la pluie. S’il pleut pas, ton histoire d’amour est foutue, c’est comme ça. Pourtant à bien y penser, c’est bien nul cette histoire de baiser mouillé.

Prenons la base : le baiser sous la pluie représente l’oubli absolu généré par la passion. En clair, on est tellement occupés à s’aimer qu’on ne se rend même pas compte qu’il pleut. Puis n’oublions pas que l’eau rend sexy, souvenez-vous d’Alerte à Malibu et de toutes les chanteuses vulgaires chantant mouillées dans leur clip. À moins que ces artistes félines essaient d’envoyer un autre message ? Bref, l’imaginaire nous renvoie l’image d’une situation romantique flirtant avec l’érotisme. Et ça illustre parfaitement l’adage des comédies romantiques : l’amour est partout, même sous la pluie.

Après tout, pourquoi pas. Qui n’a jamais couru sous la pluie une nuit d’été en riant de cette fraîche et bienfaisante caresse sur la peau, les narines emplies du charmant parfum de terre ou d’asphalte mouillée ? En de tels instants, peu importe qui vous embrasse, le moment reste magique.

Sauf que la vie n’est pas une éternelle journée de chaleur où la pluie est accueillie avec joie. Genre là, cette année, la pluie, je l’accueille plutôt d’un grommeleux « encore ! Putain, fais chier, j’en ai marre, etc ». Je n’ai envie de rien sous la pluie, ni d’un baiser, ni de me faire salement mouiller alors que j’amène mon chat chez ma stagiaire afin qu’elle la garde pendant que je vadrouille en Sicile (oui, au bout de 6 mois de stage, elle est devenue si docile que je peux aussi l’exploiter hors bureau)(non, en vrai, elle m’a suppliée de la garder. C’est parce qu’elle ne connaît pas la bête, je crois) et encore moins de courir en riant. Ça part déjà mal.

Et puis la pluie, ce n’est pas agréable. Ceci fut sans doute l’une des phrases les plus navrantes de ce blog. Non mais c’est vrai, c’est froid, ça te détrempe parfois jusqu’à l’os, ça dépose une pellicule humide sur ton visage, donnant l’impression à ceux qui te feraient la bise que tu transpires comme un boeuf, ca t’aplatit salement le cheveu. Et je vous parle même pas de l’effet dévastateur d’une bonne averse sur votre maquillage, votre visage ne ressemble plus qu’à l’œuvre d’un mauvais peintre qui confond qualité et quantité de peinture posée sur la toile. Je veux bien croire que les pandas, c’est krokro mignon mais l’oeil panda suite à un écoulement abusif de mascara, ce n’est sexy que quand c’est minutieusement créé par un maquilleur.

Oserais-je évoquer les risques de coups de froid liés à la pluie et les déluges nasaux qui en découlent ? Non, sur ce point, vous m’avez comprise.

En somme, je dirai qu’à de rares exceptions près (le parapluie, ça peut le faire), le romantisme du baiser sous la pluie est une arnaque. Contrairement au baiser sur la plage devant un coucher de soleil, ça, ça fonctionne. Mais, allez savoir pourquoi, les comédies romantiques sont plus urbaines que balnéaires.

Engagement ou dissonance cognitive

Je vous parlais l’autre jour de la théorie de l’engagement qui me tient fort à cœur et qui permet d’expliquer certains comportements qui me dépassent. Mais depuis j’ai trouvé une explication encore mieux : la dissonance cognitive. Bon sang mais c’est bien sûr !

C’est en lisant cet article de Justine sur Madmoizelle que j’ai eu la révélation. Je vous résume : cet article comment un croyant réadapte ses croyances au fur et à mesure des faits pour marier la réalité et sa foi tout en annihilant les contradictions. Par exemple : je crois en la fin du monde à telle date, elle ne survient pas, je trouve une explication pour expliquer ce phénomène sans pour autant perdre la foi. Ceci est réalisé en toute inconscience, il ne s’agit en aucun cas de mauvaise foi.


Ainsi donc ce processus peut être appliqué à tout dans la vie. Je suis un peu la pro de la dissonance cognitive, je le confesse. Par exemple mes histoires de cycles Kitchin où l’un chassait l’autre. Ou quand un mec me plait, je trouve des signes comme quoi il pourrait etre un homme important dans ma vie amoureuse : il a le même prénom que mon ex (penser à trouver des petits copains à prénom rare), le même signe astro que mon ex (une chance sur 12, incroyable ! Oui en fait, j’ai aussi plusieurs ex donc ça finit par marcher pour presque tous les signes), il aime la même musique que moi, on a fréquenté le même resto avant de se connaitre, on était à la même soirée sans le savoir… Bref, je prends ce qui m’arrange et j’oublie ce qui ne rentre pas dans mon système magique. Du genre « il est pris », « il a 23 ans et tu peux même pas prétendre être une MILF », « il est gay ». A l’inverse, je peux me persuader qu’une chose n’arrivera pas car ça coïncide pas avec la période. Exemple : je ne pensais pas décrocher le job chez Pubilon car je passais les entretiens en février et la période faste est plutôt en avril. Quoi que vu le résultat (lexomil), ça marche un peu finalement.

Si je crois en bonnes ou mauvaises périodes en fonction de cycles divers et variés, ça marche aussi pour les mecs. Exemple type et je pense que vous allez vous reconnaître pour la plupart : mon mec ou assimilé part en vacances, par exemple. Pendant les premiers jours, je n’ai aucun texto qui me dirait à minima qu’il est en vie. Je commence à fulminer genre « oh mais quel connard, à peine il s’éloigne que déjà, il m’oublie, je le déteeeeeeeeeste! ». Quand soudain arrive le texto du type « je pense à toi, bisous » et là, vous planez à 100 000 au pays des Bisounours « hiiiiiiii, c’est donc qu’il m’aime! ». Hop en un texto, vous reprenez que ce qui vous arrange (le texto) en oubliant le reste (il a un peu omis de penser à vous les autres jours) pour renforcer votre croyance, en l’occurence son amour pour vous. Ca peut aller très loin, pour peu que le mec soit un peu manipulateur (« il m’a trompée mais il m’a dit qu’il m’aimait et c’est tout ce qui compte » « oui, il me fait pleurer 6 jours sur 7 mais le 7e jour, il me dit qu’il m’aime ! », « je dois assumer toutes les finances du couple avec mon seul salaire mais une fois par mois, il m’invite dans un beau resto, c’est si romantique ! », « Oui, c’est moi qui fait tout à la maison mais c’est parce qu’il est fatigué de m’aimer »), jusqu’à vous pousser à croire que quand il lève la main sur vous, c’est pour votre bien. Fascinant. Triste, effrayant mais fascinant.

Revenons en donc à l’interrogation de départ. Théorie de l’engagement ou dissonance cognitive ? Pour ma part, la différence entre les deux réside dans la prise de conscience de la situation. La théorie de l’engagement implique de poursuivre malgré tout alors que nous avons conscience de commettre une erreur mais il est trop tard pour reculer, ça signifierait perdre la face. A l’inverse, la dissonance cognitive implique une réinterprétation des faits inconsciente afin de se persuader que l’on a raison mais on ne doute pas. On croit. De ce point de vue, je suis pas une vraie victime de la dissonance cognitive car j’ai assez conscience que mes histoires de cycles et de signes de la vie sont pourris mais ils m’amusent et me rassurent un peu. C’est plutôt cool de penser qu’il va forcément m’arriver un truc cool prochainement parce que… surtout que je me réfugie pas dans la passivité pour autant. Ca permet de tenir quand tu traverses un Marasme qui n’en finit pas et que tu te dis que tout ça ne peut pas être vain et que quand reviendra le soleil, tu en savoureras le moindre rayon. C’est pas de la dissonance cognitive, c’est de la survie !

Femmes libérées cherchent attaches

Le saviez-vous, j’ai dans la vie de grandes réflexions, quand je suis sous la douche ou en train de remplir une grille de sudoku aux toilettes. Souvent j’aime imaginer des scènes de romans que je n’écrirai peut-etre jamais. Comme par exemple cette histoire d’écrivaine de romans girly qui en a marre de tant de niaiseries, roman construit autour d’une seule scène pour le moment : celle où elle prend un verre avec quelqu’un en dissertant sur la femme du XXIe et en énonçant cette vérité : la femme veut bien se dévergonder un peu si à l’arrivée l’amour est au rendez-vous.


Ben oui, force est de constater que l’amour (avec un grand A et plein de ouuuuuu) doit etre la conclusion logique de toute aventure impliquant un homme et une femme (oui l’hétéronormisme nous tuera). Petit à petit, on progresse, on admet que les femmes aussi ont des besoins sexuels et qu’un bout de plastique vibrant ne suffit pas toujours. Le sexfriend est devenu une norme, un objet tendance. Mais. Maiiiiis la femme reste un être romantique qui finit toujours par chercher l’amour car le ramonage sans sentiments, c’est lassant.

On est d’accord ou pas avec cet axiome, peu importe. Si on peut constater un léger déplacement du curseur « salope », on constate néanmoins que si l’homme peut, dans l’imaginaire collectif, tremper sa bite dans n’importe qui sans le moindre pincement au cœur, sa partenaire a un peu de mal à partager sa désinvolture. Je veux dire elle veut bien accueillir une bite amie de temps en temps mais point trop longtemps et la bite amie devient finalement la bite aimée. Même quand c’est celle d’Ashton Kutcher qui ferait très bien dans mon lit mais nettement moins dans ma bibliothèque si vous voulez mon avis. A la limite, Justin Timberlake me semble plus enclin à lire un livre sans images…


Mais la femme est un être romantique (quand l’homme reste un éternel queutard) et au fond, le sexfriend qu’elle s’est trouvé, elle veut le capitaliser et en faire un amoureux. Et ben pardon mais non. Je veux dire ça peut arriver mais soyons honnêtes : si ça arrive, c’est sans doute que c’était le but recherché dès le départ genre : « Mmmm, Justin, il est trop mignon et il lit des livres sans images, je le veuuuuux. Bon, il ne veut qu’une relation à caractère sexuel on va dire que nous aussi mais je lui laisse pas deux mois pour tomber in love de moi ». On connaît le truc, hein. Et ça peut marcher, pourquoi pas. Mais du coup, la femme libérée sensuelle, elle en prend quand même un sacré coup. C’est ça les princesses modernes, au lieu d’être esclaves et de soupirer en attendant le prince charmant (pardon mais les princesses sont esclaves, j’y reviendrai peut-être tiens), elles baisent en soupirant parce que quand même l’amour, c’est cool et que le sexe sans sentiments ne les satisfont en définitive pas. C’est typiquement le cas de Carrie. Ouais, Carrie, c’est le prototype de la fausse libérée qui ne cesse de parler de cul genre « ouais, yo, je suis trop libérée » mais dès qu’elle couche sans sentiments, elle se dit que non, c’est pas pour elle, c’est pas bien et elle pleure sur Mister Big parce que ça fait passer le temps. Au-se-cours. Au moins, Charlotte, elle assume son côté princesse qui cherche le prince charmant, elle ne dissimule pas derrière une sexualité en fin de compte insatisfaisante son besoin d’amour et de romantisme.


De par mon expérience, un plan cul se transforme très rarement en plan love. Ca peut arriver, ça m’est arrivé mais en réécrivant l’histoire, je me dis que plus qu’un plan cul, c’était plus un début d »histoire tout en douceur, sans prise de tête particulière, sans pression. Quand il a été temps de se dire qu’on comptait un peu plus l’un pour l’autre que de simples amant/maîtresse, on est passé à l’étape suivante. Mais à côté de ça, j’ai des sex buddy depuis plus de 4 ans (cet article est une encyclopédie des synonymes du plan cul) (non mais y en a un, s’il meurt pas en vacances et qu’on se voit à son retour, il détiendra le record de ma « relation » la plus longue, record établi actuellement à 4 ans et 4 mois. Mais bon, peut-on comparer une relation amoureuse régulière et monogame de 4 ans et 4 mois et une relation de fuck buddy (je l’avais pas encore mis celui là) de 4 ans et 6 mois où on se voit une fois tous les mois dans les périodes fastes ? Tiens, je vais en faire un article) et dans ma tête, c’est clairement pas possible qu’on passe à une autre relation. Si on avait dû être un couple, on l’aurait été depuis le temps. Bref. Finalement, un plan cul dans l’imaginaire collectif féminin, c’est quoi ? Soit un début de relation amoureuse qui ne dit pas son nom, soit un en-cas en attendant un dîner somptueux aka le petit ami parfait (un petit ami est toujours parfait de prime abord, c’est après que ça se complique).


Moralité : la femme libérée est un mythe. Enfin, non, il existe vraiment des femmes qui ne cherchent aucune attache et baisent à tout va en toute décomplexion mais on nie leur existence d’un « non mais en vrai, elles cherchent l’amour ». Bah, oui, une femme est romantique, c’est gé-né-tique.

L’été, on chope

Par Pink Lady

En été, les magazines sont unanimes. Comme le reste de l’année, l’originalité n’est guère leur fort. Donc après s’être affamées tout le printemps pour être au top de son sexyness sur la plage, forcément, il est temps de rentabiliser ce corps de rêve en ayant des relations sexuelles à tout va. Elle nous l’explique cette semaine « pourquoi c’est super d’être célibataire en été ? ».

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Alors attention, dans l’univers des magazines féminins, être célibataire rime avec chasse à l’homme. D’ailleurs le titre suivant de la newsletter ne le cache pas : « Assurer le 1er rendez-vous ». Oui, dans la vie, une femme célibataire peut en profiter pour prendre du temps pour elle, faire du sport, prendre des cours, réaménager son appart, démarrer une nouvelle vie ailleurs… Dans les magazines, le célibat ne sert qu’à passer vite au candidat suivant. Car le célibat n’a qu’un temps et ce temps là, c’est l’été. Oui, le sexe sur la plage (le sable et les mycoses en option), le bel étranger du genre bronzé qui parle une langue latine so hotty. Oui, si tu craques sur le scandinave, tu attends l’hiver, ça le fait mieux devant une cheminée, allongés sur une peau de bête. L’été, c’est latin, c’est bronzé avec les cheveux noirs un peu longs qui bouclent à la Jesus Luz.

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Ce qui est étrange, c’est que seule la chaleur semble propice à la sexualité fantaisie. Evidemment, je n’irais moi-même pas copuler sur une plage ou, pire, dans la mer, en hiver, je ne suis pas sûre de vouloir mourir d’une pneumonie. Tout le sexe extérieur semble réservé aux beaux jours, la levrette la tête dans le frigo pour se rafraîchir aussi. La partie de jambe en l’air devant la cheminée semble plus réservée aux élans romantiques et amoureux. Et puis qui dit été dit vacances, on est loin de chez soi et des conventions sociales qui nous emprisonnent au quotidien. Je ne suis plus Pink Lady, la jeune marketeuse mais la wild Pink, la fille qui se trémousse en bikini sous le nez d’hommes en rut. La baise en été est une sorte de convention sociale : si tu vas au soleil seule, c’est que tu veux te faire serrer, c’est comme ça. En fait, au pays des magazines, c’est très simple : si tu ne t’envoies pas en l’air sur la plage (en dépit du sable et des mycoses donc), t’es qu’une grue, une pauvre frigide coincée dont on ne pourra jamais rien faire. L’été, tu dois larguer ton mec, partir sur une plage paradisiaque et t’envoyer en l’air de toutes les façons qui soient. Les magazines les plus audacieux te proposeront d’ailleurs une liste non exhaustive de fantasmes à réaliser, sers-toi, c’est gratuit. Oui, je sais, il est curieux qu’on nous impose des fantasmes, je ne pense pas que les rédactrices sexo ait un accès direct à mon Ca pour connaître mes fantasmes . Et puis je suis un peu trash comme nana, y en a plein que j’ai déjà fait. Enfin, trash, tout est relatif, faire l’amour dans une piscine, c’est à la portée de pas mal de monde, il me semble.

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Seulement l’été commence à tirer sur la fin, il va falloir commencer à penser à pérenniser quelque chose pour ne pas être célibataire l’hiver car ça, ça craint. On n’a jamais vu personne être sexy en combinaison de ski et lutiner avec le mono entre deux sapins, les pieds dans la neige. Ce qui en soit est un peu dommage, la blancheur immaculée de la neige me paraît bien plus esthétique
que le sable envahi de cadavres d’algues et de crustacés. Mais le neige, ça brûle et la peau rougie, ça le fait de suite moins. Heureusement, Elle nous aide à assurer le premier rendez-vous…
Parce que jusqu’à présent, on les foirait tous, ce qui explique sans doute notre célibat quand l’été s’en vient.

Faut être amoureux pour avoir un orgasme

Il y a quelques temps, M6 nous a gratifié d’un grand documentaire pas du tout complaisant sur le sexe. Bon, comme je n’en ai réellement vu que 10 mn et que je me suis ensuite fié aux commentaires sur les blogs et Twitter, je vais éviter de donner mon avis sur la question. Je vais juste réagir à une phrase entendue durant cette dizaine de minutes qui m’a fait halluciner.

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A l’écran une jeune donzelle amoureuse de son Jean-Freddy (non, tous les parents n’aiment pas leurs enfants, il faut que ce soit dit). Alors juste pour rire, le Jean-Freddy l’a serrée en la faisant venir chez lui pour le diner, en lui faisant boire du champagne puis en lui offrant un bain avec bougies et pétales de rose dedans. Non mais paie ton cliché… Oui, je sais, je manque cruellement de romantisme mais merde, ça fait plan de vieux lover… Bref. Ce qui devait arriver arriva, Jean-Freddy mit Jessica ou Dieu seul sait son prénom dans son lit et là, elle sut de suite que cette histoire était sérieuse car elle a eu un orgasme. C’est donc qu’elle était déjà amoureuse. Je… Quoi… Pardon ?


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L’orgasme féminin, l’éternelle énigme. Puisqu’il parait que nous sommes des créatures cérébrales, nos orgasmes ne sont déclenches que par notre esprit donc un plan cul, on l’aime pas, on ne jouit donc pas. C’est cela ouiiiii… Alors il est vrai que le psychologique joue, essentiellement au niveau du lâcher prise et certains blocages sexuels sont de l’ordre du mental. C’est d’ailleurs pareil pour les mecs, faut arrêter de les prendre pour des machines à baiser. Mais il n’en reste pas moins que le sexe, c’est aussi et surtout une histoire de corps, de mécanismes naturels. Une bonne connaissance de son corps aussi pour savoir ce qui nous fait réagir. Perso, j’ai eu des orgasmes avec des mecs pour qui je n’avais aucun sentiment. D’ailleurs pour en revenir à l’orgasme « psychologique », est-ce tant le partenaire que la situation qui nous fait triper ? Ça reste à voir.

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Vous allez me dire que cette déclaration n’engage qu’elle et qu’on s’en fout un peu. Oui sauf que Jessica est un peu symptômatique d’une façon de penser assez répandue et un peu triste sur le fond. C’est accepter une espèce de fatalisme de la frigidité un peu du genre « je ne peux jouir qu’avec un nombre restreint d’hommes ». Et bonjour le sac de nœud quand elles aiment un homme qui est de fait mauvais amant et ne les fait pas grimper au rideau. Plutôt que de prendre en main (sans mauvais jeu de mots) le garçon pour lui dire ce qu’elles aiment, ce dont elles ont envie… Elles remettent en question leurs sentiments. On pourrait débattre sur l’importance du sexe dans le couple et du fait qu’une fille ne restera pas 107 ans avec un mec qui ne la satisfait pas et donc qu’elle sera sans doute partie avant de l’aimeeeer mais bon, j’ai eu droit à des je t’aime d’hommes que je n’avais physiquement jamais vus alors… Mais effet extrêmement retors de cette façon de penser, c’est le cas des viols. Autrefois, alors que l’on pensait qu’un orgasme féminin était nécessaire à conception, une femme tombant enceinte suite à un viol n’était pas reconnue comme victime puisqu’elle avait pris apparemment son pied. Aujourd’hui encore, une femme qui jouit pendant un viol, ce qui peut arriver car je rappelle qu’on parle de mécanismes physiques, se sent extrêmement coupable.

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Par contre, au-delà de tous les points soulignés au-dessus, je ne peux m’empêcher de sourire sur un point. Malgré tout le verbiage sexuel auquel nous sommes soumis dans les médias à coup de « les soirées partouze, la nouvelle mode », « le candaulisme, à essayer » (ça pour le coup, c’est la nouvelle pratique à la mode, je vois le terme partout) ou « si t’as pas baisé à 3 à 30 ans, c’est que tu as raté ta vie », cette vision nunuche du sexe de la part d’un couple qui se la joue « on est des gros chauds du sexe » (ce qui n’empêche pas) assez mignonne. Comme une framboise dans un panier de groseilles, un peu. Mais bon, si je suis la première à admettre que le sexe avec quelqu’un qu’on aime est d’une intensité sensuelle sans nom, une baise sans sentiments amoureux peut également être jouissive. Dieu merci !