Femmes libérées cherchent attaches

Le saviez-vous, j’ai dans la vie de grandes réflexions, quand je suis sous la douche ou en train de remplir une grille de sudoku aux toilettes. Souvent j’aime imaginer des scènes de romans que je n’écrirai peut-etre jamais. Comme par exemple cette histoire d’écrivaine de romans girly qui en a marre de tant de niaiseries, roman construit autour d’une seule scène pour le moment : celle où elle prend un verre avec quelqu’un en dissertant sur la femme du XXIe et en énonçant cette vérité : la femme veut bien se dévergonder un peu si à l’arrivée l’amour est au rendez-vous.


Ben oui, force est de constater que l’amour (avec un grand A et plein de ouuuuuu) doit etre la conclusion logique de toute aventure impliquant un homme et une femme (oui l’hétéronormisme nous tuera). Petit à petit, on progresse, on admet que les femmes aussi ont des besoins sexuels et qu’un bout de plastique vibrant ne suffit pas toujours. Le sexfriend est devenu une norme, un objet tendance. Mais. Maiiiiis la femme reste un être romantique qui finit toujours par chercher l’amour car le ramonage sans sentiments, c’est lassant.

On est d’accord ou pas avec cet axiome, peu importe. Si on peut constater un léger déplacement du curseur « salope », on constate néanmoins que si l’homme peut, dans l’imaginaire collectif, tremper sa bite dans n’importe qui sans le moindre pincement au cœur, sa partenaire a un peu de mal à partager sa désinvolture. Je veux dire elle veut bien accueillir une bite amie de temps en temps mais point trop longtemps et la bite amie devient finalement la bite aimée. Même quand c’est celle d’Ashton Kutcher qui ferait très bien dans mon lit mais nettement moins dans ma bibliothèque si vous voulez mon avis. A la limite, Justin Timberlake me semble plus enclin à lire un livre sans images…


Mais la femme est un être romantique (quand l’homme reste un éternel queutard) et au fond, le sexfriend qu’elle s’est trouvé, elle veut le capitaliser et en faire un amoureux. Et ben pardon mais non. Je veux dire ça peut arriver mais soyons honnêtes : si ça arrive, c’est sans doute que c’était le but recherché dès le départ genre : « Mmmm, Justin, il est trop mignon et il lit des livres sans images, je le veuuuuux. Bon, il ne veut qu’une relation à caractère sexuel on va dire que nous aussi mais je lui laisse pas deux mois pour tomber in love de moi ». On connaît le truc, hein. Et ça peut marcher, pourquoi pas. Mais du coup, la femme libérée sensuelle, elle en prend quand même un sacré coup. C’est ça les princesses modernes, au lieu d’être esclaves et de soupirer en attendant le prince charmant (pardon mais les princesses sont esclaves, j’y reviendrai peut-être tiens), elles baisent en soupirant parce que quand même l’amour, c’est cool et que le sexe sans sentiments ne les satisfont en définitive pas. C’est typiquement le cas de Carrie. Ouais, Carrie, c’est le prototype de la fausse libérée qui ne cesse de parler de cul genre « ouais, yo, je suis trop libérée » mais dès qu’elle couche sans sentiments, elle se dit que non, c’est pas pour elle, c’est pas bien et elle pleure sur Mister Big parce que ça fait passer le temps. Au-se-cours. Au moins, Charlotte, elle assume son côté princesse qui cherche le prince charmant, elle ne dissimule pas derrière une sexualité en fin de compte insatisfaisante son besoin d’amour et de romantisme.


De par mon expérience, un plan cul se transforme très rarement en plan love. Ca peut arriver, ça m’est arrivé mais en réécrivant l’histoire, je me dis que plus qu’un plan cul, c’était plus un début d »histoire tout en douceur, sans prise de tête particulière, sans pression. Quand il a été temps de se dire qu’on comptait un peu plus l’un pour l’autre que de simples amant/maîtresse, on est passé à l’étape suivante. Mais à côté de ça, j’ai des sex buddy depuis plus de 4 ans (cet article est une encyclopédie des synonymes du plan cul) (non mais y en a un, s’il meurt pas en vacances et qu’on se voit à son retour, il détiendra le record de ma « relation » la plus longue, record établi actuellement à 4 ans et 4 mois. Mais bon, peut-on comparer une relation amoureuse régulière et monogame de 4 ans et 4 mois et une relation de fuck buddy (je l’avais pas encore mis celui là) de 4 ans et 6 mois où on se voit une fois tous les mois dans les périodes fastes ? Tiens, je vais en faire un article) et dans ma tête, c’est clairement pas possible qu’on passe à une autre relation. Si on avait dû être un couple, on l’aurait été depuis le temps. Bref. Finalement, un plan cul dans l’imaginaire collectif féminin, c’est quoi ? Soit un début de relation amoureuse qui ne dit pas son nom, soit un en-cas en attendant un dîner somptueux aka le petit ami parfait (un petit ami est toujours parfait de prime abord, c’est après que ça se complique).


Moralité : la femme libérée est un mythe. Enfin, non, il existe vraiment des femmes qui ne cherchent aucune attache et baisent à tout va en toute décomplexion mais on nie leur existence d’un « non mais en vrai, elles cherchent l’amour ». Bah, oui, une femme est romantique, c’est gé-né-tique.

Un jour, mon prince viendra

(nouveau sketch de mon one woman show, merci d’être indulgents sur la version audio, j’ai pas répété)

Un jour, mon prince viendra, un jour, il m’aimera nananananananananaaaaaaaaaaaaaaa ! Un jour mon prince viendra… un jour, il m’aimera…

image_24.jpg

Tu parles ! Dès le départ, ça puait l’arnaque ces contes de fées. Non mais regardons : Cendrillon, elle passe sa journée à faire le ménage, aidée par des souris. Blanche Neige,
encore mieux. Elle manque de se faire tuer, elle court dans la forêt et quand elle trouve enfin une petite maison pour s’abriter, qu’est-ce qu’elle fait ? Le ménage ! J’imagine tout à fait le truc : « Oh mon Dieu, on cherche à me tuer, au secours, aidez-moi… Oh, tiens un balai, si je m’en servais ? ». Et cette couillasse de Belle au bois dormant ? La nana, elle voit un rouet, faut à tout prix qu’elle s’en serve ! Moi, je vois un rouet, je sais même pas comment ça marche alors je vais le laisser où il est. Donc voilà, dès le départ, les princesses font le ménage et aiment ça.

Face à elles, le prince charmant, celui sur qui on doit fantasmer. Alors excusez-moi mais dans le genre « je me foule pas », on fait fort. Genre le mec de Blanche Neige. Elle, elle
échappe à la mort, aux dangers de la forêt, elle se tape le ménage de non pas un mais sept nains, elle affronte une sorcière. Et là, le Prince, il arrive, il lui roule une pelle et c’est un héros ? Merde, je savais pas qu’il y avait un nid de princes charmants dans toutes les boîtes de France. Et celui de Cendrillon ? Elle, elle est limite esclave, l’autre, il essaie des chaussures aux filles et ça nous fait un héros, ça ? Ah ben bravo ! Au lieu de chercher le prince charmant partout, je vais aller chez Bata !

Je me moque mais tous ces dessins animés qu’on nous a fait avaler, petites, c’est un vrai drame pour la femme indépendante des années 2000. Si, si. Petites, on nous a appris que
pour une femme soit accomplie, elle doit trouver son prince charmant. Donc nous, qu’est-ce qu’on fait ? On le cherche, évidemment. Et là, c’est le début des emmerdes. Non parce que les garçons, ils ont appris qu’une chaussure, un baiser et hop, on est emballées alors voilà, c’est à nous de tout faire. Non parce qu’on ne dira jamais à un mec « 30 ans et toujours célibataire ? C’est quand que tu nous ramènes une femme ? ». Et puis, eux, ils s’en foutent des princesses et tout ça alors que nous, c’est tellement ancré en nous qu’à 30 ans, si on n’a pas un mec qui veut nous faire des bébés, on est périmées. Pé-ri-mées, oui ! Déjà qu’on vous dit l’air de rien : « et après 25 ans, les ovules se dégradent ». Hé, c’est pas la faute si la nature m’a fait féconde dès 13 ans ! Si elle avait attendu que je sois prête, mes ovules seraient en parfait état quand je déciderais de faire un bébé.

Ah oui parce que le conte de fée, il se termine toujours par « et ils se marièrent, ils furent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Alors moi, je veux bien mais j’aimerais bien
voir la gueule de Blanche Neige après ses « beaucoup d’enfants ! ». Alors moi, je suis une femme indépendante des années 2000 et je n’ai pas envie que mon utérus serve de refuge à une colonie scout ! Déjà un gosse, je saurais pas quoi en faire entre mon boulot, mes cours de yoga, de stretching, mon coiffeur, mon esthéticienne, mon chirurgien esthétique… Non parce que les Blanche Neige, Cendrillon et tout ça, elles pouvaient en faire 50 de gosses, le prince allait pas les larguer à 50 ans pour se taper une bimbo blondasse siliconée. Nan, elles, elles vivaient dans leur château avec leur prince charmant et ils furent très heureux. Bon, on se doute qu’il tripotait une ou deux servantes par ci par là mais il restait. Alors que nous, femmes indépendantes des années 2000 que nous sommes, on ne doit jamais baisser la garde. A 30 ans, faut avoir l’air d’avoir 20 ans, à 40, toujours 20, à 50, faudrait tenter un petit 18 ans…

Alors moi, je dis non. Non aux contes pour enfants où la princesse se tape toutes les horreurs en attendant qu’un pauvre type à cheval vienne lui rouler une pelle pour l’embarquer et lui faire 36 moutards. Le prince charmant, ça n’existe pas. Ils épousent Blanche Neige mais à la crise de la quarantaine, ils se cassent avec Barbie.