Sois morpho-logique

Par Pink Lady

Les magazines féminins aiment jouer sur nos complexes, c’est là leur principal moteur. Sois belle et bonne, tel est leur credo. Du coup, dans la longue liste des conseils à suivre si tu veux pas passer pour une dinde ou ressembler à un boudin peu appétissant, nous avons les conseils morpho. Dis moi à quoi tu ressembles, je te dirai quoi porter.

La femme se regroupe en 4 groupes types :
– la femme grande et mince
– la femme grande et ronde
– la femme petite et mince
– la femme petite et ronde
Alors nous avons certes un gros problème de définition puisque tu peux te demander à partir de quelle taille on passe de petite à grande, la femme “moyenne” n’existant pas, idem pour la minceur ou la rondeur. Non parce que par exemple, sur cette photo, Britney est définie comme, je cite : “rondelette”.*


Donc voilà, tu dois porter si et éviter ça et puis c’est tout. Bon alors moi, en tant que femme mamellement bien équipée, je dois mettre des décolletés à mort et vu que je suis ronde comme une Britney, je dois pas trop mouler mon corps, quoi. Donc je n’ai qu’un salut : la robe taille empire décolleté. Eté comme hiver, je dois braver la vie poitrine au vent, tant pis pour les pneumonies et autres bronchites ! Et je suis mignonne, j’oublie le short boule exclusivement réservé aux jambes plus menues que mon bras.


Ouais ok sauf que moi j’aime les short boules et je t’emmerde, petite rédactrice mode. Le prends pas perso hein mais tes conseils vus et revus, je les mets aux toilettes et je tire la chasse. Parce que je ne laisserai personne me dicter ma façon de m’habiller. Je vais en boutique, j’essaie et je vois toute seule si ça me plaît ou pas. Oui parce que dans toutes vos conneries de relooking, à aucun moment vous ne parlez du fait que porter des fringues que l’on aime, c’est mieux. Et moi, j’aime les shorts boules, pas les shorts qui arrive aux genoux et larges que je portais pour aller au catéchèse durant mon enfance, tu vois. Et de la même façon, si le col roulé est proscrit pour les filles comme moi qui n’ont pas hérité du long cou des danseuses**, pardon mais en hiver, j’ai froid et ma petite gorge vicieuse est bien trop avide de tous les virus qui traînent pour que je me permette de me balader sans col roulé et en décolleté.

Les articles relookings envoient finalement toujours le même message : “tu pensais avoir trouvé ton style ? Huhuhu, pauvre de toi, tu n’as aucun goût, tu ressembles à un sac à patates ambulant. Viens, moi qui sais, je vais te rhabiller”. Bon, ok, dans les émissions genre “belle toute nue” ou “relooking pour une nouvelle vie”, ils prennent des filles en jogging, t-shirt crade genre ils sont allés les chercher chez elle un dimanche matin. Mais bordeyl, ça suffit cette prime du bon goût distribuée uniquement aux “professionnels” de la mode. Non parce que les relookeurs, c’est un peu comme les coachs de vie, c’est un peu de l’autoproclamation. Quoi que ça me paraît pas mal coach de vie, genre je serais un peu l’éminence grise de mes clients, je les manipulerais discret pour qu’ils vivent la vie que j’ai décidé pour eux. Ah ouais ! Pardon, je m’emballe un peu. Perso, quand je vois la mode des magazines, je sais pas pourquoi, j’ai pas forcément envie d’écouter les conseils de ceux qui savent.

De toute façon, si je les écoute, je suis difforme, j’ai le cheveux épouvantable, la peau ravagée, des goûts musicaux incertains, une sexualité en dessous de tout. Alors bon, ils peuvent aussi me dire que je n’ai aucun sens du style et de l’esthétique, je suis plus à ça près. Parce que c’est la magie des magazines : en un, on te crée des complexes, en deux on te dit que c’est pas grave, nul n’est parfaite mais on te file des astuces pour faire semblant de l’être. La lectrice de magazines féminins est donc masochiste.

En attendant, je vais mettre mon short boule.

* Oui, je sais, j’aimerais bien voir la gueule des journalistes qui ont pondu ça, elles ne jurent que par le slim taille 32 ?
** Bouhouhou, j’aurais tant aimé


	

L’été, on chope

Par Pink Lady

En été, les magazines sont unanimes. Comme le reste de l’année, l’originalité n’est guère leur fort. Donc après s’être affamées tout le printemps pour être au top de son sexyness sur la plage, forcément, il est temps de rentabiliser ce corps de rêve en ayant des relations sexuelles à tout va. Elle nous l’explique cette semaine « pourquoi c’est super d’être célibataire en été ? ».

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Alors attention, dans l’univers des magazines féminins, être célibataire rime avec chasse à l’homme. D’ailleurs le titre suivant de la newsletter ne le cache pas : « Assurer le 1er rendez-vous ». Oui, dans la vie, une femme célibataire peut en profiter pour prendre du temps pour elle, faire du sport, prendre des cours, réaménager son appart, démarrer une nouvelle vie ailleurs… Dans les magazines, le célibat ne sert qu’à passer vite au candidat suivant. Car le célibat n’a qu’un temps et ce temps là, c’est l’été. Oui, le sexe sur la plage (le sable et les mycoses en option), le bel étranger du genre bronzé qui parle une langue latine so hotty. Oui, si tu craques sur le scandinave, tu attends l’hiver, ça le fait mieux devant une cheminée, allongés sur une peau de bête. L’été, c’est latin, c’est bronzé avec les cheveux noirs un peu longs qui bouclent à la Jesus Luz.

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Ce qui est étrange, c’est que seule la chaleur semble propice à la sexualité fantaisie. Evidemment, je n’irais moi-même pas copuler sur une plage ou, pire, dans la mer, en hiver, je ne suis pas sûre de vouloir mourir d’une pneumonie. Tout le sexe extérieur semble réservé aux beaux jours, la levrette la tête dans le frigo pour se rafraîchir aussi. La partie de jambe en l’air devant la cheminée semble plus réservée aux élans romantiques et amoureux. Et puis qui dit été dit vacances, on est loin de chez soi et des conventions sociales qui nous emprisonnent au quotidien. Je ne suis plus Pink Lady, la jeune marketeuse mais la wild Pink, la fille qui se trémousse en bikini sous le nez d’hommes en rut. La baise en été est une sorte de convention sociale : si tu vas au soleil seule, c’est que tu veux te faire serrer, c’est comme ça. En fait, au pays des magazines, c’est très simple : si tu ne t’envoies pas en l’air sur la plage (en dépit du sable et des mycoses donc), t’es qu’une grue, une pauvre frigide coincée dont on ne pourra jamais rien faire. L’été, tu dois larguer ton mec, partir sur une plage paradisiaque et t’envoyer en l’air de toutes les façons qui soient. Les magazines les plus audacieux te proposeront d’ailleurs une liste non exhaustive de fantasmes à réaliser, sers-toi, c’est gratuit. Oui, je sais, il est curieux qu’on nous impose des fantasmes, je ne pense pas que les rédactrices sexo ait un accès direct à mon Ca pour connaître mes fantasmes . Et puis je suis un peu trash comme nana, y en a plein que j’ai déjà fait. Enfin, trash, tout est relatif, faire l’amour dans une piscine, c’est à la portée de pas mal de monde, il me semble.

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Seulement l’été commence à tirer sur la fin, il va falloir commencer à penser à pérenniser quelque chose pour ne pas être célibataire l’hiver car ça, ça craint. On n’a jamais vu personne être sexy en combinaison de ski et lutiner avec le mono entre deux sapins, les pieds dans la neige. Ce qui en soit est un peu dommage, la blancheur immaculée de la neige me paraît bien plus esthétique
que le sable envahi de cadavres d’algues et de crustacés. Mais le neige, ça brûle et la peau rougie, ça le fait de suite moins. Heureusement, Elle nous aide à assurer le premier rendez-vous…
Parce que jusqu’à présent, on les foirait tous, ce qui explique sans doute notre célibat quand l’été s’en vient.

Où trouver l’homme ? Episode 5 : le roller

(Je rappelle à tous mes lecteurs que tout ça est fictionnel. La preuve, je fais plus de roller depuis 1989, le jour où je suis tombée et que je me suis fait très mal)

Je suis donc revenue du ski bronzée option marque des lunettes avec 2 kilos en plus sur le ventre à cause de la raclette mais les cuisses plus musclées grâce au ski. Autant en profiter. On m’a souvent parlé des randonnées rollers qui se déroulent un peu partout sur Paris et qui sont un vrai plan drague alors puisque je cherche un homme, autant le chercher là où il y en a. Après tout, en voilà des conditions idylliques. Des hommes qui se bougent sous le ciel bleu parisien et quel décor, mes amis. Le rêve.

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Seulement, je suis pas naïve, je sais que ça se prépare ce genre d’expédition. Alors commençons par la base : achetons des rollers. Pour la tenue, si j’étais une blonde
californienne, je roulerais en micro short jean et haut de bikini mais si vous avez mis le nez dehors récemment, vous aurez constaté que c’est une très bonne tenue pour choper une pneumonie mais je crois pas qu’une peau bleuie par le froid soit un très bon argument vente. Je me contenterai d’un jean, d’un t-shirt manche longue et d’un pull facile à enlever car le sport, ça réchauffe. J’achète aussi des protections pour mes mains, mes genoux, mes coudes et un casque pour ma tête. Oui, c’est pas hyper sexy maaaaaaaaaaais une fracture du crâne non plus. Matériel ok, maintenant, il faut s’entraîner, quand même.

Etape 1 l’endurance. Ouais, le roller, c’est bath mais si tu crois que tu peux faire une randonnée comme ça, tu rêves. Alors je décide de marcher en limitant au maximum les trajets en métro. Hop, à un bon rythme, 30 minutes le matin, 30 minutes le soir, une heure de marche par jour et même pas mal aux pieds. Mais surtout, je vais tous les soirs faire du roller sur le parking vide du supermarché. Ben, oui, le roller, j’en fais pas tous les jours, je dois bien choper l’équilibre. Ahlala, comme je prends de l’assurance, je commence à patiner sans avoir l’air totalement gourde. A moi les beaux mecs !

Bon, je choisis la randonnée qui part de Bastille le dimanche parce que le rythme est « cool » et qu’en plus, on est protégés par la police donc me voilà complètement
rassurée, je ne finirai pas ma vie sur le capot d’une voiture, rollers au pied. Il y a aussi les bénévoles en t-shirt jaunes pour nous encadrer, faire voiture balai et soigner les petits bobos. Bon, parfait. Dimanche, à l’heure dite, me voici au milieu de la foule, toute fière et pleine d’entrain. Je commence déjà à mater un peu les garçons pour voir à côté de qui je vais patiner. A partir de quel moment je peux saisir la main de mon voisin ? Ben quoi, je fraternise. Je suis sociable.

Allez, c’est parti. Bon, ça papote pas trop pour le moment. Houlà, ça commence à tirer un peu dans les cuisses, quand même, puis j’ai un peu mal aux pieds. Finalement, j’ai un peu l’impression de faire un come back dans mes foutues chaussures de ski, celles qu’on est super heureux d’enlever même si, quand même, elles sont moins lourdes. Bon et puis y a aucun beau garçon qui veut me parler, me prendre la main, me montrer des trucs du doigt en me disant « t’as vu comme c’est beau ? ». En plus, y a plein de gamins qui assurent alors que moi, c’est vraiment moyen moyen. Bon, nouvelle tactique : vu que j’ai la grâce de la patate sur ces patins, avec de la chance, un mec va me prendre sous son aile pour m’aider un petit peu. Sauf que…

Sauf que je n’avais pas prévu qu’un des marmots juste derrière moi allait se vautrer dans mes jambes, me faisait chuter par la même occasion. Comme je tombe en avant, je mets les bras devant pour me rattraper. Oh la vaaaaaaaaaaaache ! Ca fait très très mal au poignet, là, très très très mal. Et le mioche qui pleure, plein de t-shirts jaunes qui viennent nous encercler. Moi, je me constitue une dignité : oui, j’ai mal, oui, j’ai envie d’agoniser d’insulte le gamin, ses parents, la Terre entière, oui, j’ai super envie de pleurer mais je reste digne, je ne montre rien. Mais, là, c’est officiel, le roller, ce n’est vraiment pas pour moi.

La semaine prochaine, je draguerai donc aux urgences !ps sans rapport : pour les nostalgiques de la liste, j’ai crée un blog parallèle qui me sort qu’à raconter mes petits moments anodins de
vie.ps sans rapport (bis) : comme elle est trop belle ma blogroll dynamique!!

Coup de gueule

Par Marine

Ceci est un coup de gueule.
Pas contre les grèves.
Pas en faveur des grèves non plus.

Cela fait maintenant pas mal de jours que je suis bloquée chez moi. Quand on habite le nord de Paris, les 3 lignes desservant le reste de la ville sont bloquées. Ceux qui ont dit que la 12 fonctionnait à un rythme de 1 rame toutes les 40 minutes vous ont menti. Le service n’est pas assuré. Ceux qui ont dit que la 4 fonctionnait presque normalement ont menti. Elle fonctionne à peu près 1 jour sur 2. Hier, c’était 1 rame toutes les 25 minutes. Ca fait cher payé pour boire un verre vers Montorgueil, je me suis abstenue. Je pourrais me servir de mes pieds mais la perspective d’une pneumonie m’enchante trop peu. Je reste travailler chez moi. Ne pensez pas que ce soit de gaité de coeur. Mais il est vrai que je peux me le permettre, ce qui n’est pas le cas de tous ceux qui sont bloqués par ce mouvement, j’en conviens totalement.

Mais quand je regarde Facebook, à titre d’exemple, avec tout le respect je dois à certains de mes ‘Friends’, avec tout le respect que je vous dois, même à certains Vingtenaires, ça me fait gerber. « Pour que les connards de la RATP et de la SNCF soient remplacés par des machines », « Pour que les enfoirés de grévistes soient fusillés au Père Lachaise »… Ce ne sont que les titres. Vous les trouvez amusants? Ou en phase avec votre haine? Moi ils me font bondir. Ils me dépriment. Avant de vous trouver super drôles et follement spirituels parce que merde, vous avez mis 2h à rentrer chez vous, réfléchissez aux présupposés de ces phrases et à leur caractère scandaleux. Ce sont des propos haineux, ni plus ni moins, et certainement pas légers. « La grève me fait chier », ou « Je m’en fous des grèves, je rentre chez moi en hélicoptère », c’est une chose (le coup de l’hélico est même plutôt rigolo). « Je veux tuer tous les grévistes », même dit au second degré, ce n’est pas acceptable. C’est très grave et malsain. Je n’aime pas les positions du type « en tant qu’historienne », ou « en tant que… », comme si on s’octroyait une quelconque voix au chapitre par ce procédé. Mais j’ai effectivement fait des études d’histoire qui me permettent de juger la position de certains qui auraient mieux fait d’en faire autant.

« Pour qu’on réponde au droit de grève par un droit de licencier ». Lu sur je ne sais quel groupe. Cher ami, ce n’est plus un droit de grève dans ce cas. Et ce n’est plus du sarkozysme. C’est du Mac-Mahonisme.

« Pour qu’on fasse fusiller ces cons comme les Communards qui ont pris en otage la France ». Là, je bondis. La rhétorique versaillaise est gerbante. Même Thiers en a rougi après coup. Ceux qui se réclament de cette rhétorique savent-ils seulement ce qu’étaient les revendications des Communards, ou ne font-ils qu’un amalgame facile avec ces trotskards qu’ils méprisent tant? Ce ne sont que
des questions innocentes. Evidemment, je ne vous ferai pas l’insulte de resservir le cliché selon lequel ce sont ces « connards » qui nous ont garanti certains droits aujourd’hui, parce que je ne veux pas me placer dans la filiation de ceux qui rêvent d’un « Décembre 2007 » ou d’un « Mai 2008 » (position à peu près aussi naze). Traduction : Marine n’est ni à la LCR, ni à LO, ni rien de tout ça, merci.

Ce qu’il y a derrière est très simple. L’argument de la « prise en otage » tient compte de ce que les revendications des grévistes nuisent à ceux qui ne peuvent plus aller travailler. Mais pensez-vous que les grévistes n’aient que pour objectif de faire du mal aux bons travailleurs? J’avoue très sincèrement que je ne suis convaincue ni de l’utilité de cette grève (Sarkozy ne cèdera pas, et faire chuter le gouvernement est sans intérêt puisque, actuellement, ce n’est pas le gouvernement qui gouverne, mais le président), ni de l’inutilité d’une réforme des régimes spéciaux (même si j’aimerais assez peu que mon chauffeur de TGV ait 65 ans et une presbytie aggravée, pour tout vous dire). Mais ce qui est derrière ça, c’est la dichotomie entre une France qui travaille, et une qui serait rétrograde et anti-travail. Je ne fais que retranscrire ce que j’ai lu, je précise (j’espère que ce disclaimer sera perçu). Seulement, le travail n’est pas la seule valeur morale dans ce bas monde, et c’est pourtant l’impression que j’ai en lisant ces forums de discussion. Si les grévistes nous bloquent c’est bien pour mettre en évidence la notion de service public. Pour signifier que s’ils sont à notre service, ils ne sont pas nos domestiques et que eux aussi peuvent en chier. Un service public, c’est fondamental à la bonne marche de l’Etat civil.
Quand il n’y a plus ce service public assuré, tout le monde en chie, c’est la logique même d’une grève que de chercher à mettre en évidence ceci. Je sais que je ne convainc personne, mais je m’en fous. Cette grève m’emmerde et je ne suis pas convaincue par les revendications des grévistes, mais je les respecte. Au final, pourquoi cet article somme toute aussi stérile que ce que j’ai lu?
Parce que ce qui ressort de tout ça, c’est surtout la dichotomie entre une « bonne » France, celle qui travaille, et une « mauvaise » France, celle qui prend en otage la première et qui par ailleurs ne fout rien. Mais depuis quand les grévistes ne veulent qu’emmerder le monde gratuitement? Je comprends l’agacement à être bloqué chez soi, mais la notion de respect me paraît plus importante que cela. Et la rhétorique de haine et de division en deux de la France me déprime encore plus que l’isolement chez moi.

Et oui, je suis dans la fonction publique. A l’attention de tous ceux qui considèrent les fonctionnaires comme des connards de privilégiés : on a un boulot fixe et garanti jusqu’à la retraite. Mais échangeriez-vous ce travail qui vous fait gagner en 6 mois ce que je mets 18 mois à gagner, ce que certains mettent plus à gagner? Je ne pense pas. Echangeriez-vous notre condition de « privilégiés » contre vos 2 semaines dans un hôtel au soleil au moment des vacances? Je ne pense pas. J’aurais bien participé à la grève contre la loi LRU. Parce que, et je sais de quoi je parle, cette réforme va nuire aux universités, et, une fois n’est pas coutume, les étudiants qui manifestent ne disent pas que des conneries. Je ne le ferai pas car je n’en ai tout simplement pas les moyens. Vous me reprocherez de vous servir des clichés honteux. Vous aurez raison. Comme la dernière fois que je l’ai fait. A ceci près que la dernière fois je plaisantais. Aujourd’hui, j’assume pleinement la partialité de mes propos, écrits sur un coup de sang. Qu’ils soient clichés est délibéré. Ce n’est qu’une réponse aux horreurs et aux insanités que je lis et entends partout.

Ensemble, tout est devenu possible. Même une France divisée qui hait ou méprise l’autre. Je vous méprise dans votre rhétorique minable, autant que je respecte les grévistes. Bien à vous,

Discothèque hétéro

Samedi, j’ai fait un truc que j’avais pas fait depuis… Pfiou au moins ! Je suis allée en boîte hétéro avec des hétéros. Je précise pour les personnes qui tomberaient pour la première fois sur ce blog que je ne suis pas du tout une lesbienne anti hétéro, j’aime les hommes. Mais d’ordinaire, je sors avec Gauthier et on va plus souvent dans les clubs gays (quoi que ça fait longtemps que j’y suis pas allée non plus).

silhouettes-de-danse-adolescents-dans-une-discotheque

Nous étions quatre, trois filles, Caroline, Annika et moi-même, et un garçon, Stéphane. Le mot d’ordre de la soirée, c’était : « on chope », sauf pour moi. Je refuse de choper en boîte pour la simple et bonne raison que myopie et obscurité, ça fait très mauvais ménage et mon prince de la pénombre peut se transformer en crapaud de lumière. Même, imagine un peu la scène : j’adresse des œillades enamourées à un mec et quand il se rapproche, je me rends compte qu’il me plaît pas du tout, c’est gênant. Mais ça ne m’empêche pas d’observer les gens et de bien rigoler.

 

Nous sommes arrivés tôt, vers minuit, car nous étions sur guest list. Après avoir laissé 6 euros au vestiaire (heureusement qu’on a pas payé l’entrée !), nous voilà dans la place. On fait un premier tour, il n’y a pas encore grand monde donc on se pose près du bar. Un mec à costard cravate est tout seul à une table quand une blonde genre pin up arrive et tend le doigt vers lui genre « je te veux ». Elle vient s’installer à sa table et en trente secondes chrono, elle se colle à lui. Assise plus près, elle serait carrément sur ses genoux. Faut dire que cette boîte est un microcosme social intéressant. Jamais vu autant de costar cravate ! Sauf que sur la piste, il fait vite 40° et je n’ose imaginer les auréoles sous les bras… Ca, c’est vraiment très marrant : d’un côté les filles en petit top, petites jupes, genre on est en été, de l’autre, les mecs en costard, pull ou veste en cuir… Ils veulent cuire à la vapeur ou quoi ? Perso, je trouve ça pas attirant du tout : à un moment, j’ai vu un mec en pull col roulé mignon (enfin, d’après ma vision de myope dans l’obscurité) mais de suite, j’ai pensé aux litres de sueur qu’il avait dû perdre dans la soirée et… beurk ! Bref, pour résumer, j’ai l’impression que dans cette boîte, il y avait pas mal de mecs trentenaires + friqués et de coureuses de dot. Je ne sais pas ce qui s’est passé entre notre pin up blonde et sa proie mais à un moment, je l’ai vue se dandiner seule. A priori, elle n’a pas réussi à garder sa proie dans ses filets.

 

Bon, après, on a dansé un peu mais pas trop, vu la foule et la température ambiante. J’avais beau avoir un top en toile et décolleté, j’avais quand même chaud. A un moment, Annika et Caro vont au bar et quand Stéphane et moi avons suffisamment transpiré, nous les retrouvons au bar. Là, Caro a retrouvé une connaissance qui fut les beaux jours de la téléréalité en sautant une blonde à gros seins dans une piscine. Poliment, je dis bonjour à son copain et lui puis je vais discuter avec Annika qui est un peu sur le côté. Au bout d’un moment, j’ai soif (hé ouais) donc, pétasse grande classe que je suis, je vais prendre une coupe de champagne au bar. Je tends fièrement mon billet de 10 euros et là, la barmaid me dit : « non, c’est 13 ». Putain, ils ont mis une pépite d’or dedans ou quoi. Bon, je bois un peu puis on retourne danser. Et je maîtrise parfaitement l’art de danser sans renverser mon champagne, malgré les gens qui me passent par devant, par derrière, sur les côtés… Aucun sous-entendu sexuel dans cette phrase ! Même si, dans les faits, j’ai jamais été touchée par autant de personnes en une soirée. On danse, on danse, puis on finit par revenir près du bar parce que c’est plus possible. En boîte, il y a un phénomène de foule passionnant qui veut qu’on ne puisse pas rester au même endroit plus que deux minutes, on dérive sur cette mer de foule. Ooooooooh !

 

Bon, finalement, vers 3h et quelques, on décide de partir. Avant, j’ai consommé une vodka pomme à priori sans vodka, toujours à 13 euros. Or, à 3h et quelques, y a pas de taxi, même quand on les appelle ! Après avoir erré sous la pluie, on finit par décider de prendre les bus de nuit. Je me pose sous mon arrêt et je regarde les horaires : le prochain bus passe à 4h25, il est… 3h50 ! Bon, des noctiliens, il y en a toutes les 20 mn donc bon, je panique pas. Finalement, j’ai attendu 45 mn sous l’abribus malgré la pluie battante et 3 mecs m’ont gentiment adressé la parole (dont un qui lisait par-dessus mon épaule, je déteste !) alors que j’étais trempe et que j’avais remis mes lunettes. Finalement, le bus arriva ENFIN et après une marche de 10 mn sous la pluie battante, j’arrive chez moi complètement mouillée (toi aussi, attire les pervers de google). Je me désape et mets les fringues à sécher et je me mets à prier pour ne pas choper une pneumonie.

 

Moralité : les petites boîtes de ma belle province me manquent, je suis plus séduisante humide et avec mes lunettes, apparemment (alors que mon décolleté était rangé dans mon manteau) et je suis devenue immortelle puisque je ne suis pas morte de pneumonie. Highlander rules !!