Et la marmotte, elle met le chocolat…

Ceci est un coup de gueule contre moi-même. Ces derniers temps, j’ai un passe-temps pour le moins étrange : je dors. Tu vas me dire que c’est pas un mal et que ça arrive même à des gens très bien. Et puis après deux ans à dormir 5h par nuit, il était temps de se rattraper un peu. Ouais ok mais le problème, c’est que je n’ai plus le temps de ne rien faire.


Journée type d’une Nina nouveau modèle (c’est-à-dire depuis le nouveau boulot) : lever 8h, boulot à 9h30, fin du boulot à 19h30 (en moyenne), retour maison vers 20h30 (des fois, je fais des courses). 21h, « bon, je vais m’allonger 5 mn ». 23h30, j’ouvre un œil. 23h45, j’ai viré mes fringues et je me rendors. Passionnant. Ma vie est fidèle au cliché métro-boulot-dodo. Et cerise sur le gâteau, dans un mois, ma boîte déménage et je vais me taper un train et deux RER. Quand on pense que j’avais déménagé pour me rapprocher du boulot, on peut rire très fort.


Bref, là, je me dis que rien ne va plus. Evidemment, j’ai des explications qui tiennent au changement de saison et changement d’heure et changement de boulot. Tous ces changements, dis donc ! Donc évidemment qu’il est normal que je sois un peu fatiguée, que je tombe comme une masse mais faut dire aussi que je ne fais aucun effort pour lutter contre l’assoupissement. Hier soir, par exemple, j’avais un programme aux petits oignons : quitter le boulot à 19h, aller à la laverie, faire deux ou trois courses au retour, ménage, popote, exercices physiques et dodo. Finalement, j’ai eu un truc de dernière minute à faire donc je suis partie royalement à 19h30 (et encore, le serveur était en rade donc je n’allais pas rester), je suis passée faire quelques courses en rentrant, j’ai rangé mes courses dans le frigo et paf, dodo. 23h30, j’ouvre un œil et là, dilemme : je me relève ou pas ? Non, j’ai envie de dormir. Dont acte. Du coup, je n’ai pas écrit une ligne pour le blog, ce qui ne serait pas dramatique en soi si je n’avais également d’autres projets en cours qui prennent la poussière.


Et pourtant, il suffit de ne pas céder. Parfois, le soir, je vais au sport, je ne rentre donc pas avant 22h et là, je ne me couche pas de suite car le coup de pompe est passé, j’ai le temps de manger (j’ai un équilibre alimentaire de dingue en ce moment), d’écrire un peu et d’aller me coucher. Ca, ça me plaît. Parce que le coup du 21h au lit, ça m’empêche de manger/écrire/lire/faire du sport. D’ailleurs, ma fatigue vient aussi du fait que je fais moins de sport qu’avant pour cause de changement de boulot. Mais bon, je dois me ressaisir. Donc à partir de maintenant, interdit de se coucher avant 23h !

Quand je pense qu’en janvier, j’étais résolue à dormir plus, voilà que maintenant, je dois me forcer à rester debout… Je me demande si on aurait pas changé un truc en moi sans que je m’en rende compte… Ca me rappelle quand j’étais ado et que je vérifiais les symptômes d’un enlèvement extraterrestre (je fus très déçue de constater que je ne faisais pas partie du lot, malgré des bleus apparus mystérieusement mais qui s’expliquent par ma peau vraiment trop fragile). La fatigue, c’était pas un peu un symptôme ? Mais bon, je crois pas que les extraterrestres choisiraient d’enlever quelqu’un qui vit dans un immeuble dans le centre d’une ville de banlieue de la petite couronne, ce ne serait pas très discret. La vérité est ailleurs…

NB : J’hésite à avoir honte de la chute totalement minable de cet article… Mais je suis si fatiguéééééééeeeeee …

Foutez-moi la paix

J’avais promis hier de faire un blog plus léger mais là, j’ai besoin de pousser un bon gros coup de gueule car il y a des choses qui me gonflent. Hier, un lecteur s’est vanté de m’avoir trouvée facilement sur facebook. Pas ma fiche Nina, l’autre, celle avec mon vrai nom. Il y a quelques temps, un autre lecteur m’écrivait toujours sur le même site en disant, en gros : « je t’avais trouvée sur meetic, je te retrouve ici en passant par le facebook de mon ami Patapon et du coup, je suis allé sur viadeo vérifier, on devient pote ? ». A ton avis ? Déjà, tu n’as même pas Patapon en ami mais surtout, tu crois vraiment que ton attitude et ton comportement obsessionnel va me donner envie que tu fasses partie de mon cercle d’amis même virtuel ?


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Ecrire un blog, c’est jouer le jeu de l’exposition. Sauf qu’en créant ce blog, j’ai posé une première limite : l’anonymat. J’ai choisi de m’appeler Nina Bartoldi et de parler sous ce nom là, ça ne me paraît pas difficile à comprendre pourquoi. Même si aujourd’hui, ce blog apparaît sur mon CV, que mes collègues et certains membres de ma famille le connaissent, je n’ai pas envie qu’il soit associé à mon vrai nom. Parce que Nina est juste une partie de moi et que je suis plus complexe, je l’ai déjà dit. Nina est mon avatar virtuel et ça m’agace vraiment que vous ne respectiez pas ça. L’an dernier, un lecteur a parlé de mon CV en ligne, ça n’a pas raté, une dizaine de personnes (pour ceux qui m’en ont parlé) l’ont cherché. Là, je dis que je suis sur facebook, ça rate pas, on me cherche dessus. Alors permettez moi de vous dire que ça me fait profondément chier. Si je voulais qu’on sache qui je suis, j’aurais pas pris un pseudo, ça me paraît
évident. Vous demander de respecter ça ne me serait même pas venu à l’idée tant ça me semble évident. Et je suis pas la seule à subir ça, une bloggeuse s’est enlevée des amis facebook de Nina car au moins deux lecteurs l’avait reconnue par ce biais.

Globalement, je n’ai pas de problème avec mes lecteurs mais certains ne comprenant pas la limite entre réel et virtuel ont littéralement fondu les plombs. Ainsi, cet été, je me suis retrouvée au commissariat pour porter plainte (oui, une vraie plainte, pas une main courante) après qu’un mec qui me harcelait depuis un an et demi avait eu la bonne idée de poster ma photo collée sur une pierre tombale sur son blog avec comme date de mort « soon ». Puis dans les articles suivants, il indiquait qu’il allait se rendre dans mon quartier et mettait tout un tas de photos d’armes blanches… Alors sans être parano, là, c’était too much. Passer un week-end à recevoir des coups de fil de tous vos amis pour vérifier que vous êtes toujours en vie, à laisser les volets fermés au cas où, à se déplacer dans tout Paris pour être là où vous n’êtes pas censée être et vous comprendrez pourquoi je suis réellement furieuse quand un internaute fait le fier « hé, je sais comment tu t’appelles, je t’ai trouvée ! ». Et tu trouves ça normal toi de traquer quelqu’un sur le net ? Perso, quand je lis un blog, quel qu’il soit, je ne cherche pas à savoir qui est derrière, je prends les infos que le bloggeur me donne et ça me suffit. Sans doute parce que je suis saine d’esprit. Récemment, une bloggeuse expliquait qu’on lui demandait souvent si les histoires (assez incroyables, en effet) qu’elle racontait sur son blog étaient vraies ou pas. Honnêtement, je n’ai pas envie de le savoir, je m’en fous. Ca me fait rire quand je la lis, la plupart du temps, et ça me suffit. Peut-être que certains pensent que c’est faux et se sentent floués mais prenez de la distance, les gars : tout ça n’est qu’écrit et mon blog est juste une part de moi. L’autre part, elle ne vous appartient pas, vous n’avez aucun droit dessus.

Alors, je sais déjà les comms qui vont être postés genre « non mais tu te prends pour qui, comment oses-tu te plaindre ? Parce que vous voyez, quand on est bloggeur, on n’a pas le droit de se plaindre de ne pas être respecté, « on le cherche ». Et bien, je ne suis pas d’accord. Etre bloggeur ne veut pas dire qu’on renonce à tout, surtout à notre tranquillité et notre anonymat. Si je courrais réellement après la célébrité, je me contenterais pas d’un blog, j’aurais fait du journalisme télé pour commencer, en espérant devenir
présentatrice. Si je voulais que vous puissiez voir ma bobine, je l’aurais mise. Mais je l’ai pas fait. Y en a marre des gens qui ne savent pas respecter nos choix et nos désirs. Je ne veux être qu’une bloggeuse virtuelle sans visage, pourquoi n’êtes vous pas capable de vous en tenir là ? Ne pensez-vous pas qu’il faut avoir quelques petits soucis pour traquer quelqu’un sur le net, juste pour voir sa tête (pour les moins déséquilibrés) ? Je vous invite dans le salon, vous allez fouiller mes placards. J’aurais le sens du dramatique, je dirais que je me sens violée. Sans aller jusque là, ça me dérange et pas qu’un peu. Quand je cherchais du boulot, je DEVAIS avoir des CV en ligne et la personne qui a eu la bonne idée d’en parler a eu droit à un mail très sympa de ma part. Aujourd’hui, j’ai le droit d’être sur facebook ou autres sans avoir peur qu’un nouveau psychopathe ait envie de me tuer ou me harceler ou je ne sais pas quoi d’autre. Surtout qu’en
tombant sur ma fiche, il peut également voir mes amis qui, eux, n’ont rien demandé du tout.

Alors foutez moi la paix et contentez vous de ce que je vous donne. Je trouve que c’est déjà amplement suffisant.

En colère !

(article garanti 0% coup de gueule ou récriminations d’aucune sorte)

Lundi, jour de parution du Elle, je m’empresse donc d’entamer ma lecture. 40ème page, je tombe sur un article qui m’interpelle. Non, pas celui sur « recasons
Patrick Bruel », on s’en fout. Celui sur la colère, là. Résumé : la colère, c’est hype, tout le monde est en colère et même un psy nous explique que la psychanalyse a tout faux de penser que c’est le sexe qui nous guide alors que c’est la colère. Si tu veux, je suis pas psy, je vais pas approuver ou contester. Moi, ce qui m’intéresse, c’est cette « mode », très entre guillemet, de la colère.

Faut dire ce qui est : en ce moment, l’ambiance est pourrie. Non, ce n’est pas lié à la grève parce que mine de rien, sorti de l’Ile de France et ceux qui prennent le train, ça n’a pas touché tout le monde. Et puis, surtout, ça date d’avant. Sarkozy ? Mais il a encore une majorité d’opinion positive (55% le 17 novembre selon Le Monde) donc normalement, si vous demandez aux gens comment ça va, vous avez un petit peu plus de chance de tomber sur quelqu’un qui va bien que quelqu’un qui va pas. Et puis y a pas qu’en France que ça va pas, j’ai l’impression que la grogne est partout. En Allemagne, c’est la grève aussi, en Belgique, y a même plus de gouvernement et on se demande vers quoi on va. C’est même pas l’hiver puisque la crise belge ne date pas d’hier. Sur facebook, y a plein de groupes à base de ras le bol : marre des gens qui restent à gauche sur l’escalator (j’en suis), marre des gens qui marchent lentement dans la rue (j’en
suis), marre des abrutis congénitaux qui écoutent toutes leurs sonneries de portable en public (j’en suis), je crois avoir vu un marre de ceux qui écoutent la musique en public sans écouteurs (j’en suis pas mais j’en pense pas moins). Je suis même dans le groupe « marre des gens qui râlent contre les gens qui râlent ». Bref « moi » (moi, moi mais moi, toi, moi, lui, le moi, quoi) et les autres, on s’aime plus. Tous des cons sauf moi, je l’ai déjà dit.

 

Mais j’en pète de toute cette colère. De cette haine de l’autre. Je ne parlerai pas des débats sur la grève, Marine a déjà démontré les accès ultimes de la connerie haineuse, on va pas y revenir dessus. J’ai un autre exemple. Grâce à LilVirgo, j’ai découvert une perle de connerie et de haine de l’autre, sur le site du Figaro. Au départ, un article (si on peut appeler ça comme ça) dont je vous fais le résumé : il y a un projet de déménagement de l’EHESS à Aubervilliers, dans le mythique 9-3 pour désamiantage de leurs locaux actuels mais les chercheurs ne
veulent pas quitter Paris pour un no man’s land (on les mettrait en pleine friche industrielle). La journaliste se gausse : « huhuhu, ils étudient la banlieue et ne veulent pas y aller, bel exemple ». Et là, c’est parti pour le défoulement en règle anti-« sociologue de gauche » puisque c’est bien connu que pour être sociologue, c’est carrément impossible si t’es pas de gauche. Heureusement, quelques commentateurs plus intelligents que la moyenne ont élevé le débat en faisant remarquer que : a) A l’EHESS, il n’y a pas que des sociologues et que tous
les sociologues ne bossent pas sur la banlieue, b) si c’étaient au sociologues de régler tous les problèmes de société, à quoi servent donc les politiques ? c) Aubervilliers, c’est pas le problème, c’est la déconnexion entre élite intellectuelle parisienne et l’EHESS. Et puis se taper une heure de transport pour aller à la bibliothèque de son bureau, ça fait chier. Sans oublier que les chercheurs sont en général profs et que donner des cours à Aubervilliers où il n’y a pas de campus et de fac, ça sert à rien. Mais de déluge de fiel sur les « chercheurs gauchos qui veulent même pas aller en banlieue alors que depuis le temps qu’on les paye, ils auraient pu trouver la solution » a été la goutte d’eau. J’ai arrêté de parler politique sur le net, c’est impossible de pas se faire agresser dès que t’as pas la même avis que l’autre. Ce qui est compliqué sur un forum où il y a plusieurs personnes. Evidemment, je dirais que le problème du net est
qu’on ne voit pas physiquement la personne, on a même parfois tendance à oublier qu’il y a une personne en chair et en os derrière l’écran qui n’est pas obligée d’apprécier les insultes. Mais l’agressivité est partout, cette colère contre l’autre.

 

Et plus j’y pense, moins je comprends. Angoisse pour l’avenir ? Possible. Il est vrai que si je regarde ma situation perso, salaire sympa sans exploser les scores et que je m’inquiète de mon pouvoir d’achat avec les hausses annoncées des produits laitiers et céréaliers, je n’ose imaginer dans quel état de nerfs sont les gens qui gagnent moins que moi et vivent en région parisienne. Parce qu’à salaire égal, en province, j’aurais un T2 peinarde. Sans parler des guerres, de la pollution et tout ça… Le matin, on se lève, on se prend une avalanche de mauvaises nouvelles. Mais c’est pas nouveau, ça. Alors pourquoi j’ai la sensation qu’aujourd’hui, en particulier, on est à deux doigts de se taper dessus pour des conneries ? D’où ça sort ? J’arrive pas à situer. Mais j’aimerais bien que ça se calme un peu parce que ça en devient invivable.

Coup de gueule

Par Marine

Ceci est un coup de gueule.
Pas contre les grèves.
Pas en faveur des grèves non plus.

Cela fait maintenant pas mal de jours que je suis bloquée chez moi. Quand on habite le nord de Paris, les 3 lignes desservant le reste de la ville sont bloquées. Ceux qui ont dit que la 12 fonctionnait à un rythme de 1 rame toutes les 40 minutes vous ont menti. Le service n’est pas assuré. Ceux qui ont dit que la 4 fonctionnait presque normalement ont menti. Elle fonctionne à peu près 1 jour sur 2. Hier, c’était 1 rame toutes les 25 minutes. Ca fait cher payé pour boire un verre vers Montorgueil, je me suis abstenue. Je pourrais me servir de mes pieds mais la perspective d’une pneumonie m’enchante trop peu. Je reste travailler chez moi. Ne pensez pas que ce soit de gaité de coeur. Mais il est vrai que je peux me le permettre, ce qui n’est pas le cas de tous ceux qui sont bloqués par ce mouvement, j’en conviens totalement.

Mais quand je regarde Facebook, à titre d’exemple, avec tout le respect je dois à certains de mes ‘Friends’, avec tout le respect que je vous dois, même à certains Vingtenaires, ça me fait gerber. « Pour que les connards de la RATP et de la SNCF soient remplacés par des machines », « Pour que les enfoirés de grévistes soient fusillés au Père Lachaise »… Ce ne sont que les titres. Vous les trouvez amusants? Ou en phase avec votre haine? Moi ils me font bondir. Ils me dépriment. Avant de vous trouver super drôles et follement spirituels parce que merde, vous avez mis 2h à rentrer chez vous, réfléchissez aux présupposés de ces phrases et à leur caractère scandaleux. Ce sont des propos haineux, ni plus ni moins, et certainement pas légers. « La grève me fait chier », ou « Je m’en fous des grèves, je rentre chez moi en hélicoptère », c’est une chose (le coup de l’hélico est même plutôt rigolo). « Je veux tuer tous les grévistes », même dit au second degré, ce n’est pas acceptable. C’est très grave et malsain. Je n’aime pas les positions du type « en tant qu’historienne », ou « en tant que… », comme si on s’octroyait une quelconque voix au chapitre par ce procédé. Mais j’ai effectivement fait des études d’histoire qui me permettent de juger la position de certains qui auraient mieux fait d’en faire autant.

« Pour qu’on réponde au droit de grève par un droit de licencier ». Lu sur je ne sais quel groupe. Cher ami, ce n’est plus un droit de grève dans ce cas. Et ce n’est plus du sarkozysme. C’est du Mac-Mahonisme.

« Pour qu’on fasse fusiller ces cons comme les Communards qui ont pris en otage la France ». Là, je bondis. La rhétorique versaillaise est gerbante. Même Thiers en a rougi après coup. Ceux qui se réclament de cette rhétorique savent-ils seulement ce qu’étaient les revendications des Communards, ou ne font-ils qu’un amalgame facile avec ces trotskards qu’ils méprisent tant? Ce ne sont que
des questions innocentes. Evidemment, je ne vous ferai pas l’insulte de resservir le cliché selon lequel ce sont ces « connards » qui nous ont garanti certains droits aujourd’hui, parce que je ne veux pas me placer dans la filiation de ceux qui rêvent d’un « Décembre 2007 » ou d’un « Mai 2008 » (position à peu près aussi naze). Traduction : Marine n’est ni à la LCR, ni à LO, ni rien de tout ça, merci.

Ce qu’il y a derrière est très simple. L’argument de la « prise en otage » tient compte de ce que les revendications des grévistes nuisent à ceux qui ne peuvent plus aller travailler. Mais pensez-vous que les grévistes n’aient que pour objectif de faire du mal aux bons travailleurs? J’avoue très sincèrement que je ne suis convaincue ni de l’utilité de cette grève (Sarkozy ne cèdera pas, et faire chuter le gouvernement est sans intérêt puisque, actuellement, ce n’est pas le gouvernement qui gouverne, mais le président), ni de l’inutilité d’une réforme des régimes spéciaux (même si j’aimerais assez peu que mon chauffeur de TGV ait 65 ans et une presbytie aggravée, pour tout vous dire). Mais ce qui est derrière ça, c’est la dichotomie entre une France qui travaille, et une qui serait rétrograde et anti-travail. Je ne fais que retranscrire ce que j’ai lu, je précise (j’espère que ce disclaimer sera perçu). Seulement, le travail n’est pas la seule valeur morale dans ce bas monde, et c’est pourtant l’impression que j’ai en lisant ces forums de discussion. Si les grévistes nous bloquent c’est bien pour mettre en évidence la notion de service public. Pour signifier que s’ils sont à notre service, ils ne sont pas nos domestiques et que eux aussi peuvent en chier. Un service public, c’est fondamental à la bonne marche de l’Etat civil.
Quand il n’y a plus ce service public assuré, tout le monde en chie, c’est la logique même d’une grève que de chercher à mettre en évidence ceci. Je sais que je ne convainc personne, mais je m’en fous. Cette grève m’emmerde et je ne suis pas convaincue par les revendications des grévistes, mais je les respecte. Au final, pourquoi cet article somme toute aussi stérile que ce que j’ai lu?
Parce que ce qui ressort de tout ça, c’est surtout la dichotomie entre une « bonne » France, celle qui travaille, et une « mauvaise » France, celle qui prend en otage la première et qui par ailleurs ne fout rien. Mais depuis quand les grévistes ne veulent qu’emmerder le monde gratuitement? Je comprends l’agacement à être bloqué chez soi, mais la notion de respect me paraît plus importante que cela. Et la rhétorique de haine et de division en deux de la France me déprime encore plus que l’isolement chez moi.

Et oui, je suis dans la fonction publique. A l’attention de tous ceux qui considèrent les fonctionnaires comme des connards de privilégiés : on a un boulot fixe et garanti jusqu’à la retraite. Mais échangeriez-vous ce travail qui vous fait gagner en 6 mois ce que je mets 18 mois à gagner, ce que certains mettent plus à gagner? Je ne pense pas. Echangeriez-vous notre condition de « privilégiés » contre vos 2 semaines dans un hôtel au soleil au moment des vacances? Je ne pense pas. J’aurais bien participé à la grève contre la loi LRU. Parce que, et je sais de quoi je parle, cette réforme va nuire aux universités, et, une fois n’est pas coutume, les étudiants qui manifestent ne disent pas que des conneries. Je ne le ferai pas car je n’en ai tout simplement pas les moyens. Vous me reprocherez de vous servir des clichés honteux. Vous aurez raison. Comme la dernière fois que je l’ai fait. A ceci près que la dernière fois je plaisantais. Aujourd’hui, j’assume pleinement la partialité de mes propos, écrits sur un coup de sang. Qu’ils soient clichés est délibéré. Ce n’est qu’une réponse aux horreurs et aux insanités que je lis et entends partout.

Ensemble, tout est devenu possible. Même une France divisée qui hait ou méprise l’autre. Je vous méprise dans votre rhétorique minable, autant que je respecte les grévistes. Bien à vous,

Foule, je te honnis

Bon, je trouve qu’en ce moment, ce blog est globalement trop petites fleurs petits cœurs, les écureuils dans les arbres et les loutres dans les rivières. Je sais que Nina la fielleuse vous manque, alors, réjouissez-vous car here she is ! Yes, I maîtrise l’english, moi. Bon, bref, aujourd’hui, je pousse un coup de gueule : j’aime pas la foule.

Foule

Un grand philosophe a dit un jour : « en groupe, l’homme perd toute intelligence ». Si je reprenais mes cours de philo moderne, je te dirais qui mais honnêtement, j’ai la flemme. Pourtant, ce grand homme avait raison et pas qu’un peu. J’aime les gens mais je suis profondément misanthrope. Oui, je sais, ma phrase contient une fabuleuse antinomie mais rassure, toi, je t’explique, lecteur. J’aime faire des rencontres, parler aux gens et tout ça. Mais j’aime les rencontrer en petit comité dans un lieu calme parce que dès qu’il y a du monde, c’est la chienlit, comme dirait le Général. Prenons un exemple au hasard : le métro. Dans un esprit logique, il faut d’abord que le wagon se vide pour le remplir. En gros, on laisse descendre les gens d’abord, on monte ensuite. Bon, à Paris, les gens ont un peu compris mais à Toulouse, pour sortir de la rame, vous devez marcher sur ce qui veulent rentrer. Or je rappelle à mon humble lectorat que je fais 1m57. Heureusement, j’avais un gros sac… Et puis le métro, c’est comme paic citron : quand y en a plus, y en a encore. Je me souviens, en 2002, j’étais venue avec Lucie sur Paris pour aller bosser à la BNF pour nos maîtrises. On prenait le RER A et le premier jour, super inspirées, on l’a pris à 8h, heure de pointe. La rame était pleine, on était juste à l’entrée de la rame, je dis à Lucie : « Bon ben, on prendra le suivant ! ». Sauf que les gens derrière en ont décidé autrement et suite à une grosse poussée, on s’est retrouvées au milieu de la rame sans trop comprendre comment. Bon j’étais un peu pliée en deux avec un coude ne m’appartenant pas appuyé sur ma colonne, sympaaaaaaaaa !

 

Dans le métro, vous avez aussi le ou la « je m’arrange pour te passer devant pour entrer avant toi dans la rame ! ». Non mais c’est pas une course ! On rentrera tous dans la rame (surtout que les gens qui font ça le font aux heures assez calmes). Tiens, rien qu’hier, j’attendais le RER à Châtelet à 17h, un train toutes les trente secondes à peu près. Ben une naine d’1m02 coiffée comme un mouton s’est posée pile devant moi sur le quai. C’est sûr le quai est tellement petit, elle ne pouvait se foutre QUE sous mon nez. C’est fou comme les gens aiment la gruge. Genre en voiture, le mec qui vous dépasse comme un crétin en mordant la ligne blanche… Tout ça pour se retrouver juste devant vous au feu suivant. Putain, dix secondes de gagnées, c’est une bonne journée, ça ! Pareil au supermarché, y a toujours quelqu’un qui essaie de vous passer sous le nez. Je me souviens d’une fois où je faisais la queue à Toulouse avec Guillaume, un gamin qui avait juste une bouteille de coca a essayé de nous gruger. C’est con, il serait resté sagement derrière, je l’aurais laissé passer, vu que mon panier était plein. Mais comme il a joué aux plus cons, il est resté derrière moi. Le pire, ce sont les gens qui vous déboîtent sous le nez pour être DEVANT vous et qui roulent à 30 après ou ceux qui vous passent devant à la caisse et mettent trois plombes à trouver la pièce de 2 cts d’euros qui lui manque. C’était bien la peine, tiens !

 

Ce qui me gonfle le plus, ce sont les gens dans la rue. Moi, je marche assez vite, je suis pas là pour parader. Et forcément, quand j’essaie de garder mon bon pas, je tombe toujours sur le groupe de relous sur le trottoir, ceux qui marchent à dix à l’heure de front, c’est tellement plus simple ! Mais des fois, un seul être vous emmerde. Genre, je marche de bon pas et je rentre dans la personne devant moi qui s’arrête soudain en plein milieu. Ou alors celui qui marche à deux à l’heure en biais. Genre vous essayez de le passer par la droite, il vous coince contre le mur, vous essayez de passer à gauche, il vous éjecte du trottoir. Oui parce que certains n’ont pas intégré le fait que la trajectoire la plus rapide entre deux points est la ligne droite. Non, eux, ils zigzaguent comme des lapins s’enfuyant au ralenti. Ou alors les gens qui tiennent conférence au milieu du trottoir. Moi, je sais pas mais quand je croise une connaissance dans la rue (ce qui est extrêmement rare dans Paris, à moins d’avoir rendez-vous), je discute pas avec en plein milieu, je me pousse sur le côté. Et que dire des gens qui vous filent des coups parce que vous avez le malheur d’être sur sa trajectoire et que vous vous êtes pas poussés assez vite ? Hier, par exemple, un mec m’a violemment planté son coude dans la poitrine, j’ai protesté bruyamment mais vous pensez qu’il se serait retourné voire même (soyons fous) excusé ? Mais non, bien sûr. Et puis quoi encore ?

 

Autre cas qui m’exaspère, le « je me plante DEVANT le portique du métro et je cherche mon ticket. Bon, déjà, dans certaines stations, vous n’avez pas 150 portiques alors si en plus un est bloqué par un crétin qui n’a pas eu la bonne idée de choper son ticket avant (pourtant, il ne faut pas être d’une intelligence folle pour y penser), on s’en sort plus.

 

Enfin, le plus dangereux : aller dans l’autre sens que la foule. Par exemple, dans le métro, quand vous croisez un couloir débouchant sur une ligne de métro que vous voulez prendre. Là, des dizaines de quidams viennent de sortir d’une rame et veulent se casser. Bon ben bon courage pour arriver sur le quai entière. Des fois, quand je fais ça, je me fais l’effet d’un saumon remontant le courant de la rivière : c’est pas facile-facile.

 

Alors maintenant, moi aussi, je deviens conne. Si on se pousse pas sur mon chemin, j’adresse deux avertissements, des « pardons » sonores et autoritaires et si les personnes m’ignorent, je passe en force ! J’avais prévenu… Quand on vous dit que la connerie est contagieuse quand on se déplace en foule !

Mon nouvel amant

Ma vie sexuelle ressemblant actuellement au désert de Gobi, il était temps de prendre les choses en main. Sans mauvais jeu de mots. J’ai donc décidé en mon âme et conscience de faire entrer dans ma vie un nouvel homme : Jack.

 


 

En réalité, Jack n’est pas un individu, Jack est un vibro rose, celui de Sex and the city. Oui, c’est glamour un gode rose avec des perles en plus, comme il est tout mimi ! En fait, je parlais gode avec un homme sur MSN l’autre jour, je lui parlais d’Ernest. Là, je me rends compte que Jack est en vente sur le site pour la modique somme de 42.90 euros. Quand on sait qu’en magasin, c’est du 70 euros minimum, je n’ai pas hésité longtemps. J’ai donc commandé Jack alors que j’étais encore chez mes parents, pour qu’il arrive juste après moi.

J’avoue ne jamais avoir fait ce genre d’achat sur le net, le jeune homme m’explique que le magasin virtuel sur lequel je l’ai trouvé est très discret, c’est bien pratique. Bon, honnêtement, je m’en fous, moi, je les connais pas à la Poste donc même s’il y a écrit en gros « sexshop » sur le colis, je m’en fous. Mais j’hésite un peu. Pour deux raisons : d’abord, j’ai peur que Jack soit décevant. A 43 euros, c’est pas dramatique, certes, mais j’avais peur de détruire le mythe. Et puis, y a Ernest. Ernest le fidèle, celui que j’ai depuis presque deux ans. Ernest, tu es petit et tu te contentes de vibrer là où Jack gigote, tourne dans un sens et dans l’autre et a même un frotte-clito. Bon, toi, Ernest, tu es doré, c’est plus élégant qu’un rose pâle, je sais, je suis d’accord. Mais tu as fait ton temps. Mais rassure toi, Ernest, je reviendrai vers toi de temps en temps. En matière de gode, je ne suis pas très fidèle.

Bref, je me décide. Je vais sur le site et choisit mon petit Jack. Oui, je le veux en rose. Je rajoute des boules de geisha tant que j’y suis. Il est temps de passer à la caisse, aïe. Là, le site m’informe gentiment que le retrait sera à l’ordre de « société pouet-pouet », sans aucun rapport avec le sexe. Ah ben voilà que ça m’arrange. Non pas que j’ai honte d’acheter ce genre de produits mais ma nouvelle conseillère financière est une hystérique qui m’envoie une lettre tous les mois pour me dire que j’ai dépassé mon découvert autorisé d’un rien (et parfois même pas, d’ailleurs) alors que j’ai plus de 8000 euros dans mes comptes épargnes. Mais bon, je pense que si elle avait vu que j’ai dépensé 60 euros dans un sex shop virtuel, je l’aurais tuée… Mais bon, ces gens là sont des pros de la discrétion. Aucune trace du type de l’achat, je note.

Bon, deuxième étape. Aller chercher Jack à la Poste. J’étais habituée à chercher des hommes à la gare, là, j’innove. Je suis excitée comme une puce (sans mauvais jeu de mots). Dans quelques instants, Jack sera mien. C’est sans compter que la poste, chez moi, c’est pas des pressés. Bon, déjà, cette poste, elle est vieille et moche, mon pauvre Jack ici ! Je commence à faire la queue (toujours sans mauvais jeu de mots) mais ça traîne. Il faut savoir que dans ma Poste, ils doivent les sélectionner en fonction de leur hypotension, c’est pas possible autrement. Et puis le look, on se croirait au camping de St Tropez, ça m’étonne qu’aucun n’ait un tatouage représentant Johnny sur le bras. Et là, c’est le drame : déjà qu’ils passent dix minutes par client, voilà que le système informatique tombe en panne. Bon, j’ai déjà bossé à la Poste, je sais que ça arrive. Donc les guichetiers se cassent, y a plus personne et je commence à m’énerver. Quand l’un d’entre eux revient, je lui saute dessus : « c’est pas parce que l’informatique ne marche plus que vous pouvez pas délivrer les colis ! ». C’est comme un homme qui arrive en retard à un rendez-vous, ça nous rend dingue. Je Veux délivrer mon Jack de cette foutue Poste, je vais pas me laisser faire ! N’empêche que grâce à mon coup de gueule, le guichetier se traîne jusque dans l’arrière salle pour aller chercher l’employée amorphe qui a la grâce d’un gastéropode et qui attend avec langueur la fin de la journée et coche sur un calendrier tous les jours qui la séparent de la retraite. Elle met donc sa dizaine de minutes pour servir tous les gens qui viennent chercher leur colis mais enfin, je récupère le mien, je salue tous mes collègues de galère qui me remercient pour mon coup de gueule et je m’en vais.

Arrivée chez moi, je jette mon sac et ouvre le colis. Jack est là, dans sa boîte psychédélique rose et bleue. Il fait 18 cm pour 3.5 cm de largeur, il est donc long mais fin, pas forcément très impressionnant… Je le sors de son emballage et là, constatation. Jack, tu pues le latex. Tu es beau, rose transparent, avec tes petites perles. Tu es tout doux aussi. Mais cette odeur de latex, c’est pas le top, Jack. Bon, c’est pas grave, cette odeur finira par partir. Tu n’as pas de piles, encore, je t’en mets et j’appuie sur les boutons. Y a une mollette qui s’appelle « vib », je suppose que c’est le diminutif de vibration donc je mets la mollette à fond et là… Tu te mets à clignoter. Mince, je savais pas que tu faisais ça, Jack, que tu pouvais aussi me servir de spot de boîte de nuit… Bon, j’avoue que la fonction est rigolote, c’est bien pensé, tu clignotes à la base des perles et sur le vibre-clito (qui n’est pas ce que je préfère de toi, il faut le dire), comme ça, même quand tu es au-dedans de ma personne, tu continueras à éclairer. Non parce que mon vagin, il s’en fout que tu clignotes, il faut dire ce qui est.

Bon, alors du coup, pour régler les vibration, je dois tourner la mollette « swing ». C’est parti ! Les perles tournent et le gland aussi. Seigneur, aucun mec ne fait ça en vrai ! Je peux même changer le sens de rotation en pressant un bouton… Il faudra que je vois si je préfère si tu tournes vers la droite ou vers la gauche…

Bien, Jack, maintenant que je t’ai vu et que j’ai appuyé sur tous les boutons, que j’ai vérifié sur la notice d’emploi qu’il n’y avait rien de particulier à faire avant la première utilisation (on ne sait jamais), il est temps de passer aux choses sérieuses. Viens, allons sur mon lit, il est temps…

Malheureusement pour toi, lecteur, l’article s’arrête ici !

Interview Bouc et Moustache

Que font deux journalistes quand ils se rencontrent ? Ils s’interviewent, bien sûr (honte à ceux qui ont pensé autre chose, bande de pervers !). Me voici donc face à un grand trentenaire décontracté, stylo à la main. Interviewer un journaliste en plein milieu de la nuit sous la pluie avec des jeunes et moins jeunes saouls qui hurlent, voici un exercice inédit ! Bouc et Moustache (B&M) a crée son blog il y a trois semaines mais il a déjà beaucoup de
choses à dire sur la question.
 
Un bouc et une moustache!
 
Nina : Pourquoi as-tu crée ce blog ?
B&M : Je l’ai fait pour poursuivre ma thérapie post-rupture après avoir arrêté d’aller voir mon psy. Je suis dans une période de transition et je voulais en garder une trace, c’est un moment unique… pourquoi ne pas le faire devant des inconnus en partageant humour et émotions. De plus, ça me force à écrire au fur et à mesure. Au départ, j’écris trois quatre lignes et je développe, ça finit par faire un article.
Pour l’heure, je tiens le rythme. Je fais un billet rose par jour en semaine. Je n’en fais pas le week-end car la fréquentation est en baisse et je ne voudrais pas que mes lecteurs ratent un épisode.
Au départ, je me suis posé la question : devais-je faire un blog plus politique ou plus personnel ? Dois-je créer deux blogs pour développer ces deux thèmes ? Finalement, j’ai décidé de tout mettre sur le même, bien que j’ai besoin de développer plus les billets roses. Toutes les rubriques ont été mises en place dès le départ, excepté le billet orange que j’ai dû rajouter. C’est une rubrique un peu fourre-tout… c’est d’ailleurs là que je mets ton interview… héhé.
 
N : Tu as crée une rubrique qui critique les médias mais elle est vide pour le moment. Finalement, vas-tu la remplir ou pas ?
B&M : Franchement, je ne vais pas me gêner. Mais j’ai besoin de plus de recul avant de faire un vrai coup de gueule. J’ai besoin de temps, aussi… J’ai vécu la campagne du référendum et j’en ai gros sur le cœur. Je n’ai pas la télé mais je regarde tout de même « Arrêt sur images » sur le net… je suis.
 
N : Ça ne te pose pas de problème de parler politique sur ton blog ?
B&M : J’ai mes idées politiques et je ne les cache pas. Evidemment, il y a un risque par rapport au lecteur qui pourrait être déçu par mes opinions. D’ailleurs une fois, j’ai eu un commentaire réactif… Mais le lecteur est revenu le week-end dernier. En fait, il n’a pas aimé mon article sur Sarkozy, ça ne me gêne pas, j’aime les débats.
 
N : A ce propos, tu écris tes articles pour toi ou pour tes lecteurs ?
B&M : Bonne question, je ne sais pas trop… Je le fais pour moi, par rapport à mon histoire. J’écris pour garder une trace de mon histoire. Mais c’est vrai que si je vois que je n’ai plus de lecteurs, je pense que je ne continuerai pas.
 
N : Tu fais attention à tes statistiques ?
B&M : Oui, je les regarde mais je ne suis pas là pour pulvériser les records d’audience ! Mais j’aime l’idée d’avoir des lecteurs réguliers. Actuellement, je tourne autour de 50 lecteurs par jour… Ce qui m’amuse, c’est ceux qui arrivent par google. Parfois, ils arrivent en ayant tapé « bouc et moustache » mais la plupart arrivent en cherchant des informations sur « vagin » ou même « vagin de noire », « un bocal dans mon vagin » ! Il y a également ceux qui recherchent des informations sur « les monologues du vagin ». Tous les jours, j’en ai un ou deux comme ça. Je ne sais pas s’ils trouvent ce qu’ils cherchent ou non mais c’est l’article qui attire le plus de lecteurs.
 
N : Pourquoi as-tu parlé des « Monologues du vagin » ?
B&M : En fait, j’ai décidé de présenter une œuvre d’art, comme ça, le week-end. Là, je vais peut-être parler d’un bouquin espagnol [NDLR : Finalement, ce fut un billet sur le film Le dictateur].
 
N : Revenons aux billets roses. Tu mets les vrais prénoms ?
B&M : Non, ce ne sont que des pseudonymes, à une exception près. Mais j’étais obligé par rapport à un poème : il y avait un jeu de mot avec son prénom, ça n’aurait pas été compréhensible, sinon. Mais cette histoire est loin.
 
N : Tu n’as pas peur qu’une des personnes dont tu parles tombe sur ton blog ?
B&M : Non, je n’ai pas vraiment peur et même, des fois, j’ai envie de leur dire qu’elles sont dessus. J’ai même anticipé récemment en parlant du blog à une femme. En fait, je discute avec elle sur Internet depuis quatre mois mais que je n’ai jamais rencontrée. Elle n’arrive pas à se décider à me voir… Elle connaît
le blog et me prend pour un chasseur. Une autre s’est reconnue et ça s’est bien passé.
Je ne suis méchant avec personne même si je suis particulièrement lucide par rapport à mon ex, elle pourrait mal le prendre… Et je m’en fiche totalement. Je suis assez précis donc elle se reconnaîtrait sans problème. Mais il faudrait déjà qu’elle tombe dessus ! Mais des fois, je me dis que, une fois que j’en aurai fini avec elle, je lui dirai… ou pas. Après tout, pour
quoi faire ?
 
N : Tu estimes la durée de vie de ton blog à combien de temps ?
B&M : Ça va dépendre de ma période de célibat, je pense. Le jour où je rencontrerai l’âme sœur, j’arrêterai… ou pas. Après tout, il y a autre chose que les billets roses. Honnêtement, c’est une question que je me pose mais je n’en ai pas la réponse. Je me suis quand même rendu compte que la plupart des blogs que je
lis sont assez récents donc leur durée de vie semble assez courte.
 
N : Tu serais capable de faire des rencontres féminines juste pour remplir ton blog ?
B&M : J’ai fait un article court l’autre jour pour annoncer qu’il n’y aurait pas de billet rose le week-end donc j’ai encore de la marge. La réponse est non, l’inverse serait bien triste, d’ailleurs. Je ne suis pas du tout dans une optique de conquête mais plus de rencontres. C’est ce que j’explique sur le net. J’aime
dire que je suis plus un explorateur qu’un conquistador.
 
N : C’est à dire ?
B&M : Un conquistador est un homme limité, il ne cherche que la conquête de l’or alors que l’explorateur ne sait pas où il va et il est donc plus ouvert aux rencontres qu’il fait. Quand je dialogue sur le net, je ne me limite pas à la région parisienne. Par exemple, je dialogue avec une Québécoise. C’est très intéressant, aussi et quand on me contacte de si loin, ce n’est pas pour un plan cul… Ça vaut le coup donc je me laisse surprendre.
 
N : As-tu fait des rencontres intéressantes via ton blog ?
B&M : Une seule et elle est en face de moi ! Il y a certaines personnes que j’aime bien comme Gajulie, avec qui
j’échange des mails, ou Fourmi… D’ailleurs, j’ai fait un petit truc pour son anniversaire et cet article a été très lu, il a attiré quasiment le double de lecteurs, comme quoi, quand on est gentil ! Les blogs constituent un monde étrange pour moi. Avant, je ne pensais vraiment pas que c’était un truc pour moi, je ne comprenais pas à quoi ça servait.
 
N : Tu aimerais rencontrer d’autres blogueurs ?
B&M : Ce serait sympa de faire une soirée entre blogueurs, oui. Ça me ferait plaisir de rencontrer Alya, Banana, Gajulie, Manou, Fourmi, K, Naughty Girl ou Nicolin, même s’il est Marseillais (rire). Il y a la rouquine, aussi, mais peut-être plus avant que maintenant, peut-être parce que la trouve trop crue quoique
justement…
Ce qui m’a fait rire, c’est que lorsqu’on découvre les blogs, par liens directs ou ceux en commentaire, on se rend compte que tout le monde se connaît.
 
N : Il a des sujets dont tu ne parleras pas sur ton blog ?
B&M : Avant de te rencontrer, je ne pensais pas parler rugby dessus ! (rires).
 
N : Non, je parlais de choses te concernant directement.
B&M : Je ne sais pas, je verrai au fur et à mesure. C’est un journal intime et anonyme, on peut tout aborder, y compris les histoires peu brillantes. Par exemple, j’ai été particulièrement mauvais avec une femme, une fois, j’en parlerai.
Après, je me demande ce qu’il se passerait si je rencontrais une blogueuse et qu’il y avait brouette : je donnerais son vrai pseudo ou j’en inventerais un ?
Après, je ne sais pas si je serai capable de tout raconter. Est-ce que je respecte les gens dont je parle ? J’ai un article à venir sur mon père assez personnel, par exemple… Des gens que je connais dans la vraie vie, deux sont au courant du blog, il s’agit de mon meilleur ami (Folamour) et un ami qui navigue beaucoup sur le net, Helmut. Je préfère éviter d’en parler
à d’autres, il vaut mieux que je le garde pour moi.
 
N : Ton blog est différent de ce que tu envisageais au départ ?
B&M : Je consacre plus de temps aux billets roses mais je ne pense pas avoir dévié. Aujourd’hui, j’ai mis un article débile [NDLR : une histoire de bidon, publiée samedi]. J’ai beaucoup hésité à parler de ce blog à des amis et finalement seuls deux sont au courant, donc. Et je ne regrette pas de leur en avoir
parlé, pour le moment.
 
N : A propos de cette histoire de petit bidon, cet article est très léger. Tu penses faire plus souvent ce genre d’article ou c’est
exceptionnel ?
B&M : Il n’y aura pas de photos de mon sexe, sinon je vais démoraliser trop d’hommes et ce n’est pas le but de mon blog… pour le reste… nous verrons bien… au feeling.
 
N : Quels blogs suis-tu assidûment ?
B&M : Ceux qui sont en lien sur le mien ! En fait, au départ, quand j’ai fait ces liens, c’était pour permettre au
lecteur de découvrir les blogs que j’aime et, finalement, ça me sert surtout à moi. Je vais d’abord sur mon blog et, de là, je navigue, je rebondis de liens en liens.
 
N : Tu crois que ce blog peut changer ta vie ?
B& M : Ça me fait avancer dans ma tête, c’est plus un processus… Je ne sais pas quand ni comment ça va se finir. Quoi qu’il en soit, je n’ai pas d’espoirs incommensurables sur le pouvoir du blog.
 
Voir mon interview par Bouc et Moustache.

Merci Nina

Par Anne

 

Ecris ce qui te passes par la tête

Dans ce blog à poèmes ou à sornettes

Tes flips, tes flops, tes galipettes

(pourvu que jamais elles ne s’arrêtent !)

 

Ecris tes résolutions, tes tentations

Des anecdotes, des histoires drôles,

Les coups de blues, les coups de gueule

Et surtout les moments de bonheur

 

Raconte-nous une histoire,

Un roman d’amour ou tes mémoires

Comme un cahier où on colle nos souvenirs

Que l’on relit toujours avec le sourire

 

Fais de ta vie un conte

Mets des mots sur des images

Quand tes pensées s’envolent

Qu’elles viennent se poser sur ces pages.