Sociologie de la fête

31 décembre, la journée où l’on s’affaire à se faire beau car s’il est une soirée qu’il est inacceptable socialement parlant de louper, c’est bien le réveillon. Pourtant, quand j’en parle autour de moi, tout le monde l’avoue : ça fait chier, le réveillon. Moi, j’ai tranché : cette année, je pars loin avec des inconnus, ça m’évite de me forcer à faire la fête. Non mais sérieux, vous pensez vraiment que j’ai envie de sortir en petite tenue en plein hiver alors qu’il fait nuit depuis 17h et que je vais me galérer à rentrer au milieu de mecs bourrés qui menacent de me vomir dessus à chaque instant ?
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Pourtant, faire la fête paraît toujours une bonne occasion de faire des rencontres. Peut-être LA rencontre. Sauf qu’en y pensant un peu plus profondément, je me rends compte que c’est pas si simple. Démonstration.
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Vous êtes à la soirée de votre copine Julie, vous y connaissez Aurélia, Paul, Simon et Eve. Vous arrivez, faites la bise à tout le monde en lançant votre prénom entre deux smacks « salut *smack* Nina *smack* Thibault, salut *smack*Nina *smack* Jean-Pierre, salut *smack* toujours Nina *smack* Camille »… puis vous allez vous servir un verre et cherchez une ou plusieurs têtes connues car rester plantée comme une conne avec un verre à la main, ça le fait pas. Or dans toute soirée, j’ai noté que les gens restaient finalement entre gens qu’ils connaissent déjà. Et si toi, tu connais personne, sors les rames. Je me suis ainsi retrouvée à une soirée professionnelle où je ne connaissais strictement personne, j’ai développé une technique : je prends mon verre, me pose à côté d’un groupe et ricane quand quelqu’un dit quelque chose de drôle. Personne ne sait qui je suis mais comme je ne dis rien, tout le monde s’en fout et, de l’extérieur, j’ai pas l’air de la misérable fille sans amis.

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Réfléchissant à cet élément, je me suis demandé s’il existait une sociologie de la fête. Quelqu’un a-t-il déjà réfléchi à l’imperméabilité des groupes pré existants et comment la contourner ? Non parce qu’après , il m’est déjà arrivé de papoter avec des gens que je ne connaissais pas, faut pas exagérer mais il me semble que c’est sur un délai assez court, une sorte de « on s’est croisés autour du punch, on s’est échangés deux mots et chacun est reparti voir ses potes ». Je me demande s’il existe une étude à ce sujet, tiens. Si tu as des sources, envoie lecteur, j’ai envie d’un peu me pencher sur le sujet (j’aime bien te demander de faire des recherches à ma place, j’ai pas décidé de plus du tout être feignante en 2014).

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Et puis, faut arrêter de croire qu’on rencontrera l’amour en soirée, on finit toujours par croiser les mêmes personnes : si t’as pas targetté l’un des convives habituels, t’attends pas à un miracle.

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Alors, voilà, moi, cette année, le réveillon, je le passe là :
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On fera difficilement mieux !

L’amour, c’est l’orgueil

Des fois, j’aime à me poser sous le grand cerisier en fleur du jardin pour penser à la vie. Envoûtée par la voûte rosée et le parfum délicat, mon esprit vole loin, loin… En vrai, je suis dans mon appart qui sent le M. Propre avec mon chat qui pioute pour avoir un câlin mais un peu de bucolisme ne nuit pas.

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Donc l’amour. Je sais pas vous mais quand je sors avec quelqu’un, si mon cœur bat plus fort, y en a un autre qui parade fièrement : l’orgueil. Comprenez bien que je ne suis pas du genre à choisir un bellâtre pour me promener en accrochant mon doux éphèbe à mon bras et si j’aime les mecs intelligents, j’évite les pédants prétentieux qui prend les gens de haut parce que tu comprends, ils n’ont aucun avis sur la pensée d’Alain appliquée à la téléréalité (l’article lié n’est lui pas prétentieux et très intéressant pour le coup. Mais finissez mon article avant d’y aller, merci). Surtout si les gens en question sont mes amis… Mon mec doit d’abord me plaire à moi et j’ai tout à fait conscience qu’il n’y a rien de plus subjectif que les goûts et les couleurs. Donc non, je n’exhibe pas mon mec comme un trophée. De la même façon, j’évite de trop étaler mon bonheur en mode « mon mec est trop parfait, hihihi ! ». Essentiellement parce que ça gonfle. Et que plus une personne va me chanter la mélodie de son bonheur plus je vais me demander quelle est la noirceur qu’elle tente de dissimuler. On me la fait pas à moi.

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Mais il y a de l’orgueil en amour. Cet autre que nous avons choisi, nous lui prêtons bien des qualités. Un homme si incroyable qui me choisit comme petite copine, ça fait ronronner l’égo. Mais quand survient la rupture, si le cœur saigne, l’ego fait sacrément la gueule. Parce que comment ose-t-il jeter une fille aussi bien que moi, ce gros nase ? Il pense vraiment trouver mieux ? Oui, la rupture peut transformer un homme tout parfait en gros beauf, voyez… Et puis va falloir assumer aux yeux du monde qu’on a failli et ça, ça fait un peu chier. Même si le monde fait en général un peu preuve d’empathie et évite de vous crucifier d’un « Ben ouais, il t’a larguée, normal, t’es une grosse merde » (sauf les trolls).

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En octobre, quand j’allais chez la naturopathe et que nous parlions de prince-charmant-devenu-crapaud, elle me demanda si je l’aimais. Et je répondis honnêtement : »non ». J’étais attachée à lui, j’étais amoureuse de l’image que j’avais de lui mais je ne l’aimais pas non. Cette histoire me faisait du mal d’une part parce que je ne comprenais pas mais surtout parce qu’il m’avait prise pour une conne. Et parce qu’à chaque rupture subie, on se demande pourquoi . L’autre n’est plus qu’un élément dans le drama narcissique qui se joue en notre for intérieur.

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C’est marrant comme en amour, on a du mal à accepter de perdre la face alors que des fois, ça ne le fait juste pas. Il m’est arrivé de rompre juste parce que ça ne fonctionnait pas entre nous. Le mec n’était pas en cause en tant que tel, c’est juste le lui+moi qui est boiteux. Mais des que la décision ne vient pas de nous, l’autre devient un connard. Non mais regardez le nombre de rupture où le plaqué vient déverser son chagrin sur votre canapé en sortant la phrase ultime « Non mais quel connard ! ». Alors que non, il a juste été honnête. Mais là, ce n’est plus votre cœur qui parle, c’est votre orgueil.

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Finalement, aimer, est-ce choisir un autre miroir qui vous renverra une image de vous que vous aimez ? Vous avez trois heures.

FAI, c’est l’ennui

La Nina 2.012 a des priorités dans la vie du genre : voyager. Partir, partir… J’ai trop attendu pour voir le monde, enough is enough quoi ! Sauf que bon, si les voyages forment la jeunesse, ils creusent le compte en banque. Bref, il me faut des sous donc haro sur les dépenses inutiles.

Relevé de compte bancaire, étudions ça de près. Déjà, je me félicite d’être passée chez B&YOU, ça me fait facile 50€ d’économie. Mais je tourne, je vire : entre mon loyer, mes impôts (mensualisation powaaaaa), électricité, Internet, téléphone, salle de sport, spotify, le nouvel obs, mes prélèvements épargne, le budget bouffe+loisirs hebdo, je flirte avec les 2000 € de budget… Bordel, trop trop cher. Reprenons et éliminons.

Première éliminée : la little box. 13 € pour des produits que j’utilise pas, non. Désabonnée. Le nouvel obs que je lis pas, je renouvellerai pas, ça me fera 10 € en moins. Ma mutuelle perso… Depuis ma rage de dents inter-contrat, j’ai peur de la lâcher même si elle me coûte bonbon. Et puis, tiens, pourquoi Neuf ils me piquent 60€ mois, c’est bimensuel ? Ah non. Houla, problème.

Oui, je me suis abonnée à des bouquets de chaîne et à Canalplay infinity mais pour si cher que ça ? Je suis sûre que je paie pour des chaînes que je regarde même pas ! Je décide donc de faire un point mais une fois sur le site Neuf, impossible de récupérer le mot de passe que je n’ai peut-être même jamais eu. Et ce depuis 15 jours…

Alors je me dis que, tiens, je pourrais voguer vers d’autres cieux comme Bouygues ou Orange (non, plus jamais Free, trop de mépris du client). Peut-être même qu’ils ont AB1 gratos… Sauf que j’y pense et une vague terrible me submerge. Reprenons.

Quitter son FAI, c’est s’emmerder à renvoyer sa box. Déjà bof. Mais surtout, c’est ne plus avoir le web et la télé pendant plusieurs jours. Autant la télé, je survivrai, autant le net ça fait chier. Oui je passe mes journée dessus vu que je suis une joyeuse travailleuse du digital mais j’ai pas la même utilisation au boulot que chez moi. Oui, c’est en général assez rapide et j’ai qu’à lire en attendant mais quand même… Bref, changer de FAI, c’est pas comme changer d’opérateur mobile où la portabilité du numéro rend l’opération simplissime à partir du moment où on n’oublie pas de désimlocker son téléphone. Donc ne pas faire comme moi, incorrigible étourdie…

Du coup, je me demande qui change de FAI en dehors de ceux qui déménagent. Et n’est-ce pas cet aspect contraignant qui poussent ces dernières à ne strictement rien faire pour leurs clients. J’ai la même box depuis 4 ans alors qu’ils en sortis 2 ou 3 depuis. À l’époque où j’étais chez free, ils préféraient m’envoyer une demi-douzaine de prises électriques plutôt qu’une freebox. Mes parents sont restés des années à payer plein pot pour leur abonnement Adsl de 512 k… Youpi…

Du coup, je vais étudier ça de près et peut-être faire le grand saut. Parce que 60 €/mois quand je suis chez moi de 22 à 9h en moyenne (et que je dors dans ces zones là). Ça fait un peu chier.

Clap de fin

C’est une journée comme une autre, une journée qui commence avec de petites contrariétés : un réveil qui tombe pour cause d’arrêt trop brutal, un train qui a 15 mn de retard. C’est une journée qui se déroule normalement au boulot et qui devrait bien se finir, je passe la soirée avec mes anciens collègues de chez Pubilon.

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Sortie du boulot à l’heure, je pense à recharger mon pass navigo, je récupère le métro : tout va bien. Je trafique mon téléphone, il n’y a pas trop de monde, je suis assise sur un strapontin. Station Ranelagh, le métro rentre en station et  s’arrête mais les portes ne s’ouvrent pas, l’électricité est coupée. Le conducteur de la rame nous annonce d’une voix un peu tremblante qu’un incident voyageur l’oblige à interrompre la circulation sur la ligne. Il précise ensuite aux passager du dernier wagon, encore dans le tunnel, qu’ils doivent patienter.

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Des passagers sortent de la rame, je les suis. On regarde un peu autour de nous mais le fait qu’ils coupent l’électricité me parait très clair… D’ailleurs des agents RATP, très calmes, nous invitent à quitter la station. Peut-être que c’est un malaise ? Je croise un agent qui parle à un autre « Tu l’as vu se jeter…? ». Ok plus de doute. Pendant qu’on remonte, j’aperçois des silhouettes au dessus de nous penchées vers les rames pour voir ce qu’il se passe. Sur le coup, j’ai envie de les engueuler. J’ai jamais compris ce besoin de se rassasier
de la vue du sang. Vous espérez quoi ? Voir un bout de jambe qui traîne ? Autour de moi, les gens râlent « putain, ça fait chier, quelle galère », ça appelle pour prévenir qu’on sera en retard. Y a vraiment que moi qui comprends ce qu’il se passe ou quoi ? Surface, la rue, les pompiers arrivent. Je me sens pas très bien, je ne sais pas trop quoi faire : je suis au milieu d’un quartier que je ne connais pas, je ne sais pas vers où partir pour rejoindre ma soirée. Je consulte google map, je vais y aller à pied, tiens, ça me fera du bien de marcher. Tiens, je tremble un peu, ce doit être le froid. D’abord, je pense que la personne s’est jetée sous la rame d’en face puis je réalise : c’est la nôtre qui n’est pas rentrée en entier dans la station, c’est notre conducteur qui n’avait pas l’air au top de sa forme, c’est de notre côté que ça s’agitait. Merde.

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Hier, une personne a décidé qu’elle en avait assez. Je ne sais pas in fine si elle est décédée ou pas (oui, on peut survivre à une rencontre avec un métro mais en très mauvais état) mais forcément, ça interroge. A quel moment on décide que c’est terminé, que l’on a à ce point marre qu’on choisit une façon de partir violente et sans retour ? Je m’étais posée la question y a 8 ans, quand ma tante s’est précipitée sous un train. Je continue à me la poser aujourd’hui. Hier, j’ai croisé la route d’une personne qui n’en pouvait plus de vivre. Ce n’est hélas pas le seul à faire ça. C’était la première fois en 5 ans que j’étais dans le métro concerné. Tout à coup, le fait d’être coincée au fin fond du XVIe n’avait plus grande importance. Je ne saurai jamais qui était cette personne, le pourquoi de son geste. Hier, la soirée a continué, j’ai passé un bon moment avec mes anciens collègues qui me manquent. Peut-être qu’hier, quelqu’un est mort à quelques centimètres de moi. Hier soir, j’ai écouté le récit d’une de mes anciennes collègues coincée dans la rame derrière la mienne se retrouver obligée de remonter le tunnel du métro à pied pour atteindre la station suivante et trouver une autre solution pour nous rejoindre. Et on a ri quand elle nous a expliqué que le bus dans lequel elle est montée a trouvé le moyen de se cartonner avec un autre. Ce matin, j’ai repris les transports sans même y penser. Hier, une personne est peut-être morte dans un espace où j’étais et finalement, je n’en pense plus grand chose. Je reste perplexe sur le geste, sur cette volonté à un moment d’en finir brutalement, cet espèce de courage lâche. Au fond, je ne sais pas bien ce qui me choque le plus : le geste ou notre relative indifférence à tous. Dieu Merci pour moi, je n’ai rien vu. Ca n’a pas été le cas de tout le monde. 


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Un article super intéressant sur rue89 sur le sujet.

En colère !

(article garanti 0% coup de gueule ou récriminations d’aucune sorte)

Lundi, jour de parution du Elle, je m’empresse donc d’entamer ma lecture. 40ème page, je tombe sur un article qui m’interpelle. Non, pas celui sur « recasons
Patrick Bruel », on s’en fout. Celui sur la colère, là. Résumé : la colère, c’est hype, tout le monde est en colère et même un psy nous explique que la psychanalyse a tout faux de penser que c’est le sexe qui nous guide alors que c’est la colère. Si tu veux, je suis pas psy, je vais pas approuver ou contester. Moi, ce qui m’intéresse, c’est cette « mode », très entre guillemet, de la colère.

Faut dire ce qui est : en ce moment, l’ambiance est pourrie. Non, ce n’est pas lié à la grève parce que mine de rien, sorti de l’Ile de France et ceux qui prennent le train, ça n’a pas touché tout le monde. Et puis, surtout, ça date d’avant. Sarkozy ? Mais il a encore une majorité d’opinion positive (55% le 17 novembre selon Le Monde) donc normalement, si vous demandez aux gens comment ça va, vous avez un petit peu plus de chance de tomber sur quelqu’un qui va bien que quelqu’un qui va pas. Et puis y a pas qu’en France que ça va pas, j’ai l’impression que la grogne est partout. En Allemagne, c’est la grève aussi, en Belgique, y a même plus de gouvernement et on se demande vers quoi on va. C’est même pas l’hiver puisque la crise belge ne date pas d’hier. Sur facebook, y a plein de groupes à base de ras le bol : marre des gens qui restent à gauche sur l’escalator (j’en suis), marre des gens qui marchent lentement dans la rue (j’en
suis), marre des abrutis congénitaux qui écoutent toutes leurs sonneries de portable en public (j’en suis), je crois avoir vu un marre de ceux qui écoutent la musique en public sans écouteurs (j’en suis pas mais j’en pense pas moins). Je suis même dans le groupe « marre des gens qui râlent contre les gens qui râlent ». Bref « moi » (moi, moi mais moi, toi, moi, lui, le moi, quoi) et les autres, on s’aime plus. Tous des cons sauf moi, je l’ai déjà dit.

 

Mais j’en pète de toute cette colère. De cette haine de l’autre. Je ne parlerai pas des débats sur la grève, Marine a déjà démontré les accès ultimes de la connerie haineuse, on va pas y revenir dessus. J’ai un autre exemple. Grâce à LilVirgo, j’ai découvert une perle de connerie et de haine de l’autre, sur le site du Figaro. Au départ, un article (si on peut appeler ça comme ça) dont je vous fais le résumé : il y a un projet de déménagement de l’EHESS à Aubervilliers, dans le mythique 9-3 pour désamiantage de leurs locaux actuels mais les chercheurs ne
veulent pas quitter Paris pour un no man’s land (on les mettrait en pleine friche industrielle). La journaliste se gausse : « huhuhu, ils étudient la banlieue et ne veulent pas y aller, bel exemple ». Et là, c’est parti pour le défoulement en règle anti-« sociologue de gauche » puisque c’est bien connu que pour être sociologue, c’est carrément impossible si t’es pas de gauche. Heureusement, quelques commentateurs plus intelligents que la moyenne ont élevé le débat en faisant remarquer que : a) A l’EHESS, il n’y a pas que des sociologues et que tous
les sociologues ne bossent pas sur la banlieue, b) si c’étaient au sociologues de régler tous les problèmes de société, à quoi servent donc les politiques ? c) Aubervilliers, c’est pas le problème, c’est la déconnexion entre élite intellectuelle parisienne et l’EHESS. Et puis se taper une heure de transport pour aller à la bibliothèque de son bureau, ça fait chier. Sans oublier que les chercheurs sont en général profs et que donner des cours à Aubervilliers où il n’y a pas de campus et de fac, ça sert à rien. Mais de déluge de fiel sur les « chercheurs gauchos qui veulent même pas aller en banlieue alors que depuis le temps qu’on les paye, ils auraient pu trouver la solution » a été la goutte d’eau. J’ai arrêté de parler politique sur le net, c’est impossible de pas se faire agresser dès que t’as pas la même avis que l’autre. Ce qui est compliqué sur un forum où il y a plusieurs personnes. Evidemment, je dirais que le problème du net est
qu’on ne voit pas physiquement la personne, on a même parfois tendance à oublier qu’il y a une personne en chair et en os derrière l’écran qui n’est pas obligée d’apprécier les insultes. Mais l’agressivité est partout, cette colère contre l’autre.

 

Et plus j’y pense, moins je comprends. Angoisse pour l’avenir ? Possible. Il est vrai que si je regarde ma situation perso, salaire sympa sans exploser les scores et que je m’inquiète de mon pouvoir d’achat avec les hausses annoncées des produits laitiers et céréaliers, je n’ose imaginer dans quel état de nerfs sont les gens qui gagnent moins que moi et vivent en région parisienne. Parce qu’à salaire égal, en province, j’aurais un T2 peinarde. Sans parler des guerres, de la pollution et tout ça… Le matin, on se lève, on se prend une avalanche de mauvaises nouvelles. Mais c’est pas nouveau, ça. Alors pourquoi j’ai la sensation qu’aujourd’hui, en particulier, on est à deux doigts de se taper dessus pour des conneries ? D’où ça sort ? J’arrive pas à situer. Mais j’aimerais bien que ça se calme un peu parce que ça en devient invivable.

Du sexe avec une célébrité : un fantasme à réaliser ?

L’autre jour, j’ai écrit un article dans lequel je parlais de « Sagamore », en référence à Sagamore Stévenin. Oui, c’est pas parce que j’ai pas de moitié en vrai que je ne peux pas parler amour ou autre. Mon fiancé virtuel, avant, c’était Brad mais comme j’ai eu un vrai copain pas virtuel du tout depuis, le nouveau, c’est Sagamore parce que je fais pas dans le réchauffé. Bref, voyant cela, une lectrice me proposa gentiment de me filer les coordonnées de ce monsieur mais je refuse, ne sachant qu’en faire. Car après tout, autant c’est rigolo de fantasmer
sur une célébrité, autant le concrétiser, non.

Bon, imaginons, imaginons. Nina est seule dans son lit, elle imagine de belles histoires de princes charmants et de princesses. Dans le rôle de la princesse, moi, forcément. Dans le rôle du prince… Bon, comme je n’ai aucun plan M pour le moment, prenons un choupinou célèbre, ça fera l’affaire. Donc au hasard, notre ami Sagamore. Voilà un prince doux, prévenant aux attributs royaux conséquents. Oui, comment vous croyez, vous, que prince et princesse « eurent beaucoup d’enfants », par insémination artificielle ? Bon, bref, vous saisissez
l’idée. Bon, comme j’ai beaucoup d’imagination et que j’ai du mal à m’endormir, j’ai le temps de fantasmer, avec plein de scénarii différents et tout.

Un jour, voilà que je me promène dans la rue. « Lalalalala ». Soudain, qui vois-je ? Sagamore himself ! Bon, cette scène est totalement fictive puisque je pourrais croiser mon père dans la rue que je ne percuterais même pas. Mais bon, on continue ! Donc, je croise M. Sagamore et lui, il me remarque aussi, il me propose de boire un verre. Bon, on discute, blabla, puis il me propose un dernier verre chez lui. Bon, comme j’ai plus 15 ans, j’ai pas la naïveté de croire qu’un mec m’invite à un dernier verre juste pour me parler de la pensée philosophie de Kierkegaard. Donc, toute émoustillée, j’accepte. Oui parce que quitte à être dans la supposition, il est acquis que pour l’occasion, je serai épilée, j’aurai mes plus beaux dessous et j’aurai même pas mes règles.

Bref, lui et moi, moi et lui sur un canapé à quand même boire ce dernier verre et ce qui devait arriver arriva, nous nous embrassâmes passionnément avant de finir en brouette. Bon alors, déjà, vous aurez noté que jusqu’à la brouette, M. a un comportement irréprochable. C’est déjà de l’ordre du fantasme. M. étant un peu connu, il pourrait me croiser dans la rue et faire : « hé poulette, ça te dirait de baiser avec une célébrité ? ». Heu… Ben non, là, j’ai pas le temps, j’ai ma casserole de lait en double file ! Bon et même s’il est gentleman, il pourrait être très mauvais amant ou me sortir un « alors, ça te fait quoi d’avoir couché avec une star ?» à peine a-t-il fini de jouir. Heu… Ah, il faut que j’y aille, mon
chat a l’appendicite, là. Bref, entre la réalité, pas toujours glamour, et le fantasme, toujours délicatement sensuel, il peut y avoir une sacrée différence. Non parce qu’on sait jamais, Sagamore, il peut être goujat, SM hard, podophile (non, y a pas de fautes, c’est un amateur des pieds !), petite bistouquette, bande mou, éjaculateur précoce…

Bref le mythe serait brisé. Tu vas me dire, et alors ? Au moins, le fantasme sera réalisé. Ouais mais finalement, j’aurais préféré que ça reste un fantasme car même si la liste de mes fantasmes sur des célébrités sont longues, ça fait chier quoi. En plus, j’ai rien d’une midinette et côté « fan qui couche avec sa star » (à dire avec une voix de pétasse), ça me fait pas triper, il faut être honnête. Déjà quand j’ai reçu le mail de la demoiselle, je me suis demandée ce que je pourrais en faire. Fureter dans son quartier en espérant le croiser ? Je le fais plus depuis mes 16 ans. Et puis j’ai pas le temps. Et puis avec le bol que j’ai, il habitera forcément à l’autre bout de Paris. L’appeler alors ? Ah, j’imagine ça d’ici :

« Allo Sagamore ?
– Heu… Oui, c’est qui ?

– Je m’appelle Nina et j’ai 26 ans et je te trouve trop trop beau.

– Merci. Et ?
– Ca te dirait qu’on aille boire un verre un de ses 4 ?

– Ah…euh…Je peux pas, je dois m’épiler les genoux. Et puis je suis marié et en plus, je suis podophile. »

Toutes mes répliques sont à dire avec ma voix de pétasse option suraiguë hystérique. Bref, ça pourrait être très rigolo mais la dernière fois que j’ai appelé un mec pour lui déclarer ma flamme (j’avais 16 ans), je me suis pris un vent donc curieusement, la drague téléphonique, je le sens plus trop.

Et puis d’abord, si mon destin est de me taper un jour Sagamore, c’est que nous nous serons trouvés par hasard et pas parce que j’ai joué ma fan hystérique et collante parce que, ça, curieusement, je sens que ça lui plaira pas.

Nous fantasmons tous sur des célébrités, c’est normal. Mais je suis pas la seule à trouver Sagamore (ou Brad ou d’autres) choupinou donc c’est plus marrant de se faire ses films que de tenter quoi que ce soit. Parce que Sagamore, il doit en avoir marre des nanas qui le désirent corps et âme, qui lui écrivent de longues lettres avec des cœurs sur les i et puis tout ça.


Non, c’est définitif : Sagamore, si tu me veux, c’est à toi de te bouger !

 

PS : Sagamore, si tu me lis, sache que je ne pense pas que tu sois équipé petite bistouquette impuissante. Sache cependant aussi que je suis comme St Thomas, je ne crois que
ce que je vois…