Choisir un livre à sa couverture

Petit après-midi shopping le week-end dernier avec Amy où je fus raisonnable (vu que j’ai un peu fait des folies vendredi pour mon neveu chéri qu’est pas encore né) : un petit baume pour les lèvres et basta. Jusqu’à ce moment fatidique où nous entrâmes dans une librairie et la boulimie dépensière prit le dessus.

Alors que nous errions au hasard des rayons, j’avisais quelques couvertures fort jolies qui donnent furieusement envie d’acheter l’ouvrage alors même que je ne sais pas du tout de quoi ça parle. Amy me rejoint : »Y a des livres, je pourrais les acheter rien que pour leur couverture… » Ah, me voilà rassurée !

Comme tout un chacun, j’aime la joliesse. Rien que le mot me donne des couleurs aux joues, il me plaît. Concrètement, que ce soit pour une fringue, de la vaisselle, des rideaux, draps… Je veux quelque chose qui me plait. Le simple « fonctionnel et utile » est d’une tristesse… Je préfère écrire dans un joli cahier qu’un tout moche et tout simple, même pour mes notes quasi illisibles de travail (enfin moi, je les relis, pour les autres, faut une pierre de rosace. Non que j’use d’un code très compliqué, juste que j’écris très mal. Bref). La joliesse, c’est juste le baume au cœur, le petit truc qui rend de meilleure humeur, qui rend mon quotidien un peu plus gai. Puis j’aime bien boire dans ma tasse verte à pois blancs, point.

Alors pourquoi les biens culturels échapperaient à cette envie de joliesse ? Combien de fois ai-je été attirée par des cd à la belle pochette ? Même maintenant que je n’en achète plus (parce que j’ai un abonnement spotify, je télécharge pas), quand je me balade dans la catégorie artistes similaires de mon spotify pour trouver de nouveaux artistes, mon premier critère de choix est la pochette. Et parfois, force est de constater que le contenu est loin d’être à la hauteur du contenant…

Superficiel ? Certes mais vu le travail sur les couvertures de livres (loin derrière les pochettes de CD qui nous invitent des le premier coup d’œil dans l’univers de l’artiste), je ne dois pas être la seule à y être sensible… C’est une première invitation, une envie de saisir l’objet pour le retourner et dévorer le 4ème de couverture. Parfois, le sujet nous laisse de marbre et on le repose sagement avant de découvrir une nouvelle couverture promettant milles et uns plaisirs. D’autre fois, les mots nous charment et l’on cède à la tentation, ravi de l’imaginer trônant dans notre bibliothèque.

La couverture ne fait pas le livre, certes. Mais il en fait néanmoins partie, il est une porte d’entrée comme une autre. Son contenu est parfois décevant (les 4ème de couverture vendent parfois plus de rêve que le meilleur des séducteurs) mais on y découvre parfois un trésor de littérature. La superficialité a parfois du bon.

PS : à partir d’aujourd’hui, je mets une chanson sur chaque article, lié ou non à mon blabla, pour le plaisir ! Chaque titre sera rangé dans la playlist Vingtenaires que j’ai créée sur Spotify 

Ciao papier, bonjour livre électronique

Vous le savez, je suis une aventurière de la vie, toujours à tenter des trucs de folie. Mais toujours pas le saut en parachute à cause de mon genou (et de ma terreur rien qu’à y penser). Non récemment, j’ai pris une décision : tester le livre électronique. Crânement, j’ai donc consulté la librairie virtuelle liée à mon iPad et ai jeté mon dévolu sur S’organiser pour réussir de David Allen.


J’étais pourtant une fervente supportrice du livre papier. Le livre papier a une matérialité, un lien charnel avec nous, je peux le sortir dans le métro sans avoir peur de me le faire piquer (contrairement à l’iPad même dans son adorable porte iPad). Pour peu que je l’achète chez un bouquiniste, il sentira un peu la poussière, les pages seront jaunies et peut-être que quelques notes griffonnées par un ancien propriétaire surgiront au détour d’une page, tel un clin d’oeil d’un autre temps. D’ailleurs ma grand-mère Bartoldi m’a toujours dit qu’elle me lèguerait sa bibliothèque mais m’a formellement interdit de vendre un livre de mythologie où mon grand-père avait annoté des pages. Ça fait 25 ans que je regrette de n’avoir pas pu plus connaître mon grand-père, il est inenvisageable que je ne vive pas la joie de partager un jour ses réflexions sur la mythologie.


Mais le livre électronique a marqué un gros point l’autre jour alors que je désespérais du manque de place dans mon appart et du manque de place dans ma bibliothèque pour tous les livres que j’achète. D’autant qu’en matant les titres s’étalant sur mon nez, je réalisais que je pouvais me séparer au moins de la moitié sans un pincement au coeur. A part les Moravia et quelques beaux livres, les autres ne méritent pas tant que je les conserve. Puis entre un livre de poche neuf et un livre électronique, quelle est finalement la différence ? La plupart des livres que j’achète n’ont aucun cachet et ne sont même pas écologiques, pourquoi donc m’en encombrer ?


Pourtant, je n’ai acheté qu’un livre pour le moment. Car avant de crier au génie, faut que j’étudie un peu le confort de lecture. Ce qui m’a longtemps rebuté dans l’idée du livre électronique, c’est la brillance de l’écran. Je passe ma vie devant, mon ophtalmo s’en frotte les mains mais moi, beaucoup moins. Et puis je sais pas comment tenir le truc, c’est peut-être pas pratique, surtout que mon iPad me paraît hyper fragile, il a tendance à souvent me tourner l’écran. Bonjour la gymnastique ! Surtout que j’avoue beaucoup m’agiter quand je lis, j’aime bien. Donc je vais passer mon livre électronique au crash-test puis vous ferai un rapport complet. Puis y a ce léger problème éthique : actuellement Google est prépondérant dans la numérisation des livres, je vous dis pas le pouvoir que ça lui confère… Est-ce que consommer le livre électronique renforce son hégémonie culturelle sur la littérature dématerialisée ou le succès croissant de ce type d’ouvrages va-t-il encourager les concurrents à se jeter dans le marché. Mais surtout que vont devenir les vieux ouvrages, çeux jamais réédites ? Tomberont-ils dans l’oubli ? La littérature dématerialisée sera-t-elle l’avènement des Musso, Lévy et Brown au détriment de petits romans charmants mais moins connus et vendus ? Le débat mérite d’être posé.


Alors je renonce définitivement aux livres papier ? Non et j’ai décidé de m’inscrire à la bibliothèque. Bon, j’en ai une à côté de chez moi mais elle est minuscule : comme ça je vais pouvoir lire des tas d’ouvrages gratis. Ensuite, si j’aime vraiment un livre, rien ne m’empêchera de l’acheter au format papier. Et peut-être qu’un jour, ma petite-fille sera émue de lire quelques mots griffonnés sur un coin de page.

Je veux bien payer…mais en fait non

Ces derniers temps, mon moi mesquin et moqueur jubile. En cause ? L’incroyable hypocrisie des web citoyens qui veulent bien sortir leur porte monnaie en théorie mais hurlent au vol au moment de passer à la caisse.

au-voleur

Au milieu de mes icônes iPhone il y en a une verte qui ressemble au logo flux rss : Spotify. Tous les mois, je paie 10 € pour écouter des dizaines de milliers de titre selon mes envies. Acheter le dernier CD de X ou Y ? Non, je l’écoute sur Spotify chez moi sur mon pc ou sur mon iPhone. Je ne vole personne, j’ai payé pour ça. Or Spotify était gratuit jusqu’à récemment (tu te tapais de la pub toutes les 3 ou 4 chansons, la fille qui fait la voix de Jennifer Love Hewitt venait se doigter pour ton plus grand déplaisir « Haaaaan spotifyyyy! ») mais
désormais, la version gratuite est bridée à 10h d’écoute gratuite.

ecoute-baladeur

Branle-bas chez les internautes qui crient au scandaaaaale, au vol, proclament la mort de Spotify et tous sur Deezer ! Sauf que quelques jours plus tard, Deezer a suivi le même processus. Re scandaaaaale ! Comment va-t-on écouter de la musique gratos ? Je vous suggère YouTube ou, soyons audacieux, un truc de folie qui s’appelle la radio. Ah mais la radio y a de la pub et tu choisis pas ce qu’il y passe. Ouais ben moi je voudrais faire 1m70, on peut pas toujours tout avoir dans la vie.

je-veux-tout

Mais ce qui me fait rire à m’en taper les cuisses, c’est que ceux qui hurlent au scandale sont les mêmes qui au début d’Hadopi clamaient, la main sur le cœur : moi, ça me gênerait pas de payer un forfait pour télécharger comme ça tout le monde sera content. Alors ouiiii, la musique sur Spotify/Deezer est en streaming mais tu vois, j’ai en permanence sur moi 500 titres rangés dans différentes playlists. Une chanson ne me plait plus ? Je l’efface, je la récupère quand je veux. Je ressens le besoin impérieux d’écouter une chanson que je n’ai pas sur la playlist ? Clic clic c’est fait. Oui, il m’arrive d’avoir le désir très violent d’écouter une chanson. Je découvre un artiste qui a l’air bien ? Clic clic je récupère sa production. Si finalement je n’aime pas, je ne sauvegarde rien dans ma playlist. Oui, les catalogues ne sont pas complets, il y a quelques chansons absentes mais je peux les charger dans la bibliothèque via mon pc. En gros, c’est comme un iPod que je retrouve sur tous les ordis que j’utilise. Pratique quand on est un peu tête en l’air comme moi et qu’il nous arrive d’oublier notre iPod. Avoir sa musique est une condition de survie indispensable en open Space.*

bureaux open space

Je crois qu’on a un peu oublié que le web n’était pas un self service où tout est gratuit. Les 10h d’écoute gratuite permettent de découvrir de nouveaux artistes quoi qu’il en soit. Après, écouter toute la musique qui nous plait pour 9.99 € par mois, moins que le prix d’un CD comme l’a souligné un twitterer dont je n’ai pas retenu le pseudo, franchement c’est pas cher payé. Surtout qu’il y a des gens dont c’est quand même un peu le métier de faire de la musique et qui ont besoin d’un salaire. Vous prendriez un pain sans payer votre boulangère. Alors oui, certains s’en foutent scandaleusement plein les fouilles, c’est un autre débat, mais je trouve bien plus scandaleux de payer 14€ un CD avec une ou deux chansons potables que 10 € pour me faire plaisir et écouter ce que j’aime. Ou me laisser aller à la serendipité pour découvrir de nouveaux artistes.

lise

* sauf qu’à mon nouveau boulot, j’ai pas les droits admin sur mon pc donc pas de Spotify

PS au cas où : cet article ne sert pas de débat Spotify vs Deezer au fait. Je ne suis pas actionnaire chez Spotify.

Hugo m’a donné la foi…

Par Diane

Parce que de temps en temps il fait bon prêcher pour sa paroisse et se rappeler ce pourquoi et ce en quoi l’on croit.
J’ai acquis avec le temps une sorte de conviction qui me fait dire que l’homme ne peut pas vivre sans une sorte de croyance, sans avoir foi en  quelque chose. Sinon c’est juste trop dur, d’avancer sans savoir ou, ni pourquoi.
Pour beaucoup, ça va être la foi en un dieu. Soit. Personnellement, Dieu, je n’y crois pas. Et la meilleure « preuve » que je puisse trouver à mon sens à la non-existence de Dieu, bah c’est tout simplement que j’aimerais mieux y croire. Le sens de la vie, la vie après la mort….dieu donne un peu trop toutes les réponses à nos angoisses les plus profondes pour être crédible, à mon sens je le répète.
Pour ceux qui ne croient pas en dieu, il reste d’autres choses en quoi croire: certains vont croire en la raison, d’autres au hasard, d’autres encore aux mathématiques, et vont chercher là dedans les explications à leurs questions existentielles. Il y a des hommes capables d’expliquer tout l’univers avec une équation. En ce qui me concerne, je suis plutot du genre rationnel, et j’ai tendance à aller chercher les réponses à mes questions dans les livres. Quand je ressens un besoin particulier, je me dirige vers ma bibliothèque ou celle des autres et va y puiser de quoi le combler, ou du moins en partie.

Parfois, il m’arrive de ne pas comprendre un comportement humain. Le mien, celui d’un autre. Alors je me penche vers ceux qui ont passé du temps et de l’encre à tenter d’expliquer ce genre de choses. Psychologie, psychanalyse, neuro-biologie (vulgarisé, hein…)…chacun y va de sa petite théorie. Et que je crois en l’une ou en l’autre ou pas, ça donne toujours des clés d’explication.

Parfois, encore, quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle, on a envie d’y échapper quelques instants, et je me dirige alors vers Sherlock holmes, Philéas Fogg, M. Jourdain,  Rodrigue….rien que le fait de tourner les pages a quelque chose de confortant, chaque froissement de page tournée nous éloignant un peu plus du lourd fardeau du temps qui brise nos épaules et nous penche vers la terre.

Et puis parfois, toujours, souvent me vient l’envie de ce sentiment très étrange -que je ne me suis jamais parvenu à expliquer mais dont j’espère ardemment qu’il ne disparaitra jamais- que je ressens parfois, au fil de mes lectures. Je lis, mes yeux parcourent les lignes, et puis tout à coup, au détour d’un vers, d’une virgule, ou même sur le suspens d’un mot, je m’arrête, sans même m’en rendre compte, et je retiens mon souffle un moment, de peur de la voir s’échapper, cette petite émotion fugitive mais d’une densité émotionnelle et esthétique extraordinaire, que faute de mieux (et qu’on me pardonne  la banalité de l’expression) j’appellerai simplement la beauté du mot. Le mot qui dans un tout autre contexte n’est rien qu’un signe, un assemblage de lettres arbitraire à qui l’on a donné un sens, mais qui à cet endroit précis du texte s’auréole d’une sorte de magie fugace qui nous maintient en l’air quelques secondes, nous fait lever les yeux du texte et suspendre notre lecture un instant, en tentant de la retenir encore un peu.

Ces petits instants là sont rares et précieux dans une oeuvre. A mon sens, on reconnait un bon écrivain à ce qu’il est capable, ne serais-ce qu’une fois, d’engendrer de tels instants. Allez, je vous en donne un des miens, ne serais-ce que pour mon plaisir égoiste de le relire. (Par une sorte de superstition je pense, je ne relis pas trop souvent mes petits moments de beautés fugaces préférés, je crois que j’ai peur que si je les lis trop souvent, ils vont s’échapper)
Dans l’acte V scène 5 de Cyrano de Bergerac, à la toute fin, Christian est mort depuis longtemps, Cyrano n’a jamais avoué son amour à Roxanne, et continue tous les samedis à aller la voir au couvent où elle s’est recluse. Ce samedi ci, Cyrano a été victime d’une attaque, il arrive au couvent blessé (sans que Roxanne ne le voit, il dissimule sa blessure), et agit comme d’habitude, tout en sachant que la mort n’est pas loin. Le soir tombe, ils sont dehors, un soir d’automne, et regardent les feuilles mortes tomber.

ROXANE
A ce moment, un peu de brise fait tomber les feuilles.

CYRANO
Les feuilles !

ROXANE, levant la tête, et regardant au loin, dans les
allées

Elles sont d’un blond vénitien.
Regardez-les tomber.

CYRANO
Comme elles tombent bien !
Dans ce trajet si court de la branche à la terre,
Comme elles savent mettre une beauté dernière,
Et malgré leur terreur de pourrir sur le sol,
Veulent que cette chute ait la grâce d’un vol !

Voilà, juste quelques vers, et peut-être qu’à vous cela ne fait strictement rien, mais à moi cela me hérisse jusque les poils du nez.

Alors voilà pourquoi, voilà pourquoi à tous ceux qui me répètent et me répèteront que la littérature, ça ne sert à rien, que ce n’est pas « utile », que ce n’est pas ça qui va relancer l’économie, qu’il faut faire S si on a des bonnes notes en maths même si on n’a absolument aucun intérêt en la matière, à tous ceux là je leur répondrais que nous n’avons pas la même notion de l’ « utilité », voilà tout. Qu’il y en a qui n’ont pas pour but absolu dans la vie de faire plein de fric.
Notre président a répondu aux plaintes des enseignants sur les réformes de l’enseignement que ces réformes allaient permettre de les payer plus. Les enseignants lui ont répondu que l’argent ne faisait pas partie de leurs revendications, et  que ce qu’ils voulaient c’était des formations solides et des professeurs compétents dans leur matière. Mais peut-il simplement saisir cela? Que le progrès puisse consister en autre chose qu’avoir un plus haut salaire?
Je n’ai pas envie que cet article dérive en pamphlet politique, déja parce que je ne m’en sens pas capable, et ensuite parce que ça m’emmerderait profondément, mais il faut avouer que il y en a un qui a particulièrement le don de m’énerver, quand il s’y met.

Donc je me permettrais juste de répondre aux propos de notre président dans un discours fait à Lyon en 2007:
« L’autre jour, je m’amusais, on s’amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d’attaché d’administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d’interroger les concurrents sur La Princesse de Clèves. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu’elle pensait de la Princesse de Clèves… Imaginez un peu le spectacle ! »

Je ne sais pas vous, mais moi j’ai pas particulièrement envie de vivre dans un monde où les professeurs de français lisent la princesse de Clèves et la guichetière Biba. Et à mon humble avis cela relève d’un esprit aussi étriqué que stupide de penser qu’il faille un bac + 5 pour apprécier un livre, un film ou un tableau. L’art et la culture, c’est pour tous, et il revient à certains de les rendre abordables à d’autres, de les rendre compréhensibles.

Et pour conclure, je ne résiste pas à vous citer quelques passages de Victor Hugo à propos de Napoléon le Petit (Napoléon III) qui pourront vous sembler un brin familiers et qui parlent d’eux mêmes.

 » Que peut-il ? Tout. Qu’a-t-il fait ? Rien. Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l’Europe peut-être.  Seulement voilà, il a pris la France et n’en sait rien faire. Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c’est le
mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide.  L’homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l’argent, l’agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort.
Il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse. Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve pas quelque surprise. On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l’insulte et la bafoue ! Triste spectacle que celui du galop, à travers l’absurde, d’un homme médiocre échappé. »

Où trouver l’homme ? Episode 17 : à la plage

(Je rappelle à mon aimable lectorat que tout ceci n’est qu’une fiction. Moi, à la plage, je drague pas et pour cause : je suis écrevisse. Et en plus, au bout d’un moment, je pèle)


A la recherche du prince charmant

Force est de constater que les intellectuels ne me réussissent pas. Entre le dandy morvophobe du musée et les pas causants de la bibliothèque, je fais chou blanc. Alors puisque c’est l’été et qu’il fait beau, je pars draguer à la plage, logique.

[Générique alerte à Malibu : ‘Cause I’m always there, I won’t let you out of my sight. I’ll be there–never you fear, I’ll be there–forever and always, I’m always here.]

La plage, c’est le lieu romantique par excellence, souvenons nous de nos premiers émois adolescents quand Roch Voisine nous chantait les amours à la plage, tout comme Niagara mais pas de la même façon. Si vous lisez les magazines féminins, vous savez pourquoi les vacances sont propices à l’amour. Pour les autres, je résume : en vacances, on est plus détendus, pas de conventions sociales, blabla, personne ne nous connaît blabla. Si on rajoute à tout ça le facteur « tous nus et tous bronzés » de la plage (enfin, le nu, moi, je mets un maillot quand même, je trouverais ridicule d’avoir les fesses carbonisées), ça fait des étincelles.

Le problème majeur de la plage, c’est la concurrence déloyale. D’un côté, les naîades locales : bronzées, foutues comme des déesses grecques avec des muscles saillants, très douées en beach volley, beach foot, beach ce que tu veux et en bandes bruyantes : on ne voit qu’elles. De l’autre moi : blanche comme un bidet, les chairs molles vu que la drague au sport n’a rien donné, a du mal à tenir sur le sable avec ses tongs et le sable ça brûle et seule. Dès le départ, y a comme un déséquilibre. Même ma poitrine Pamela Andersonienne ne fait pas s’agiter les foules. Peut-être devrais-je acheter un maillot rouge ? Quoi que moi, quand je cours, mes seins ballottent, ce qui est normal pour des vrais.

Nous voici donc avec un sacré handicap dès le départ mais on va dire que je suis audacieuse et que je tente quand même ma drague. Quitte à être au bord de la mer, autant rentabiliser. Seulement, il y a quelques obstacles. D’abord, comment être sûre de trouver du beau gosse de mon âge à la plage. Parce que là, je regarde, y a du père de famille, du papy avec le maillot remonté jusqu’à la taille, du jeune ado prometteur mais là, faut pas pousser… Ah, un  beau gosse de mon âge, là ! Mais c’est quoi cet appendice étrange et chevelu tout tortillé autour de lui ? Ah, c’est sa copine… Bon, c’est bon, elle va le lâcher maintenant… Elle veut pas lui pisser dessus pour marquer son territoire tant qu’elle y est ? Cette jeunesse alors, aucune pudeur.

Ah, j’en repère un autre. Seul. Cool. Bon, il lit, je suis censée en faire autant (pour éviter qu’on voit que je mate outrageusement). Comment lancer le dialogue ? Je peux lui demander le classique « tu voudrais me mettre de la pommade dans le dos ? » mais sa serviette est légèrement loin. Bon je me lève, secoue la mienne et la ré étale plus proche. Bon, va lui demander pour la crème maintenant… Oui mais là, il lit et il va pas apprécier d’avoir les mains toutes grasses après. Il n’a pas un jeu de raquette ? Non. Moi non plus… Faut dire que prendre un jeu de raquette quand on est seul est passablement ridicule. Je lui demande ce qu’il lit ? Totalement nase comme abordage mais si j’étais douée, ça fait longtemps que cette saga serait finie. Alors que je tergiverse, il se lève et commence à plier ses affaires. Bon, je fais ma poseuse, je prends un air alangui, cheveux détachés qui roulent sur mon dos au gré du vent (dos un peu rouge mais passons), du sable doré est collé sur ma peau, je suis au top de ma séduction. Le but ? Qu’il me repère. Demain, on passe aux choses sérieuses.

Sauf que la plage est grande. Et qu’évidemment, je ne l’ai jamais revu. Par contre la vieille fille avec son gros chien qui se secoue à un mètre de ma serviette, oui [le passage sur le chien n’est pas fictionnel et si vous pensez que sa connasse de maîtresse s’est excusée, c’est que vous êtes aussi naîf que moi quand j’ai cru que le mec qu’on a croisé en bas de l’immeuble de vacances et qui nous a vu avec nos sacs allait nous attendre avec l’ascenseur ou au moins nous le renvoyer.].


Où es-tu, je reviens te saouler

Par Lucas

Bien sûr amies lectrices, amis lecteurs, vous n’allez pas manquer de lâcher un « Lucas il est jalouuuuux« . Je sais bien et j’avoue : je suis jaloux, effaré par le succès d’auteurs aussi merdiques que ces deux loustiques. Je n’ai même pas besoin de vous donner leurs noms ; ils trustent les deux premières places des ventes en France : Guillaume et Marc.

Ils ont trouvé un filon et ils l’exploitent jusqu’à la lie. J’en veux pour preuve les atermoiements des lecteurs (pardon, des lectrices…) qui ont donné un jugement sur FNAC.com.  Musso en prend plein la gueule avec son dernier roman Je reviens te chercher car selon les lectrices il joue la facilité. Il reprend, d’une part, un schéma stérile et facile, d’autre part le thème de la seconde vie, et il use tout ça jusqu’à la corde. Je ne vous parle pas de Levy avec Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites. Les copines à qui j’en ai parlé ont eu un petit sourire gêné, en avouant du bout des lèvres qu’elles étaient un peu déçues. Une sorte de Max Gallo spirit… Perso j’ai ouvert « Vous Revoir » qui trone sur la bibiyotek de ma p’tite sœur. J’ai tenu 50 pages…


Marc et Guillaume ressortent donc des schémas éprouvés et les copient-collent d’un roman à un autre.

C’est ce que faisait Paul-Loup Sulitzer avec le western financier,

c’est ce que fait Grisham avec le monde juridique américain,

c’est ce que fait Higgins avec la l’IRA et la Seconde Guerre Mondiale : c’est ce que font nombre d’auteurs de romans de gare. Musso et Levy en sont les dignes successeurs. Sauf qu’ils ont une machinerie marketing derrière eux, eux. Et le market, c’est ce qu’on nous a appris à faire en école de commerce. Ça me rend fou… De manière plus ou moins avouée, c’était en partie ce que Beigbeider critiquait dans 99 francs, même si ce n’était pas le sujet principal.

Ce qui est déplaisant là dedans c’est que ce mimétisme semble toucher bcp d’écrivains à succès. Je prends un exemple : Douglas Kennedy.

Kennedy  a écrit un de mes romans préférés, L’Homme qui voulait vivre sa vie.
Il y dépeint les travers de l’Amérique qui veut toujours réussir sur des schémas classiques (bonnes études, situation importante, travail acharné). Dans Les Désarrois de Ned Allen, il raconte cette vie à crédit où tout le monde court après un bonus, dans Rien ne va plus c’est le coté superficiel des relations humaines à Elaye, dans Les Charmes Discrets de la Vie Conjugale c’est le schéma de la vie de famille aux States et la main mise des média qui servent au public des infos markétées donc vendeuses, etc…

Je n’ai jamais été déçu… jusqu’à La Femme du Vème.

Là encore, tel un Musso ou un Levy, Kennedy s’embarque dans des explications surnaturelles ! Alors même que ce qui fait tout l’intérêt de ses romans précédents c’est justement de présenter des situations humaines au possible, sans force occulte ! Des situations qui prennent pied dans notre société avec ses travers et ses bonheurs. La vie, quoi !

Je pourrais aller loin comme ça. Vous parler des girlie books qui fleurissent à la FNAC. Dans la droite ligne de Bridget Jones et Le Diable s’habille en Prada. Les bouquins, pas les films qui en ont été tirés. Vous savez bien, tous ces bouquins avec des couvertures bien flashy, bien affligeants mais qui ciblent une population (les femmes dynamiques, vieilles vingtenaires, jeunes trentenaires) et ça marche. A se demander ce qu’il reste aux vrais auteurs. Bah parlons-en.

Le prochain roman d’Amélie Nothomb  sort, comme d’hab, en Septembre, pour la rentrée littéraire. Les premières pages proposées par le magazine Lire sont un peu décevantes. Je ne vais pas juger avant l’heure mais c’est vrai que Journal d’hirondelle m’avait un peu laissé sur ma faim. Amelaye avait heureusement rebondi avec Ni d’Eve ni d’Adam, grace à son fonds de commerce, Amélie au Japon. Mais il faut avouer qu’elle sait parfois centrer son roman sur des thèmes forts  (Attentat avec les normes de beauté, Mercure avec les apparences et les relations humaines, Acide Sulfurique et la télé réalité, entre autres). Pour autant, quid avec Le Fait Du Prince ?
Réponse à la rentrée…

Pour ma part ça fait des années que des copains me pressent d’écrire un roman. Mais il y a un océan entre vous baver des articles pamphlétaires à deux sous sur les Vingtenaires et avoir la rigueur d’écrire 100 pages intéressantes et intelligentes, captivantes et rythmées. C’est là-dessus et uniquement là-dessus que mon honnêteté intellectuelle doit saluer Levy et Musso. Ils savent (ou ils ont su) écrire des trucs qui tiennent en haleine. Encore une fois ça démontre bien à quel point, dans notre existence absurde (merci Albert Camus) on a besoin d petits moments d’émotions épars pour se sentir vivre. Ces petits moments de souffle court, c’est peut-être ça que les lectrices aiment chez Marc Musso…

Où trouver l’homme ? Episode 16 : à la bibliothèque

(Je rappelle aux gens que cette histoire n’est que pure fiction donc on le prend comme tel, merci)


A la recherche du prince charmant
Suite à mon échec avec un intellectuel dandy morvophobique, je ne renonce pas à ma quête d’un homme qui en a dans le ciboulot. Mais plutôt que de fouiller dans les musées, je vais plutôt partir en bibliothèque. Après tout, un mec qui passe ses journées dans un musée, c’est pas un peu un branleur ? Alors que là, s’il est à la bibliothèque, c’est qu’il est là pour travailler. Genre un jeune prof ou un thésard…

Première épreuve : trouver une bibliothèque qui veut bien de moi, qui ne suis plus étudiante. Paris fourmille de bibliothèques mais les trois quarts sont estampillées « réservées aux étudiants ». Et alors, on n’a plus le droit de se nourrir de savoir une fois les études terminées ? Alors me reste Ste Geneviève, Beaubourg et la BNF. Après avoir éliminé Ste Geneviève pour un problème de place et Beaubourg pour un problème d’âge et de queue, me reste la BNF. En plus, c’est top, je connais. J’y étais venue en 2002 pour ma
maîtrise sur le Québec et j’avais déjeuné à la cantine qui coûte cher cher avec un jeune inconnu qui m’avait fait la conversation. Je ne sais pas si c’était de la drague vu qu’à l’époque, j’étais en couple donc j’avais pas fait attention. Mais ça veut dire qu’il y a des possibilités.

Arrivée de bonne heure, j’ouvre mon ordinateur portable sur le bureau et réunis autour de moi quelques livres, histoire de faire croire que je travaille vraiment. Je jette des regards à la ronde, pas mal de mâles mais je n’identifie pas clairement de cibles. En attendant, j’entortille mes cheveux en chignon retenu par un crayon, laissant une mèche pendre négligemment le long de mon visage. Je prends un ai concentré mais sans pour autant plisser le front, histoire de ne pas rider mon visage. En plus, j’ai découvert une ridule sur le front, justement, faudrait voir à pas la creuser [ceci n’est pas du tout fictionnel et c’est bien dommage !]. Bref en deux mots, je pose.

Pause déjeuner, je vais me rendre à la cantine qui coûte un bras pour des sandwichs qu’on achète trois fois moins cher en supérette. Y a un peuple pas possible, je vais rigoler pour me trouver une place. Surtout que je dois idéalement me placer à côté d’un homme mignon. Le problème étant que vu le monde, j’arrive plus à distinguer les visages. Bon, allez, je m’assois, moi, warrior, moi pas peur. Mon voisin est une voisine, raté. Bon, elle a presque fini. Ah, elle s’en va et ô victoire, vient s’installer un jeune homme à sa place et même pas trop mal en plus. Non, là, il va y avoir arnaque, c’est trop beau pour être vrai. La dernière fois, au musée, ça a été pareil, je trouvais le seul Français sexy de la place et c’était un prétentieux morvophobe. Forcément, une allergique chronique ne peut aller avec ce genre d’individus. Là, je sens qu’il va avoir une tare celui là aussi, le hasard fait rarement bien les choses, surtout plusieurs fois d’affilée.

Bon, je vais voir. Bon… Hum… Il me regarde pas. Ah ben il serait gay alors, comme d’habitude. Enfin, non, pas comme d’habitude mais ça m’est déjà arrivé une fois alors bon… Ou alors je suis pas du tout son style, ça peut aussi arriver. Ou alors il m’a même pas calculé parce qu’il est dans sa bulle. Je fais quoi ? Il serait de bon ton de lui adresser la parole mais pour dire quoi ? Bon, je peux toujours lui demander ce qu’il fait là, ça ne mange pas de pain.

« Bonjour, heu… Vous venez pour étudier ?

– Dans une bibliothèque, y a des chances ».

Bim, me voilà renvoyée dans mes 22. La raison voudrait que je n’insiste pas, le monsieur n’a pas l’air trop d’humeur. Mais allez, on va pas se laisser impressionner…

J’ouvre donc la bouche pour lui demander ce qu’il étudie exactement mais j’ai pas le temps de prononcer ma première syllabe qu’il a déjà déplié un journal et s’est plongé dans la lecture. Ou comment dire subtilement à sa voisine de table que non, on n’a pas envie de parler donc chut.

Je viens de me prendre un vent.

I Wanna be a Blue Cat

Par Lucas

 

Hier, je suis tombé en arrêt dans ma bibiyautek municipale sur un bouquin posé en tête de gondole. Un bouquin qui me fait dire que je suis un précurseur de malade ! Bon OK, j’arrête de me la péter.

Ce bouquin s’appelle Passionnément Singulier. Non, ce n’est pas un hymne au célibat mais un prosélytisme affiché pour l’expansion des esprits extravertis et la propagation de cette Way of Life.

Bon d’accord, je m’excite, désolé. Je reparle français courant… Alors, en fait, c’est simplement un recueil d’interviews, chefs d’entreprises, artistes, personnalités, etc qui sortent un peu du lot par leurs tournures d’esprit. ( je sais : je casse tout…)

Mais justement ! Ce qui surnage dans ce bouquin, c’est que les interviews mettent en avant des gens qui ont un caractère et qui l’assument sans le déguiser.

Si une maison d’édition (Denoël) a accepté de publier ce recueil, c’est que le directeur de la publication s’est rendu compte de la décrépitude intellectuelle dans laquelle on vit. Comme si il y avait une prise de conscience qu’on était entré dans une période terne et insignifiante, un espace-temps ou personne ne sort du lot et n’ose s’engager… Les prémices de cette situation, on les a eu avec l’arrivée de Sarko aux pouvoirs (ministre puis prez). Sarko qui paraissait un peu plus funky que les énarques et qui a fait une campagne à fond sur son image « novatrice », sur son discours typé « phrases simples et affirmatives sans tourner autour du pot ». Bref, la forme mais rien sur le fonds…De toute façon, quand je vois l’inanité et le silence du PS depuis l’arrivée de Nicolas au pouvoir, je me dis que c’est vraiment l’époque : personne ne propose de solutions en phase avec les contingences de notre temps… La sinistrose domine et c’est un brin déplaisant pour peu qu’on soit un garçon au naturel enjoué et joueur…

Bon je reviens à mon sujet ??
Singulier ça veut dire particulier, bizarre, curieux, voir même rare.

Autant de mots qui montrent bien le coté incongru des gens singuliers au sein d’une société ou le mot d’ordre est l’uniformité, terne et sempiternelle. Or, ces esprits libres oublient les idées reçues, les lieux communs, les banalités… Quel soulagement ! Il est donc des gens, des Blue Cats,  qui sortent des sentiers battus, qui prennent des chemins de traverses et qui ont leur propre trajectoire : chacun sa route, chacun son chemin, passe le message à ton voisin…

Bien sûr, je pourrais évoquer tous les gens interviewés dans ce bouquin pour vous faire toucher du doigt cet esprit et je serais super lourd. Non pardon c’est une certitude, j’enlève le « s » : je serai super lourd…

En fait je voudrais seulement rappeler à votre mémoire deux personnalités féminines. Si vous avez leur numéro, n’hésitez pas à me le transmettre (prestance at gmail point com). Je serais ravi de les inviter à diner. Sans pensées lubriques.

La première de ces femmes c’est Marie Lecoq.

Marie  était animatrice radio sur OUI FM et elle est maintenant sur Europe 2. Elle a une voix à tomber par terre mais surtout elle a une douceur, une nonchalance et un charme craquant. Comme elle le dit dans une interview en parlant d’elle-même : « bon alors Marie, il faut que tu fasses de la radio comme tu aurais envie de l’entendre« .
On est loin de Cauet, marketé déconne, ou des animateurs de BFM, carrés et sérieux…
Merci Marie pour ta liberté de ton sans penser au qu’en dira t-on. C’est tellement agréable à l’heure ou les marketteux cherchent à tout modifier pour coller aux attentes des consommateurs…
T’écouter est un apaisement, un moyen de sourire, un envol…  Un peu comme une chanson de Morcheeba après un groupe de métal. Surtout, Marie, ne change rien.

La deuxième femme c’est Kriss
Kriss a longtemps été animatrice sur FiP.
Mais siiiii. Vous savez bien : c’était l’une de ses voix magnifiques et chaudes, celles qui vous disent :

« Vous roulez sur le périphérique sud à 1km/h et vous allez avoir tout le temps de réfléchir à des cadeaux pour votre épouse ou votre mari pendant ces 32 minutes, le temps d’atteindre la Porte d’Orleans. Tout va bien, respirez : vous êtes sur FIP… »

Maintenant, Kriss officie sur Inter, le dimanche matin, à l’heure où les glandeurs qui grasse-matent se réveillent après avoir raté Philipe Meyer et son « La prochaine fois je vous le chanterai« . Philippe, un énorme Blue Cat lui aussi…

Kriss a longtemps mené une émission terrible sur Inter, Portraits Croisés, un truc qui cartonnait grâce à son style tellement différent des animateurs de radio lambda… Une émission qu’elle a arrêté car elle voulait passer à autre chose. Ce qui est marrant, c’est que, lorsqu’elle parle, ça ne sent pas le calculé ou le prévu mais le naturel…Le vrai.  C’est peut-être ça aussi être un Blue Cat. Aller où on veut comme on veut sans penser au qu’en dira t-on… Respect les filles.

J’aurais pu vous faire un laïus sur KST, interviewée, elle aussi, dans ce bouquin. Mais j’ai déjà fait un article il y a un an et demi sur elle…

Je vous invite donc à débusquer ce recueil d’interviews sur les Blue Cats : « Passionément Singulier ». Il tue des ours polaires !

Où trouver l’homme ? Episode 15 : la balade post café post musée

(Lecteurs chéris et lecteurs pas chéris aussi, je te rappelle que tout ceci n’est qu’une fiction donc cette scène n’a jamais eu lieu en vrai. Mais tu vas voir que j’ai intégré des éléments du réel, essaie de deviner lesquels).

A la recherche du prince charmant

Nous voici donc sortis du café et je ne sais plus du tout à quoi m’attendre. J’avais sorti le grand jeu de l’odiosité et normalement, le mec devrait partir en se disant que je suis une connasse et ciao. Les hommes préfèrent-ils donc réellement les chieuses ? Ou alors il veut finir notre joute verbale sur un autre terrain ? Larguée, je suis.


On s’enfonce petit à petit dans la rive gauche, du côté de St Germain, en discutant littérature, pour changer. Apparemment, les tensions se sont calmées. Alors qu’on marche, mon nez commence à me chatouiller. Ca m’arrive souvent, je laisse faire. Zut, mes yeux commencent à frotter. Plus de doutes : j’entame un épisode allergique. Je fouille dans mes poches et y pêche un malheureux kleenex déjà entamé. Ok, avec de la chance, ça ne va pas durer.

« Kchou ! Kchou ! »

J’ai un éternuement très mignon, entre le chaton et la petite fille et là, ça attendrit toujours un peu mais faut voir à ne pas en abuser…Parce que là, je suis en pleine rafale d’éternuements, ça n’arrête plus et mon nez commence à couler. En général, il y a une loi mathématique qui dit que le pouvoir de séduction est inversement proportionnel à la morve qui coule de mon nez. Et là, mon pauvre kleenex a déjà perdu la guerre, il se disperse en lambeau et je n’en ai pas d’autres. En un mot : c’est la lose.

Mon compagnon de balade (oui, avec un b et pas avec un m prononcé avec un nez pris) semble fort impressionné par ma décrépitude soudaine et à chaque éternuement, fait un imperceptible pas sur le côté pour s’éloigner de moi.

« Heu… Ca va ?

– Oui…gggg… C’est rien…gggg… Allergies… »

Je ne le sens pas super ravi de la nouvelle mais peu importe, faut que je trouve un remplaçant à mon kleenex et accessoirement que je me lave les mains… Oui, à ce moment là du récit, j’ai perdu tout mon glamour, mon pouvoir de séduction, mon charisme, tout ce que tu veux. Je suis le Titanic et la fuite, elle vient de mon nez.

« T’as pas un bouchoir…gggg… ?

– Non… Tiens, y a un marchand de journaux, ils en vendent des fois, viens. »

Il ne me prend pas par la main, ce qui est compréhensible puisque là, elle est totalement sinistrée, mais m’amène quand même au kiosquier qui, oui, vend des kleenex. J’en déplie un tout propre et souffle de tout mon cœur dedans. Y a vraiment des fois où je suis impressionnée par les prouesses du corps humain : comment ai-je pu fabriquer autant de miasmes en si peu de temps.

« Bon, écoute, on va rentrer, je pense, c’est mieux pour toi.

– Nan, nan… ggg… Ca ba aller…gggg… Ca ba pazer, je le sais…gggg…

– Oui mais non mais là, c’est pas possible. Les nez qui coulent, ça m’écoeure. »

Je le regarde par-dessus mon mouchoir : effectivement, il est légèrement vert. Mais j’avoue que là, je suis tellement préoccupée par mon allergie que je m’en fiche un peu. Il était bien trop tôt dans notre relation pour qu’il me voie dans cet état, c’était clair que ça ne pouvait pas durer. Les faiblesses et les nez qui coulent, jamais au premier rendez-vous. Déjà que vomir au deuxième n’est pas toujours une bonne idée [c’est du vécu, souviens toi]…

Alors on se quitte. On ne se donne pas nos numéros, on se dit quand même à une prochaine des fois qu’on se croiserait par hasard dans la rue. En attendant, vu que je me retrouve avez un nez tout irrité, je doute de pouvoir attraper quelqu’un de suite, de suite. Pourtant la prochaine fois, je vais à la bibliothèque.

Courrier des cœurs, réponse à Daniela

Cette semaine, Daniela nous a posé la question suivante : « Je suis en Fac, mais toujours célibataire. Etant du genre à courir plusieurs lièvres à la fois, je n’ai pas une, ni deux, mais trois cibles ! L’un a été croisé au cours d’une soirée, l’autre est un ami que je retrouve à la bibliothèque, et le troisième est mon voisin de TD. Je ne sais si je dois concentrer mes efforts sur seulement l’un d’entre eux, ou bien me jeter à la tête de chacun et voir ce qui pourra se passer. La polygamie est-elle si mal vue ? Puis-je les convaincre qu’ils sont seuls et uniques chacun dans ma vie… Etre toute à chacun d’eux sans espoir ? NB : j’ignore si je leur plais. Qu’on se le dise ! Mais que de sourires échangés, que de regards équivoques… que de films dans ma tête ! »


 

Comme tous les samedis, la cellule love and sex des vingtenaires s’est réunie et voilà nos avis :

Jane : Tout d’abord, si on parle bien de rapports amoureux, la polygamie est mal vue, oui. Ca peut être triste, mais c’est ainsi. J’ai une solution assez (trop?) simple: Pourquoi ne pas attaquer les cibles… les unes après les autres? Il y en a déjà deux qui fréquentent les mêmes endroits, donc à moins de faire comprendre aux
messieurs qu’en public, on fait comme si on ne se connaissait pas, il y a forcément un moment où l’un des deux se rendra compte qu’il n’est pas le seul et unique élu… C’est pas si bête que ça un homme!
En tentant ta chance successivement, il y a sûrement moins de risques. Sauf si l’un d’entre eux annonce fièrement à un autre qu’il t’a jeté avant que tu ne te rabattes sur lui. Il y aura quelques froissures d’ego…

Nina : La question que tu poses est finalement celle des oeufs dans le panier. Dois-je mettre mes oeufs dans le même panier et ne sélectionner qu’une cible ou explorer les 3 pistes pour essayer de conclure avec un. C’est aussi ce que j’appelle la fidélité pré-couple : et si mon futur mec apprend que j’avais d’autres mecs en vue avant
lui, ne vais-je pas briser son coeur? Alors déjà, pour répondre à cette dernière question, je vois pas l’intérêt d’être honnête sur ce point, c’est pas super valorisant un « tu sais, si je sors avec toi, c’est parce que t’as été le plus rapide, huhuhu! ». Et s’ils sont deux ou trois à mordre à l’hameçon, tu peux même la jouer bachelorette : tu passes une soirée avec chacun d’eux et tu choisis le plus mieux. Oui parce que 3 mecs à gérer, c’est utopique!

Summer : rien ne t’empêche de courir plusieurs lièvres à la fois étant donné les probabilités que les 3 s’intéressent effectivement à toi au final le choix se fera peut être seul. Si tel n’est pas le cas, je pense que les affinités que tu auras avec l’un ou l’autre te feront naturellement prendre une décision, du moins je l’espère car
vieux jeu comme je suis je ne peux faire la promotion de la polygamie. Je préfère donc ne pas me prononcer sur la deuxième partie de la question.

Tatiana : Et bien que dire ? En fait je ne sais pas trop. Dejà une blague pourrie « ah ben la polygamie pourquoi pas si on me paye le voyage ». Ok, ca c’est fait. Après je dirais que tu peux très bien courir tous tes lièvres à la fois si tu n’as pas peur de t’essoufler et que tu es bonne en endurance. Ensuite à partir du moment où ça se
concrétise tu ferais bien d’être honnête car ils finiront par découvrir le truc et ça risque de ne pas leur faire plaisir. Si tu es claire dès le départ en leur disant que t’as pas envie d’une relation exclusive, peut être qu’ils seront Ok eux-aussi. Et puis sinon tu peux toujours m’envoyer la photo et le tel des 2 restés en rade (ok je sors).

Lucas : C’est Lucas en mode cœur d’artichaut qui parle. Sauf que là on évolue dans un cas où la personne n’est même pas tombée amoureuse ! Ça me rappelle un article que j’avais lu il y a 10 ans au sujet de deux « couples », l’un entre deux filles et un mec et l’autre entre deux mecs et une fille… Perso, je n’pourrais pas. Non pas que
je sois possessif ou jaloux mais d’une part j’aurais trop peur de délaisser l’une au profit de l’autre d’autre part je me verrais mal scinder mon temps libre déjà shorty entre deux demoiselle. Pire, si j’étais un des 3 mecs de la nana : comment voulez-vous lui faire des léchouilles quand vous savez que son vagin vient d’être visité par la bite à Dudule ? Non, vraiment moi ça me bloque !
J’ai vraiment envie de croire que dans la vie il faut faire des choix. Si je vivais avec deux compagnes, je ne vois pas comment une des nanas pourrait se sentir aimée à part entière (même si c’est le cas) : elle sait qu’elle partage la vie de son mec avec une autre…

Si toi aussi, tu as une question essentielle à nous poser que ce soit en amour ou en sexe et tout ce qui a autour, n’hésite pas à poster ta question en comm (voire
en mail)