Magie et terreur des réseaux sociaux

Vendredi 13, on bascule tous dans l’horreur. 130 personnes sont mortes sans que l’on comprenne exactement pourquoi. Par vengeance, par acte de guerre, par fanatisme, par haine, par pulsion de mort, choisissez votre camp. Alors j’avais commencé un article pour livrer le fond de ma pensée mais des spécialistes se sont livrés à cet exercice et l’ont fait bien mieux que moi donc inutile de réécrire ce qu’ils ont déjà dit, je vous suppose très au fait de cette actualité là. Notez juste que prendre des décisions sur le coup de l’émotion n’est jamais une bonne idée et les faits nous démontrent douloureusement que plus on nous prive de liberté pour notre sécurité, plus on crève sous des balles sorties de nulle part.

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Si je ne suis pas experte en terrorisme et géopolitique (même si j’ai un peu étudié le sujet par le passé et que j’essaie de rester très informée), il y a un domaine que je maîtrise : ce sont les réseaux sociaux. Alors je vais passer mon tour sur la question de mettre ou pas le drapeau français en guise d’avatar Facebook parce que pour le coup, j’estime que chacun fait ce qu’il veut. On pourrait regretter que cette option ne soit proposée que pour la France et pas pour les Libanais (43 morts) ou les Russes (224 morts dans un avion) mais pour le coup, on touche plus à l’ethnocentrisme qu’à la sociologie des réseaux sociaux et une fois de plus, des gens bien plus éclairés que moi sur le sujet ont écrit dessus.

Tour Eiffel bleu blanc rouge - les attentats de Paris sur les réseaux sociaux

Si on peste parfois sur le manque de pudeur sur les réseaux sociaux, force est de constater qu’on a bousculé dans une nouvelle ère, celle où Facebook et Twitter nous a aidé à savoir si nos amis allaient bien. Parce que oui, dans l’ordre des réflexes que j’ai eus en ce vendredi 13 maudit, outre les quelques sms à mes amis peu connectés (j’en ai, oui, je les chéris, d’ailleurs), c’est de balancer des messages sur les réseaux sociaux pour battre le rappel de mes potes et aussi annoncer que je vais bien, merci. Tu vois apparaître les messages similaires au tien, des likes et commentaires fleurir sous ton statut, te rassurant sur le sort des uns et des autres. Tu flippes un peu pour tes potes susceptibles d’être sortis par là, peut-être même étaient-ils au Bataclan… Puis tu vois les gens se checker, tu souffles un peu. 50 amis, 100 amis, 150…

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Il y a aussi des drames qui deviennent soudain plus proches. Ces visages d’inconnus qui fleurissent sur nos timelines avec des demandes de renseignements. Lola, Christophe, Marion, Ludovic, Houda, Matthieu… des visages souriants, l’angoisse intolérable des proches, les heures qui s’égrènent. Le drame qui se dessine au fur et à mesure, l’annonce des décès. Tous ces gens comme moi, comme vous, ces gens avec qui j’aurais pu être pote, ces gens qui étaient potes avec des gens de mon cercle. Puis vient le jeu macabre où l’on doit slalomer entre les publications des images sanglantes. J’ai, pour ma part, des communautés de qualité, je n’ai pas vu passer ses images et je n’avais pas envie de le faire. Je veux dire je n’ai pas besoin de voir des cadavres pour mesurer l’ampleur du drame.

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C’est toujours en temps de drame qu’on mesure toute la perversité de ces moyens de communication instantanés. Pervers car, d’un côté, c’est un fantastique outil pour se rassurer rapidement sur la santé de ses amis mais de l’autre, il nous fait vivre les drames personnels d’autant plus fort. Et nous mettent bien sous le nez la saloperie de certaines personnes, ceux qui multiplient les fakes pour attirer l’attention (y a quand même eu un faux avis de recherche, délirant), ceux qui se réjouissent des attentats parce que ça montre que les Musulmans sont des barbares (les Musulmans, oui, dans leur ensemble, les nuances, ça fait chier les fachos), parce que c’était de la musique du diable qu’ils écoutaient, les gens du Bataclan, parce que ça fait tomber les Bobos blancs de leur petit nuage, etc. Les disputes des uns et des autres, l’indignité de nos politiques qui continuent de se chamailler comme des enfants et ce en direct dans nos flux.

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Le web 2.0, cette arme à double tranchant…

Athènes, la divine

Après avoir quitté l’étouffante Naples, nous voilà partis pour un petit périple : train de Naples à Caserte, train de Caserte à Bari, ferry de Bari à Patras puis bus de Patras à Athènes. Long certes mais regardez les prix des vols entre Naples et Athènes, vous comprendrez.

Coucher de soleil en direct du ferry
Coucher de soleil en direct du ferry
Lever de soleil toujours en direct du ferry
Lever de soleil toujours en direct du ferry

Arrivés dans notre AirBnB et une douche salvatrice, on finit par s’habiller et par sortir à la découverte d’Athènes. Pas d’objectif : on va juste prendre le pouls de la ville, notre activité préférée. Il fait lourd mais on s’émerveille vite. A quelques mètres de l’appart, le vieux stade olympique et, regarde, au fond, l’acropole ! Je suis un peu comme une folle, je rêvais d’Athènes depuis tellement longtemps !

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Athènes a une atmosphère magique : au détour d’une rue, tu te retrouves nez à nez avec des vestiges archéologiques, le métro passe d’ailleurs au pied de l’ancienne agora. La ville nous charme : d’abord, contrairement à ce qu’on nous a dit, c’est propre et le moderne et l’ancien s’unissent à merveille. On se perd un peu dans les petites rues de Plaka, on erre au pied de l’acropole jusqu’à tomber presque par accident sur l’ancienne agora. On prend nos tickets d’entrées pour les jours suivants. Ca aussi, gros point positif : pour 12 euros, vous avez droit à entrer sur l’acropole ainsi que 5 autres sites archéologiques (on a choisi l’ancienne agora, le théâtre de Dionysos, le temple de Zeus, la bibliothèque d’Hadrien et le Keiramekos).

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Je ne vais pas vous refaire l’histoire des différents sites et temples, je dirais juste que c’est époustouflant et que ça a énormément excité mon imagination. Les lieux sont hyper propres et les Grecs veillent vraiment à ça. Par exemple, sur l’Acropole, un mec a sorti un sandwich, il a été prié de le ranger fissa. C’est à peu près à ce moment là que nous avons noté l’absence totale de pigeons… D’ailleurs, petite anecdote, sur l’acropole, on a failli mal finir : je portais un joli chapeau offert par Victor et évidemment, il y eut un coup de vent et mon chapeau s’envola dans une petite fissure au pied du Parthénon, dans une zone interdite aux visiteurs. Ni un ni deux, Victor a foncé, sauté les barrière, chopé mon chapeau et demi tour. On a bien entendu un sifflet mais vu que la cause semblait bonne, on n’a pas été interpellés, mmm…

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Mais on n’a pas fait que déambuler entre les vieilles colonnes (même si mon âme de photographe s’est franchement régalée, que de jeux de perspectives !), on a tenté d’autres balades. D’abord : le Pirée. Comme on partait en croisière le vendredi, on voulait un peu repérer les lieux. Résultat : on n’a rien repéré du tout et on a eu très chaud et en prime, on n’a pas trouvé de plages pour un mini plouf. On a erré jusqu’au petit port de Zéa, on a fini par s’offrir un petit coca pour moi et une bière pour lui, on est allés rigoler dans les allées du Carrefour (où on a acheté une fêta absolument incroyable, ferme et fondante, un délice, une tuerie). Pas indispensable.

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Le même jour, on est allés grimper sur le mont Lycabette pour découvrir Athènes au soleil couchant et même si ça tire un peu (mais ça va, y a des points d’eau en chemin), ça vaut vraiment mais alors vraiment le coup. C’est là que tu découvres à quel point Athènes est gigantesque. Un moment vraiment magique. Et en plus, en redescendant vers le métro, on a découvert un resto absolument parfait juste à côté du stade, j’ai dégusté de délicieuses feuilles de vigne (ben oui, je mange local) et un Aztek vraiment très bon avec un petit Raki offert par la maison. Le tout pour 15 € chacun, pourboire compris.

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Oui parce qu’Athènes, la bouffe n’est globalement pas très chère (à part une épicerie où notre petite provision de fruits et légumes nous a un peu fait mal). Un jour, on se retrouve dans un resto avec un menu à 10€ pour 2 entrées, plat et dessert ! Non seulement c’était bon mais quand même assez copieux. On a pas mal changé nos habitudes alimentaires par rapport à Naples, on avait tendance à faire un bon gros repas vers 14-15h et grignoter quelques tomates, pastèques et fêta à la maison en rentrant le soir, le tout arrosé de ouzo histoire de. On a été totalement conquis par la cuisine là-bas, c’est bon, pas trop gras, les fruits et légumes hyper parfumés. Un gros oui !

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Quant aux Athéniens, ce sont vraiment des gens adorables et hyper serviables. Dès qu’on leur parlait un peu grec (un peu : on disait bonjour, merci, de rien et au revoir), ils étaient super contents qu’on fasse l’effort. Quant à la crise… j’ai envie de dire « par pitié, éteignez votre télé ». Quand on lisait les médias français quand on avait accès au wifi (pour le coup pas top), on avait l’impression d’être partis dans un pays en pleine guerre civile alors que pas du tout. Le métro était bondé à 8h30 à cause des gens qui vont bosser, les queues au distributeur ont atteint au max une dizaine de personnes et les gens attendaient très tranquillement, pianotant sur leur téléphone, les vigiles sécurité censés empêcher les débordements semblaient mourir d’ennui… Bref, on n’aurait pas suivi l’actualité, la seule façon de deviner qu’il se passait quelque chose était le nombre de camions régie devant le Parlement… Depuis, j’avoue que j’ai une haine tenace pour la « Troïka » européenne et beaucoup de tristesse pour ce qu’on impose aux Grecs.

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Dernier point sur Athènes : c’est une ville salée. Littéralement. J’avais du sel sur mes lèvres, la peau de Victor avait un goût salé quand je l’embrassais dans le cou ou ailleurs… Et c’est ce qui me fait encore plus aimer Athènes. D’ailleurs, avant de partir, alors qu’on dînait sur un rooftop avec vue sur l’acropole, on s’est mis à rêver qu’un jour, on viendrait vivre là.

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Un coup de coeur ? Non, un coup de foudre.

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Nous ne sommes pas auteur de ce mini graf et ce ne sont pas nos initiales mais j’aime bien cette photo

Mais voilà l’heure de partir pour la croisière, l’expérience sociologique la plus déconcertante des vacances.

Bouge toi le cul

Parfois, le soir, je ne fais rien. Glandant gentiment sur Twitter en matant des vidéos à la con sur Youtube*, je vois parfois passer un pseudo que je connais, une personne que j’ai côtoyé dans une ancienne vie. C’est un peu la magie perverse des réseaux sociaux : soudain, un nom ou un pseudo perdu dans les limbes de votre mémoire vous revient soudain à la figure et vous brûlez d’une petite curiosité, parfois malsaine: et alors, il-elle devient quoi ?

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Les parcours sont variés, certains ont trouvé une joyeuse moitié, d’autres ont même eu l’audace de se reproduire, j’ai accès à leurs photos de couple, leurs photo de bonheur qui ne me regarde pas, finalement. Puis d’autres exposent d’autres aspects de leur vie : leur réussite. Quand je parle de réussite, je ne parle pas nécessairement de réussite au sens capitaliste du terme mais oui, certains ont réalisé leur rêve. Et moi, j’en suis où ?

aladdin magic lamp on black with smoke
aladdin magic lamp on black with smoke

Bonjour, je m’appelle Nina B. et je suis une putain de flipette qui se réfugie dans la procrastination pour ne pas réussir. Voilà, on pouvait pas mieux résumer la situation. Je suis la fille qui veut faire plein de choses mais repousse toujours au lendemain pour d’obscures raisons qui tiennent au choix de la flemme ou de la peur ou des deux. Ma vie est loin d’être un échec, entendons-nous bien, mais il y a ces rêves que je repousse pour « quand j’aurai le temps ». Vous voyez très bien de quoi je parle, vous qui me lisez depuis longtemps, n’est-ce pas ?

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Des fois, j’ai de petites ambitions. Genre créer de nouveaux blogs qui seraient plus axés sur une rémunération, même minime, histoire de (je ne parviens pas à me résoudre à mettre de la pub sur les vingtenaires), lancer une petite marque de bijoux et accessoires faits main juste pour le côté je l’ai fait et choper 30 € de plus par mois (la richesse). Je veux aussi me lancer dans la vidéo, apprendre la musique, une nouvelle langue, tout ça, tout ça. Mais non, je ne fais rien parce que tu comprends, « j’ai trop de travail, j’ai pas le temps ». Notez qu’il est vrai que je suis bien (trop) débordée et que le soir, je suis bien meilleure à résoudre quelques escape rooms (ma nouvelle addiction) en matant une énième fois des épisodes de Salut les geeks, le fossoyeur de films ou le joueur du grenier qu’à écrire trois phrases correctes. Puis la naturopathe, elle a dit que j’avais droit à la paresse alors hein… Et c’est vrai. Mais faut assumer alors.

Mon chat assume son droit à la paresse, par exemple
Mon chat assume son droit à la paresse, par exemple

Et j’avoue que c’est là que le bât blesse un peu. J’ai pas envie d’être juste une fille de bureau. Mon travail n’a certes rien de routinier, je dois régulièrement me pencher sur de nouvelles marques, de nouveaux univers, comprendre ce que veulent des gens qui sont différents de moi, d’une marque qui ne me parle pas. Je suis l’écolo bobo qui anime la page de voitures plutôt polluantes, je suis la rêveuse qui raconte des histoire autour de pays où elle n’est jamais allée pour des compagnies aériennes, je suis l’experte de la bancassurances qui finit à découvert tous les mois, je suis la fille qui écrit des tweets sur un film qu’elle n’a pas vu… Ca occupe. Mais est-ce que ça suffit à m’épanouir ? Non car ce métier me permet de toucher des tas de choses du bout des doigts mais jamais de soulever le voile. Entre parler d’une voiture et la piloter, il y a un gouffre. Entre habiller la photo d’un sublime paysage d’un texte évocateur et voir ce paysage de mes yeux, il y a un abysse. J’ai envie d’expérience, j’ai envie d’aventure, je dois essayer.

Ici, par exemple, une aventure que je ne vivrai jamais
Ici, par exemple, une aventure que je ne vivrai jamais parce que ça me terrorise à mort

Alors maintenant, le dire, c’est bien, le faire, c’est mieux. Parce que ces gens là, croisés irl ou virtuellement dans une autre vie, ils ont pris leur destin en main, ils ont essayé. Si je prends le cas de Natoo dont j’ai déjà parlé, ses petites vidéos lui ont apporté beaucoup : une carrière, des projets (un livre, une BD) et même un mec.  Moi, j’ai déjà le mec mais sur le reste, y a du boulot.

Je déteste tellement ce genre de carton citation de mes fesses...
Je déteste tellement ce genre de carton citation de mes fesses…

Quotidien vs la recherche d’un extraordinaire, la bataille est lancée.

* J’ai plus la télé depuis presque un an. Pas par choix, non, juste par flemme d’appeler SFR pour réclamer une nouvelle télécommande. Ca vous situe mon envie de récupérer une télé

On s’était dit rendez-vous dans 17 ans

Il y a quasi 17 ans, je me précipitais, la peur au ventre, sur un panneau pour déchiffrer des noms imprimés finement sur du papier merdique. Nom que je connais pas, nom que je connais pas, nom que je connais… AH LA, c’est ma classe, je dois être là, je me vois pas, je vais m’évanouir, aaah : Oh putain, Bartoldi, je suis là ! Je suis reçue ! Et mention bien en plus. Hiiiii !! Deux mois plus tard, je quittais ma moyenne ville de province pour débuter ma vie toulousaine, un des segments les plus heureux de ma vie (est-ce Toulouse, est-ce ma passion pour les études ? On sait pas). 7 ans plus tard, je m’envolais pour Paris, le coeur gros.
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Nous voici donc 10 ans après le début de ma vie parisienne et donc quasi 17 ans après les résultats de mon bac (vlan dans la gueule). Un soir, je traîne sur Facebook et je vois que d’anciens camarades de mon lycée s’agitent : et si on faisait un repas de retrouvailles. Le premier tombe un week-end où je suis à Paris donc je passe mon tour mais le 2e opus tombe pile pendant un week-end de trois jours, celui que j’avais choisi pour descendre voir la nouvelle fille d’Anne (oui, elle vient d’avoir un 2e enfant pour ceux qui ont lu sa prose il y a quasi 10 ans). Venir à un repas du lycée 17 ans après ? J’arrive !

Sauras-tu me retrouver sur cette photo ?
Sauras-tu me retrouver sur cette photo ?

Quelques jours avant, je me pensais un OVNI : quasi 35 ans, célibataire sans enfants mais avec un poste qui sonne bien et qui vit dans la capitaaaale (accent snob), je suis un peu Carrie Bradshaw (mais toujours sans les talons de 12).
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Et bien figurez-vous que pas du tout. Si je suis bien celle qui a bien réussi sa vie en partant à Paris et en faisant un boulot qui ramène des sous (une autre venait d’Italie sinon les autres sont toujours dans le département), niveau célibataires, ça pullulait. Il y avait la version célibataire avec enfants (soit mères célibataires qui avaient eu un rejeton assez jeunes soit divorcées), la version célibataire sans enfants et qui commençaient limite à virer désespérée. Et, croyez le ou non, les célibataires, c’étaient les beaux gosses et belles gosses de l’époque. Qui le sont toujours relativement sauf un que j’avais même pas reconnu (mais qui est marié). D’ailleurs, j’ai eu la chance de m’asseoir à côté de l’un des beaux gosses de mon adolescence (qui a perdu le cheveux qu’il avait sur la langue), une sorte de sosie de Marc Lavoine avec un menton plus joli. Un autre ex beau gosse de service qui avait un an de moins que nous et qui était dans le même resto que nous par hasard m’a aussi un peu collée physiquement pour regarder un de nos almanachs scolaires mais le mec, même s’il reste bien joli à regarder, c’est une épave totale, un poivrot au discours incohérent. Comme quoi, le physique, ça fait pas tout, on ne le dira jamais assez.
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Je ne pourrais pas vous raconter sa soirée dans le détail mais voici quelques éléments pour que vous puissiez revivre avec moi cette grande soirée de retrouvailles :
– Il y a des gens qui ne changent pas en 17 ans, dont moi apparemment, malgré mes lunettes et mes cheveux foncés (et mon 38 alors que j’ai oscillé entre le 40 et le 44 durant mon adolescence, je tenais à le souligner). Et il y a donc des gens avec qui tu devises naturellement alors que tu ne les as pas vus depuis au moins 10 ans…
– Il y en a d’autres, par contre, qui ont pris un petit coup et que tu n’aurais pas reconnu de prime abord dans la rue comme cette fille qui était un peu « miss aérobic » dans ma prime jeunesse et qui ressemblent désormais à Véronique Genest qui aurait volé le cul de Nicki Minaj. A l’inverse, d’autres ont perdu du poids comme ce mec un peu bouboule ayant acquis une silhouette normale durant ces 17 ans ou cette fille surexcitée et un peu alcoolique qui est passée d’un petit 38- grand 36 à un 34 à vue de nez.
– Le dealer de service, celui qui vendait son shit au « fumoir » de mon lycée était là. Il bosse dans un collège (agent d’entretien). Le Facepalm fut total.
– Sans que je comprenne bien le pourquoi du comment, beaucoup sont partis dans le sanitaire et social, on avait une palanquée d’infirmiers et infirmières, assistantes sociales, éducatrices… Sachant qu’on était tous en majorité en L et ES, je m’explique pas bien ce virage.
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Et c’est ce point qui m’a un peu étonnée, en fait. Je viens d’un lycée privé où nous étions tous destinés à de grandes études vu que nous étions plus ou moins des fils ou filles d’eux et que ça coûtait quand même du blé de nous mettre là dedans. Sur les 23 présents (!), je crois que nous avons été 3 ou 4 à dépasser le niveau licence. En fait, c’est marrant de voir que le lycée peut amener à des carrières aussi diverses que variées.

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Dernier point, je me suis fait des copines. 2. La première, nous ne nous étions jamais parlé à l’époque car elle avait un an de plus que moi (la magie des amitiés circonstantielles). La seconde, c’était l’une de mes meilleures amies au collège qui m’a offert une de ces revanches de la vie dont je suis friande. En fait, en 6e et 5e, j’avais sympathisé avec cette fille, Annabelle, et sa super copine Anne-Marie. On était souvent toutes les 3 ensemble mais vers la fin 5e, j’ai senti que j’étais un peu de trop dans leur trio et comme je ne suis pas maso, j’avais fini par mettre les bouts pour me faire d’autres copines. J’avais été invitée à ce moment là à passer un mercredi après-midi et une nuit chez Annabelle avec ma soeur et celle-ci, connaissant mes déboires, avait demandé à Annabelle pourquoi elle ne voulait plus être ma copine, ce à quoi, elle avait répondu « c’est pas moi, c’est Anne-Marie ». Notre amitié en restait cependant là puisqu’en 4e, nous n’étions plus dans la même classe.
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Or Annabelle me proposant gentiment de me véhiculer, elle me raconta en rentrant qu’elle avait souffert de son amitié durant son adolescence avec Anne-Marie parce que « non mais personne ne l’aimait et elle me collait tout le temps et moi, j’osais rien dire car elle me faisait peur ». Après s’être promis de se revoir à mon prochain passage dans le coin, je souris : finalement, cette petite cicatrice d’adolescence (que j’avais certes oubliée) s’effaçait tranquillement.
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Et finalement, je me rendais compte que je faisais partie des gens dont on se souvient. J’ai plutôt un souvenir agréable du lycée (un peu moins du collège), je ne me souviens pas avoir eu de période ingrate, d’avoir été rejetée. Sans faire partie de la caste des populaires, ceux qui nous refaisaient Beverly Hills tous les jours car bidule a plaqué machin pour sortir avec Chouette mais Machin va aller se consoler avec Truc, je faisais partie de cette espèce de ventre mou de lycéens qu’on apprécie, avec qui on discute parfois mais qui ne sera pas un souffre-douleur. Un jour, pour vous situer, je passais devant un banc où les garçons s’amusaient à noter les filles qui passaient (oui, à 17 ans, on est cons) et j’avais hérité d’un 13. Cette note résume bien l’image que j’avais un lycée, une « assez bien ». Et pourtant, même si je n’étais pas leader, même si je n’en ai pas vus certains depuis 17 ans, beaucoup me remettaient encore.

Juste pour le plaisir...
Juste pour le plaisir…

Moralité de tout ça : elle est bien, ma vie.

C’est pas parce que je tiens pas mes résolutions que j’en fais pas

Tadaaaa, la meilleure tradition que Noël, mieux que la dinde que je ne mange jamais ou que le film de Noël que je ne regarde pas : les résolutions ! Ce truc magique qui me fait croire que ma vie sera meilleure demain. Evidemment, c’est toujours plus facile à dire qu’à faire mais laissez-moi rêver deux minutes que j’en tiendrai quelques unes.

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Avant tout, payons nous gentiment la honte en reprenant la liste de l’an dernier pour constater que j’en ai tenues aucune ou à peu près… Bon, j’avais dit que 2014 serait l’année de la réussite, je m’y suis plutôt bien tenue même si j’avais autre chose en tête à ce moment là (j’avais prévu d’évoluer dans ma boîte, pas d’en changer mais bon, je m’en sors mieux in fine). Pour le reste :

  • remettre de l’ordre dans mon intérieur : fait dans mon appart, un peu moins dans mon estomac (ça dépend des moments). Aucune capacité à me préparer à bouffer en avance (et pourtant, il le faut)
  • reprendre le yoga : oui mais par accident (proposé par ma boîte mais je sens que ça va pas durer)
  • mise en place d’un suivi dépenses pécuniaires/calorifères + mots écrits. Jamais fait, j’ai à peu près pas du tout tenu ma résolution de ne pas dépenser un budget hebdo de 150 €, j”ai parfois fait les 7 km de nage, jamais écrit 1500 mots/jour (je suis même pas sûre d’avoir écrit quoi que ce soit de littéraire cette année)
  • trouver un mec : ça dépend de ce qu’on met derrière le mot “mec” mais j’ai eu des petites scénettes sympa et une histoire d’amitié poussée bien sympa alors c’est pas tout à fait ça mais c’est pas tout à fait raté non plus.
  • devenir la queen du digital : être la boss de la social intelligence, ça marche un peu quand même…

 

Bilan moins catastrophique que prévu, ouf.

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Alors, en 2015, je fais quoi ? Je reprends mon idée de chi va piano va sano mais en priorité :

  • devenir une psychorigide de la to do list car ça marche bien. En gros, je m’achète un agenda dans lequel je liste tout ce que je m’impose de faire dans la journée (pro et perso), ce que je dépense (en calories et en sous), ce que j’écris… Ca fait complètement meuf folle dis comme ça mais j’ai teeeeeellement tendance à m’autoflageller pour rien qu’en cochant les cases, les choses seront faites
  • M’instaurer un samedi ou dimanche glande. Quitte à me mener la vie dure 6 jours sur 7, le 7e (samedi ou dimanche), je fous rien et je culpabilise pas 30 secondes
  • Me préparer une gamelle pour le midi, ça coûte trop cher à la longue les sandwiches et ça fait grossir. Me constituer une tirelire où je mets ce que j’ai économisé en fin de semaine pour me payer des escapades, des stages et des massages
  • Me trouver un vrai cours de yoga, je sens que ceux du bureau vont s’arrêter (et la prof parle trop). Prendre des cartes de 10 cours de yoga, gym suédoise si je trouve une salle cool (y en a une à côté de chez moi mais les cours sont trop tôt) et de danse. En 2015, je transpire. Et la piscine, on y retourne et on arrête de chouiner parce qu’il fait froid
  • Choper des stages : photo, trucs manuels, danse, pilotage, tout ce qui me permettra de m’amuser et d’apprendre des trucs
  • Ecrire pour de vrai
  • Changer de style vestimentaire, ça casse un peu ma jolie ascension qu’on me prenne toujours pour l’alternante de service (j’ai 34 ans bordeyl)
  • M’acheter des plantes

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Et… et puis voilà. Trouver un mec, on verra ce que me réserve la vie, apprendre une langue, oui, non, pas en ce moment (mais renforcer l’anglais même si je suis pas si mauvaise). Trouver mes voies, oui mais rester sur la mienne pour le moment, tant que ça marche. Parce que je suis certes bonne dans le rebond mais ça finit par fatiguer un peu. 2015, année de la consolidation (de la psychorigidité, du touche à tout, de la chlorophylle et de la glande donc… ).

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Mais surtout, surtout, ma vraie résolution, celle que je ne sais pas du tout comment je vais tenir, c’est arrêter le snoozing d’être un boulet. Non parce qu’entre mes différentes cascades dans la rue ou dans un escalator où mon adresse géniale qui fait valdinguer mon verre de rouge direct sur le pantalon et la chemise du mec de la régie qui nous payait le déj, sans parler de tous les objets que je brise, j’en ai putain de marre. (si idées, je suis preneuse).

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Demain, je vous parle de mes résolutions spéciales réseaux sociaux (et blogs)

Quel site de rencontre choisir ?

Je parle, je parle mais vous me dites “non mais Nina, c’est bon, ça va, on a compris le principe alors sur lequel on va pour (te) choper ?” Alors, c’est très simple :

  • pour choper : ça dépend
  • pour me choper : actuellement aucun mais ça, j’en parlerai une autre fois

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“Quoi, tu nous saoules avec tes articles sur les sites et tu n’es même pas foutue de nous dire lequel est le plus mieux du monde ? Tu servirais pas un peu à rien ?”. En fait, la réponse se cache derrière la définition que vous mettez derrière le mot rencontre. En gros : si vous avez envie de fricoter avec une personne nue dans votre lit, vous n’allez pas forcément aller sur les mêmes sites que si vous cherchez une personne qui apposera sa signature à la fin d’un contrat de mariage à vos deux noms. Par exemple, je ne suis pas certaine que Tinder, basé sur une sélection uniquement sur des photos, soit le site le plus adapté pour trouver l’Amour. Ca peut sans doute arriver, je dis pas, mais je ne pense pas que l’utra majorité des utilisateurs soient dans cette optique. De la même façon, adopteunmec semble plus dédié au plan cul qu’au plan love. Meetic semble, lui, s’adresser plus à ceux qui recherchent un peu plus sérieusement mais là, encore, ça dépend sur qui on tombe.

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Le problème finalement n’est pas d’aller sur un site de rencontre : une fois le pas franchi, ce n’est finalement pas si pire. Le problème, c’est d’en trouver une qui nous correspond. Je n’ai moi-même pas testé tous les sites (je dois pas en connaître la moitié, je pense), j’ai débuté sur Meetic, poursuivi sur Adopte, pas mal traîné sur OkCupid, échoué sur Tinder (mais vu que le 2e résultat était l’un de mes directeurs, j’ai tout effacé et j’en fais encore des cauchemars la nuit). J’ai vaguement testé Obs rencontres y a fort longtemps et un autre dont je n’arrive pas à retrouver le nom. J’ai fait de jolies rencontres, de moins jolies, des franchement atroces, eu des dialogues intéressants, des échanges glaçants… Des prises de contact un peu directes, d’autres marrantes, d’autres encore bien foirées. De façon générale, je ne pense ne jamais refoutre les pieds sur Adopte un mec ou Tinder : pas de discussion intéressante, on sait de suite pour quoi on est là : on est des sacs à foutre. Bon, déjà, arriver à trouver un mec qui écrit à peu près correctement, c’est une aventure, alors le reste… Après, y en a qui ça correspond, qui se sentent bien là bas donc si ça leur convient, autant y rester.

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Car c’est bien là le plus grand défi. Déjà, au début, faut s’habituer aux coutumes locales. ca flashe, envoie des charmes ou Dieu seul sait quoi, votre page est vite transformée en flipper géant avec tout qui clignote dans tous les sens. Au début, on est un peu intimidés, on répond à tous les messages par politesse, on peut vite se sentir agressés ou lassés par tous ces galants “tu veux baiser” et autres poésies. C’est pas qu’on soit contre dans l’absolu mais on aime bien aussi savoir à qui on a à faire avant et ne pas trop se sentir sale après… Faut s’accrocher pour ne pas tout envoyer balader en se disant que seuls les goujat-e-s fréquentent ce genre de sites et que c’est pas là qu’on va trouver l’amour, tiens.

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Alors j’ai envie de vous proposer un plan, tout droit sorti de mon cerveau de marketeuse devenue obsédée par son métier : le A/B testing. C’est très simple. La plupart des sites de rencontres payants proposent toujours une période d’essai gratuite donc l’idée est de vous inscrire en même temps sur deux sites avec les mêmes photos, profil, description (même pseudo si vous en avez envie, peu importe)… et fréquentez les en parallèle. A la fin du test, vous serez plus à même d’élire celui qui vous convient le mieux.

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Et pour ma part, mon chouchou était OkCupid : c’est fou ce qu’un site anglophone semble de suite être une barrière aux relous. Et quand certains insistaient et se conduisaient comme tels, leur fiche était supprimée au bout de 48h max. Magie.

 

On va fluncher ?

Sur les sites de rencontre, les rencontres, justement, sont finalement rares pour peu qu’on soit un peu sélectifs (aka « non, j’ai pas envie de tirer un coup vite fait avec une personne pensant que 3 mots souvent mal orthographiés suffisent pour me choper, excuse my sapiosexualité). Mais parfois, au hasard d’échanges de messages, la magie se crée et l’autre accepte la rencontre. Super… Mais on fait quoi du coup ?
Elegant couple traveling a limousine at night
Je me suis déjà posé la question du premier rendez-vous, elle se pose avec d’autant plus d’acuité sur les sites de rencontre qu’il est rare que les inscrits aient un-e seul-e prétendant-e sur le feu. C’est le Bachelor ou la Bachelorette mais sans prod qui vous balance à Venise ou Prague pour roucouler dans des restos réservés rien que pour vous. Non, faut se démerder tout seul et avoir la bonne idée. Donc dans ce cas, j’ai envie d’exclure direct le ciné ou un concert, à moins d’être sûr du film ou du concert. Si le spectacle n’est pas à la hauteur, ça peut nuire à ton image mais surtout c’est difficile de se parler et donc de démontrer avec subtilité que ça peut accrocher (ou pas d’ailleurs). Une expo peut être une bonne idée mais attention : on vérifie l’expo avant (cf remarque sur le film ou le ciné potentiellement moyen) et si on veut étaler sa science, on ne le fait pas avec lourdeur et prétention. Une personne cultivée, c’est bien, une personne qui se la pète, ça craint.
Of course I talk to myself
Le mieux reste de trouver un terrain neutre, idéalement pas trop loin de vos domiciles respectifs (pas toujours évident en grande ville,je sais) histoire de trouver rapidement un échappatoire si la soirée n’est pas à la hauteur de vos espérances. On ne traverse pas Paris pour aller à côté de chez elle ou lui, on ne lui fait pas faire le grand tour non plus, à moins d’avoir le meilleur resto ou bar du monde au bas de son immeuble mais faut être sûr de son coup. Le mi chemin permet d’envisager l’option « retour chez soi », seul ou accompagné, tôt… ou plus tard. Evidemment, le choix du quartier reste prépondérant et là, y a pas de règles. Je suis sûre que si on cherche bien, y a bien des gens qui aiment sortir à Châtelet ou sur les Champs donc bon…Après, n’oublions pas que c’est sujet à discussion, la proposition n’est pas imposition. Si la personne refuse de vous rencontrer parce que vous avez proposé le mauvais quartier (bon, les Champs, si la personne vit sur Paris depuis plus de 3 mois, c’est un peu chercher la merde quand même), vous aurez sans doute gagné du temps en passant direct à la suivante.
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Bon, le rendez-vous est pris ? Ok, va falloir rencontrer la personne IRL… On s’accroche à nos culottes, strings ou boxers (pas slips, non) et c’est parti ! 

Laisse-moi t’aimer toute une nuit

Laisse-moi, laisse-moi t’aimeeeer-yeaaaaaah !

Revenons en à nos amoureux qui ont échangé leur premier baiser. Logiquement, ils glissent vers l’étape suivante : la première nuit. Note de l’auteur : la première nuit peut avoir lieu en journée, inutile d’attendre la lune pour montrer la vôtre.

La première fois avec l’autre, moment à la fois excitant et terrifiant. Tandis que les mains glissent sous nos tissus à la recherche d’une peau nue, des milliards de pensées se bousculent dans nos têtes.

– mon corps nu sera-t-il à la hauteur de ses attentes ? Alors déjà faut arrêter avec ça. De 1, aucune fringue ne fait perdre 10 kg ou ne fait gagner 3 tailles de bonnet, on est adultes, on arrête de rêver ! Et puis si la personne fuit pour un bourrelet ou un os saillant, partez drapés dans votre dignité en vous disant que cet(te) abruti(e) vous a fait gagner du temps en réagissant ainsi dès le départ.

– est-ce qu’il y a tout ce qu’il faut là où il faut ? Question plus typiquement féminine car nos formes sont déjà exposées. Certes, la taille ne compte pas mais quand même un peu. Dans les 2 sens, une bite de cheval peut faire fuir…

-mais surtout, et c’est là l’essentiel, allons nous être charnellement compatibles ?

Partons du principe que la première nuit ne sera jamais, en terme technique, la meilleure avec votre partenaire. L’envie exacerbée par l’attente, l’explosion des hormones permet de masquer les maladresses de 2 individus qui se découvrent, tâtonnent, n’osent pas toujours explorer certaines zones de prime abord… À moins de s’être tout détaillé avant mais quelle tristesse, pulvériser ainsi les délices de la découverte coquine.

L’amour est aussi une question de peau, de rythme, de sueur et de foutre qui se mêlent, se marient. L’alchimie ne s’invente pas. Et si ça ne le faisait pas ? Et si je n’aimais pas l’odeur de sa peau, sa façon de me toucher, si je me mets à espérer que ça se termine vite, que je n’aime pas sa façon de jouir ? Et si cette histoire que j’espérais magique se terminait en eau de boudin ?

La première nuit tient parfois du miracle. Comment deux êtres se laissent aller à leurs instincts pour tenter de créer quelque chose, comment ils essaient de se donner du plaisir en agissant sans réfléchir sur un corps inconnu. Comment on donne et on prends du plaisir sans avoir le temps d’y penser vraiment.

Le premier baiser comme la première nuit sont ces parenthèses enchantées où, embrasés par le feu de la passion, on ne peut pas se poser des questions, le cerveau trop occupé à réagir à différents stimulis simultanés. Les corps se consument, s’abandonnant enfin à ce désir monté en puissance par l’attente.

Toi et moi, c’est maintenant.

Première rencontre

Une histoire d’amour commence toujours par une rencontre. Ce matin, Héloïse et Daniel se sont levés, inconscients de l’incroyable coup du destin qui les attendait : leurs chemins allaient se croiser.


Peut-être s’étaient-ils déjà croisés avant sans le savoir. Chaque métro qui se croisent, ce sont des centaines de trajectoires de vie qui se croisent. Peut-être sont-ils allés à la même soirée sans se parler, peut-être étaient-ils dans la même salle de cinéma un dimanche pluvieux, peut-être sont-ils allés dans un petit café le même jour à la même heure sans se voir. Les hasards de la vie sont parfois amusants. Mais ce jour là, ils allaient prendre pleinement conscience de l’existence de l’autre.


Il existe une multiplicité de rencontres : coup de foudre dans le métro ou dans la rue, rencontre lors d’une soirée, au travail, sur Internet, par hasard, sans raison. Le jour où Daniel et Héloïse se croisent et prennent conscience de l’existence l’un de l’autre n’est pas forcément celui qui va sceller la mythologie de leur couple. Il nous faut parfois du temps pour réaliser que celui-ci ou celle-la nous plaît bien en fin de compte et qu’on irait bien lui conter fleurette. Ou qu’il/elle flirte avec nous et, qu’après tout, la séduction opère.


Aujourd’hui, Daniel et Héloïse se sont rencontrés mais ils ne savent pas encore ce qu’ils seront l’un pour l’autre. Peut-être le pressentent-ils, peut-être l’espèrent-ils. Il y a cependant un point commun à toutes les rencontres de tous les couples : elles deviennent mythique. D’une banale histoire, elle prend de plus en plus d’intensité, de magie, de suspense aussi. D’un banal échange de regard qui aurait pu rester sans suite, l’histoire devient soudain haletante, les amoureux créent de toute pièce une tension érotique à couper au couteau qu’ils narreront jusqu’à la fin de leur relation, si tant est que celle-ci se termine. Ils y rajoutent tellement de passion, d’inédit, d’incroyable qu’ils finissent eux-même par croire au côté magique de cette rencontre, de ce jour qui fit que plus rien ne fut comme avant.


Pourtant, les rencontres sont souvent assez banales. Quelques échanges de mails pour les connectés-débordés, des échanges de regards. Certains se connaissaient déjà bien avant les premiers frissons amoureux. Rien en fait d’exceptionnel, l’homme n’est qu’un animal séducteur mais ça, personne ne l’admettra. Quoi qu’il en soit, quand être 1 et être 2 se rencontrent (après tout, ce n’est pas l’apanage des hétérosexuels malgré les prénoms que j’ai choisis, je plaide coupable d’hétéronormisme) et se reconnaissent comme partenaires potentiels se crée alors une envie, un désir. Chacun cherche comment faire succomber l’autre, de façon plus ou moins intense selon la personnalité et les attentes de chacun. Les neurones turbinent pour trouver la façon de soit isoler sa proie pour tenter de glisser une langue dans cette bouche que l’on espère amie, soit trouver le courage de lui proposer une sortie.

Car quand on reconnaît l’autre démarre la phase la plus stressante mais la plus exaltante : l’attente.

Hugo m’a donné la foi…

Par Diane

Parce que de temps en temps il fait bon prêcher pour sa paroisse et se rappeler ce pourquoi et ce en quoi l’on croit.
J’ai acquis avec le temps une sorte de conviction qui me fait dire que l’homme ne peut pas vivre sans une sorte de croyance, sans avoir foi en  quelque chose. Sinon c’est juste trop dur, d’avancer sans savoir ou, ni pourquoi.
Pour beaucoup, ça va être la foi en un dieu. Soit. Personnellement, Dieu, je n’y crois pas. Et la meilleure « preuve » que je puisse trouver à mon sens à la non-existence de Dieu, bah c’est tout simplement que j’aimerais mieux y croire. Le sens de la vie, la vie après la mort….dieu donne un peu trop toutes les réponses à nos angoisses les plus profondes pour être crédible, à mon sens je le répète.
Pour ceux qui ne croient pas en dieu, il reste d’autres choses en quoi croire: certains vont croire en la raison, d’autres au hasard, d’autres encore aux mathématiques, et vont chercher là dedans les explications à leurs questions existentielles. Il y a des hommes capables d’expliquer tout l’univers avec une équation. En ce qui me concerne, je suis plutot du genre rationnel, et j’ai tendance à aller chercher les réponses à mes questions dans les livres. Quand je ressens un besoin particulier, je me dirige vers ma bibliothèque ou celle des autres et va y puiser de quoi le combler, ou du moins en partie.

Parfois, il m’arrive de ne pas comprendre un comportement humain. Le mien, celui d’un autre. Alors je me penche vers ceux qui ont passé du temps et de l’encre à tenter d’expliquer ce genre de choses. Psychologie, psychanalyse, neuro-biologie (vulgarisé, hein…)…chacun y va de sa petite théorie. Et que je crois en l’une ou en l’autre ou pas, ça donne toujours des clés d’explication.

Parfois, encore, quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle, on a envie d’y échapper quelques instants, et je me dirige alors vers Sherlock holmes, Philéas Fogg, M. Jourdain,  Rodrigue….rien que le fait de tourner les pages a quelque chose de confortant, chaque froissement de page tournée nous éloignant un peu plus du lourd fardeau du temps qui brise nos épaules et nous penche vers la terre.

Et puis parfois, toujours, souvent me vient l’envie de ce sentiment très étrange -que je ne me suis jamais parvenu à expliquer mais dont j’espère ardemment qu’il ne disparaitra jamais- que je ressens parfois, au fil de mes lectures. Je lis, mes yeux parcourent les lignes, et puis tout à coup, au détour d’un vers, d’une virgule, ou même sur le suspens d’un mot, je m’arrête, sans même m’en rendre compte, et je retiens mon souffle un moment, de peur de la voir s’échapper, cette petite émotion fugitive mais d’une densité émotionnelle et esthétique extraordinaire, que faute de mieux (et qu’on me pardonne  la banalité de l’expression) j’appellerai simplement la beauté du mot. Le mot qui dans un tout autre contexte n’est rien qu’un signe, un assemblage de lettres arbitraire à qui l’on a donné un sens, mais qui à cet endroit précis du texte s’auréole d’une sorte de magie fugace qui nous maintient en l’air quelques secondes, nous fait lever les yeux du texte et suspendre notre lecture un instant, en tentant de la retenir encore un peu.

Ces petits instants là sont rares et précieux dans une oeuvre. A mon sens, on reconnait un bon écrivain à ce qu’il est capable, ne serais-ce qu’une fois, d’engendrer de tels instants. Allez, je vous en donne un des miens, ne serais-ce que pour mon plaisir égoiste de le relire. (Par une sorte de superstition je pense, je ne relis pas trop souvent mes petits moments de beautés fugaces préférés, je crois que j’ai peur que si je les lis trop souvent, ils vont s’échapper)
Dans l’acte V scène 5 de Cyrano de Bergerac, à la toute fin, Christian est mort depuis longtemps, Cyrano n’a jamais avoué son amour à Roxanne, et continue tous les samedis à aller la voir au couvent où elle s’est recluse. Ce samedi ci, Cyrano a été victime d’une attaque, il arrive au couvent blessé (sans que Roxanne ne le voit, il dissimule sa blessure), et agit comme d’habitude, tout en sachant que la mort n’est pas loin. Le soir tombe, ils sont dehors, un soir d’automne, et regardent les feuilles mortes tomber.

ROXANE
A ce moment, un peu de brise fait tomber les feuilles.

CYRANO
Les feuilles !

ROXANE, levant la tête, et regardant au loin, dans les
allées

Elles sont d’un blond vénitien.
Regardez-les tomber.

CYRANO
Comme elles tombent bien !
Dans ce trajet si court de la branche à la terre,
Comme elles savent mettre une beauté dernière,
Et malgré leur terreur de pourrir sur le sol,
Veulent que cette chute ait la grâce d’un vol !

Voilà, juste quelques vers, et peut-être qu’à vous cela ne fait strictement rien, mais à moi cela me hérisse jusque les poils du nez.

Alors voilà pourquoi, voilà pourquoi à tous ceux qui me répètent et me répèteront que la littérature, ça ne sert à rien, que ce n’est pas « utile », que ce n’est pas ça qui va relancer l’économie, qu’il faut faire S si on a des bonnes notes en maths même si on n’a absolument aucun intérêt en la matière, à tous ceux là je leur répondrais que nous n’avons pas la même notion de l’ « utilité », voilà tout. Qu’il y en a qui n’ont pas pour but absolu dans la vie de faire plein de fric.
Notre président a répondu aux plaintes des enseignants sur les réformes de l’enseignement que ces réformes allaient permettre de les payer plus. Les enseignants lui ont répondu que l’argent ne faisait pas partie de leurs revendications, et  que ce qu’ils voulaient c’était des formations solides et des professeurs compétents dans leur matière. Mais peut-il simplement saisir cela? Que le progrès puisse consister en autre chose qu’avoir un plus haut salaire?
Je n’ai pas envie que cet article dérive en pamphlet politique, déja parce que je ne m’en sens pas capable, et ensuite parce que ça m’emmerderait profondément, mais il faut avouer que il y en a un qui a particulièrement le don de m’énerver, quand il s’y met.

Donc je me permettrais juste de répondre aux propos de notre président dans un discours fait à Lyon en 2007:
« L’autre jour, je m’amusais, on s’amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d’attaché d’administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d’interroger les concurrents sur La Princesse de Clèves. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu’elle pensait de la Princesse de Clèves… Imaginez un peu le spectacle ! »

Je ne sais pas vous, mais moi j’ai pas particulièrement envie de vivre dans un monde où les professeurs de français lisent la princesse de Clèves et la guichetière Biba. Et à mon humble avis cela relève d’un esprit aussi étriqué que stupide de penser qu’il faille un bac + 5 pour apprécier un livre, un film ou un tableau. L’art et la culture, c’est pour tous, et il revient à certains de les rendre abordables à d’autres, de les rendre compréhensibles.

Et pour conclure, je ne résiste pas à vous citer quelques passages de Victor Hugo à propos de Napoléon le Petit (Napoléon III) qui pourront vous sembler un brin familiers et qui parlent d’eux mêmes.

 » Que peut-il ? Tout. Qu’a-t-il fait ? Rien. Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l’Europe peut-être.  Seulement voilà, il a pris la France et n’en sait rien faire. Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c’est le
mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide.  L’homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l’argent, l’agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort.
Il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse. Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve pas quelque surprise. On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l’insulte et la bafoue ! Triste spectacle que celui du galop, à travers l’absurde, d’un homme médiocre échappé. »