Hugo m’a donné la foi…

Par Diane

Parce que de temps en temps il fait bon prêcher pour sa paroisse et se rappeler ce pourquoi et ce en quoi l’on croit.
J’ai acquis avec le temps une sorte de conviction qui me fait dire que l’homme ne peut pas vivre sans une sorte de croyance, sans avoir foi en  quelque chose. Sinon c’est juste trop dur, d’avancer sans savoir ou, ni pourquoi.
Pour beaucoup, ça va être la foi en un dieu. Soit. Personnellement, Dieu, je n’y crois pas. Et la meilleure « preuve » que je puisse trouver à mon sens à la non-existence de Dieu, bah c’est tout simplement que j’aimerais mieux y croire. Le sens de la vie, la vie après la mort….dieu donne un peu trop toutes les réponses à nos angoisses les plus profondes pour être crédible, à mon sens je le répète.
Pour ceux qui ne croient pas en dieu, il reste d’autres choses en quoi croire: certains vont croire en la raison, d’autres au hasard, d’autres encore aux mathématiques, et vont chercher là dedans les explications à leurs questions existentielles. Il y a des hommes capables d’expliquer tout l’univers avec une équation. En ce qui me concerne, je suis plutot du genre rationnel, et j’ai tendance à aller chercher les réponses à mes questions dans les livres. Quand je ressens un besoin particulier, je me dirige vers ma bibliothèque ou celle des autres et va y puiser de quoi le combler, ou du moins en partie.

Parfois, il m’arrive de ne pas comprendre un comportement humain. Le mien, celui d’un autre. Alors je me penche vers ceux qui ont passé du temps et de l’encre à tenter d’expliquer ce genre de choses. Psychologie, psychanalyse, neuro-biologie (vulgarisé, hein…)…chacun y va de sa petite théorie. Et que je crois en l’une ou en l’autre ou pas, ça donne toujours des clés d’explication.

Parfois, encore, quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle, on a envie d’y échapper quelques instants, et je me dirige alors vers Sherlock holmes, Philéas Fogg, M. Jourdain,  Rodrigue….rien que le fait de tourner les pages a quelque chose de confortant, chaque froissement de page tournée nous éloignant un peu plus du lourd fardeau du temps qui brise nos épaules et nous penche vers la terre.

Et puis parfois, toujours, souvent me vient l’envie de ce sentiment très étrange -que je ne me suis jamais parvenu à expliquer mais dont j’espère ardemment qu’il ne disparaitra jamais- que je ressens parfois, au fil de mes lectures. Je lis, mes yeux parcourent les lignes, et puis tout à coup, au détour d’un vers, d’une virgule, ou même sur le suspens d’un mot, je m’arrête, sans même m’en rendre compte, et je retiens mon souffle un moment, de peur de la voir s’échapper, cette petite émotion fugitive mais d’une densité émotionnelle et esthétique extraordinaire, que faute de mieux (et qu’on me pardonne  la banalité de l’expression) j’appellerai simplement la beauté du mot. Le mot qui dans un tout autre contexte n’est rien qu’un signe, un assemblage de lettres arbitraire à qui l’on a donné un sens, mais qui à cet endroit précis du texte s’auréole d’une sorte de magie fugace qui nous maintient en l’air quelques secondes, nous fait lever les yeux du texte et suspendre notre lecture un instant, en tentant de la retenir encore un peu.

Ces petits instants là sont rares et précieux dans une oeuvre. A mon sens, on reconnait un bon écrivain à ce qu’il est capable, ne serais-ce qu’une fois, d’engendrer de tels instants. Allez, je vous en donne un des miens, ne serais-ce que pour mon plaisir égoiste de le relire. (Par une sorte de superstition je pense, je ne relis pas trop souvent mes petits moments de beautés fugaces préférés, je crois que j’ai peur que si je les lis trop souvent, ils vont s’échapper)
Dans l’acte V scène 5 de Cyrano de Bergerac, à la toute fin, Christian est mort depuis longtemps, Cyrano n’a jamais avoué son amour à Roxanne, et continue tous les samedis à aller la voir au couvent où elle s’est recluse. Ce samedi ci, Cyrano a été victime d’une attaque, il arrive au couvent blessé (sans que Roxanne ne le voit, il dissimule sa blessure), et agit comme d’habitude, tout en sachant que la mort n’est pas loin. Le soir tombe, ils sont dehors, un soir d’automne, et regardent les feuilles mortes tomber.

ROXANE
A ce moment, un peu de brise fait tomber les feuilles.

CYRANO
Les feuilles !

ROXANE, levant la tête, et regardant au loin, dans les
allées

Elles sont d’un blond vénitien.
Regardez-les tomber.

CYRANO
Comme elles tombent bien !
Dans ce trajet si court de la branche à la terre,
Comme elles savent mettre une beauté dernière,
Et malgré leur terreur de pourrir sur le sol,
Veulent que cette chute ait la grâce d’un vol !

Voilà, juste quelques vers, et peut-être qu’à vous cela ne fait strictement rien, mais à moi cela me hérisse jusque les poils du nez.

Alors voilà pourquoi, voilà pourquoi à tous ceux qui me répètent et me répèteront que la littérature, ça ne sert à rien, que ce n’est pas « utile », que ce n’est pas ça qui va relancer l’économie, qu’il faut faire S si on a des bonnes notes en maths même si on n’a absolument aucun intérêt en la matière, à tous ceux là je leur répondrais que nous n’avons pas la même notion de l’ « utilité », voilà tout. Qu’il y en a qui n’ont pas pour but absolu dans la vie de faire plein de fric.
Notre président a répondu aux plaintes des enseignants sur les réformes de l’enseignement que ces réformes allaient permettre de les payer plus. Les enseignants lui ont répondu que l’argent ne faisait pas partie de leurs revendications, et  que ce qu’ils voulaient c’était des formations solides et des professeurs compétents dans leur matière. Mais peut-il simplement saisir cela? Que le progrès puisse consister en autre chose qu’avoir un plus haut salaire?
Je n’ai pas envie que cet article dérive en pamphlet politique, déja parce que je ne m’en sens pas capable, et ensuite parce que ça m’emmerderait profondément, mais il faut avouer que il y en a un qui a particulièrement le don de m’énerver, quand il s’y met.

Donc je me permettrais juste de répondre aux propos de notre président dans un discours fait à Lyon en 2007:
« L’autre jour, je m’amusais, on s’amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d’attaché d’administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d’interroger les concurrents sur La Princesse de Clèves. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu’elle pensait de la Princesse de Clèves… Imaginez un peu le spectacle ! »

Je ne sais pas vous, mais moi j’ai pas particulièrement envie de vivre dans un monde où les professeurs de français lisent la princesse de Clèves et la guichetière Biba. Et à mon humble avis cela relève d’un esprit aussi étriqué que stupide de penser qu’il faille un bac + 5 pour apprécier un livre, un film ou un tableau. L’art et la culture, c’est pour tous, et il revient à certains de les rendre abordables à d’autres, de les rendre compréhensibles.

Et pour conclure, je ne résiste pas à vous citer quelques passages de Victor Hugo à propos de Napoléon le Petit (Napoléon III) qui pourront vous sembler un brin familiers et qui parlent d’eux mêmes.

 » Que peut-il ? Tout. Qu’a-t-il fait ? Rien. Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l’Europe peut-être.  Seulement voilà, il a pris la France et n’en sait rien faire. Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c’est le
mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide.  L’homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l’argent, l’agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort.
Il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse. Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve pas quelque surprise. On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l’insulte et la bafoue ! Triste spectacle que celui du galop, à travers l’absurde, d’un homme médiocre échappé. »

La perfection n’est point de ce monde

Hier j’ai dit qu’il était plutôt rassurant de constater qu’on ne pouvait pas toujours maîtriser tous les paramètres de séduction, exemple était donné avec la peau. Et j’ai même dit que je trouvais ça rassurant. En effet, ça prouve par A+B que quoi qu’on fasse, la machine de séduction parfaite n’existe pas.


L’avantage quand on travaille sur des sites féminins, c’est qu’on en découvre pas mal sur la nature féminine et ça vous nourrit un blog. Et je lis souvent les propos suivants : « si je me fais refaire le nez/les seins/une lippo, je n’aurai plus aucun problème avec les hommes. » Oui mais non. Quelque part, c’est pas tout à fait faux vu que je l’ai déjà dit, la meilleure arme de séduction reste la confiance en soi, ok.  Mais ce n’est pas pour autant une garantie. Une fois que j’aurai un nez tout neuf, ne trouverai-je pas mes seins trop petit et/ou mon cul trop gros ? Certaines tombent dans l’addiction à la chirurgie, toujours un truc à corriger. A la fin, on devient un véritable monstre de foire.

 

Le problème de la beauté, c’est qu’on court après des chimères inaccessibles. Ces belles filles dans les magazines n’existent pas, ce sont des filles livrées avec défaut et retouchées plus ou moins subtilement sur photoshop. Y en a qui ont des ventres plus fins que leurs cuisses, j’adore, elles sont si belles dans leur difformité. La beauté parfaite n’existe pas tout simplement car la beauté n’est pas une affaire de mathématiques mais de goût. On peut m’expliquer que les visages parfaits qui rentrent dans un carré compliqué sont à
s’extasier, moi, j’ai pas le compas dans l’oeil. La beauté est une affaire de goût et personne au monde ne fait l’unanimité. Même Angelina Jolie, y a des gens qui la trouvent moche. Pas moi (enfin, si, jeune, elle faisait super vulgos quand même) mais par contre, je ne comprends toujours pas ce qu’on trouve à la fade Scarlett Johansson ou à l’insipide Kate Moss. Et ça ne sert à rien 
de m’expliquer vu que ce sont mes goûts.

Mais j’ai beau être consciente que cette beauté parfaite n’existe pas, j’en fais des caisses pour être dans le haut du panier. Savon bon pour ma peau et qui sent bon, shampoing qui rend le cheveu souple et brillant, crèmes en tout genre qui hydratent, affinent, sculptent et refont monter ce qui sera bientôt menacé par la gravité, anti cernes, crèmes de jour et de nuit, maquillage zéro imperfection. Comme j’ai dit à mon père, j’entame les travaux d’entretien avant les travaux de réparation. En attendant, je pleure sur ma ridule sur le front et sur le fait que ma paupière gauche soit plus tombante que la droite. Je sais, faudrait un peu que j’arrête de me regarder dans la glace, personne d’autre n’a remarqué ma ridule et ma paupière, sauf depuis que j’en parle.


Pourtant, nos défauts ne sont-ils pas les artisans de notre charme. Par exemple, la myopie. Ca rend le regard trouble et un peu mystérieux… alors que le seul mystère, c’est d’arriver à voir précisément ce qui se trame sous nos yeux. Ou prenons le grain de beauté de Cindy Crawford à l’époque, une des plus belles femmes au monde dans mon classement perso. Ce grain de beauté pourrait être vécu comme une calamité vu qu’il attire le regard et casse la symétrie du visage.  Il a fait d’elle une star. Regardez tous les gens dont on dit qu’ils vieillissent bien car les pattes d’oie leur donne un charme fou. Pourtant, les pattes d’oie, ce n’est pas très parfait dans le style, y a qu’à voir la longue liste des botoxées qui ne ressemblent plus à rien genre Madonna (elle est franchement affreuse maintenant) ou Carlita Bruni-Sarko qui a perdu toute sa beauté depuis qu’elle est figée comme une momie. Pourtant, jeune, oui, elle était belle (même si d’après le livre de Justine Lévy lu par Pink, elle a été refaite de A à Z dès le départ).


Finalement, à bien y réfléchir, la perfection en matière de beauté, qu’est-ce que c’est laid.