Ce qui est difficile quand on donne son avis sur un film, c’est qu’on ne parle jamais du contexte de visualisation. Nous sommes tous sensibles à des tas de choses extérieures et il est possible qu’un film maté dans un mauvais contexte (bruits parasites, mauvaise humeur, santé défaillante…) nous paraisse mauvais et on va le défoncer car plaisir pervers. Par exemple, ai-je détesté le dernier bar avant la fin du monde parce que je pensais qu’il s’agissait d’un film introspectif sur des personnes qui se réunissent une dernière fois dans un pub avant la fin du monde (pas du tout donc) ou parce que le Héros est tellement l’archétype des gens que je déteste que je n’ai pas pu ressentir d’empathie ni pour lui ni pour ses “amis” (victimes consentantes plutôt) ? Et puis, y a Persépolis, maté à la maison juste après la découverte de the Lobster (que j’ai adoré) et en pleine crise des migrants et là… claque.
J’avais très envie de voir ce film sa sortie mais comme d’hab, je suis pas allée au cinéma, je mate rarement des films chez moi donc voilà. C’est le secret de mon inculture totale en matière de cinéma. Puis Victor, galvanisé par The Lobster, me propose de le mater. Un petit shot de Jack Daniels au miel* et nous voici lancés.
L’histoire, c’est celle de Marjane, jeune Iranienne qui va vivre la révolution, la chute du Shah, les gardiens de la Révolution… On suit les événements à travers ses yeux, ceux d’un enfant, d’abord, qui se réjouit quand on lui dit que ce qui arrive est bien puis la désillusion, petit à petit, cet oncle qui disparaît, le foulard… Fille de parents très politisés, Marjane se rebelle, répond, rue dans les brancards. Pour la protéger, ses parents vont l’envoyer en Autriche où elle finira son adolescence, découvrant la liberté, les cigarettes, l’amour. Elle reviendra finalement en Iran où elle devra se soumettre à nouveaux aux règles radicales.
Bon, en fait, l’histoire, vous la connaissez sans doute, je vais pas m’y attarder plus que ça. Le dessin est simple mais empreint d’une belle poésie, le noir et blanc fonctionne très bien. On se laisse très facilement emporter par le style graphique, allié à merveille aux voix. C’est en même temps étrange ce décalage entre dessins presque enfantins et la cruauté de l’histoire qu’ils racontent. L’enfance dans un pays en guerre, ce sentiment de n’être chez soi nulle part, la mort qui guette, un peu partout. les larmes, parfois. Ah oui parce que si vous n’avez jamais entendu parler de ce film, ne vous fiez surtout pas au style simpliste du dessin : on est face à un drame et rien que de repenser à certaines scènes, j’ai la gorge qui se noue…
Regarder ce film pendant la crise des Migrants ne peut laisser indifférent. Parce que ça fait cruellement echo à ce que vivent ces gens là : fuir la guerre et la mort. Si Marjane Satrapi a la chance d’être née dans une famillle suffisamment aisée pour pouvoir partir et vivre décemment en Europe, il n’en reste pas moins la violence de cette République Islamique qui impose des règles de vie qui nous paraissent tellement délirantes. Ca nous rappelle que, pas si loin, des gens souffrent, que leur vie est menacée pour un rien… Alors qu’on ne sait jamais à qui se fier quand on vous parle d’un pays où vous n’êtes jamais allé, que vous pouvez avoir de l’Iran une image terrible comme une image “pas si mal” selon vos sources de renseignement, découvrir le quotidien de ses habitants à travers les yeux d’une petite fille puis d’une jeune femme révèlent, à travers un faisceau d’anecdote, toute l’horreur ordinaire des Iraniens.
Après avoir vu ce film, je défie quiconque de rester indifférent au sort des réfugiés, quelle que soit leur nationalité, au fond.
Ou “regarder un film dont tu n’es pas le public cible était une mauvaise idée”
Parfois, un titre de film m’évoque une histoire. Par exemple, j’ai regardé avec mon Victor le Dernier pub avant la fin du monde, je m’attendais à un film de type art et essai sur des personnes qui se réunissent une dernière fois dans un pub, sachant la fin du monde proche. Pour ceux qui ont vu le film, vous pouvez imaginer mon choc… Et bien Divergente, c’est un peu pareil. Je n’avais pas la moindre idée du sujet mais je trouvais le titre cool alors…
Alors faut vraiment que j’aille lire les résumés avant de lancer n’importe quoi.
Le résumé est très long donc si vous vous en foutez et que vous voulez juste mon avis, lisez sous les étoiles en fin d’article.
Il était une fois une jeune fille, Beatrice, qui vivait dans sa famille dans une société marchant par caste. Pas d’histoire de riche ou de pauvre, ils sont là en fonction de leur caractère. Ainsi, la caste Altruiste (celle des parents de Beatrice) s’occupent des sans castes, en gros, c’est un peu la caste Resto du coeur. Ensuite, on la caste des sincères qui disent toujours la vérité, les audacieux qui sont de gros bourrins qui font du parkour en criant “woohoo!”, les Erudits qui sont surtout de gros connards méprisants et enfin les fraternels qui… bah en fait, on sait pas bien pourquoi l’auteur a inventé cette caste vu que tout le monde s’en branle mais si j’ai bien compris, ils doivent fumer de l’herbe toute la journée en dansant et en tressant des fleurs. Déjà, on est un peu mal niveau cohérence de l’univers qui nous est proposé. Et puis y a les sans castes, les clodos qui n’ont pas su s’insérer parce que tu dois choisir ta caste jeune et si tu te plantes, tant pis, fallait réfléchir avant. Cette société me plaît beaucoup dis donc…
Bon bref, avant de choisir ta caste, on te fait passer des tests et on te dit vers quelle caste tu ferais mieux d’aller mais tu fais ce que tu veux (très utile donc). Beatrice arrive et est plongée dans une simulation mais ses réactions sont imprévisibles et l’examinatrice coupe tout avant de la faire dégager fissa “t’es une divergente, tu es à la fois altruiste, érudite, audacieuse et sincère (mais toujours pas fraternelle, notez) mais c’est pas bien, on chasse les gens comme toi alors je vais dire que tu es altruiste et casse-toi !”. Beatrice rentre un peu perturbée chez elle, passage très chiant sur la dernière soirée en famille, son frère (ils doivent être jumeaux je suppose mais ça n’est jamais dit) lui dit qu’elle doit choisir en son âme et conscience et tant pis pour les parents au pire. Ah oui parce que si elle choisit une autre caste, elle quitte sa famille et salut, on se parle pas entre castes. Cette société est vraiment très charmante.
Nous voici le lendemain, tout le monde s’attroupe dans un espèce d’auditorium locaux, les érudits arrivent en plissant du nez, les audacieux en sautant partout en faisant “woohoo !” et les fraternels en jetant des fleurs, sans doute. Béatrice arrive avec sa petite famille, ils rencontrent la leader des Erudits qui pue la dominatrice castratrice à des kilomètres à la ronde (sinon, c’est Kate Winslet qui devait avoir besoin d’un peu d’argent de poche, je suppose). Elle regarde Beatrice en mode “tu sais, t’es pas obligée de choisir la caste de tes parents, hein, hein, HEIN !”. Beatrice répond quelque chose comme “hihi grml grml” puis tout le monde prend place. Les gamins doivent poser un caillou dans la vasque représentant la caste qu’ils choisissent et à chaque fois, la caste choisie s’enflamme en mode “ouais, viens avec nous !” (avec parfois une famille trahie par son rejeton qui se met à pleurer parce que dans cette ville, une fois ta caste choisie, apparemment, tu ne revois plus jamais les autres… alors que depuis le début du film, ils n’arrêtent pas de fréquenter les mêmes lieux mais passons). Le frère de Beatrice arrive devant les vasques et… OH MON DIEU il choisit les Erudits, sa maman est effondrée et Beatrice bien embêtée car voici son tour… Elle hésite et, INCROYABLE surprise que tu n’as pas vu venir, elle choisit les Audacieux. Sa maman pleure mais elle s’en fout, elle va devenir la reine du Parkour.
Donc voici notre joyeuse tribu qui part en courant en faisant woohoo ! Beatrice et une nouvelle camarade qui vient des sincères sont extatiques jusqu’à ce que le Parkour commence : vas y, on escalade les piliers du métro et on saute direct dans les rames à partir du toit… Oui alors, ok, hein, mais c’est pas super sympa pour les nouveaux venus, notamment Béatrice et sa robe de Laura Ingalls…
Bon, je vous rassure, Beatrice arrive à sauter dans le train avec sa nouvelle copine, ils ressortent de la même façon arrivés à destination (je veux bien que ces jeunes gens soient audacieux mais pourquoi s’obstinent-ils à ne pas prendre le train comme tout le monde ?) et là, le boss des Audacieux, un espèce de musculeux mal dégrossi (joué par Jay Kourtney qui allait jouer par la suite Kyle Reese dans Terminator… Ca m’a fait mal car j’étais un peu amoureuse de Michael Biehn, à l’origine, le mec qui jouait le premier Kyle Reese et qui était terriblement sexy, je comprends que Sarah ait craqué, quoi) (c’était la parenthèse adolescente rêveuse) leur dit “allez, jetez vous en bas de l’immeuble les nouveaux, pour voir. Beatrice, énivrée par son voyage en train, se précipite pour sauter et atterrit comme une plume sur une sorte de trampoline en rigolant. Ce qui aurait été vraiment audacieux, ça aurait été de ne rien mettre en bas, la meuf s’écrase et le boss aurait dit “ouais, enfin, être audacieux vous empêche pas de réfléchir, on saute pas la tête la première du haut d’un immeuble !”. Mais non. Bref, Beatrice est cueillie en bas par un beau garçon qui lui fait quelques risettes, elle rougit et lui dit s’appeler Triss.
Bon, les nouveaux doivent passer toute une série de tests et les moins bons sont dégagés du groupe et deviendront… des sans castes. Des clochards quoi. Ca me paraît pas du tout extrême comme façon de procéder, c’est bien. Y en a qui ont dû regretter de choisir les Audacieux, tiens. Donc ça s’entraîne, Triss est une grosse quiche parce que chez les Altruistes, on a beau porter de la nourriture aux sans castes, ça vous muscle pas. Mais elle s’accroche, elle se bat comme une lionne. Et s’en prend littéralement plein la gueule. Non parce qu’en fait, les Audacieux, c’est pas les rois du Parkour, c’est juste l’armée mais l’armée des débiles : tu fais ce qu’on te dit ou on te frappe ou on fait semblant de te jeter dans le vide. Au secours !
Entre deux cassages de gueule, Triss doit passer des tests dans la réalité virtuelle : elle se retrouve face à des épreuves qu’elle doit franchir. Le problème, c’est qu’elle réagit en tant que divergente et quand ses camarades choisissent la technique bourrine (la solution au problème est en général de tout casser), Triss se montre plus subtile… et le beau gosse du trampoline, accessoirement examinateur, se doute que Triss est… différente. Et ce n’est pas le seul à avoir les soupçons ! Kate Winslet, qui vient souvent se balader chez les Audacieux, regarde notre divergente de façon soupçonneuse. Mais attends, on nous explique depuis le début du film que les différentes castes ne se fréquentent guère et là, t’as las chef des Erudits qui se balade chez tout le monde, tranquille ? Alors que les parents de Triss, leaders des Altruistes, eux, ne peuvent pas venir voir leur fille ? Hmmmm… Mieux, on apprend que Kate va assister au passage des examens des Audacieux. Je… quoi ? Vous me perdez là, les mecs…
Je hais le botox, au passage
Triss s’entraîne dur, ils font une méga partie de paintball, de la tyrolienne entre les immeubles et on sent bien qu’il se passe un truc entre Triss et Quatre… Qui finissent par se rouler de grosses pelles dans la chambre de l’instructeur et là, il enlève son T-shirt et révèle un énorme tatouage représentant les 5 castes car lui aussi est un divergent… Attends, quoi ? Depuis le début du film, on nous explique que les divergents sont traqués, qu’ils sont anormaux et qu’ils doivent cacher ça et l’autre tatoue sa divergence sur tout son dos ? Là, le film m’a perdue…
Notez que le seul logo qu’on ne voit pas, c’est celui des Fraternels… Je veux pas faire ma parano mais je crois que cette caste n’existe pas en fait
Bon, Triss passe les exams et réussit car Quatre lui a expliqué comment un Audacieux est censé réagir (TOUT CASSER!) mais rebondissement : suite à leur passage d’examen, on doit leur injecter un sérum fourni par les Erudits pour les traquer… Vous allez me demander pourquoi les Erudits traquent les Audacieux et bien… comme ça. Mais en fait, c’est un truc pour les manipuler : la nuit suivante, ils rentrent dans un état second et vont massacrer les Altruistes parce que les Erudits trouvent que ça sert à rien d’aider les plus pauvres, ça coûte de l’argent (métaphore subtile du capitalisme sauvage, tavu ?). Mais le sérum ne fonctionne pas sur les Divergents (donc Triss et Quatre, y en a pas d’autres) et le boss bourrin percute, il demande à Quatre d’exécuter Triss mais là, la mère de la jeune fille surgit soudain et sauve sa fille, se faisant tuer au passage. Bouh !
Bref, massacre, massacre, ça crie, ça tire, Quatre est bien mis sous contrôle mais Tris chope son frère et le force à l’amener au Centre des Erudits pour trouver la meuf qui a créé le programme qui contrôle les Audacieux et elle parvient à libérer ses copains. Le film se termine sur les Audacieux, désormais rebelles, qui sautent dans un train pour fuir.
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Je déteste les films pour ados. Parce que c’est toujours le même putain de schéma : un couple phare et lisse, des stéréotypes, du bien contre le mal… C’est du Disney en encore plus sucré enrobé de poudre qui pique pour faire croire qu’on est trop des rebelles à regarder ça. Genre les Audacieux sont censés être cool parce qu’ils font du Parkour et se font tatouer mais dans le fond, Triss n’est qu’une scout sous ses airs de rebelle : elle ne cherche qu’à faire le bien, protéger les plus faibles (ses parents) et se battre contre l’injustice (la tentative de coup d’état par les Erudits).
Ca peut être un matériel de base intéressant, je ne dis pas (c’est à peu près ce que j’avais utilisé dans Technopolis, roman que j’avais écrit à… 19 ans… Ah ben voilà), mais tu prends Labyrinthe et, d’après ce que je sais, Hunger Games et c’est exactement la même histoire. Même les actrices d’Hunger Games et Divergente se ressemblent, t’as toujours une femme de pouvoir mauvaise qui essaie de corrompre la société à son profit… C’est tellement toujours la même histoire que tu peux limite deviner dès le départ qui sont les gentils (les beaux) et qui sont les méchants (les beaux aux sourcils froncés). La seule touche de gris, c’est quand les Audacieux sont sous sérum. Quant aux Audacieux… comment on peut avoir envie de rejoindre ces débiles ? Je ne dis pas que le Parkour, c’est pas cool, j’avoue que je suis toujours fascinée par ce que les mecs sont capables de faire, mais tu n’es pas obligé d’être limité à 3 de QI pour en faire, hein…
Et ça m’agace que je trouvais le propos du départ intéressant : la question de la place dans la société, comment équilibrer la dite société, le fait que malgré tes prédispositions, tu peux choisir ton destin… Mais non, c’est juste prétexte à une histoire d’amour cousue de gros fil blanc avec une méchante femme de pouvoir et une lutte sans merci dont Tris et Quatre sortiront vainqueurs, je suppose, avec une société à reconstruire.
Bref, je ne regarderai pas la suite parce que… ben parce que je sais très bien comment ça va se terminer et j’ai envie de voir d’autres histoires. Comme celle dont je vous parlerai la semaine prochaine (si je suis sérieuse).
Je vais rarement au cinéma donc quand je me déplace en salle, j’aime bien que ça vaille le coup. Et pour éviter des déconvenues (et j’en ai eues genre Young Adult, The Amazing Spider-Man, Gangster Squad et même Terminator Genisys donc il faudrait que je vous parle, depuis le temps), j’essaie de choisir quelques docus sur des sujets qui m’intéressent. Donc quand Amy me propose d’aller voir le peuple des Orques au Grand Rex, je dis oui, merci.
Petit résumé : nous allons suivre les aventures de différentes personnes en lien avec des orques en Norvège : Pierre Robert de Latour, plongeur, Heike Vester, une biologiste qui réaliste une thèse sur le langage des orques, petit coucou de Paul Watson, le célèbre pirate du Sea Sheperd. Tout ce petit monde se croise dans ce fjord norvégien, Pierre Robert croise de temps en temps une orque matriarche avec qui il a tissé des liens particulier. On croise aussi quelques chasseurs de baleine qui ne voient pas bien où est le problème dans leur activité vu que c’est une tradition, alors bon…
Le saviez-vous ? Contrairement aux orques en captivité, les orques ont un aileron tout à fait normal (droit, donc)
J’avoue n’avoir pas grande connaissance des orques à la base (bravo la plongeuse), je les place assez bien dans la chaîne alimentaire, je le situe dans la famille des cétacés et plutôt dans les eaux froides, on va dire. Je pensais que c’était un animal assez féroce mais premier mythe démonté : pas du tout. Un orque en liberté n’a jamais tué d’humain. Mais bon, j’avais surtout une image de cette férocité parce qu’ils mangent des manchots et que j’aime très fort les manchots et les pingouins (et pas que depuis la marche de l’empereur).
Au fur et à mesure du reportage et surtout du débat qui en a suivi avec Mrs de Latour et Watson themselves, j’apprends des tas de choses vraiment passionnantes sur les orques. Sur leur matriarcat, leur langage, les affres de la reproduction, le problème de la captivité, bien sûr et une idée ingénieuse pour les libérer et les ré acclimater à la vie sauvage. La catastrophe toujours croissante de la surpêche et du réchauffement climatique. De belles histoires aussi, des rencontres, des animaux musiciens, des nages avec les orques…
Si vous avez les moyens, il faut aller voir ce film. D’abord parce que c’est intéressant et que les images sont belles et qu’on apprend des trucs. Mais aussi parce que ça pousse vraiment à la réflexion, tu te dis que tu dois essayer d’aider à ta mesure la planète à aller un petit peu mieux. Parce que ce n’est certes pas mon comportement qui changera tout dans un sens ou dans un autre mais c’est un petit caillou dans l’édifice. Si personne ne fait l’effort, ça ira de pire en pire alors bon…
Pour finir, petite apparté sur quelque chose qui m’a passablement amusée pendant le débat suivant le film. Au début, les gens sont un peu timorés puis les questions commencent à tomber et à s’enchaîner et de plus en plus, on a droit à des questions de type “alors, oui, bonjour, Jean-Cupidon, je me pose des questions parce que moi, une fois, je suis allé à la mer et y avait des oiseaux et du coup, je me demandais si les orques mangent des oiseaux”. Toujours une anecdote dont on se fout avec une question pas forcément très intéressante où les personnes répondant aux questions se regardent en mode “tu veux pas répondre, je sais pas quoi dire…”. Ca m’a amusé plus d’une fois, le “non parce que moi, une fois, dans ma vie [anecdote dont on se fout pas mal en fait] ». Mais bon, le débat final a eu le mérite de me faire réfléchir et changer d’avis sur quelque chose… non, pas le fait de passer végétarienne, j’y pense de plus en plus (j’y pensais donc avant mais j’ai un peu de mal à franchir le pas, essentiellement pas flemme, hélas), autre chose… je vous en parle demain !
Parfois, je me fais piéger par un synopsis comme celui du Labyrinthe. Je vous fais le pitch : des jeunes gens se retrouvent prisonniers dans un labyrinthe mystérieux aux murs qui bougent et plein de pièges. Comment s’en sortir ? Je lis ça et je dis “oh, un remake de Cube, un de mes films préférés !”. Et bien… Non, pas du tout.
Reprenons l’histoire en détaillant un peu : un jeune garçon se réveille dans une boîte qui monte, monte et le fait arriver au milieu d’une sorte de prairie. Accueilli par des brutasses viriles qui le secouent un peu et ricanent bêtement quand il se met à courir pour leur échapper. Bienvenue chez les bourrins ! Bref, le nouveau est un peu perdu, le gentil chef le prend par la main pour lui expliquer un peu le truc : on ne sait pas où on est, on est au coeur d’un labyrinthe et comme on arrive pas à en sortir, on a organisé une société, chacun doit mettre la main à la patte et chacun sa fonction.
Mais le nouveau, il écoute pas trop parce que lui, il veut aller voir le labyrinthe, ça le titille. D’ailleurs y a des mecs qui en surgissent en courant ! “Hé mais moi, je peux pas aller dans le labyrinthe et eux, ils peuvent ?”. Finement observé jeune homme. Donc on apprend que parmi la communauté du labyrinthe, on a les coureurs, des gens qui courent dans le labyrinthe en journée pour tenter de trouver une sortie en traçant un plan du labyrinthe découvert au fur et à mesure de leur course mais bon, le labyrinthe se meut tous les jours… Mmmm… Du coup, pardon ma question mais à quoi ça sert de faire le plan d’un truc qui change tous les jours ? Bon, en fait, ça change mais pas trop, apparemment. On apprend qu’il faut pas rester la nuit dans le labyrinthe parce qu’il y a de grosses bêtes qui tuent ceux qui ne reviennent pas. La nuit tombe, les portes du labyrinthe se ferment.
Bon, je vous passe un peu les détails, le nouveau se souvient soudain de son nom, Thomas, puis le lendemain, il se fait agresser un peu gratos par un des coureurs qui est contaminé par une sorte de méga insecte qui traîne dans le labyrinthe. Il devient donc fou et pour s’en débarrasser, on le jette dans le labyrinthe à l’heure de la fermeture des portes pour qu’il se fasse déchiqueter par les bêtes qui traînent là dedans la nuit. Le lendemain, le coureur rescapé part au petit trot avec le chef du camp pour continuer à tracer un plan qui ne servira à rien puisque, pour rappel, ça bouge toutes les nuits. Un petit point sur le chef du camp : les habitants du labyrinthe oscillent entre adolescents et jeunes adultes et le chef, le premier arrivé, doit bien friser la quarantaine. Pourquoi, on ne saura jamais. Bon, évidemment, vous devinez aisément que ça se passe pas bien, le big chef (Alby) est blessé par le méga insecte qui rend fou. Alors que les portes se ferment, il est proche de la sortie du labyrinthe avec l’autre coureur mais ils ne peuvent franchir les 10 derniers mètres, aaaaaaah… Alors ni un ni deux, Thomas se jette là dedans pour les aider et se fait pourrir la gueule par l’autre coureur qui lui expliquent qu’ils vont tous crever. Bon quitte à être là, ils tractent le boss en haut d’un mur puis courent un peu à droite à gauche au lieu de rester à l’abri avec papy Alby. Comme Thomas est trop fort, il arrive à éclater une bestiole, une sorte d’araignée mécanique.
Le lendemain, ils reviennent triomphants au village, larguent Alby à l’infirmerie puis vont un peu discuter avec tout le monde, deux camps se forment, les camps du “ohlala, le nouveau, il change la donne, on est trop content” et le camp des “vous avez énervé les gens qui nous surveillent en cassant leur jouet, ils vont se venger”. Bon, là, Thomas est puni car il a fait n’importe quoi et on le condamne à adhérer au groupe des coureurs… Ah ben si désobéir implique que je vais avoir en punition ce que je veux dès le départ, je vais foutre le dawa plus souvent, moi ! Ils retournent dans la labyrinthe et vont voir la bestiole éclatée… Sur celle-ci, ils trouvent un cylindre avec les mêmes initiales que sur leur rationnement et le chiffre 7. Mais ils n’ont pas le temps de se taper dans la main que des cris viennent du village : la cage arrive ! Normalement, elle ne remonte qu’une fois par mois et là, cette fois-ci, il y a une fille dedans avec un étrange message : “ce sera la dernière”. Quel est donc ce message mystérieux ? Oui, ils se posent vraiment la question, je situe pas bien quel mot ils ne comprennent pas…
Bon, là, la situation est tendue : dans un village rempli d’ados et jeunes ados qui vivent en auto gestion, on envoie une fille, sosie raté de Kirsten Stewart. Une fille au milieu d’ados qui s’ennuient un peu et sont là depuis plusieurs années pour certains… Vous voyez où je veux en venir ? C’est un peu comme les Schtroumpfs quand Gargamel a créé la Schtroumpfette et l’a balancé dans le village des Schtroumpfs sauf que là, je suis pas sûre qu’ils se contentent de lui offrir des fleurs… Mais Thomas pense reconnaître la fille : c’est Bella de Twilight celle dont il rêve toutes les nuits depuis son arrivée (deux fois donc). D’ailleurs, alors que la demoiselle, à peine réveillée, se réfugie en haut d’une plateforme et lapide tous ceux qui essaient de monter (je disais quoi à propos de la Schtroumpfette ?), elle accepte que Thomas monte car il ne lui est pas inconnu.
Bon, la fille a une fiole dans sa poche et Thomas se dit que, tiens, c’est l’antidote contre les mégainsectes qui rendent fous donc il va soigner Alby qui n’a pas été re largué dans le labyrinthe parce que bon, il est fou mais c’est le chef, quoi. Thomas lui injecte la substance étrange et, oh dis donc, ça marche ! Et un problème de réglé, merci la fille d’avoir si opportunément ramené l’antidote.
Bon, re course dans le labyrinthe, Thomas et le coureur vont vers le secteur 7, rapport au numéro du truc piqué sur la méga araignée et ça tombe incroyablement bien, c’était une sorte de clé. Ils ont eu chaud, c’est le seul bout qui n’a pas été broyé dis donc. Bon, ça ressemble une sortie donc on va ramener les autres et tenter de passer par là. Mais ça va pas être si simple : de retour au village, le personnage antagoniste, aka le gros bourrin pilier de l’équipe de foot qui parle mieux avec ses muscles qu’avec sa bouche, a un peu monté tout le monde contre Thomas et ses potes en disant qu’il fallait rien changer sinon le labyrinthe allait se venger. Thomas se retrouve donc enfermé avec quasi Bella, l’autre coureur, Jojen Reed et un gamin un peu chiant qui dit à Thomas « tu vois, ça, c’est une petite statue que j’ai sculpté de mes parents par rapport à mes souvenirs. Si jamais je meurs et que tu arrives à t’enfuir, j’aimerais que tu la donnes à mes parents… » « Mais non, tu mourras pas ! ». Voyons : un personnage secondaire mi sympathique mi agaçant qui parle de sa mort sans aucune raison et donne un objet à transmettre « si jamais »… Bien sûr qu’il va crever !
Finalement, ils sortent de là et foncent dans le secteur 7 du labyrinthe, ils se battent entre eux, ils se battent contre les araignées, ils rentrent dans un labo plein de morts donc une dame que voyait souvent Thomas dans ses visions et à la fin, le bourrin veut tuer Thomas mais tue le gamin énervant à la place. OH PUTAIN JE M’Y ATTENDAIS TELLEMENT PAS ! Le bourrin meurt à son tour et les survivants (Thomas, la fille, l’autre coureur et Jojen Reed) découvrent une vidéo qui leur explique qu’en fait, c’est la guerre dehors et pour les préserver, on les a foutus là le temps que ça se calme et que s’ils étaient intelligents, ils s’en sortiraient. Donc pour préserver l’humanité, vous foutez ce qu’il en reste dans un labyrinthe avec des méga araignées et des méga insectes tueurs. MAIS JE ! Ils sont récupérés par un hélicoptère et découvrent alors le labyrinthe de loin. Mais en fait, ça encore, c’est un leurre : la dame censée être morte ne l’était pas ! A suivre.
Je pensais voir le remake de l’un de mes films préférés, je me retrouve face à un énième film pour ados à 4 ou 5 films, histoire de rentabiliser la franchise. Le pire, c’est que quelques temps plus tard, j’ai récidivé avec Divergente (je savais pas ce que c’était, le titre m’a attirée), je vous en parlerai une prochaine fois, tiens.
Sur les sites de rencontre, les rencontres, justement, sont finalement rares pour peu qu’on soit un peu sélectifs (aka « non, j’ai pas envie de tirer un coup vite fait avec une personne pensant que 3 mots souvent mal orthographiés suffisent pour me choper, excuse my sapiosexualité). Mais parfois, au hasard d’échanges de messages, la magie se crée et l’autre accepte la rencontre. Super… Mais on fait quoi du coup ? Je me suis déjà posé la question du premier rendez-vous, elle se pose avec d’autant plus d’acuité sur les sites de rencontre qu’il est rare que les inscrits aient un-e seul-e prétendant-e sur le feu. C’est le Bachelor ou la Bachelorette mais sans prod qui vous balance à Venise ou Prague pour roucouler dans des restos réservés rien que pour vous. Non, faut se démerder tout seul et avoir la bonne idée. Donc dans ce cas, j’ai envie d’exclure direct le ciné ou un concert, à moins d’être sûr du film ou du concert. Si le spectacle n’est pas à la hauteur, ça peut nuire à ton image mais surtout c’est difficile de se parler et donc de démontrer avec subtilité que ça peut accrocher (ou pas d’ailleurs). Une expo peut être une bonne idée mais attention : on vérifie l’expo avant (cf remarque sur le film ou le ciné potentiellement moyen) et si on veut étaler sa science, on ne le fait pas avec lourdeur et prétention. Une personne cultivée, c’est bien, une personne qui se la pète, ça craint. Le mieux reste de trouver un terrain neutre, idéalement pas trop loin de vos domiciles respectifs (pas toujours évident en grande ville,je sais) histoire de trouver rapidement un échappatoire si la soirée n’est pas à la hauteur de vos espérances. On ne traverse pas Paris pour aller à côté de chez elle ou lui, on ne lui fait pas faire le grand tour non plus, à moins d’avoir le meilleur resto ou bar du monde au bas de son immeuble mais faut être sûr de son coup. Le mi chemin permet d’envisager l’option « retour chez soi », seul ou accompagné, tôt… ou plus tard. Evidemment, le choix du quartier reste prépondérant et là, y a pas de règles. Je suis sûre que si on cherche bien, y a bien des gens qui aiment sortir à Châtelet ou sur les Champs donc bon…Après, n’oublions pas que c’est sujet à discussion, la proposition n’est pas imposition. Si la personne refuse de vous rencontrer parce que vous avez proposé le mauvais quartier (bon, les Champs, si la personne vit sur Paris depuis plus de 3 mois, c’est un peu chercher la merde quand même), vous aurez sans doute gagné du temps en passant direct à la suivante. Bon, le rendez-vous est pris ? Ok, va falloir rencontrer la personne IRL… On s’accroche à nos culottes, strings ou boxers (pas slips, non) et c’est parti !
J’ai moult fois sur ces pages comparé recherche d’amour et recherche d’emploi mais franchement, avouons que c’est peu ou prou le même combat : séduire pour obtenir ce que l’on souhaite (un job ou une charmante personne). Et souvent, il va falloir que j’explique quels sont mes loisirs…
Nombreux sont les sites de rencontre qui vous demandent quels sont vos loisirs. T’es plutôt theâtre ou cinéma ? Concert acoustique en petit comité ou show géant à l’américaine au stade de France ? Tu cours ou tu nages ? Des loisirs, on en a tous potentiellement plein. Potentiellement. Sauf qu’il y en a de plus avouables que d’autres. Genre aller mater d’obscurs films dans des cinémas d’art et d’essais : bien. Mater religieusement les Mystères de l’amour le dimanche soir en répandant des tweets sur le sujet sur les Internets tout en sirotant un coca zéro : ça le fait moins. Dire qu’on fait du jogging ou de la natation : bien, donne une image saine de soi. Sauf qu’à un moment, vous risquez de rencontrer quelqu’un, la base d’un site de rencontre, et si vous êtes au bord de la syncope rien qu’en montant 10 marches, votre date risque de capter que la dernière fois que vous avez couru, vous aviez 14 ans.
Et puis après tout, pourquoi mentir ? Oui c’est plus attractif d’être fan de Kundera que de Kardashian même si l’un n’empêche techniquement pas l’autre. Je crois. Mais à un moment, faut savoir ce que l’on veut. Si on n’est là que pour choper des coups d’un soir, ça va. Mais imaginons que vous fassiez une rencontre waouh! Genre la personne que vous rêvez de présenter à vos amis, votre famille ou votre chat. Sauf que vous lui avez raconté aaaaadorer la nouvelle vague coréenne alors que vous ne captez que dalle mais ça faisait croire à l’autre que vous avez un point en commun de plus. À cause de votre mensonge, vous allez réellement devenir expert de la nouvelle vague coréenne. Vous n’en demandiez pas tant en fait… Autant sur le CV, ça passe : au pire, vous aurez deux questions sur le sujet en entretien mais votre boss ne vous amènera jamais au cinéma pour entretenir votre passion des films tchèques post communistes. Enfin, à priori…
Finalement, les loisirs, c’est comme les mensurations, on peut enjoliver un peu mais de façon subtile. Et dessinez un portrait cohérent avec vos envies. Si vous ne supportez pas les pantouflard-e-s, ne vous présentez pas comme un amateur de soirées lecture au coin du feu enroulé dans un plaid par exemple… Et puis si y a bien un point où il est essentiel de s’assumer, c’est bien celui des loisirs. Vous avez honte de pas lire ? Y a toujours une librairie dans le coin… Vous n’aimez pas lire ? C’est votre droit et ce n’est pas dramatique. Rappelez-vous : vous n’êtes pas en entretien d’embauche…
Puisque je suis à nouveau célibataire (déjà 2 mois !), je me suis dit : tiens, retournons sur un site de rencontre de qualité et retrouvons un homme. Ou plusieurs peut-être. Sauf que, est-ce la frustration d’avoir tout juste goûté aux délices de la complicité amoureuse trop vite enlevée ou le travail de ma naturopathe ? Le cul pour le cul, ça ne m’intéresse plus.
Oui, on peut trouver l’amour sur un site de rencontre. Mais faut chercher, beaucoup. Parce que le mec bien, celui qui veut plus qu’un fouillage en règle de mes orifices, il est caché au milieu des daleux. Une vraie chasse aux trésors. L’autre soir par exemple, un charmant garçon commence à me parler. Peu importe ce que je raconte, il veut juste savoir ce que je cherche sur le site, question typique du crève la faim aux couilles pleines. Je réponds donc clairement que le cul pour le cul, j’ai pas envie, que j’ai plus envie de complicité et il me répond « ouais enfin, la finalité reste la même ». Ben non : un mec avec qui je partage quelque chose, j’aurais envie de le rencontrer. Toi, tu dormiras sur la béquille.
Autre cas, plus vicieux : délicate conversation qui s’engage, le jeune homme paraît intéressant, il ne fait pas de fautes et évoque des sujets où j’ai tout à apprendre (le cinéma). Il évoque l’idée d’un café, je réponds en proposant ma seule disponibilité avant 2013 (ou à peu près) et là, pouf « oui enfin, commençons par échanger des mails et faire des chats vidéo sur skype ». Oh comme je le sens venir le plan cam de merde « vas y allume ta cam, tu veux pas te mettre toute nue ? Tu veux pas voir ma queue ? Oh Ben tiens la voilà dis donc ! ». Non mais serieuuuuux… Si je veux voir un mec qui s’astique, je m’en vais mater un porno hein… Je réponds donc que je veux bien discuter mais pas par cam. Tiens, je viens aussitôt de perdre mon aura de femme parfaite…
Tout ça me lasse. Je suis pas en phase Sex burger, j’ai eu ma dose, merci. Rien à faire d’un coup vite fait qui ne me satisfait pas, contrairement à quelque chose de plus construit, plus complice. Si tu n’as que ta queue à donner, propose la à une autre, je préfère encore faire mumuse avec mes propres jouets. Au moins, l’orgasme est sans arrière goût amer…
Du coup, va falloir que j’étudie un peu plus sérieusement pour ma série « faut-il draguer », il semble que les sites de rencontre ne soient plus faits pour moi. Dommage pour le mec bien caché sous 4 tonnes de mecs lourds et affamés.
Je n’aime pas la fille de la pub Meetic. Non mais regardez-moi cette connasse qui en fait des caisses pour attirer l’attention, qui parle sans faire gaffe aux autres… Brrrrr ! Mais voilà, notre amie frangée égocentrique rêve d’amour avec un grand A, d’une histoire échevelée qui ferait de sa vie la meilleure comédie romantique de tous les temps. Et pour se faire, elle compte sur… Un site de rencontre. Help !
On nous dit souvent que l’amour se trouve au coin de la rue. Bon alors ça doit pas être de la mienne car moi, je ne croise que des vieux ou des mères de famille voire un troupeau de petiots encadrés par quelques instits femelles. Pourtant, selon le dernier magazine municipal reçu, à Plumes sur Berges, y à plus de célibataires que de gens en couple… Je vais traîner plus souvent au Monoprix alors ! Toujours est-il que dans toute histoire d’amour digne d’intérêt pour le cinéma, l’ingrédient premier est : la surprise.
« Nina avançait seule dans sa vie quand elle croisa par hasard le chemin d’Alexandre. Quelques péripéties plus tard, ils se marièrent, se reproduirent et finirent leur vie en jouant au Scrabble devant la cheminée ». Une bien belle histoire qui n’a en soi rien d’original mais ça marche toujours. Maintenant imaginons « Nina est une working girl qui cherche un mec mais n’a rien de comestible/disponible sous la main. Le soir, elle cherche donc l’amour sur des sites dédiés en boulotant ses chocapics, chope des rencards et à un moment, elle a rendez-vous avec Alexandre, ça se passe bien et idem mariage-reproduction-Scrabble ». Mmm… On pourrait éventuellement faire une comédie sur les rencards foireux ou les morts de faim pensant pecho d’un simple « on baise ce soir ? ». Je suis un peu curieuse de connaître la rentabilité de ce type d’approche.
À la limite, si Égocentrique 1ère trouve les rencontre Meetic incroyables, chacun son truc. En fait, le problème n’est pas tellement là mais plus dans cet espèce de narcissisme forcené. Aujourd’hui, toutes nos histoires doivent être folles, incroyables, époustouflantes. D’abord, j’ai envie de dire qu’un bon narrateur peut rendre toute rencontre incroyable, même si ladite rencontre répond à un schéma assez simple. Peu importe que ce soit au bureau, en boîte, en soirée… Tout n’est que subtil jeu de lumière. Ex : j’ai rencontré Guillaume 1er à la cafet’ de la fac. Dit comme ça, ça fait un scénario pour Hélène et les garçons mais pas plus. Je peux me limiter à ça où insister sur le fait qu’il m’a abordée en me demandant de lui prêter un jeu de cartes ou que le jour où on a conclu, on attendait de se retrouver enfin seuls. Tout le monde part en cours sauf nous deux, on commence à se conter fleurette quand ils reviennent tous 5 mn après parce que le cours est annulé. Voyez déjà, on a une approche originale et des obstacles à surmonter, c’est plus consistant.
Et puis tu vis tes histoires pour toi ou pour les autres ? Tu ne sortiras pas avec Stéphane car c’est ton collègue et que ça te rend pas originale ? Alors que bon, je comprendrais mieux l’argument du no zob in job… Tu ne sortiras pas avec Ludovic parce que c’est le pote d’un ami et que, au secours, c’est du vu et revu ? À ce niveau là, j’ai envie de dire à ces messieurs de remercier le ciel que tu sois à ce point conne, ça leur fait gagner du temps.
La vie n’est pas un film, je l’ai déjà dit. Pourquoi ne pas nous laisser surprendre par sa simplicité plutôt que de toujours courir après un incroyable qui, dans le fond, ne nous satisfaira jamais totalement ?
Bon voilà, après avoir stressé comme un(e) malade à imaginer toutes les issues possible du premier rendez-vous, et en particulier les pires, vous voici devant le cinéma à attendre. Le premier sur les lieux a toujours droit à cette angoissante question : et s’il/elle ne venait finalement pas ? Questions subsidiaires pour ceux qui n’ont que très peu fréquenté leur date avant ce rencard : vais-je le/la reconnaitre et/ou est-il/elle aussi bien que dans mon souvenir ?
Vous êtes en attente. L’autre est quelque part dans le métro, sur un Escalator ou un trottoir, sans doute en train de vérifier sa montre en priant pour ne pas être (trop) en retard histoire que celui que l’on rejoint ne confonde pas désinvolture apparente et désintérêt. Pendant ces quelques minutes avant de se retrouver, on espère ne pas avoir eu de coup de chaud faisant naître d’épouvantables auréoles, un épi malicieux ou un bouton caché qui aurait trouvé le moment propice pour faire sa sortie.
Enfin, nos deux prétendants se retrouvent et se font la bise. Il est toujours assez drôle de remarquer la soudaine maladresse des bises des futurs amoureux, comme si cet effleurement de nos lèvres sur la peau de l’autre devenait soudain le point clé de la suite de l’aventure. Souvent, les bouches partent dans le même sens, le rire est gêné et maladroit, le cœur bat un peu plus vite.
La particularité du premier rendez-vous au cinéma est la proximité physique dans un lieu sombre. Pour moi, le cinéma en temps normal se résume à une lutte de territoire avec le voisin inconnu donc hostile. Je tiens à gagner la subtile guerre de l’accoudoir, je pousse des soupirs agacés des que la personne derrière moi file des coups dans mon siège. Le but est de préserver au maximum son espace vital. Avec une personne qui vous plaît, c’est différent. Votre corps se penche subtilement vers lui/elle, la bouche à portée pour un baiser impromptu, la main traînant sur l’accoudoir histoire d’emmêler romantiquement nos doigts. Durant tout le film, votre cœur palpitera au moindre mouvement de l’autre, espérant qu’il/elle est en train de prendre son courage à deux mains pour enfin vous prendre ce premier baiser.
Vous suivez distraitement le film tandis que dans votre tête, ça questionne sec. Puisqu’il/elle ne semble pas prendre l’initiative, dois-je me jeter à l’eau ? Ou souhaite-t-il/elle regarder le film en toute quiétude ? Là, encore, la préservation de l’espace vital qui prévaut en société va vous permettre de jauger la température. Effleurez nonchalamment votre voisin(e), bras contre bras, pour voir la réaction. S’il/elle retire son bras aussi sec, vous êtes très mal parti, autant se contenter de regarder le film. S’il/elle ne fuit pas, c’est déjà plus intéressant, il/elle accepte le contact. Laissez votre bras. Puis approchez un doigt, caressez délicatement la main de votre cible. S’il/elle répond à la caresse en mêlant ses doigts aux vôtres, vous avez gagné, félicitations, vous pouvez tourner la tête pour aller glisser votre langue dans la bouche de votre nouvelle conquête.
Sauf que dans l’histoire d’amour que je vous narre, aucun des deux n’a fait le premier pas, ils sont restés tendus à guetter le moindre geste, la moindre respiration haletante mais rien. Ils ressortent donc de la salle de cinéma, les deux veulent prolonger la soirée mais se demandant comment le proposer, nonchalamment, à la cool, histoire de ne pas mettre la pression. Et l’un d’eux se lance : « j’ai un peu soif, ça te dit d’aller boire un verre ? »
Et ils enchaînent sur le verre post premier rencard, le verre de tous les dangers.
En lisant l’autre jour un article sur Lana Del Rey, j’ai découvert une étrange expression “la médiocrité du fanorat”. En gros, les fans ont grosso modo des goûts de merde. La preuve, ils écoutent Justin Bieber en masse et maintenant Lana Del Rey. Et là, j’ai réalisé tout le snobisme du concept, snobisme dans lequel je me suis souvent vautrée.
Je l’avoue sans honte, je suis merdophage. J’écoute de la musique commerciale (Lady Gaga, Britney Spears ancienne époque parce que j’aime pas la nouvelle qui abuse de cette voix électronique qui me pète les oreilles, Rihanna, Katy Perry… Mais pas les Black eyed peas, faut pas déconner), je regarde des séries pourries de type Hélène et les garçons et leurs déclinaisons (du moins quand j’en ai le temps donc en ce moment, non). Par contre, je suis d’un snobisme épouvantable en terme de cinéma (bouh les blockbusters) et surtout de littérature. Souvenons-nous ensemble comme j’ai souffert en lisant du Guillaume Musso. A chaque fois que je passe dans une librairie, je pleure en découvrant en tête de gondole les Musso et Lévy, best sellers absolus ou encore les Dan Brown qui réécrit perpétuellement le même roman en changeant le prénom féminin et la ville où se passe l’action.
Et pourquoi donc ? Qui suis-je pour décréter ce qui est bien ou mal en terme de littérature ? Si on reprend l’univers musical, je sais faire la distinction entre de la musique de haut niveau (si j’ose dire) et une production commerciale calibrée pour cartonner sur les radios et dans les discothèques. Mais j’aime la musique commerciale pour travailler en paix dans l’open space, taper mes content plans sans interventions extérieures. De la même façon, peut-on vraiment condamner des gens qui préfèrent s’avaler un Lévy sur la plage plutôt qu’un Tolstoï ou se vider la tête devant Transformer plutôt que devant un film d’art et essai ousbek ? Et d’abord, qui a décrété ce qui était digne d’intérêt et bon à jeter ?
On en revient au bon vieux Bourdieu et son étude du bon goût. Pour rappel, selon Bourdieu, le bon goût est défini selon les goûts bourgeois. Et oui, on a du mal à imaginer un conducteur de voiture tuné écouter du Mozart sur ses enceintes surround machin tout ça (je suis nulle en enceintes) ou en train de lire La Propédeutique philosophique d’Hegel. Et pourtant, pourquoi pas ? Je veux dire en tant que femme, je me plains parfois d’entendre que le maquillage et la coquetterie semblent être des antonymes de culture et d’intelligence. Mais voilà, souvent culture populaire = culture facile d’accès = de la merde.
Et pourtant, si je retourne le raisonnement, je me dis qu’il y a du génie dans cette sous culture. On peut cracher tant que l’on veut sur les Lady Gaga, Lana del Rey, Marc Lévy et co, ils ont quand même compris ce qui marchait et comment faire du business. Ils ne sont pas si nombreux que ça. On peut se gausser sur la facilité de leur art, pour se permettre de la ramener, faudrait déjà arriver à en faire autant. Oui, je n’aime pas le style d’écriture des Lévy et Musso mais puisque c’est si facile, pourquoi ne pas en faire autant, hein ? Je n’ai pas le goût des bluettes, j’ai essayé d’en écrire sans le moindre succès, ça m’ennuie. Mais si j’y parvenais et que je les envoyais à une maison d’édition, serais-je pour autant publiée ? Connaîtrais-je le succès ? C’est un peu comme la cuisine, c’est pas parce que tu suis la recette que c’est forcément génial à l’arrivée.
Bref, existe-t-il réellement un fanorat médiocre ou des artistes qui donnent ce que l’on souhaite, un art facile à consommer pour les jours où on n’a pas envie de faire des efforts ? Que le gastronome qui n’a jamais croqué un Big mac me jette la première pierre.