Divergente de Neil Burger

Ou “regarder un film dont tu n’es pas le public cible était une mauvaise idée”

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Parfois, un titre de film m’évoque une histoire. Par exemple, j’ai regardé avec mon Victor le Dernier pub avant la fin du monde, je m’attendais à un film de type art et essai sur des personnes qui se réunissent une dernière fois dans un pub, sachant la fin du monde proche. Pour ceux qui ont vu le film, vous pouvez imaginer mon choc… Et bien Divergente, c’est un peu pareil. Je n’avais pas la moindre idée du sujet mais je trouvais le titre cool alors…

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Alors faut vraiment que j’aille lire les résumés avant de lancer n’importe quoi.

Le résumé est très long donc si vous vous en foutez et que vous voulez juste mon avis, lisez sous les étoiles en fin d’article.

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Il était une fois une jeune fille, Beatrice, qui vivait dans sa famille dans une société marchant par caste. Pas d’histoire de riche ou de pauvre, ils sont là en fonction de leur caractère. Ainsi, la caste Altruiste (celle des parents de Beatrice) s’occupent des sans castes, en gros, c’est un peu la caste Resto du coeur. Ensuite, on la caste des sincères qui disent toujours la vérité, les audacieux qui sont de gros bourrins qui font du parkour en criant “woohoo!”, les Erudits qui sont surtout de gros connards méprisants et enfin les fraternels qui… bah en fait, on sait pas bien pourquoi l’auteur a inventé cette caste vu que tout le monde s’en branle mais si j’ai bien compris, ils doivent fumer de l’herbe toute la journée en dansant et en tressant des fleurs. Déjà, on est un peu mal niveau cohérence de l’univers qui nous est proposé. Et puis y a les sans castes, les clodos qui n’ont pas su s’insérer parce que tu dois choisir ta caste jeune et si tu te plantes, tant pis, fallait réfléchir avant. Cette société me plaît beaucoup dis donc…

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Bon bref, avant de choisir ta caste, on te fait passer des tests et on te dit vers quelle caste tu ferais mieux d’aller mais tu fais ce que tu veux (très utile donc). Beatrice arrive et est plongée dans une simulation mais ses réactions sont imprévisibles et l’examinatrice coupe tout avant de la faire dégager fissa “t’es une divergente, tu es à la fois altruiste, érudite, audacieuse et sincère (mais toujours pas fraternelle, notez) mais c’est pas bien, on chasse les gens comme toi alors je vais dire que tu es altruiste et casse-toi !”. Beatrice rentre un peu perturbée chez elle, passage très chiant sur la dernière soirée en famille, son frère (ils doivent être jumeaux je suppose mais ça n’est jamais dit) lui dit qu’elle doit choisir en son âme et conscience et tant pis pour les parents au pire. Ah oui parce que si elle choisit une autre caste, elle quitte sa famille et salut, on se parle pas entre castes. Cette société est vraiment très charmante.

Altruiste

Nous voici le lendemain, tout le monde s’attroupe dans un espèce d’auditorium locaux, les érudits arrivent en plissant du nez, les audacieux en sautant partout en faisant “woohoo !” et les fraternels en jetant des fleurs, sans doute. Béatrice arrive avec sa petite famille, ils rencontrent la leader des Erudits qui pue la dominatrice castratrice à des kilomètres à la ronde (sinon, c’est Kate Winslet qui devait avoir besoin d’un peu d’argent de poche, je suppose). Elle regarde Beatrice en mode “tu sais, t’es pas obligée de choisir la caste de tes parents, hein, hein, HEIN !”. Beatrice répond quelque chose comme “hihi grml grml” puis tout le monde prend place. Les gamins doivent poser un caillou dans la vasque représentant la caste qu’ils choisissent et à chaque fois, la caste choisie s’enflamme en mode “ouais, viens avec nous !” (avec parfois une famille trahie par son rejeton qui se met à pleurer parce que dans cette ville, une fois ta caste choisie, apparemment, tu ne revois plus jamais les autres… alors que depuis le début du film, ils n’arrêtent pas de fréquenter les mêmes lieux mais passons). Le frère de Beatrice arrive devant les vasques et… OH MON DIEU il choisit les Erudits, sa maman est effondrée et Beatrice bien embêtée car voici son tour… Elle hésite et, INCROYABLE surprise que tu n’as pas vu venir, elle choisit les Audacieux. Sa maman pleure mais elle s’en fout, elle va devenir la reine du Parkour.

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Donc voici notre joyeuse tribu qui part en courant en faisant woohoo ! Beatrice et une nouvelle camarade qui vient des sincères sont extatiques jusqu’à ce que le Parkour commence : vas y, on escalade les piliers du métro et on saute direct dans les rames à partir du toit… Oui alors, ok, hein, mais c’est pas super sympa pour les nouveaux venus, notamment Béatrice et sa robe de Laura Ingalls…

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Bon, je vous rassure, Beatrice arrive à sauter dans le train avec sa nouvelle copine, ils ressortent de la même façon arrivés à destination (je veux bien que ces jeunes gens soient audacieux mais pourquoi s’obstinent-ils à ne pas prendre le train comme tout le monde ?) et là, le boss des Audacieux, un espèce de musculeux mal dégrossi (joué par Jay Kourtney qui allait jouer par la suite Kyle Reese dans Terminator… Ca m’a fait mal car j’étais un peu amoureuse de Michael Biehn, à l’origine, le mec qui jouait le premier Kyle Reese et qui était terriblement sexy, je comprends que Sarah ait craqué, quoi) (c’était la parenthèse adolescente rêveuse) leur dit “allez, jetez vous en bas de l’immeuble les nouveaux, pour voir. Beatrice, énivrée par son voyage en train, se précipite pour sauter et atterrit comme une plume sur une sorte de trampoline en rigolant. Ce qui aurait été vraiment audacieux, ça aurait été de ne rien mettre en bas, la meuf s’écrase et le boss aurait dit “ouais, enfin, être audacieux vous empêche pas de réfléchir, on saute pas la tête la première du haut d’un immeuble !”. Mais non. Bref, Beatrice est cueillie en bas par un beau garçon qui lui fait quelques risettes, elle rougit et lui dit s’appeler Triss.

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Bon, les nouveaux doivent passer toute une série de tests et les moins bons sont dégagés du groupe et deviendront… des sans castes. Des clochards quoi. Ca me paraît pas du tout extrême comme façon de procéder, c’est bien. Y en a qui ont dû regretter de choisir les Audacieux, tiens. Donc ça s’entraîne, Triss est une grosse quiche parce que chez les Altruistes, on a beau porter de la nourriture aux sans castes, ça vous muscle pas. Mais elle s’accroche, elle se bat comme une lionne. Et s’en prend littéralement plein la gueule. Non parce qu’en fait, les Audacieux, c’est pas les rois du Parkour, c’est juste l’armée mais l’armée des débiles : tu fais ce qu’on te dit ou on te frappe ou on fait semblant de te jeter dans le vide. Au secours !

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Entre deux cassages de gueule, Triss doit passer des tests dans la réalité virtuelle : elle se retrouve face à des épreuves qu’elle doit franchir. Le problème, c’est qu’elle réagit en tant que divergente et quand ses camarades choisissent la technique bourrine (la solution au problème est en général de tout casser), Triss se montre plus subtile… et le beau gosse du trampoline, accessoirement examinateur, se doute que Triss est… différente. Et ce n’est pas le seul à avoir les soupçons ! Kate Winslet, qui vient souvent se balader chez les Audacieux, regarde notre divergente de façon soupçonneuse. Mais attends, on nous explique depuis le début du film que les différentes castes ne se fréquentent guère et là, t’as las chef des Erudits qui se balade chez tout le monde, tranquille ? Alors que les parents de Triss, leaders des Altruistes, eux, ne peuvent pas venir voir leur fille ? Hmmmm… Mieux, on apprend que Kate va assister au passage des examens des Audacieux. Je… quoi ? Vous me perdez là, les mecs…

Je hais le botox, au passage
Je hais le botox, au passage

Triss s’entraîne dur, ils font une méga partie de paintball, de la tyrolienne entre les immeubles et on sent bien qu’il se passe un truc entre Triss et Quatre… Qui finissent par se rouler de grosses pelles dans la chambre de l’instructeur et là, il enlève son T-shirt et révèle un énorme tatouage représentant les 5 castes car lui aussi est un divergent… Attends, quoi ? Depuis le début du film, on nous explique que les divergents sont traqués, qu’ils sont anormaux et qu’ils doivent cacher ça et l’autre tatoue sa divergence sur tout son dos ? Là, le film m’a perdue…

Notez que le seul logo qu'on ne voit pas, c'est celui des Fraternels... Je veux pas faire ma parano mais je crois que cette caste n'existe pas en fait
Notez que le seul logo qu’on ne voit pas, c’est celui des Fraternels… Je veux pas faire ma parano mais je crois que cette caste n’existe pas en fait

Bon, Triss passe les exams et réussit car Quatre lui a expliqué comment un Audacieux est censé réagir (TOUT CASSER!) mais rebondissement : suite à leur passage d’examen, on doit leur injecter un sérum fourni par les Erudits pour les traquer… Vous allez me demander pourquoi les Erudits traquent les Audacieux et bien… comme ça. Mais en fait, c’est un truc pour les manipuler : la nuit suivante, ils rentrent dans un état second et vont massacrer les Altruistes parce que les Erudits trouvent que ça sert à rien d’aider les plus pauvres, ça coûte de l’argent (métaphore subtile du capitalisme sauvage, tavu ?). Mais le sérum ne fonctionne pas sur les Divergents (donc Triss et Quatre, y en a pas d’autres) et le boss bourrin percute, il demande à Quatre d’exécuter Triss mais là, la mère de la jeune fille surgit soudain et sauve sa fille, se faisant tuer au passage. Bouh !

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Bref, massacre, massacre, ça crie, ça tire, Quatre est bien mis sous contrôle mais Tris chope son frère et le force à l’amener au Centre des Erudits pour trouver la meuf qui a créé le programme qui contrôle les Audacieux et elle parvient à libérer ses copains. Le film se termine sur les Audacieux, désormais rebelles, qui sautent dans un train pour fuir.

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Je déteste les films pour ados. Parce que c’est toujours le même putain de schéma : un couple phare et lisse, des stéréotypes, du bien contre le mal… C’est du Disney en encore plus sucré enrobé de poudre qui pique pour faire croire qu’on est trop des rebelles à regarder ça. Genre les Audacieux sont censés être cool parce qu’ils font du Parkour et se font tatouer mais dans le fond, Triss n’est qu’une scout sous ses airs de rebelle : elle ne cherche qu’à faire le bien, protéger les plus faibles (ses parents) et se battre contre l’injustice (la tentative de coup d’état par les Erudits).

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Ca peut être un matériel de base intéressant, je ne dis pas (c’est à peu près ce que j’avais utilisé dans Technopolis, roman que j’avais écrit à… 19 ans… Ah ben voilà), mais tu prends Labyrinthe et, d’après ce que je sais, Hunger Games et c’est exactement la même histoire. Même les actrices d’Hunger Games et Divergente se ressemblent, t’as toujours une femme de pouvoir mauvaise qui essaie de corrompre la société à son profit… C’est tellement toujours la même histoire que tu peux limite deviner dès le départ qui sont les gentils (les beaux) et qui sont les méchants (les beaux aux sourcils froncés). La seule touche de gris, c’est quand les Audacieux sont sous sérum. Quant aux Audacieux… comment on peut avoir envie de rejoindre ces débiles ? Je ne dis pas que le Parkour, c’est pas cool, j’avoue que je suis toujours fascinée par ce que les mecs sont capables de faire, mais tu n’es pas obligé d’être limité à 3 de QI pour en faire, hein…

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Et ça m’agace que je trouvais le propos du départ intéressant : la question de la place dans la société, comment équilibrer la dite société, le fait que malgré tes prédispositions, tu peux choisir ton destin… Mais non, c’est juste prétexte à une histoire d’amour cousue de gros fil blanc avec une méchante femme de pouvoir et une lutte sans merci dont Tris et Quatre sortiront vainqueurs, je suppose, avec une société à reconstruire.

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Bref, je ne regarderai pas la suite parce que… ben parce que je sais très bien comment ça va se terminer et j’ai envie de voir d’autres histoires. Comme celle dont je vous parlerai la semaine prochaine (si je suis sérieuse).

La politique de gauche existe-t-elle ?

Si j’avais le temps, je comparerais les premières années du règne de Sarko et celui du règne de Hollande. Je comparerai les journaux, je traquerais la différence, histoire de me rassurer. Parce que là de suite, le seul qui me vient, c’est qu’on raillait Sarkozy sur sa taille, on ricane de la (re)prise de poids d’Hollande. Des sujets indécemment intéressants, donc. Mais la resucée de certains débats me fait douter : la politique de gauche existe-t-elle ?

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J’entends le brouhaha médiatique et je ne comprends pas, je ne comprends plus. Je vois mes amis de gauche grimacer de plus en plus et même commencer à tonner. On nous bassine avec une vague bleue marine qui va tout balayer sur son passage. Je vois un gouvernement qui nous fait une politique du fait divers. Comme Fillon et ses copains à l’époque et on se moquait bien. Ben finalement, c’est pareil. On nous ressort même les Roms, ça fait jaillir l’encre en tout sens. Tout ça pue bien la merde…

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Alors je m’interroge : était-il possible de mener une véritable politique de gauche alors qu’il y a la crise, le FN, l’UE qui tire une drôle de gueule ? Notre survie impose-t-elle un serrage de ceinture jusqu’à l’asphyxie ? Doit-on se trouver des ennemis de la Nation comme une sorte de patafix du peuple, histoire de tenter une cohésion ? Les Ministres de l’intérieur sont-ils condamnés à jouer les intraitables douaniers ? Je suis pas énarque ou politicienne, y a sans doute un truc que j’ai loupé.

politique de gauche... pas avec Valls

1 an et demi qu’Hollande est élu et… Rien. Je me sens revenue entre 2002 et 2004, quand le Premier Ministre Raffarin passait inaperçu face à son excité Ministre de l’Intérieur… Je me sens perdue dans ma temporalité. Le pire, c’est que je peux même pas dire que je suis déçue, je savais au 6 mai au soir que la gueule de bois serait terrible. Je ne crois pas aux hommes providentiels, je ne crois pas aux Sauveurs. Mais j’espérais quand même ne plus entendre certaines choses. J’en peux plus de cette culture du « salaud de pauvre », de voir des propos homophobes ou racistes fleurir partout sur mes réseaux sociaux et dans la presse, comme si plus personne ne pouvait être choqué. On peut désormais traiter une Ministre Noire de guenon en toute impunité, ça fait rire gras. Je vous linkerais bien les pages qui diffusent à l’envi des montages du visage de Taubira sur un singe ou qui ricanent bêtement sur les « Taubira Banania » mais je me refuse à leur donner un tant soit peu de lumière. Vous savez que ça existe, de toute façon. Je rêvais d’une France un peu apaisée. D’une France qui ne sombre pas dans l’hystérie et la haine de l’Autre, quel qu’il soit, d’une France qui ne jouit pas de brûler tous les épouvantails qu’on lui tend. Si on va mal, c’est la faute de ces Autres : les Arabes, les Noirs, les Ministres de couleur, les Roms, les pauvres, les pédés… ou qui vous voulez. Je rêve d’une France qui arrête de croire que le portrait esquissé d’elle par une presse creuse et sensationnaliste est l’exact reflet de la réalité. Je rêve d’une France qui s’indigne des perpétuelles chasses aux sorcières. Je rêve d’une France qui, à défaut d’aimer l’autre, le tolère. Je rêve. C’est peut-être ça le problème.

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Peut-être qu’au fond, le socialisme n’est qu’une utopie ? Qu’en temps de crise, c’est invivable ? Que de toute façon, croire que l’homme n’est pas individualiste et obsédé par son intérêt personnel, c’est croire encore au Père Noël. Que souhaiter vivre dans un pays solidaire, préoccupé par autrui avec une vraie justice sociale, c’est juste bon pour les neuneus fans de licornes à paillettes. Peut-être qu’aujourd’hui, je ferais mieux de me réfugier dans le cynisme. Ca n’arrangera rien mais au moins, plus rien ne m’étonnera. Mieux, je pourrai m’en servir pour me montrer incisive et impertinente sur Twitter. Peut-être que je serai tellement bonne que mon tweet sera repris sur les pseudos journaux en ligne qui construisent des milliers d’articles en se contentant de captures d’écran. Une sorte de gloire… Je crois.

On va forcer ton outing !

Il y a des moments où les Twitterers m’epuisent. Tout commence par le twitt de je ne sais plus qui declarant que Martine Aubry était lesbienne. Aussi sec, une ultra
militante de la cause gay hurle au scandale : »il faut la forcer au outing puisqu’elle n’a pas les couilles de le faire! » Et la, je découvre l’univers magique des outing forces : gare à toi si tu caches ton homosexualité, on va tout dévoiler !

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Décollons nous du cas particulier Aubry, d’autant que son homosexualité reste à prouver, et examinons le processus d’outing forcé dans son ensemble. Partant du principe que les homos ne devraient pas avoir honte de leur sexualité, il faut forcer ceux qui le cachent à sortir du placard comme ça, on verra qu’il y a plein de gays et lesbiens ! Alors sur le papier, comme ça,  ça a l’air super mais dans les faits, ce n’est ni plus ni moins qu’une chasse aux sorcières et là, je dis non. Oui, c’est mal de mentir à son entourage en se prétendant hétéro alors qu’on est gay et ceux
qui font leur coming out font preuve de courage. Seulement la sexualité relève de la vie privée et ne regarde personne.

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Allons au-delà de cette première constatation. Nos amis pro-outing vont donc enquêter sur vous et malheur à vous si vous fricotez avec un camarade du même sexe. Notons d’ailleurs que la bisexualité ne semble pas exister dans ce cas. Si t’es bi, c’est que tu es homo, point. Donc ces personnes bien intentionnées vont faire ton coming out, t’avais qu’à pas mentir d’abord, faut assumer maintenant !

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Binaire le raisonnement ? J’ai presque envie de dire primaire. Ah, ce serait merveilleux un monde où le fait d’être homo ou hétéro ne pose aucun souci, qu’il n’y aurait pas besoin de sortir du placard vu qu’on n’aurait pas à y entrer, qu’on puisse avoir une maison Barbie avec 2 Barbies ou 2 Ken parce qu’on apprendrait aux enfants qu’une famille n’est pas forcément papa+maman et on pousse le rêve jusqu’à trouver normal que Barbie et Barbie ou Ken et Ken aient des enfants parce qu’ils pourraient adopter. Sauf que la réalité est bien plus complexe que ça. Pourquoi une personne lambda cache son homosexualité ?  Et bien, surprise, ce n’est pas forcément par lâcheté ou honte, il n’y a pas qu’une explication. Du coup, cette irruption dans une vie privée  qui n’est pas notre me choque. C’est un peu facile d’aller punaiser des rainbow flags sur des portes et se laver totalement les mains de ce qu’il va se passer ensuite car « c’est sa faute d’abord, il a menti ». Menti ? Par mentir, tu veux dire ne pas tenir au courant la terre entière de son homosexualité. Ah ok…

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Ici, ce qui m’énerve le plus, c’est la sensation que ces pro-outing jouent contre leur propre camp. Imaginez vous être gay ou lesbienne, ne pas savoir trop comment l’annoncer, vous poser des questions sur la manière de faire, si ça va choquer maman…  Bref, j’en suis à me poser des questions, sans trop savoir vers qui me tourner quand arrive un inconnu ou presque qui va crier sur la place publique que je suis lesbienne. Je n’aborderai même pas la question des « preuves », tiens. Alors c’est sûr que mes questions existentielles sont réglées mais faut pas enlever
le sparadrap sur une plaie purulente, sinon, ça s’infecte. Je ne dis pas que l’homosexualité est une plaie purulente, ma métaphore est boiteuse, je dis par contre qu’une fois qu’on m’a outée, je me retrouve aussi seule qu’avant et je n’aurai peut-être pas forcément envie de me rapprocher d’associations gay & lesbiennes pour me faire aider, au vu de ce qu’il s’est passé. Je ne suis pas naïve, je sais que le militantisme ne fait pas forcément dans la dentelle. Par exemple, le MLF s’est amusé à balancer du sang et de la bidoche crue sur un médecin anti avortement pour
illustrer qu’un fœtus, ce n’est qu’un tas de chair (ou un truc du genre, je ne sais plus bien). C’est pas délicat pour un sou mais la différence, c’est que le MLF défendait un choix, celui de garder ou non un fœtus peu développé. Là, on t’impose quelque chose, on te force à vivre ta sexualité sur la place publique et c’est ça qui m’énerve. Et si une association pro libertine allait annoncer publiquement qui va en club libertin ? Ou une association pro polyamour qui irait révéler que quand vous dites à votre femme que vous êtes en réunion, en vrai, vous sautez l’instit de votre fils ? (la secrétaire, c’est trop cliché). Ok, j’exagère, je l’admets mais l’idée reste la même : la vie privée d’une personne ne regarde personne. Si une personne choisit de ne pas dévoiler publiquement son homosexualité (mais est-ce que ça sous-entend réellement qu’elle est totalement dans le placard ? Ne garde-t-il pas cette information juste pour ceux que ça regarde ?), où est le problème ? Etre homo, c’est forcément s’habiller en tafiole un jour de gay pride ou en semi camionneuse à cheveux courts ? On peut pas sortir du cliché un peu ? Dans mon ancien taf chez TGGP, il y avait plusieurs gays, deux qui l’affichaient ostensiblement et un troisième qui n’en parlait pas particulièrement mais ne le cachait absolument pas.
Juste qu’il n’avaient pas besoin d’hurler qu’il était gay toutes les deux minutes pour se sentir bien et j’ai envie de dire tant mieux parce que je m’en fous. Ca ne me regarde tout simplement pas.

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Bref, de mémoire, la chasse aux sorcières n’a jamais rien donné de bon. Et je pense que ces pro outing sont en train de se tirer une belle balle dans le pied… 

Mais lâchez-nous, pour voir !

Je suis un paria de la société, un monstre que l’on montre du doigt, un être vil que l’on tente de combattre encore et toujours, qu’on rejette. Oui, je suis une fumeuse. Hou bouh ! Jetez moi vos détritus, allons y gaiement.


Quand je dis que je suis fumeuse, replaçons les choses dans leur contexte : actuellement, je fume entre 0 et 2 cigarettes par jour (sauf en soirées et encore) donc je ne suis plus vraiment une fumeuse. Mais ça m’énerve quand même cette chasse aux sorcière dont on est perpétuellement victime. Test : prenez une cigarette et portez la à votre bouche en indiquant que vous allez fumer. Est-ce qu’un seul d’entre vous a échappé à un « c’est pas bien » ? Est-ce que ça ne vous est jamais arrivé qu’un non-fumeur subtilise la cigarette (non allumée) que vous venez de sortir pour vous empêcher de la fumer ? Ou qu’un autre, zélé, vous retarde dans votre pause clope jusqu’à ce que vous n’en ayez plus envie ? A ces extrémistes du non tabagisme, je dirais : mais mêle-toi de tes fesses !


Comprenons nous bien : je ne parle pas de non fumeurs qui ne veulent pas qu’on fume chez eux, ça, je respecte complètement. Je ne suis pas du genre à imposer ma clope, à cracher ma fumée dans la figure des autres, je fais attention dans la mesure du possible. Mais franchement, si j’ai envie de me lever, d’aller me les geler 5-10 mn sur un trottoir pour un petit plaisir (oui parce que vu mon taux de clope, on peut pas dire que ce soir une dépendance), qu’est-ce que ça peut bien faire ? Qui ça dérange ? Oui, c’est mauvais pour la santé mais le burger ou la bière que t’es en train de t’enfiler, tu crois que c’est mieux ? Je travaille en plein centre de Paris, tu crois vraiment que mes poumons respireraient la joie de vivre même si je fumais pas ? Ca m’agace ces bons samaritains de la santé qui sont incapables de s’occuper de leurs propres affaires. T’es pas ma mère, t’es pas mon mec, lâ-che moi.


On nous a interdit de fumer à l’intérieur des lieux publics ce qui, soyons honnêtes, s’avère être une bonne chose. C’est quand même plus agréable pour tout le monde, soyons honnêtes, même s’il paraît qu’on a tué une exception culturelle française. Mais voilà que les élus verts de Paris aimeraient que les terrasses deviennent non fumeurs parce que l’air est pollué par la clope. Dois-je rappeler qu’on fume sur des terrasses parisiennes, à 3 millimètres de la route et des scooters qui se garent là (et qui polluent encore plus que les voitures) ? Non mais faut arrêter de déconner. Déjà que ça gueule parce que les riverains, ça leur fait du bruit… Ah parce que tous les bars ont ouverts le 01 janvier 2007 ? Ils n’existaient pas avant ? Mais alors puisqu’il faut pas déranger les gens, j’exige que toutes les rues soient piétonnes parce que dans mon ancien appart, j’avais des motos qui partaient tôt du garage d’en face et ça faisait un bruit monstre. Et aussi, j’aurais aimé que le pilage du verre n’ait pas lieu pile devant ma fenêtre tous les vendredi à 8h30 quand j’étais au chômage (parce que curieusement, depuis que je bosse, le pilage a eu lieu à 9h30 puis encore plus tard après mais j’étais partie donc je ne sais pas à quelle heure exactement). Et puis on devrait interdire aux gens de prendre le métro en même temps que moi et imposer aussi aux gens de se laver et parfumer avant de monter dans la rame. Et d’ailleurs, on devrait distribuer des chewing gums sur le quai, ce serait une très bonne idée. Et tant qu’à faire, imposons à tous de manger la bouche fermée, c’est dégueulasse, sinon.


Bref, cette chasse aux sorcières permanente me fatigue. Oui, je fume et alors ? Je respecte ton non tabagisme, respecte mon vice ! Est-ce que je fais chier tous les alcooliques du monde (et Dieu sait qu’il y en a et certains, ça ne se voit pas) ? Est-ce que je fais la morale à ceux qui ne font pas de sport parce que c’est mauvais pour eux, à ceux qui mangent au McDo au moins une fois par semaine, à ceux qui regardent trop la télé, regardent leur écran trop près… Chacun fait ce qu’il veut. La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres comme on dit mais je vois pas pourquoi c’est toujours celle des fumeurs, surtout les fumeurs qui ne font pas chier le monde, qui est toujours menacée. Je fais l’effort de toujours sortir sur le trottoir, de cracher la fumée dans la direction opposée aux non fumeurs, de ne même pas demander si je peux fumer quand je suis chez quelqu’un qui ne fume pas. Alors, merde, ma clope sur le trottoir, laissez la moi.


Sans rapport, une petite BD (4e case) qui peut aller avec la dimension « mêle toi de tes fesses » (même si c’est pas sur la clope). Je ne comprends pas d’où les gens se permettent critiquer le mode de vie de parfaits inconnus.

NB : Si tu as le temps, lis les commentaires de l’article du Figaro. Ce que j’adore les commentaires sur les articles de journaux !