La politique de gauche existe-t-elle ?

Si j’avais le temps, je comparerais les premières années du règne de Sarko et celui du règne de Hollande. Je comparerai les journaux, je traquerais la différence, histoire de me rassurer. Parce que là de suite, le seul qui me vient, c’est qu’on raillait Sarkozy sur sa taille, on ricane de la (re)prise de poids d’Hollande. Des sujets indécemment intéressants, donc. Mais la resucée de certains débats me fait douter : la politique de gauche existe-t-elle ?

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J’entends le brouhaha médiatique et je ne comprends pas, je ne comprends plus. Je vois mes amis de gauche grimacer de plus en plus et même commencer à tonner. On nous bassine avec une vague bleue marine qui va tout balayer sur son passage. Je vois un gouvernement qui nous fait une politique du fait divers. Comme Fillon et ses copains à l’époque et on se moquait bien. Ben finalement, c’est pareil. On nous ressort même les Roms, ça fait jaillir l’encre en tout sens. Tout ça pue bien la merde…

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Alors je m’interroge : était-il possible de mener une véritable politique de gauche alors qu’il y a la crise, le FN, l’UE qui tire une drôle de gueule ? Notre survie impose-t-elle un serrage de ceinture jusqu’à l’asphyxie ? Doit-on se trouver des ennemis de la Nation comme une sorte de patafix du peuple, histoire de tenter une cohésion ? Les Ministres de l’intérieur sont-ils condamnés à jouer les intraitables douaniers ? Je suis pas énarque ou politicienne, y a sans doute un truc que j’ai loupé.

politique de gauche... pas avec Valls

1 an et demi qu’Hollande est élu et… Rien. Je me sens revenue entre 2002 et 2004, quand le Premier Ministre Raffarin passait inaperçu face à son excité Ministre de l’Intérieur… Je me sens perdue dans ma temporalité. Le pire, c’est que je peux même pas dire que je suis déçue, je savais au 6 mai au soir que la gueule de bois serait terrible. Je ne crois pas aux hommes providentiels, je ne crois pas aux Sauveurs. Mais j’espérais quand même ne plus entendre certaines choses. J’en peux plus de cette culture du « salaud de pauvre », de voir des propos homophobes ou racistes fleurir partout sur mes réseaux sociaux et dans la presse, comme si plus personne ne pouvait être choqué. On peut désormais traiter une Ministre Noire de guenon en toute impunité, ça fait rire gras. Je vous linkerais bien les pages qui diffusent à l’envi des montages du visage de Taubira sur un singe ou qui ricanent bêtement sur les « Taubira Banania » mais je me refuse à leur donner un tant soit peu de lumière. Vous savez que ça existe, de toute façon. Je rêvais d’une France un peu apaisée. D’une France qui ne sombre pas dans l’hystérie et la haine de l’Autre, quel qu’il soit, d’une France qui ne jouit pas de brûler tous les épouvantails qu’on lui tend. Si on va mal, c’est la faute de ces Autres : les Arabes, les Noirs, les Ministres de couleur, les Roms, les pauvres, les pédés… ou qui vous voulez. Je rêve d’une France qui arrête de croire que le portrait esquissé d’elle par une presse creuse et sensationnaliste est l’exact reflet de la réalité. Je rêve d’une France qui s’indigne des perpétuelles chasses aux sorcières. Je rêve d’une France qui, à défaut d’aimer l’autre, le tolère. Je rêve. C’est peut-être ça le problème.

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Peut-être qu’au fond, le socialisme n’est qu’une utopie ? Qu’en temps de crise, c’est invivable ? Que de toute façon, croire que l’homme n’est pas individualiste et obsédé par son intérêt personnel, c’est croire encore au Père Noël. Que souhaiter vivre dans un pays solidaire, préoccupé par autrui avec une vraie justice sociale, c’est juste bon pour les neuneus fans de licornes à paillettes. Peut-être qu’aujourd’hui, je ferais mieux de me réfugier dans le cynisme. Ca n’arrangera rien mais au moins, plus rien ne m’étonnera. Mieux, je pourrai m’en servir pour me montrer incisive et impertinente sur Twitter. Peut-être que je serai tellement bonne que mon tweet sera repris sur les pseudos journaux en ligne qui construisent des milliers d’articles en se contentant de captures d’écran. Une sorte de gloire… Je crois.

Apprendre à attendre

Si je devais lister mes défauts, je crois qu’en tête de liste, j’inscrirais : impatiente. L’attente est mon ennemie, le cancer de mon humeur. Autant je tolère attendre un peu quand j’ai rendez-vous avec quelqu’un (c’est plus facile grâce aux smartphones, j’avoue), autant pour le reste… Ceci se manifeste par exemple par une vilaine capacité à céder à des impulsions d’achats que je peux vite regretter comme une yaourtière, utilisée deux fois, ou cet appareil à abdos utilisée une fois et qui m’a ruinée le dos (je la revends si quelqu’un est intéressé… Oui je sais, je n’ai pas sorti un super argument vente).

Alors plutôt que de vider avec enthousiasme mon compte épargne, j’ai décidé d’économiser sous après sous pour mon prochain achat (non impulsif pour le coup) : un appareil Reflex Canon (j’ai pas encore décidé lequel, ça dépendra essentiellement de l’avancée de la cagnotte). Je dois mettre en place des stratégies pour gagner quelques sous supplémentaires mais aussi pour économiser au maximum. Éviter les dépenses inutiles, même au Monoprix. 2 euros par ci, 5 euros par là… Petit à petit, on va se faire quelques petits sous. Ça peut paraître long comme stratégie, surtout que techniquement, j’ai l’argent mais j’ai envie de le gagner, cet appareil photo. Apprendre à attendre.

Construire centimes par centimes son projet. Ça va être long. Je me connais, je vais être tentée de renoncer, cliquer sur achat en choisissant l’option « payer en 3 fois ». Mais non, je dois être forte. Cet appareil, je serai heureuse de le payer grâce à mes petites économies, mes serrages de ceinture divers. Faut aussi que je me lance dans les loisirs créatifs, j’ai plein d’idées, y a plus qu’à. Une de mes stagiaires m’a expliquée qu’elle pouvait se faire jusqu’à 400 € par mois avec ses bijoux. À ce rythme là, en 6 mois je me paie mon appareil tranquille ! Bon, après, je sais pas si je vais pouvoir cartonner autant qu’elle et consacrer suffisamment de temps pour créer suffisamment d’objets pour atteindre les 400 par mois. Faudra aussi que je me penche sur la monétisation des blogs. Pas forcément celui-ci mais peut-être Week-end sac à dos et les versions étrangères des Vingtenaires (quand je les aurai écrites, quoi). Enfin, multiplier les entrées et diviser les sorties.

Apprendre à attendre, économiser mes deniers plutôt que de les flamber. Un petit chemin de croix dont l’arrivée aura le goût merveilleux de l’appareil photo de mes rêves. Courage, plus que 1500 €…