Amour toxique

J’ai lu y a quelques semaines La vie sexuelle des super héros. Quand j’étais en Égypte, dans un désert à la chaleur caressante et à la lumière enveloppante… Rah j’ai un cafard là ! Je disais quel j’avais donc lu ce livre sur je suis loin d’avoir adoré mais j’y ai trouvé un petit os à ronger : l’amour qui rend dingue et qui te pourrit tout.
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Dans La vie sexuelle des super héros, Mister Fantastic tombe fou amoureux d’une jeune femme et se retrouve embarqué dans ce genre de relation toxique, tellement obsédante que plus rien ne compte, plus rien n’existe. Il néglige sa famille, ses amis, son travail, viré parano et passe son temps à se questionner sur cette relation . Ça sur 150 pages, je vous cache pas que j’ai eu plusieurs fois envie de prendre mon élan et de lui coller une énorme tarte dans la gueule. Pourtant, qui n’a pas vécu ce genre de relation qui vous empoisonne littéralement la vie, la tête, qui fait sortir une partie de votre personnalité peu plaisante ?

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L’amour rend distrait dans un premier temps, un petit tour de magie des hormones, je suppose. Comme dirait la chanson « je ne pense qu’à toi, je bosse plus, je fous rien« . Combien de fois en réunion ou devant mon Pc mon esprit est parti vagabonder dans de doux draps retrouver les bras accueillants de mon aimé. Mais jusque là, rien de bien préoccupant. Évidemment, cette distraction amoureuse n’est pas forcément la meilleure alliée de votre rentabilité et on n’est pas à l’abri d’une boulette mais si on reste un minimum attentif, cet état amoureux est une douce balade sur les sentiers de la vie, pas un chemin de croix.

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Mais l’amour peut parfois être une belle saloperie qui va tout flinguer. Parfois parce que vous êtes tombés sur un connard ultime genre pervers narcissique ou autre psychopathe aimant par dessus tout briser menu sa proie. Mais parfois, c’est juste parce que ça sent pas la belle histoire. Parce que le mec est un connard tout court. Les princes et princesses charmantes* n’existent pas, faudrait s’en rendre un peu compte. Avec de la chance, on tombe sur un camarade de vie bien agréable qui nous rendra notre tendre amour. Avec pas de chance…

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Sauf que parfois, on n’a pas senti le truc venir et on se laisse piéger. On tombe amoureux de l’autre, on lui prête mille qualités et le petit vélo démarre « je suis pas assez bien pour lui/elle ». C’est même le ressort préféré des pervers narcissiques : si cet-te enfoiré-e réussit bien son travail de sape, à la fin, c’est limite si vous n’êtes pas censé le/la remercier d’avoir même daigné poser le regard sur vous et vous avez teeeeeeeellement de chance qu’il/elle vive désormais à vos crochets, pillant vos maigres économies tel un parasite de la société qu’il est (tout en vous parlant des millions qu’il a à la banque mais que vous ne verrez jamais car ils n’existent pas). Parfois, votre douce moitié ne fait rien pour vous rendre malheureux, l’amour toxique peut parfois prendre naissance tout simplement dans le cœur de celui qui se dévalorise. Parce qu’il a mis l’autre sur un piédestal et se ronge les sangs à penser qu’il finira forcément par le/la perdre.

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Alors l’autre devient l’obsession. On guette tous les signes qui prouvent qu’il/elle va nous quitter pour mieux. Paranoïa qui nous ronge, qui bouffe l’autre aussi, obligé de subir nos questions, nos doutes, nos peurs… Fatalement, cette attitude précipite ce que nous craignons le plus : la rupture. Parce que personne ne veut vivre dans un climat délétère, personne ne peut supporter ça. Et si ça vous pourrit la vie, est-ce vraiment la peine de s’entêter ?

*si, j’ai droit de décliner charmant au féminin, maintenant.

Apprendre à attendre

Si je devais lister mes défauts, je crois qu’en tête de liste, j’inscrirais : impatiente. L’attente est mon ennemie, le cancer de mon humeur. Autant je tolère attendre un peu quand j’ai rendez-vous avec quelqu’un (c’est plus facile grâce aux smartphones, j’avoue), autant pour le reste… Ceci se manifeste par exemple par une vilaine capacité à céder à des impulsions d’achats que je peux vite regretter comme une yaourtière, utilisée deux fois, ou cet appareil à abdos utilisée une fois et qui m’a ruinée le dos (je la revends si quelqu’un est intéressé… Oui je sais, je n’ai pas sorti un super argument vente).

Alors plutôt que de vider avec enthousiasme mon compte épargne, j’ai décidé d’économiser sous après sous pour mon prochain achat (non impulsif pour le coup) : un appareil Reflex Canon (j’ai pas encore décidé lequel, ça dépendra essentiellement de l’avancée de la cagnotte). Je dois mettre en place des stratégies pour gagner quelques sous supplémentaires mais aussi pour économiser au maximum. Éviter les dépenses inutiles, même au Monoprix. 2 euros par ci, 5 euros par là… Petit à petit, on va se faire quelques petits sous. Ça peut paraître long comme stratégie, surtout que techniquement, j’ai l’argent mais j’ai envie de le gagner, cet appareil photo. Apprendre à attendre.

Construire centimes par centimes son projet. Ça va être long. Je me connais, je vais être tentée de renoncer, cliquer sur achat en choisissant l’option « payer en 3 fois ». Mais non, je dois être forte. Cet appareil, je serai heureuse de le payer grâce à mes petites économies, mes serrages de ceinture divers. Faut aussi que je me lance dans les loisirs créatifs, j’ai plein d’idées, y a plus qu’à. Une de mes stagiaires m’a expliquée qu’elle pouvait se faire jusqu’à 400 € par mois avec ses bijoux. À ce rythme là, en 6 mois je me paie mon appareil tranquille ! Bon, après, je sais pas si je vais pouvoir cartonner autant qu’elle et consacrer suffisamment de temps pour créer suffisamment d’objets pour atteindre les 400 par mois. Faudra aussi que je me penche sur la monétisation des blogs. Pas forcément celui-ci mais peut-être Week-end sac à dos et les versions étrangères des Vingtenaires (quand je les aurai écrites, quoi). Enfin, multiplier les entrées et diviser les sorties.

Apprendre à attendre, économiser mes deniers plutôt que de les flamber. Un petit chemin de croix dont l’arrivée aura le goût merveilleux de l’appareil photo de mes rêves. Courage, plus que 1500 €…

Et à la fin, tout ira bien

Quand je joue les docteurs du cœur avec mes amis, je me trouve souvent devant cette interrogation : pourquoi ? Prenons un exemple fictif que nous appellerons Mélanie, un mix d’au moins 3 cas croisés en un mois. Mélanie est jolie, intelligente, cultivée, drole, douce… Bref, Mélanie a des tas de qualités mais elle accumule les relations foireuses, les mecs naturellement doués pour nous faire souffrir. Pourquoi?

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On pourrait penser que Mélanie n’est pas regardante sur la marchandise, trop pressée de se caser mais ce n’est même pas forcément le cas. Alors j’ai une nouvelle théorie, pas du tout scientifique mais je l’aime bien donc je la partage. Je me dis que ces histoires foireuses ne sont pas inutiles, elles sont un espèce de chemin de croix avant un espèce d’Eden ou équivalent. En gros : « oui, là, de suite, tu en chies mais à la fin, tout ira bien ». Bah oui, y a une certaine logique.

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Prenons toujours notre amie Mélanie. Au fur et à mesure de ses expériences amoureuses (j’hésite à mettre des guillemets, là), elle s’enrichit, elle apprend. Pas forcément le plus positif mais elle apprend à poser des limites, à dire non, à détecter le nuisible avant qu’il ait le temps de l’embobiner. En grandissant (je n’utiliserai le terme vieillissant qu’à mes 40 ans, n’insistez pas), elle devient plus forte, plus équilibrée dans ses relations amoureuses. Et j’ai envie de croire qu’en face, dans le lot des hommes restant disponibles, c’est pareil. Ou femmes, après tout, on a tout le droit de virer sa cuti. Peu importe, c’est pas le sujet. Donc déjà, ma théorie écrase celle qui dit « passé 30 ans, les hommes restant sur le marché sont nases ». Non, pas du tout. Ils sont en-ri-chis. Ou plus névrosés et paranoïaques à cause des 3 hystériques qui nous ont précédé mais là, à la limite, le fait d’être globalement normale vous rend déjà totalement inestimable à ses yeux, c’est pas si mal.

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 Si je prends la liste de mes histoires passées, évidemment, il me reste des cicatrices, j’ai développé une certaine peur de l’engagement mais déjà, l’avoir remarqué, c’est pas si mal… J’essaie de me guérir mais du coup, je suis plus zen. Je sais que si ma relation ne doit pas durer, je survivrai, j’ai déjà vécu plusieurs ruptures, des faciles et des difficiles. Je pleurerai sans doute mais j’ai ma Vicky pour me consoler, au pire. Et si ça marche… Arrivera un moment où je m’aventurerai sur de nouveaux terrains mais l’essentiel, je maîtrise pas trop mal. Je sais ce que je veux et ce que je ne veux pas (ou plus), je définis à peu près la zone grise du pourquoi pas car un couple, ce sont des compromis, aussi. Ouais, ça, je l’ai appris de mes précédentes expériences, comme je suis mature, houlala.

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Donc de façon là mathématique, on gère mieux nos relations, on ne commet plus les mêmes erreurs et on détecte plus facilement les « n’y touche pas, il est nocif ». Donc j’ai envie de dire que ma théorie qui stipule qu’à la fin, tout ira bien est presque mathématique. Evidemment, certains me diront que j’oublie légèrement de faire entrer en ligne de compte le côté désabusé de notre Mélanie, voire une pointe d’aigreur, la difficulté grandissante de faire des rencontres et bien entendu cette part de malchance que certaines traîneront
jusqu’à leur mort. Parce que oui, je pense qu’attirer des relations foireuses n’est pas que de notre fait, faut arrêter de toujours se culpabiliser. Puis ça permet de pleurer sur le thème du « mais meeeeeeeerde pourquoi, pourquoi ça me tombe encore dessus ? », ce qui est ma foi non négligeable. Mais justement, je refuse de croire en la malchance pure et éternelle. Tout ça ne peut pas être vain. Tous ces connards (non parce que certains sont quand même de beaux spécimens) que l’on croise dans nos vies, ce ne sont pas de simples hasards, de simples morsures de la vie, ça ne peut pas être juste ça. Il y a une raison à tout ça et la raison, c’est la relation magique et merveilleuse que Mélanie finira par trouver.

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N’empêche que vous trouvez pas ça beau qu’à 30 ans, je sois à ce point gonflée d’espoir ? Moi si, je m’auto émeus.

PS : Si j’ai mis une photo de Simone de Beauvoir, c’est parce que je la trouve très mature sur cette photo, voilà. Puis elle était quand même charmante, Simone. 

Analyse littéraire

Par Lucas(Dédicace à feu la classe de Terminale L, 1998, Lycée Richelieu et à Diane)

Dans un commentaire composé, vous analyserez le document ci-joint (Annexe 1) et ses enjeux, de manière ordonnée et structurée.

Depuis la nuit des temps (1), les artistes de variété ont su s’inspirer de la vie quotidienne afin de traduire, dans leurs créations, toute la diversité des émotions et des caractères humains. La preuve nous en est donnée avec le texte de cette chanson, publiée en 1990, qui nous interpelle de manière béante, sur la problématique inhérente des relations ambivalentes entre individus issus de classes socioprofessionnelles bigarrées. Dans une première partie, nous étudierons le début et, dans une seconde partie, la suite et la fin.

Un amour fulgurant.

L’auteur amorce son propos en nous prenant à partie d’un « moi », cinglant et malpoli, qui donne le ton à toute l’œuvre et suggère habilement l’intensité de l’émotion qu’il va nous communiquer. Il convient d’ailleurs de remarquer à quel point l’immersion est immédiate et la dissension bien suggérée grâce à l’utilisation d’une antiphrase subtilement amenée (« Moi je » (…) « toi tu »). Dans
toute l’œuvre, le rythme enlevé (phrase affirmative, concision de l’octosyllabe) n’est pas dénaturé par l’usage d’un vocabulaire soutenu : il trouve, au contraire, un adjuvant dans le champ lexical (« tu crèches », « meuf », « squatt ») afin de favoriser ladite immersion chez le lecteur.

Pour autant, ils convient de remarquer la justification facile (la fatalité) qui est mise en avant pour expliquer la rencontre entre les deux protagonistes, laquelle s’appuie néanmoins sur une vérité élémentaire, la mixité sociale évidente et facilement vérifiable par tout badaud, au sortir de la station Chatelet-Les Halles, un samedi après midi.Dans la droite ligne des contes pour enfants et des productions hollywoodiennes, l’auteur joue sur la notion d’amour impossible entre classes sociales trop différentes. On retrouve, bien entendu, un thème largement exploité auparavant (« Les bal des Lazes » de Michel Polnareff, « Pauvre Petite Fille Riche » de Claude François, entre autres). Il met ainsi en avant la rigueur et le manque d’ouverture entre les différentes catégories socio-professionnelles et, peut-être, les difficultés de l’éducation nationale à donner à chacun sa chance. On est ici à l’opposé du livre « E= MC² mon amour » où les deux héros, issus de différentes CSP, sont transcendés par leur surdouisme commun(d’aucuns diront, « leur surdouade »). Ce choix manichéen de l’auteur est affirmé, par la suite, dans les deux vers qui évoquent des employées de conditions modestes, caissière à Prisunic et employée aux PTT.

Le refrain se veut surement une métaphore de la maladresse du héros, celle qui l’empêche d’exprimer ses sentiments naissants avec clarté (« c’est toi que je t’aime ») et évoque sans aucun doute la réalité syntaxique de certains.  En ce qui concerne ledit héros, toute son impulsivité contenue se manifeste avec l’intensité des voix et une hyperbole, sentencieuse et finale : « vachement beaucoup ».

Un dénouement plein d’espoir

La référence à Jacques Brel, qui ouvre la seconde strophe, n’est certainement pas fortuite. En effet, en citant explicitement la chanson « Ne me quitte pas » ( » Je t’inventerai un domaine, Où l’amour sera roi » comparable à « Je ferai un domaine, Où l’amour sera roi, ») l’auteur suggère habilement, par une ellipse, la suite de la chanson initiale : « …où l’amour sera loi, Où tu seras reine ».  Pour autant, en donnant à son amour l’apparence d’un chemin de croix,  grâce à une accumulation d’épreuves (« je bosserai toute la semaine », « et que même si il le faut », entre autres) l’auteur évoque la cruelle fatalité qui semble guetter le héros. Néanmoins, il autorise, une fois de plus, une immersion du lecteur grâce à des références choisies qui résonnent en chacun de nous (« Ikea », « chez Sabatier », « chez Foucault »).

Le dernier couplet est des plus évocateurs. L’intensité du phrasé, avec une stichomythie en 3 voix, régies par une parataxe des plus éloquentes, donne une force incommensurable à ces quelques vers. Cette accumulation finale permet une amplification, simple et épurée, tout en renforçant le coté dramatique de l’intrigue. Ce dénouement en pirouette laisse l’auditeur transi face au mystère insoluble et pernicieux qui se résume en une question épurée : « va-t-il la serrer ? »

On peut trouver un indice dans le fait que les interprètes concluent leur chanson en reprenant, une dernière fois, le refrain, une tierce au dessus de la tessiture initiale mais sans en changer un seul mot, ce qui évoque bien l’aspect immuable des barrières sociales. Cela suggère, sans coups férir, la détresse finale du protagoniste mais aussi le cri d’une voix dans la nuit. C’est bien entendu une référence à Clamence dans « La Chute » d’Albert Camus ; Clamence qui prend conscience de sa fatuité après avoir entendu un cri (celui de la société), un soir, sur un pont, dans la nuit noire, dans la nuit noire et obscure, obscure et sombre…

Conclusion :

Satyre sociale qui évoque le gouffre entre la France d’en bas et la population privilégiée des beaux quartiers, cette chanson reprend le thème ancestral et pérenne de l’amour impossible (« Hélène » de Roch Voisine, « J’la croise tous les matins » de Johnny Halliday) avec une intensité et une rythmique idoine, tout en nous rappelant que le rock est avant tout la musique de la rébellion. Une belle leçon à tirer, sans aucun doute.

 


Annexe 1 :


 

 

(1) Depuis la nuit des temps : expression numéro 1 au top 50 des introductions bateau, honnies par les professeurs intègres depuis… la nuit des
temps.

Je t’’aime à en crever

[C’était pas du tout l’article que j’avais prévu pour aujourd’hui mais celui que j’avais écrit s’est perdu dans les méandres de ma clé USB]

Parfois, dans ma vie, j’écoute de la musique. J’adore ça, j’adore chanter, j’adore que mon espace s’emplisse de ce doux bruit mélodieux, j’adore découvrir de nouveaux artistes et je maudis les transports en commun de Paris de faire trop de bruit pour que je puisse écouter tranquillement mon ipod. Du coup, je lis, c’est pas plus mal. Mais là n’est pas le sujet.

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J’avais rédigé un article il y a quelques temps sur la musique, B. O de ma vie. Je sais pas si vous avez remarqué mais quand on déprime, on n’écoute que des chansons qui vous rappellent votre déprime, justement. Comme si tous les chanteurs du monde entier trouvaient les mots qu’il faut pour bien appuyer là où ça fait mal. D’ailleurs, la plupart me servent de pseudos MSN. Suite à ma dernière rupture qui m’a mise pas mal K.O, tout semblait parler de mon histoire. Quelques extraits, au hasard :

Etyl (elle, elle me fait tellement penser à lui que j’arrivais même plus à l’écouter à une époque)« J’ai continué à croire, pauvre idiote que le temps resterait notre andidote, j’ai fait ce que j’ai pu pour t’apaiser, c’n’était jamais suffisant, jamais assez » (Naoiq), « Si parfois, je suis fragile, c’est que, j’ai réussi à garder en mémoire ton visage immobile et mes souvenirs fanées. Souvent ce que tu aurais dû être me manque »(Désolée), Marc Lavoine « Je me sens si seul, tu me manques trop »(je connais pas le titre de la chanson), même Patrick Fiori « que tu revieeeeeeeeennes, je ne m’y attends plus, des jours et des semaiiiiiiines… »(je connais pas non plus le titre de la chanson). Bon, pour notre ami corse, je précise que c’est la faute de ma sœur. Oui, ma sœur déteste cette chanson car elle l’écoutait à l’époque où Anthony était parti et ça lui faisait trop penser à sa propre histoire. Bon, bref, chacun a ses chansons déprime, vous avez compris le topo. De la même façon, quand j’aime, j’ai l’impression que toutes les chansons mettent des mots sur ce doux sentiment qui me renverse. Anaïs : « Oh oui je t’aime, je t’aime à en crever… tes pneus pour que tu restes là. Je n’aime que toi, je t’aime à en pleurer. Mes yeux ne jurent que par toi […]Mes rêves m’éloignent de ton corps, j’ai peur de perdre ton odeur. Et même si je te serre très fort, je ne peux m’empêcher d’avoir peur. Où est ton corps lorsque tu dors, où est ton cœur ? »(je t’aime à en crever), Ariane Moffatt : « J’comprends plus ce qui m’arrive, j’perds le contrôle, ça me fait rire. J’comprends plus bien mes désirs, tu m’attires et j’me tire dans ton point de mire »(Point de mire), Lara Fabian : « Je t’aime, je t’aime, je t’aime-MEUH ! » (Je t’aime), Johnny « Que je t’aime, que je t’aime, que je t’aime… » (Que je t’aime). Oui, bon, ok, les deux derniers, ils étaient faciles mais c’est pas ma faute à moi, si les gens chantent plus des chansons d’amour tristes que gaies.
Bon, pourquoi je te raconte tout ça, lecteur ? (t’es toujours là ?) Ben, en fait, en plein spleen « écoute des chansons qui me remue le couteau dans la plaie parce que je l’aime-euh (et que c’est pas réciproque) », je me suis dit la chose suivante : en fait, si tant de chansons me correspondent, c’est parce que je vis la même chose que les autres. Elémentaire, ma chère Nina. A 26 ans, il était temps de se rendre compte que ta vie n’avait rien d’exceptionnel, fillette. Bon, c’était pas une révélation en soi mais mon chemin de croix, des tas de gens ont eu le même, en fin de compte. Pourtant, quand on est en pleine rupture, à passer ses journées à faire monter les actions de Kleenex et à mettre du mascara sur les draps (oui ben, c’est pas ma faute si en me maquillant le matin, j’avais pas prévu que j’allais pleurer l’après-midi et en mettre partout), on a l’impression que personne ne comprend ce que l’on ressent. Dans les faits, c’est vrai, quand on m’appelle et que je pleure, on me comprend pas « A….a…i…ou…bouhouhouhou ! » « Heu… Je suis désolé mais j’ai rien compris… ». Plus sérieusement, quand on est malheureux, on a toujours l’impression que les autres comprennent pas, qu’ils font semblant de compatir mais qu’au fond, ils s’en foutent de vos problèmes. Ne nie pas lecteur, je le sais que toi aussi, t’as pensé ça. Sans doute parce que quoi que nos amis fassent, ils ne peuvent pas panser ces plaies-là. Après tout, que faire quand un ami a le cœur en mille morceaux, que leur amour a dansé la gigue dessus avant de claquer la porte hein ? Les écouter, oui. Les divertir, oui. Mais ça répare pas forcément les cœurs mais on ne peut guère faire plus, on va pas forcer l’ex à revenir avec notre ami. Surtout si on le supportait et qu’on se dit qu’une fois les larmes séchées, notre ami se rendra compte que cette rupture était la meilleure chose qui soit.
Pourtant, si je regarde dans mon entourage, je ne connais pas une personne qui n’a jamais souffert d’une rupture. Mais vraiment souffert genre je passe tellement de temps à pleurer que j’ai pas pissé depuis trois jours. Et c’est normal. Chacun réagit à sa manière, certains s’étourdissent pour oublier et font en sortes de ne surtout pas se retrouver seuls, d’autres s’enferment totalement dans leur grotte. Chacun sa méthode, je pense pas qu’il y en ait une mieux que l’autre. Mais quoi qu’on fasse, quand on se retrouve seul, on a l’impression que personne ne nous aime, que nous sommes délaissés etc. On écoute ces foutues chansons en pleurant, on se la joue « film dramatique avec B.O ». Pourtant, si ces chansons mettent si bien des mots sur nos maux (oooooooooh !), c’est bien que ce que l’on vit n’a rien d’exceptionnel, non ? Objectivement, tout le monde s’est ramassé en amour et peu en sont morts. Donc on pleure un bon coup et on va de l’avant : après tout, sur un album, il n’y a pas que des chansons tristes.