Couple : pauvres victimes de l’amour

Lundi matin, je branche mon Twitter et là, je vois un déferlement de tweets sur… non, pas David Bowie (enfin, si, aussi) “quand tu es en couple, tu renonces à”. Ah oui, le couple, ce grand sacrifice ! Alors nous avons bien sûr quelques jolies réponses amusantes et mignonnes tendance neuneu :

Quand tu es en couple, tu renonces à... hashtag et réponses rigolotes

Mais certaines me mettent légèrement mal à l’aise :

Quand tu es en couple, tu renonces à... les réponses qui font peurAlors révélation : si tu te sens oppressé dans ton couple et que tu renonces à tes libertés, c’est que tu devrais changer de partenaire au plus vite.

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Je l’ai déjà dit mais je vais me répéter : la passion amoureuse telle que vendue dans les romans et films est nocive 9 fois sur 10. Là, je suis en train de lire After saison 2 (“saison”, ça me donne envie de jeter le truc direct aux ordures, déjà) et je suis littéralement ulcérée de voir qu’Anna Todd nous explique qu’un amour parfait, c’est juste être victime d’un pervers narcissique. Le mec est violent, abusif, il s’impose dans la vie professionnelle de la fille, l’enferme dans un appartement, la coupe de sa famille, de ses amis (enfin, non, elle n’en a pas), lui fait des scènes de jalousie partout, tout le temps, y compris sur son lieu de travail à elle, prend les mêmes cours qu’elle pour la surveiller, lui vole sa voiture pour la réparer. En fait, il était tout le temps là, elle peut pas faire un pas sans qu’il apparaisse et menace de péter la gueule de tous les hommes daignant lui parler. Alors toi, fille, tu dois te casser au plus vite et toi, mec, va te faire soigner. Mais c’est de l’amour tu comprends…

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Non, je comprends pas. Si pour toi, l’amour, c’est passer plus de temps à pleurer qu’à être heureux, c’est que tu as sans doute trop regardé les Feux de l’amour petit en prenant ça pour une vérité absolue. Bien sûr, il faut faire quelques concessions car on se partage l’espace à deux mais si ça vous rend malheureux, c’est que vous n’êtes pas avec la bonne personne. Si je prends ma relation avec Victor, nous n’avons pas forcément les mêmes centres d’intérêt, on s’installe peu à peu dans une routine : moi j’écris pendant qu’il code ou mixe et tout va bien. Je ne lui ai pas demandé de mettre un casque quand il fait sa musique ou je ne le prive pas de jeux vidéos… surtout que bon, depuis qu’on a réactivé ma Nintendo DS, c’est plutôt moi qui abuse un peu. On essaie de trouver notre rythme et notre équilibre alimentaire, on ne renonce à rien. Alors, oui, c’est sûr que je peux pas dormir en travers du lit et je ne peux pas m’improviser chanteuse de comédie musicale en pyjama si l’envie m’en prend mais… d’abord ça doit m’arriver une fois par an. Mais surtout je ne renonce pas à l’essentiel. Je veux sortir avec mes amis ? Ben je le fais et réciproquement. Il veut se faire un Festival à Amsterdam ? Ben va… La confiance étant un pré requis dans notre couple, on peut partir chacun de notre côté sans inquiétude ou jalousie.

Moi je pars toute seule aux Philippines et je me selfise sur la plage
Moi je pars toute seule aux Philippines et je me selfise sur la plage

Alors évidemment, ceux qui ont répondu à ce hashtag ne savent peut-être juste pas ce qu’est un couple et répondent par clichés… et c’est précisément ce qui m’inquiète. On nous vend tellement d’histoire d’amours toxiques que ça en devient presque la norme. On nous fait croire que l’amour, c’est du sacrifice : du plus superficiel (toujours être épilée au poil… je suis une très mauvaise élève) au plus dérangeant (ne jamais refuser les envies sexuelles de son/sa partenaire, se séparer de certain-e-s ami-e-s dérangeant notre moitié). Mais alors expliquez-moi : ça sert à quoi de se mettre en couple si c’est pour souffrir ? Je sais pas vous mais moi, perso, si je dois juste sacrifier ma liberté, mes amis, voire ma famille dans les cas les plus sévères juste parce que c’est ça “l’amour”, mais j’en veux pas ! Je me fais suffisamment chier à sourire et faire des courbettes hypocrites au boulot pour pas m’amuser à faire la même en rentrant à la maison.

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Bref, ton couple est une souffrance : barre-toi. Tu n’as plus le droit de dire ou faire ce que tu veux ? Barre-toi ? Ton mec/ta nana pense que tu dois être comme ci ou comme ça, parler à telle personne et pas à celle là ? Barre-toi. Etre en couple n’est en aucun cas une obligation, on peut très bien vivre seul (si, si) donc réfléchis bien : est-ce que cet “amour” faut vraiment que tu paies le prix fort ? Dédramatisons la rupture : si c’est pour se sentir mieux et plus libre, ce n’est pas un échec mais bel et bien une victoire. Sur soi, sur sa dépendance à l’amour (enfin, l’idée qu’on en a), sur la société qui nous impose à marcher par paire, quitte à tomber sur une personne abusive et toxique. Je pense que pas mal de twittos ayant joué avec ce hashtag devraient sincèrement se poser la question

Quoi ? On ment sur les réseaux sociaux ?

La semaine dernière, l’univers des réseaux sociaux a subi un véritable séisme : Essena O’Neill, star d’Instagram, a fait une terrible révélation : tout n’est pas si rose au pays de la photo de smartphone refiltrée. Et oui, on peut être star d’Instagram, chut. Essena a poussé un cri du coeur : “non, les réseaux sociaux, c’est pas la vraie vie”. Mazette, quelle révélation !

Ceci est une pause tout à fait naturelle
Ceci est une pause tout à fait naturelle

Il y a un bon paquet de temps, j’ai eu pour ambition de rédiger quelques articles appelés “mise en scène du soi sur les réseaux sociaux” parce que oui, tout est orchestré pour faire un peu rêver. Je veux dire, qui irait sur les réseaux sociaux si c’était pour voir la gueule des autres au réveil ou pour lire des “aujourd’hui, il ne s’est rien passé” ? Les réseaux sociaux, c’est le plus grand soap opera du monde : du rire, des larmes, des grossesses (beaucoup, d’ailleurs, mon entourage ne semble pas concerné par la baisse des naissances en France, j’ai presque plus vite fait de faire la liste de mes copines pas enceintes que celles qui le sont…), des mariages, des ruptures, de la violence… Un vrai cocktail d’émotion brute… ou presque.

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De temps en temps, je cause avec mon ex, Guillaume 1er, qui m’explique qu’il refuse d’aller sur Facebook parce qu’il veut pas que le géant américain sache tout de sa vie. Je peux comprendre qu’on se soucie de l’utilisation de ses données personnelles et de la protection de sa vie privée mais… on n’est pas obligé d’absolument tout partager non plus. Sur mon Facebook perso, peu de publications : mes voyages, quelques instants heureux, quelques articles plaisants. A la limite, mes likes et mes commentaires doivent en dire bien plus si on les cherche : “Bonjour, je suis féministe et gauchiste, je me sens d’humeur à expliquer aux machistes et xénophobes à quel point leur vision de la société pose problème”. En gros. Brut de pomme de décoffrage* la meuf. Et je me dis que mon vrai moi devrait un peu se calmer sur le sujet car on ne sait jamais qui lit la conversation et qui pourrait retenir mon nom en négatif. Genre le recruteur d’une trop super boîte où je pourrais postuler un jour, on ne sait pas. Mais voilà, sur mon vrai moi, en ce que je poste, y a pas grand chose sur Facebook et sur Twitter et LinkedIn, je suis insupportable de fayotage en mode “HE SALUT JE SUIS L’ACTU DES RESEAUX SOCIAUX, T’AS VU ?”

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Infographie piquée à Jérôme Deiss

Oui, on pose sur les réseaux sociaux, bien sûr qu’on pose sur les réseaux sociaux. Matez le profil de n’importe lequel de vos amis, vous noterez que les photos les moins avantageuses sont postées par les copains qui ont eu le taggage vache. Enfin, si la personne a eu le courage d’assumer… J’avoue sans honte m’être détaggée de photos où j’étais vraiment horrible, surtout celles datant des prémices de mon adolescence… Pour le reste, belles photos avec du sourire en veux-tu, en voilà, des cheveux shiny, un corps environ parfait, un lieu paradisiaque.

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Oui, on met en scène, quelle surprise ! Sur mes réseaux professionnels, je sélectionne les infos que je diffuse en fonction de l’image que je veux donner de moi. Lorsque je cherchais à quitter ma précédente boîte, j’avais envie de tenter l’aventure du côté du paid et du RTB et relayais de nombreux articles sur le sujet sur mes réseaux. Aujourd’hui, j’essaie de construire quelque chose autour de la data et de l’e réputation donc… Et j’évite de publier mes résultats à Candy Crush ou 2048 parce que non, ça ne donne pas une image de fille brillante qui résout des casse-tête mais plus une fille accro à son mobile (qui serait bien foutue de tenter de battre son record en réunion et de nous pourrir le Facebook avec ses invitations à jouer pour gagner des vies). Je ne comprends pas l’aspect révolution de ces révélations. S’il est drôle de voir les photos retouchées en mode “je fais genre que je passe un bon moment alors que j’ai posé pendant 3h dans le froid”, je ne vois pas qui est vraiment naturel sur ces réseaux sociaux. On ne poste pas gratuitement, jamais, il y a toujours un but… et celui-ci est quand même dans 75% du temps de donner une image de soi. Les 25% restants sont partagés entre la râlerie et l’envie d’expliquer à un inconnu qu’il a tort (je plaide complètement coupable).

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Parfois, j’ai envie de créer un compte “la vraie vie nulle de *pseudo à trouver*” justement pour illustrer le fait qu’on ne poste jamais rien par hasard sur les réseaux sociaux.

* Expression honteusement volée à Tutotal

On perd vite le manuel des rencards réussis

Par Audrey

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Après la soirée de l’angoisse avec mes copines censées m’insuffler du courage pour ce premier rencard post longue relation amoureuse, je décide que j’ai pas besoin d’aide. Ca va, je ne suis plus une jeune pucelle rougissante. J’ai passé trois ans avec le même mec et j’ai eu une vie avant lui : plus experte des mecs que ça, tu meurs.

Le fétichisme des pieds, in ou out ?

Et je meurs, justement. De stress. Parce que bon, en trois ans, y a peut-être quelques trucs qui ont changé en matière de drague et mes copines ont préféré me prévenir sur les risques de finir découpée à la scie sauteuse et balancée dans la Seine en menus morceaux plutôt que de me dire si les rendez-vous galants, ça marche toujours pareil. On est toujours dans le bon vieux resto ou vive les apéros dînatoires ? Et on sort où maintenant à Paris pour passer une bonne soirée sans passer pour la meuf dépassée face aux hypra branchées parfaites jusqu’au bout des orteils. Tiens, au fait, faudrait que je pense à me faire une petite pédicure maison, peut-être que ce monsieur va voir mes pieds et les ongles un peu pas faits, ça le fait pas. Où on est-on du fétichisme des pieds, d’ailleurs ? In ou out ? On ne me dit rien, à moi !

Respire, ma fille, respire. Un, deux, trois, tout va bien se passer, ce n’est qu’une question d’organisation. D’abord, lançons les travaux de fond appelés aussi “bah, tiens, enfin une bonne occasion de me chouchouter”. Un peu de cire sur mes poils (c’est pas la mode les poils à tout hasard ? Ca m’arrangerait…), un peu de produits tout doux sur mes cheveux et ma peau, un peu de vernis sur mes doigts… Telle Cendrillon, j’émerge de mon petit nuage magique et… point de miracle. Le souci quand tu vis en couple et que tu te crois à l’abri de toute rupture (ERREUR), c’est que tu en profites pour te la couler douce sur les quelques gestes beauté qui t’ennuient le plus. A savoir pour ma part : épilation stricte (ça va, lui aussi, il a des poils et je ne lui dis rien), vernissage impeccable (selon une loi universelle, il est impossible de conserver une couche de vernis dans son intégralité plus de 8h… un peu comme les collants, impossible d’en porter un sans le filer toute une journée), silhouette impeccable. Je me masse le haut du nez en soufflant puis je hausse les épaules. Y a bien que les magazines féminins pour croire qu’on n’a aucune chance si on ne ressemble pas à une fille de leur canard. D’ailleurs, même les filles de leur canard ne se ressemblent pas et vu que Photoshop n’existe pas dans la vraie vie, on fera avec ce qu’on a.

 M’a-t-il draguée car il me sentait désespérée ?

Etape suivante : les vêtements. Dans la mesure où il ne fait pas particulièrement chaud, tout ce qui implique de dévoiler mes jambes avec juste un peu de voile autour me donne envie de pleurer. Bon allez, va pour mon petit jean fétiche, il me fait un cul d’enfer et ça dédramatise un peu la rencontre : je joue pas ma vie sur ce rencard, t’emballe pas mec. Par contre, pour le haut, l’hésitation monte d’un cran : décolleté or not ? En dévoiler un peu mais pas trop pour donner l’envie d’en voir plus mais sans envoyer le message “j’ai tellement la dalle que tu n’as rien à faire pour m’avoir”. Non, non, pas trop, soyons dans le suggéré… Ah oui, autre chose que j’ai un peu délaissé pendant ma vie de couple : ma grande-robe sexy. J’avoue que la mode sweat a eu avec moi l’une de ses plus ardentes défenseuses…

Deux heures plus tard, le contenu de mon armoire a envahi mon appart et je ne suis toujours pas plus avancée. Au fond, est-ce que tout cela a vraiment une importance ? Le mec m’a adressé la parole dans un bar où j’étais la seule à ne pas être fringuée en mode slut donc soit il aime les filles simples… soit il aime les filles désespérées, en période “basse estime de soi” parce que ça fait des proies faciles…

Je me jette sur mon lit et soupire… C’est fou comme, tout à coup, mon ex me manque… Soit on nous ment en nous disant que le célibat, c’est trop cool… soit c’est moi qui ne suis pas faite pour ça.

 

Je te guette, tu me guettes

Vous avez eu de la chance : quelques mails envoyés, des sourires échangés, une histoire qui démarre. Vous n’y croyiez qu’à moitié mais vous avez réussi l’impensable : trouver l’amour sur un site de rencontre. Enfin, en tout cas, c’est bien parti pour transformer. Sauf que la tentation est là. Celle de cumuler quelques conquêtes de plus histoire de peaufiner votre tableau de chasse ? Non, celle de vérifier que votre only one ne continue pas à chasser dans votre dos.

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Les sites de rencontre sont de sales fouines. Si, si. Des engeances du diable qui font passer la Gestapo pour de doux agneaux. Après vous avoir questionné moults heures sur tout et à peu près n’importe quoi, ils caftent vos activités à tous les membres inscrits : êtes-vous connectés en ce moment ? Depuis quand n’êtes-vous pas venus ? Pire, certains vous filent un score permettant de mesurer en un coup d’oeil si vous êtes inscrits depuis longtemps et si vous êtes très actifs. Vous êtes pistés, c’est un fait.

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Du coup, puisque le site de rencontre raconte tout sur vos connexions, il en fait autant pour votre tendre moitié. Oh mon âme soeur, dis-moi que tu ne t’es pas connecté depuis notre premier baiser si romantique ? Mais… mais que vois-je ? Cet-te enfoiré-e de cochon-ne est connecté-e en ce moment-même ? Trahison et infâmie ! Je vais lui envoyer un mail pour lui dire ce que je pense et bousiller les bribes de notre relation naissante. On me la fait pas à moi !

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Sauf que. Point numéro 1 : comment reprocher à quelqu’un d’être connecté puisque, si vous l’avez découvert, c’est que vous étiez vous-mêmes logués sur le site ? Un peu comme si vous croisiez votre amour au bras d’une autre personne alors que vous vous baladez vous-mêmes au bras de votre illégitime, hôpital, charité, tout ça. Alors oui, il/elle est connecté-e et c’est dégueulasse sauf qu’on pourrait envisager que :

  • -il/elle soit connecté-e pour strictement les mêmes raisons que vous : vous pister. Ceci étant, la rupture semble alors une bonne option car si peu de confiance dès le départ promet de belles engueulades, crises de nerfs et parano. Ca va pas marcher
  • il/elle soit connecté-e pour effacer son compte. Oui, ok, ce serait un hasard un peu foufou de tomber piiiiiile à ce moment-là mais c’est une possibilité raisonnable.
  • il/elle soit connecté-e car il/elle a lié quelques relations amicales sur le site (si, ça existe) et discute avec des gens. Maintenant, ce serait bien de glisser que son adresse mail peut aussi servir à communiquer avec ses charmants correspondants.

correspondance

Alors oui, il est possible qu’il y ait quéquette sous couette et que votre promis-e ait encore un peu la dalle et cherche à croquer un peu de chair fraîche avant de s’engager avec vous. Ou alors il n’y a que vous qui croit en votre amour, l’autre vous prend pour un plan cul, ça peut arriver. Seulement lui sauter à la gorge comme ça, sans savoir bien de quoi il retourne, c’est la meilleure façon de passer pour un-e psychopathe et de se lancer dans une conversation souvent très désagréable à base “non mais je te dois rien”, “on n’a jamais dit qu’on était en couple” où, en plus, vous aurez le mauvais rôle puisque vous aurez le rôle du stalker.

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Alors quoi ? On se tait ? Il existe une méthode pour être sûr et certain de ce qu’il se passe : renoncer à toute dignité. Je vous raconte ça la semaine prochaine.

 

Le nouveau champ des possibles amoureux

Par Audrey

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Sortir d’une rupture subie, ça vous met un peu les neurones au ralenti. Tu es tellement dans le vif, ton coeur éclaté en mille morceaux prend tellement toute la place que tu ne réalises pas alors qu’en sortant d’une relation que tu souhaitais totalement monogame, le champ des possibles amoureux s’ouvre soudain.

« J’ai le droit de draguer sans une once de culpabilité »
Un samedi soir ordinaire, un garçon a pris mon numéro. Hébétée, je lui dictais les 10 chiffres magiques, légèrement paniquée à l’idée que je n’avais pas le contrôle de la situation. Le contrôle de quoi précisément ? C’est à dire que je n’étais pas sûre d’être prête. Même si je savais que mon ex, trop occupé à sauter sa nouvelle poulette, ne reviendrait plus, j’avais encore du mal à envisager une nouvelle relation avec un autre homme. Lente, vous avez dit ?

Et puis, le lundi matin, à la machine à café, j’ai réalisé que cette nouvelle liberté n’était pas si mal. Alors que j’attendais que la machine remplisse un gobelet plastique d’un brouet sombre ressemblant vaguement à du café dans un vombrissement d’enfer, je sentis une présence derrière moi. Indifférente, je jetais un oeil par dessus mon épaule quand je reconnus la silhouette athlétique de Maxime, le directeur artistique. Je le salue poliment quand il lance la conversation « alors, ton week-end ? ». En lui répondant, je remarque soudain pourquoi la plupart des filles parlent de lui comme le fantasme absolu : oui, Maxime est séduisant avec ses yeux clairs qui pétillent, son nez droit et sa petite fossette au menton. Et là, mes neurones connectent enfin : j’ai le droit de le draguer. Je suis célibataire et si je veux, je peux tenter le coup sans une once de culpabilité. En voilà une perspective excitante.

De retour à mon poste, j’ouvre mon Facebook et fais défiler mes contacts pour dresser la liste des éventuels candidats à mon éveil amoureux. Adrien, pas mal, mettons le de côté. François ? Ah non, il est maqué depuis trois mois et ne cesse de poster des photos de son couple. Julien ? Ah non, c’est mort, c’est un copain de Benoît. Je ne suis plus très au fait de ce qui est correct ou pas en temps de rupture mais draguer un pote de son ex me paraît être une mauvaise idée quoi qu’il en soit.

« Je chope un rencard et j’hyperventile »
Toute excitée par ma liste, je n’entends pas mon mobile qui vibre dans mon sac. Ce n’est donc que quelques instants plus tard que je découvre ce message « Hello, c’est Valentin, on s’est croisés au bar samedi soir ! Ca va ? ». Après quelques échanges de textos polis mais peu intéressants, la question tombe enfin : « on va se boire un verre vendredi soir ? Ca te dit ? ». Je suis au bord du vide, un, deux, trois… « Ouais ok ». J’ai sauté, l’élastique est en train de se tendre. Va-t-il craquer ou me permettre de ne pas me fracasser au sol.

En résumé : j’ai un rencard. Le premier rendez-vous avec un homo sapiens sapiens de l’ère post Benoît. Ok, faut que je convoque mon conseil de guerre avant vendredi histoire de calmer mon hyperventilation. SMS aux filles « SOS, j’ai un rencard ! Faut qu’on se voit, viiiiite ». Le champ des possibles amoureux, c’est excitant mais ça file vite le vertige.

 

PS : Je progresse, niveau illustration ! Sinon, j’avais pondu ces 2 versions là :

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audrey-champs-possible3

Mais cette dernière perd trop le côté un peu BD, non ?

Ce que j’aurais aimé que tu me dises

Profitant de mes congés estivaux, j’ai lu, beaucoup, et j’ai 3000 chroniques littéraires en retard. Entre mes mains est notamment passé “N’oublie pas les oiseaux” de Muriel Magellan, une histoire d’amour tumultueuse dont je vous promets de vous parler très bientôt car j’ai vraiment aimé ce livre. Il m’a parlé et a notamment réveillé une colère que je pensais morte depuis longtemps. Celle contre un ex, celui qui a toujours nié ma souffrance car il n’y avait de place que pour la sienne. En gros.

couple-triste
Lisant ce livre, je m’agaçais donc de cette vieille histoire et me demandais soudain pourquoi ça revenait alors que cette histoire est digérée, limite oubliée. So what ? Aurais-je encore des sentiments pour cette personne que je n’ai plus vue depuis bien 2 ans ? Non, ce n’est pas ça… Et là, je me rends compte du malaise : ce n’est pas de son amour dont j’ai soif mais de ses excuses. Enfin, plutôt qu’il admette qu’il m’a fait souffrir, qu’il n’a jamais pris en compte mes sentiments, que seuls comptaient les siens. Pendant notre relation et après, laissant même son ogresse piétiner avec cruauté les souvenirs de notre relation. Parce que je ne comptais pas.

Bruxelles 365
J’ai donc eu envie de cracher ça. Puis j’ai réfléchi et me suis dit que ça ne servait à rien. Parce que je n’entendrai jamais ce que j’ai besoin (ou envie) d’entendre. Une rupture a cela de frustrant que chacun en a sa lecture et qu’il n’est pas concevable d’en parler calmement. Du moins pas au moment où l’on en aurait besoin tant la colère, la rancoeur, la tristesse, la frustration se mêlent et rendent le discours incohérent, agressif, violent. Je peux être une ex chiante, celle qui fait une scène car l’autre refait déjà sa vie, sans prendre la peine de me ménager un peu. Faut dire que j’ai parfois eu l’honneur de me taper des mecs reprenant le flirt avec une autre moins d’un mois après notre relation et ce sans se cacher nullement. Tu pourrais attendre que le corps de notre amour soit froid quand même. Je m’énerve, je tempête, je crie. L’autre ne comprend pas : on n’est plus ensemble, je ne te dois rien. Si, tu me devais une chose : me dire que j’avais quand même compté pour toi. Que cet amour que j’avais investi en nous n’était pas juste une histoire que je m’étais racontée. Que tu m’avais racontée. Que je n’ai pas infligé une sale cicatrice à mon coeur pour rien. Que tu comprennes que si, aujourd’hui, j’ai si peur de tomber amoureuse, c’est parce que tu m’as blessée et laissée là, agonisante, ne comprenant pas pourquoi ça me faisait mal de te voir déjà tourné vers de nouveaux horizons.

souffrir-amour
Je parle d’amour mais ça marche pour d’autres domaines tels le travail ou l’amitié. Les ruptures sont différentes, certaines sont très administratives, d’autres plus perverses et sournoises, le lien se lâche et finit par se détacher sans réelle rupture visible. Nous ne sommes plus amis parce que c’est la vie, parce qu’on s’est éloignés. Parfois, on ne s’en rend pas compte, d’autres fois, ça pique plus. Moi qui ai investi du temps sur toi, qui ai été présent pour toi, pourquoi me délaisses-tu soudain ? Ne suis-je plus assez bien pour toi ? Penses-tu que tu es mieux que moi, que je ne vaux même pas une explication. Et toi, qui me laisse passer des entretiens sans rien me dire alors que tu sais, penses-tu que mon départ sera une bonne nouvelle, un boulet en moins dans la barque fragile ?

titanic
Sans explication, sans rien dire. C’est la clé. J’ai parfois envie de provoquer la confrontation, de saisir ma plume pour déverser mon fiel et enfin déclencher une réaction chez l’autre. Mais à quoi bon ? Même si je me sens droite dans mes bottes et légitime, personne n’a envie d’avoir le mauvais rôle. Si je confronte en disant “tu as eu tort, tu m’as fait du mal, tu ne me mérites pas”, je ne vois pas qui me répondrait que j’ai raison. On parle de sentiments, pas de mathématiques. Même si parfois, on sait qu’on a chié, personne n’a jamais envie de l’admettre. Alors non, je n’entendrai pas ces mots dont j’aurais sans doute besoin pour avancer. Je dois en faire mon deuil. Plutôt que de ressasser bêtement, je dois voir si j’ai pas une leçon à en tirer et passer la seconde pour passer à autre chose. Au fond, peut-être est-ce aussi de ma faute : j’ai trop accepté, j’ai prêté à des personnes des sentiments, des intérêts qu’ils n’avaient pas, je n’ai pas assez parlé, mis en avant mes envies, mes ambitions. En matière de sentiments humains, personne n’a jamais forcément tort ou raison à moins de tomber sur des personnes perverses et/ou totalement égoïstes. Même si ok, mes exs qui repartent ostensiblement en chasse moins d’un mois après notre rupture, eux, ils sont difficilement excusables. Un peu de ménagement pour mon petit coeur et mon ego, merde !

Coeur-brise
Mais finalement, n’est-ce pas là la fin de l’histoire. Je me demande parfois ce qui marque réellement le point final d’un amour. La rupture n’est qu’une première étape, quand fait-on réellement le deuil de cette relation ? Et si c’était tout simplement quand on se résigne à ne plus attendre ces mots qu’on estimait légitime ? Ou tout simplement le jour où on n’a plus besoin de les entendre.

The Amazing Spider-Man de Marc Webb

Des fois dans la vie, t’es un peu claquée mentalement parlant et quand on te propose d’aller mater un bon blockbuster bien crétin, tu dis « ouiiiiiiii ! ». Nous voici donc posés devant the Amazing Spider-man, numéro 2 d’une trilogie dont je n’avais pas vu le 1 mais c’est pas grave, j’avais vu que le 1er de la trilogie avec Tobey McGuire donc l’un dans l’autre, je devrais m’en sortir. Victor m’ayant prévenu de la relative qualité du premier et le charisme d’huître d’Andrew Garfield, j’étais prête… enfin, le croyais-je. Du coup, je vous spoile le barda, histoire de vous faire gagner 1h30 de votre vie.

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On commence par une scène en avion. Je vous préviens de suite, les scénaristes de ce film ne sont pas aussi calés que moi en Mayday dangers dans le ciel donc ça donne de suite n’importe quoi. Papa et Maman Parker ont abandonné leur rejeton pour fuir la méchante grosse corporation, Oscorp,  qui veut leur peau car ils ont fait de grandes découvertes scientifiques dangereuses. Ils sont dans l’avion en disant « ohlala, on risque de mourir à tout moment. » Avion, on parle de mort imminente, ça pue. Prise d’une envie subite, Maman Parker va faire un petit pipi alors que le copilote sort du cockpit et fait des ronds de jambe à Papa Parker mais quand le copilote va se laver les mains, papa Parker voit du sang dessus. Ohlala non, c’est un tueur. Pourquoi le copilote s’est lavé les mains entre deux meurtres, l’histoire ne le dira pas. Bref, bagarre, quand soudain, le corps mort du pilote s’effondre sur les commandes, tu sais pas bien pourquoi. Donc l’avion commence à avoir un plan de vol direction le sol, le copilote tire, touche Maman Parker au bide puis un hublot, celui-ci pète et on sait tous qu’un avion qui a un trou, c’est un avion en dépressurisation et apparemment, quand ça dépressurise, ça arrache la porte (ah ?) qui va péter direct dans le moteur. Ca prend feu, le copilote est tué, la maman va pas super bien mais c’est pas grave vu que l’avion finit logiquement par se crasher. Woké.

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Quelques années plus tard, c’est le jour des diplômes ! Tandis que Gwen Stacy, major de promo fait son discours, Peter Parker, aka Spider-man, s’occupe gentiment de terroristes qui ont piqué un blindé avec des trucs super explosifs dedans. Ouais, maintenant, y a plus une scène d’ouverture qui pète mais deux. Spider-Man bondit dans tous les sens en donnant dans la vanne facile (mais ok, il est tout jeunot) tandis que Gwen parle d’avenir mais tout va bien ! Spider-Man arrête les méchants en sauvant un pauvre type noir planté en plein milieu qui a failli se faire renverser parce que manifestement, baliser les rues de Manhattan pour pas se faire renverser, c’est pas très clair pour notre ami black. Spider-man le sauve et fait « hey, c’est quoi ton nom ? Max ? Ouais, Max, t’es mon pote, surveille la ville pour moi, je continue de poursuivre le méchant Russe, salut! ». Notons au passage qu’on baigne dans le non-sens. Ok, on a bieeeeeen compris que Spider-man était facétieux mais à quel moment tu t’arrêtes taper la causette à un quadra-quinqua en lui parlant comme à un débile profond ? Breeeef. Spider-man accidente le camion mais rien n’explose et hop, les méchants sont arrêtés et Peter arrive pile à temps pour récupérer son diplôme sur l’oeil humide de sa tante et de Gwen, sa petite copine.

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Mais voilà, y a un os. Dans le premier opus, le papa de Gwen est mort en se mettant en danger à cause de Spider-man (à peu près, je l’ai pas vu, je rappelle) et du coup, Peter ne veut pas que sa belle blonde subisse le même sort donc il décide de rompre, merci, au revoir. Mais il est tellement tout triste et, du coup, il se préoccupe soudain d’une sacoche ayant appartenu à ses parents et essaie de comprendre le merdier qu’il y a dedans. On s’occupe comme on peut. Mais il perd pas trop Gwen des yeux quand même. Ou comment foirer sa rupture en beauté. Dans tout ce micmac, on découvre que Max, le Noir qui a pas trop noté qu’il y avait des terroristes en ville, est un énorme loser qui se croit trop pote avec Spidey et c’est son anniversaire alors il s’invente une soirée démentielle. Il travaille dans la grosse grosse entreprise qui a fait tuer Papa et Maman Parker et comme de par hasard, qui croise-t-il dans l’ascenseur ? Gwen qui entame un boulot d’été par là. C’est trop unbelievable le hasard. Pendant ce temps, le meilleur ami de Peter, Harry Osborn, revient en ville pour assister à la mort de son père, victime d’une terrible maladie qui l’a rendu un peu vert. Pas de bol, c’est une maladie génétique et pas de bol encore, ça a commencé pile à l’âge qu’a Harry. Toutes ces coïncidences me donnent le vertige. Bref, Harry et Peter se retrouvent et vont parler de tout et surtout de rien en jetant des cailloux dans la rivière. Je vous épargnerai le récit des scènes de vie quotidienne de Peter chez sa tante même si le dialogue de nos deux joyeux drilles autour des slips à laver de Peter est fascinante. Imaginez le prix de la scène, faire jouer deux acteurs pour un truc de 2 mn qui parle de slip. Même pas une vanne sur une substance blanche qui colle dans les vieux slibards cracras de Spider-Man. Mais bon, ça va, on a BIEN compris que Tantine, elle captait pas que Peter, c’était Spider-Man.
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Bon, c’est pas tout ça mais il est temps de sortir les méchants de l’histoire. Retournons à Max le loseur. On se doutait bien qu’il allait servir un peu vu que 1/ il a parlé à Gwen et que 2/ il est joué par Jamie Foxx. Un peu comme dans les New York police machin, quand tu vois un acteur un peu connu dedans, tu sais que c’est lui le méchant. Notre ami Max est consigné au boulot le soir de son anniversaire alors qu’il avait bien parlé de sa fête imaginaire. En voulant aller resserrer une vis ou à peu près au dessus d’un énorme aquarium plein de gigantesques anguilles électriques, il se viande et crzzzzzz crzzzzz Max, merci au revoir.
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Pendant ce temps, toujours, Harry se dit que du sang de Spider-Man, ça l’empêcherait de virer vert comme son père et demande à Peter de le contacter car vu les photos trop incroyables que Peter prend de l’homme araignée, c’est trop grillé qu’il le connaît.
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Mais Peter a mieux à faire qu’un don du sang car il a rendez-vous entre potes (ahah) avec Gwen qui lui annonce qu’elle va peut-être partir vivre en Angleterre donc ils se roulent des pelles sous les arbres. Rester trop pote avec son ex, ça marche jamais, depuis le temps que je le dis… Mais alors qu’il tâtouille gentiment les amygdales de Gwen, sa super ouïe capte du bruit et il plante sa meuf pour aller voir car sa super intuition lui dit que ça chie en centre ville. Nous voici effectivement à Times Square où on retrouve notre ami Max qui n’est finalement pas mort mais qui va pas super bien non plus vu qu’il est devenu un bonhomme électrique et qu’il est un peu paumé. Hop, la police a déjà placé des barrière de sécurité derrière lesquelles s’agglutinent des tas de badauds. Alors passons sur la promptitude des forces de police à ériger un périmètre de sécurité mais pardon mais moi, on me dit qu’il y a un mec pas net et qu’il faut pas s’approcher, je reste pas connement derrière une petite barrière. Je dois avoir un instinct de survie surdéveloppé, allez savoir. Bref, Spidey débarque avec Gwen sur ses talons (elle doit aussi avoir des super pouvoirs vu qu’elle a pu se déplacer aussi vite que son super héros mais passons). Là, Max est tout perdu et elle capte de suite qui il est (alors qu’il est un peu passé de Noir à bleu luminescent mais un mec qu’on croise dans un ascenseur, ça s’oublie pas, apparemment). Spidey finit par remettre quand il l’a croisé aussi et tente de l’amadouer mais un flic décide de tirer (ils feraient mieux de gérer leurs barrières) et ça énerve Max qui devient alors super méchant avec une maîtrise impeccable de ses pouvoirs, il absorbe l’électricité et malmène un peu Spider-Man. Parenthèse : j’ai pas mal aimé le thème d’Electro, puisque tel est désormais son nom. Sauf que qu’est-ce qui fait mauvais ménage avec l’électricité ? L’eau. Ni un ni deux, les pompiers débarquent et t’arrosent tout ça (avec de l’eau alors que la mousse aurait été plus indiquée, je dis ça, je dis rien). Electro est embarqué, merci, au revoir.
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Fin de l’histoire ? Que nenni ! Harry n’est pas revenu en ville juste pour nous offrir une scène avec son père vert mourant, nan nan ! Il découvre avec horreur que lui aussi est atteint de maladie, il a une grosse tache verte dans le cou apparue spontanément. Mmmm, sa maladie semble bien plus fulgurante que celle de son père mais passons. Il reçoit alors la visite de Spider-Man qui lui dit que non, il ne lui donnera pas son sang parce que ça peut être dangereux, ça énerve un peu notre ami Harry qui va dans la grosse grosse entreprise qu’il a hérité de son père. Sa secrétaire lui file deux, trois tuyaux sur les recherches de son père, il commence à s’exciter sur la table ordinateur et ouvre au hasard trois fichiers dans la multitude mais il a un bol de malade : trois trucs qui vont lui servir par la suite. Juste avant d’être expulsé du bureau par un des membres du comité directeur qui a réussi à prendre le pouvoir pour dégager le gamin, il découvre où est stoqué le sang d’araignée. Comme sa maladie doit inclure un trouble de l’attention, il ne se souvient pas de l’avertissement de Spider-Man et s’injecte du venin d’araignée et commence à un peu mourir mais heureusement, parmi les trois fiches consultées, il y avait celle de la super armure placée juste derrière. Hop, il fonce dedans et paf, devient le Bouffon Vert. Oui, j’avoue que j’ai pas tout saisi l’enchaînement des faits mais voilà.
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Pour se venger de Spider-Man, Harry va donc délivrer Electro. Electro qui a un joli corps électrique qu’il peut donc dissoudre et reformer à volonté pour naviguer dans le réseau électrique qu’il connaît par coeur puisqu’il l’a conçu. Mais ce qui est fascinant, c’est qu’en se rematérialisant, Electro se replace automatiquement les électrodes que lui avaient mises les scientifiques et un petit boxer du plus bel effet. Oui bon, pourquoi pas, on peut avoir un corps électrique et rester pudique.
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Pendant ce temps, Gwen et Peter trafiquent des trucs. Lui découvre le secret de son père (il avait découvert un vaccin à la maladie du papa Osborn à base de venin d’araignée mais je ne me souviens pas pourquoi il l’a finalement détruit, je devais être occupée à autre chose) mais en fait, ce n’est pas particulièrement intéressant. Il revoit Gwen, ils se roulent des pelles mais elle est finalement prise en Angleterre et va partir. Alors qu’elle est dans le taxi, il la rattrape mais ohlala, il se passe d’étranges choses à la centrale électrique donc Peter veut aller voir et Gwen veut le rejoindre mais il lui dit « Nan, c’est trop dangereux, tu pourrais mourir, souviens-toi la promesse que j’ai fait à ton père mourant, jamais je ne mettrai ta vie en danger ». Quelle insistance… Comme elle est têtue, il te lui gicle une toile d’araignée pour l’attacher au coffre du taxi et part sauver le monde. Enfin, à minima New York. C’est la panique dans toute la ville, y a plus d’électricité nulle part et surtout pas aux aéroports. Manque de bol, une contrôleuse à la mémoire remarquable a noté que deux avions allaient se percuter si on leur disait pas de changer de trajectoire mais comment faire sans électricité ? Je répète ma réflexion sur la méconnaissance de Mayday dangers dans le ciel parce que les avions sont équipés d’alarmes de proximité mais faisons comme si.
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Gwen étant vraiment une chieuse, elle saisit un ciseau à ongles qu’elle avait opportunément à portée et se défait de la toile d’araignée. Alors pardon mais avec sa toile, Peter il peut choper des véhicules, attacher des méchants vraiment méchants mais l’autre, elle te découpe ça au ciseau à ongles. Je. Bon, ni un ni deux, elle se téléporte et se retrouve à la centrale électrique où Spidey se bat avec Electro qui se gave de l’énergie environnante pour mettre sa race à notre pauvre héros. Mais tout va bien, Gwen va agir, elle fonce dans la centrale et va appuyer sur le gros bouton rouge qui coupe tout. Oui, la centrale électrique s’éteint en appuyant sur un gros bouton rouge. Je ne commenterai même pas. Spider-Man fait court-circuiter Electro, fin du méchant méchant. Les contrôleurs aériens reprennent la main juste à temps, les avions font un super looping pour s’éviter et tout le monde applaudit. Oui parce qu’apparemment, les passagers avaient compris la situation et apparemment, les avions de ligne, ça se pilote comme des avions de chasse, easy. Super, on va pouvoir rentrer.
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Ah non, y a le Bouffon Vert, du coup. A peine Electro a-t-il émis sa dernière étincelle que le voilà qui débarque et commence à tenir un grand discours à Spider-Man comme quoi, c’est vraiment trop un connard de pas l’avoir aidé. Apparemment, son trouble de l’attention lui a fait oublier que quand il s’est injecté du venin d’araignée, ça s’est pas super bien passé. Gwen débarque sur ces entrefaites et là, le Bouffon Vert capte donc que Spidey n’est autre que son copain Peter et ça le rend encore plus énervé car c’est son ami qui lui a refusé son aide. Ni un ni deux, il enlève Gwen qui restait sagement plantée là, il la balance deux ou trois fois de sa super armure qui vole mais Spider-Man récupère deux ou trois fois sa copine et finit par la déposer dans une horloge de la centrale électrique (pourquoi pas) sur d’immenses rouages pour la petite scène steampunk. Baston entre le Bouffon et Spider-Man, Gwen est balancée par dessus bord mais un petit coup de toile et hop, la voilà suspendue par le vide. Mais le bouffon vert parvient à prendre la toile dans un rouage et elle finit coupée. Spidey re balance un coup de toile pour la rattraper mais la chute est vertigineuse et la belle meurt. Alors point interprétation : avec Victor, on n’est pas sûrs : lui dit qu’elle a touché le sol, moi j’ai pas l’impression. Selon le comics, sa nuque est brisée dans la péripétie. Bref, elle meurt, un léger filet de sang s’échappe de son nez pour qu’on pige bien. Un jour, on fera une thèse sur ce sang nasal qui symbolise la mort (non parce que sinon, je meurs 10 fois chaque été, moi)(quoi que souvent, ça sort par la bouche).

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Peter, ayant trahi la promesse faite à un mourant (et ça, ça craint), range donc son costume. Mais voilà-t-il pas qu’un jour, le méchant russe du tout début refait des siennes. En effet, Harry Bouffon, qui avait été interné mais libéré par un mystérieux mec à chapeau, a eu la bonne idée de lui filer une armure histoire de mettre un peu d’animation en ville. Hop les barrières mais un gosse de 6 ans déguisé en Spider-Man passe les dites barrières pour affronter le gros méchant en armure. Point éducation : j’espère que l’enfant a été retiré à sa mère par la suite car je vois pas trop l’intérêt pédagogique d’amener son gosse là où on sait que ça va saigner. Bref. Le petit fait « ah, je vais t’arrêter gros méchant », le gros méchant qui est quand même un peu bonne pâte rentre dans le jeu, la mère crie « oh non mon fils, mon bébéééééé ! » (fallait y penser légèrement avant…). Et hop, Spider-Man re débarque miraculeusement, tape la discute 5 mn avec le petit pendant que le gros méchant a dû aller se griller une clope, je suppose. Non parce que le mec est quand même super fair : alors qu’il va tenter de tuer l’homme araignée deux minutes plus tard et que c’est quand même un vil méchant, il lui tire pas dessus quand l’autre est inattentif. Classe. Bref, bagarre à coup de missiles (mais les gens restent à regarder : « oh la belle [voiture de flics] bleue [qui vient d’exploser à 2 mètres de nous, ça gère !]). Spidey lui règle son compte mais désormais, on le sait : Harry va pas se laisser faire. Et c’est pas tout car à la toute fin, le mystérieux mec au chapeau retourne dans le labo secret et va voir le corps cryogénisé de papa Osborn pour le réveiller. Ohlolo, vivement le 3…

Modern stalking

Par Audrey

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Le problème des ruptures à l’ère du web 2.0, c’est qu’elle manque de netteté. Comment tourner la page alors que l’autre reste là, à portée de clic. Malgré les résolutions, malgré l’envie d’avancer, comment résister à l’envie d’aller jeter un oeil… Ne serait-ce que pour vérifier qu’on n’est pas la seule à en chier. Sauf que sur les réseaux sociaux, on a tendance à mettre en avant ce que l’on fait de cool. Et là, la curiosité vire à la scarification mentale.

Mais qui est cette pouffe qui like tout ce qu’il poste avec la régularité d’un métronome ?

Benoît était, quand nous étions installés ensemble, la parfaite incarnation du mot « pantouflard ». Plus motivé à l’idée d’un plateau télé ou d’une soirée console que par l’idée d’aller voir dehors ce qu’il se passe. Mais là, depuis qu’il est seul, il semble pas mal sortir. Un coup au concert de Fauve (style de musique qu’il semblait détester quand nous étions en couple), avis posté sur le dernier Woody Allen, expo à Beaubourg… Mais qui est cet homme ? Mais surtout qui est cette pouffe qui like tout ce qu’il poste avec la régularité d’un métronome ?D’ailleurs, pourquoi lors du concert des Artic Monkeys, elle l’a tagué sur une photo ? C’est qui cette Aurélie ?

Côté face, je souris, je joue la fille « la vie devant moi, youhou ! ». Côté pile, mon estomac est en train de se décomposer sous l’effet des giclées de bile aigre provoquées par toutes les apparitions de cette mystérieuse Aurélie dans la vie de mon mec… euh, mon ex. Jusqu’au jour où ça apparaît en toutes lettres sur mon écran, un coup virtuel dans les tripes « Benoît Garassi est maintenant en couple avec Aurélie Chastain ». Je saisis mon clavier et vomis ma colère, prête à lui démontrer l’étendue de mon vocabulaire le plus ordurier.

Mais, sur les conseils de mon amie Elisabeth, je finis par ne pas l’envoyer. Parce que ça sert à rien. Parce qu’il s’excusera d’avoir été maladroit, oui, mais il ne m’aime plus et la scène, même un peu légitime, qu’il va se prendre ne changera rien. Audrey out, Aurélie in, c’est comme ça.

Devant mon Facebook, je me décide enfin à faire ce que j’aurais dû faire depuis le départ

Alors je me plante devant mon Facebook et fais ce que j’aurais dû faire dès le départ mais que je n’avais pas eu le courage d’exécuter pour de fausses raisons (« non mais ça fait mesquin, tu comprends »). « Voulez-vous vraiment supprimer Benoît Garassi de votre liste d’amis ? ». Oui.

Le délicat cas du chat

Par Audrey

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Une fois ma rupture avec Benoît assimilée, je suis tombée dans une nouvelle phase que nous appellerons “nouveau départ”. Il fallait qu’un maximum de choses dans ma vie marque ce virage : nouvel appart, nouvelle garde robe, nouveau découvert. C’est le problème avec les nouvelles vies, on ne fait pas toujours des économies pour pouvoir se la payer au moment où on en a besoin. Alors pour consolider l’oeuvre de cette nouvelle vie, je choisis un chaton, tout pelucheux et tout mignon avec ses grands yeux étonnés et sa démarche un peu hésitante. Welcome to Karma dans mon humble demeure.

Le chat, repoussoir à mec ? 

Karma, oui, une façon de me souhaiter bonne chance dans ma nouvelle vie. Fière de moi, j’invitais mes copines à prendre le thé histoire de leur présenter la chose. J’ai attendu qu’elles soient tranquillement assises sur mon clic-clac flambant neuf (enfin, la housse. Le clic-clac est sans doute plus vieux que moi) pour leur exhiber le nouvel amour de ma vie. Si Elisabeth et Isa se montrèrent immédiatement charmées, Souria fit légèrement la moue. Souria, c’est ma pote “célibataire qui le vit bien”, à l’inverse d’Isa qui est la “célibataire qui aimerait bien une grosse alliance à son doigt et quelques enfants dans sa maison avec jardin”. A peu près. Donc Souria ne sourit pas.
“Tu l’aimes pas ?
– Si, si, il est mignon, mais… Ca va pas t’aider à trouver un mec.”
Chat, repoussoir à mec ? Allons donc ! Mais Souria insiste : de un, sans qu’on sache pourquoi, la moitié des mecs sont allergiques aux chats. Tu vois, physiquement, ça colle pas. Et de deux, et c’est bien là le pire, le chat, ça fait vieille fille. Limite aigrie. Le chat est donc une sorte d’antidote naturel contre les mecs, CQFD.

Le chat, meilleur détecteur à mec bien ?

Une fois mes copines parties, je prends mon mini chat et le tend vers moi, façon Simba dans le roi Lion. Ce petit bout de quelques grammes feraient fuir des gaillards de 80 kilos, vraiment ? Je relâchais le fauve qui partit en courant maladroitement planter ses griffes dans la mousse du canapé, l’air espiègle et satisfait. Le roi de la maison. Quelques jours à peine que je l’ai ramené et il fait déjà sa loi. Peu importe les brimades, il plante ses griffes dans mes meubles et saute partout s’il veut. C’est peut-être là le noeud du drame : y aurait-il une place pour une autre individu auprès de mon chat ? Boule de poil est-elle la seule à décider de qui a le droit de la vénérer ? Un chat et un homme sont-ils forcément en conflit quand il s’agit de prendre une place dans ma vie ? Et ce mini félin me place-t-il vraiment dans le rôle de la vieille fille ? Je veux dire, oui, je l’ai adopté au moment où je renouais avec une solitude depuis longtemps oubliée mais c’est pas une raison…

Et si Karma était, en fait, mon meilleur détecteur à mec bien ? Je veux dire un gars qui arrêterait une incroyable histoire d’amour à cause d’un chat mérite-t-il que je m’arrête sur son cas plus de 30 secondes ? Non, je ne crois pas non.

Finalement, Souria a tort : ce chat est le meilleur investissement que je pouvais faire. Même si j’étais encore loin de me relancer dans une quête amoureuse : guérir un coeur, ça prend du temps.

Mon coeur en lambeau

Par Audrey

La rupture est un deuil. Au début, je n’y ai même pas cru. Alors que Benoît m’expliquait que le « nous » était mort, j’étais noyée sous un tsunamis de pensées tantôt rationnelles, tantôt émotionnelles, surtout contradictoires. Que faire ? Quoi dire ? Il est sérieux, là ? Je l’aimais bien, moi, cet appart… Dois-je pleurer, crier ? Me montrer compréhensive ? Lui jeter au visage ce verre qu’il a imprudemment laissé à ma portée ? Les codes de la bienséance n’ont jamais rien dit à ce sujet.

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Alors je n’ai rien dit. Je suis restée coite, abasourdie. Sur le coup, Benoît s’en est même inquiété, craignant sans doute que ce soudain mutisme annonce une explosion imminente, un peu comme avant une éruption volcanique. Mais non, je ne savais juste pas quoi dire ni faire, mon cerveau était parti en vrille. De fait, cette première phase de rupture fut douce. C’est après que ça s’est compliqué.

« Il reviendra forcément, ils finissent tous par revenir »

Dans la phase de deuil telle que présentée dans toutes les séries médicales américaines, il y a une phase de déni. J’y suis passée. Après avoir pris mes petites affaires et être partie vivre chez ma bonne amie Elisabeth, je me suis réconfortée en me disant qu’il s’agissait d’une erreur, qu’il reviendrait forcément. Il paraît qu’ils finissent toujours par revenir. Je ne sais d’où je tiens cette croyance si on considère que 100% de mes exs ne sont jamais revenus… Mais peu importait. Benoît avait juste commis une petite erreur de jugement, il ne tarderait pas à me rappeler pour me supplier de revenir.

Il ne le fit pas. Alors commença la phase de colère où j’usais d’un vocabulaire varié et ordurier pour désigner mon désormais ex. Connard, connard, connard ! Tu m’as quittée alors que j’étais la petite amie à peu près parfaite, douce et aimante, patiente, dévouée… Peut-on à ce point être crétin ? Non mais c’est vrai, à quel moment décide-t-on de quitter la femme parfaite ou à peu près ? Une femme qui compose délicatement avec tous vos défauts parce qu’il en avait un paquet ! Tu savais qu’il ronflait ? Tu n’imagines pas les courtes nuits que j’ai passées à ses côtés… Pas parce qu’il me sautait dessus, non, ça, c’était plié en 5 minutes mais parce qu’il me faisait plus de bruit qu’un avion au décollage, pour te dire ! Je suis sûre que j’ai perdu des points d’audition. Puis tout est de sa faute ! En la jouant “on reste pote”, il m’a laissé croire qu’il y avait un espoir alors même qu’il se tapait déjà l’autre greluche. Je le déteste, je le hais !

Tu as posé ta valise dans un nouvel appartement, plus petit, imparfait, mais il marquait la fin d’une parenthèse de 6 mois

Et puis un jour, tu te résignes. Tu te dis que c’est plus si important, qu’il revienne ou non. Tu as posé tes valises dans un nouvel appartement, plus petit, imparfait, mais il marquait la fin d’une parenthèse de 6 mois durant laquelle j’ai pleuré sur mon sort, sur notre sort. Enfin, j’étais prête. Chapitre Benoît clos, entamons le suivant.

 PS : Je continue mes petits tests, notamment dans la mise en page qui fait un peu chronique magazine et surtout l’illu, qui ne donne pas du tout ce que j’imaginais (je m’inspire à la base pas mal des théâtres des ombres mais je suis pas encore assez douée en Photoshop pour faire des contours propres) mais j’arrive pas à dire si ce résultat là est cool ou franchement atroce. Donc si avis vous avez, exprimez-vous. Moi pas graphiste, moi zéro susceptibilité sur la question.