Je te guette, tu me guettes

Vous avez eu de la chance : quelques mails envoyés, des sourires échangés, une histoire qui démarre. Vous n’y croyiez qu’à moitié mais vous avez réussi l’impensable : trouver l’amour sur un site de rencontre. Enfin, en tout cas, c’est bien parti pour transformer. Sauf que la tentation est là. Celle de cumuler quelques conquêtes de plus histoire de peaufiner votre tableau de chasse ? Non, celle de vérifier que votre only one ne continue pas à chasser dans votre dos.

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Les sites de rencontre sont de sales fouines. Si, si. Des engeances du diable qui font passer la Gestapo pour de doux agneaux. Après vous avoir questionné moults heures sur tout et à peu près n’importe quoi, ils caftent vos activités à tous les membres inscrits : êtes-vous connectés en ce moment ? Depuis quand n’êtes-vous pas venus ? Pire, certains vous filent un score permettant de mesurer en un coup d’oeil si vous êtes inscrits depuis longtemps et si vous êtes très actifs. Vous êtes pistés, c’est un fait.

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Du coup, puisque le site de rencontre raconte tout sur vos connexions, il en fait autant pour votre tendre moitié. Oh mon âme soeur, dis-moi que tu ne t’es pas connecté depuis notre premier baiser si romantique ? Mais… mais que vois-je ? Cet-te enfoiré-e de cochon-ne est connecté-e en ce moment-même ? Trahison et infâmie ! Je vais lui envoyer un mail pour lui dire ce que je pense et bousiller les bribes de notre relation naissante. On me la fait pas à moi !

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Sauf que. Point numéro 1 : comment reprocher à quelqu’un d’être connecté puisque, si vous l’avez découvert, c’est que vous étiez vous-mêmes logués sur le site ? Un peu comme si vous croisiez votre amour au bras d’une autre personne alors que vous vous baladez vous-mêmes au bras de votre illégitime, hôpital, charité, tout ça. Alors oui, il/elle est connecté-e et c’est dégueulasse sauf qu’on pourrait envisager que :

  • -il/elle soit connecté-e pour strictement les mêmes raisons que vous : vous pister. Ceci étant, la rupture semble alors une bonne option car si peu de confiance dès le départ promet de belles engueulades, crises de nerfs et parano. Ca va pas marcher
  • il/elle soit connecté-e pour effacer son compte. Oui, ok, ce serait un hasard un peu foufou de tomber piiiiiile à ce moment-là mais c’est une possibilité raisonnable.
  • il/elle soit connecté-e car il/elle a lié quelques relations amicales sur le site (si, ça existe) et discute avec des gens. Maintenant, ce serait bien de glisser que son adresse mail peut aussi servir à communiquer avec ses charmants correspondants.

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Alors oui, il est possible qu’il y ait quéquette sous couette et que votre promis-e ait encore un peu la dalle et cherche à croquer un peu de chair fraîche avant de s’engager avec vous. Ou alors il n’y a que vous qui croit en votre amour, l’autre vous prend pour un plan cul, ça peut arriver. Seulement lui sauter à la gorge comme ça, sans savoir bien de quoi il retourne, c’est la meilleure façon de passer pour un-e psychopathe et de se lancer dans une conversation souvent très désagréable à base “non mais je te dois rien”, “on n’a jamais dit qu’on était en couple” où, en plus, vous aurez le mauvais rôle puisque vous aurez le rôle du stalker.

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Alors quoi ? On se tait ? Il existe une méthode pour être sûr et certain de ce qu’il se passe : renoncer à toute dignité. Je vous raconte ça la semaine prochaine.

 

Site de rencontres : petites infos personnelles

Quand tu mets les pieds sur un site de rencontre, tu deviens un produit. Un nom, une photo… et des informations « techniques » pour donner une idée globale du produit. Les doigts suspendus au dessus du clavier, prêts à taper les chiffres fatidiques, on est tentés de changer quelques petits détails. Un ou deux kilos en plus ou en moins, quelques centimètres de plus ici ou en moins là. Après tout, personne ne vous mesurera/pèsera le premier soir alors bon…

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Tricher un peu est tentant. UN PEU. Je veux dire mentir sur 2 ou 3 cm/kilos, ça passe. 10, c’est déjà plus compliqué (surtout pour la taille). Donner envie, c’est bien, mentir sur la marchandise ne donnera rien de bien pour personne, votre rencard risque de légèrement se sentir trahi. Alors dans ce cas, vous allez me dire que ça sert strictement à rien de mentir. Et bien, pas tout à fait…

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Comment trouve-t-on une proie sur un site de rencontre ? En entrant des critères. Certains se contentent d’une localisation et d’une tranche d’âge mais certains vont beaucoup plus loin, dessinant le portrait robot de la moitié de leur rêve. Il doit faire entre 1m70 et 1m85, elle doit peser entre 45 et 60 kilos (tout en mesurant 1m75…). Chacun ses goûts, chacun ses critères. Sauf que parfois, à être honnête, on sort des catégories. Lors de mon premier périple sur Meetic en 2005 (mon Dieu), j’avais rencontré Julien, un gars qui me plaisait fort bien. Ce grand garçon d’1m92 avait indiqué un premier poids, honnête, de je ne sais plus combien de kilos. Recevant peu de visite, il a fait tomber son poids à 85 kg : bim, des visites. Comme il était grand mais peu grassouillet, le 85 kg passait. Enfin, je dis ça, je suis une quiche en question de poids, surtout pour les mecs. A ce moment là de l’histoire, j’avais vécu 4 ans avec un mec qui est resté à 63 kg, j’avais pas trop trop de référent. Pas celui là en tout cas. Bref, Julien a pris le risque de tricher un petit peu et est redevenu visible sur les moteurs de recherche. Le tout, c’est de rester crédible.

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Autre question à la con : la silhouette. Elle est comment, toi, ta silhouette ? Mince, normale, quelques kilos en trop, ronde ? De la même façon, la silhouette rentrée peut vous faire sortir du cadre d’une recherche donc à moins d’avoir un IMC très loin de la normale dans un sens ou dans un autre, on s’emmerde pas, on choisit « normale », le truc qui ne veut juste rien dire. Mais apparemment, les leçons de Cristina Cordula ne sont pas encore arrivées chez nos amis des sites de rencontre et je peux pas clamer fièrement que je suis un 8. Ca, ce serait drôle qu’on décrive nos silhouettes avec des chiffres et des lettres mais non : t’es maigre, normal ou gros, va te faire voir ailleurs, la nuance ! On n’est pas là pour ça.

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Pour les yeux et les cheveux, par contre, je pense qu’il n’est pas utile de mentir, en aucun cas. A moins de connaître un bon coloriste et d’avoir des supers lentilles de contact. Bleu, c’est bleu, noir, c’est noir, il n’y a plus d’espoir. Evidemment, il y a toujours ceux qui ont des couleurs entre deux et qui sont bien emmerdés : de façon générale, j’ai plutôt les yeux bleus ou les yeux verts ? Par exemple, heureusement que ma soeur a déjà un mec, elle a les yeux bleus-vert-gris selon son humeur et le temps qu’il fait.

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Au fond, la grande question est : suis-je obligée de rentrer ces données ? On s’en fout pas un peu de ma taille ou de mon poids ? On peut pas dire « je suis petite et une silhouette en 8 », « je suis grand avec un peu de moelleux sur le ventre pour regarder la télé » ? Est-ce que je sais quelle est la taille et le poids de mon mec parfait par exemple ? Moi pas du tout. Sauf que ne rien mettre, c’est de suite suspect. Tu penses être trop petit ou trop grosse pour attirer l’attention ? Evidemment, certaines personnes ne connaissent pas trop leur poids réel (genre moi parce que ma balance me file ou m’enlève jusqu’à 4 kg entre deux pesées… espacées de 2 mn), je n’ai pas été mesurée depuis ma visite médicale de 2009, qui sait si j’ai pas perdu un petit cm (oui, j’ai renoncé à l’idée d’en prendre). Puis ça ne veut rien dire. L’ossature, les muscles, la posture… Mais bon, on est comme un meuble, faut donner envie d’être acheté. Aligne tes cm que je vois si je peux te ranger dans ma chambre… Elle est pas un peu tendancieuse ma phrase ?

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Mais le physique, c’est pas tout dans la vie, y a le caractère aussi. La semaine prochaine, nous verrons quelles infos donner pour sembler quelqu’un avec une belle personnalité.

Tout ceci n’’était qu’’un rêve

Lecteur, je dois t’avouer un truc. Ce que je t’ai raconté hier, ma rencontre avec le beau Thomas et le baiser sur le quai de la gare, tout ça n’était pas vrai. Un canular, en somme. Là, tu te dis que j’ai pété un plomb, mais pourquoi, oh pourquoi, j’ai fait ça ? Pas pour me foutre de ta gueule, non, mais juste pour remonter le moral des troupes et le mien en particulier.

 

Mercredi soir. Je fais la gueule, j’ai pas le moral. Il fait froid, je suis fatiguée, j’ai passé la journée dans les transports et ce foutu RER C qui est moche tout en transitant par la ligne 14 qui pue. Dans mon premier RER C, face à moi, il y avait un mec très beau, un vrai ange à la lèvre fendue, habillé comme un syndicaliste étudiant du Mirail. Mais je lui ai pas parlé en vrai, je l’ai pas suivi alors qu’en fait, j’aurais dû, ça m’aurait évité de partir sur la mauvaise branche. Jeune homme, si tu me lis (tu es descendu à Choisy, je suis en train de me faire mon dilelui à moi), sache que je t’ai trouvé très beau et que j’ai eu du mal à lire tant que tu étais là et que j’ai même enlevé mon chapeau… Bon, t’as pas vraiment une tête à lire un blog comme le mien mais on sait jamais, des gens très bien lisent ce blog. Et des gens très bien l’écrivent, d’ailleurs. Donc oui, techniquement, il existe le jeune homme mais je lui ai pas parlé et je pense sincèrement qu’il avait moins de 24 ans.

 

Donc hier soir, j’étais minée, bad trip à base de « je ne suis qu’une merde, la lie de la race humaine ». Curieusement, quand je vais pas bien, les gens viennent me parler sur MSN juste pour discuter, alors qu’ils ne sont pas censés savoir que j’allais pas bien. Donc hier soir, je chouinais auprès de Lucie, Drusilla, Tatiana et Vicky, me disant que la vie était moche et que l’hiver ça pue. Tout à coup, avec Vicky, on part dans un délire : et si je faisais un canular sur mon blog, un poisson d’avril en février. Non parce qu’honnêtement, avoue lecteur que l’article d’hier posté le 1er avril, tu n’y aurais pas cru. Mais pourquoi je t’ai fait ce tour de passe-passe. Bon, je pourrais faire ma prof la morale genre « tu vois, faut pas croire tout ce qu’on te dit sur les blogs (surtout quand c’est du mal de moi) ». Mais non, c’est pas ça.

 

En fait, mercredi soir, j’avais pas envie de finir l’article que j’avais commencé et prévu initialement pour hier. Parce que j’avais le blues, comme ça arrive des fois en hiver. Donc j’allais partir sur un article « ma vie est nulle, il se passe rien, j’en ai marre ». Comme ça, j’aurais foutu la déprime à tout le monde et voilà. Alors que là, je vous ai offert un petit moment de bonheur, certes fictif, mais les premiers comms (et les suivants, aussi) m’ont confortée dans mon choix : même si cette histoire n’est pas vraie, elle vous a mis de bonne humeur, elle vous a fait rêver un peu. Et ça a eu le même effet sur moi. Honnêtement, mercredi soir en allant me coucher, j’avais le cœur un peu plus léger. Je n’ai embrassé personne hier (sauf Kenya mais c’est un chat, ça compte pas), je n’ai pas parlé au jeune homme beau comme un ange à la lèvre blessée et ce n’est pas bien grave. Mais il était vraiment beau et j’avais mes lunettes ! Au départ, avec Vicky, on cherchait une idée, genre « coup de foudre, je l’aime, je vous dis adieu » ou « j’ai trouvé un boulot qui déchire sa mère ». Mais pour le deuxième, c’était trop cruel pour moi donc non.

 

Hier soir, j’ai dîné avec un blogueur qui m’a conseillé de ne pas révéler la blague, m’expliquant que vous risquiez de vous sentir trahis et que vous n’alliez plus croire ce que je racontais. Peut-être. Mais j’ai pas envie de continuer le canular plus longtemps pour faire dégager Thomas rapidement genre « je l’ai plaqué ». Déjà, moi qui plaque un mec, on le sent que c’est pas vrai mon histoire ! Mais bon, c’était juste un truc pour éviter de vous emmerder avec mes états d’âme, surtout que ce n’était que passager. Mais bon, vu qu’il m’arrive rien, j’ai fait semblant. Et du coup, hier, c’est con mais je me sentais mieux dans ma peau, belle et rebelle et tout ça, tout ça.

 

Alors maintenant, peut-être que vous m’en voudrez mais je pense pas. Je pense surtout que vous me serez reconnaissants de pas vous avoir emmerdé avec mes états d’âme à deux balles. J’aime bien l’intox, genre « tu as des nouvelles de machine ? » « Ouais, elle est enceinte ! » « C’est vrai ?? » « Mais non ! ». Mais comme les blagues les plus courtes sont les meilleures, on va en rester là. C’était mon premier canular bloguesque, sans doute le dernier mais au moins, il aura réchauffé plein de cœurs ! Et vu le temps pourri au dehors, avouez que ça a quand même fait du bien.

Allons mes amis !

C’est la rentrée ! Bon, je dois avouer que cette année, cette information n’a pas grand impact sur moi vu que je suis plus étudiante et que je termine mon stage dans un mois et demi donc ça ne change pas ma vie. Mais j’aime bien cette ambiance de rentrée, ça me motive toujours pour entreprendre de nouvelles choses et puis, ça me rappelle mon enfance. L’odeur du cartable neuf, la trousse pleines de stylos qui marchent encore, les crayons de couleur tous bien taillés et rangés par couleur, la gomme qui sent bon et qui n’est pas encore toute crade…

 

La rentrée, c’est aussi retrouver les copains et découvrir les petits nouveaux. Vous vous souvenez comme on se mettait en groupe entre anciens, en jetant des regards discrets vers l’esseulé, le nouveau ? Y avait toujours une bonne âme pour aller lui parler, genre comité d’accueil. Je m’en souviens, au lycée, y avait une fille un peu relou qui en avait fait sa spécialité. Mais bon, c’est aussi parce qu’elle avait du mal à avoir des amis. Elle était gentille mais avait une personnalité…hum…écrasante. D’ailleurs, elle me sortait souvent par les trous de nez.

J’ai rencontré la plupart de mes amis en milieu scolaire. Anne en maternelle, Gauthier et Lucie en fac, Clara en DESS et puis plein d’autres comme Douschka, Nyna, Amina dont j’ai déjà parlé, Guillaume 1er (bon, mais lui, ce n’a été de l’amitié que 4 ans et demi plus tard…). J’ai rencontré beaucoup de gens durant ma scolarité, certains sont restés, d’autres sont partis. Car l’amitié, étant une forme d’amour sans le charnel (et encore, ça dépend des amis mais mon article ne parlera pas aujourd’hui des fuckin’ friends) et comme on a des déceptions amoureuses, on a des déceptions amicales. Je crois que ma plus cruelle déception amicale fut avec Yohann, mon meilleur ami hétéro rencontré en première. On a été comme cul et chemise pendant 5 ou 6 ans puis un jour, plus de nouvelles. En plus, je l’ai senti venir ! En fait, la dernière fois que je l’ai vu, c’était à Noël 2004… Par hasard. J’étais à la Fnac Toulouse, occupée à mater Frédéric Michalak qui était à la caisse juste devant moi (si, c’est vrai, il était avec sa copine, très belle demoiselle) quand je tourne la tête et qui vois-je à la caisse d’à côté ? Yohann himself. Il faut savoir que mon ami Yohann vivait alors en Suède, il rentrait sur Toulouse à Noël et en été. Je vais le saluer et il m’explique qu’il est rentré la veille et qu’il a pas eu le temps de m’appeler, tout ça. On se voit quelques jours plus tard pour prendre un verre et, je sais pas, je sens de la distance. On devait se revoir une dernière fois mais il a annulé au dernier moment et pour faire passer la pilule, il m’a fait une révélation sur « les Feux de l’amour ». Faut savoir que c’était notre grand truc, ça, regarder les Feux de l’Amour et rigoler comme des débiles. Mais là, le fait qu’il me dise ça, j’ai senti qu’un lien était brisé. En somme, que nous n’avons plus rien à nous dire. Depuis j’ai plus de nouvelles, il ne m’a pas souhaité mon anniversaire en avril 2005, il ne sait pas que je vis sur Paris. Je n’ai pas compris ce qu’il s’était passé et je regrette qu’il m’ait ainsi évincée de sa vie.

Je crois qu’en amitié, je vais souvent preuve de naïveté et je donne ma confiance trop vite et à la première « trahison », je me sens blessée et en colère. Quand je suis arrivée sur Paris, je me suis faite une très bonne amie à qui je me confiais beaucoup et qui me le rendait bien mais un jour, j’ai eu la preuve flagrante de sa mythomanie. Et je me suis aussi rendue compte qu’elle bavait pas mal dans mon dos et ça, je pardonne pas. Si je me confie à quelqu’un, c’est pas pour que la personne en question s’en serve dans mon dos. A partir du moment où je n’ai plus confiance, je n’ai plus envie de voir la personne, à quoi ça sert ? De la même façon, vous avez la nana qui ne cesse de vous couvrir de compliments à base de « t’es super jolie, t’es intelligente, je t’adooooooooore ! » et qui, du jour au lendemain doit se faire piquer son portable puisque vous n’avez plus aucune nouvelle. Des « je te rappelle quand je reviens » avant un voyage. Et quand vous revoyez la personne 4 mois après son retour (oui, j’avais qu’à deviner qu’elle était rentrée, aussi, ça doit être ma faute si je suis pas devin) lors d’un happening, elle s’exclame : « Ohlala comme je suis trop contente de te revoir ! ». Ah oui, c’est sûr, depuis le temps que tu prends bien soin de pas m’appeler et de pas me dire que t’es de retour dans le coin, je veux bien le croire, tiens. Et que dire de l’extatique « oh, faut qu’on se revoit, je t’appelle la semaine prochaine ? » suivie dans les faits d’un silence radio totalement prévisible ? Perso, quand j’ai pas envie de revoir une personne, je lui promets pas de la rappeler.

C’est sans doute très féminin, cette volonté d’être aimée de tous, y compris de ceux qu’on n’apprécie pas forcément, cette hypocrisie envers tous pour pas froisser les susceptibilités et être classées dans la catégorie des filles imparfaites. C’est aussi sans doute pour ça que je me suis toujours méfiée des amitiés féminines. Mais bon je dis ça, ça n’empêche pas que je me confie assez spontanément sur certains trucs, donnant du grain à moudre aux personnes qui se font un plaisir de tailler un costard dans le dos des gens. La déception amicale a quelque chose de proche de la déception amoureuse. On y a investi du temps, de l’énergie, on a fait des projets, des « on se reverra et on ira boire un verre » qui n’ont pas été tenus. Parce que l’amitié, c’est comme l’amour, on est exigeants. Peut-être même plus parce qu’on peut avoir plusieurs amis, même si certains sont irremplaçables. Je ne remplacerai jamais des Gauthier, Lucie ou Anne que je connais depuis une éternité, et d’autres avec qui je suis proche. Mais certain(e)s, une fois passé la déception, on les range dans la catégorie « à oublier ».

Oui, évidemment, moi aussi, je suis pas irréprochable dans l’affaire, il y a des personnes avec qui j’ai perdu contact naturellement, il m’est arrivé de faire la langue de pute dans le dos des copains, copines (enfin, en général, quand je fais ça, c’est que lesdites personnes me gonflent pour une raison X ou Y). Par contre, je ne mens pas à mes amis dans le sens où j’enjolive pas ma vie, je me fais pas passer pour ce que je ne suis pas, surtout que c’est vite flagrant. Oui parce qu’à force d’inventer, on finit par se trahir. Après, en effet, la vie nous éloigne les uns des autres, il y a des gens qu’on perd de vue, d’autres que l’on retrouve, d’autres que l’on rencontre… Je n’aime pas perdre des gens de vue mais il est vrai que quand on ne fréquente plus les mêmes personnes, plus les mêmes lieux et co, on se retrouve vite avec plus grande chose à se raconter. Quelques amitiés ne survivent pas à l’année scolaire : tant qu’on passe nos journées en cours, on est inséparables, mais dès que les vacances arrivent… Evidemment, ce sont là des copains ou copines plus que de véritables amis. Ceci étant, certaines amitiés qui se sont effacées ont tout de même été réelles, Douschka m’avait proposé de venir chez moi juste après ma rupture avec Guillaume (une petite demi-heure de voiture quand même). Aujourd’hui, nous n’avons plus grand chose en commun, elle s’est coupée d’Amina et Nyna aussi, c’est la vie.

Tout ça pour dire que c’est la rentrée, l’occasion de rencontrer de nouvelles personnes. J’ai envie de m’aérer l’esprit en ce moment, j’ai donc décidé de m’inscrire dans des assos pour faire des activités extraprofessionnelles (j’ai pas encore décidé quoi) et du sport ailleurs que dans mon appart parce que le rameur, c’est bien, mais ça permet pas de se faire de nouveaux amis. Car après tout, rien ne vaut de nouvelles rencontres pour s’ouvrir l’esprit. En espérant ne pas donner ma confiance à des gens qui ne la méritent pas.

On pardonne bien aux héros

Bon, en bonne petite journaliste que je suis, je vais vous faire un peu d’actu quand même. Pour vous montrer que moi aussi, je peux réagir à chaud (enfin, à tiède, là plutôt, mais bon, hein !). Puisque la nation entière, voire le monde entier et peut-être même la galaxie ne parlent que de ça, je suis le mouvement. Moi aussi, je vais vous parler du coup de boule de Zidane.

 

Bon, autant vous dire que j’ai pas regardé le match donc je me suis pas sentie trahie ou déçue ou quoi que ce soit quand il a été expulsé. Mais bon, comme les médias nous bourrent le mou depuis un mois avec le mondial, j’ai pas eu le choix, j’ai eu vent de l’affaire, j’ai même vu les images. J’ai même appris que dans l’équipe d’Italie, y avait pas que Del Pierro et Buffon (hihihihihi !), il y en a un qui s’appelle Materazzi, aussi. Même que les Italiens, ils étaient pas contents qu’ils soit sélectionné parce que ce petit con insulte tout le monde. Et voilà
que ce vilain glandus vient insulter notre Zizou à nous, quel crime de lèse-majesté ! Et là, paf, le Zidane nous pète un plomb et va cogner son adversaire. Ben merde alors, si on s’attendait ! Du coup, on ne parle plus de la fin du match, surtout pas de l’erreur de Trezeguet qui a eu chaud aux fesses : un autre David ne s’est jamais remis de son erreur lors des qualifications du mondial 94.

 

Bref, le match se termine et on perd. Zidane vient même pas chercher sa médaille et là, je me demande : le demi Dieu va-t-il être descendu de son piédestal ? Et bien non et même, au contraire : tout ça, c’est la faute à l’Italien ! C’est lui qui a provoqué Zidane, c’est lui le méchant de l’histoire ! Même Chirac cite notre ami Zidane en exemple, le demi Dieu est devenu Dieu, alléluia ! Bon, alors, comprends bien, lecteur, que je n’ai rien contre Zidane. Au contraire, je trouve que ce mec est calme, il nous emmerde pas avec ses histoires de cul. Bon, après, il est très utile aux politiques : bon père de famille, sorti d’une cité dortoir de Marseille et d’origine kabyle, comme quoi, on peut s’en sortir, hein !
Oui, on omet un peu de dire que c’est l’exception qui confirme la règle mais ça, on peut pas lui reprocher, à Zidane, il ne se revendique pas comme un modèle, il fait son beurre et c’est tout. Sauf que son geste reste inexcusable pour moi. Ce mec est un pro, payé des millions et des millions, il n’avait pas à péter un plomb comme ça. Si, à l’époque où j’étais guichetière, j’avais frappé un client qui m’avait insultée, j’aurais été virée fissa. Si un prof tartait un gamin qui l’a traité de fils (ou fille) de pute, il serait renvoyé aussi. Zidane fout un coup de boule à un mec, il est encensé, adulé, applaudi. Mais enfin, il a commis une bourde pas croyable ! Il a commis une erreur professionnelle monumentale qui a peut-être fait perdre la France, du coup (oui, à ce qu’on m’a expliqué, moi, je n’ai aucun avis sur la question…).

On me rétorquera que le pardon, c’est bien et compagnie. Oui, je suis d’accord. Sauf que je ne trouve pas juste qu’on pardonne certains et pas d’autres, en prenant comme mesure leur célébrité. Zidane a commis une grave erreur professionnelle et devrait être sanctionné. Les sportifs de son niveau n’ont pas à commettre de tels actes. Mais ce qui est merveilleux dans toute cette histoire, c’est cet élan national, ce resserrage des coudes ! Pas un média n’a critiqué le geste de Zidane mais tous nous ont bien fait sentir que Materazzi était un petit con que même les Italiens détestaient. Zidane s’excuse mais ne regrette rien ? Ouais ben il a raison, d’abord, on a insulté sa mère et sa sœur d’abord ! Non mais ça va pas ? L’Italien, il aurait fallu le lapider sur place !

En fait, je suis étonnée. En France, nous sommes les pros pour détruire ceux que nous avons encensé, clouer au pilori nos anciennes idoles. Ou déclouer ceux qu’on avait critiqué, l’air de rien. Genre Aimé Jacquet est un génie, Domenech est trop fort… Allez, le ridicule ne tue pas les enfants, retourner sa veste est un sport dans lequel nous sommes champions du monde et de loin. Bref, j’étais persuadée que notre ami Zidane deviendrait une espèce d’ennemi national mais finalement, non, on l’aime toujours autant notre Zizou, il va continuer ses pubs et tout, trop fort. A croire qu’en France, après Cantona qui fait une bicyclette (si le truc en l’air, là, qu’on voit dans Olive et Tom) dans la tronche d’un spectateur, on aime bien nos enfants terribles. Et quelque part, ça me rassure qu’on retourne pas notre veste une fois de plus. Ce qui serait bien maintenant, c’est qu’on puisse aussi pardonner à des gens pas célèbres. Après tout, nous ne sommes tous que des humains.

(allez, petit jeu :http://www.zappa.cc/zidane/)