Site de rencontres : petites infos personnelles

Quand tu mets les pieds sur un site de rencontre, tu deviens un produit. Un nom, une photo… et des informations « techniques » pour donner une idée globale du produit. Les doigts suspendus au dessus du clavier, prêts à taper les chiffres fatidiques, on est tentés de changer quelques petits détails. Un ou deux kilos en plus ou en moins, quelques centimètres de plus ici ou en moins là. Après tout, personne ne vous mesurera/pèsera le premier soir alors bon…

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Tricher un peu est tentant. UN PEU. Je veux dire mentir sur 2 ou 3 cm/kilos, ça passe. 10, c’est déjà plus compliqué (surtout pour la taille). Donner envie, c’est bien, mentir sur la marchandise ne donnera rien de bien pour personne, votre rencard risque de légèrement se sentir trahi. Alors dans ce cas, vous allez me dire que ça sert strictement à rien de mentir. Et bien, pas tout à fait…

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Comment trouve-t-on une proie sur un site de rencontre ? En entrant des critères. Certains se contentent d’une localisation et d’une tranche d’âge mais certains vont beaucoup plus loin, dessinant le portrait robot de la moitié de leur rêve. Il doit faire entre 1m70 et 1m85, elle doit peser entre 45 et 60 kilos (tout en mesurant 1m75…). Chacun ses goûts, chacun ses critères. Sauf que parfois, à être honnête, on sort des catégories. Lors de mon premier périple sur Meetic en 2005 (mon Dieu), j’avais rencontré Julien, un gars qui me plaisait fort bien. Ce grand garçon d’1m92 avait indiqué un premier poids, honnête, de je ne sais plus combien de kilos. Recevant peu de visite, il a fait tomber son poids à 85 kg : bim, des visites. Comme il était grand mais peu grassouillet, le 85 kg passait. Enfin, je dis ça, je suis une quiche en question de poids, surtout pour les mecs. A ce moment là de l’histoire, j’avais vécu 4 ans avec un mec qui est resté à 63 kg, j’avais pas trop trop de référent. Pas celui là en tout cas. Bref, Julien a pris le risque de tricher un petit peu et est redevenu visible sur les moteurs de recherche. Le tout, c’est de rester crédible.

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Autre question à la con : la silhouette. Elle est comment, toi, ta silhouette ? Mince, normale, quelques kilos en trop, ronde ? De la même façon, la silhouette rentrée peut vous faire sortir du cadre d’une recherche donc à moins d’avoir un IMC très loin de la normale dans un sens ou dans un autre, on s’emmerde pas, on choisit « normale », le truc qui ne veut juste rien dire. Mais apparemment, les leçons de Cristina Cordula ne sont pas encore arrivées chez nos amis des sites de rencontre et je peux pas clamer fièrement que je suis un 8. Ca, ce serait drôle qu’on décrive nos silhouettes avec des chiffres et des lettres mais non : t’es maigre, normal ou gros, va te faire voir ailleurs, la nuance ! On n’est pas là pour ça.

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Pour les yeux et les cheveux, par contre, je pense qu’il n’est pas utile de mentir, en aucun cas. A moins de connaître un bon coloriste et d’avoir des supers lentilles de contact. Bleu, c’est bleu, noir, c’est noir, il n’y a plus d’espoir. Evidemment, il y a toujours ceux qui ont des couleurs entre deux et qui sont bien emmerdés : de façon générale, j’ai plutôt les yeux bleus ou les yeux verts ? Par exemple, heureusement que ma soeur a déjà un mec, elle a les yeux bleus-vert-gris selon son humeur et le temps qu’il fait.

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Au fond, la grande question est : suis-je obligée de rentrer ces données ? On s’en fout pas un peu de ma taille ou de mon poids ? On peut pas dire « je suis petite et une silhouette en 8 », « je suis grand avec un peu de moelleux sur le ventre pour regarder la télé » ? Est-ce que je sais quelle est la taille et le poids de mon mec parfait par exemple ? Moi pas du tout. Sauf que ne rien mettre, c’est de suite suspect. Tu penses être trop petit ou trop grosse pour attirer l’attention ? Evidemment, certaines personnes ne connaissent pas trop leur poids réel (genre moi parce que ma balance me file ou m’enlève jusqu’à 4 kg entre deux pesées… espacées de 2 mn), je n’ai pas été mesurée depuis ma visite médicale de 2009, qui sait si j’ai pas perdu un petit cm (oui, j’ai renoncé à l’idée d’en prendre). Puis ça ne veut rien dire. L’ossature, les muscles, la posture… Mais bon, on est comme un meuble, faut donner envie d’être acheté. Aligne tes cm que je vois si je peux te ranger dans ma chambre… Elle est pas un peu tendancieuse ma phrase ?

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Mais le physique, c’est pas tout dans la vie, y a le caractère aussi. La semaine prochaine, nous verrons quelles infos donner pour sembler quelqu’un avec une belle personnalité.

Pourquoi l’amour est-il toujours un échec ?

En ce moment, je me plonge dans « L’amour dure 3 ans » de Beigbeder. Enfin, je dis ça mais vu que j’ai 50 articles en avance, quand vous lirez ceci, ça fait longtemps que
je l’aurai fini. Donc notre ami Beigbeder se lamente durant une petite centaine de pages de ses amours perdus, tout ça. Moi, ça me fait réfléchir : si la fin du couple est forcément un échec, ne peut-on connaître qu’une réussite amoureuse maxi dans sa vie ?

 

Si je regarde ma vie amoureuse passée, tout ne fut pas rose. Mais tout ne fut pas noir non plus. Dois-je considérer toutes ces histoires comme des échecs parce qu’à l’arrivée, on
n’a pas été séparés par la mort ? On n’aurait donc qu’une réussite amoureuse dans toute notre vie ? Je trouve ça totalement déprimant. Oui, le couple n’a pas duré jusqu’à nos vieux
jours mais c’est pas une raison pour tout jeter avec l’eau du bain, comme on dit. Si je prends mes 4 ans et demi avec Guillaume the first, je ne peux en aucun cas considérer cette relation comme un échec, une perte de temps ou ce que vous voulez. C’est la relation qui m’a fait passer de l’adolescence (enfin, 19 ans, on est encore un peu ado) à l’âge adulte. A la fin, on ne s’aimait plus mais la rupture s’est passée en douceur et cette relation m’a énormément appris sur moi, sur l’autre, sur l’amour, etc. Donc pourquoi la fin d’un couple est toujours vécu comme un échec avec cette pointe de culpabilité, ce « merde, où ça a dérapé ? ».

 

Comparons avec le professionnel. Notre génération n’est plus faite pour rester dans la même boîte toute sa vie, je ne connais même aucun vingtenaire qui aspire à ça. Oui, la
stabilité de l’emploi, c’est confortable mais faut bien être conscient que la progression professionnelle passe plus aujourd’hui par les mouvements externes que par les mouvements internes. Quitter une boîte pour tenter l’aventure ailleurs (en général, meilleure boîte, meilleur poste, meilleur salaire) est toujours vu comme un signe de réussite. En amour, mettre fin à un couple qui était condamné est systématiquement un échec. Alors que si rester ensemble, c’est faire deux malheureux, je ne vois pas où est la réussite, très franchement. Bien sûr, une rupture ça fait mal. L’an dernier, j’en ai vécu une qui me rendait si malheureuse que j’aurais eu le courage de me fracasser la tête contre les murs pour oublier, je l’aurais fait. Ca n’aurait servi à rien d’autre qu’à me faire du mal à moi (physiquement, en plus) mais également au garçon qui m’avait quittée et qui ne l’avait surtout pas fait par sadisme, il s’en voulait énormément. Mais bon, c’est la vie,
je ne lui en veux plus du tout. On n’était pas faits pour être heureux ensemble, les circonstances nous étaient défavorables, il n’y a finalement ni coupable, ni victime.

Aujourd’hui, je suis presque heureuse d’avoir vécu ça. Notre histoire bien sûr, qui aura toujours une saveur particulière pour moi mais aussi cette rupture difficile parce que je m’en suis sortie. La prochaine fois que je pleurerai à m’en fracasser la tête pour oublier, je saurai que je finirai par m’en sortir, faudra juste prendre mon temps pour ça. Là, encore, à bien y réfléchir, je ne vois pas bien l’échec. C’était juste qu’on y a cru alors que c’était clair que ça ne marcherait pas, on a fait preuve de naïveté, sans doute, mais de là à parler d’échec… Toutes les histoires ne sont pas faites pour durer, c’est pas une raison pour parler de gâchis. Je sais que si je vais mal, je n’ai qu’à décrocher mon téléphone pour lui parler, on a connu pire comme échec, non ?

En fait, je n’aime pas cette notion d’échec amoureux, c’est trop absolu. J’ai l’impression qu’en amour, c’est tout ou rien : t’es en couple, t’as réussi, t’es célibataire, t’as échoué. Manichéisme, mon amour ! La nuance, c’est pas fait pour les chiens. Surtout que je connais des maqués malheureux et des célibataires heureux, arrêtons un peu de classer les gens
dans des stéréotypes lourds à porter. C’est pas parce que je suis célibataire que je passe mes soirées à me gaver de nutella pour oublier que j’ai pas d’amoureux surtout qu’à priori, se gaver de nutella ne m’aidera pas à trouver the only one… Si les hommes préféraient les geignardes chocolaïnomanes, ça se saurait.

 

Alors, oui, ça me déprime et ça me gonfle cet état d’échec amoureux qu’on colle aux célibataires ou ceux qui viennent de vivre une rupture. Déjà, une rupture n’est pas
nécessairement une mauvaise chose même si elle n’est pas facile à vivre. Mais c’est comme quitter une boîte : on est triste de dire au revoir aux collègues, on est un peu effrayés par ce
qu’il va suivre mais c’est pour notre bien. Pourquoi n’aurait-on pas le droit, en amour, de mettre fin à une situation qui ne nous convient plus sans forcément passer pour un perdant ? A moins que tout ceci ne soit un complot gigantesque du consortium « ma vie est trop moche, je mange du nutella, pleure dans mes kleenex et regarde des films d’amour avant d’écouter la chanson trop romantique qui me refera utiliser des kleenex ». Mmmm.

De l’’art d’’être un bon coup

Qui n’a jamais eu à répondre à la question : « alors machin(e), c’est un bon coup ? ». Là, vous savez que les trois petites lettres que vous allez sortir dans la seconde qui suit va faire une réputation à votre partenaire de couette. Et croyez pas qu’entre nous, on est gentils. Perso, quand un mec m’a pas comblée, je ne dis pas qu’il assurait. Bon, je dis pas méchamment que c’était un mauvais coup non plus, juste que moi, j’ai pas apprécié.

 

Pourquoi cette nuance ? Pour épargner le monsieur ? Mais il le saura jamais ce que je raconte à mes coupins, coupines alors c’est pas très grave. Non, si je dis ça, c’est que pour moi, ça n’a pas été un bon coup, ce qui ne veut pas dire qu’il ne le sera pas pour d’autres. En effet, chacun et chacune d’entre nous a ses préférences en matière de sexe. Si un(e) dominé(e) tombe sur un(e) autre dominé(e), bon, a priori, ce sera pas l’extase. De même si deux dominants se croisent. Parce que chacun a ses petites préférences, faut pas croire, et c’est pas toujours évident de glisser ce genre d’infos à son partenaire, surtout pour un coup d’un soir ou à peine plus. Je suis pas du genre à faire « salut, je m’appelle Nina, j’adore pratiquer le salto libanais et la turlute nippone mais franchement, le poirier thaï, ça m’emmerde. On baise ? ». Bien sûr, il ne s’agit pas de subir sans essayer de guider notre partenaire. Bon, évidemment, il faut le faire avec classe car un « mais putain, je sens rien, arrête, on va pas faire comme ça ! », ça vous fait débander un homme et il repartira, sa fierté et sa libido dans les chaussettes. L’idéal, c’est d’essayer d’amener subtilement l’autre à ce que l’on veut en glissant de façon à peine remarquable d’une position à une autre, par exemple. Bon, c’est pas toujours évident non plus, certains sont partis sur leur truc et impossible de les faire dévier de route.

 

L’autre soir, j’ai vu un épisode de Sex and the city où Carrie baise avec un mec qui la défonce, au sens propre comme au sens figuré. En gros, elle sort de là, mâchée, endolorie de partout. Le monsieur la recroise dans la journée et lui propose de remettre ça et là, grosse gêne « non mais tu comprends, heu… Moi, moi, je croyais que c’était juste pour cette nuit… ». Très franchement, ça m’est arrivé, une fois. Je fais l’effort de partir de chez le monsieur la tête haute alors que j’ai tout mal partout, de gros bleus à la limite du noir qui fleurissent. Non, c’était même pas un vieux plan SM, juste un garçon maladroit, je pense, et très préoccupé par la performance. Et là, je me suis demandée comment j’allais esquiver notre prochain rendez-vous, déjà programmé. Je voulais pas lui faire de peine… Mais je savais pas si mon corps allait tenir le coup. Mais bon, j’ai toujours tendance à accorder une seconde chance, ne sait-on jamais. Plus on se connaît, mieux on se comprend, nan ?

 

De fait, il n’existerait donc aucun mauvais coup ultime ? Je sais pas. Car supposer que le mauvais coup absolu existe sous-entend que le bon coup absolu existe aussi. Je me souviens d’un jour où une amie proche me confia être inquiète car elle avait couché avec un mec réputé être un « bon coup » et qu’elle n’avait pas super apprécié. « Bouhouhou, je suis frigide ! ». Mais non, cocotte, on ne délivre aucun label « bon coup » et pourquoi ce serait toi qui serait frigide ? Peut-être que monsieur oublie certains préliminaires ou vous n’êtes juste pas compatible. Perso, mon meilleur coup de la vie, élu par moi et moi-même, il avait des « habitudes » qui, à mon avis, ne plaisent pas à toutes. Bon, il avait la qualité, parfois rare, de beaucoup s’occuper de sa partenaire, j’ai notamment souvenir de quelques tripotages « tout pour moi ». Bon, évidemment, j’avais des sentiments très forts pour lui, ça a dû aider. Pour le 2e meilleur coup de ma vie, si y avait pas de sentiments au sens amoureux du terme, j’avais (et j’ai toujours, d’ailleurs), beaucoup de respect et d’affection pour le monsieur. Mais disons que nous avions des jeux particuliers et nos « rôles » se complétaient à la perfection, ça tombait bien.

 

Tout ça pour rassurer ces messieurs dames : nous ne pouvons être de mauvais coups ? Ben, honnêtement, si je devais définir un mauvais coup, pour moi, ça serait a) éjaculateur précoce, b) me brouette comme si j’étais une poupée gonflable, genre je vais et viens comme une brutasse, sans subtilités et sans savoir ce qu’est un clito, mon cou, mes oreilles, mes lèvres… Bref, je sais pas s’il me brouette ou s’il fait ses pompes, c’est pas clair, là… Mais c’est un cas extrême. Peu de mecs sont de vrais éjaculateurs précoces permanents (bien sûr que des fois, ça arrive, mais pas systématiquement) passé un certain âge, je pense. Et pas mal de mecs se complaisent à nous donner du plaisir, ce qui doit les revaloriser, je pense. Comme j’aime donner du plaisir à un homme, c’est pas péjoratif, ce que je dis. Donc ils ont compris que le clito, c’était pas juste un mot rigolo, fallait voir à s’en servir.

 

Donc pour moi, plutôt que de classer un mec dans la rubrique « mauvais coup », j’ai l’honnêteté de dire que lui et moi n’avions pas d’entente sexuelle. Après tout, c’est pas un drame, ça arrive à tout le monde.