Les enfants de la pub

La semaine dernière, je vous parlais de la scandaleuse pub adopteunmec, je me dis que tiens, je vais poursuivre dans cette voie. Donc sans transition aucune, je voudrais parler des enfants dans les pubs. Parce que je les déteste.


Déjà dans les séries télé, la plupart des gosses sont chiants, particulièrement les petits malins fayots. Quand j’étais plus jeune et que je déjeunais chez mes parents en compagnie de mon père et de ma soeur, celle-ci nous imposait l’insupportable docteur Quinn, femme médecin. Parmi les personnages caricaturaux et agaçants, un cristallisait toute ma haine et mon envie de vomir mon déjeuner : Bryan le petit fayot. Passons sur sa tronche improbable (oui, ok, ça joue, je trouve le gosse de Susan et Mike dans Desperate Housewives krokro mignon alors qu’il faut avouer que ce gamin est un handicapé social), pour se consacrer à ce qui constitue 98% de ses dialogues : »je t’aime ma maman, j’aime mes frères et soeur et l’indien que t’as épousé et ma maîtresse, les poneys, les étoiles dans le ciel et les canards. Tiens regarde, j’ai eu une bonne note et je t’ai dessiné un cheval, comme celui du faux Indien avec qui tu forniques ! ». Naaaaaaaa mais que quelqu’un gifle ce petit fayot de mes deux (ovaires, bien entendu).


Dans la publicité, c’est un monde rempli de Bryan mais de Bryan pervers. Du genre « je suis un enfant mignon et intelligent, j’en profite pour faire des conneries mais mes parents ne diront rien car je suis justement trop mignon et intelligent. D’ailleurs, toi même devant ton écran tu fais des « ooooh » devant ma trombine, j’ai le pouvoir. ». L’enfant roi dans toute sa splendeur.


Je ne saurais dire quand ça a commencé, j’ai pas le temps de faire des recherches, mais j’ai identifié deux coupables potentiels :
– Antoine, le bébé krokro mignon qui pisse sur le canapé devant sa mère extatique.
– le petit garçon binoclard-mais-mignon qui apprend à son père qu’il n’est pas tolérable de répondre à son accès de curiosité. « Papa, comment on fait les bébés ? » À ce propos, si je daigne me reproduire, je compte abandonner mes enfants durant la période des « mamaaaaan, pourquoi… » parce que rien que d’y penser, je trouve ça profondément chiant. Alors qu’en bonne tatie, quand mon neveu posera ce genre de questions, je répondrai « tu demanderas à maman ». Au top la tatie ! Et je clos cette navrante parenthèse sur mes talents innés en terme d’éducation et vous renvoyant vers la parodie des Nuls parce qu’un peu de rire ne fait jamais de mal.

Bref. Depuis, des gamins krokro mignons qui cachent derrière leur bouille adorable des monstres d’insolence voire de sadisme dominateur (pléonasme ?) pullulent. Regardez ce bébé pervers qui torture son père en refusant de dire « papa » et qui finalement sort le mot magique pour couvrir sa connerie en désignant son père. Et tout le monde fait « rooooooh, huhuhu ! ». Et le gosse s’en sort peinard pendant que papa nettoie. Et que dire de cette gamine qui tyrannise sa famille pour les forcer à manger des knackis à 10h du matin ? Si c’est pas de la perversion ça ?   Je finirais en dernier exemple sur la sale gamine qui sévit actuellement dans la pub Carrefour. Et vas-y que je cours dans tous les sens et vas-y que je fous tous les stylos par terre sous le regard admiratif et approbateur de ma mère et du M. Auchan qui touche un smic pour ramasser mon bordel mais c’est pas grave, je demande avec ma moue de fille trop mignonne si y a un prix sur ce stylo 4 couleurs en faisant 3 avec mes doigts et si je peux choisir mes couleurs et tout le monde rit. Une petite fille de 5/6 ans qui fait un 3 avec les doigts en disant 4, elle est pas mignonne mais demeurée mais tout le monde rit niaisement.


Bref, j’aime pas les pubs avec les gosses, ils sont toujours mal élevés comme le gamin qui traite ses parents de débiles dans la pub Kinder « elles sont pas très originales les cloches » (en même temps, les chiens ne font pas des chats, le gamin qui joue encore aux cloches de Pâques à 12 ans, pardon hein…), en train de faire des sales coups et de se foutre des parents et de leur autorité,  sous les applaudissements de tous, parents compris.

Finalement, seule une mère a compris le jeu de ces sales mioches : la bonne femme de la pub pour une lessive que je retrouve pas avec une gamine qui se transforme en démon. Même si son « espèce de petits démons » me fait pressentir un infanticide imminent.

Les souris sont des hommes

Dimanche soir, petites heures de la nuit, je tapote négligemment sur mon clavier en attendant le sommeil. Bon, en vrai, je joue sur King, ce site est une horreur de chronophagie. Bref, comme tous les dimanches, il est tard et je n’ai pas sommeil, la télé tourne un peu au hasard, sur la chaîne où je l’ai laissée. Quand soudain, Télé m’annonce Secret Story. J’aurais bien zappé mais j’étais un peu trop dans ma partie, on va dire qu’on va laisser tourner.

Et en fait, j’ai bien fait. Je n’avais quasiment jamais regardé, juste un peu l’an dernier et j’avais trouvé cette émission d’un profond sadisme. En fait, je vous résume la fois où j’ai regardé (oui, je n’ai vu qu’un épisode mais le pire, je crois) : pour une obscure raison, Cyril et Alice sont enfermés dans une pièce et espionne les autres. Ces derniers pensent que les deux enfermés sont partis. Or Cyril a entamé une liaison avec Alexandra et Alice avec Matthias. Et là, « la voix », sorte d’ersatz d’un Dieu sadique, demande à Matthias de séduire Alexandra (sans savoir que sa moitié ainsi que celle de la demoiselle sont toujours là, donc). J’étais effarée. Comme je bossais à l’époque sur le site people de TGGP, j’ai aussi appris que cette même voix avait demandé à Matthias de demander à Alice de venir vivre avec lui (mission acceptée) mais Cyril, lui, a refusé de larguer Alexandra pour 10 000 euros. Alors qu’elle était super chiante comme fille.

Bref, dimanche, je regarde et voici un peu le topo, c’est compliqué, il y a des milliards de candidats, des cachés dans une trappe qui rentrent et sortent au gré de la voix et essaient d’éliminer des autres et de découvrir leur secret car ils les espionnent via un écran de télé. Donc samedi, il y a eu l’élimination de Daniela dont je ne sais rien à part qu’elle était vulgaire mais c’est une constante de cette émission. Elle a été victime d’un complot de Léo, qui est un des infiltrés. La voix a profité de la soirée des éliminations pour dégager
Léo que personne n’aimait et mettre à sa place Angie, une fille très naturelle, pas du tout refaite de la tête aux pieds, et Romain qu’est beau gosse. Et puis là, on fait rentrer un type qui n’était pas dans l’émission jusque là, qui s’appelle Martin. Dans le sas de la maison, la voix explique à Martin qu’il va devoir remplir une première mission : faire croire qu’il est le mec de Cindy. Une nana qu’il n’a donc jamais vu de sa vie. Donc Cindy l’attend dans l’entrée et ils mettent au point leur plan. Bon, voilà, le reste de l’épisode est globalement sans intérêt, les absents se font casser du sucre sur le dos comme toute bonne émission de télé réalité (et comme dans la vie), ça se drague, les filles rivalisent de classe et d’élégance (ahahah)…





En fait, cette émission a quelque chose de fascinant. En fait, les secrets de base, on s’en fout : avec le net, ils durent au mieux 2h. Ce qui est plus marrant, ce sont les nouveaux que la prod via la voix impose aux candidats. J’ai trouvé assez énorme qu’un mec entre dans un jeu et se retrouve au rang de petit ami d’une nana assez vulgaire (mais oui, ok, elles le sont toutes). J’aime ce côté un peu manipulation de tout le monde qui se ment juste à l’arrivée pour gagner de la tune. Sexe, argent et manipulation, c’est un bon cocktail. Sauf qu’évidemment, c’est présenté par Castaldi qui me donne toujours envie de le frapper. Ce mec me paraît faux mais d’une force ! Je suis totalement persuadée qu’il n’est absolument pas sympa et qu’il manque totalement la dimension 2nd degré de ce show. Quant aux candidats, c’est la foire au plus pseudo trash vulgaire. Toutes les nanas ont posé seins (siliconés) à l’air dans Entrevue, FHM et co, elles manquent terriblement de raffinement, d’humour 2nd degré et je ne parle pas de la maîtrise approximative de leur français. Et chez
les mecs, ce sont exactement les mêmes, la silicone en moins. Genre le Romain, là, il est beau gosse de prime abord mais après trois jeux de sourcils genre « je suis trop un ténébreux », on se rend compte qu’à part choper de la dinde en boîte le samedi soir, il n’a rien de bien intéressant à offrir. Mon chouchou étant Léo, un ex SDF si j’ai bien tout suivi, qui se la joue grand machiavélique et qui n’a pas tout à fait tort vu qu’il a réussi à éliminer Daniela juste en manipulant les gens. Mais bon, aux pays des idiots, c’est pas bien difficile d’être le plus manipulateur.

Bref, je regrette finalement que pour cette émission, ils recrutent pas des candidats d’un meilleur niveau, genre des mecs supra cynique sur l’émission, qui sont parfaitement conscients de leur rôle de rat de laboratoire et essaient de battre la voix à son propre jeu même s’ils ne peuvent pas communiquer entre eux. Parce qu’avec des gens un peu plus… heu… on va dire évolués et sans Benjamin Castaldi, ce jeu pourrait être un pur monument de manipulation mâtiné de sadisme. Et là, je peux vous jurer que j’en raterais pas un
épisode !

Sadisme télévisuel

Pour ceux qui ne le savent pas, je travaille, entre autres, sur un forum people. Or sur ce forum où la moyenne d’âge est assez basse, ils ont une passion : Secret Story. J’avoue que je n’ai vu que deux émissions quotidiennes en tout et pour tout (même pas en entier) donc je suis très loin de maîtriser sur le bout des doigts. Ceci étant, j’ai l’impression qu’on arrive à un niveau de sadisme incroyable.

Dans le loft, nous avons eu trois couples : le lesbien Nathalie-Samantha (c’était leur secret), Alice et Matthias qui était au départ un faux couple mais qui en est un vrai maintenant (si j’ai bien compris) et Cyril et Alexandra qui se sont mis ensemble en cours de route. Jusque là, rien à dire. Mais la production, très joueuse, a fait bien mumuse avec ses petites souris :

– Nathalie et Samantha : Nathalie est partie très tôt dans le jeu et toute l’émission tourne désormais autour de l’idylle naissante entre Nathalie et Marilyn. Nathalie voit rouge et plaque Samantha en direct, devant la France entière, les yeux ébahis (enfin, ceux qui regardaient, quoi). La semaine suivante, Samantha est éliminée, les deux ex se fusillent du regard sur le plateau et… et… trois jours après, les revoilà ensemble. Je sais pas mais là, je sens qu’il y a comme une arnaque.

– Cyril et Alexandra : une des tensions dramatiques de l’émission est basée sur la question suivante : Alexandra qui est une salope est-elle avec Cyril par amour ou par jeu ?

– Matthias et Alice : donc au début, si j’ai bien compris, ils étaient un faux couple et maintenant, ils en sont un vrai. Alors là, la Voix (c’est-à-dire la production qui fait mumuse avec les candidats) a décidé qu’on allait bien se marrer. Il y a des missions à faire pour gagner des sous et la Voix demande à Matthias de demander à Alice de venir vivre chez lui. Et elle accepte ! Du coup, le voilà bien emmerdé, il ne pensait pas qu’elle accepterait. Parallèlement, la prod demande à John-David, bellâtre de service, de draguer Alice.

Attendez, c’est pas fini. Je vous ai peu parlé de Cyril et Alexandra pour le moment, le meilleur arrive. Ou le pire, c’est selon. Donc déjà, ils ont proposé à Cyril de plaquer son Alexandra pour 10 000 euros mais il a refusé, ooooh. Ensuite, ils font sortir Cyril et Alice sans que je comprenne bien pourquoi mais en fait, ils n’étaient pas sortis du jeu, ils étaient enfermés dans une pièce secrète et ils mataient tout ce qu’il se passait dans la maison. Sauf la salle où la prod parle aux candidats et justement, ça tombe bien, voilà qu’on demande
à Matthias de draguer Alexandra, sous le nez des deux autres donc mais personne ne sait qu’ils sont encore là. Un petit aspro ?

Bon, voilà, tout ceci est bien amusant ou navrant, au choix, mais pour ma part, je trouve qu’on arrive à un niveau de sadisme télévisuel parfois préoccupant. Par exemple, en Hollande, le pays d’Endemol, ils ont sorti un espèce de concept d’Ile de la tentation où en gros, y a 6 filles et 6 gars, je crois, et parmi eux des gens en couple. Chaque semaine, y a un éliminé et les en couple doivent faire croire à leur célibat. Donc forcément, une candidate en couple, très motivée pour gagner, a tripoté le pénis d’un candidat (célibataire) mais ensuite,
elle a tenu à rassurer son mec : « t’inquiète pas, il a joui très vite ». Bon sang ! Déjà que dans des émissions comme l’Ile de la tentation, je trouve qu’on est proche de la prostitution, là, je suis effrayée…Et sans vouloir être réac, je me demande quand même jusqu’où on va aller comme ça. Bien sûr, je me doute bien que tout n’est que manipulation et orchestration, je ne suis pas naïve, la question n’est pas là. En fait, elle est de l’autre côté de la télé, de notre côté à nous. Jusqu’à quel point va-t-on aller jusqu’à ce que le public s’indigne réellement ? N’est-on pas dans l’expérience de la grenouille qui ne sort pas de l’eau si on la fait chauffer progressivement.

Evidemment, je ne juge pas les gens qui regardent et je plaide même coupable pour l’Ile de la tentation, je me fais avoir chaque année. Bien sûr que ça détend, qu’ils font des fautes de français énorme, que c’est amusant… J’aurais peut-être regardé Secret Story si les horaires m’avaient convenues, qui sait. Mais quand je vois les Jerry Springer show et compagnie, je me dis qu’il serait peut-être temps d’arrêter un peu les conneries. Parce qu’au rythme où on va, ça va pas tarder à arriver chez nous. Déjà qu’avec C’est mon choix, on s’en
rapprochait petit à petit…

Tiens, au fait, elle devient quoi Evelyne Thomas ?

Cube, de Vincenzo Natali

Par Bobby

Alors là, lecteur, je vais pouvoir te parler d’un de mes films cultes, que j’ai eu le bonheur de revoir récemment en anglais non sous-titré: Cube, de Vincenzo Natali. Ce film est un ovni expérimental, fort bien ficelé en tous points de vue. Ses deux suites, Hypercube et Cube : Zéro (que j’ai également revisionné ces derniers jours) n’ont pas réussi à atteindre le sommet du premier. Comme d’hab, me direz vous.




L’histoire est tout à fait particulière. Des individus se réveillent dans une structure étrange, sorte de prison géante en forme de rubic’s cube, constitué d’un assemblage de pièces cubiques, toutes d’une couleur différente, qui communiquent entre elles grâce à un système de panneaux (6 passages dans chaque pièce : quatre côtés, le haut, et le bas). Les pièces se succèdent à n’en plus finir, certaines sont piégées (c’est assez gore, hein, je préviens, mais ça reste relativement supportable dans Cube -même moi j’ai pu regarder- ; par contre, je déconseille Cube : Zéro aux âmes sensibles, c’est franchement dégueulasse…), et, comble du comble, les prisonniers n’ont aucune idée de ce qu’ils font ici. Le flic, la psy, l’étudiante en maths, l’ingénieur et l’autiste vont dès lors faire équipe pour sortir du Cube, grâce à une énigme mathématiques. Les personnages sont fascinants : aucun d’entre eux n’est égal à lui-même du début à la fin, il n’y a pas de cliché. Chacun va tenter de prendre le pouvoir sur ses compagnons d’une manière ou d’une autre. La faim, la soif, la fatigue et la peur du danger vont finir par exacerber les individualités et leurs désirs de survie, d’amour et de mort. Je n’en dis pas plus…

Pour ce qui est de l’esthétique, c’est une réussite ! Nous sommes tenus en haleine du début à la fin, sans JAMAIS sortir du Cube. Le tournage n’a donc nécessité, au
niveau des décors, que la création de deux pièces : celle dans laquelle se trouvent les personnages, et la pièce que l’ont voit quand ils ouvrent un des panneaux coulissants. Et les acteurs n’ont évolué QUE dans ce décor réduit, sans accessoire… Je trouve ça assez épatant.

Enfin, il faut mentionner des moments de suspens à la limite du soutenable, lorsque les personnages traversent des salles piégées…

Pour ma part, je serais ravi que l’on arrête de diffuser des émissions telles que Secret Story ou L’Île de la Tentation, et que l’on se décide enfin à enfermer tout ces gens dans un Cube, sans aucun contact avec l’extérieur, pas même une Voix qui leur dit ce qu’ils ont à faire… La télé réalité prendrait enfin un sens. Sadique certes, mais guère plus que ce que l’on voit déjà.

Courrier des cœurs : réponse à Nathalie

Cette semaine, Nathalie nous a posé la question suivante : « J’ai eu une liaison avec un mec déjà en couple pendant 6 mois et là, ça fait un mois que j’ai plus de nouvelles, disparu du jour au lendemain, sans même un mot. Je sais qu’il n’est pas mort. Alors je voudrais me venger mais je sais pas comment. J’ai gardé tous nos mails, textos et tout et j’ai failli les envoyer à sa copine mais je trouve que c’est petit joueur. D’autres idées? »



La cellule love and sex s’est réunie et voici ce que nous en avons pensé

Lucas : Ouhai vas-y bousille-lui la gueule à c’pov mec !

Pour le coup de la copine effectivement c’est trop facile. Surtout qu’elle va croire que tu voulais la pourrir elle aussi là où tu ne voulais toucher que le fautif. T’as bien sûr des solutions basiques comme aller lui bousiller sa caisse/la porte de son appart (s’il ne vit pas en couple) mais si j’étais toi j’attendrai quand même quelques temps. Si ça se trouve ton ressentiment sera estompé dans quelques jours. T’étais bien au courant que ce mec était en couple et que tu n’étais qu’une toquade, une passade, ni vue ni connue. A toi d’assumer ce rang. Le fait de vouloir te venger n’a de logique que si le bonhomme t’avait promis de quitter sa copine pour toi… Dans ce cas là, tu peux mettre la purée et envoyer des lettres à lui et à sa copine. Une par jour « Machin
est infidèle » pour semer le doute ds leur couple (purée j’ai vraiment des idées de gros sadique, c’est dingue)

Marine : D’autant plus de gros sadique, Lucas, que ça fera plus de la peine à la fille, qui pour le coup n’avait rien demandé et n’a rien fait, qu’au mec. Ce serait une méchanceté gratuite contre elle.

Lucas : Je suis une ordure, mais c’est vrai que ma réponse manifestait bien ce malaise… A quoi bon faire souffrir une innocente…

Tatiana : Moi je vois même pas pourquoi tu veux te venger. Tu t’es engagée dans la relation en connaissance de cause. Bon faire le mort c’est clair que c’est pas du tout classe, mais de là à se venger… Moi je suis pas très vengeance en fait donc je vais pas pouvoir t’aider.

Summer : Je suis complètement d’accord avec Tatiana. Pour le coup tu savais qu’il était en couple. si au bout de 6 mois il a continué à jouer double jeu c’est que manifestement tu n’étais pas l’élue. Je comprendrais que tu veuilles te venger s’il ne t’avait rien dit ou s’il t’avait promis de la quitter mais là franchement je n’arrive
pas à trouver une quelconque légitimité.

Enzo : Vengeance car il n’a plus donné signe de vie depuis un mois ? Tu fais ça aussi avec les hommes célibataires qui te font ça ? Et avec tes ami(e)s ? Et les possibles employeurs quand tu recherches du boulot ? Je pense que tout cela ne lui donnerait que trop d’importance. Laisse tomber et ignore-le superbement s’il revient (la vengeance est un plat qui se mange froid et tout et tout) !

Nina : En effet, prévenir la copine, c’est petit joueur. La pauvre fille n’y est pour rien (à moins d’être la reine des sadiques) donc on la laisse où elle est, hors de l’histoire. Pour le reste, c’est clair que c’est un pauvre type, comme il en existe parfois (mais pas tous, vous énervez pas les hommes). Alors soit tu lui envoies un texto où tu l’agonises d’insultes qui te défoulera, soit je peux te fournir des déjections félines à lui envoyer par colis (je recycle)… soit tu laisses tomber. Au bout d’un mois, est-ce
réellement la peine de s’énerver encore ?

Voilà, si toi zossi tu as une question love and sex à nous poser, nous y répondrons avec toute la conscience et le sérieux qui est le nôtre. Ahem…

Pourquoi l’amour est-il toujours un échec ?

En ce moment, je me plonge dans « L’amour dure 3 ans » de Beigbeder. Enfin, je dis ça mais vu que j’ai 50 articles en avance, quand vous lirez ceci, ça fait longtemps que
je l’aurai fini. Donc notre ami Beigbeder se lamente durant une petite centaine de pages de ses amours perdus, tout ça. Moi, ça me fait réfléchir : si la fin du couple est forcément un échec, ne peut-on connaître qu’une réussite amoureuse maxi dans sa vie ?

 

Si je regarde ma vie amoureuse passée, tout ne fut pas rose. Mais tout ne fut pas noir non plus. Dois-je considérer toutes ces histoires comme des échecs parce qu’à l’arrivée, on
n’a pas été séparés par la mort ? On n’aurait donc qu’une réussite amoureuse dans toute notre vie ? Je trouve ça totalement déprimant. Oui, le couple n’a pas duré jusqu’à nos vieux
jours mais c’est pas une raison pour tout jeter avec l’eau du bain, comme on dit. Si je prends mes 4 ans et demi avec Guillaume the first, je ne peux en aucun cas considérer cette relation comme un échec, une perte de temps ou ce que vous voulez. C’est la relation qui m’a fait passer de l’adolescence (enfin, 19 ans, on est encore un peu ado) à l’âge adulte. A la fin, on ne s’aimait plus mais la rupture s’est passée en douceur et cette relation m’a énormément appris sur moi, sur l’autre, sur l’amour, etc. Donc pourquoi la fin d’un couple est toujours vécu comme un échec avec cette pointe de culpabilité, ce « merde, où ça a dérapé ? ».

 

Comparons avec le professionnel. Notre génération n’est plus faite pour rester dans la même boîte toute sa vie, je ne connais même aucun vingtenaire qui aspire à ça. Oui, la
stabilité de l’emploi, c’est confortable mais faut bien être conscient que la progression professionnelle passe plus aujourd’hui par les mouvements externes que par les mouvements internes. Quitter une boîte pour tenter l’aventure ailleurs (en général, meilleure boîte, meilleur poste, meilleur salaire) est toujours vu comme un signe de réussite. En amour, mettre fin à un couple qui était condamné est systématiquement un échec. Alors que si rester ensemble, c’est faire deux malheureux, je ne vois pas où est la réussite, très franchement. Bien sûr, une rupture ça fait mal. L’an dernier, j’en ai vécu une qui me rendait si malheureuse que j’aurais eu le courage de me fracasser la tête contre les murs pour oublier, je l’aurais fait. Ca n’aurait servi à rien d’autre qu’à me faire du mal à moi (physiquement, en plus) mais également au garçon qui m’avait quittée et qui ne l’avait surtout pas fait par sadisme, il s’en voulait énormément. Mais bon, c’est la vie,
je ne lui en veux plus du tout. On n’était pas faits pour être heureux ensemble, les circonstances nous étaient défavorables, il n’y a finalement ni coupable, ni victime.

Aujourd’hui, je suis presque heureuse d’avoir vécu ça. Notre histoire bien sûr, qui aura toujours une saveur particulière pour moi mais aussi cette rupture difficile parce que je m’en suis sortie. La prochaine fois que je pleurerai à m’en fracasser la tête pour oublier, je saurai que je finirai par m’en sortir, faudra juste prendre mon temps pour ça. Là, encore, à bien y réfléchir, je ne vois pas bien l’échec. C’était juste qu’on y a cru alors que c’était clair que ça ne marcherait pas, on a fait preuve de naïveté, sans doute, mais de là à parler d’échec… Toutes les histoires ne sont pas faites pour durer, c’est pas une raison pour parler de gâchis. Je sais que si je vais mal, je n’ai qu’à décrocher mon téléphone pour lui parler, on a connu pire comme échec, non ?

En fait, je n’aime pas cette notion d’échec amoureux, c’est trop absolu. J’ai l’impression qu’en amour, c’est tout ou rien : t’es en couple, t’as réussi, t’es célibataire, t’as échoué. Manichéisme, mon amour ! La nuance, c’est pas fait pour les chiens. Surtout que je connais des maqués malheureux et des célibataires heureux, arrêtons un peu de classer les gens
dans des stéréotypes lourds à porter. C’est pas parce que je suis célibataire que je passe mes soirées à me gaver de nutella pour oublier que j’ai pas d’amoureux surtout qu’à priori, se gaver de nutella ne m’aidera pas à trouver the only one… Si les hommes préféraient les geignardes chocolaïnomanes, ça se saurait.

 

Alors, oui, ça me déprime et ça me gonfle cet état d’échec amoureux qu’on colle aux célibataires ou ceux qui viennent de vivre une rupture. Déjà, une rupture n’est pas
nécessairement une mauvaise chose même si elle n’est pas facile à vivre. Mais c’est comme quitter une boîte : on est triste de dire au revoir aux collègues, on est un peu effrayés par ce
qu’il va suivre mais c’est pour notre bien. Pourquoi n’aurait-on pas le droit, en amour, de mettre fin à une situation qui ne nous convient plus sans forcément passer pour un perdant ? A moins que tout ceci ne soit un complot gigantesque du consortium « ma vie est trop moche, je mange du nutella, pleure dans mes kleenex et regarde des films d’amour avant d’écouter la chanson trop romantique qui me refera utiliser des kleenex ». Mmmm.

Les règles du jeu ont changé

Par Jane

Non, je ne vais pas vous faire l’apologie de Meetic et de sa nouvelle campagne de pub que je trouve assez affligeante. Oui, je regarde parfois un postérieur masculin dans la rue, mais jamais en meute organisée. Non, je ne me suis jamais plantée de nom au moment de dire au revoir à un partenaire de jambes en l’air (en cas de doute, mieux vaut se taire !) Non, je ne demande pas des capotes à mes collègues de boulot, ma vie sexuelle ne les regarde absolument pas, tout comme je ne veux rien savoir de la leur. Ce qui me fait rire, c’est que cette pub reprend tous les clichés machistes de base et est très fière de nous prouver que nous les femmes, nous pouvons nous conduire comme des hommes. En fait, notre lutte pour l’égalité des sexes, vous ne le saviez peut-être pas, mais ce n’était pas pour avoir des chances ou un salaire égal, non non, c’était juste pour pouvoir nous comporter comme… des connards. En jupe et avec des talons. Remarquez, le côté cyber-marché de la baise est enfin assumé!

 Par contre, le slogan, je l’aime bien.

Depuis toujours, on nous place dans le rôle des petites choses fragiles auxquelles on fait la cour. Enfin ça, c’est pour la bourgeoisie. Dans les campagnes, la cour se faisait jusqu’à la meule de foin la plus proche (et le mariage aux premiers signes visibles du rapprochement champêtre) Nous, petits êtres patients, attendions donc que l’élu de notre cœur nous remarque, tombe sous notre charme, nous tourne autour durant un temps défini par le protocole (et notre degré de sadisme) fasse sa demande en bonne et due forme, et nous rende heureuse pour le reste de nos jours (dans ce scénario, avoir un compte d’épargne bien rempli peut largement aider) Sauf que bon, certaines – genre moi –  avec la chance qu’elles traînent, le méga canon qu’elles reluquent, il ne va jamais tourner ne serait-ce qu’un cil vers elles. Sommes-nous alors condamnées à attendre
1/ Qu’il nous remarque
2/ Qu’il soit intéressé
3/ Qu’il se dise qu’il y a possibilité
4/ Qu’il passe à l’offensive
5/ Qu’il ne se lasse pas trop vite parce qu’on ne s’est pas assez fait désirer
Tout ça pour respecter le protocole? Les règles du jeu sont-elles immuables?

Prenons un cas concret. Blondinet. Blondinet est canon. Blondinet est charmant. Blondinet est… Oui, bon, vous avez compris, j’aime bien Blondinet. Sauf que malgré le moment très agréable passé en sa compagnie, je ne sais pas ce qu’il cherche, ni ce qu’il pense de moi. J’ai donc deux solutions:
– Attendre de voir si éventuellement ya possibilité de… En gros, ne rien faire et attendre qu’il vienne en rampant à mes pieds. Bizarrement, je ne fais pas partie de ces filles qui ont une foule de prétendants qui se languissent en espérant secrètement mériter ne serait-ce qu’un regard. Je suis plutôt classée dans la catégorie « filles insignifiantes » dont le seul espoir de se faire remarquer réside dans un humour alternatif.
– Changer les règles du jeu, et tenter de prendre un peu les devants. Oui mais non, et si je ne lui plaisais pas? Non mais parce qu’après des millénaires à faire baver le mâle afin de lui faire mériter sa descendance, il y a un certain conditionnement. Et surtout un certain confort. Les mâles courent, les femelles sélectionnent. Nous n’avons donc pas le blindage nécessaire aux râteaux en série. Nous sommes donc subtiles quand il s’agit de tenter une approche. Mais la subtilité, des fois, c’est un peu trop… subtil pour qu’un homme comprenne!

Concrètement, c’est donc le point mort. Il est trop occupé pour donner des nouvelles dignes de ce nom. Ou alors en plus d’être occupé, il ne veut plus me donner de nouvelles (mode paranoïaque dépressive, mais bon, il y a bien un moment où il a du temps libre, par exemple au boulot!) Je ne veux pas passer pour la harceleuse de service, donc j’espace les mails et je ne vais pas lui parler quand je le vois en ligne (vive la messagerie magique qui indique le statut des gens à qui on a envoyé un mail! Ca torture encore plus) Bon, ok, de temps en temps, je craque (avec la bonne excuse du « tiens, ça fait comme un vide quand je ne reçois pas ma tartine de 2 pages de la journée! ») mais rien d’indécent, ni de particulièrement explicite (sauf quand on me connaît et qu’on sait que ma paresse naturelle est rarement troublée par un représentant du sexe masculin à conquérir, je suis plutôt résignée à les laisser passer, et tant pis s’ils ne me remarquent pas)

Et puis pour me torturer un peu plus, je tente de pénétrer son esprit. Parce qu’on ne s’est pas rencontré virtuellement via Meetic (logique vu mon point de vue sur la chose) donc que ce n’était pas forcément un rapport de séduction dès le début. Voire même pas du tout. Donc quelles sont les chances qu’il voit en moi la future femme de sa vie qui ne lui donnera pas les enfants qu’il n’est pas sûr de vouloir? (Oui, là je me projette un peu beaucoup, mais bon, il faut voir grand!) Et quels sont les risques que je sois juste… euh… une connaissance?

Les règles du jeu ont changé, mais ça serait vraiment sympathique de nous les expliquer! (j’accepte tous les conseils et je vouerais un culte éternel à toute personne qui contribuera à un rapprochement moi-même/Blondinet)

Les histoires d’amour finissent mal (en général)

Par Jane

Si on se réveillait un matin en se disant mutuellement « Je ne t’aime plus, je te quitte, je pars avec la télé et la table basse je te laisse le lit et le chien, sois heureux(se) et envoie moi un faire part de ton futur mariage », ça se saurait, et les marchands de poupées vaudoues feraient faillite (ainsi que les revendeurs de mort au rat à la sauvette)

Il semble donc qu’une rupture réussie passe par une période de bouffage de chignon en bonne et due forme (oui, je fais des généralités, mais honnêtement, les ruptures à l’amiable, c’est beaucoup moins drôle!) Mais afin de faire ça bien, il faut respecter quelques règles de base. Le basique 6 temps de la rupture merdique.

1 – Commencer doucement à se détacher

Pour qu’une rupture sadique soit une réussite, il faut d’abord réussir à mettre la rupture sur le dos de l’autre. Parce que sortir largué, martyrisé, esseulé, éploré etc etc suite à une brutale découverte de la méchanceté humaine, c’est beau, c’est grand, c’est triste. Bref, tout le monde vous plaint. Mais quand on veut se faire larguer, ça aide pas. La solution est donc de commencer doucement à mettre la pression sur l’autre. « Tiens, j’avais jamais remarqué que tu avais de la cellulite » marche très bien auprès des jeunes femmes traumatisées à la seule lecture de ce mot. Vous aurez la paix pendant 2 heures, le temps de localiser, maudire, crèmer, remaudir cette foutue cellulite qui n’était même pas là hier, d’abord. Et vous rappelerez à votre douce et tendre qu’elle n’a plus le statut de déesse vivante à vos yeux, mais celui de nana comme les autres, avec de la cellulite. « Mais oui j’aime quand on fait l’amour, c’est plein… d’amour, alors qu’avec machin c’était uniquement sexuel et bestial » marche très bien pour ces messieurs, le doute sur les capacités de bestialité (donc de virilité) faisant assez souvent mouche. Bien entendu, ce ne sont que des exemples et non un guide exhaustif des petites phrases assassines permettant de rappeler à l’autre qu’après tout, il n’est qu’un être humain, potentiellement interchangeable avec le modèle plus récent et plus perfectionné.

2 – Mettre de la distance

Maintenant que votre partenaire n’est plus sur son petit nuage et se rend compte que de grandes mesures s’imposent pour reparaître parfait(e) à vos yeux, il faut passer à l’étape 2, la suggestion « C’est bien que tu te remues, mais il est peut-être trop tard. » Par la même occasion, vous pouvez lui faire découvrir comme la vie est dure sans votre présence. Parce que oui, votre présence est un honneur et un bonheur de chaque instant, il ne faudrait pas l’oublier! Il est donc temps d’organiser ce petit week-end entre potes/copines. Attention, pour maintenir une aura de sainteté, il ne faut absolument pas préciser que ce week-end sera mixte. Chéri(e) d’amour est peut-être effondré(e) par la découverte de sa cellulite naissante et/ou de sa libido décroissante, mais n’est pas encore totalement stupide. En cas de suspicion, un simple « Mais ptain t’es paranoïaque toi! » sur un ton exaspéré réussit généralement à calmer la crise naissante. Au pire, préciser le nom de quelques participants (mais surtout pas celui du canon intergalactique qui vous fait fantasmer depuis 6 mois ou de la greluche qui vous tourne autour avec la discrétion d’un troupeau d’ours autour d’une ruche) Durant ce week-end, faire le mort. Ne pas répondre au message le premier soir. Couper son téléphone le second. Le rallumer mais sans répondre le troisième. Envoyer un texto exaspéré le quatrième « Je suis crevé, malade et pas encore rentré, fais ce que tu veux » (en réponse au « on se voit ce soir ou pas? ») En clair, torturer l’autre pendant un long week-end (oui, les longs week-ends font 4 jours) et être cassant ensuite. Si toutefois votre partenaire avait un sursaut de fierté, et refusait de vous parler, ne surtout pas faire le premier pas, vous ruineriez tous vos efforts. Laissez le/la revenir (pour le coup de grâce)

3 – La mise à mort

Au bout de quelques jours de silence radio, l’être jadis aimé risque de cèder, et de tenter une approche MSNienne (petit(e)s veinard(e)s), téléphonique (moins drôle, il faut trouver le ton juste) voire même, pour les plus malchanceux, visuelle (quelques leçons au Cours Florent peuvent servir dans cette dernière éventualité) Cèder maintenant devant la détresse palpable du futur-ex qui telle une mouette isolée a senti le vent tourner serait une grossière erreur. Vous avez entamé la phase d’isolement psychologique et de remise en question, il ne faut pas faiblir! Quand votre partenaire s’énerve légèrement en demandant une explication à ce silence radio, énervez-vous deux fois plus (tout est question de proportions pour que cette recette fonctionne) Non mais c’est vrai, ce n’était qu’un week-end, et puis d’abord, il ou elle fait pire et ça ne le/la dérange pas. Ouch. Ben oui, il faut enfin porter le coup bas, le bien mesquin. Réattaquer sur le sujet de la perfection pas si parfaite que ça. Parce que oui, pendant les week-ends en famille, l’amour de votre vie a tendance à ne pas appeler tous les soirs, ou à ne pas passer sur MSN. Un comble quand on sait quand même que les visites à la famille sont au nombre impressionnant de 3 par ans. Ne pas trouver le moyen d’envoyer plus d’un texto par soir ou d’appeler plus d’une fois tous les 3 jours méritait bien un week-end de silence absolu! Quand votre psychopathe en devenir demande d’un ton excédé « Tu veux quoi finalement? Qu’on en reste là? » répondre, d’un ton encore plus excédé (c’est vous la victime de l’ignoble chantage à la rupture quand même!) « A chaque fois c’est pareil, une engueulade, et tu veux tout larguer. Alors ce coup-ci, oui, c’est bon, c’est fini. »
ATTENTION: Gaffe à n’absolument pas commettre: Rajouter (sans reprendre votre souffle) « Et tu me diras ce que je dois faire pour la banque et quand je dois venir signer les papiers et récupérer mes affaires. » Ca fait un chouia prémédité (mais juste un chouia hein!)

4 – Gèrer l’après rupture

Vous pouvez souffler, le plus technique est passé. Mais il ne faut cependant pas vous endormir sur vos lauriers, tant que maintenant-ex n’est pas totalement sorti(e) de votre vie.
– Prenez des nouvelles quand vous sentez que ça ne va pas. Parce que vous êtes un monstre, mais que ça vous dérange quand même de faire souffrir quelqu’un que vous avez aimé (dans une autre vie) Ou parce que vous êtes un monstre et que le malheur de l’autre vous remplit d’une jouissance inexprimable.
– Soyez plein de bonne volonté, mais expliquez que les éléments sont contre vous. Vous aimeriez beaucoup récupérer les trucs embarassants qui jonchent l’appartement, mais sans le permis et avec vos horaires de travail, il faudrait que l’ex se rende un peu compte que vous ne pouvez vraiment pas. Non non, vous n’avez pas un seul moment le week-end de disponible (voir explication plus bas)
Il faut noter que rester en bons termes est indispensable afin de continuer à profiter pleinement de la bonté (niaiserie?) naturelle de votre ex.

5 – La période assisté de la vie

Une fois l’ex bien anéanti et très emmerdé(e) par la paperasse qu’il/elle se tape seul(e) vous pouvez recommencer à vivre. Mais attention, quelques précautions s’imposent afin de rentabiliser au maximum ce temps béni des dieux de la glanditude:
– Evitez d’utiliser la carte bancaire du compte commun pour payer un week-end à votre nouvelle greluche (vous savez, celle du week-end entre potes) Parce que le pigeon de service va se rendre compte que vous avez encore moyen de retirer de l’argent, va connaître votre localisation géographique, va savoir que le week-end où vous n’aviez pas le temps de venir chercher vos affaires, c’était parce que vous aviez une nouvelle pintade à honorer. Et ex bafoué(e) va aussi réfléchir, d’un coup…
– … et bloquer le téléphone dont les factures sont encore débitées sur son compte. Donc avoir accès à l’historique des textos envoyés depuis le site. Donc découvrir le double jeu qui durait depuis des mois. Donc l’avoir un peu mauvaise d’un coup.

6 – Le summum de la revanche: les menaces

Bon, vous êtes grillé(e), votre ex sait que vous avez un peu joué avec lui/elle, le rôle de la victime larguée devient un peu plus difficile à incarner en étant crédible. Surtout que là, la victime, ce n’est plus tellement vous quand on y réfléchit bien. Et puis comme la nouvelle victime est un peu furax, et pense (mais uniquement en pensée) à de multiples revanches (griffonner le numéro de téléphone de la nouvelle dans les toilettes d’une aire d’autoroute, revendre vos affaires sur eBay, hurler au monde entier sa haine profonde…) et que vous ne savez pas qu’il ou elle à une conscience et donc ne fera pas grand chose, next step: Les menaces: « Tu veux jouer, on va jouer. » Arghhhh. Ben oui, les menaces, ça marche toujours, si vous avez toujours les clés, et un esprit assez pervers pour pourrir l’existence de l’autre. Accessoirement, vous perdez tout reste de considération qu’il ou elle avait pour vous, mais greluche ou nouveau canon sont là pour vous regarder avec de nouveaux yeux pleins d’amour en vous répètant que ce n’est vraiment pas juste d’avoir à vous farcir un(e) psychopathe comme ça. Qui a dit que l’amour rend aveugle déjà??

Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé n’est que pure coïncidence (j’aurais peut-être du le mettre au début ça)

He’’s the one

Quand mes yeux se sont plongés dans les siens, j’ai su : c’est lui. C’est avec lui que je partagerai les prochaines années, nos enfants seront fabriqués à partir de nos gênes. Plus tard, il verra mes premières rides et mes premières mèches argentées, je le verrai déambuler avec une démarche un peu moins assurée. Nos petits prodiges quitteront le nid et nous nous retrouverons seuls, le soir. Heureux. Car c’est lui, car c’est moi, car c’est nous.


 Dans les faits, je n’ai jamais eu une telle certitude. Des hommes, j’en ai rencontrés, certains ont fait battre mon cœur, je me suis dit : « c’est peut-être le bon », mais y a toujours eu ce peut-être. Sans doute une question d’expérience. En grandissant, je me suis rendue compte que mon intuition féminine était influencée par mes sentiments. Il me plaît, forcément, ce sera l’homme de ma vie. Biiiiip, mauvaise réponse. Sinon, je serais pas célibataire, logique. Pourtant, il était beau, celui-là, je suis sûre que nous aurions fait de beaux enfants. En plus, il était même pas idiot ! Mais non, malgré ce que me hurlait mon intuition féminine : ce ne sera pas lui.
 

L’autre soir, je parlais à une copine sur MSN et elle me demandait comment savoir si c’est le bon. Réponse : y a pas moyen. Je trouve ça merveilleux les nanas qui pensent ça mais j’en suis pas capable. D’abord parce que j’ai vécu quelques déconvenues et qu’ensuite, on ne sait jamais. A 26 ans, je peux changer, il peut changer et nos deux personnalités peuvent, à un moment, ne plus s’accorder. J’ai la chance d’avoir deux parents toujours mariés ET amoureux (oui car l’un n’implique pas l’autre, des fois) mais combien de couples autour d’eux ont divorcés ? Ils se marièrent, eurent des enfants et au bout de vingt ans, ils se séparèrent. La durée n’est pas une garantie. Quand j’ai rompu avec Guillaume 1er au bout de 4 ans et demi, j’ai eu une sale remise en question de l’amour : ce n’est pas parce que ça dure que ça ne se terminera pas un jour.

Pourtant, dois-je dire à quelqu’un qui me dit ça : « mais tu te trompes, tu ne sauras jamais, sauf sur ton lit de mort ». Non parce que c’est quand même glauque de dire ça. Après tout, si les deux personnes s’aiment sincèrement, inutile d’agiter sous leur nez le spectre d’une possible séparation, mais quel sadisme ! Qu’ils suivent leur chemin ensemble, si crise il y a, il sera temps de dire que ce n’est peut-être pas la bonne personne mais en attendant… J’en connais des gens qui s’aiment, quand je vois Alice et Anthony, je suis sincèrement heureuse de leur bonheur et j’espère qu’ils vieilliront ensemble, de tout mon cœur. Mais dans les faits, il n’y a de garantie nulle part. Même ce que l’on construit à deux, même si des enfants surviennent… C’est effrayant de penser ça mais c’est un fait.

Ado, je tombais amoureuse du « beau mec là-bas » et j’étais persuadée que c’était lui, l’homme de ma vie. Aujourd’hui, quand je parle d’homme de ma vie, c’est plus un effet de langage qu’une conviction. Oh, ça m’arrive de dire ça d’un mec qui me fait complètement craquer : « ah, c’est l’homme de ma vie et le père de mes futurs enfants » mais au fond, je ne le pense pas. Alors pourquoi on veut y croire ? Pourquoi on veut croire que « c’est lui ». Je ne sais pas si c’est typiquement féminin mais nous, on a du mal à conceptualiser la fragilité de l’amour, même si c’est une réalité. Et heureusement, quelque part. Je ne dis pas que je ne crois pas en l’amour toujours, je comprends juste qu’une relation peut
s’éteindre un jour. Mais que c’est effrayant de l’énoncer, de l’admettre. Une relation est-elle vouée à l’échec dès le départ ? Pas nécessairement, c’est une possibilité comme une autre. Pourtant, on veut y croire à cet amour balbutiant, voire même pas né. On veut croire que ce beau gars qui nous fait vibrer au plus profond de notre âme sera nôtre pour l’éternité. Que nos corps reposeront dans le même caveau… Enfin, moi, je veux me faire incinérer mais vous avez compris l’idée. Si, dès le départ, on se dit que ça ne marchera peut-être pas ad eternam, on condamne de suite la relation, non ?

Et pourtant, j’aimerais pouvoir dire un jour : « c’est lui », ce beau mec intelligent, cultivé et drôle qui fait vibrer mon cœur de façon inédite. Celui qui me donne de vivre en couple au bout de deux mois. Est-ce moi qui me protège trop ou alors ne sais-je pas aimer ? Non, je crois que je suis surtout réaliste. « C’est lui » à un moment donné de ma vie qui peut s’étendre sur des années et des années, peut-être jusqu’à ma mort. Mais jamais je ne pourrai l’affirmer avec certitude car on ne sait jamais comment on évolue. Tant lui que moi.

Je suis du genre trouillarde, en amour. Je m’engage à la vitesse d’un escargot alcoolique, je suis un peu comme l’enfant qui hésite à sauter dans le grand bain. Je m’avance, je regarde, je mets un orteil dans l’eau, je recule… Dire « je t’aime » ? Heu… nan. Vivre ensemble ? Mais si on se dispute ?

Sauf qu’à force de pas sauter, je passe mon après-midi piscine à ne rien faire, si ce n’est choper un coup de soleil. J’ai vraiment un don pour la métaphore particulier ! Dans la vie, il faut savoir prendre quelques risques. Et si on se dispute alors qu’on vit ensemble ? J’irai dormir chez Gaugau (il sera content de l’apprendre). Et si on vient à se séparer ? Ben, ça arrive à tout le monde et personne n’en meurt. C’était juste que ce n’était pas « le bon ». Peut-être le prochain…

Quel bonheur d’’être fou

Paris est une ville fascinante où on rencontre des gens vraiment… hors normes, on dira. La scène se déroule samedi dans le métro, Gauthier et moi nous rendons chez la Rouquine pour un petit dîner informel. On grimpe dans la rame et là, la fille qui est à côté de nous ouvre une boîte et en sort un petit papier et me dit : « Il me faut trois minutes pour en faire un alors vous imaginez mille ! ». Quoi ? Mais de quoi elle me parle ? Polie, je réponds un : « ah oui ! » et je me tourne vers Gauthier pour voir s’il comprend, lui, mais son air perplexe est plus qu’éloquent. La jeune fille s’assoit et commence à essayer de dédoubler son mini morceau de papier. Ok, j’ai compris, les fameuses trois minutes, c’est le temps qu’elle met à dédoubler le morceau de papier… Fascinant.

Plus tard dans la soirée, on en reparle avec Gauthier et le débat glisse sur la normalité (ou l’anormalité) des gens, j’affirme à mon cher Gaugau : « Mais nous, on est normaux ! » et lui de me répondre : « Ben, on est normaux par rapport à ce que l’on considère comme normal. ». Je réfléchis à cette phrase mais je répète : je suis normale. Normale, normale, normale. C’est pas que je cherche à me convaincre mais je ne vois pas ce qui cloche chez moi, ce qui fait que je pourrais passer mes journées à dédoubler des petits papiers.

Des fous, y en a partout. A Toulouse, particulièrement. J’ai déjà parlé des folles de la fac, mais y en avait d’autres. Il y avait aussi la prêcheuse, celle qui marchait dans la rue en psalmodiant très fort. La première fois que je l’ai croisée, c’était entre les deux tours des Présidentielles, elle gueulait : « l’heure du jugement est arrivée pour certains, l’heure du jugement est arrivé pour certains »… Oui car la prêcheuse hurle en boucle. Donc, moi, je me dis : « merde, c’est une lepéniste, elle est folle de hurler comme ça, quand même ! ». Non, en fait, le jugement, c’était pas celui de Le Pen mais celui de Dieu, au temps pour moi. Je me souviens d’une fois où j’étais en cours à la fac aux murs de papier, le prof s’arrête dans son discours et là, on entend notre amie se mettre à hurler… Ben, le prof, qui était un intervenant extérieur était tout ahuri alors que nous, nous étions écroulés sur notre table.

Des fois, je me demande ce qui fait passer les gens du côté étrange de la « folie » (dans le sens populaire et non médical du terme). Bien sûr, il y a l’âge mais certains sont un peu trop jeunes pour souffrir d’un Alzheimer. Au fond, nous sommes tous fous mais chez certains, ça se voit plus que d’autres. Et ce doit être reposant d’être fou, au fond. De marcher dans la rue en gueulant des débilités, d’aller parler à des inconnus comme s’ils étaient nos amis… Etre fou, n’est-ce pas se foutre des conventions, se conduire comme on le sent plutôt que comme il le faudrait ? Moi, déjà, j’avais du mal à aller au supermarché pas maquillée et en jogging, je suis totalement aux prises avec les conventions sociales. Je n’adresse pas la
parole aux gens dans la rue juste pour le plaisir de délirer avec eux. Quoi que les fous ne délirent pas avec les gens, ils délirent seuls mais ils ne s’en rendent pas compte.

Mais pour en revenir à ma question primaire, qu’est-ce qui pousse les gens dans la folie ? Qu’est-ce qui a poussé cette étrange demoiselle à dédoubler ses papiers ? Je tripote souvent des choses dans le métro (pas de pensées malsaines, merci) sans même faire attention. L’autre jour, alors que j’avais la tête posée sur l’épaule d’Alex, je m’amusais
machinalement à nouer un élastique autour de mon doigt. Nouer, dénouer, nouer, dénouer, je m’éclate. Je tripote souvent les pièces que j’ai dans ma poche, aussi. Mais ça ne vire pas à la monomanie, je n’ai pas de pièces ou d’élastiques exprès dans ma poche pour les toucher et je n’en parlerai pas aux gens que je croise dans le métro (surtout que certains vont vouloir que je les leur donne, mes pièces). Je regarde tous ces gens fous et je me demande toujours pourquoi ils en sont là. Traumatisme de la vie ou petit souci dès la naissance, je ne le sais.

Nous avons tous un grain, c’est évident. Je suis la pro pour donner des réponses burlesques à ce qu’on me dit, on me traite souvent de couillonne (© mon chéri) ou de conne (là, c’est plus Gauthier) mais c’est pas pour autant que je me considère comme folle. Bon, j’ai fait quelques trucs dingos genre suivre un mec dans la rue ado pour savoir où il habitait et je l’ai appelé ensuite pour déclarer ma flamme mais rien de bien méchant, au fond. Bon, il y a des matins où je me réveille, la tête pleine de rêves étranges qui ont peuplé mes nuits et je me dis qu’il doit y avoir un truc qui ne marche pas très bien dans ma tite tête. Mais à part mon imagination débordante et mon sadisme pour les pauvres personnages de mes romans, je vois pas ! J’en parlais avec Alex qui m’expliquait qu’il me trouvait incroyablement saine. Ah, ben en voilà au moins un qui est de mon avis !  

Pourtant, je me demande quel est le plus heureux de nous deux ? Moi, qui ais conscience de ma condition pas toujours rose, contrainte de me plier aux conventions sociales ? Ou le fou qui n’a peut-être pas conscience de ce qu’il est mais qui est peut-être très seul. J’imagine la jeune fille aux papiers rentrer chez elle et passer la soirée à dédoubler ses papiers. Remarquez, moi, je passe mes soirées à :

– ramer
– papoter avec mon chéri
– papoter avec mes amis
– bloguer, bloguer, bloguer
– jouer au spider solitaire.
Oui, bon… Je suis pas folle, juste multimaniaque.