Cube, de Vincenzo Natali

Par Bobby

Alors là, lecteur, je vais pouvoir te parler d’un de mes films cultes, que j’ai eu le bonheur de revoir récemment en anglais non sous-titré: Cube, de Vincenzo Natali. Ce film est un ovni expérimental, fort bien ficelé en tous points de vue. Ses deux suites, Hypercube et Cube : Zéro (que j’ai également revisionné ces derniers jours) n’ont pas réussi à atteindre le sommet du premier. Comme d’hab, me direz vous.




L’histoire est tout à fait particulière. Des individus se réveillent dans une structure étrange, sorte de prison géante en forme de rubic’s cube, constitué d’un assemblage de pièces cubiques, toutes d’une couleur différente, qui communiquent entre elles grâce à un système de panneaux (6 passages dans chaque pièce : quatre côtés, le haut, et le bas). Les pièces se succèdent à n’en plus finir, certaines sont piégées (c’est assez gore, hein, je préviens, mais ça reste relativement supportable dans Cube -même moi j’ai pu regarder- ; par contre, je déconseille Cube : Zéro aux âmes sensibles, c’est franchement dégueulasse…), et, comble du comble, les prisonniers n’ont aucune idée de ce qu’ils font ici. Le flic, la psy, l’étudiante en maths, l’ingénieur et l’autiste vont dès lors faire équipe pour sortir du Cube, grâce à une énigme mathématiques. Les personnages sont fascinants : aucun d’entre eux n’est égal à lui-même du début à la fin, il n’y a pas de cliché. Chacun va tenter de prendre le pouvoir sur ses compagnons d’une manière ou d’une autre. La faim, la soif, la fatigue et la peur du danger vont finir par exacerber les individualités et leurs désirs de survie, d’amour et de mort. Je n’en dis pas plus…

Pour ce qui est de l’esthétique, c’est une réussite ! Nous sommes tenus en haleine du début à la fin, sans JAMAIS sortir du Cube. Le tournage n’a donc nécessité, au
niveau des décors, que la création de deux pièces : celle dans laquelle se trouvent les personnages, et la pièce que l’ont voit quand ils ouvrent un des panneaux coulissants. Et les acteurs n’ont évolué QUE dans ce décor réduit, sans accessoire… Je trouve ça assez épatant.

Enfin, il faut mentionner des moments de suspens à la limite du soutenable, lorsque les personnages traversent des salles piégées…

Pour ma part, je serais ravi que l’on arrête de diffuser des émissions telles que Secret Story ou L’Île de la Tentation, et que l’on se décide enfin à enfermer tout ces gens dans un Cube, sans aucun contact avec l’extérieur, pas même une Voix qui leur dit ce qu’ils ont à faire… La télé réalité prendrait enfin un sens. Sadique certes, mais guère plus que ce que l’on voit déjà.

L’imperfection des gens parfaits

Dans notre entourage, nous avons de tout, des amis, des connaissances, des collègues, des voisins, des connards… Dans tout ce petit monde il y a ceux que l’on admire et qui
nous filent un complexe d’infériorité. Genre celui que l’on trouve extrêmement brillant et qui sait tout, celle qui est tellement jolie que vous voyez pas qui pourrait dire le contraire, celui 
qui réussit tout ce qu’il entreprend, celui/celle qui a toujours la classe quoi qu’il arrive… Bon, bref, il y a de ces êtres parfaits qui nous filent un sacré complexe
d’infériorité.

bavoir-miss-perfect

Je suis du genre à aimer admirer les gens pour des raisons X ou Y. Je ne suis pas du genre fan midinette à deux balles, je parle d’une admiration saine, un « qu’il est intelligent, qu’elle est jolie, qu’ils sont brillants ». Pas un « haaaaaaaaaaaaaaaaaaan comme j’le kiffe troooooooooooo ! ». Cependant, les jours de petite humeur, ces gens me
collent carrément un complexe d’infériorité. Peut-être que je me compare trop aux gens mais c’est humain, non ? Donc ces gens parfaits évoluent dans ma bulle, je sais que je n’arriverai pas à leur cheville mais bon, je suis résignée et non aigrie. Et un jour, c’est le faux pas, ces personnes tombent de leur piédestal de perfection.

Imaginons un ami, on l’appellera Octave parce que les gens parfaits, ils vont pas en plus avoir un prénom qui fait rêver. Donc Octave est docteur es sciences politiques, par

exemple, et il a une culture générale qu’on ne prend jamais en défaut. Ca peut marcher avec un ingénieur, un docteur en droit, chimie, chacun choisit ce qu’il veut, hein. Donc Octave, dès qu’il parle, vous vous sentez ignare, nulle, dépassée. Et un jour, vous vous rendez compte qu’Octave amène toujours la conversation vers les 3 mêmes sujets, qu’il est toujours au courant de l’actualité et de l’évolution de deux ou trois pays. Mais pas plus. Paf, pris sur le fait. Conscient de ce fait, vous avez le pouvoir, vous verrouillez ses trois sujets de prédilection et vous constatez que quand vous parlez de votre domaine, là, Octave n’est pas omniscient. Bon, dit comme ça, ça fait genre Octave est un merdeux mais c’est pas forcément mon propos, certains amènent toujours la conversation sur ce qu’ils connaissent sans s’en rendre compte et coupent les conversations partant sur ce qu’ils ne connaissent pas car ça ne les intéresse pas.

 

Ca marche aussi avec la fille ou le gars que vous trouvez physiquement parfait. Et un jour, en regardant bien, vous voyez un défaut. Rien de grave, rien de repoussant mais un
défaut. En fait, elle a pas de jolies cheveux, il a de la brioche… Ce que vous voulez, on s’en fout. Ca peut paraître méchant mais le but n’est pas là de se moquer mais d’être soulagés :
notre ami(e) n’est qu’un humain et on est son égal. Le must have : quand la personne qui vous paraît supérieure vous fait un compliment genre « non mais je suis pas aussi cultivé que 
toi » ou « tu complexes toi ? Mais comment oses-tu, tu les fais tous craquer ? ».

Parce qu’en fait, dans toutes ces histoires, c’est bien nous qui nous mettons en position d’infériorité par rapport à cette personne, soyons clairs. Les personnes qui me font

bien sentir que je suis une merde, je les fréquente pas. S’ils me méprisent, qu’est-ce qu’ils foutent avec moi ? Sans doute idéalise-t-on toujours l’autre, on le voit fort et beau alors
qu’il est comme nous, ni plus ni moins, avec certes ses forces mais aussi ses faiblesses. Je ne me réjouis pas des faiblesses de mes amis, juste que j’aime me rendre compte que je vaux autant qu’eux, qu’ils me considèrent comme leur égale et pas comme une teu-bê à la culture générale inexistante ou qui s’habille comme un sac. Bien sûr qu’il y a des domaines où je me sais faible, bien 
sûr que je ne suis pas omnisciente et que, forcément, mes amis n’ont pas la même culture que moi puisque chacun ses centres d’intérêt. Moi, je saoule mon monde avec le Canada par exemple. Après, par exemple, je ne pourrai pas me la ramener sur le sujet de thèse de LilVirgo, que je ne connais rien au métier de Vicky et qu’elle a tout à m’apprendre sur le sujet, que je ne connais rien en droit et que je vais toujours saouler Summer ou Alex pour qu’ils répondent à mes petites questions juridiques. Bien sûr. Bien sûr que des matins, j’ai trop la tête dans le pâté pour me rendre compte que mon haut et mon bas ne vont pas du tout ensemble. Le but, quelque part, c’est qu’on s’apporte tous quelque chose, je crois. Mais c’est vrai que quand je vois que tous ces gens que je fréquente et qui me semblent parfaits ont aussi des défauts dans la cuirasse, que des fois, ils me voient mieux qu’eux, ben, ça rassure. On est tous imparfaits et c’est normal.

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Récemment, j’ai eu une conversation très amusante avec ma mère, je ne pouvais pas ne pas vous en faire part. Bon, en ce moment, ma mère doit se douter qu’il y a quéquette sous couette : ou étais-je donc ce fameux week-end du 20 novembre ? Parce que je suis sûre que ma sœur a cafté puisque comme je l’ai expliqué là, ma mère a appelé une fois sur mon fixe en huit mois, pile le week-end où je ne suis pas là. D’ailleurs, le week-end dernier, ma sœur m’a questionné, à ce sujet :
« Mais t’étais où dans les Yvelines ?
– Heu… à Plaisirs ! [Aurélie, si tu me lis encore, cette réponse t’est dédiée]
– Mais qu’est-ce que tu foutais là-bas ?
– J’allais consoler une copine qui s’est faite plaquer par son mec, le truc classique, quoi.
– Je sais pas où c’est Plaisirs…
– Heu… Moi non plus, me suis assise dans le train et j’ai lu ! ».
Alors deux choses :
– soit ma sœur est d’une naïveté pas possible et elle m’a crue.
– soit elle est intelligente et a compris que je mentais.
Connaissant ma sœur, la réponse deux me paraît la plus probable. Donc, forcément, elle a dû dire à ma mère que j’avais un amoureux caché dans les Yvelines. Comme m’a fait remarqué Guillaume plus tard, forcément, le premier bled des Yvelines qui me passe par la tête, c’est Plaisirs, si je ne suis pas flag’ avec ça… Donc voilà, toute ma famille doit spéculer sur cet amoureux mystère, même mon père qui ne dit rien mais qui n’en pense pas moins.
 
Et pourtant… Et pourtant ma mère m’a trouvé un fiancé. Je précise que je ne suis pas d’origine indienne et les vagues racines nobles que j’ai sont diluées depuis longtemps. Mais c’est un fait et je vous le raconte. Dialogue entre Nina et sa maman :
« Maman, je suis balade…(non, ce n’est pas une faute de frappe)
– Oh ma pauv’ chérie. Tu as fait quoi de ton week-end ?
– Je suis allée faire des courses avec Anthony et Alice puis je suis balade, maintenant !
– Oh. Nous, nous avions le salon des Antiquaires et nous t’avons trouvé un fiancé ! »
Bon, au début, je m’attendais à une blague et ça en est une mais pas tout à fait. Durant ce week-end de brocante, un collègue de mon papa a découvert mon existence, c’est à dire la vie d’une jeune femme de 25 ans célibataire et vivant à Paris. Or, comme ça tombe bien, son fils vit aussi sur Paris, il est aussi célibataire et vit également à Paris, comme c’est fou ! Alors là, le collègue de mon papa s’emballe : il faut à tout prix que nous nous rencontrions, que nous tombions amoureux l’un de l’autre et que nous nous marions. Non parce que vous comprenez, la dernière fois, il a ramené une fille qui n’était MEME PAS de la région, ça pue du boudin ! Alors que moi, je cumule les qualités : je suis de la région, mon papa est cardiologue comme le papa de mon futur fiancé, ma maman est infirmière comme la maman de mon futur fiancé…
 
Bon, forcément, je rigole ! Mais je demande des précisions à ma maman : un jeune trentenaire ingénieur, ça peut être intéressant.
« Il est mignon ?
– Je sais pas.
– Il est blond, il est brun, grand, petit ?
– Je sais pas, mais vu ses parents, il doit être brun.
– Et comment il s’appelle ?
– Je sais pas. »
Mmmm, après ce dialogue, j’ai trop envie de le rencontrer mon fiancé ! Toujours est-il que mon futur beau-père a filé l’adresse mail de sa progéniture à mon père… qui ne m’a pas du tout fait suivre mais c’est mon père, ça. Pour vous situer : un soir, téléphone sonne : un numéro de portable que je ne connais pas. Tiens, tiens…
« Allo ?
– Oui, Nina, c’est Laure ******. Ça va ?
– Heu…oui ».
Pour vous situer, la dénommée Laure est la fille de l’associé de mon père, la dernière fois que je l’ai vue, elle devait avoir 6 ans ou quelque chose comme ça. Je me souviens d’une folle partie de trivial poursuit avec son frère, Alice et elle… et qu’ils étaient passionnés par Babar, les deux enfants, on regardait tout le temps ça. Et qu’une fois, leur babysitter était venu nous garder, il s’appelait Philippe et je me souviens juste de son nom parce que je l’adore. Donc, ce coup de fil m’intrigue, forcément.
« Oui, c’est mon père qui m’a donné ton numéro [non, je ne brouette pas avec l’associé de mon père, ceux qui ont pensé ça sont des pervers], ton père t’a dit que je t’appellerai, non ?
– Heu… non. »
Bon, en fait, elle voulait juste que je lui donne des tuyaux pour faire du journalisme. Comme elle est étudiante en biologie, mes connaissances en journalisme scientifiques sont franchement inexistantes : moi pas scientifique, mais alors pas du tout. Mais si toi, lecteur, tu es rédacteur en chef d’un magazine de vulgarisation scientifique, je comprends très vite les choses, tu peux quand même m’engager. Bref, quelques jours plus tard, je dis à mon père : « dis, t’as pas un peu oublié de me faire passer un message ?
– Heu… non.
– Mais, si, Laure !
– Ah oui, elle doit t’appeler. »
Donc si je veux le mail de mon fiancé, je dois me bouger.
 
Et là, j’hésite. Je te rappelle, lecteur, qu’à l’heure actuelle, je ne cherche pas l’homme de ma vie (juste l’homme de mes nuits). Donc voici plusieurs hypothèses :
– il me plaît pas, je lui plais pas (enfin pas d’attirance réciproque), on boit un verre en se disant que nos parents sont débiles et on se quitte en rigolant.
– on se plaît et on couche ensemble. Si ça s’arrête là et qu’il attend plus de moi, il se pourrait que mes parents apprennent que je suis le genre de fille à coucher comme ça, pour le plaisir, dès le premier soir, et qu’en plus, je suis une fellationniste sodomite.
– on se plaît, on couche ensemble, il n’attend rien de plus de moi : bingo !
– on se plait, on couche ensemble, on tombe fou amoureux l’un de l’autre, on se marie et nos parents sont contents.
 
En tout cas, si j’arrive à récupérer ce mail sans trop insister, surtout que je soupçonne ma mère de m’avoir dit ça pour voir comment je réagissais et essayer de découvrir si j’avais un amoureux ou pas, je pense que j’irai boire un verre avec ce monsieur, juste pour rigoler. Pas du jeune homme, juste de la situation : c’est bien la première fois que je rencontrerais un homme trouvé par mes parents. Quelque part, j’ai l’impression de me retrouver dans la bourgeoisie du XIXe : épouse le jeune homme et nous unirons nos terres !