Depuis quelques temps, je passe beaucoup de temps sur LinkedIn car c’est la meilleure source d’infos sur mon métier, devant Twitter (où les infos sont noyées au milieu de tranches de vie qui n’intéressent que leur auteurs et jérémiades sur à peu près tout ou n’importe quoi). Mais comme tout réseau social, il y a ses récurences, du test d’intelligence avec un calcul (à priori) simple ou le fameux « trouvez l’errreur » pour un peu se faire mousser en mode « je suis trop intelligent, tavu ? ». Mais surtout, sur LinkedIn, ce qui marche à mort, ce sont les mantras sous forme de carton dont celui qui me turlupine depuis quelques temps :

Puis en mai, je suis partie à Oman, donc. Et dans le magazine « Néon« , que je recommande au passage, que vois-je ? Un article sur la nécessité de l’échec. Et là, ça fait tilt dans ma tête. Je dois me mettre en danger. Au pire, je me plante et j’apprends. Au mieux, je réussis et je me surprends.

Alors se mettre en danger, c’est bien mais je fais quoi ? Pas de tentative de funambulisme au dessus du Grand Canyon, non. Rien qui compromette ma carrière non plus, faut pas déconner. Donc je vais tenter des trucs qui me parlent pas… dans mes loisirs. Il faut dire que j’ai toujours choisi des activités dans lesquelles je sais avoir des facilités : la natation (hyperlaxie mon amour), la plongée (aquaphilie bonjour), le chant. J’ai vite laissé tomber le violoncelle car je me pensais nulle ce que, objectivement, je ne pouvais mesurer, étant en cours individuel. Je bave d’admiration devant les tableaux de ma mère qui devient vraiment excellente en peinture mais je pars du principe que je ne saurai pas le faire. Peut-être ai-je raison. Peut-être ai-je tort ? Qui sait ?

Tout ceci est la conséquence de trois défauts :
– le manque de confiance en soi : inutile de détailler, je n’ai pas toujours (c’est même assez rare) confiance en mes qualités même si j’ai déjà réussi à me guérir de mon syndrome de l’imposteur. Enorme pas en avant.
– ma patience : je veux réussir tout, tout de suite, sinon ça me saoule. Je décrète que je suis nulle et point.
– ma paresse : j’ai des facilités, je me repose dessus.

Ainsi, lorsque je suis allée voir un médecin généraliste-médecin du sport-osthéopathe et peintre en bâtiment à ses heures perdues, il me regarde 30 secondes et me fait « ah, une hyperlaxe ». Ah oui, en effet. Au bout de quelques manipulations, il soupire « quel gâchis : avec votre hyperlaxie, vous auriez dû être une athlète de haut niveau. Saviez-vous qu’Usain Bolt, Federer, Nadal… tous des hyperlaxes ». Rah putain ! J’aurais pas été aussi feignasse plus jeune, je serais peut-être millionnaire en ce moment, à me dorer la pilule sur un yacht au large de la Sardaigne… Bon, pour être tout à fait honnête, j’ai fait 3 ans de tennis et j’étais complètement nulle, j’ai réussi à aller jusqu’à la balle orange mais sans doute par pitié. Mais tout ça me travaille : j’ai tellement été pas sportive pendant 27 ans de ma vie que j’ai jamais envisagé que j’aurais pu réussir là -dedans étant jeune. Et je n’ai pas vraiment essayé puisque après le tennis, je suis passée au tir à l’arc. Où je n’étais pas très douée à cause de l’item « impatience » qui me rendait incapable de viser longtemps. Et le manque de muscle qui me faisait trembler si j’essayais de toute façon. Peut-être que si j’avais cherché à sortir de ma zone de confort, je serais une athlète aujourd’hui. Ou autre chose, qui sait.

Alors une décision s’impose : si je couple ça à mon besoin de m’affirmer, je l’annonce, à la rentrée, je ferai des arts martiaux. Je sais pas encore lequel mais je vais me renseigner. Et si j’y arrive, je tenterai autre chose. Et puis j’écrirai enfin un truc que je balancerai à des éditeurs. Je finirai bien par provoquer un échec, apprendre… Et finir par réussir. Joli projet.
Étiquette : paresse
Les assistés t’emmerdent
L’un des avantages de ma convalescence chez mes parents (oui, le drame familial est terminé, j’ai plus envie d’en parler), c’est que j’ai accès à des news mag que je n’aurais pas l’idée/l’envie d’acheter à savoir : Le Figaro magazine. Au début, je trouvais ça pas mal sympa vu que ça ne parlait pas trop politique mais plus trucs de riches que je ne connais pas. D’ailleurs, j’hésite à me mettre au golf. Non que je pense avoir un quelconque talent mais les golfs sont magnifiques, un petit tour du monde des parcours de golf, ça peut être sympa. Sauf que j’ai déjà la plongée et que j’ai très envie de me mettre à la rando, je peux pas tout faire.

Donc globalement, ça allait jusqu’à ce numéro de juin que j’ai repêché par accident de la pile des magazines à jeter, un numéro consacré à la France des assistés. Numéro qui suit les déclarations de Wauquiez sur le RSA. Alors j’ai lu et j’ai remercié le ciel ou Dieu seul sait qui de ne plus être au chômage au moment de la lecture tellement cet article m’a rendue furieuse. Je vous résume le topo même si je suppose que votre sagacité vous a permis de comprendre de quoi il retournait : le RSA et autres allocations encouragent les chômeurs, les « assistés », à ne pas bouger leur cul de leur canapé, une dizaine d’exemple à l’appui. Oui, le chômeur est une race d’une paresse crasse. Pourquoi bouger son cul quand tu reçois 467 € par mois sans rien faire ? Alors je ne peux pas parler au nom de tous les assistés mais prenons quelques points.

– 467 € par mois. Ca ne paie même pas mon loyer. Même si on y ajoute les ALS, je pense qu’une fois mon loyer payé, il ne me resterait rien. Alors c’est vrai que ne pas bouger de son canapé ne coûte pas très cher mais…
– Le chômeur, comme n’importe quel humain, est un être social qui finit par haïr profondément ce fameux canapé qu’il n’est censé ne plus vouloir quitter. Or avec 467 € par mois, à part marcher dans la rue, il lui reste bien peu de loisirs. Si profiter de la vie, c’est mater la télé à longueur de journée, effectivement, je comprends que toute la France envie les assistés.
– Pour beaucoup, être chômeur est dur à vivre. C’est pénible de répondre qu’on est en recherche d’emploi quand on nous demande notre métier, de sentir justement toute la suspicion dans le regard de l’autre, ce soupçon hélas légitime : tu cherches vraiment du boulot ou tu te complais dans cet assistanat maudit ?
– Et les chômeurs, comme la plupart d’entre nous, sont avides de trouver une place dans la société, d’avoir la sensation de servir à quelque chose, d’avoir une bonne raison de se lever le matin pour enfiler une tenue pour aller bosser. Le peignoir, ça saoule vite.

Ceci étant, les allocataires sont des assistés et comme punition, M. Wauquiez a trouvé une idée, une parade : forcer ces parasites de la société à faire quelques travaux d’intérêts généraux. Oui, dans le monde magique de l’UMP, le travail est une punition. Heu… Je suis pas sûre d’avoir tout suivi, là ! Vois-tu mon petit Laurent, j’ai été au chômage et j’étais motivée pour bien faire. Quand je suis allée à feu ANPE, aujourd’hui Pôle Emploi, j’espérais de tout mon cœur trouver quelque chose m’aidant à aller de l’avant. Je ne te parle pas des ateliers CV ou lettres de motivation ou encore recherche d’emploi, ça, ça ne m’aurait servi à rien mais des formations pour m’aider à trouver un emploi, justement. Tu vois, une formation en anglais voire même, si ça avait été nécessaire, préparer une reconversion. Non. On dit juste que les gens ne font rien et que ce sont des feignants. Comme si c’était pas assez dur d’être en marge de la société car on n’a pas d’activité professionnelle, faut encore qu’on vienne nous montrer du doigt.

Oh oui, je sais, y a toujours un cas qui vient démontrer que Machin, tu vois, il touche le RMI ou le RSA et du coup, il bosse volontairement pas ou il bosse au noir, c’est dégueulasse. Oui, c’est vrai, ça l’est, dégueulasse. Mais perso, à choisir entre le mec qui détourne au max 1000 € (et encore, ça sous entend qu’il a des bouches à nourrir, je suis très généreuse, là) par mois et les grands patrons qui gagnent des millions sans quasi rien payer comme impôts grâce aux niches, boucliers et autres paradis fiscaux, je sais pas, y en a un que ça me démange plus de pourrir que l’autre. Tu vois, Laurent, au lieu de t’exciter sur le robinet qui fuit, colmate la brèche qui coupe le tuyau, tu feras vachement plus d’économies.

Oh mais bosser jusqu’à 65 ans, c’est rien !
Deux ans plus tard, je réagis un peu à la question des retraites, j’aurai un jour la prime de la réactivité, je vous promets. Evidemment, on peut se demander si la question des retraites a une réelle légitimité sur un blog s’appelant les vingtenaires mais je pense que oui car le problème nous touche au premier plan.

Principe de base : va falloir travailler plus longtemps pour payer les retraites de tout le monde, solidarité, tout ça. Moi, je dis pourquoi pas. Après tout, les 30 glorieuses, c’est fini et la solidarité, ça me plaît, tous la main à la pâte (et au porte-monnaie). Ouais, je suis le genre de meuf à payer les impôts sans trop s’indigner, essentiellement parce qu’on me prélève un peu tous les mois et que ça me fait pas trop mal au cul. Sauf la redevance télé, ça me saoule de payer pour une télé regardée par les + 70 ans… Mais j’écoute la radio publique alors je dis trop rien (et y a des trucs bien sur France 4 et 5 aussi). Alors ok, cotisons ce qu’il faut. 42,5 ans pour partir avec la retraite à taux plein. Oui alors si on considère que j’ai eu mon premier CDI à 27 ans et que j’ai pas mal bossé à droite à gauche avant, on va dire 26 ans, 26+42,5 ans = 68, 5 ans. Youpi les amis, pas de panique, il me reste quasi 15 ans de retraite si je suis conforme à l’espérance de vie moyenne, youhou !

Sauf que. Mon calcul (simpliste) est bien joli mais je vois un souci en amont et en aval qu’on appelle communément le chômage. Prenons le problème sous un autre angle : les gens vivent plus vieux donc faut cotiser plus longtemps pour permettre aux vieux de ne pas crouler sous la misère. Ce qui reste assez relatif, ma grand-mère avait environ 300 € de
retraite… Léger mais bon, soit. Moi, je veux bien cotiser longtemps mais d’abord, mon métier, faut des bac++ pour l’exercer donc par souci de calcul, on se retrouve diplômés à 25 ans. Mais là, drame, même pas on a du boulot à la sortie et notre diplôme marron douteux sert juste à orner les toilettes (c’est marrant comme la couleur du diplôme va parfaitement dans ce lieu magique, c’est pour en illustrer la couleur). Selon les statistiques, un jeune diplômé met un an et demi à trouver son premier emploi donc 26,5 ans + 42,5 = 69. Certains verront dans ce chiffre hautement érotique une allégorie de la baise monumentale que nous inflige le système mais je ne suis pas là pour dénoncer, moi, je calcule. Ok donc on va bosser jusqu’à 69 ans. Question : quelle entreprise voudra de nous à 69 ans ?

Je vois la vie professionnelle ainsi, vision toute personnelle certes mais je pense que la plupart sera d’accord : début de carrière, on se défonce puis plus on avance, plus nos priorités changent. Surtout que l’ingratitude de certains patrons n’aide pas à se défoncer soirs et week-ends en sus. Au début, on avance, on apprend, on progresse. Puis un jour, on trouve que notre vie privée en a pâti et on rééquilibre. On laisse tomber les dossiers à ramener à la maison. De toute façon, je trouve ça assez stupide avec le recul, arrive un moment où 12h de boulot dans la journée ne peut pas être synonyme d’efficacité, le cerveau fait pshhhttt ! Peu importe, la vie et l’âge font qu’on baisse en performance et en ambition. Or imaginons que par un drame épouvantable, on se retrouve au chômage à 55 ans. Selon mon calcul, il nous reste 14 ans à cotiser, le tiers ! On fait quoi ? On postule bien sûr mais qui voudra de quelqu’un plus proche de la retraite que du début de son activité et qui n’a plus grand-chose à apprendre de la vie professionnelle. Car là est tout le drame de ma démonstration. Travailler plus longtemps, ok, mais au vu de la précarité de nos emplois, qui pourra vraiment cotiser à taux plein ? Plus j’avance dans ma vie professionnelle et plus je vois des employés jetés à la poubelle à la première crise. La rupture conventionnelle, c’est sympa mais pas que pour les employés, en fait… Si je prends mon cas, il y a 6 mois, je bossais dans une boîte ayant 11 employés à temps plein sur Paris. Aujourd’hui, ils sont 3 et nous n’avons été que 3 à partir volontairement… Oui, si tu comptes, 5 ont sauté du jour au lendemain à cause de la crise… Bon, par la magie de
l’interchangeabilité des employés, 2 d’entre eux sont à nouveau en poste, 1 en pleine création d’entreprise et les 2 autres, je sais pas. Dans ma nouvelle boîte, ça rentre et ça sort dans tous les sens, je ne comprends pas bien. Mais en somme, si t’es pas content, tu pars, on ne te retient pas. Nul n’est irremplaçable. Alors quand on arrivera à l’âge de la baisse de régime, qui va nous garder, franchement ?

Mais ça, personne n’en parle, on préfère se dire que les gens sont juste paresseux et ne rêvent que d’une vie oisive. Mais bien sûr…
Dimanche pluvieux, dimanche foireux
J’avais déjà expliqué il y a quelques années que je n’aimais pas le dimanche, un non jour. Petite, c’était le jour des devoirs (oui, je suis de celles qui bossent toujours dans l’urgence). Adulte, c’est le jour du ménage vu qu’en temps normal, je ne suis jamais chez moi avant 20h ou plus tard et j’ose plus passer l’aspi après. Bref, dimanche, ça a toujours été corvée et déprime à l’idée que le week-end est fini. Le pire étant quand je suis en week-end chez mes parents (ce qui n’arrive plus beaucoup, merci la SNCF qui me coûte un bras), rentrer me déchire toujours un peu le cœur.

Aujourd’hui, nous sommes en plein dimanche qui s’annonce mal. Avant même de me lever, j’ai déjà crié trois fois sur Kenya qui a décidé que mon sommeil n’était plus sacré. Oui, il suffit que j’écrive dans un article que mon chat est devenue sage pour qu’elle recommence à faire la con à 6h du matin. Youpi. Et là, alors que j’essaie de dormir une heure de plus (quoi que vu mes rêves cette nuit, j’aurais pu m’abstenir, rien de sympa), j’entends des ploc ploc sur les volets. Sous entendu, il pleut. Suis-je donc obligée de me lever alors que je sais déjà ce que je vais découvrir derrière mes volets fermés ? Bon, allez, je tente. Volets ouverts, je découvre un paysage de désolation avec un ciel gris-noir, des feuilles mortes plaquées au sol par la pluie et l’humidité. La fin de l’automne est toujours une période sale, avez-vous remarqué ? Les feuilles qui pourrissent au sol, transformées en espèce de gadoue qui salissent les trottoirs, sans parler de l’odeur. Octobre-Novembre puent la moisissure. Alors que septembre sent bon la terre mouillée et les champignons, par exemple. Bref, tout est mort, gris, marron, pourri et Noël est encore un peu trop loin pour nous consoler.

Donc voilà, je me lève et j’ai déjà envie de me recoucher, sans pour autant avoir sommeil. Mais bon, on ne peut pas zapper une journée en entier comme ça. Sachant que ma productivité hebdomadaire flirte avec le néant pour cause, le soir, je suis claquée, je n’ai envie de rien faire. Alors si j’en fais autant le week-end, ma vie va se résumer à ma vie professionnelle… Pardon mais bonjour l’angoisse. Je ne veux pas juste être une salariée, je veux vivre ! Alors bon, déjà, faudrait que je fasse le ménage mais sans lumière, ça ne donne pas envie, pas du tout, du tout. On a juste envie de se rouler dans une couverture moelleuse, avec un bon bouquin et une tasse de chocolat chaud (ou de cappuccino). Mais je n’ai pas de quoi faire de chocolat ou de cappuccino et le bouquin que je lis est pénible. Mais vraiment pénible, ça fait deux mois que je suis dessus et le jour où je l’aurai fini, je vous écrirai un article en forme de victoire. Non, je ne le lâcherai pas, j’en suis à 500 pages sur 700, ce serait ridicule d’abandonner maintenant. Par contre, le Ulysse de Joyce attendra 2010. Bref, tout ça pour dire que rien ne pouvait réellement m’inciter à la paresse et vu les rêves peu intéressants de cette nuit (à la limite du désagréable mais je ne peux pas parler de cauchemar, plus de navrantes histoires qui me rendent de mauvaise humeur. Alors que normalement, les week-ends, je fais des rêves érotiques. Mais il est vrai que ma libido a profité de ma baisse de forme récente pour se faire la malle (la garce) et elle n’a pas l’air de vouloir revenir.
Alors puisque rien ne m’appelle à la paresse mais sans pour autant me motiver pour une activité, j’écris. Un mug de café, des clémentines (le point positif majeur de ces foutus mois de fin d’année), j’écris. Je bidouille des trucs pour le blog (il va se passer bientôt un truc, vous allez voir). Je langue de pute avec Vicky via MSN et c’est délicieux.
En fin de compte, ce dimanche merdeux ne s’est pas si mal passé. Repos, écriture, papotage et clémentines… Simple mais efficace. Mais je vous laisse, j’ai encore un peu de pain sur la planche !
Les règles du jeu ont changé
Par Jane
Non, je ne vais pas vous faire l’apologie de Meetic et de sa nouvelle campagne de pub que je trouve assez affligeante. Oui, je regarde parfois un postérieur masculin dans la rue, mais jamais en meute organisée. Non, je ne me suis jamais plantée de nom au moment de dire au revoir à un partenaire de jambes en l’air (en cas de doute, mieux vaut se taire !) Non, je ne demande pas des capotes à mes collègues de boulot, ma vie sexuelle ne les regarde absolument pas, tout comme je ne veux rien savoir de la leur. Ce qui me fait rire, c’est que cette pub reprend tous les clichés machistes de base et est très fière de nous prouver que nous les femmes, nous pouvons nous conduire comme des hommes. En fait, notre lutte pour l’égalité des sexes, vous ne le saviez peut-être pas, mais ce n’était pas pour avoir des chances ou un salaire égal, non non, c’était juste pour pouvoir nous comporter comme… des connards. En jupe et avec des talons. Remarquez, le côté cyber-marché de la baise est enfin assumé!
Depuis toujours, on nous place dans le rôle des petites choses fragiles auxquelles on fait la cour. Enfin ça, c’est pour la bourgeoisie. Dans les campagnes, la cour se faisait jusqu’à la meule de foin la plus proche (et le mariage aux premiers signes visibles du rapprochement champêtre) Nous, petits êtres patients, attendions donc que l’élu de notre cœur nous remarque, tombe sous notre charme, nous tourne autour durant un temps défini par le protocole (et notre degré de sadisme) fasse sa demande en bonne et due forme, et nous rende heureuse pour le reste de nos jours (dans ce scénario, avoir un compte d’épargne bien rempli peut largement aider) Sauf que bon, certaines – genre moi – avec la chance qu’elles traînent, le méga canon qu’elles reluquent, il ne va jamais tourner ne serait-ce qu’un cil vers elles. Sommes-nous alors condamnées à attendre
1/ Qu’il nous remarque
2/ Qu’il soit intéressé
3/ Qu’il se dise qu’il y a possibilité
4/ Qu’il passe à l’offensive
5/ Qu’il ne se lasse pas trop vite parce qu’on ne s’est pas assez fait désirer
Tout ça pour respecter le protocole? Les règles du jeu sont-elles immuables?
Prenons un cas concret. Blondinet. Blondinet est canon. Blondinet est charmant. Blondinet est… Oui, bon, vous avez compris, j’aime bien Blondinet. Sauf que malgré le moment très agréable passé en sa compagnie, je ne sais pas ce qu’il cherche, ni ce qu’il pense de moi. J’ai donc deux solutions:
– Attendre de voir si éventuellement ya possibilité de… En gros, ne rien faire et attendre qu’il vienne en rampant à mes pieds. Bizarrement, je ne fais pas partie de ces filles qui ont une foule de prétendants qui se languissent en espérant secrètement mériter ne serait-ce qu’un regard. Je suis plutôt classée dans la catégorie « filles insignifiantes » dont le seul espoir de se faire remarquer réside dans un humour alternatif.
– Changer les règles du jeu, et tenter de prendre un peu les devants. Oui mais non, et si je ne lui plaisais pas? Non mais parce qu’après des millénaires à faire baver le mâle afin de lui faire mériter sa descendance, il y a un certain conditionnement. Et surtout un certain confort. Les mâles courent, les femelles sélectionnent. Nous n’avons donc pas le blindage nécessaire aux râteaux en série. Nous sommes donc subtiles quand il s’agit de tenter une approche. Mais la subtilité, des fois, c’est un peu trop… subtil pour qu’un homme comprenne!
Concrètement, c’est donc le point mort. Il est trop occupé pour donner des nouvelles dignes de ce nom. Ou alors en plus d’être occupé, il ne veut plus me donner de nouvelles (mode paranoïaque dépressive, mais bon, il y a bien un moment où il a du temps libre, par exemple au boulot!) Je ne veux pas passer pour la harceleuse de service, donc j’espace les mails et je ne vais pas lui parler quand je le vois en ligne (vive la messagerie magique qui indique le statut des gens à qui on a envoyé un mail! Ca torture encore plus) Bon, ok, de temps en temps, je craque (avec la bonne excuse du « tiens, ça fait comme un vide quand je ne reçois pas ma tartine de 2 pages de la journée! ») mais rien d’indécent, ni de particulièrement explicite (sauf quand on me connaît et qu’on sait que ma paresse naturelle est rarement troublée par un représentant du sexe masculin à conquérir, je suis plutôt résignée à les laisser passer, et tant pis s’ils ne me remarquent pas)
Et puis pour me torturer un peu plus, je tente de pénétrer son esprit. Parce qu’on ne s’est pas rencontré virtuellement via Meetic (logique vu mon point de vue sur la chose) donc que ce n’était pas forcément un rapport de séduction dès le début. Voire même pas du tout. Donc quelles sont les chances qu’il voit en moi la future femme de sa vie qui ne lui donnera pas les enfants qu’il n’est pas sûr de vouloir? (Oui, là je me projette un peu beaucoup, mais bon, il faut voir grand!) Et quels sont les risques que je sois juste… euh… une connaissance?
Les règles du jeu ont changé, mais ça serait vraiment sympathique de nous les expliquer! (j’accepte tous les conseils et je vouerais un culte éternel à toute personne qui contribuera à un rapprochement moi-même/Blondinet)
La piscine
Par Emma
Bon, j’ai été très silencieuse ces derniers temps. En fait, je n’ai pas du tout vu venir la chose, mais elle est bel et bien arrivée : j’ai fait une toute petite baisse de régime, disons une « semi-dépression » pendant cet hiver. Je l’évoquais déjà ici début décembre.
Je ne saurai pas vraiment expliquer pourquoi c’est arrivé, ni pourquoi le voile se lève petit à petit.
En fait, plusieurs choses entrent en ligne de compte. D’abord mes parents, et nos relations plus que difficiles. Nous avons eu une discussion fin septembre, où l’on a essayé de poser honnêtement nos problèmes. Ca s’est bien passé, mais ça a fait remonter en moi pas mal de choses éprouvantes. Ensuite, mon ex (mon collègue, mon inoubliable passion dont je parle dans cet article) a changé de service, nous ne travaillons donc plus ensemble. J’ai vécu ce moment très difficilement, son départ du service m’a inexplicablement fait revivre notre histoire et ma souffrance, et indirectement mes relations sentimentales catastrophiques.
Et puis, toutes les casseroles que je traîne depuis 27 ans ont profité, ces lâches, de toutes ces émotions pour éclater au grand jour elles aussi. Donc remuer le tout, laisser mijoter et vous obtiendrez moi cet hiver.
Je ne voyais presque plus mes amis, repoussant sans cesse leurs invitations et fuyant leurs questions. « Mais si je vais bien, j’ai juste pas envie de sortir, pourquoi tu me demandes ça? ». Au début, c’était sincère, et petit à petit je savais très bien qu’ils voyaient juste, même si je donnais le change. J’ai beaucoup joué aux MMO aussi, beaucoup plus que d’habitude et que de raison. Tellement pratique de se réfugier dans un autre monde, où la réalité n’a que peu d’emprise si on le souhaite. Je n’ai rien fait de tout ce que j’avais à faire, des choses somme toute normales, mais au-dessus de mes forces. Payer ses impôts, poster ses factures, ouvrir son courrier, ranger chez moi, finir mes travaux… Rien (ajoutez quand même à cela ma paresse naturelle hein ^^). Je n’appelais pas non plus mes parents, faisant s’enliser le lèger mieux de nos rapports. Alors que je suis passionnée, j’ai même laissé tombé le festival dont je m’occupe, ne me rendant plus aux réunions du CA, ne donnant pas de nouvelles, alors que j’étais la première à fustiger ce comportement au sein du Conseil d’Administration. Et mon sommeil! Je suis décalée, vous le savez, mais là ç’était vraiment sur le fil. Je dormais le jour, sauf pour travailler, et je vivais en chauve-souris, la nuit.
Et pendant tout ce temps, je devais pourtant continuer à bosser. Et c’est tellement difficile de « prendre soin » de personnes en souffrance mentale, quelles qu’elles soient, quand on ne va pas bien soi-même.
Il m’aura fallu une chute, où j’ai failli laissé la moitié gauche de mon visage pour remonter à la surface. Le lendemain, j’ai passé la journée en pétage de plomb. J’ai pleuré, tremblé, pleuré, tremblé. J’ai passé la semaine en arrêt maladie chez mes parents, avec qui ça s’est bien passé, et je suis allée voir mon médecin de famille pour lui expliquer mon mal-être. Je commence ma psychothérapie le 14 mars.
Depuis cet évènement, je suis remontée à la surface doucement. J’ai fait mes papiers, rangé mon appart, presque fini mes travaux, je revois mes amis avec qui on a parlé de mon état. Berf, je retrouve mon « état basal » comme on dit au boulot! Il me reste mes casseroles sus-nommées, qui font encore du bruit derrière moi, mais je compte sur le travail que je vais commencer pour qu’elles fassent silence.
Ce n’est pas un article triste, mais il fallait que je pose tout ça par écrit! Alors pas d’inquiétude pour moi, je suis en pleine mutation!
(Pourquoi ce titre me direz-vous? Ben parce que quand on a touché le fond, on donne un coup de pied pour remonter… 😉