Les assistés t’emmerdent

L’un des avantages de ma convalescence chez mes parents (oui, le drame familial est terminé, j’ai plus envie d’en parler), c’est que j’ai accès à des news mag que je n’aurais pas l’idée/l’envie d’acheter à savoir : Le Figaro magazine. Au début, je trouvais ça pas mal sympa vu que ça ne parlait pas trop politique mais plus trucs de riches que je ne connais pas. D’ailleurs, j’hésite à me mettre au golf. Non que je pense avoir un quelconque talent mais les golfs sont magnifiques, un petit tour du monde des parcours de golf, ça peut être sympa. Sauf que j’ai déjà la plongée et que j’ai très envie de me mettre à la rando, je peux pas tout faire.


Donc globalement, ça allait jusqu’à ce numéro de juin que j’ai repêché par accident de la pile des magazines à jeter, un numéro consacré à la France des assistés. Numéro qui suit les déclarations de Wauquiez sur le RSA. Alors j’ai lu et j’ai remercié le ciel ou Dieu seul sait qui de ne plus être au chômage au moment de la lecture tellement cet article m’a rendue furieuse. Je vous résume le topo même si je suppose que votre sagacité vous a permis de comprendre de quoi il retournait : le RSA et autres allocations encouragent les chômeurs, les « assistés », à ne pas bouger leur cul de leur canapé, une dizaine d’exemple à l’appui. Oui, le chômeur est une race d’une paresse crasse. Pourquoi bouger son cul quand tu reçois 467 € par mois sans rien faire ? Alors je ne peux pas parler au nom de tous les assistés mais prenons quelques points.


– 467 € par mois. Ca ne paie même pas mon loyer. Même si on y ajoute les ALS, je pense qu’une fois mon loyer payé, il ne me resterait rien. Alors c’est vrai que ne pas bouger de son canapé ne coûte pas très cher mais…

– Le chômeur, comme n’importe quel humain, est un être social qui finit par haïr profondément ce fameux canapé qu’il n’est censé ne plus vouloir quitter. Or avec 467 € par mois, à part marcher dans la rue, il lui reste bien peu de loisirs. Si profiter de la vie, c’est mater la télé à longueur de journée, effectivement, je comprends que toute la France envie les assistés.

– Pour beaucoup, être chômeur est dur à vivre. C’est pénible de répondre qu’on est en recherche d’emploi quand on nous demande notre métier, de sentir justement toute la suspicion dans le regard de l’autre, ce soupçon hélas légitime : tu cherches vraiment du boulot ou tu te complais dans cet assistanat maudit ? 

– Et les chômeurs, comme la plupart d’entre nous, sont avides de trouver une place dans la société, d’avoir la sensation de servir à quelque chose, d’avoir une bonne raison de se lever le matin pour enfiler une tenue pour aller bosser. Le peignoir, ça saoule vite.

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Ceci étant, les allocataires sont des assistés et comme punition, M. Wauquiez a trouvé une idée, une parade : forcer ces parasites de la société à faire quelques travaux d’intérêts généraux. Oui, dans le monde magique de l’UMP, le travail est une punition. Heu… Je suis pas sûre d’avoir tout suivi, là ! Vois-tu mon petit Laurent, j’ai été au chômage et j’étais motivée pour bien faire. Quand je suis allée à feu ANPE, aujourd’hui Pôle Emploi, j’espérais de tout mon cœur trouver quelque chose m’aidant à aller de l’avant. Je ne te parle pas des ateliers CV ou lettres de motivation ou encore recherche d’emploi, ça, ça ne m’aurait servi à rien mais des formations pour m’aider à trouver un emploi, justement. Tu vois, une formation en anglais voire même, si ça avait été nécessaire, préparer une reconversion. Non. On dit juste que les gens ne font rien et que ce sont des feignants. Comme si c’était pas assez dur d’être en marge de la société car on n’a pas d’activité professionnelle, faut encore qu’on vienne nous montrer du doigt.


Oh oui, je sais, y a toujours un cas qui vient démontrer que Machin, tu vois, il touche le RMI ou le RSA et du coup, il bosse volontairement pas ou il bosse au noir, c’est dégueulasse. Oui, c’est vrai, ça l’est, dégueulasse. Mais perso, à choisir entre le mec qui détourne au max 1000 € (et encore, ça sous entend qu’il a des bouches à nourrir, je suis très généreuse, là) par mois et les grands patrons qui gagnent des millions sans quasi rien payer comme impôts grâce aux niches, boucliers et autres paradis fiscaux, je sais pas, y en a un que ça me démange plus de pourrir que l’autre. Tu vois, Laurent, au lieu de t’exciter sur le robinet qui fuit, colmate la brèche qui coupe le tuyau, tu feras vachement plus d’économies.


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Oui, j’avoue, je suis un peu fatiguée par le sempiternel « salauds de pauvres »

Une histoire de violence ordinaire

Le week-end dernier, uun opération de buzz a raté et pas qu’un peu : le site Mailorama avait prévu de distribuer de l’argent dans les rues de Paris. Et comme ans les films, quand tu proposes à des gens de leur donner de l’argent, comme ça, pour le plaisir et que seuls les premiers seront servis, ça finit mal. Surtout quand, à l’arrivée, l’argent n’est pas distribué.


Je regardais la vidéo, un peu effarée, me demandant comment on pouvait en arriver là. Comme je ne regarde plus les infos télé, je ne me suis pas dit : « ah foutue époque, foutus sauvageons ! » et si je regardais TF1, je rajouterais : « Putains d’immigrés de merde, je suis sûre qu’il y a que du macaque là dedans ! ». Parce qu’apparemment, regarder les JT peut nous permettre de deviner les origines de jeunes encapuchonnés avec foulards et gants si bien qu’il faut vraiment être à trois centimètres pour voir un bout de peau mais non, à la télé on voit tout, waaaaah. Bon bref, plutôt que de se désespérer sur les vilains sauvageons qui font qu’à tout casser, je me suis demandée s’il y avait quelque chose à analyser dans tout cela.


Mes cours de sociologie ayant été malheureusement plutôt rare même si j’ai quand même eu le suprême honneur d’avoir des cours avec Patrick Champagne ou Eric Neveu. Du coup, je ne peux pas réfléchir avec les bons outils (tiens, ça me donne envie de lire des livres sur le sujet) mais quand même, quelques idées me viennent spontanément en tête. D’abord, évacuons d’entrée le « sale époque ».  La violence en bande, ça existe depuis que l’homme est homme, comme on dit, ou le fameux « de tout temps » qui rend hystérique n’importe quel prof. Les bandes organisées profitant de la moindre occasion pour casser, agresser, etc. Ca n’a rien de nouveau donc on oublie de suite ça.


Que constate-t-on en creusant un chouia le sujet ? Que la violence organisée est souvent issue des franges les plus pauvres de la population. Salauds de pauvres ? C’est pas vraiment là où je veux en venir ! Mais plutôt que plus la violence est présente dans une société, plus ses membres en souffrent. Mathématique : plus le mal-vivre augmente, plus la colère qui y est associée aussi et ça nous donne de la violence, une explosion, un gros ras le bol. Lutter contre la violence par des moyens de répression serait donc une erreur. Ben, mettons que dans une classe scolaire, on ait un mauvais élève. Ce n’est pas vraiment sa faute, il est assis dans un coin de la salle où on ne voit pas bien le tableau et il ne peut pas se payer tout le matériel dont il a besoin pour bien travailler. Ses résultats sont donc médiocres mais plutôt que de l’aider, on le laisse au fond de la salle et son camarade à côté, décide de le dissiper un peu. Puisqu’il n’a rien d’autre à faire en classe vu qu’il ne peut pas travailler, il se laisse entraîner. Ses résultats restent mauvais et la maîtresse ne cesse de le mettre au coin (ou de le coller). Est-ce pour autant qu’il va retrouver le droit chemin ? Je ne crois pas non. Comme j’ai toujours dit : « C’est bien gentil d’interdire les réunions dans les halls d’immeuble mais faudrait voir à leur proposer des activités pour éviter qu’ils ne glandent ». Bon, en général, on en a toujours un qui répond que oui mais les jeunes, ils détruisent les MJC et y a rien à en faire, ils sont perdus.


Alors, ce serait juste une question de nature humaine ?  Après tout, pourquoi pas, n’oublions pas que nous sommes des animaux, que nous avons tous un fond violent plus ou moins enterré mais y a pas que les pauvres qui tapent, hein…  Alors je suppose qu’il ne sert à rien de réfléchir, de tenter de trouver une solution car « de tout temps », c’est comme ça et seule la typologie des agresseurs change. Mouais…

Ben, en fait, j’en sais rien.

En attendant la vidéo qui m’a inspiré l’article et un vieux clip qui rappelle qu’avant, c’était pas déjà le pied…