FAI, c’est l’ennui

La Nina 2.012 a des priorités dans la vie du genre : voyager. Partir, partir… J’ai trop attendu pour voir le monde, enough is enough quoi ! Sauf que bon, si les voyages forment la jeunesse, ils creusent le compte en banque. Bref, il me faut des sous donc haro sur les dépenses inutiles.

Relevé de compte bancaire, étudions ça de près. Déjà, je me félicite d’être passée chez B&YOU, ça me fait facile 50€ d’économie. Mais je tourne, je vire : entre mon loyer, mes impôts (mensualisation powaaaaa), électricité, Internet, téléphone, salle de sport, spotify, le nouvel obs, mes prélèvements épargne, le budget bouffe+loisirs hebdo, je flirte avec les 2000 € de budget… Bordel, trop trop cher. Reprenons et éliminons.

Première éliminée : la little box. 13 € pour des produits que j’utilise pas, non. Désabonnée. Le nouvel obs que je lis pas, je renouvellerai pas, ça me fera 10 € en moins. Ma mutuelle perso… Depuis ma rage de dents inter-contrat, j’ai peur de la lâcher même si elle me coûte bonbon. Et puis, tiens, pourquoi Neuf ils me piquent 60€ mois, c’est bimensuel ? Ah non. Houla, problème.

Oui, je me suis abonnée à des bouquets de chaîne et à Canalplay infinity mais pour si cher que ça ? Je suis sûre que je paie pour des chaînes que je regarde même pas ! Je décide donc de faire un point mais une fois sur le site Neuf, impossible de récupérer le mot de passe que je n’ai peut-être même jamais eu. Et ce depuis 15 jours…

Alors je me dis que, tiens, je pourrais voguer vers d’autres cieux comme Bouygues ou Orange (non, plus jamais Free, trop de mépris du client). Peut-être même qu’ils ont AB1 gratos… Sauf que j’y pense et une vague terrible me submerge. Reprenons.

Quitter son FAI, c’est s’emmerder à renvoyer sa box. Déjà bof. Mais surtout, c’est ne plus avoir le web et la télé pendant plusieurs jours. Autant la télé, je survivrai, autant le net ça fait chier. Oui je passe mes journée dessus vu que je suis une joyeuse travailleuse du digital mais j’ai pas la même utilisation au boulot que chez moi. Oui, c’est en général assez rapide et j’ai qu’à lire en attendant mais quand même… Bref, changer de FAI, c’est pas comme changer d’opérateur mobile où la portabilité du numéro rend l’opération simplissime à partir du moment où on n’oublie pas de désimlocker son téléphone. Donc ne pas faire comme moi, incorrigible étourdie…

Du coup, je me demande qui change de FAI en dehors de ceux qui déménagent. Et n’est-ce pas cet aspect contraignant qui poussent ces dernières à ne strictement rien faire pour leurs clients. J’ai la même box depuis 4 ans alors qu’ils en sortis 2 ou 3 depuis. À l’époque où j’étais chez free, ils préféraient m’envoyer une demi-douzaine de prises électriques plutôt qu’une freebox. Mes parents sont restés des années à payer plein pot pour leur abonnement Adsl de 512 k… Youpi…

Du coup, je vais étudier ça de près et peut-être faire le grand saut. Parce que 60 €/mois quand je suis chez moi de 22 à 9h en moyenne (et que je dors dans ces zones là). Ça fait un peu chier.

J’ai testé pour vous un job qui recrute

Sous titre : putain de branleurs de chômeurs.


Lundi soir, j’ai fait un truc un peu inhabituel : je suis rentrée chez moi suffisamment tôt pour découvrir quelques émissions capsules, vous savez, ces mini programmes de 5 mn qui ne servent qu’à rebalancer de la pub derrière. J’ai donc découvert à ma très grande surprise une émission « j’ai testé pour vous un job qui recrute », un pseudo reportage réalisé en partenariat avec le Pôle emploi où les « stars » de M6 testent donc des jobs qui recrutent.

Lundi soir, Laurence .. a testé pour nous le travail de serveuse. Je n’ai juste pas la moindre idée de qui est cette demoiselle mais pendant 5 minutes, on la voit à la caisse, vêtue d’un uniforme très propret,un peu en cuisine et un peu en salle mais surtout, Laurence, elle ne fait qu’à papoter en souriant au gérant du restaurant, paie ta serveuse, quoi. Et à la fin, elle fait « ouah trop cool comme métier et en plus, je peux goûter les desserts » tandis qu’un bandeau nous annonce que c’est super bien payé vu qu’on gagne le SMIC+ les pourboires ! Waouh, tant d’argent pour flirter avec le boss et manger les desserts, quel beau métier.


Je passerai sur le fait que le reportage a été fait dans un resto cosy et pas dans une brasserie déprimante au carrelage fissuré, aux fenêtres mal colmatées et à la cuisine tellement crasseuse que même les rats ne veulent plus y aller. Je n’ai pas vu d’autres épisodes mais je suppose que c’est tout à l’avenant. Curieusement, y a pas employé de fast food, ça embauche pourtant, si j’en crois les pubs McDo. Bref, au pays des bisounours, tous les métiers sont super chouettes et c’est pas grave si t’es pas bien payé, tu mangeras du dessert gratos, youhou !


Alors évidemment, il n’y a pas de sot métier, je ne méprise pas les serveurs, serveuses. Ce qui me titille dans cette émission, c’est la sensation que si tu trouves pas de boulot, tout est de ta faute car tu ne fais pas l’effort. Ca me rappelle un peu les heures sombres de mon chômage, quand un salarié bien pensant venait te crucifier d’un « si tu bosses pas, c’est que tu veux pas ». Ben ouais, des serveurs, caissiers et autres hôtes d’accueil, sans parler des fameux téléprospecteurs, tout le monde en cherche, d’où tu restes chez toi ? Oui tu as un bac +5 dans une discipline donnée mais, mec, du boulot, là, y en a pas alors arrête de faire ta pleureuse, oublie ta vocation, tes connaissances, ton désir de faire ce métier là et devient serveur ou hôte d’accueil ou déménageur. c’est là que ça embauche ! Puis c’est « en attendant ». Et c’est là tout le vice du truc. D’une part, qui peut sérieusement chercher du travail en bossant 8h/jour dans des boulots somme toutes fatigants ? Oui certains le font car faut bien manger et payer son loyer mais mine de rien, la recherche d’emploi en prend un sacré coup. D’autre part, si les bac++ postulent à des postes ne nécessitant pas ce niveau d’étude, que font ceux qui se sont arrêtés après le bac ? J’avais déjà parlé de mon ex qui, du haut de son bac+4, avait réclamé n’importe quel job et on lui avait répondu sans rire qu’il était trop diplômé pour passer le balai. C’est vrai mais ce sont des jobs qui recrutent, huhu. Et je ne commenterai pas le fait que, perso, serveuse, je veux bien mais je suis plutôt du genre maladroite donc je vous dis pas le nombre d’assiettes qui pourraient trépasser entre mes mains. Et pour terminer, les quelques métiers que j’ai vus sur la page web du site me paraissent être le royaume de l’interim et des contrats saisonniers. Mais pas de panique, la précarité, c’est cool !


Bref, vous l’aurez compris, cette petite émission capsule m’a ulcérée, ça se sent à travers ma plume. Parce qu’en France, aujourd’hui, les seuls métiers qui recrutent te paient au SMIC. Que parce qu’on ne te propose que des jobs à la précarité certaine, loin de nos rêves de carrière de départ. Parce qu’on fait genre qu’il n’y a pas de crise de l’emploi et que si t’as pas de boulot, c’est au fond un peu de ta faute. Et surtout parce que je vois des Guignols payés en un mois ce que je gagne en un an tester un métier pendant deux heures de leur vie et nous expliquer sans sourciller que, waouh, c’est génial ! Que je pense à la fille qui est serveuse de façon permanente qui oublie que ouah, super, elle va voir plein de gens aujourd’hui et qu’elle pourra même taper dans les desserts, le tout pour un smic+pourboires ! Elle est pas belle la vie ?

Les assistés t’emmerdent

L’un des avantages de ma convalescence chez mes parents (oui, le drame familial est terminé, j’ai plus envie d’en parler), c’est que j’ai accès à des news mag que je n’aurais pas l’idée/l’envie d’acheter à savoir : Le Figaro magazine. Au début, je trouvais ça pas mal sympa vu que ça ne parlait pas trop politique mais plus trucs de riches que je ne connais pas. D’ailleurs, j’hésite à me mettre au golf. Non que je pense avoir un quelconque talent mais les golfs sont magnifiques, un petit tour du monde des parcours de golf, ça peut être sympa. Sauf que j’ai déjà la plongée et que j’ai très envie de me mettre à la rando, je peux pas tout faire.


Donc globalement, ça allait jusqu’à ce numéro de juin que j’ai repêché par accident de la pile des magazines à jeter, un numéro consacré à la France des assistés. Numéro qui suit les déclarations de Wauquiez sur le RSA. Alors j’ai lu et j’ai remercié le ciel ou Dieu seul sait qui de ne plus être au chômage au moment de la lecture tellement cet article m’a rendue furieuse. Je vous résume le topo même si je suppose que votre sagacité vous a permis de comprendre de quoi il retournait : le RSA et autres allocations encouragent les chômeurs, les « assistés », à ne pas bouger leur cul de leur canapé, une dizaine d’exemple à l’appui. Oui, le chômeur est une race d’une paresse crasse. Pourquoi bouger son cul quand tu reçois 467 € par mois sans rien faire ? Alors je ne peux pas parler au nom de tous les assistés mais prenons quelques points.


– 467 € par mois. Ca ne paie même pas mon loyer. Même si on y ajoute les ALS, je pense qu’une fois mon loyer payé, il ne me resterait rien. Alors c’est vrai que ne pas bouger de son canapé ne coûte pas très cher mais…

– Le chômeur, comme n’importe quel humain, est un être social qui finit par haïr profondément ce fameux canapé qu’il n’est censé ne plus vouloir quitter. Or avec 467 € par mois, à part marcher dans la rue, il lui reste bien peu de loisirs. Si profiter de la vie, c’est mater la télé à longueur de journée, effectivement, je comprends que toute la France envie les assistés.

– Pour beaucoup, être chômeur est dur à vivre. C’est pénible de répondre qu’on est en recherche d’emploi quand on nous demande notre métier, de sentir justement toute la suspicion dans le regard de l’autre, ce soupçon hélas légitime : tu cherches vraiment du boulot ou tu te complais dans cet assistanat maudit ? 

– Et les chômeurs, comme la plupart d’entre nous, sont avides de trouver une place dans la société, d’avoir la sensation de servir à quelque chose, d’avoir une bonne raison de se lever le matin pour enfiler une tenue pour aller bosser. Le peignoir, ça saoule vite.

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Ceci étant, les allocataires sont des assistés et comme punition, M. Wauquiez a trouvé une idée, une parade : forcer ces parasites de la société à faire quelques travaux d’intérêts généraux. Oui, dans le monde magique de l’UMP, le travail est une punition. Heu… Je suis pas sûre d’avoir tout suivi, là ! Vois-tu mon petit Laurent, j’ai été au chômage et j’étais motivée pour bien faire. Quand je suis allée à feu ANPE, aujourd’hui Pôle Emploi, j’espérais de tout mon cœur trouver quelque chose m’aidant à aller de l’avant. Je ne te parle pas des ateliers CV ou lettres de motivation ou encore recherche d’emploi, ça, ça ne m’aurait servi à rien mais des formations pour m’aider à trouver un emploi, justement. Tu vois, une formation en anglais voire même, si ça avait été nécessaire, préparer une reconversion. Non. On dit juste que les gens ne font rien et que ce sont des feignants. Comme si c’était pas assez dur d’être en marge de la société car on n’a pas d’activité professionnelle, faut encore qu’on vienne nous montrer du doigt.


Oh oui, je sais, y a toujours un cas qui vient démontrer que Machin, tu vois, il touche le RMI ou le RSA et du coup, il bosse volontairement pas ou il bosse au noir, c’est dégueulasse. Oui, c’est vrai, ça l’est, dégueulasse. Mais perso, à choisir entre le mec qui détourne au max 1000 € (et encore, ça sous entend qu’il a des bouches à nourrir, je suis très généreuse, là) par mois et les grands patrons qui gagnent des millions sans quasi rien payer comme impôts grâce aux niches, boucliers et autres paradis fiscaux, je sais pas, y en a un que ça me démange plus de pourrir que l’autre. Tu vois, Laurent, au lieu de t’exciter sur le robinet qui fuit, colmate la brèche qui coupe le tuyau, tu feras vachement plus d’économies.


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Oui, j’avoue, je suis un peu fatiguée par le sempiternel « salauds de pauvres »

Dans ton cul le pouvoir d’achat

(à sec avec des graviers)

Oui, je suis vulgaire, parfois. Mais ces derniers temps, j’avoue que j’ai de plus en plus peur d’ouvrir le journal et de tomber dans une profonde déprime. La faute à qui ? A la ré-ces-sion. Oh pas de panique, je ne vais pas vous faire un cours d’économie, je n’y connais rien donc je préfère me taire plutôt que de dire des conneries sur le sujet, je laisse les experts vous expliquer tout ça.


Mercredi soir, je reçois mon compte en banque. Ok, virtuellement, il me reste à peu près 300 euros pour finir le mois. On est le 8. Je veux mourir. Et ça fait quelques mois que c’est comme ça, je suis à découvert à partir du 15. Pourtant, je n’ai pas non plus une vie extravagante. Je sors oui mais raisonnablement. Je ne vais pas dans des boîtes à 15 euros le verre, dans les restos à 40 euros le repas, non. Sauf que voilà, les prix augmentent et mon salaire, lui, il stagne. D’ailleurs, chez nous comme ailleurs, c’est austérité au
programme : gel probable des salaires, non renouvellement des CDD… Y a des moments où, quand j’y pense, j’ai vaguement envie de pleurer.

L’argent, ça m’angoisse. Je sais que mon salaire est honnête même si plutôt bas pour un bac+5 mais si le net ça payait, ça se saurait. Ceci étant dit, je reste quand même un membre de la classe moyenne, je vis en proche banlieue mais la question essentielle que je me pose c’est : comment font ceux qui gagnent moins que moi, franchement ? D’après mes calculs, si j’enlève de mon salaire mon loyer, le téléphone, Internet, la mutuelle, les prélèvements pour mes comptes épargne, la carte orange, 100 euros de budget hebdomadaire,
autres factures, il me reste à peu près 100 euros de marge. Avec ça, je fais quoi, franchement ?

Je me souviens y a plus d’un an, un petit monsieur nous a promis d’être le Président du pouvoir d’achat. Je peux pas dire que je me sens flouée ou trahie vu que j’avais pas voté pour lui. Ces partisans me feront remarquer qu’on n’est pas responsable de la crise financière mondiale et que ça n’impacte pas sur mon budget, vu que j’ai rien en bourse. Il n’empêche que les prix ne cessent de grimper tandis que mon salaire stagne et mes 100 euros de marge, ils vont bientôt aller rejoindre mon pouvoir d’achat…Et que même si, effectivement, il y a des choses dont on n’est pas responsable, y a quand même des choses qui m’interpellent genre quand Christine Lagarde annonce l’an dernier à l’Assemblée Nationale que la croissance sera là, grâce notamment à la reprise américaine. Ouais ben la reprise américaine, tu l’as rêvée ! C’est pas comme si les économistes les plus renommés ne nous avaient pas prévenus en plus…


Et alors que faire ? Moi, rien, serrer les fesses (décidément, c’est un peu le thème récurrent de cet article) et attendre que ça passe. En attendant, je mets en place une nouvelle stratégie : toutes les semaines, je retirerai 70 euros et je devrais vivre avec. 10 euros par jour. Je peux le faire. Mais je pense que tous les petits à côtés, les magazines, les clopes, etc., ça va passer à la trappe. Je ne parle même pas des sorties, ça va être du à domicile ou rien du tout. Heureusement que j’ai de quoi lire jusqu’à Noël…

Noël, tiens… Je sens que ça va être gai cette année. Putain de crise.

Bienvenue en Chômagie

(je débute une série sur le chômage, c’est-à-dire que je recycle de vieux articles écrits pour un autre blog aujourd’hui mort et je complète la série. Mais rassurez
vous, j’ai pas été virée !)

C’est l’histoire d’une fille, moi, qui avait tout prévu dans la vie : elle aurait de bonnes notes, étudierait à la fac, décrocherait des diplômes et aurait un emploi. Tout se déroulait comme prévu jusqu’à la partie emploi. Cette histoire est la mienne mais elle n’a rien d’extraordinaire, elle est même d’une banalité affligeante pour pas mal d’entre nous. Petits, on nous disait « travaille bien à l’école, c’est important », c’est fait. « Passe ton bac et décroche une mention, c’est important », c’est fait. « Les diplômes, c’est essentiel dans la vie ». J’ai deux maîtrises et un master professionnel. « Pars à Paris, c’est là-bas que ça se passe ! », c’est fait. Et pourtant, malgré mes diplômes (avec mention, je croyais que ça avait une importance, avant), mon déménagement, mes stages, mon pres book… La terrible vérité fond sur moi : me voici au chômage. Citoyenne de la chômagie, le pays où personne ne veut aller alors que nous sommes à peu près 2 millions à y résider (juste à l’échelle française), selon les chiffres officiels. Enfin, on dit pas chômeur, on dit chercheur d’emploi, c’est plus encourageant, moins dégradant.
 

On apprend toujours du regard des autres. Quand vous êtes étudiants (en bac++ sinon, ça ne marche pas), on vous regarde avec une certaine admiration. Quand vous dites que vous êtes chômeur, on vous regarde avec un regard soit compatissant, soit méprisant, voire les deux. Oui, ce n’est pas glamour, je sais, mais je fais ce que je peux pour m’en sortir, quoi qu’on en dise. Dans l’esprit collectif, on a vite fait d’associer chômeur (aka celui qui fout rien) et parasite. Je pense que ces gens là n’ont jamais vécu au RMI. Car qui veut vivre avec moins de 500 euros par mois ? Ca ne s’appelle pas vivre mais survivre, surtout dans la capitale. D’ailleurs, ça ne paie même pas mon loyer. Souvent, le chômeur est vite coupable : s’il ne travaille pas, c’est qu’il ne cherche pas. Il est bien connu que l’envoi d’une demi douzaine de CV engendre automatiquement un emploi, c’est Harry Potter à l’ANPE. Si je me penche sur mon cas personnel, l’équation
est la suivante : plusieurs centaines de CV envoyés (candidatures spontanées et réponses aux annonces) = une demi-douzaine d’entretiens = in fine un emploi. Oui car pour moi, l’histoire finit bien, je ne dirais pas par chance car ce n’est que l’aboutissement de ma recherche. Ceci étant, il ne faut pas nier non plus qu’il existe une part de chance parce que quand une centaine de candidats envoient un CV pour un même poste, il faut pas se leurrer, les 100 CV ne seront pas consultés, les premiers arrivés seront les premiers servis.

Etre au chômage est un emploi à plein temps car il y a beaucoup de choses à faire. Et c’est souvent dur de sentir la suspicion de ceux qui ne savent pas, qui n’ont jamais vécu en Chômagie : « tu envoies des CV ? ». Non, j’attends que l’employeur vienne sonner à ma porte, j’ai écrit en gros dessus « jeune femme au chômage cherche emploi ». Les « tu as envoyé un CV là ? », aussi, qui partent d’une bonne intention mais qui, au final, sont agaçants. Je passe mes journées à envoyer des CV là, puis là et là aussi, même là où les chances d’être prises sont infimes, voire inexistantes. Parce que « on ne sait jamais ». Etre au chômage, ce n’est pas juste passer ses journées à dormir et à faire du sudoku. Il y a beaucoup de choses à faire et j’en parlerai dans les prochains articles. Curieusement, j’ai parfois l’impression que le chômage est un tabou qu’on évoque peu en dehors des chiffres, telle une maladie. On dit « mon fils est au chômage » limite comme on dirait qu’il a le sida. Pourtant, 2 millions de chômeurs, ce n’est pas rien, qu’en est-il de leur vie quotidienne ? Sans
tomber dans le misérabilisme ou la complainte, en parler ne fera de mal à personne.