Citoyens vs citoyens : votants vs absentionnistes

Depuis deux ou trois jours, je suis gênée aux entournures. Sur mon fil Twitter est en train de se mettre en place un affrontement, une guerre ou le mépris et la condescendance sont les armes des uns et des autres, ou l’on se traite de cons parce qu’on est pas d’accord… Heu… Y  a que moi que ça gêne ce grand affrontement de citoyens, votants contre abstentionnistes, parce que l’heure est grave ?

affrontement

Dimanche, je suis allée voter, j’ai souri devant la petite fille qui montrait crânement son école à son papa, me disant que les élections, c’est quand même trop la fête pour les petits élèves de l’école qui nous accueille pour notre devoir citoyen. C’est vrai, on va à l’école mais c’est pas pareil, y a pas la maîtresse, on est un peu le maître des lieux. Je n’ai rien posté sur Twitter quant au fait que j’étais allée appuyer sur un bouton pour filer ma voix, je trouve ça tellement incongru. Le soir, les résultats puis hier, des tribunes de ceux qui ont choisi de s’abstenir, vivement vilipendés par ceux qui sont allés faire leur devoir. Inconscient, tu votes pas et à cause de toi, on a le FN, bravo le veau ! T’as pas voté ? Alors ferme ta gueule, tu as perdu le droit de l’ouvrir. Et là, je ne vous cache pas que je suis très mal à l’aise.

Séduire les abstentionnistes, version anti communiste

Balayons rapidement le premier argument : non, l’abstention ne fait pas élire le FN. On a beau essayer de se rassurer : le nombre de voix attribuées au FN augmente bel et bien donc ce n’est pas à cause de ceux qui ne sont pas allés voter qu’ils ont gagné plus de voix. Si le FN progresse, c’est sans doute parce que la politique française se limite beaucoup trop à un “votez pour nous parce que sinon, FN !”. Mais j’en ai ras le cul de “voter contre”, moi. Je veux voter pour un projet de société auquel je crois, des valeurs, un programme concret. “Beurk le FN” n’est pas un programme, c’est pas ça qui va nous aider dans nos régions (nos départements ou au niveau de l’Europe, faut sortir de cette rhétorique de merde). On peut s’amuser à distribuer les points : les campagnes qui tournent trop autour de la sécurité alors que ce n’est pas lié à la région, le nom de Marine Le Pen sur toutes les lèvres, dans tous les journaux. Forcément que des gens y voient la seule alternative, c’est la seule de réellement visible. Après, faudra se pencher plus sur le pourquoi du comment du vote FN comme je disais hier mais je suis désolée, ce n’est pas la faute des abstentionnistes.

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Arrivons maintenant à l’argument de fermer sa gueule. Il est vrai qu’il est possible d’aller voter sans donner sa voix à un candidat, le vote blanc bénéficie désormais d’une légère reconnaissance, il est séparé des bulletins nuls. D’ailleurs, dimanche, je voterai blanc parce que j’en ai marre de laisser faire parce que “sinon, c’est Le Pen”. Non, Le Pen est la fille de la crise et faudrait peut-être voir à réellement se pencher la question plutôt que de continuer une politique d’austérité qui n’a jamais apporté de résultats. Personne n’aura ma voix parce que je ne veux plus cautionner une politique qui me révulse. Ah oui, les régionales, c’est pas un vote national… Pourtant, si j’en crois les politiques et les analystes politiques, cette élection est une “sanction” contre le gouvernement, un plébiscite pour le FN, blablabla… Tout à fait local, donc, bien sûr. Mais revenons en aux abstentionnistes que je classerai en trois catégories : ceux qui ne pouvaient pas venir pour cause de santé ou d’absence (je connais personne dans ma ville, faire une procuration devient donc soudain plus compliqué), ceux qui s’en battent les steaks et les 3e, ceux qui se sont abstenus volontairement car ils estiment n’être plus dupes du cirque politique. Je vais abandonner les 2 premiers pour me concentrer sur ceux là.

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Dès lundi, ces gens se sont exprimés et en ont pris plein la gueule. Je ne suis pas forcément une grande supportrice de l’abstention, je m’étais déjà exprimée dessus il y a quelques années et quitte à faire un gros doigt à nos politiques adorés, je préfère le faire sans ambiguïté en votant blanc. Mais… En fait, je suis mal à l’aise parce que je comprends leurs arguments et ce sont les mêmes que les miens pour voter blanc. La différence entre nous ? Pas grand chose. Déjà, essayez de trouver le pourcentage de votes blancs au premier tour, c’est un exercice très parlant (2,4% selon Wikipedia). Même si je viens dire merde en personne, on ne compte les résultats que sur les suffrages exprimés donc pas le mien. Alors je voudrais pas relancer le débat pour une meilleure reconnaissance du vote blanc (enfin, si, mais c’est pas le sujet) mais au fond, j’ai la sensation aiguë que mon vote blanc et l’abstention “militante” sont les deux avatars d’un même message “arrêtez de nous prendre pour des lapereaux, bordel !” Mais du coup, pourquoi adjoindre à ces personnes de ne pas ouvrir leur mouille s’ils ont des choses à dire. J’ai lu quelques articles écrits par des abstentionnistes expliquant le pourquoi du comment. Certains étaient très maladroits, d’autres mieux ficelés. Tous accueillis dans une grande agressivité. Je ne me joindrai pas aux voix qui gueulent contre ceux qui seraient censés paver le chemin du FN : de un, c’est faux et de deux, qui suis-je pour ordonner aux adultes de faire ci ou ça. Chacun sa conscience.

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Mais surtout, je suis inquiète de voir qu’on se fout sur la gueule entre citoyens, agacés, lassés, dépités, voire même un peu désespérés, tandis qu’au-dessus, ceux qui nous gouvernent continuent à distribuer de la petite phrase qui fait mouche (ou pas), se bagarrer pour des broutilles, en oubliant justement ceux qui leur ont permis de faire leurs importants sur les plateaux télé. Aujourd’hui plus que jamais, je ressens une fracture, une séparation de plus en plus nette de la société civile vs nos chers politiques. Et, ça, ça me rend folle, bien plus que ceux qui ont décidé, dimanche, de ne pas aller voter.

PS : Oui, j’ai bien fait exprès de choisir des images de propagande anti communistes parce que, voyez vous, rien ne change…

Sociologie des cons

Je vous ai parlé il y a quelques temps de cette notion de “l’autre est un con”. Cet article me fut inspiré par un livre “Les nouveaux cons” d’Etienne Liebig. Je l’ai acheté par accident, j’avais compris qu’il s’agissait d’une sorte de sociologie du con ou comment on supporte pas l’autre. Faux, il s’agissait de petites chroniques tapant sur strictement tout le monde, de la droite catho aux bobos, des écolos aux jeunes de cité en passant par le flic ou le dealer, tout le monde en prend sur son compte. Grinçant, oui. Un peu trop.

Au début, je trouvais ça drôle, ces petits épinglages même si j’étais déçue de ne pas lire une étude sociologique sur les cons (c’est quand même un super sujet). Sauf qu’au fur et à mesure de ma lecture, mon sourire s’estompait peu à peu pour ne laisser place qu’à une grimace de gêne. Est-ce de l’aigreur qui transpire de ces lignes ? Une méchanceté forcée pour dire merde au politiquement correct, un peu à la façon de Bénabar, soit à tort et à travers ? Je me sens mal à l’aise et je finis le livre avec déplaisir, suivant mon principe idiot de toujours terminer un livre. On ne sait jamais, les dernières pages peuvent toujours le sauver !

En fait, ce qui m’a gêné, outre la violence mal placée de certains propos faisant perdre de vue un éventuel second degré, c’est la destruction systématique. C’est comme Zemmour et Naulleau (et Pulvar et Polony si j’ai bien compris mais je ne supporte tellement pas l’émission que je vais pas regarder juste pour vérifier). On a le droit de ne pas aimer quelque chose, de le dire, de faire de la critique caustique. Sauf qu’à force de taper systématiquement sur tout et n’importe quoi, la notion même de sarcasme perd de sa substance et ne reste qu’une aigreur putride et peu drôle. Tout cela manque de légèreté et baigne tant dans le mépris qu’effectivement, on sent entre chaque ligne le principe du “tous des cons, des médiocres… sauf moi”.

A une époque fort lointaine, j’eus un blog de critique destructice qui, comme la plupart de mes blog parallèle,n’eut qu’une courte vie. Ouais, j’ai tendance à avoir des milliers d’idées de blogs, je devrais devenir consultante blog, j’ai des tas d’idées, de concept, mais j’ai pas le temps de les développer (et je joue pas assez le jeu de la blogosphère pour les faire suffisamment marcher pour en faire mon activité principale). J’aimais bien le concept de ce blog là et j’ai parfois envie d’importer le concept ici. Même si à part deux ou trois films, j’ai pas grand chose à critiquer et je le fais déjà dans l’art du nanard. Quoi que je me ferais un plaisir de dégommer Grey’s anatomy. Le problème de la critique destructrice est dans l’équilibre de ce que l’on dit. Dire du mal d’une série ou d’un film, livre… peut être drôle et jouissive à partir du moment où on reste à son propre niveau. Je n’ai eu aucun plaisir à lire le bouquin de Guillaume Musso dont j’avais parlé mais le critiquer ne m’autorise pas à me placer au dessus du monsieur pour lui dire qu’il n’a pas le moindre talent, que ce n’est qu’une merde… Ca pue un peu l’aigreur et limite la jalousie. Non parce que si on faut un match purement statistique, Guillaume a publié X livres, moi aucun (mais bon, j’ai jamais franchi l’étape “contacter une maison d’édition” alors bon…). De plus, il est facile de critiquer aussi les amateurs du genre mais qui suis-je, une nouvelle fois, pour dire à une personne qu’elle lit de la merde. Je peux en lire aussi…


L’idée est de rire de tout ça, y compris chez les fans. De pointer les incohérences, les côtés trop ci ou pas assez ça sans pour autant mépriser le quidam moyen. Mais est-ce juste possible ? Le critique ne finit-il pas par se sentir au dessus de la masse en désignant de son doigt divin celui qui doit être sacrifié sur l’autel de sa chronique ?

Bon et sinon, je la lance ma chronique “j’aime pas” ?

Le monde en myopie

Lecteur, je te l’ai avoué il n’y a pas longtemps, j’ai changé de lunettes. Une démarche angoissant vu qu’il ne faut pas se tromper, choisir les bonnes montures. J’étais partie sur un « prends des basiques pas chères » mais mes mains ont saisi par hasard des lunettes, je les ai portées sur mon nez et là, devant la glace, j’ai su. C’étaient elles. 200 et quelques euros la monture mais vu comme l’opticienne s’est extasiée sur mon visage lunetté, je pense avoir fait le bon choix. Ou je me faisais draguer par une opticienne lesbienne.

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L’ensemble de mon entourage ayant applaudi mon choix, je les porte bien volontiers et à nouveau je vois bien. Trop bien. Non parce qu’autant certains des hommes de ma vie étaient beaux quand j’étais myope et le sont encore plus quand je les vois net, autant pas mal de laideur me saute au visage. Déjà c’est incroyable comme les quais de gare sont sales. Moi avant, je ne voyais que du gris. Puis les gens sont grimaciers, grisâtres, boutonneux, mal coiffés. Ça me rappelle la dernière fois où j’ai longuement arrêté de fumer, je redécouvrais avec acuité le Paris odorant… Nauséabond, c’est le mot juste.

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Là, je retrouve les avantages mais aussi les inconvénients de voir. Par exemple, en version myope, je crushe 3 fois par jour. Le beau brun là-bas n’est-il pas le plus beau du monde ? Mes lunettes éradiquent le flou artistique et là, le « mec le plus beau du monde » ne me plait finalement pas du tout. Sauvée me direz-vous ? Non car de près, j’y vois pas si mal (cf supra la remarque sur les hommes de la vie) donc si j’avais ambitionné de draguer mec le plus beau du monde, je me serais rendue compte de ma méprise. Or le crush du métro est par définition éphémère un « oh wouaaaaah le mec ! » suivi d’un discret matage jusqu’à la fin de l’un de nos trajets. Et je l’oublie aussi vite, ce n’était qu’un agrément de voyage. Là, avec ma vue acérée, plus de doute possible : je ne peux prêter aucun charme à une personne qui ne me plait pas. Heureusement que je ne prends plus les transports en fait.


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Et que dire de ceux que je m’applique à ignorer pour cause de violent mépris ? Avant, je n’avais qu’à les laisser errer dans la lointaine zone floue, je ne les voyais pas, ils n’existaient plus. Avec mes lunettes et ma vue bionique, l’objet de ma désaffection est en permanence visible et manifestement doué du même don d’ubiquité que mon chat : où que je regarde, il est là. Or comme j’ai globalement peu d’inimitiés, mon rejet devient souvent physique, le fameux « je peux pas le voir en peinture ». Ben là, t’as droit à la version Technicolor en 3D et sonore en plus.

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Cependant, reconnaissons un avantage majeur aux lunettes : en un geste, je les enlève, les plus beaux mecs du monde pullulent à nouveau et mes « ennemis » disparaissent. Ouais en fait, je suis un Clark Kent à l’envers.

Petit cours de médisance

Ces derniers temps, le scénariste de ma vie semble se prendre pour un auteur des Feux de l’Amour ou Jean-Luc Azoulay, je ne sais… Mais ça fatigue un peu. J’essaie de régler les choses les unes après les autres pour tenter d’atteindre une relative sérénité et je vais devoir à m’attaquer rapidement à un nouveau dossier. Un dossier plein de médisances qui m’épuisent.

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Je ne vais pas jouer les mères la vertu, je suis une langue de pute. Je médis, oui. Parfois parce que les gens que j’aime m’énervent sur certains points, des points qui ne méritent pas de drames donc j’en parle à une tierce personne pour me vider. Le but ici est d’éviter d’exploser à la figure de la personne et attendre que la crise passe. Car il est des crises qui ne nécessitent pas de s’asseoir pour discuter (sinon, on ne langue de pute pas, on se comporte en adulte et on convoque la personne à un café explicatif). Et puis il y a le gros langue de putage sur les personnes que je n’aime pas et là, je m’en donne à coeur joie. Du moment que ça ne vire pas à l’obsession, tout va bien. Sinon tu règles ton obsession parce que c’est lourd pour tout le monde.

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Seulement la médisance exige un certain savoir-faire et notamment celui de trouver un allié de langue de putage à savoir une personne qui partage votre point de vue. Dans mon problème actuel, c’est là tout le problème, je me retrouve le cul entre plusieurs chaises. D’un côté notre amie Léa qui attend beaucoup des gens, beaucoup trop. Du genre à faire la gueule sans qu’on sache pourquoi et si on ne va pas lui demander, on est des méchantes. Les têtes de turc de Léa varient, nous avons eu A (B et moi étions alors ses chouchoutes) puis B (C et moi devenions alors ses chouchoutes). A présent, elle est remontée contre B et C, A et moi sommes ses nouvelles meilleures amies. Je n’ai pas entendu qu’elle se plaignait de moi aux autres donc pour le moment, A MA CONNAISSANCE (j’insiste), je suis la seule à ne pas avoir essuyé son courroux. Sauf que du coup, elle m’écrit des mails dans lesquels elle se plaint de B et C (avant, c’était A) et quand nous sommes toutes ensemble, elle marmonne des remarques acerbes qui m’épuisent. D’abord parce que je trouve son comportement illégitime. La dernière fois que nous avons fait une soirée toute ensemble, elle a claqué la porte car « personne ne se préoccupe de moi alors que j’ai dit que mon mec allait sans doute me quitter demain et tout le monde s’en fout ». Notons que ce jour précis, j’étais célibataire depuis moins de 24h et que j’ai fait l’effort d’être agréable autant que faire se peut mais je n’avais pas la palme : A venait de perdre sa grand-mère. Bref, Léa est une attention whore mais elle a quand même bon fond et peut être de très bonne compagnie, ce qui m’empêche de l’envoyer tout simplement chier.


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Pour autant, j’aimerais ne plus être dans toutes ces histoires. Je ne suis pas d’accord avec ses griefs sur les autres filles, je ne la relance jamais sur ses médisances, j’aimerais qu’elle me foute la paix avec ça. Par exemple, moi, quand j’ai une personne que je n’aime pas, je vais pas en parler à une personne qui l’apprécie. En ce moment, il y a une fille que je méprise du plus profond de mon âme. Je suis en parallèle copine avec une fille qui a l’air de bien s’entendre avec elle donc je me contente de ne pas en parler pour ne pas mettre la
dite fille au milieu d’une inimitié qui n’a strictement rien à voir avec elle. De toute façon, j’en parle pas tout court, ça n’a aucun intérêt.


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S’il est donc une règle essentielle à retenir pour le langue de putage, c’est de s’assurer de le faire avec le bon partenaire. Parce que confier tout le mal que l’on pense d’une personne à une autre qui l’apprécie, c’est créer un malaise donc personne n’avait besoin, surtout pas celui qui reçoit les confidences.

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Donc mission de la semaine : demander à Léa d’arrêter ce genre de discours avec moi et aller s’expliquer avec les demoiselles impliquées. Enfin, je dis cette semaine mais vu que j’ai zappé son anniversaire la semaine dernière, je vais peut-être attendre un peu, je suis pas en position de force pour que mon message passe bien.

Va te laver le clavier avec du savon, chenapan !

J’ai beau être sur le net depuis une éternité (10 ans, en fait… Ca ne nous rajeunit pas), je reste effrayée par la violence de certains propos. Hier, j’ai eu la tâche merveilleuse de modérer quelques commentaires sur le site people, ce qui donnait à propos de Rihanna « crève sale pute, je te déteste », à propos d’Angelina Jolie : « el n’a rien a envier a angeline el n’et pa jalouse d’elle car avec sa grosse bouche de suceuse on a rien a lui en envier » (c’est un copier/coller), à propos de Paris Hilton « elle peut bin crever jen ai rien a foutre de cette connasse gatée » ou à notre encontre : « prenez vos pochez pleines de fric et allez sucer paris hilton pédés de bourges ». Un must, celui là.

Bref, quand je lis ça, j’ai envie de demander à la personne qui s’est sentie obligée de se lancer dans un tel déluge d’agressivité si elle a pris ses petites pilules. Non parce que des commentaires modérés, là, y en a 12 pages, à  raison de 20 par pages et ils ne restent sur la plateforme de modération que pendant 48h. Alors autant vous dire que je ne découvre pas seulement aujourd’hui la violence sur Internet, l’anonymat donne des ailes mais je ne cesse de m’interroger… Je vous ai déjà parlé des trolls, j’en ai mangé quelques uns comme tout le monde et c’est justement là le souci « comme tout le monde ». Qu’est-ce qu’il se passe dans la tête d’une personne pour que soudain, elle crache un tel fiel ? Encore, ce serait un mail contre un service qui ne fonctionne pas ou autre, je pourrais à la limite (mais extrême limite) comprendre mais là ? Rihanna, Paris et Angelina ne viendront jamais lire le site et surtout pas les commentaires si poétiques. De toute façon, même si elles parlent français, faudrait qu’elle comprenne cette langue étrange qu’est l’illettré de base, je ne suis pas convaincue.


Alors évidemment, à choisir, il vaut mieux qu’ils se défoulent sur Rihanna que sur leur petite sœur, par exemple. Mais cette violence quotidienne finit par me choquer. S’il n’y en avait qu’un d’excité, je dis pas mais là, on dépasse le phénomène marginal pour s’installer dans une habitude, quand même. Et il n’y a pas d’âge particulier. Si, effectivement, sur le site people, on est plus dans le 16-25, si on sort de cet exemple précis, on voit que c’est à tous les âges que ça s’exprime en insultes. Souvenons nous de feu l’émission de
Courbet où les voisins se traitaient de pédés, de cons, d’impuissants, cocus…Bon, là, à la limite, ils ne se supportent plus, on peut un peu plus comprendre les insultes. Mais force est de constater que les insultes gratuites font partie de notre quotidien. Et même si je suis tentée de penser que c’est l’arme des faibles (typiquement, les gens qui me disent que je suis conne en comm sans pour autant m’expliquer en quoi je le suis), j’y ai parfois recours. Jamais en premier mais en défense. Typiquement quand on me cherche dans la rue, je réponds par un « qu’est-ce que t’as, connard (ou connasse) », ce qui arrive assez rarement vu que dans la rue, je suis là sans vraiment y être. En général, mon insulte préférée, c’est « pauvre type », balancé avec dégoût. Oui, je sais, c’est pas super méchant mais tout est dans le mépris.


Bref, tout ça pour dire que je n’aime pas constater cette violence vraiment gratuite (et somme toute inutile) et que j’aurais bien envie de leur laver la bouche avec du savon pour leur passer l’envie de parler comme ça. Parce que ce sont les mêmes qui traitent une fille de sale pute dans la rue car elle ne se retourne pas à leurs sifflets, par exemple. Une sale habitude, en somme. Mais je dis ça, je ne vois pas bien la solution. Mais n’est-ce pas finalement un symptome d’un mal plus profond qui serait une incapacité chronique que nous avons
tous à vivre en société au-delà d’un certain seuil ? En gros, ne se défoule-t-on pas sur Rihanna, Paris Hilton, un blogueur ou que sais-je encore pour vider notre sac et rester plus sociable et doux avec nos amis, famille, collègues ? Finalement, est-ce un mal pour un bien ou celui qui traite Rihanna de pute parle ainsi à tout le monde ?

Heu… Je sais pas !

Sinon, rien à voir du tout mais je te colle ici une pétition qui me tient à cœur. Milan Presse qui édite des magazines pour la jeunesse est actuellement en difficultés financières et risque de disparaître. Si je ne travaille pas (et n’ai jamais travaillé même si j’ai failli y faire un stage qui m’aurait beaucoup plu en plus mais les dates ne collaient pas), je trouve qu’il est important de signer la pétition pour garantir une diversité dans les titres, d’autant que Milan propose des magazines vraiment bien. Tu lisais Toboggan petit ? Ben, c’est eux (entre autres mais Toboggan, je les piquais à ma sœur, je me souviens). Et de façon plus personnelle, c’est à Toulouse. Et de façon encore plus personnelle, mon cousin que j’adore y travaille. Alors on clique !

 

Comment paraître brillant en société

Un dîner, quelque part dans Paris. Parmi les convives, vous. Le but : paraître brillant et en mettre plein la vue à vos compagnons. Comment faire ? C’est très simple, pour qu’on soit un peu habile et qu’on sache prendre le contrôle de la conversation.

Paraître brillant, ça ne s’improvise pas, ça se prépare. Choisissez trois sujets de prédilection et travaillez les à fond. Ca peut être la peinture de la Renaissance (pour les plus feignants, prenez un seul peintre, genre Michel Ange, Raphaël… Evitez Léonard de Vinci, trop populo depuis le Da Vinci Code), la mythologie nordique… Quoi qu’il en soit, idéalement, prenez un sujet artistique, un sujet sociologique et un sujet géopolitique, le meilleur équilibre selon moi. Une fois vos trois sujets choisis, lisez tout ce qui vous tombe sous la main et qui en parle. N’hésitez pas d’ailleurs à tenir au courant votre entourage de vos passions, ils pourront vous offrir des livres sur le sujet ou vous découper des articles, ça peut toujours servir.

 

Maintenant, revenons au repas. Vous êtes à peu près au point sur vos sujets de prédilection mais vous espérez que les gens à qui vous parlez n’y connaissent pas grand-chose et vous écouteront, admiratifs. Cependant, le souci est de réussir à amener la conversation sur votre domaine de connaissance, il faut être très réactif. Une fois que vous avez attrapé le mot qui vous permet d’embrayer sur votre passion, ne lâchez plus. Monopolisez la conversation, étalez votre savoir et apprécier l’éclat admiratif qui illumine le regard des convives. Evidemment, évitez de choisir des sujets trop populaires car si vous êtes deux spécialistes à la même table, vous perdez votre aura.

Il y a aussi une autre technique qui permet d’être plus généraliste. Lisez les éditos. Tous les éditos que vous trouvez, lisez les. Comme ça, vous aurez un avis sur tous les sujets, un avis argumenté. Vous avez des faits, vous pouvez même avoir une citation classique, vous pouvez dire « René Aron avait une vision des relations internationales qui correspond tout à fait à ce que nous vivons aujourd’hui ». Evidemment, il faut bannir les phrases « je lisais l’autre jour l’édito de machin qui disait… ». Ok, lire les journaux, c’est bien, mais faire croire qu’on a eu ces pensées tout seul comme un grand, c’est quand même mieux. Il s’agit de briller par notre intelligence, pas par notre capacité à lire et retenir. Même si ce n’est pas donné à tout le monde.

Seulement voilà. Méfiez-vous des convives. Il y en aura toujours un pour faire du mauvais esprit du genre « la culture, c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale ». En l’occurrence, il a raison mais ça casse quand même notre belle image d’intellectuel qui sait tout sur tout. Pour peu que l’invité soit sadique, il va vous pousser dans vos derniers retranchement jusqu’à dévoiler votre inculture et là, l’éclat d’admiration disparaîtra au profit d’une moue de mépris.

Evidemment, certains diront que ce genre de stratagème n’a aucun intérêt et ne procure aucun plaisir si ce n’est que susciter de l’admiration chez des gens qui ne nous connaissent que de loin. C’est vrai. En fait, tout est question de choix entre l’être et le paraître. Personnellement, j’ai tendance à picorer les informations, à apprendre des choses de ci de là donc n’être spécialiste sur pas grand-chose. Même mes sujets de mémoire, depuis, il s’en est passé des choses. Parfois, il me vient une lubie et je me mets à lire tout ce que je trouve surnun sujet mais l’ambition n’est pas de l’étaler en soirée, c’est juste pour moi. D’ailleurs, ma lubie de la Table Ronde, j’ai jamais pu trop m’en servir, à part pour critiquer le mauvais film Lancelot avec Richard Gere. Mais ça, y a pas besoin de vraiment s’y connaitre. Je sais qu’on ne peut pas tout savoir sur tout et Dieu merci, on s’ennuierait ferme, sinon. Mais il est toujours bon de savoir des choses… Histoire de pouvoir contrer celui qui paraît brillant mais qui perd pied dès que la conversation s’évade vers des domaines qu’il ne maîtrise pas.

Marine teste pour vous : le thésard en sciences sociales

Par Marine

Qui dit TSS (Thésard en Sciences Sociales, donc) dit pauvre et savant. L’exact opposé du Golden Boy. Pourquoi en Sciences Sociales? Parce que… depuis quand les rats de laboratoire ont-ils une vie sexuelle? Non franchement, ça se saurait. (Pardon pour nos amis mathématiciens qui nous lisent, ils sont, j’en suis sûre, très nombreux, des bisous)
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La mise en bouche.
Le TSS étant un crevard, tu peux un peu le trouver n’importe où, et pas seulement aux soirées étudiantes (dieu merci). Alors : vernissage d’expo, magasin de fringues, resto japonais entre potes, pub, boîte, soirées privées chez des amis (le TSS est d’ailleurs un accessoire assez fréquent Golden Boy, en revanche, l’inverse est assez peu vérifié, allez savoir pourquoi), mais aussi train, aire d’autoroute, blogs, facebook, forêt, en train de nourrir des poules, et enfin l’inévitable bibliothèque. Pour ma part, j’ai rencontré mon TSS dans le 3e cas de figure, le resto (japonais).
Comment attirer l’attention du TSS sur toi? Très simple. Un peu comme le Golden Boy, il fonctionne au strass et paillettes, sauf que c’est pas le même strass, pas les mêmes paillettes. Pour lui, tu dois irradier d’intelligence, de bagout, de conversation (et même s’il te trouve conne, il te trouvera de la personnalité, c’est suffisant pour l’exciter). Quand il lance un sujet de conversation, rebondit, soit pour abonder dans son sens, le plus souvent, il sera flatté, soit pour creuser un peu, et ouvrir sur un autre sujet, qui te correspond mieux, dans lequel tu es plus spécialisée (même
si c’est les tarifs de la french manucure, l’essentiel est qu’il voie que tu es calée dans un domaine). Parfois, sois en désaccord, ça crée du débat, de la conversation. Une règle d’or, valable ici encore plus qu’avec tout le reste de la gent masculine : l’eye-contact. Le TSS est en général chaud bouillant comme une baraque à frites, il fonctionne à l’eye-contact, et n’attendra pas plus d’autres avances de ta part qu’il ne t’en fera. Si tout va bien, l’eye-contact sera suivi dès que vous serez suffisamment isolés d’un « mouth-contact », si vous me passez l’expression.

Les points positifs
– il a de la conversation, il a toujours une opinion sur tout. Quel que soit le sujet sur lequel tu l’entreprend, le TSS saura te répondre en réfléchissant et pas machinalement.
– il est curieux (franchement, sinon, il ferait pas une thèse), donc à l’écoute de tes attentes,
– il est cultivé, ce qui évite l’écueil fâcheux du « Kikoo » en début de mail, ou de la phrase choc de type « tu me fais chaviré, j’arêtes pas de pensé à toi ». En somme, il gère son orthographe, et peut même te parler de tel poème auquel tu lui fais penser plutôt qu’un baratin à deux balles pour te lever. Ce qui ne le rend pas vieux jeu pour autant, je rappelle qu’il est curieux, il est donc ouvert à toute proposition.
– c’est un super coup : honnêtement, il mène une vie d’étudiant alcoolique qui sort tout le temps, alors que tous ses amis sont déjà cadres, et tout le monde sait que dans ce milieu, faut coucher pour réussir… il a de la pratique. Et comme il est curieux, et qu’il apprend vite… je te laisse faire l’addition, ça vaut le détour. Et comme le TSS n’a pas forcément d’emploi du temps fixe, il n’a rien contre le concept de la journée au lit « repos-causette-baise », et contre l’idée de tester toutes les combinaisons possibles de cette trilogie (causette-repos-baise/baise-repos-causette/repos-baise-repos/baise-causette-baise/baise-baise-baise et j’en passe…)
– il mène une vie d’étudiant alcoolique depuis trop longtemps finalement : le cas échéant, il n’aura pas peur de l’engagement.

Les points négatifs
– il est pauvre. Il voudra bien  t’inviter, mais si c’est pas cher. Mais la plupart du temps, il te parlera amoureusement de Simone de Beauvoir, et vous partagerez l’addition. Ne t’attends pas à atterrir dans un palace quand il te dit « viens chez moi », tu navigueras entre les canettes de bière de ses colocs, la PS2 jonchée sur le sol (la Wii? ouais c’est cool, mais j ‘ai pas les moyens, je vais chez mon pote qui bosse dans la finance), les bouquins ouverts traînant un peu partout… Vous dormirez sur un matelas à même le sol. Mais les colocs sont pas chiants (eux-mêmes sont TSS)
des fois que tu sois un peu bruyante pendant l’acte.
– il est pauvre, et il vit au-dessus de ses moyens. Méfiance, les problèmes financiers, ça peut tuer un couple. Dès le début, mets les limites. Et puis le côté chien fou qui regarde pas plus loin que le bout de son nez, ça peut devenir lassant.
– s’il est thésard en sciences sociales, c’est qu’il est dépressif, d’une manière ou d’une autre. Il faut vouloir le partager avec sa psy, et accepter qu’une tierce personne lui permette de verbaliser votre histoire (en même temps, toi, tu as tes copines, alors bon)
– il a de la conversation mais il fait chieeeeer. Il a un avis sur tout, il a surtout un avis, comme dirait l’artiste. Parfois, ça peut confiner au mépris, si tu connais pas cette référence pourtant « juste évidente ». Franchement, il y a suffisamment de points d’achoppement dans un couple, ça fait un peu mal de trouver en plus à s’engueuler sur la place de la pensée bourdieusienne dans la gestion des rapports sociaux actuels. (en même temps, on peut reconnaître que  plus d’engueulades = plus de réconciliations = plus d’effusions de sentiments et plus de réconciliations
sur l’oreiller)

Le SAV 
Le TSS est un ex formidable, un des mieux sur le marché
– il n’a pas peur du « revenez-y » si jamais tu n’as personne et lui non plus… après faut savoir gérer, c’est sûr
– il n’est pas rancunier, et ne sera jamais (trop) fâché si tu lui envoies un mail d’insultes ou même ton poing dans la gueule (il ne sait que trop à quel point nos cultures occidentales post-modernes influent sur nos comportements sociaux)
– qui voudra toujours boire un café avec toi (du moment qu’additions séparées, ceci cela), te conseiller sur tes futures histoires de mecs (il demandera peut-être même conseil à sa psy pour toi), aller à une expo, ou à un concert. Bref, c’est comme le pote homo, sauf que là, c’est ton ex. Pour lui « on reste amis » signifie vraiment « on reste amis » et pas seulement « dégage poufiasse ».

Les petites annonces

En journalisme, des annonces, il y en a. Peu mais il y en a. La plupart sont regroupées sur le site www.categorynet.com, je vous invite à jeter un œil, si vous êtes curieux. Evidemment, chaque personne demande un profil précis et il est parfois difficile d’oser postuler à certains postes. Non parce que je connais mes compétences, je peux travailler dans pas mal de domaines, je me fous des horaires mais je parle pas russe, je suis pas handicapée, je n’ai pas 10 ans d’expérience, etc. Oui parce que des fois, y a des spécificités bizarres. Qu’on me demande de parler néerlandais quand je postule en Belgique, je peux comprendre. Mais que je parle russe pour un magazine de mode, un peu moins. 

Donc, pour trouver du boulot, répondre à une annonce peut être une bonne idée. Une entreprise qui vous indique gentiment qu’elle a besoin de vous, c’est pas tous les jours !
Bon, on regarde déjà la description du poste. Bon, je suis pas forcément hyper calée en économie (je le suis même pas du tout), je n’ai pas d’expérience en politique mais je tente quand même. Après tout, l’entreprise aura mon CV, on sait jamais, ça pourra toujours servir. Non parce qu’il m’est déjà arrivé d’être rappelée 4 mois après avoir envoyé un CV pour un autre poste. Maintenant, grâce aux mails, on peut en envoyer 150 de CV sans que ça nous coûte un sou, autant en profiter.  

Mais revenons à l’essence même de cet article, la réponse à une annonce. Je regarde les annonces et je regarde celles qui me correspondent à peu près. C’est à dire que si on exige
des langues que je ne parle vraiment pas ou des logiciels que je n’ai jamais vus de ma vie, je zappe. Parce que je suis peut-être pas bilingue en anglais ou italien mais je sais me débrouiller dans ces deux langues et ça revient très vite. Je suis pas un pro de Quark Xpress mais je l’ai déjà utilisé donc je peux me débrouiller dessus. Par contre, je parle pas portugais, russe ou espagnol, je ne connais pas In Design et je suis pas graphiste. Donc bon, faut quand même être raisonnable et ne pas envoyer son CV vraiment n’importe où parce que, du coup, ça peut donner l’impression que j’ai même pas lu leur annonce et que j’ai sauté sur leur mail sans réfléchir.  

Bon, par contre, si je corresponds à peu près, je saute sur l’occasion. Etape 1 : copier le mail. Etape 2 : aller sur ma boîte mail spéciale recherche d’emploi (oui, j’en ai une), prends ma lettre de motivation type et je personnalise. Si je sais à quelle boîte je m’adresse (ce n’est, hélas, pas toujours le cas), je leur fais un peu de lèche, comme expliqué dans
mon article sur les lettres de motivation. Ça montre aussi que j’envoie pas toujours le même courrier quand je postule, ça ne fait pas très sérieux sinon. Donc je parle d’eux, je dis où j’ai trouvé leur annonce. Après le paragraphe classique « ma formation, mon expérience », je mets en lumière les compétences qu’ils exigent, je pousse même le vice à leur proposer quelques articles… Après tout, ne lésinons pas sur les moyens, on postule pour un job, pas pour un jeu concours. 

Je clique sur envoi. Première étape terminée. Là, vous avez plusieurs possibilités :

– vous ne connaissez pas l’entreprise pour laquelle vous avez postulé car il n’y avait aucune précision à ce sujet. Donc une fois le CV envoyé, c’est terminé, on attend la réponse,
si réponse il doit y avoir.

– vous avez le nom de l’entreprise mais vous recevez une réponse automatique « on a bien reçu votre CV, surtout, ne rappelez pas ». On obéit ou pas ? Perso, j’ai tendance à pas rappeler dans ce cas-là parce que, de toute façon, vous n’arriverez jamais à avoir la bonne personne au bout du fil.

– vous avez le nom de l’entreprise, le numéro et aucune consigne au sujet du rappel. Ben, tant qu’à faire… 

Parce que, sachez-le, pour 10 CV envoyés, si on a une réponse (même négative), c’est le bout du monde. Je me demandais pourquoi, y voyant un mépris manifeste pour les pauvres
candidats mais en fait, j’ai eu un élément de réponse quand j’ai passé l’entretien y a trois semaines : c’est parce que seules les premières candidatures sont examinées, les autres partent au panier. Parce que je suis pas la seule à connaître categorynet : dès qu’une annonce y passe, vous pouvez être sûrs que le recruteur reçoit une centaine de CVs dans la journée. Du coup, je suis sur les dents, je réponds dès qu’une me correspond… même le dimanche !

Bienvenue en Chômagie

(je débute une série sur le chômage, c’est-à-dire que je recycle de vieux articles écrits pour un autre blog aujourd’hui mort et je complète la série. Mais rassurez
vous, j’ai pas été virée !)

C’est l’histoire d’une fille, moi, qui avait tout prévu dans la vie : elle aurait de bonnes notes, étudierait à la fac, décrocherait des diplômes et aurait un emploi. Tout se déroulait comme prévu jusqu’à la partie emploi. Cette histoire est la mienne mais elle n’a rien d’extraordinaire, elle est même d’une banalité affligeante pour pas mal d’entre nous. Petits, on nous disait « travaille bien à l’école, c’est important », c’est fait. « Passe ton bac et décroche une mention, c’est important », c’est fait. « Les diplômes, c’est essentiel dans la vie ». J’ai deux maîtrises et un master professionnel. « Pars à Paris, c’est là-bas que ça se passe ! », c’est fait. Et pourtant, malgré mes diplômes (avec mention, je croyais que ça avait une importance, avant), mon déménagement, mes stages, mon pres book… La terrible vérité fond sur moi : me voici au chômage. Citoyenne de la chômagie, le pays où personne ne veut aller alors que nous sommes à peu près 2 millions à y résider (juste à l’échelle française), selon les chiffres officiels. Enfin, on dit pas chômeur, on dit chercheur d’emploi, c’est plus encourageant, moins dégradant.
 

On apprend toujours du regard des autres. Quand vous êtes étudiants (en bac++ sinon, ça ne marche pas), on vous regarde avec une certaine admiration. Quand vous dites que vous êtes chômeur, on vous regarde avec un regard soit compatissant, soit méprisant, voire les deux. Oui, ce n’est pas glamour, je sais, mais je fais ce que je peux pour m’en sortir, quoi qu’on en dise. Dans l’esprit collectif, on a vite fait d’associer chômeur (aka celui qui fout rien) et parasite. Je pense que ces gens là n’ont jamais vécu au RMI. Car qui veut vivre avec moins de 500 euros par mois ? Ca ne s’appelle pas vivre mais survivre, surtout dans la capitale. D’ailleurs, ça ne paie même pas mon loyer. Souvent, le chômeur est vite coupable : s’il ne travaille pas, c’est qu’il ne cherche pas. Il est bien connu que l’envoi d’une demi douzaine de CV engendre automatiquement un emploi, c’est Harry Potter à l’ANPE. Si je me penche sur mon cas personnel, l’équation
est la suivante : plusieurs centaines de CV envoyés (candidatures spontanées et réponses aux annonces) = une demi-douzaine d’entretiens = in fine un emploi. Oui car pour moi, l’histoire finit bien, je ne dirais pas par chance car ce n’est que l’aboutissement de ma recherche. Ceci étant, il ne faut pas nier non plus qu’il existe une part de chance parce que quand une centaine de candidats envoient un CV pour un même poste, il faut pas se leurrer, les 100 CV ne seront pas consultés, les premiers arrivés seront les premiers servis.

Etre au chômage est un emploi à plein temps car il y a beaucoup de choses à faire. Et c’est souvent dur de sentir la suspicion de ceux qui ne savent pas, qui n’ont jamais vécu en Chômagie : « tu envoies des CV ? ». Non, j’attends que l’employeur vienne sonner à ma porte, j’ai écrit en gros dessus « jeune femme au chômage cherche emploi ». Les « tu as envoyé un CV là ? », aussi, qui partent d’une bonne intention mais qui, au final, sont agaçants. Je passe mes journées à envoyer des CV là, puis là et là aussi, même là où les chances d’être prises sont infimes, voire inexistantes. Parce que « on ne sait jamais ». Etre au chômage, ce n’est pas juste passer ses journées à dormir et à faire du sudoku. Il y a beaucoup de choses à faire et j’en parlerai dans les prochains articles. Curieusement, j’ai parfois l’impression que le chômage est un tabou qu’on évoque peu en dehors des chiffres, telle une maladie. On dit « mon fils est au chômage » limite comme on dirait qu’il a le sida. Pourtant, 2 millions de chômeurs, ce n’est pas rien, qu’en est-il de leur vie quotidienne ? Sans
tomber dans le misérabilisme ou la complainte, en parler ne fera de mal à personne.

Tu me sers de la soupe dans laquelle je viens de cracher ?

Rumeurs dans la ville la semaine dernière ! Benjamin Biolay ferait partie du jury de la Star Academy. Invité sur le plateau de Pif Paf sur Paris Première, il ne confirme ni ne dément. Isabelle Morin-Dubosc confirme le « scoop » une fois le chanteur parti : « C’est sûr, la preuve : lui qui manie jamais la langue de bois, là, il nous l’a servie ! ».

Mardi soir, je regarde pas la Star Ac mais je vérifie quand même sur yahoo ! le lendemain : hé oui, Benjamin Biolay est bien jury. Et là, je me marre. Je m’explique. Je ne suis pas fan de Benjamin Biolay, je n’ai pas trop d’avis sur lui mais je le trouve un peu trop « la musique française, c’est que de la merde sauf moi ». Musicalement, je connais pas. Si, le jardin d’hiver d’Henri Salvador que je trouve chiante comme la pluie et la ceinture d’Elodie Frégé que j’aime bien. En septembre, Benjamin « j’ai-pas-ma-langue-dans-ma-poche-puisque-j’y-ai-déjà-ma-tune » (© Yojik) tirait à vue sur la variété française, expliquant notamment qu’il avait accepté de faire l’album pour Elodie Frégé pour la tune parce qu’il méprise ces émissions de télé réalité même si Elodie, elle, est sympa. Alors bon, qu’il compose un album, son métier, pour une jeune chanteuse issue d’une émission de téléréalité, c’est une chose. Faire le guignol à la télé parce qu’on est compositeur donc on peut juger des petits gamins pour la modique somme de beaucoup d’euros en est une autre.

Je parle de Benjamin Biolay mais ce n’est pas le seul à manger la soupe dans laquelle il a craché avant. Je me pose souvent la question de la droiture et de l’honnêteté intellectuelle. A sa place, aurais-je dit non alors que de l’argent, c’est de l’argent et que ça va me permettre de vendre mon CD en m’offrant une promo d’enfer ? Certains artistes ont toujours refusé d’aller à la Star Ac, c’est le cas de Zazie, notamment donc c’est possible de ne pas vendre son âme au diable et vendre des CDs quand même. Je peux concevoir que certains
chanteurs trouvent bien le concept de la Star Ac, après tout, pourquoi pas. Mais quand on a craché dessus avant, ce n’est pas cohérent. L’argent achète-t-il tout ?

Evidemment, il faut se poser une autre question : est-on prêt à tout pour faire une promo ? Genre tirer à vue sur la variété française pour choper la Une de Technikart avec plein de belles phrases choc et de l’autre côté, participer à la promo d’une émission dont on a dit énormément de mal pour avoir une visibilité supplémentaire. Au fond, c’est compréhensible mais tellement classique, Bien sur, certains me feront remarquer qu’on peut changer d’avis et que peut-être que Biolay s’est finalement rendu compte des « qualités » d’une émission de
la Star Ac. Ben ouais, on peut changer d’avis en une minuscule poignée de mois, après tout. Mouais, mouais, mouais…  C’est vrai que du coup, son image d’artiste rebelle à part dans la chanson française qui se veut anti commercial et tout, c’est complètement raté. Je me demande si le calcul est le bon. Alors oui, Ben, il va gagner sans doute plein de fans de 15-25 ans midinettes ou midinets qui vont venir crier à tous ses concerts, cool. Sauf que ce n’est pas sa cible, à Ben, on s’en doute. Du coup, je me pose la question : à force de dire blanc pour
faire noir, de brouiller les pistes, de manger à tous les rateliers, on perd non seulement sa crédibilité mais aussi ses fans de base. Parce que les ados qui matent la Star Ac, on sait très bien qu’ils sont versatiles donc ouais, possible que son dernier album soit un carton, mais le suivant ?

 

Bref, erreur marketing ou coup de génie, je suis pas sûre, pour moi, c’est casse gueule. Certains commencent déjà à délirer « ouais mais qui dit qu’en son temps, Gainsbourg n’aurait pas fait la Star Ac, aussi ? ». Moi je dis que c’est pas le sujet, laissons Gainsbourg où il est. Je pense juste qu’à un moment, on a le choix entre plein de fric et rester en accord avec ce qu’on dit (même pas ce qu’on pense, hein, ce qu’on dit). Biolay a fait son choix. Dommage, il était remonté dans mon estime avec son interview, là, il redescend très bas. Surtout
que maintenant, je le soupçonne d’avoir fait son interview snipper juste pour faire parler de lui. D’ailleurs, sur le plateau de Pif Paf, il est revenu sur ses déclarations « mais non, j’ai jamais dit que Zazie nuisait à la musique française, pas du tout, ce sont les journalistes qui ont écrit ça comme ça. Par contre, Bénabar, c’est de la merde ». Ahlala, c’est fou ce qu’on peut vite retourner sa veste. Au moins, avec son salaire, il aura les moyens de s’acheter du shampoing.