Arrête de hater

Hater, néologisme issu du verbe « hate » en anglais, à ne pas confondre avec hâter, qui n’a rien à voir. Donc « hater », de l’anglais « hate », activité favorité de la plupart des Twitterers. Et ils commencent à sacrément me fatiguer.

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Puisqu’on est en pleine période de bonnes résolutions, j’ai envie de t’en proposer une, à toi, Internaute qui crache ton fiel plus vite que ton ombre. Je te vois surtout sur Twitter, parfois sur Facebook, plus rarement sur les blogs : parce que bon, tu aimes bien cracher à la gueule des gens mais pas trop qu’ils le sachent quand même. Le courage a ses limites.
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Donc tu détestes, tu appliques à la lettre le « haters gonna hate ». Tu ris de tout, tant que ça te permet de cracher ton fiel. L’accident de train près de St Jacques de Compostelle t’a fait hurler de rire parce que bien fait pour ces connards de cathos avec leur Manif pour tous. L’incendie de Ladurée était fort marrant parce que ça fait chier les blogueuses mode, hihi ahah. A propos de blogueuse mode, elles concentrent sur leur pauvre tête la haine de tas d’autres blogueurs et surtout blogueuses. Ca vire à l’hystérie collective, franchement. Dernièrement, j’ai découvert la haine violente que plein de filles éprouvent pour une dénommée Valentine. Alors la demoiselle semble spéciale, à ce que j’en sais, mais de là à lui cracher à la gueule tous les jours ou presque et aller la traquer jusque sur Air BnB, pardon les filles mais faut vraiment voir à aller se faire soigner. On dirait les associaux du lycée aux cheveux gras qui fument des clopes roulées en se croyant les rois du monde et qui ricanent des populaires. Non mais faut arrêter de croire que c’est cool… Drazic est un mythe, ce mec n’existe pas en vrai !
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Bref, sur Twitter, on aime tout dégommer, surtout ce qui est à la mode. Stromae qu’on adulait hier semble devenu le nouveau paria, les films, les livres, les acteurs, ta famille, ton voisin, Noël… Je comprends la vertu purgative du râlage, je le pratique ardemment. Mais une fois avoir craché un bon coup ma déception d’un film/livre/whatever, je passe à autre chose. Je ne balance pas mon cynisme prémâché sur tous les sujets que je vois passer, je ne lis pas avec avidité les blogueurs que j’aime pas juste pour me foutre de leur gueule avec mes copines virtuelles. Mais bon, ma vie est remplie, j’ai déjà plus le temps de lire les blogs que j’aime alors le reste…

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Alors, moi, j’aimerais qu’en 2014, on arrête de hater gratos, qu’on se pose la légitimité du tweet qu’on va poster. Etre toujours dans le rejet perpétuel, est-ce réellement une bonne chose ? Naaaaaan. En un, partager des choses qui me paraissent intéressantes rendra le monde meilleur. J’aime aller sur Twitter pour lire des articles qui peuvent m’apporter une connaissance, une distraction, papoter un peu avec mes coupains et coupines. Non mais c’est vrai, je décide de faire une petite pause procrastination et me voilà trouvée en plein bain acide qui me rongent mon estomac qui ne se porte déjà pas le mieux du monde. Pourquoi vous me faites ça ? Vous voulez pas un peu balancer des coeurs et des câlins pour changer ? Et puis en 2, être aigri comme ça, c’est pas bon. Ca vous brouille le teint, ça vous carbonise l’estomac. Alors, en 2014, offrez-vous une vie plus belle : effacez ces blogs que vous détestez de vos flux RSS (oui, je sais que vous vous êtes abonné juste pour cracher votre venin : pa-thé-ti-que), râlez intelligemment mais pas systématiquement (sans quoi, vos avis négatifs ne vaudront pas tripette), diffusez les articles intéressants et pas les mauvais dont vous avez envie de vous moquer.

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Parce que, comme je dis toujours, l’anticonformisme n’est qu’un autre conformisme et vous vous y vautrez avec tellement de facilité que ça me fatigue légèrement.

Va te laver le clavier avec du savon, chenapan !

J’ai beau être sur le net depuis une éternité (10 ans, en fait… Ca ne nous rajeunit pas), je reste effrayée par la violence de certains propos. Hier, j’ai eu la tâche merveilleuse de modérer quelques commentaires sur le site people, ce qui donnait à propos de Rihanna « crève sale pute, je te déteste », à propos d’Angelina Jolie : « el n’a rien a envier a angeline el n’et pa jalouse d’elle car avec sa grosse bouche de suceuse on a rien a lui en envier » (c’est un copier/coller), à propos de Paris Hilton « elle peut bin crever jen ai rien a foutre de cette connasse gatée » ou à notre encontre : « prenez vos pochez pleines de fric et allez sucer paris hilton pédés de bourges ». Un must, celui là.

Bref, quand je lis ça, j’ai envie de demander à la personne qui s’est sentie obligée de se lancer dans un tel déluge d’agressivité si elle a pris ses petites pilules. Non parce que des commentaires modérés, là, y en a 12 pages, à  raison de 20 par pages et ils ne restent sur la plateforme de modération que pendant 48h. Alors autant vous dire que je ne découvre pas seulement aujourd’hui la violence sur Internet, l’anonymat donne des ailes mais je ne cesse de m’interroger… Je vous ai déjà parlé des trolls, j’en ai mangé quelques uns comme tout le monde et c’est justement là le souci « comme tout le monde ». Qu’est-ce qu’il se passe dans la tête d’une personne pour que soudain, elle crache un tel fiel ? Encore, ce serait un mail contre un service qui ne fonctionne pas ou autre, je pourrais à la limite (mais extrême limite) comprendre mais là ? Rihanna, Paris et Angelina ne viendront jamais lire le site et surtout pas les commentaires si poétiques. De toute façon, même si elles parlent français, faudrait qu’elle comprenne cette langue étrange qu’est l’illettré de base, je ne suis pas convaincue.


Alors évidemment, à choisir, il vaut mieux qu’ils se défoulent sur Rihanna que sur leur petite sœur, par exemple. Mais cette violence quotidienne finit par me choquer. S’il n’y en avait qu’un d’excité, je dis pas mais là, on dépasse le phénomène marginal pour s’installer dans une habitude, quand même. Et il n’y a pas d’âge particulier. Si, effectivement, sur le site people, on est plus dans le 16-25, si on sort de cet exemple précis, on voit que c’est à tous les âges que ça s’exprime en insultes. Souvenons nous de feu l’émission de
Courbet où les voisins se traitaient de pédés, de cons, d’impuissants, cocus…Bon, là, à la limite, ils ne se supportent plus, on peut un peu plus comprendre les insultes. Mais force est de constater que les insultes gratuites font partie de notre quotidien. Et même si je suis tentée de penser que c’est l’arme des faibles (typiquement, les gens qui me disent que je suis conne en comm sans pour autant m’expliquer en quoi je le suis), j’y ai parfois recours. Jamais en premier mais en défense. Typiquement quand on me cherche dans la rue, je réponds par un « qu’est-ce que t’as, connard (ou connasse) », ce qui arrive assez rarement vu que dans la rue, je suis là sans vraiment y être. En général, mon insulte préférée, c’est « pauvre type », balancé avec dégoût. Oui, je sais, c’est pas super méchant mais tout est dans le mépris.


Bref, tout ça pour dire que je n’aime pas constater cette violence vraiment gratuite (et somme toute inutile) et que j’aurais bien envie de leur laver la bouche avec du savon pour leur passer l’envie de parler comme ça. Parce que ce sont les mêmes qui traitent une fille de sale pute dans la rue car elle ne se retourne pas à leurs sifflets, par exemple. Une sale habitude, en somme. Mais je dis ça, je ne vois pas bien la solution. Mais n’est-ce pas finalement un symptome d’un mal plus profond qui serait une incapacité chronique que nous avons
tous à vivre en société au-delà d’un certain seuil ? En gros, ne se défoule-t-on pas sur Rihanna, Paris Hilton, un blogueur ou que sais-je encore pour vider notre sac et rester plus sociable et doux avec nos amis, famille, collègues ? Finalement, est-ce un mal pour un bien ou celui qui traite Rihanna de pute parle ainsi à tout le monde ?

Heu… Je sais pas !

Sinon, rien à voir du tout mais je te colle ici une pétition qui me tient à cœur. Milan Presse qui édite des magazines pour la jeunesse est actuellement en difficultés financières et risque de disparaître. Si je ne travaille pas (et n’ai jamais travaillé même si j’ai failli y faire un stage qui m’aurait beaucoup plu en plus mais les dates ne collaient pas), je trouve qu’il est important de signer la pétition pour garantir une diversité dans les titres, d’autant que Milan propose des magazines vraiment bien. Tu lisais Toboggan petit ? Ben, c’est eux (entre autres mais Toboggan, je les piquais à ma sœur, je me souviens). Et de façon plus personnelle, c’est à Toulouse. Et de façon encore plus personnelle, mon cousin que j’adore y travaille. Alors on clique !

 

Le collectif « tous des connards »

L’autre jour, Mister Big a dit dans son article : « vu la propension de murs qui affleurent en ce moment, vous êtes en droit de vous dire qu’en automne, saison déjà propice à la déprime, les Vingtenaires vont tous passer du côté sombre… Genre « je crois plus à la vie, j’en ai marre… tous des connards, etc etc… ». ». Je profite de l’occasion pour présenter notre collectif « tous des connards. »

connards

Bon, vous lisez un peu notre vie, quand même et vous avez pu remarquer qu’on a pris quelques murs (oui, on est monomaniaques, et alors !). Et y a des fois où le nez pété sur le mur, on le prend mal et là, le collectif entre en jeu. De quoi s’agit-il ? On se réunit en groupe, le blessé énumère un peu ses malheurs et les autres répondent : « TOUS DES CONNARDS ! ». Petite mise en situation :

« Putain, il m’a pas rappelé alors qu’il devait le faire

– TOUS DES CONNARDS !
– Il a couché avec un(e) autre
– TOUS DES CONNARDS !

– Il a pas voulu me payer la super robe de mes rêves pour la modique somme de 249 euros

– TOUS DES CONNARDS ! »
 

Bon, ok, le dernier exemple, c’était pour rigoler. Je te vois venir lecteur, surtout si tu es pénissalement équipé : c’est stérile, gratuit et débile. Oui et alors ? Quand on a le cœur en miettes, on s’en fout de la finesse. Quand on est malheureux, ça soulage un peu de voir qu’on est pas les seuls à souffrir ou à avoir souffert à cause d’un homme. Et de se sentir soutenu, surtout. Non parce que dans l’optique de « tous des connards », ça prouve que c’est pas moi, spécialement, qui les attire, on tombe tous sur des connards à un moment ou à un autre. Et puis d’abord, tous des connards ! Oui parce que quand on est triste, on a tendance à mettre tous les mecs dans le même panier. Même si au fond, on ne le pense pas. Mais, franchement, lecteur, quand tu te prends un mur, tu débordes d’amour pour la terre entière, toi ? Ben nous non plus !

Bref, on en revient un peu au principe de solidarité féminine (mais ça marche aussi avec les pédés vu qu’ils sortent avec des hommes aussi). Par exemple, lors du dernier vent que j’ai pris, j’ai retrouvé Tatiana au Cour St Emilion et devant mon browniccino (faut que j’arrête de manger des trucs pareils sinon je vais augmenter les risques de me prendre des vents) et là, quelques uns ont été rhabillés pour l’hiver. D’abord, il l’a dit lui-même dans son mail « oui, je sais, tous des connards  » (ah ben si tu le dis tout seul, il sert à quoi le collectif??). Bon, j’ai quand même eu la classe de faire preuve de discernement mais c’est con comme ça fait du bien de cracher son fiel, un peu, de se dire « non mais tous les mêmes, ils font les quéqués mais ils ont des tous petits zizis, ils assument pas après ! ». Là, on comprend qu’on a été trop naïve de le croire, ce bâtard de sa mère (on est énervées, on vous dit !). Quelle lucidité tout à coup, on lit soudain en les hommes comme dans un livre ouvert. Eux, ce qui leur plaît, c’est le jeu de séduction et une fois qu’ils ont eu ce qu’ils voulaient, ciao ! Et puis d’abord, forcément qu’il y avait anguille sous roche, tous des connards on vous dit ! On s’improvise psy pour hétéros dotés d’un pénis, on cherches les pourquoi des comment puis on soupire : merde quoi, on est des filles biens, pourquoi on est célibataire ? Non parce que Pauline qu’est conne, vulgaire et même pas belle, elle a un mec, elle… Ah oui, il faut savoir que quand on est en phase « tous des connards », on se défoule tellement qu’il peut y avoir des dommages collatéraux. Bref, même s’ils sont pas tous comme ça, ça fait rire d’être bêtement misandre, comme ça, de sortir des considérations générales à la con sur le mal(e), de se dire qu’on est trop bien pour eux, de toute façon. De déclarer qu’on ferait mieux de devenir lesbienne ou nonne avant de dire : « Ouais, mais non… J’aime pas les filles et je crois pas en Dieu. ».
 

Parce qu’on a beau dire, les mecs, c’est comme une drogue : on a beau dire qu’on arrête, on le fait jamais, il suffit qu’un beau brun passe et hop, on disait quoi, déjà ? Tous des connards… Et tu crois qu’il est célibataire ? Après tout, c’est pas parce que le précédent était un connard que le suivant va l’être… Si ? Non ? Bah, de toute façon, au pire, on retrouvera notre collectif préféré pour nous remonter le moral !

 

Bon, la prochaine fois, dans un souci d’équité et pour ménager la susceptibilité de mes lecteurs pénissalement équipés que j’adore (surtout s’ils sont bruns, entre 1m70 et 80, mal rasés, célibataires, avec un beau petit cul, intelligents, raffinés, peut-être avec des lunettes, des beaux yeux, un beau sourire et s’ils m’envoient un mail pour me proposer de m’aimer au minimum toute une nuit), je vous parlerai du collectif toutes des salopes.


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J’ai le melon

Par Gauthier
Comme vous le savez peut-être, ou peut-être pas, je ne suis pas un modèle de modestie, ni d’humilité, et encore moins de compassion. Bref mes amis les plus proches peuvent vous le dire, je suis plutôt puant comme mec quand je m’y mets. Alors forcément comme je suis bien élevé, je fais des efforts pour « bien passer » en société. Je ne peux pas décemment cracher mon fiel ou me mettre en avant 24/24h 7/7j, sinon je serais bien seul.
 
Oui parce que comme tout spécimen d’homo insupportabilus (Mister Big, si tu nous regardes, des fleurs…), je suis aussi hyper sociable, j’ai besoin d’avoir un milliard d’amis, d’être complètement overbooké, bref ça me permet de me sentir encore plus important.
 
Pourquoi je vous parle de ça aujourd’hui ? Parce que j’ai atteint des sommets ces derniers temps. Oui j’ai une chance insolente, tout me réussit, ça en devient indécent. Par où commencer ?
 
Vous le savez sûrement, mais je suis encore étudiant, et je passe beaucoup de temps à sortir, à baiser, bref à m’amuser. Mais j’ai quand même validé mon semestre avec brio (j’ai loupé la mention, mais comme la moitié de la promo s’est fait recaler, ben ça donne de la valeur à mes notes). En plus, pour la petite histoire, quand je me suis retrouvé devant ma feuille d’examen j’ai été super déçu par les sujets. Je suis en bac + 5, le minimum c’est, à mon avis, de vérifier si l’on sait réfléchir, analyser, synthétiser, bref si on a un cerveau suffisamment développé pour devenir des cadres supérieurs. Perso j’attache très peu d’importance et de crédit aux gens qui sont capables d’apprendre par cœur et de le recracher pendant un examens. Ça va, on est plus au lycée. Ben nos profs nous ont simplement demandé de recracher le cours, du par cœur, à la virgule près. Le truc bête et méchant, n’importe quel couillon avec un QI suffisamment élevé pour pouvoir nouer ses lacets tout seul est capable d’apprendre par cœur et de réciter. Donc au lieu de passer 3h dans la salle pour chaque examen, j’y suis resté entre 1h30 et 1h45, juste le temps de remplir deux copies doubles, c’est quand même très scolaire tout ça… Donc le fait que tous ceux qui sont recalés sont resté les 3h à se prendre la tête sur des sujets niveau bac (pour moi) ben ça me regonfle encore plus le melon démesuré qui me sert de boite à cerveau ces temps-ci.
 
Parlons du reste. Je suis dans un master professionnel, il me faut donc un stage pour valider mon année. Je suis quelqu’un de très pragmatique quand il le faut. Donc ma recherche de stage, ça donnait à peu près ça : « bon ça c’est bien, mais tu seras jamais pris ! ça aussi c’est génial, mais tu n’as pas le niveau ! oh là ! alors celui-là il est parfait, mais il y a 700 candidatures, comment peux-tu être pris ? tient, je vais postuler là, c’est nul, je devrais y arriver ! ». Donc j’envoie mes dossiers de candidature, je fais un beau CV, de belles lettres, je mets une belle photo de moi, bref je fais les choses bien. Et puis je me dis « et merde, après tout, ça te coûte qu’un timbre, postule pour le stage parfait où il y a 700 candidats pour un poste, on sait jamais ». Eheheheheh, donc je peux officiellement l’annoncer, j’ai un stage, et lequel à votre avis ? Ben oui mesdames z’et messieurs, j’ai écrasé 700 personnes pour l’avoir : JE SUIS TROP FORT ! Bon par contre j’en ai presque pleuré, et j’ai pas encore tout à fait réaliser, mais bon le fait est que je vais faire un stage de la mort qui tue. J’aimerais bien vous expliquer, mais sous couvert de préserver un semblant de vie privée et d’anonymat, je ne peux pas. Et en plus j’ai pas le droit de parler de ce que je vais faire (les plus perspicaces aurons sûrement une piste avec ce que je viens de dire). Donc on refout une couche au melon, là c’est officiel, je passe plus les portes…
 
À cela s’ajoute ma vie sexuelle, tout le monde a pu lire mon précédent article, mais si… Celui où j’explique que j’ai enculé un futur mannequin américain, qui m’a hurlé du « Djisseus Kraïste » toute la nuit !!!!! Donc oui j’avoue, je me tape des bombes, des mecs à vous faire vous dévisser la tête quand vous les croisez dans la rue. Le genre de mec qu’on voit dans un magazine, et on se dit « mais ça n’existe pas des mecs comme ça, regarde-le, il est trop beau !!! ». Ben si mesdames z’et messieurs, ça existe, et je dois même avouer quelque chose, il est très gentil, et il me fait des compliments par rafales. Moi là c’est officiel, j’en peux plus, c’est plus un melon que j’ai, c’est une mongolfière. Je suis tellement gonflé que je touche plus terre…
 
Donc pour revenir au problème de base, je suis puant. Je dénigre et je critique. Je me sens largement supérieur. En même temps, c’est pas ma faute, les gens sont médiocres, et ils se complaisent dans leur médiocrité. C’est affligeant. Vous aussi je suis sûr que vous savez de quoi je parle. Je suis en plus de tout, mais en fait ça va ensemble, complètement élitiste. Regardez derrière vous, et repensez à vos camarades de collège ou de lycée. Je suis sûr que vous ne voyez plus 95% des gens que vous fréquentiez à l’époque. Là vous en recroisez un/une par hasard dans une soirée. Ça fait super plaisir ce genre de truc, perso suis toujours super content de les recroiser, bref. Donc vous commencez à papoter, et ça donne quelque chose comme ça :
– Alors tu fais quoi de ta vie ?
– Je suis en Science po, je vis à Paris, et je suis gay et toi ?
_ J’ai arrêté en première, je me suis marié avec Marc, on a deux gosses, je suis caissière à Ecomarché, et je fais construire ma maison à côté de celle de mes parents.
– …
Comment peut-on ???? Cet exemple est tiré d’une histoire vraie, et la fille a rajouté « putain je suis bien contente de te revoir, c’est tous des ploucs au village, je les supporte plus, il faut trop que tu viennes boire le café » Et toi t’es quoi ? T’es pas la reine des ploucs peut-être ??? Je rêve… Ma meilleure amie au lycée, enfin mes trois meilleurs amis au lycée sont dans cette situation : bac – 2, marié, presque des enfants, travaillant pour le smic, et super heureux ! Moi je ne comprends pas… Alors je ne choisis pas mes fréquentations selon leurs diplômes, ni leur culture, mais il faut bien avouer que s’ils sont incapables de tenir une conversation je ne vais pas les voir souvent et ils ne deviendront jamais des amis. J’ai essayé de passer outre ça, et ça donne des situations super compliquées, où à la fin on se dispute façon « j’ai 12 ans, t’es plus ma copine, je vais te pourrir ta vie, bouh vilaine ». Perso je trouve ça fatigant à mon âge d’avoir encore ce genre de relations humaines.
 
Donc oui je suis puant, élitiste, et j’ai un melon inimaginable. Et alors ??? Je n’oblige personne à me supporter. Et le plus fort c’est qu’apparemment c’est ce qui me rend si attractif quand on me rencontre. Parce que je suis la personne avec qui tu vas pouvoir t’isoler dans un cocktail pour dire du mal de l’ensemble de la salle. Et ça, c’est pas complètement jouissif ? Pour une plus ample compréhension du phénomène « langue de pute », reportez vous à l’article de Nina. Bref j’assume complètement mes défauts, j’en fais même des qualités. C’est normal, je suis tellement intelligent !!!!

Pékin Express

Lecteur, tu me connais, tu sais que je n’aime pas la téléréalité. Lecteur, tu le sais, je suis vilainement critique et, au fond, je crois que tu m’aimes comme ça. Mais pour une fois, aujourd’hui, je vais être toute douce et toute mesurée. Ce doit être le printemps qui arrive, je suppose !
 
Pendant les vacances de Noël, je suis chez mes parents, ce qui veut dire que j’ai un journal télé à disposition (ce qui n’est pas du tout le cas à Paris). En feuilletant, je regarde un peu les nouveautés de 2006 et je vois une émission sur la 6, « Pékin Express ». Comme une conne, j’imagine un documentaire genre « des trains pas comme les autres », mes yeux brillent en imaginant des émissions sur la Russie, l’Asie centrale et la Chine (oui, moi, partout où je ne vis pas, ça me fait rêver). Bon, raté, le résumé explique qu’il s’agit d’une nouvelle émission de télé réalité : plusieurs équipes doivent faire un Paris-Pékin avec un euro par jour. Ok, je catalogue ça dans la rubrique : « émissions à la con » et j’oublie.
 
Un dimanche après-midi. Je m’emmerde et j’ai plus la freebox. J’essaie de voir ce qu’il y a à la télé. Sur la Une, « sept à huit », dit aussi « on fait du voyeurisme malsain en appelant ça du journalisme ». Sur la deux, Drucker : ayant moins de 73 ans, y a pas moyen. Sur la 3, les infos, non, pas envie. Sur la 4, les dessins animés, sur la 5, des infos, sur la 6, Pékin Express. Bon, ben tiens, je vais regarder, je vais pouvoir cracher mon fiel dessus. Et voilà comment, comme une conne, je me suis faite attraper comme un papillon dans une toile d’araignée.
 
En gros, à chaque émission, il y a deux étapes : une intermédiaire avec une épreuve d’immunité qui permet à une équipe de ne pas être éliminée quoi qu’il arrive sur le parcours du jour, l’autre qui est l’arrivée : le dernier duo arrivé est donc éliminé. Les équipes marchent en duo : amis, frères, parents, enfants, couples… Bon, bref, chacun a sa petite histoire, peu importe. Forcément, au début, je ne comprends pas trop qui est qui, j’ai un peu de mal à identifier les candidats et je soupire : ouais, c’est Koh Lanta en Russie, quoi. Mais finalement, je trouve certains candidats attachants et je suis plus ou moins le jeu (oui, enfin, si je rate un épisode, j’en meurs pas non plus). Et voilà qu’à chaque cérémonie de fin d’épreuve, quand on sait quelle équipe va être éliminée, j’ai peur pour mes chouchous ! Qui sont-ils ? Y a d’abord Nancy et Nicolas, un couple tout mignon, tout sympa, qui ne fait pas de vagues. Puis y a Nina et Daisy, surtout Daisy d’ailleurs : cette fille a une bouille fantastique, le genre de fille dont on a spontanément envie d’être amie. A un moment, les deux filles trouvent un chaton trop mignon qu’elles adoptent pour la nuit, elles l’abandonnent à une étape et elles sont au bord des larmes. En même temps, je pense qu’elles ont signé l’arrêt de mort du chaton en le prenant à sa mère et en l’abandonnant là mais je les ai trouvées toutes touchantes. Après, j’aime bien Fathi et Medhi, surtout ce dernier que je trouve bien miam miam (à moins que je me plante dans les prénoms…). Sinon, les autres, j’ai du mal à les identifier, sauf le couple extra bourge de St Trop que tout le monde semble détester. Faut dire que le mec, il a vraiment une gueule à conduire une décapotable sur le port et de jouer le mafieux dans Sous le Soleil. En même temps, j’ai l’impression qu’ils sont tous un peu mafieux dans Sous le Soleil…
 
Dimanche, Nicolas et Nancy ont failli être éliminée et comme une conne, j’ai eu peur pour eux, j’ai été soulagée de voir que c’était un couple plus âgé qui était éliminé. Bon, voilà, je suis officiellement cette émission et je suis à fond pour mes chouchous.
 
Bon, évidemment, c’est de la télé réalité, on insiste (trop) sur les bisbilles entre candidat, genre le jeune Corse qui s’engueule avec les Tropéziens, les larmes des candidats épuisés, ça, ça me gonfle un peu. Mais mon principal regret, c’est qu’on ne voit pas les paysages. Ah, ça, la cabane qui pue où deux candidats vont passer la nuit, je pourrais la reconnaître sans problème si je venais à passer par là mais pour le reste… Bon, lecteur, tu me répondras à raison que si je veux voir les paysages de l’Asie Centrale, je n’ai qu’à regarder un Racines et des Ailes sur le sujet mais quand même. Histoire de donner un ton un peu culturel à tout ça, le présentateur, Stéphane Rotenberg (je ne suis absolument pas sûre de l’orthographe), nous fait un petit speech sur les villes étapes avec quelques images à l’appui mais ça laisse sur sa faim.
 
Juste un petit mot sur notre ami Stéphane. Quelque part, c’est un présentateur que j’adore parce qu’on a l’impression qu’il prend tout au second degré. Par exemple, à une époque, il présentait « Normal, Paranormal », une émission hilarante et on sentait que ça le faisait marrer, tout ça, qu’il ne prenait rien au sérieux. Pareil pour le Bachelor. La première année, j’imagine les Bachelorettes : « oh, il est beau, le Bachelor ! » « Non, ça, c’est le présentateur, le Bachelor, c’est celui qui a un grand nez et des grandes oreilles, là ! ». J’adore quand on le voit parler avec le Bachelor, tout sourire : « Alors, Karl, vous avez pris votre décision pour la cérémonie de la rose ? » mais on a l’impression qu’il pense : « de toute façon, tu les as toutes sautées, fais pas ton amoureux ! ». Bref, je sais pas s’il est second degré ou simplement niais mais il me fait rire, moi.
 
Mais revenons à Pékin Express. Donc on a droit à quelques images cartes postales de temps en temps mais mine de rien, moi, je suis super frustrée quand la caméra filme un candidat qui dit : « Regarde comme c’est beau ! » et que cette conne reste sur le candidat au lieu de nous montrer ce qui est censé être beau !
 
Mais je crois que la magie de cette émission, c’est que c’est bien la seule que j’aimerais faire. Leur aventure me fait rêver. Ok, ils en chient et j’en suis tout à fait consciente mais ils se baladent dans des paysages magnifiques, font de très belles rencontres humaines et tout… Moi, tous les jours, je me balade dans ma banlieue bétonnée et je ne rencontre que les caissières du Franprix. Ok, c’est une aventure de tous les jours d’éviter mes provisions qu’elles me balancent dans la gueule pour aller plus vite mais ça manque cruellement d’exotisme. Mais imaginez ce que vivent les candidats, tous ces souvenirs inoubliables qu’ils engrangent… Oui, ça, j’aimerais être à leur place, voir ce qu’ils voient, parler à tous ces gens qu’ils rencontrent… Dans l’émission de dimanche, y avait une vieille Russe « il me reste trois dents » qui invitent deux candidats à dormir chez elle et elle fait à l’un d’entre eux en rigolant : « tu me donnerais pas un coup de rein ? ». Ben, moi, cette vieille, je ne la rencontrerai jamais. Sans doute que je rencontrerai aussi des gens hauts en couleur dans ma vie (ce fut déjà le cas) mais elle, elle me plaisait bien. Surtout qu’on comprenait rien à ce qu’elle disait, on a eu droit à un merveilleux sous-titre quand elle parlait : « ????????? ». Véridique. On me répondra, à juste titre, qu’il y a des personnalités tout aussi atypiques à côté de chez moi, c’est tout à fait vrai. Mais bon, elle me plaisait bien la vieille Russe qui dit des trucs que personne ne comprend.
 
Pour la première fois, je pense que la téléréalité a réellement apporté quelque chose aux candidats qui l’ont faite. Evidemment, j’aurais aimé voir ce qu’ils voient mais pour une fois que la téléréalité apporte quelque chose à quelqu’un (autre que de l’argent), on va pas cracher dans la soupe non plus.