I am not on f***ing Facebook

Par Laurent

Je suis tombé aujourd’hui sur une statistique  très impressionnante. Selon Mashable, 80% des français de la tranche 15-24 ans, et 50% de la tranche 25-34 ans sont inscrit sur Facebook.

Pour être franc je n’ai jamais vu l’utilité de ce truc et donc je n’ai pas de compte. 

Au final peu importe que je l’utilise ou non, mais ce qui devient de plus en plus lourd c’est que désormais, je dois me justifier toutes les semaines de ne pas être sur Facebook.

Je dois concéder que je ne suis pas réellement dans un milieu représentatif, ayant repris mes études dans ce qu’on pourrait apparenter à une école de commerce, les gens que j’y côtoie aiment se croire populaires en cumulant le plus « d’amis » possible, mais je peux lire la stupéfaction de mes collègues quand je leurs réponds que non, je ne suis pas sur ce
p***ain de facebook.

Je me doute bien vu les statistiques qu’une bonne partie des lecteurs de ce blog ont un compte et que je ne suis pas en territoire conquis en abordant ce sujet, loin de la, mais je ne démords pas du fait que pour moi, ce truc n’a aucune utilité.

Je vous rassure, je vais vous épargner le couplet qui dit que toutes vos infos perso vont être vendues dans très peu de temps, mais pour le reste je vais développer.

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« Vas y passe moi ton FB » est la phrase qui vient de rendre le « Vas y passe moi ton 06 » caduque.

J’ai l’impression que ce site est devenu le nouveau terrain de jeu des pseudos dragueurs et des crevards en tout genre. Je n’arrive même plus à compter le nombre de « connaissances » qui passent de profil en profil afin de mater des photos et d’envoyer des messages sauvages à des nanas en espérant les chopper. Comme si FB était le nouveau meetic, sauf que
c’est gratos et que tu peux écrire à toutes les nanas que tu veux même si elles ont 15 ans. Je crois que le plus choquant à été de voir de mes yeux un ancien collègue de boulot se toucher à son bureau en regardant le profil d’une nana…

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Retrouver ses anciens amis est l’argument premier pour mes potes inscrits sur facebook.

Mais des gens qui n’ont même pas pris la peine de donner des nouvelles pendant des années sont ils réellement des amis ? Pour dire la vérité j’ai eu un compte en 2006, pendant une durée en tout et pour tout de 5 jours. Je me suis désinscrit quand j’ai eu l’effroi de voir la photo d’une de mes ex me demandant en amis. Entendre parler de mes ex c’est bien
la dernière chose dont j’ai envie. Ce que je veux dire, c’est qu’en amitié je crois en la décantation, les impuretés finissent inévitablement par partir, et c’est le meilleur qui va rester. Les gens pas fiables qui réapparaissent dans votre vie uniquement quand ils ont besoin de quelque chose, à vrai dire je préfère qu’ils restent loin de moi.

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On m’a aussi rétorqué que facebook était un excellent moyen de rester en contact.

Si c’est là votre usage, pourquoi utiliser votre vrai nom et non un pseudo que seuls vos amis connaitraient ?

De mon humble avis le meilleur lubrificateur social reste la bière. Rien ne vaut une petite mousse avec ses potes pour se raconter ses délires, ses joies, ses peines. Je vais vous raconter une petite anecdote : il y a bien longtemps je discutais avec ma voisine sur messenger depuis plus de deux heures quand je me suis rendu compte du ridicule de la situation : on habitait à 200 mètres l’un de l’autre et on discutait par écran interposé. Dans la foulée je l’ai invitée au troquet d’en face et j’ai désinstallé messenger. Réussir sur second life c’est bien, mais réussir sa vie réelle c’est mieux. A quoi bon avoir plein d’amis virtuels si c’est pour ne pas en avoir en vrai et rester chez soi les soirs, seul devant son écran.

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Bien sur des fois il n’est pas possible de voir les gens en personne. J’ai vécu quelques temps en Australie, et par définition c’était pas possible de picoler tout les week end avec mes potes, comme vous pouvez l’imaginer. Mais ca m’a pas empêché de garder contact avec eux et de prendre des nouvelles sans utiliser facebook. Je mettais les photos sur picasa,
des petits mails perso pour chacun, sans étaler absolument tout ce que je faisais à 200 personnes.

Je pense qu’il est surtout là mon problème avec facebook. Je comprends pas l’intérêt de s’exhiber comme ca devant 200 « pseudo-amis ». Bien sur le fait que la photo d’une nana bourrée à moitié défringuée puisse être vue par son patron ou sa famille est plus dérangeant pour elle que pour moi, mais je pense qu’il ya quand même un minimum de contrôle à exercer sur les informations à diffuser. A moins que ca ne soit ca le problème, la volonté des gens à proclamer à qui veut bien les entendre que leur vie est trop géniale, qu’ils font plein de trucs, qu’ils ont plein d’amis, qu’ils appartiennent à tel ou tel groupe. Comme si les gens étaient restés bloqué sur la case « estime des autres » de la pyramide de Maslow… 

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J’ai lu également qu’en moyenne un utilisateur consacre 8h/semaine sur facebook. 

Si on m’enlève 8 heures de mon temps libre, c’est bien simple je n’ai plus le temps de rien faire : adieu la guitare, la danse, le close combat, le kitesurf, tout ce qui fait que je suis moi en fait. Il y a de fortes chances pour que je tombe lentement dans une profonde déprime car plus rien ne viendrait compenser la frustration du boulot et des tracas quotidiens. Le temps que je passerais sur facebook, je ne le passerais plus à voir mes potes, à sortir, à essayer de rencontrer du monde pour rencontrer ma future. 

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Bref, me concernant en tout cas, j’ai vraiment l’impression que m’inscrire sur ce site mettrait un coup d’arrêt à ma vie sociale. Donc désormais, aux gens qui me demandent mon FB je leurs réponds : non je suis pas sur ce p***in de facebook, non je ne suis pas un mouton qui créera un compte pour faire comme 17 millions de français, et non j’ai vraiment
d’autres trucs à faire que d’écrire des remarques débiles sur le mur de gens que j’ai vu que 2 fois dans ma vie. Mais par contre si tu veux faire connaissance, oui je peux t’offrir un verre ou deux.

Marine teste pour vous : le thésard en sciences sociales

Par Marine

Qui dit TSS (Thésard en Sciences Sociales, donc) dit pauvre et savant. L’exact opposé du Golden Boy. Pourquoi en Sciences Sociales? Parce que… depuis quand les rats de laboratoire ont-ils une vie sexuelle? Non franchement, ça se saurait. (Pardon pour nos amis mathématiciens qui nous lisent, ils sont, j’en suis sûre, très nombreux, des bisous)
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La mise en bouche.
Le TSS étant un crevard, tu peux un peu le trouver n’importe où, et pas seulement aux soirées étudiantes (dieu merci). Alors : vernissage d’expo, magasin de fringues, resto japonais entre potes, pub, boîte, soirées privées chez des amis (le TSS est d’ailleurs un accessoire assez fréquent Golden Boy, en revanche, l’inverse est assez peu vérifié, allez savoir pourquoi), mais aussi train, aire d’autoroute, blogs, facebook, forêt, en train de nourrir des poules, et enfin l’inévitable bibliothèque. Pour ma part, j’ai rencontré mon TSS dans le 3e cas de figure, le resto (japonais).
Comment attirer l’attention du TSS sur toi? Très simple. Un peu comme le Golden Boy, il fonctionne au strass et paillettes, sauf que c’est pas le même strass, pas les mêmes paillettes. Pour lui, tu dois irradier d’intelligence, de bagout, de conversation (et même s’il te trouve conne, il te trouvera de la personnalité, c’est suffisant pour l’exciter). Quand il lance un sujet de conversation, rebondit, soit pour abonder dans son sens, le plus souvent, il sera flatté, soit pour creuser un peu, et ouvrir sur un autre sujet, qui te correspond mieux, dans lequel tu es plus spécialisée (même
si c’est les tarifs de la french manucure, l’essentiel est qu’il voie que tu es calée dans un domaine). Parfois, sois en désaccord, ça crée du débat, de la conversation. Une règle d’or, valable ici encore plus qu’avec tout le reste de la gent masculine : l’eye-contact. Le TSS est en général chaud bouillant comme une baraque à frites, il fonctionne à l’eye-contact, et n’attendra pas plus d’autres avances de ta part qu’il ne t’en fera. Si tout va bien, l’eye-contact sera suivi dès que vous serez suffisamment isolés d’un « mouth-contact », si vous me passez l’expression.

Les points positifs
– il a de la conversation, il a toujours une opinion sur tout. Quel que soit le sujet sur lequel tu l’entreprend, le TSS saura te répondre en réfléchissant et pas machinalement.
– il est curieux (franchement, sinon, il ferait pas une thèse), donc à l’écoute de tes attentes,
– il est cultivé, ce qui évite l’écueil fâcheux du « Kikoo » en début de mail, ou de la phrase choc de type « tu me fais chaviré, j’arêtes pas de pensé à toi ». En somme, il gère son orthographe, et peut même te parler de tel poème auquel tu lui fais penser plutôt qu’un baratin à deux balles pour te lever. Ce qui ne le rend pas vieux jeu pour autant, je rappelle qu’il est curieux, il est donc ouvert à toute proposition.
– c’est un super coup : honnêtement, il mène une vie d’étudiant alcoolique qui sort tout le temps, alors que tous ses amis sont déjà cadres, et tout le monde sait que dans ce milieu, faut coucher pour réussir… il a de la pratique. Et comme il est curieux, et qu’il apprend vite… je te laisse faire l’addition, ça vaut le détour. Et comme le TSS n’a pas forcément d’emploi du temps fixe, il n’a rien contre le concept de la journée au lit « repos-causette-baise », et contre l’idée de tester toutes les combinaisons possibles de cette trilogie (causette-repos-baise/baise-repos-causette/repos-baise-repos/baise-causette-baise/baise-baise-baise et j’en passe…)
– il mène une vie d’étudiant alcoolique depuis trop longtemps finalement : le cas échéant, il n’aura pas peur de l’engagement.

Les points négatifs
– il est pauvre. Il voudra bien  t’inviter, mais si c’est pas cher. Mais la plupart du temps, il te parlera amoureusement de Simone de Beauvoir, et vous partagerez l’addition. Ne t’attends pas à atterrir dans un palace quand il te dit « viens chez moi », tu navigueras entre les canettes de bière de ses colocs, la PS2 jonchée sur le sol (la Wii? ouais c’est cool, mais j ‘ai pas les moyens, je vais chez mon pote qui bosse dans la finance), les bouquins ouverts traînant un peu partout… Vous dormirez sur un matelas à même le sol. Mais les colocs sont pas chiants (eux-mêmes sont TSS)
des fois que tu sois un peu bruyante pendant l’acte.
– il est pauvre, et il vit au-dessus de ses moyens. Méfiance, les problèmes financiers, ça peut tuer un couple. Dès le début, mets les limites. Et puis le côté chien fou qui regarde pas plus loin que le bout de son nez, ça peut devenir lassant.
– s’il est thésard en sciences sociales, c’est qu’il est dépressif, d’une manière ou d’une autre. Il faut vouloir le partager avec sa psy, et accepter qu’une tierce personne lui permette de verbaliser votre histoire (en même temps, toi, tu as tes copines, alors bon)
– il a de la conversation mais il fait chieeeeer. Il a un avis sur tout, il a surtout un avis, comme dirait l’artiste. Parfois, ça peut confiner au mépris, si tu connais pas cette référence pourtant « juste évidente ». Franchement, il y a suffisamment de points d’achoppement dans un couple, ça fait un peu mal de trouver en plus à s’engueuler sur la place de la pensée bourdieusienne dans la gestion des rapports sociaux actuels. (en même temps, on peut reconnaître que  plus d’engueulades = plus de réconciliations = plus d’effusions de sentiments et plus de réconciliations
sur l’oreiller)

Le SAV 
Le TSS est un ex formidable, un des mieux sur le marché
– il n’a pas peur du « revenez-y » si jamais tu n’as personne et lui non plus… après faut savoir gérer, c’est sûr
– il n’est pas rancunier, et ne sera jamais (trop) fâché si tu lui envoies un mail d’insultes ou même ton poing dans la gueule (il ne sait que trop à quel point nos cultures occidentales post-modernes influent sur nos comportements sociaux)
– qui voudra toujours boire un café avec toi (du moment qu’additions séparées, ceci cela), te conseiller sur tes futures histoires de mecs (il demandera peut-être même conseil à sa psy pour toi), aller à une expo, ou à un concert. Bref, c’est comme le pote homo, sauf que là, c’est ton ex. Pour lui « on reste amis » signifie vraiment « on reste amis » et pas seulement « dégage poufiasse ».