C’est l’open bar de la drague

Il est souvent drôle d’observer les réactions que provoquent certains articles, y compris celles auxquelles on ne s’attend pas. Par exemple, il semble particulièrement intolérable que je n’ai pas envie de me faire draguer dans la rue. OK alors jouons. Aujourd’hui, je rentre dans la peau d’une fille trèèèèèèèèès gentille, pour voir. Action !



Paris, 9h15, un matin de semaine (parce que le week-end, je suis rarement debout à 9h15), je sors du train pour rejoindre mon travail. Pas de repos pour les braves, un premier homme me dit que je suis bien charmante, je lui réponds merci en souriant, comme toujours mais là, il y voit une invitation. « Ca te dit de prendre un café ? ». Hélas, non, mon ami, je vais au travail et mon grand chef n’aime pas beaucoup que j’arrive en retard. Mais donne-moi ton 06, on se fait ça ce soir ? 19h30 à la Grand’ gare. Super youpi.



Sauf que voilà, le soir, me voilà dans le quartier de la Grand’ gare et un autre individu de type mâle veut à tout prix prendre un café en ma compagnie. Zut, que faire, j’ai donné rendez-vous avec le premier. Bon, on va donner rendez-vous à celui là à 22h, hop. Dieu merci, aucun homme n’a l’idée de me draguer encore, hihi.

Premier rendez-vous, je m’ennuie, le mec me baratine mais je reste polie. Le plus dur est de lui expliquer que je dois déjà le quitter pour enchaîner avec mon deuxième rendez-vous. Le gars m’ennuie mais je reste polie, c’est sans doute la faute à la vie s’il est barbant, qu’il n’a rien lu depuis le J’aime lire n°2897 (parce que sa mamie l’a forcé) mais par contre, il a dû rédiger les ¾ des fiches de footballeurs de Wikipédia, il les connaît sur le bout des doigts. Prouesse admirable en soi mais voilà, moi, je suis née dans le pays de l’Ovalie, nos footballeurs se prennent tellement au sérieux qu’ils jouent en mauve…Mais bon, je suis polie, je souris, même quand il me propose un dernier verre chez lui. Ah bah je ne peux pas dire non, forcément, c’est affreusement castrateur alors je le laisse m’emmener chez lui et même quand il me met toute nue, je souris, poliment.


Evidemment, depuis que je réponds positivement à tous les mecs qui me draguent, je n’ai plus de vie amicale. Oui, mes amis en avaient marre que j’annule parfois au dernier moment pour honorer une proposition de café. Ma banquière m’en veut parfois aussi car tous ces galants hommes ne peuvent pas toujours me payer ma consommation, ça finit par coûter cher. Mais les rejeter serait si cruel ! Après tout, peut-être qu’en disant non, je pourrais ruiner toute la confiance en eux, leur faire comprendre que toute fille qui se promène dans la rue n’est pas un objet à leur disposition. Dieu m’a rendue jolie, je dois porter ma croix et honorer toutes ces invitations, mêmes celles qui manquent de jolies formulations. Oui, tu es bonne n’est guère une bonne entrée en matière, disons-le. Me sortir des « ton père est un voleur, il a pris toutes les étoiles du ciel pour les mettre dans tes yeux » (d’où t’insultes mon père ?), « mademoiselle, vous avez fait tomber quelque chose… mon cœur ! », « t’es pas fatiguée à force de trotter dans ma tête ? », etc. , c’est un peu vu et revu quand même. Mais ne froissons pas les petits egos de ces garçons.

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Bon, vous avez enfin COMPRIS le ridicule de vos plaintes quand j’explique que la drague dans la rue ne me sied pas ? Vous pensez vraiment que je suis à votre entière disposition ? Que je suis une œuvre de charité et que je couche avec tous les mecs qui le veulent juste pour être « gentille » ? Je réponds déjà gentiment quand on me fait un compliment, ça va aller… D’ailleurs, à ce sujet, non, c’est non, c’est pas la peine de me coller, je ne changerai pas d’avis en 30 secondes. Non parce que l’autre soir, j’ai eu droit à :

« T’es belle. On va boire un café ?

– Non,  j’ai rendez-vous avec quelqu’un.

– Mais après ?

– Ben non, j’ai rendez-vous avec mon mec.

– C’est pas grave.

– Si, je suis fidèle.

– Prends quand même mon numéro ».

J’ai fini la conversation en lui répondant que ça ne servait à rien et que je ne m’en servirai pas. Franchement, ça sert à quoi d’insister ? Si je suis intéressée, je joue pas ma prude. Et encore, merci de noter que j’ai été gentille dans l’histoire, je lui ai pas dit que j’étais pas intéressée par lui, sans raison. 



Conclusion : avant de pleurer parce que les filles sont des méchantes, mettez-vous à notre place juste 2 mn, vous comprendrez pourquoi vos manœuvres nous gonflent profondément.

Courrier des cœurs, réponse à Annie

Cette semaine, Annie nous a posé la question suivante : « J’ai une question bizarre mais je ne sais pas quoi penser. Je sors
depuis quelques temps avec un homme mais on n’a pas vraiment de relations intimes. On se voit toutes les trois semaines, à peu près alors qu’on vit dans la même ville, il ne répond quasiment jamais à mes coups de fils, textos ou mails. Mais quand on se voit, il est tout câlin, il me parle de nous deux, de notre avenir, fait des projets… Mais entre, pas grand chose. Alors en fait, je me demande si je suis réellement en couple avec lui ou si je suis une maîtresse. Qu’en pensez vous?
 »

La cellule love and sex s’est réunie et voici ce que nous en pensons.

Tatiana : Bon alors je vais essayé d’être diplomate… En fait non j’y arrive pas. Il y a de fortes chances pour que tu sois sa maîtresse et qu’il ait une femme dans sa vie. Il faut que tu prennes ton courage à 2 mains et que tu lui fasse dire clairement ce qu’il attend de
toi.

Summer : J’en suis pas si sure parce que si tu étais sa maitresse il répondrait à tes mails au moins je pense, il ferait en sorte d’entretenir le truc caché. Qu’entends tu par « pas vraiment de relations intimes »? simplement pas de  complicité ou pas de relation tout court?
Que tu sois ou non sa maitresse c’est une situation qui ne te convient pas. A ta place je mettrais les choses à plat avec lui, comme le dis Tatiana. Une bonne discussion s’impose.

Diane : Mmmm…comment dire cela élegamment et avec délicatesse…. je pense que ce charmant spécimen te prend pour une
conne. Tu n »es pas forcément une maitresse, il peut très bien vouloir tripoter une fille de temps en temps sans plus, et sans être forcément en couple. Et si vous vous ne vous voyez que toutes les trois semaines alors que vous habitez dans la même ville + que môsieur ne daigne pas répondre à tes textos, on peut oublier le terme de couple. Par contre, ce qui est étrange, ce n’est pas qu’il soit
tout calin et parle de votre avenir (le baratin pour emballer les filles, c’est vieux comme le monde), c’est qu’il n’y ai « pas vraiment de relations intimes ». Si par cela tu entends qu’il ne veut pas apparemment coucher avec toi, alors là c’est carrément louche vu son comportement, mais si tu entends plutot cela au sens « il veut pas trop me voir, il répond pas à mes messages », alors oui,
je confirme, visiblement il te prend pour une conne. Mais le plus  sûr moyen de le savoir étant tout de même de le confronter à ses conneries et de lui poser la question toi même… Et s’il s’avère que c’est bien un connard digne de ce nom, le laisser tremper dans sa connerie tout seul et aller voir ailleurs si il y est pas.

Keira : Que dire… Il y un un truc génial qui a été créé par l’homme, au cas tu ne serai pas au courant : le langage.
Et justement, ça sert à discuter.
Or, si tu as des questions à poser à ton mec, ça va énormément te servir.
Parce que là ta situation est tellement floue et mal expliquée que je ne vois pas d’autre chose à dire que : parle-lui et tu verra bien !
Un peu de courage bon sang !

Bobby : Mais, dis-moi, ça te plaît, ces moments ? (sans parler de l’avenir et des projets, juste des moments présents, de votre
complicité) Parce que si ça te plaît comme ça, as-tu vraiment besoin de clarifier les choses ? (au risque de perdre des instants qui peut-être te rendent heureuse) Si ça se trouve, tu n’as pas si perdue que ça. Tu as juste besoin de faire évoluer la situation vers autre chose, vers du sérieux (d’où les projets). Sinon, pour ma part, même pas besoin de dialogue pour comprendre où vous en êtes : vous n’êtes pas un couple mais deux personnes qui se retrouvent de temps en temps, plus comme des amis que comme des amants. Le dialogue, il te permettra de voir si ce monsieur est prêt, comme tu as l’air de le souhaiter, à ce que vous vous considériez comme un « vrai » couple.

Lucas : Un couple c’est un peu l’essence même de la relation de confiance.
Alors tu le prends entre 4zyeux et tu lui poses la question. S’il tergiverse tu l’envoies chier. Je te rappelle que les terrasses de café et Meetic et PCC et tout ça c’est pas fait pour les chiens. Voire que si tu n’as pas d’idées Nina est ta copine et t’as fait un p’tit guide pratique « Où Draguer ». D’autes questions ?

Voilà, si toi aussi, t’as une question cruciale ou pas à nous poser, fais nous signe par comm, mail, facebook, twitter… C’est pas comme si c’était difficile de nous trouver !

Marine teste pour vous : le thésard en sciences sociales

Par Marine

Qui dit TSS (Thésard en Sciences Sociales, donc) dit pauvre et savant. L’exact opposé du Golden Boy. Pourquoi en Sciences Sociales? Parce que… depuis quand les rats de laboratoire ont-ils une vie sexuelle? Non franchement, ça se saurait. (Pardon pour nos amis mathématiciens qui nous lisent, ils sont, j’en suis sûre, très nombreux, des bisous)
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La mise en bouche.
Le TSS étant un crevard, tu peux un peu le trouver n’importe où, et pas seulement aux soirées étudiantes (dieu merci). Alors : vernissage d’expo, magasin de fringues, resto japonais entre potes, pub, boîte, soirées privées chez des amis (le TSS est d’ailleurs un accessoire assez fréquent Golden Boy, en revanche, l’inverse est assez peu vérifié, allez savoir pourquoi), mais aussi train, aire d’autoroute, blogs, facebook, forêt, en train de nourrir des poules, et enfin l’inévitable bibliothèque. Pour ma part, j’ai rencontré mon TSS dans le 3e cas de figure, le resto (japonais).
Comment attirer l’attention du TSS sur toi? Très simple. Un peu comme le Golden Boy, il fonctionne au strass et paillettes, sauf que c’est pas le même strass, pas les mêmes paillettes. Pour lui, tu dois irradier d’intelligence, de bagout, de conversation (et même s’il te trouve conne, il te trouvera de la personnalité, c’est suffisant pour l’exciter). Quand il lance un sujet de conversation, rebondit, soit pour abonder dans son sens, le plus souvent, il sera flatté, soit pour creuser un peu, et ouvrir sur un autre sujet, qui te correspond mieux, dans lequel tu es plus spécialisée (même
si c’est les tarifs de la french manucure, l’essentiel est qu’il voie que tu es calée dans un domaine). Parfois, sois en désaccord, ça crée du débat, de la conversation. Une règle d’or, valable ici encore plus qu’avec tout le reste de la gent masculine : l’eye-contact. Le TSS est en général chaud bouillant comme une baraque à frites, il fonctionne à l’eye-contact, et n’attendra pas plus d’autres avances de ta part qu’il ne t’en fera. Si tout va bien, l’eye-contact sera suivi dès que vous serez suffisamment isolés d’un « mouth-contact », si vous me passez l’expression.

Les points positifs
– il a de la conversation, il a toujours une opinion sur tout. Quel que soit le sujet sur lequel tu l’entreprend, le TSS saura te répondre en réfléchissant et pas machinalement.
– il est curieux (franchement, sinon, il ferait pas une thèse), donc à l’écoute de tes attentes,
– il est cultivé, ce qui évite l’écueil fâcheux du « Kikoo » en début de mail, ou de la phrase choc de type « tu me fais chaviré, j’arêtes pas de pensé à toi ». En somme, il gère son orthographe, et peut même te parler de tel poème auquel tu lui fais penser plutôt qu’un baratin à deux balles pour te lever. Ce qui ne le rend pas vieux jeu pour autant, je rappelle qu’il est curieux, il est donc ouvert à toute proposition.
– c’est un super coup : honnêtement, il mène une vie d’étudiant alcoolique qui sort tout le temps, alors que tous ses amis sont déjà cadres, et tout le monde sait que dans ce milieu, faut coucher pour réussir… il a de la pratique. Et comme il est curieux, et qu’il apprend vite… je te laisse faire l’addition, ça vaut le détour. Et comme le TSS n’a pas forcément d’emploi du temps fixe, il n’a rien contre le concept de la journée au lit « repos-causette-baise », et contre l’idée de tester toutes les combinaisons possibles de cette trilogie (causette-repos-baise/baise-repos-causette/repos-baise-repos/baise-causette-baise/baise-baise-baise et j’en passe…)
– il mène une vie d’étudiant alcoolique depuis trop longtemps finalement : le cas échéant, il n’aura pas peur de l’engagement.

Les points négatifs
– il est pauvre. Il voudra bien  t’inviter, mais si c’est pas cher. Mais la plupart du temps, il te parlera amoureusement de Simone de Beauvoir, et vous partagerez l’addition. Ne t’attends pas à atterrir dans un palace quand il te dit « viens chez moi », tu navigueras entre les canettes de bière de ses colocs, la PS2 jonchée sur le sol (la Wii? ouais c’est cool, mais j ‘ai pas les moyens, je vais chez mon pote qui bosse dans la finance), les bouquins ouverts traînant un peu partout… Vous dormirez sur un matelas à même le sol. Mais les colocs sont pas chiants (eux-mêmes sont TSS)
des fois que tu sois un peu bruyante pendant l’acte.
– il est pauvre, et il vit au-dessus de ses moyens. Méfiance, les problèmes financiers, ça peut tuer un couple. Dès le début, mets les limites. Et puis le côté chien fou qui regarde pas plus loin que le bout de son nez, ça peut devenir lassant.
– s’il est thésard en sciences sociales, c’est qu’il est dépressif, d’une manière ou d’une autre. Il faut vouloir le partager avec sa psy, et accepter qu’une tierce personne lui permette de verbaliser votre histoire (en même temps, toi, tu as tes copines, alors bon)
– il a de la conversation mais il fait chieeeeer. Il a un avis sur tout, il a surtout un avis, comme dirait l’artiste. Parfois, ça peut confiner au mépris, si tu connais pas cette référence pourtant « juste évidente ». Franchement, il y a suffisamment de points d’achoppement dans un couple, ça fait un peu mal de trouver en plus à s’engueuler sur la place de la pensée bourdieusienne dans la gestion des rapports sociaux actuels. (en même temps, on peut reconnaître que  plus d’engueulades = plus de réconciliations = plus d’effusions de sentiments et plus de réconciliations
sur l’oreiller)

Le SAV 
Le TSS est un ex formidable, un des mieux sur le marché
– il n’a pas peur du « revenez-y » si jamais tu n’as personne et lui non plus… après faut savoir gérer, c’est sûr
– il n’est pas rancunier, et ne sera jamais (trop) fâché si tu lui envoies un mail d’insultes ou même ton poing dans la gueule (il ne sait que trop à quel point nos cultures occidentales post-modernes influent sur nos comportements sociaux)
– qui voudra toujours boire un café avec toi (du moment qu’additions séparées, ceci cela), te conseiller sur tes futures histoires de mecs (il demandera peut-être même conseil à sa psy pour toi), aller à une expo, ou à un concert. Bref, c’est comme le pote homo, sauf que là, c’est ton ex. Pour lui « on reste amis » signifie vraiment « on reste amis » et pas seulement « dégage poufiasse ».

Beau parleur

Par Mister Big

Quid des beaux parleurs ? Je m’explique… Parfois, on tombe sur des cons, qui nous traitent comme des cons, on les sent venir, et on se prépare à les jeter comme des vieilles savates dès la rencontre… Au mieux, ça sera juste sexuel, au pire, ça se limitera à un verre ou un café dans un bar… Mais parfois, on tombe sur LE mec, celui qui vous dit ce que vous avez besoin d’entendre, qui vous fait sentir ce que vous avez besoin de ressentir, qui est attentif, qui vous promet mariage et châteaux en Espagne… Du coup, devant tant de bons sentiments dégoulinants, on ne peut que fondre et craquer, se laisser espérer à une relation parfaite et épanouissante, celle qui nous manquait tant, celle qu’on attend tous.

Et là, deux choix possible : premier choix, c’est l’homme parfait, on l’aime, on l’épouse ! Ce cas de figure ne se présente qu’une fois sur 100 000 en moyenne, on a des stats, on vous les montrera. Second choix : on le rencontre, il est très gentil, très prévenant, tellement qu’on ne se rend pas compte qu’on a parlé ensemble que 3 minutes avant de finir dans un lit, et là, chlica-chlica, un don du sperme, et hop ! Douche et cloppe comprise, il a disparu en 8 minutes montre en main en prétextant un rendez-vous important avec son gynécologue à 23h30 ! On se dit « c’était tellement bien… je dois le rappeler ou attendre son coup de fil ? » et là commence une attente épique digne de celle endurée par cette pauvre Pénélope attendant le retour de son Ulysse chéri (qui lui, prenait du bon temps sur son rafiot avec une tripotée de mâles musclés et tous plus grecs les uns que les autres ! 20 ans pour rentrer chez lui, on me fera pas croire que c’est seulement à la force du poignet qu’il a résisté aux sirènes !). Puis on attend. On attend toujours, donc on rappelle même si on s’était promis de ne pas le faire. Répondeur. Normal, il est très occupé comme garçon. Tellement que ça fait deux semaines qu’on a plus de nouvelles, d’ailleurs. Puis la vérité commence à se profiler à l’horizon… Il voulait juste tirer son coup. Et merde ! Dire qu’on s’était promis de ne plus jamais tomber dans le panneau ! Mais nous voilà encore victime du Beau Parleur dans toute sa splendeur !!! Encore un de ces connards qui sait quoi dire, à quel moment le dire, et comment s’en servir pour arriver à ses fins ! Un de ceux qui vous font miroiter monts et merveilles et qui, au final, ne vous offre que quelques minutes de plaisir (et encore, certains sont plus doués en parlotte qu’en sexe) et une capote pleine… On ne devrait pas les sentir venir, depuis le temps ? On est habitué à ce genre de type ! Alors pourquoi on se fait toujours avoir ? Hein ? Ne devrait-on pas créer un site sur le net recensant tous les connards de cette espèce ? Genre la Black-List à consulter quand le mec en face de soi semble trop prévenant ? C’est une idée à développer… Ou alors la castration au cutter rouillé, mais c’est plus délicat comme situation, car, bizarrement, ce type parfait ne pouvait pas vous rencontrer chez lui : sa moman était là pour un WE surprise, et donc on ne sait toujours pas où il habite. Mais n’empêche qu’on s’est encore fait avoir. On se sent minable comme pas permis, mais bon, c’est la vie, on n’est pas au premier crapaud embrassé qui se transforme en… salaud ! Il faut dire que ces types sont étonnement psychologues, car ils arrivent à lire entre les lignes, souvent, et à dénicher ce qu’il faut dire et ce qu’on n’attend désespérément d’entendre.

Mais le problème, dans tout ça, c’est que j’ai l’impression que moi aussi je suis un beau parleur… Et là, ça me pose problème ! Mais je me rassure en me disant que je ne suis pas du même genre qu’eux. Si je ne veux que tirer mon coup, je ne vais pas lui faire des propositions de mariage. Je sais comment baiser pour baiser. Par contre, il est vrai que quand je commence une relation qui me parait promise à un bel avenir, j’ai tendance à sortir mes ressources cachées et à déballer mon argumentation comme un démonstrateur Tupperware un dimanche matin sur la place du marché de Roquefort-la-Bédoule… Je me suis rendu compte de cela il y a quelques jours seulement. Je sais quoi dire, je sais quand le dire, et sinon, je sais comment amener la conversation là où elle m’arrange et déballer mon baratin. Je n’aime pas penser que je suis comme ceux qui se servent de cette méthode juste pour baiser, car je ne pense pas l’être, mais je me sers quand même de la même méthode pour arriver à mes fins, c’est-à-dire harponner mon gibier et le ramener à bord, autrement dit : à me caser avec lui. Et comment ai-je été amené à mener cette petite introspection, me dites-vous ? J’ai compris cela en écoutant mes mots à mon cher et tendre actuel. Là aussi, je parle beaucoup avec lui. Et je lui dis plein de choses qu’il a besoin d’entendre. Mais là où j’ai réalisé ma vilenie avec mes précédentes relations, c’est que quand je leur disais ce qu’ils voulaient entendre, je sentais que je le faisais parce que c’était ce qu’ils voulaient entendre. Mais là, avec mon cher et tendre, mon Mumur comme je l’appellerai désormais, tout ce que je lui dis sonne différemment… C’est en cela que j’ai eu la révélation sur mes précédentes expériences et sur ma façon de les appâter à coups de belles paroles. Avec mon Mumur, je ne me force nullement. Tout ce qui me vient à l’esprit et à la bouche vient naturellement. Je le dis car j’ai envie de le dire. Je lui fais des promesses car je les pense vraiment. Est-ce la première fois que je suis vraiment amoureux, me direz-vous ? Non, j’ai déjà aimé, ça, c’est sur. C’est juste la première fois (à 26 ans, il était temps !) que je me sens si bien avec quelqu’un que je serais prêt à faire bouger des montagnes rien que pour lui, la première fois que je me sens prêt à tout faire pour le garder, mais surtout pour le rendre heureux. Et je peux vous dire que ça fait bizarre comme sensation. Quand je baratinais les autres, c’était pour mon bonheur, pour me les garder pour moi. Là, je lui parle beaucoup, notamment de lui, car il a, comme nous tous, des fantômes à exorciser, et que je ne souhaite qu’une chose, qu’il se sente bien. Dans un sens, c’est égoïste, car s’il est bien avec moi, il me restera, certes, mais je préfère résumer ça en une phrase simple aux accents surannés : son bonheur fait mon bonheur. Je ne cherche pas mon bonheur, je cherche juste le sien, et ça, c’est ce qui me rend heureux. Quitte à le laisser partir au loin (CF les articles sur les Murs), quitte à le perdre, je préfère le sentir heureux et libre que de l’enfermer dans une petite cage pour le garder pour moi. Il faut laisser les belles fleurs s’épanouir, car les cacher du soleil pour les garder jalousement, ça ne peut que les faire faner… Certes, s’il m’oublie, si sa nouvelle vie ne laisse plus de place pour moi, j’en souffrirai, mais je préfère ça à le sentir prisonnier de notre relation.

Oui, vous ne rêvez pas : je suis parti d’un article sur les beaux parleurs pour finir par une déclaration d’amour, le tout en passant par une petite introspection. Ca fait beaucoup pour un seul article, je vais m’arrêter là, je pense. Je ne rajouterai qu’une chose : mon homme, je t’aime.