Le dating, ça lasse

Puisque je suis à nouveau célibataire (déjà 2 mois !), je me suis dit : tiens, retournons sur un site de rencontre de qualité et retrouvons un homme. Ou plusieurs peut-être. Sauf que, est-ce la frustration d’avoir tout juste goûté aux délices de la complicité amoureuse trop vite enlevée ou le travail de ma naturopathe ? Le cul pour le cul, ça ne m’intéresse plus.

Oui, on peut trouver l’amour sur un site de rencontre. Mais faut chercher, beaucoup. Parce que le mec bien, celui qui veut plus qu’un fouillage en règle de mes orifices, il est caché au milieu des daleux. Une vraie chasse aux trésors. L’autre soir par exemple, un charmant garçon commence à me parler. Peu importe ce que je raconte, il veut juste savoir ce que je cherche sur le site, question typique du crève la faim aux couilles pleines. Je réponds donc clairement que le cul pour le cul, j’ai pas envie, que j’ai plus envie de complicité et il me répond « ouais enfin, la finalité reste la même ». Ben non : un mec avec qui je partage quelque chose, j’aurais envie de le rencontrer. Toi, tu dormiras sur la béquille.

Autre cas, plus vicieux : délicate conversation qui s’engage, le jeune homme paraît intéressant, il ne fait pas de fautes et évoque des sujets où j’ai tout à apprendre (le cinéma). Il évoque l’idée d’un café, je réponds en proposant ma seule disponibilité avant 2013 (ou à peu près) et là, pouf « oui enfin, commençons par échanger des mails et faire des chats vidéo sur skype ». Oh comme je le sens venir le plan cam de merde « vas y allume ta cam, tu veux pas te mettre toute nue ? Tu veux pas voir ma queue ? Oh Ben tiens la voilà dis donc ! ». Non mais serieuuuuux… Si je veux voir un mec qui s’astique, je m’en vais mater un porno hein… Je réponds donc que je veux bien discuter mais pas par cam. Tiens, je viens aussitôt de perdre mon aura de femme parfaite…

Tout ça me lasse. Je suis pas en phase Sex burger, j’ai eu ma dose, merci. Rien à faire d’un coup vite fait qui ne me satisfait pas, contrairement à quelque chose de plus construit, plus complice. Si tu n’as que ta queue à donner, propose la à une autre, je préfère encore faire mumuse avec mes propres jouets. Au moins, l’orgasme est sans arrière goût amer…

Du coup, va falloir que j’étudie un peu plus sérieusement pour ma série « faut-il draguer », il semble que les sites de rencontre ne soient plus faits pour moi. Dommage pour le mec bien caché sous 4 tonnes de mecs lourds et affamés.

C’est l’open bar de la drague

Il est souvent drôle d’observer les réactions que provoquent certains articles, y compris celles auxquelles on ne s’attend pas. Par exemple, il semble particulièrement intolérable que je n’ai pas envie de me faire draguer dans la rue. OK alors jouons. Aujourd’hui, je rentre dans la peau d’une fille trèèèèèèèèès gentille, pour voir. Action !



Paris, 9h15, un matin de semaine (parce que le week-end, je suis rarement debout à 9h15), je sors du train pour rejoindre mon travail. Pas de repos pour les braves, un premier homme me dit que je suis bien charmante, je lui réponds merci en souriant, comme toujours mais là, il y voit une invitation. « Ca te dit de prendre un café ? ». Hélas, non, mon ami, je vais au travail et mon grand chef n’aime pas beaucoup que j’arrive en retard. Mais donne-moi ton 06, on se fait ça ce soir ? 19h30 à la Grand’ gare. Super youpi.



Sauf que voilà, le soir, me voilà dans le quartier de la Grand’ gare et un autre individu de type mâle veut à tout prix prendre un café en ma compagnie. Zut, que faire, j’ai donné rendez-vous avec le premier. Bon, on va donner rendez-vous à celui là à 22h, hop. Dieu merci, aucun homme n’a l’idée de me draguer encore, hihi.

Premier rendez-vous, je m’ennuie, le mec me baratine mais je reste polie. Le plus dur est de lui expliquer que je dois déjà le quitter pour enchaîner avec mon deuxième rendez-vous. Le gars m’ennuie mais je reste polie, c’est sans doute la faute à la vie s’il est barbant, qu’il n’a rien lu depuis le J’aime lire n°2897 (parce que sa mamie l’a forcé) mais par contre, il a dû rédiger les ¾ des fiches de footballeurs de Wikipédia, il les connaît sur le bout des doigts. Prouesse admirable en soi mais voilà, moi, je suis née dans le pays de l’Ovalie, nos footballeurs se prennent tellement au sérieux qu’ils jouent en mauve…Mais bon, je suis polie, je souris, même quand il me propose un dernier verre chez lui. Ah bah je ne peux pas dire non, forcément, c’est affreusement castrateur alors je le laisse m’emmener chez lui et même quand il me met toute nue, je souris, poliment.


Evidemment, depuis que je réponds positivement à tous les mecs qui me draguent, je n’ai plus de vie amicale. Oui, mes amis en avaient marre que j’annule parfois au dernier moment pour honorer une proposition de café. Ma banquière m’en veut parfois aussi car tous ces galants hommes ne peuvent pas toujours me payer ma consommation, ça finit par coûter cher. Mais les rejeter serait si cruel ! Après tout, peut-être qu’en disant non, je pourrais ruiner toute la confiance en eux, leur faire comprendre que toute fille qui se promène dans la rue n’est pas un objet à leur disposition. Dieu m’a rendue jolie, je dois porter ma croix et honorer toutes ces invitations, mêmes celles qui manquent de jolies formulations. Oui, tu es bonne n’est guère une bonne entrée en matière, disons-le. Me sortir des « ton père est un voleur, il a pris toutes les étoiles du ciel pour les mettre dans tes yeux » (d’où t’insultes mon père ?), « mademoiselle, vous avez fait tomber quelque chose… mon cœur ! », « t’es pas fatiguée à force de trotter dans ma tête ? », etc. , c’est un peu vu et revu quand même. Mais ne froissons pas les petits egos de ces garçons.

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Bon, vous avez enfin COMPRIS le ridicule de vos plaintes quand j’explique que la drague dans la rue ne me sied pas ? Vous pensez vraiment que je suis à votre entière disposition ? Que je suis une œuvre de charité et que je couche avec tous les mecs qui le veulent juste pour être « gentille » ? Je réponds déjà gentiment quand on me fait un compliment, ça va aller… D’ailleurs, à ce sujet, non, c’est non, c’est pas la peine de me coller, je ne changerai pas d’avis en 30 secondes. Non parce que l’autre soir, j’ai eu droit à :

« T’es belle. On va boire un café ?

– Non,  j’ai rendez-vous avec quelqu’un.

– Mais après ?

– Ben non, j’ai rendez-vous avec mon mec.

– C’est pas grave.

– Si, je suis fidèle.

– Prends quand même mon numéro ».

J’ai fini la conversation en lui répondant que ça ne servait à rien et que je ne m’en servirai pas. Franchement, ça sert à quoi d’insister ? Si je suis intéressée, je joue pas ma prude. Et encore, merci de noter que j’ai été gentille dans l’histoire, je lui ai pas dit que j’étais pas intéressée par lui, sans raison. 



Conclusion : avant de pleurer parce que les filles sont des méchantes, mettez-vous à notre place juste 2 mn, vous comprendrez pourquoi vos manœuvres nous gonflent profondément.