C’est l’open bar de la drague

Il est souvent drôle d’observer les réactions que provoquent certains articles, y compris celles auxquelles on ne s’attend pas. Par exemple, il semble particulièrement intolérable que je n’ai pas envie de me faire draguer dans la rue. OK alors jouons. Aujourd’hui, je rentre dans la peau d’une fille trèèèèèèèèès gentille, pour voir. Action !



Paris, 9h15, un matin de semaine (parce que le week-end, je suis rarement debout à 9h15), je sors du train pour rejoindre mon travail. Pas de repos pour les braves, un premier homme me dit que je suis bien charmante, je lui réponds merci en souriant, comme toujours mais là, il y voit une invitation. « Ca te dit de prendre un café ? ». Hélas, non, mon ami, je vais au travail et mon grand chef n’aime pas beaucoup que j’arrive en retard. Mais donne-moi ton 06, on se fait ça ce soir ? 19h30 à la Grand’ gare. Super youpi.



Sauf que voilà, le soir, me voilà dans le quartier de la Grand’ gare et un autre individu de type mâle veut à tout prix prendre un café en ma compagnie. Zut, que faire, j’ai donné rendez-vous avec le premier. Bon, on va donner rendez-vous à celui là à 22h, hop. Dieu merci, aucun homme n’a l’idée de me draguer encore, hihi.

Premier rendez-vous, je m’ennuie, le mec me baratine mais je reste polie. Le plus dur est de lui expliquer que je dois déjà le quitter pour enchaîner avec mon deuxième rendez-vous. Le gars m’ennuie mais je reste polie, c’est sans doute la faute à la vie s’il est barbant, qu’il n’a rien lu depuis le J’aime lire n°2897 (parce que sa mamie l’a forcé) mais par contre, il a dû rédiger les ¾ des fiches de footballeurs de Wikipédia, il les connaît sur le bout des doigts. Prouesse admirable en soi mais voilà, moi, je suis née dans le pays de l’Ovalie, nos footballeurs se prennent tellement au sérieux qu’ils jouent en mauve…Mais bon, je suis polie, je souris, même quand il me propose un dernier verre chez lui. Ah bah je ne peux pas dire non, forcément, c’est affreusement castrateur alors je le laisse m’emmener chez lui et même quand il me met toute nue, je souris, poliment.


Evidemment, depuis que je réponds positivement à tous les mecs qui me draguent, je n’ai plus de vie amicale. Oui, mes amis en avaient marre que j’annule parfois au dernier moment pour honorer une proposition de café. Ma banquière m’en veut parfois aussi car tous ces galants hommes ne peuvent pas toujours me payer ma consommation, ça finit par coûter cher. Mais les rejeter serait si cruel ! Après tout, peut-être qu’en disant non, je pourrais ruiner toute la confiance en eux, leur faire comprendre que toute fille qui se promène dans la rue n’est pas un objet à leur disposition. Dieu m’a rendue jolie, je dois porter ma croix et honorer toutes ces invitations, mêmes celles qui manquent de jolies formulations. Oui, tu es bonne n’est guère une bonne entrée en matière, disons-le. Me sortir des « ton père est un voleur, il a pris toutes les étoiles du ciel pour les mettre dans tes yeux » (d’où t’insultes mon père ?), « mademoiselle, vous avez fait tomber quelque chose… mon cœur ! », « t’es pas fatiguée à force de trotter dans ma tête ? », etc. , c’est un peu vu et revu quand même. Mais ne froissons pas les petits egos de ces garçons.

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Bon, vous avez enfin COMPRIS le ridicule de vos plaintes quand j’explique que la drague dans la rue ne me sied pas ? Vous pensez vraiment que je suis à votre entière disposition ? Que je suis une œuvre de charité et que je couche avec tous les mecs qui le veulent juste pour être « gentille » ? Je réponds déjà gentiment quand on me fait un compliment, ça va aller… D’ailleurs, à ce sujet, non, c’est non, c’est pas la peine de me coller, je ne changerai pas d’avis en 30 secondes. Non parce que l’autre soir, j’ai eu droit à :

« T’es belle. On va boire un café ?

– Non,  j’ai rendez-vous avec quelqu’un.

– Mais après ?

– Ben non, j’ai rendez-vous avec mon mec.

– C’est pas grave.

– Si, je suis fidèle.

– Prends quand même mon numéro ».

J’ai fini la conversation en lui répondant que ça ne servait à rien et que je ne m’en servirai pas. Franchement, ça sert à quoi d’insister ? Si je suis intéressée, je joue pas ma prude. Et encore, merci de noter que j’ai été gentille dans l’histoire, je lui ai pas dit que j’étais pas intéressée par lui, sans raison. 



Conclusion : avant de pleurer parce que les filles sont des méchantes, mettez-vous à notre place juste 2 mn, vous comprendrez pourquoi vos manœuvres nous gonflent profondément.

Spermattitude

Par Mister BigChose promise, chose due ! Voici un article sur mon nouveau travail : vendeur en sex-shop !

Bon, je suis au regret de vous annoncer que je ne pourrai pas trop en dire, j’ai une clause de confidentialité dans mon contrat ! Hééé oui ! Mine de rien, y’a du gratin (local, national et même pour certains connu internationalement !) qui passe par ma petite boutique, donc je ne peux pas tout vous dire… Ce qui n’empêche que je peux en raconter quand même un peu !!!

Déjà en 7 jours de travail, je me suis fait brancher deux fois par deux mecs ! Ok, je suis homo, mais ce n’est pas forcément marqué sur ma gueule, quand même… Si je dois chercher une raison à cela, je l’associerais plutôt au fait que 99% de la clientèle est masculine ! En effet, je n’ai vu qu’une seule cliente venir seule, et 2 ou 3 avec leurs mecs… Et quand je dis que je me suis fait brancher, c’est pas pour de rire ! Dans ma petite boutique, on a des gadgets et des films, mais on a aussi des cabines de projections. En gros, tu viens entre deux horaires, tu payes, et tu mates tranquillou ton film de cul dans ta cabine, du papier essuie-tout est à disposition, tu laisses ta commission dans la poubelle, et basta ! Et ça marche plutôt pas trop mal… hé oui, quand on a bobonne à la maison, il faut bien trouver un moyen de les voir, les films X ! J’en vois passer des litres de sperme comme ça…

 Bref… un jeune homme, la vingtaine (hé oui, c’était un vingtenaire ! Je le sais, j’ai demandé ses papiers !) part dans sa cabine… il visionne un film gay. Il redescend, son affaire finie. Et là, il se plante dans un coin de la boutique où il commence à se toucher allègrement le sexe à moitié caché derrière un poteau… Je le vois faire, mais il doit penser que je ne vois pas son manège car la moitié haute de son corps est cachée. Oui, je ne vois pas sa tête, certes, mais je vois bien le reste ! Ok, le monsieur a eu beau s’être vidé les testicules, on dirait qu’il a encore de la réserve… Puis, se décalant légèrement afin d’être en ligne directe vers ma personne, le voilà qui recommence en me fixant droit dans les yeux ! Bon, là, je me dis que non seulement, il a encore de la réserve, mais en plus, je suis la victime qu’il s’est choisi pour assouvir ses fantasmes ! Bref… moi, pendant ce temps, je décris par textos, mort de rire, la situation à notre Gauthier national ! Voyant le non-intérêt de ma personne à son égard, mais ne voulant pas rester sur sa faim, le jeune survolté me reprend un film et remonte en cabine s’astiquer le manche à balais… Il part… mais à peine quelques secondes sont passée qu’il redescend ! « Excusez-moi, mais… y’a pas de papier… » « Ok ! Pas de problème ! Remonte, et je t’en amène ! » La dessus, je lui amène son sopalin… Normal, c’est mon boulot ! Et là, que trouve-je ? Qu’ouïs-je ? Que vois-je ? Le jeune homme, dans sa cabine, torse nu et la bite à l’air ! Je lui tends son papier, je lui demande « C’est bon ? T’as tout ce qu’il te faut ? » Un peu déconfit devant mon manque d’intérêt à son égard, il bredouille un « Oui, merci » et je repars, abandonnant mon minet dégoulinant de sueur seul dans sa cabine… Il faisait chaud, certes, mais je pense que la testostérone le faisait suer un bon peu aussi ! Un bon quart d’heure passe, moi je raconte, par texto toujours, l’épisode à mon Gauthier, et le voilà qui revient ! « Pardon, j’ai un problème avec le son » « Ok ! J’arrive ! » Voilà que je le rejoins, il était décent, il avait gardé son caleçon ! Je lui remets le son, « Ca te va comme ça ? »  « Heu… oui… heu… j’ai envie de toi ! » Ha ben ça alors ! Je l’aurais pas deviné !!! Et là, royal que je suis, je lui mets la main sur l’épaule et lui décroche un « désolé, je ne mélange pas travail et plaisir ». Je pense que le monsieur est resté sur sa faim !

Il lui a pas fallu 3 minutes pour se rhabiller et descendre après ça ! Bon, il était sympa, on a un peu parlé, vu qu’il n’y avait personne dans la boutique et que j’avais du temps à tuer… Il a un peu insisté, mais quand je lui ai clairement dit que « non, je ne suis pas libre après le boulot, je vais rejoindre MON COPAIN qu’il est beau comme un dieu qu’il est parfait qu’il fait super bien l’amour, et en plus je suis fidèle, etc etc » il a finit par comprendre que ses chances étaient quelque peu compromises… Deux jours plus tard, un « timide » qui « n’était pas du coin, je viens d’aménager » m’a aussi demandé si j’étais gay et si, le cas échéant, je voulais bien qu’on se voit, et je ne pense pas, au vu de son discours, que c’était pour cueillir des fleurs ou faire des gâteaux… Mais dites donc ? Ok, je bosse dans un sex-shop, mais faut pas pousser mémé, quand même ! Ok, c’est l’industrie du sexe, mais est-ce que ça veut pour autant dire que les vendeurs sont aussi à vendre ??? Lecteur, ça te viendrait à l’esprit de prendre 8 tranches de jambon et une cuisse de charcutière quand tu vas au supermarché ? Ou alors un carnet de timbres et un guichetier frais quand tu vas à La Poste ? Non ? Ben moi c’est pareil ! Je ne suis pas une marchandise ! Non mais !

 

Sinon, ce travail me montre une nouvelle vision de la misère humaine… Car il y a de la misère, c’est sur ! Sur le plan social, certes, mais aussi sur le plan psychologique… Je n’ose imaginer combien d’entre eux viennent ici mine de rien pour mater des films et rentrent la bouche en fleur le soir à la maison rejoindre leur légitime… Et combien de personnes, s’adonnant à de sombres plaisirs solitaires, peuvent défiler sous mes yeux…

Certes, un sex-toy est un objet comme les autres, et certains vingtenaires (des filles surtout, tiens, d’ailleurs !) en ont quelques-uns dans leurs tiroirs ou sur leurs étagères… Mais de là à uniquement trouver son plaisir à l’aide de ces substituts, ça en devient triste… Si vous voyiez la gueule de la plupart des poupées gonflables ! On a fait des ballons pour enfant plus développés que ça ! Faut vraiment se trouver dans une situation personnelle très particulière pour en arriver là… Que cela soit sur le plan social, c’est-à-dire ne pas être capable de se trouver quelqu’un pour assouvir ses pulsions, ne serait-ce que pour un soir, mais aussi sur le plan psychologique, pour en arriver à si peu s’estimer et à se dire que c’est tout ce qu’il leur reste à faire à défaut de trouver un partenaire sexuel… Le vibro, ok pour vous, mesdames, mais la poupée « realistic » d’un black avec faux poils dessinés dessus et un gode en guise de sexe, là, quand même, faut en vouloir !

 

Voilà un petit résumé de ma première semaine de boulot… Ha oui ! J’allais oublier ! La rubrique « les nouveautés du mois » ! Alors cette semaine, nous avons reçu un petit vibro de poche, super design, avec un « capuchon chatouilleur » à 8 branches à mettre dessus pour la stimulation du clito ! C’est rose, c’est mignon, et ça sera du plus bel effet dans vos sacs à mains, mesdames et mesdemoiselles ! Dans la même gamme, mais en chromé ce coup-ci, le spécial Point G avec extrémité recourbée pour se donner un maximum de plaisir… Pour plus de renseignements, contactez-moi… Non, je déconne ! Vais pas en plus faire des heures sup sur le site…

A la rencontre des journalistes

Aujourd’hui, on fait un peu d’anthropologie et nous nous allons découvrir une peuplade intéressante : les journalistes. Une journaliste est-elle la meilleure personne pour parler de ses congénères ? Pas nécessairement mais peu importe, c’est pas une thèse d’anthropologie que je compte faire !

Commençons par la base. Beaucoup prétendent qu’un journaliste est un écrivain raté. Dans mon cas, c’est tout à fait vrai. Beaucoup de journalistes ont sur leur ordi un fichier ultra confidentiel de la mort qui tue : leur premier roman. Ils ont déjà écrit cinq pages word, ça déconne plus ! Si Françoise Giroud ou PPDA l’ont fait, on peut le faire aussi !
En fait, il faut savoir qu’un journaliste est un individu qui brasse de l’air en faisant semblant d’être débordé. Je n’ai pas fréquenté mille et unes rédactions mais j’en ai connu quelques unes et mes camarades de galère (heu…de master, pardon), également.

 
Journée harassante

Voilà la journée type d’un journaliste : arrivée entre 9h et 10h. Enfin, plutôt 10h… voire après. De toute façon, les gens dorment le matin, c’est pas la peine pour les interviews et puis le bouclage est loin, rien ne presse. Le matin, le journaliste lit la presse : faut bien se tenir au courant de l’actualité. Le faire chez soi ? Et puis quoi encore,
vous commencez à bosser dès le petit déjeuner ? Ben nous non plus ! Donc première partie de journée : arrivé au boulot à 10 heures, lecture des journaux entrecoupés de pause café et de discussions avec les collègues. Parce que les journalistes ne sont pas différents des autres : on passe notre temps à casser du sucre sur le dos des absents (« non mais Monique, elle sait pas écrire… Si elle mettait autant d’application dans ses articles que dans son maquillage, on n’en serait pas là ! »).

 

Parfois, le matin, il y a les conférences de rédaction, haut moment de la vie journalistique : chacun veut vendre son papier parce que c’est le meilleur, le plus intéressant et qu’on préfère avoir son nom sur la page Une que sur la page 5 parce que rien ne garantit que les lecteurs aillent jusque là. En général, les gens sont mesurés mais on sent les tensions qui ressortent (« si cette connasse de Monique croit pouvoir caser son article sur la politique de reboisement de la forêt voisine, elle rêve ! »). Quand on est stagiaire, ces séances sont hautement enrichissantes : on n’a pas son mot à dire puisqu’on traite des sujets inévitables dont les journalistes titulaires ne veulent pas. Mais on voit très bien qui s’entend avec qui et qui est en bisbille avec qui, toujours une source d’information. De toute façon, en tant que stagiaire, j’ai toujours fermé ma gueule : critiquer mes collègues, bien mauvaise idée. Ces petites séances sont utiles car on se rend compte que le rédacteur en chef sert à quelque chose. Assis sur son fauteuil, trônant, observant ses journalistes d’un air intéressé, il jauge et tranche. Oui, le rédacteur en chef, ça sert à ça : séparer les journalistes qui se disputent et déjeuner avec les personnalités du coin. Des fois, ça écrit des éditos mais faut pas trop en demander non plus.

Arrive l’heure du déjeuner, une occasion souvent de revoir nos « amis » et glaner quelques infos, s’en foutre plein la panse aux frais de la princesse. L’été dernier, j’ai œuvré pour un quotidien régional, j’ai eu droit à un délicieux déjeuner dans l’hôtel luxueux voisin pour un bilan des stagiaires. Sûr qu’au bout de 15 jours, j’étais apte à faire un bilan,
tiens ! Le déjeuner doit s’étendre de 12h à 14h, voire un peu plus. Un cerveau ne fonctionne qu’avec un estomac plein après tout.

A 15h, il est temps de s’y mettre… ou pas. De toute façon, on est là jusqu’à 19 heures, ne nous stressons pas. On part en reportage ou on passe quelques coups de fils, on interviewe les gens qui se déplacent à la rédaction pour nous soumettre une idée d’article et à 18 heures, on se met à rédiger. A 19 heures (dans le meilleur des cas), on peut quitter le boulot
en soupirant : comment avoir une vie de famille en terminant si tard ?
 

Quand j’ai commencé mon stage l’été dernier, j’ai été d’une efficacité incroyable : arrivée à 9h, ayant déjà lu le journal at home, je rédigeais mes articles, prenais des rendez-vous, calait quelques interviews. Résultat, à 17 heures, je quittais la rédaction avec tous mes articles écrits et quelques uns en avance. Une fois, je suis rentrée d’interview à 18h, le
rédacteur en chef remplaçant panique : « Nina, tu dois avoir fini à 18h30 ! » Je le regarde, un peu étonnée : faire un article de taille moyenne en une demi-heure, c’est plus que faisable. 18h25, j’éteins mon ordi : article écrit, corrigé, illustré, prêt à imprimer. Un jour, j’avais même terminé de mettre en page tous mes articles du jour à… 9h30 !

Avec mon master, j’ai appris à simuler le boulot. Dans mon avant dernier stage (qui était très intéressant au demeurant), j’avais un ou deux articles à écrire par semaine, plus quelques brèves, parfois, des statistiques à rentrer sur le logiciel, rien de bien compliqué. Donc j’avais le temps d’écrire des mails, de glander sur des forums, sur des blogs… Et de créer le
mien, d’ailleurs.

C’est beau, ça brille…

Outre le fait que les journalistes sont très doués pour brasser de l’air, ils ont d’autres particularités. Les journalistes sont des forniqueurs. Franchement, plus je côtoie des journalistes, plus le qualificatif « fidèle » me paraît irréel. Il faut voir que le journaliste n’a pas d’horaires (comme expliqué plus haut). Quoi de plus facile de s’organiser un 5 à 7 ! En plus, en tant que journaliste, on rencontre des tas et des tas de personnes toutes plus différentes les unes que les autres. De plus, il semblerait que les journalistes sont attirés par tout ce qui brille comme les papillons par la lumière de la bougie. Regardez le nombre de journalistes qui ont eu des aventures avec des hommes politiques ! Récemment, encore, un de nos éminents Ministres a fricoté avec une journaliste qui a eu la décence de démissionner de son poste (elle était journaliste politique).

Pourquoi devient-on journaliste ? Par vocation ou par désir de côtoyer les plus grands ? Pour certains, je me pose vraiment la question. Tous ceux qui ont fréquenté une rédaction ont croisé ces personnages blasés qui ne supportent pas leur boulot mais qui reprennent vie dès qu’il est question d’un dîner avec un ministre, un député ou même quelqu’un d’un tant soit pu pourvu de pouvoir. Par exemple, vous êtes la stagiaire d’Anne-Marie Chaussefoin, journaliste qui n’a pour but que de lécher les bottes des grands de ce monde. A l’ordre du jour, deux missions : l’interview du sénateur Bidule et un portrait d’un artiste de rue aux cheveux emmêlés… Devinez ce que va choisir notre amie Chaussefoin ?

 De plus, un journaliste aime la nourriture et les boissons gratuites. Ainsi, les attachés de presse qui organisent une conférence ne vous invite pas à poser votre auguste fessier sur une chaise en fer pour écouter un monsieur déblatérer. Non ! Votre petit cul sera posé sur un fauteuil confortable devant un copieux petit déjeuner… ou en prémisse d’un succulent cocktail, au choix. Bref, pour bouger un journaliste, faut lui promettre à boire et à manger. Ainsi, j’ai pris un des meilleurs petits déjeuners de ma vie au Plaza Athénée lors d’une conférence de presse organisée par la FFR. Je crois n’avoir rien mangé de meilleur que cette délicieuse crème de framboise ! Bien sûr, on prend des notes, on pose des questions… Mais surtout, on bouffe gratos et on remplit notre agenda de numéros. Parfois, en plus de la bouffe, on peut avoir un petit cadeau. Quel beau métier, tout de même… Cette année, j’ai eu des cours de management avec un directeur de relations extérieures d’une grande chaîne de télé, son mépris pour les journalistes était assez impressionnant mais, en même temps, quand je vois le comportement de ces pique-assiettes, je comprends pourquoi…
 

Oui, journaliste, c’est quelques conférences et cocktails, c’est soirée en boîte avec les rugbymen champions de France avec open bar, en plus. Oui, ce sont des expos ou CD gratuits, selon le média pour lequel vous travaillez… Beaucoup de journalistes n’ont qu’un désir : vivre leur propre moment de gloire, soit en éditant leur premier roman, soit en présentant le JT, soit en épousant une célébrité. Donc beaucoup de journalistes sont frustrés. Il faut avouer que parmi tous les journalistes existant, peu ont l’occasion d’évoluer dans cet univers strassés qu’ils envient.

Puis y a les autres, ceux qui font ce métier par vocation… Mais il s’agit d’une frange tellement infime qu’il ne sert à rien d’en parler.

« Sucer n’est pas tromper! »

C’est la rentrée ! Dans la rue, des enfants au cartable neuf errent, les arbres se parent de leur teinte enflammée… Voilà, c’était la seule note de poésie et de lyrisme de l’article, j’espère que vous en avez profité.

petite gâterie?

 Grande question : « sucer est-il tromper ? ». Et bien cet article n’a pas du tout pour but de répondre à cette question mais à vous parler du retour de deux de mes ex-plans brouettes : c’est la rentrée et ils ont faim. Et, manifestement, ils ont du mal avec le mot « non », ils ne doivent pas trop en comprendre le sens.

De retour de la pharmacie

Il y a 15 jours, je traînassais sur le net, pour changer, quand MSN m’indique que Benoît se connecte. Soit. Ca fait quelques jours qu’il est de retour sur la toile mais comme la semaine avant, j’étais au boulot, je me mettais hors ligne. Et là, c’est le drame : le voilà qui vient me parler ! « Hé, salut, ça faisait longtemps ! » Non mais je rêve, c’est pas possible ! Polie, je réponds et là, il me fait : « oui, j’avais des problèmes avec Internet, je viens de trouver tes messages. » Mes messages ? Ces « s » indiquent qu’il y en aurait eu plusieurs ? Bon, manifestement, il me confond avec une autre donc je lui demande de quoi il parle : « Ben de celui que tu m’as laissé avant les vacances ! ». Ah, oui, donc, c’est bien de moi qu’il s’agit. Souvenons-nous ensemble, lecteur, du contenu de ce mail qui disait, grosso merdo : « t’es qu’un pauvre connard de m’avoir laissé en plan comme ça, ce n’est pas parce que je ne suis pas ta copine que tu ne me dois pas le respect. Ca m’a trop gonflée. » Des amabilités de ce genre.

M’attendant à des excuses, je le laisse parler et là, question : « alors, tu es toujours célibataire ? » Non, ne me dites pas que… Je le sens venir mais ce serait trop énorme, il n’oserait tout de même pas… Intriguée, je lui réponds que non et le voilà qui me fait : « ah, dommage ! ». Non mais je rêve ! Il a osé ! Amusée, je poursuis la conversation, me montrant assez ironique du genre : « oui, je ne suis plus célibataire, c’est bête, hein ? ». Mais apparemment, ça ne le dérange pas plus que ça : « je ne suis pas jaloux ! » m’explique-t-il. Encore heureux ! Il veut à tout prix une « dernière fois », pas moi. Mais il insiste, il propose de lécher les recoins les plus intimes de ma personne, je ne cesse de lui répéter : « Non, arrête, c’est pas la peine » mais il persiste ! « Je t’attacherai, je te donnerai des fessées ! ». Quel programme ! J’avoue que je ne suis même pas excitée. La rancune (toute relative) coupe-t-elle le désir ? Le souvenir de nos moments passés ensemble est-il suffisamment lointain pour que leur évocation me laisse de glace ? A moins que d’avoir un petit ami officiel avec qui je brouette souvent calme suffisamment mes ardeurs pour ne pas être émue à l’idée d’une partie de jambe en l’air (avec ou sans fessée).

Comprenant qu’il ne parviendrait pas à me corrompre, il me demande de lui présenter mes copines : mais bien sûr ! Gentiment, je mets en pseudo MSN : « les filles, je connais un maître-nageur célibataire » ou quelque chose du genre. Résultat : rien. Une copine est vaguement intéressée mais elle n’a pas le temps et un pote de brouette ne la branche pas plus que ça. Gauthier en ferait bien son quatre heures mais Benoît n’a pas viré sa cuti (je lui ai demandé, quand même). Mes copines en manque ne se montrent guère intéressée : bon, il est vrai que j’ai bien clamé haut et fort que c’était un connard mais en plus, le fait qu’il ait forniqué avec moi en refroidit plus d’une. En même temps, j’avoue que j’aurais du mal à brouetter avec un ex d’une de mes copines.

Comme on se retrouve !

Après avoir fait mon œuvre sociale avec Benoît (« tu es mignon, tu es maître-nageur, tu vas en trouver des copines ! »), je me pensais tranquille. Erreur !

Mardi soir, je laisse mon MSN allumé tandis que je descends dîner avec mes parents, j’avais précisé « partie manger » mais ça n’empêche pas les gens de venir me parler. Ainsi, je reviens devant mon écran et là, je découvre que Laurent avait essayé d’entrer en contact avec moi. Ça me ravit : comme je l’avais dit dans mon article bilan amusant, j’aime beaucoup ce garçon, je le trouve charmant et intéressant et je trouvais dommage qu’on n’ait plus de contacts ensemble. Je lui réponds donc, on s’échange les formules de politesse (« ca va bien ? Oui et toi ? ») et là, il me sort : « j’ai plus de copine ! ». Oh non, c’est pas vrai, il va me faire le coup lui aussi. « Et toi ? » Mon pseudo MSN était très exactement : « Mon chéri nage au milieu des poissons/Je me noie dans mon rapport de stage ». Je lui réponds donc qu’il n’a qu’à lire mon pseudo pour avoir sa réponse. Je lui précise que, c’est amusant, mais Arnaud a énormément de points communs avec lui : blond, breton, allergique au chat et amateur de plongée. Je continue la conversation en lui précisant que ça me ferait plaisir qu’on aille boire un verre en tout amitié mais ce n’est pas ce qu’il veut : « Moi, je veux faire crac-crac ! ». Ça a le mérite d’être clair.

Et c’est reparti pour la conversation : « non-je-suis-en-couple-et-fidèle-laisse-tomber ». Mais le monsieur se révèle insistant, il me rappelle ses fantastiques proportions (comme si j’avais oublié), les choses qu’on avait faites et tout le reste. Poliment, je lui réponds mais en gardant ma ligne directrice. Et là : « et tu ne voudrais pas venir me sucer ? Sucer n’est pas tromper ! ». Seigneur, si je m’attendais ! Je lui réponds assez laconiquement que sucer pour sucer, ça ne m’intéresse pas du tout. « Mais je te lècherai, aussi, et on en restera là. » Que répondre à de tels arguments ? La vérité : « tu crois sincèrement qu’on s’en arrêterait là ? Moi pas. » Mais si, répondit-il, il fera en sorte qu’on s’arrête là, même si j’insiste parce que, de toute façon, il préfère une bonne fellation à une brouette. Je suis atterrée. En plus, j’avoue que j’ai été un peu garce.

« Tu n’as pas des photos sexy de toi (sous-entendu nue, X, porno…) ?

– Non, j’ai pas ça !

– Tu ne peux pas en faire ?

– Non, je suis chez mes parents, j’ai pas mon appareil.

– J’aurais dû prendre des photos de toi quand nous étions ensemble

– Oui, ça aurait été marrant.

– Et tu en prendras de toi quand tu rentreras ?

– Non. »

Voilà pendant trois heures (et oui, quand même), je laisse la pression monter un peu mais je la fais redescendre par ces trois lettres magiques : N.O.N. Je lui avoue que j’aurais bien aimé qu’on se revoit entre potes mais je pense que c’est compromis : il ne saura pas se tenir et il me le confirme : « je t’embrasserai, tu te débattras, au début, mais je parviendrai à mes fins puis nous aurons nous promener au bord de la Seine, je mettrai mon bras autour de ta taille et je redescendrai doucement vers tes fesses. Puis on ira chez moi… » La bande-annonce est alléchante mais je n’irai pas voir le film.

Il continue sa propagande (« mais allez, juste une fellation ! Il le saura jamais, ton copain ! »), je continue à répondre non, me disant que je me serais peut-être passé de cette conversation qui casse un peu l’image idyllique que j’avais de lui. En désespoir de cause, il me demande si j’ai pas des copines célibataires (encore !) et je lui fais la même réponse qu’à Benoît : mes copines célibataires sont soit à Toulouse, soit pas disponibles pour une histoire, voire même pour une brouette. Alors il embraye. « Il s’appelle comment, ton copain ? » Je lui réponds et là, il me fait : « et il voudrait pas qu’on fasse un plan à 3 ? » Je ne m’y attendais pas à celle-là ! Bon, alors, honnêtement, il tape pile dans mon fantasme ultime. J’évoquerai la question avec Arnaud sous forme de boutade mais je connais déjà sa réponse, vu que nous avons déjà parlé de ce fantasme-là. Du coup, il espère que je vais vite quitter Arnaud (d’ici quinze jours, en fait, car il part ensuite en Afrique pour un mois et demi) pour qu’on s’amuse, à deux ou plus.

Là, il faut avouer que son passage sur notre hypothétique rencontre a fait naître une chaleur dans mon bas-ventre. Comme vous avez pu le constater, Laurent était le chouchou de mes plans brouette, même s’il m’a un peu agacée avant-hier à insister aussi lourdement. Quand je dis non, c’est ferme et définitif. En plus, ça tombe pile la semaine où je suis éloignée d’Arnaud, la tentation est réelle mais je fais face, il n’y aura ni brouette, ni fellation et léchouilles réciproques, ni même café.

Lectrice, si tu es intéressée par Laurent ou Benoît, n’hésite pas à m’envoyer un mail (visiteuz, tu semblais intéressée la semaine dernière !). En tout cas, si je me retrouve célibataire, je pourrai organiser un plan à 3 avec mes deux brouetteurs, ça me consolera.