Publier un article ou pas ?

Bon, aujourd’hui, je me suis posée la question : dois-je publier un article en ce dimanche 24 décembre alors que je sais d’expérience que la plupart d’entre vous ne viendront pas par ici, trop occupés à faire des repas de famille et tout ça. Bien sûr, ce n’est pas un reproche. Moi même, ce soir, en compagnie de mes géniteurs, je vais m’en foutre plein la panse.

Alors donc, est-il utile de publier quelque chose aujourd’hui si personne ne vient le lire, de griller un super article qui va te faire mourir de rire alors que tu ne viendras pas ? Mais d’un autre côté, est-il juste de punir ceux qui viendront quand même, comme un artiste qui ne donnerait pas tout ce qu’il a sous prétexte que la salle n’est pas pleine ? Bon, comme tu es en train de lire ces quelques lignes, lecteur, t’as compris que je t’avais pas oublié, méprisé, non. Voici donc l’article du jour. Cette année, je te raconterai pas les Noël de mon enfance parce que je l’ai déjà fait l’an dernier et que je n’ai vécu qu’une enfance. Je pourrais inventer des Noëls que je n’ai pas eus mais j’en vois pas bien l’intérêt. Et puis en plus, tout le monde te parle de Noël alors moi, je veux faire autre chose.
Bon, alors, de quoi vais-je te parler ? De sexe ? Bah, non, pas envie. De toute façon, moi, je pourrai pas en avoir avant le 04 janvier donc je conchie tout ceux qui vont brouetter entre temps. Je pourrais râler après la SNCF mais je le fais quasiment à chaque fois que je prends le train donc on va arrêter. Aaaaaaaaah, je sais ! (nous en sommes à la ligne 21 et je trouve enfin de quoi je vais parler, bravo !). Je vais te parler des trois chats qui cohabitent actuellement dans cette maison.
En un, nous avons Kenya. Tu la connais, c’est la bestiole qui partage mes jours et mes nuits. Maintenant, c’est une grande donc elle ne fait plus de conneries et se montre plus calme qu’avant. Genre je me pose et j’observe. Elle fait ça quand j’ai du sexe aussi mais là, j’aime moins, si elle pouvait mater autre chose pendant ce temps, ce serait sympa quand même. Donc Kenya, vraie petite princesse qui fait tout avec grâce et délicatesse, du moins quand on la regarde. En deux, nous avons Clio, la chatonne de mes parents. 7 ou 8 mois au compteur, un vrai chat de gouttière. Toujours en train de fureter à droite, à gauche, adorable, elle a une super tête, elle est trop mignonne. Donc Kenya et elle ne s’aimaient pas au départ, enfin, surtout Kenya, elles se battaient mais maintenant, ça va, elles se sont reconnues et jouent à se battre (mais comme ça ne miaule ni ne souffle, on sait que c’est pas vrai). Puis hier est arrivé le petit dernier, le chaton de 6 mois de ma soeur, Carambar. Lui, c’est un vrai petit écureuil, il saute partout, marche en équilibre sur la rambarde d’escalier… Bref, le chaton hyperactif. Mais comme c’est le petit dernier et le seul mâle, en plus, les deux autres n’arrêtent pas de lui souffler dessus, Kenya lui a même collé une tape ! Donc pour le moment, c’est les deux grandes contre le petit. Quoi que Kenya laisse les deux jeunots se débrouiller entre eux et les observe de loin… Trop maligne ma Kenya ! Le problème, c’est qu les deux aînées adoooooooooorent dormir dans ma chambre… Je dirais même sur mon lit. Bon, j’ai récupéré un lit deux places depuis ma dernière excursion mais Clio a un peu tendance à me dormir dessus, quand même… Et du coup, cette nuit, j’avais Kenya sur le lit et les deux autres dessous en train de se chamailler. Yeah ! Maintenant, les alliances ont un peu changées, Carambar et Clio sont inséparables, Kenya ne supporte toujours pas le petit. J’imagine ce que sera les noëls dans quelques années, quand ma soeur et moi ramèneront nos enfants plutôt que nos chats… Quoi que non, on ramènera le tout, avec nos compagnons aussi. Bref, j’imagine nos enfants, cousins, se retrouvant chez papi-mamie. Et forcément, il aura des alliances entre eux. Frères-soeurs contre frères-soeurs, garçons contre filles, aînés contre cadets? Ça va être folklo ! Enfin, déjà, avec les chats, c’est super animé dans la maison et on rigole pas mal à voir qui souffle qui, qui joue avec qui, qui castagne qui (qui dérape sur le carrelage et se mange un mur ou une porte)… On en a toujours un par les pattes, mais aucun chat n’a été écrasé pour le moment par un pied étourdi. Maintenant, je me demande ce que la séance d’ouverture des cadeaux va donner lundi avec nos trois acrobates… Un grand moment, certainement !

A la rencontre des journalistes

Aujourd’hui, on fait un peu d’anthropologie et nous nous allons découvrir une peuplade intéressante : les journalistes. Une journaliste est-elle la meilleure personne pour parler de ses congénères ? Pas nécessairement mais peu importe, c’est pas une thèse d’anthropologie que je compte faire !

Commençons par la base. Beaucoup prétendent qu’un journaliste est un écrivain raté. Dans mon cas, c’est tout à fait vrai. Beaucoup de journalistes ont sur leur ordi un fichier ultra confidentiel de la mort qui tue : leur premier roman. Ils ont déjà écrit cinq pages word, ça déconne plus ! Si Françoise Giroud ou PPDA l’ont fait, on peut le faire aussi !
En fait, il faut savoir qu’un journaliste est un individu qui brasse de l’air en faisant semblant d’être débordé. Je n’ai pas fréquenté mille et unes rédactions mais j’en ai connu quelques unes et mes camarades de galère (heu…de master, pardon), également.

 
Journée harassante

Voilà la journée type d’un journaliste : arrivée entre 9h et 10h. Enfin, plutôt 10h… voire après. De toute façon, les gens dorment le matin, c’est pas la peine pour les interviews et puis le bouclage est loin, rien ne presse. Le matin, le journaliste lit la presse : faut bien se tenir au courant de l’actualité. Le faire chez soi ? Et puis quoi encore,
vous commencez à bosser dès le petit déjeuner ? Ben nous non plus ! Donc première partie de journée : arrivé au boulot à 10 heures, lecture des journaux entrecoupés de pause café et de discussions avec les collègues. Parce que les journalistes ne sont pas différents des autres : on passe notre temps à casser du sucre sur le dos des absents (« non mais Monique, elle sait pas écrire… Si elle mettait autant d’application dans ses articles que dans son maquillage, on n’en serait pas là ! »).

 

Parfois, le matin, il y a les conférences de rédaction, haut moment de la vie journalistique : chacun veut vendre son papier parce que c’est le meilleur, le plus intéressant et qu’on préfère avoir son nom sur la page Une que sur la page 5 parce que rien ne garantit que les lecteurs aillent jusque là. En général, les gens sont mesurés mais on sent les tensions qui ressortent (« si cette connasse de Monique croit pouvoir caser son article sur la politique de reboisement de la forêt voisine, elle rêve ! »). Quand on est stagiaire, ces séances sont hautement enrichissantes : on n’a pas son mot à dire puisqu’on traite des sujets inévitables dont les journalistes titulaires ne veulent pas. Mais on voit très bien qui s’entend avec qui et qui est en bisbille avec qui, toujours une source d’information. De toute façon, en tant que stagiaire, j’ai toujours fermé ma gueule : critiquer mes collègues, bien mauvaise idée. Ces petites séances sont utiles car on se rend compte que le rédacteur en chef sert à quelque chose. Assis sur son fauteuil, trônant, observant ses journalistes d’un air intéressé, il jauge et tranche. Oui, le rédacteur en chef, ça sert à ça : séparer les journalistes qui se disputent et déjeuner avec les personnalités du coin. Des fois, ça écrit des éditos mais faut pas trop en demander non plus.

Arrive l’heure du déjeuner, une occasion souvent de revoir nos « amis » et glaner quelques infos, s’en foutre plein la panse aux frais de la princesse. L’été dernier, j’ai œuvré pour un quotidien régional, j’ai eu droit à un délicieux déjeuner dans l’hôtel luxueux voisin pour un bilan des stagiaires. Sûr qu’au bout de 15 jours, j’étais apte à faire un bilan,
tiens ! Le déjeuner doit s’étendre de 12h à 14h, voire un peu plus. Un cerveau ne fonctionne qu’avec un estomac plein après tout.

A 15h, il est temps de s’y mettre… ou pas. De toute façon, on est là jusqu’à 19 heures, ne nous stressons pas. On part en reportage ou on passe quelques coups de fils, on interviewe les gens qui se déplacent à la rédaction pour nous soumettre une idée d’article et à 18 heures, on se met à rédiger. A 19 heures (dans le meilleur des cas), on peut quitter le boulot
en soupirant : comment avoir une vie de famille en terminant si tard ?
 

Quand j’ai commencé mon stage l’été dernier, j’ai été d’une efficacité incroyable : arrivée à 9h, ayant déjà lu le journal at home, je rédigeais mes articles, prenais des rendez-vous, calait quelques interviews. Résultat, à 17 heures, je quittais la rédaction avec tous mes articles écrits et quelques uns en avance. Une fois, je suis rentrée d’interview à 18h, le
rédacteur en chef remplaçant panique : « Nina, tu dois avoir fini à 18h30 ! » Je le regarde, un peu étonnée : faire un article de taille moyenne en une demi-heure, c’est plus que faisable. 18h25, j’éteins mon ordi : article écrit, corrigé, illustré, prêt à imprimer. Un jour, j’avais même terminé de mettre en page tous mes articles du jour à… 9h30 !

Avec mon master, j’ai appris à simuler le boulot. Dans mon avant dernier stage (qui était très intéressant au demeurant), j’avais un ou deux articles à écrire par semaine, plus quelques brèves, parfois, des statistiques à rentrer sur le logiciel, rien de bien compliqué. Donc j’avais le temps d’écrire des mails, de glander sur des forums, sur des blogs… Et de créer le
mien, d’ailleurs.

C’est beau, ça brille…

Outre le fait que les journalistes sont très doués pour brasser de l’air, ils ont d’autres particularités. Les journalistes sont des forniqueurs. Franchement, plus je côtoie des journalistes, plus le qualificatif « fidèle » me paraît irréel. Il faut voir que le journaliste n’a pas d’horaires (comme expliqué plus haut). Quoi de plus facile de s’organiser un 5 à 7 ! En plus, en tant que journaliste, on rencontre des tas et des tas de personnes toutes plus différentes les unes que les autres. De plus, il semblerait que les journalistes sont attirés par tout ce qui brille comme les papillons par la lumière de la bougie. Regardez le nombre de journalistes qui ont eu des aventures avec des hommes politiques ! Récemment, encore, un de nos éminents Ministres a fricoté avec une journaliste qui a eu la décence de démissionner de son poste (elle était journaliste politique).

Pourquoi devient-on journaliste ? Par vocation ou par désir de côtoyer les plus grands ? Pour certains, je me pose vraiment la question. Tous ceux qui ont fréquenté une rédaction ont croisé ces personnages blasés qui ne supportent pas leur boulot mais qui reprennent vie dès qu’il est question d’un dîner avec un ministre, un député ou même quelqu’un d’un tant soit pu pourvu de pouvoir. Par exemple, vous êtes la stagiaire d’Anne-Marie Chaussefoin, journaliste qui n’a pour but que de lécher les bottes des grands de ce monde. A l’ordre du jour, deux missions : l’interview du sénateur Bidule et un portrait d’un artiste de rue aux cheveux emmêlés… Devinez ce que va choisir notre amie Chaussefoin ?

 De plus, un journaliste aime la nourriture et les boissons gratuites. Ainsi, les attachés de presse qui organisent une conférence ne vous invite pas à poser votre auguste fessier sur une chaise en fer pour écouter un monsieur déblatérer. Non ! Votre petit cul sera posé sur un fauteuil confortable devant un copieux petit déjeuner… ou en prémisse d’un succulent cocktail, au choix. Bref, pour bouger un journaliste, faut lui promettre à boire et à manger. Ainsi, j’ai pris un des meilleurs petits déjeuners de ma vie au Plaza Athénée lors d’une conférence de presse organisée par la FFR. Je crois n’avoir rien mangé de meilleur que cette délicieuse crème de framboise ! Bien sûr, on prend des notes, on pose des questions… Mais surtout, on bouffe gratos et on remplit notre agenda de numéros. Parfois, en plus de la bouffe, on peut avoir un petit cadeau. Quel beau métier, tout de même… Cette année, j’ai eu des cours de management avec un directeur de relations extérieures d’une grande chaîne de télé, son mépris pour les journalistes était assez impressionnant mais, en même temps, quand je vois le comportement de ces pique-assiettes, je comprends pourquoi…
 

Oui, journaliste, c’est quelques conférences et cocktails, c’est soirée en boîte avec les rugbymen champions de France avec open bar, en plus. Oui, ce sont des expos ou CD gratuits, selon le média pour lequel vous travaillez… Beaucoup de journalistes n’ont qu’un désir : vivre leur propre moment de gloire, soit en éditant leur premier roman, soit en présentant le JT, soit en épousant une célébrité. Donc beaucoup de journalistes sont frustrés. Il faut avouer que parmi tous les journalistes existant, peu ont l’occasion d’évoluer dans cet univers strassés qu’ils envient.

Puis y a les autres, ceux qui font ce métier par vocation… Mais il s’agit d’une frange tellement infime qu’il ne sert à rien d’en parler.