Scorpion ascendant gémeaux

Parfois, remplir un profil de site de rencontre ne peut qu’évoquer une demande de prêt avec un plan sur 30 ans où vous devez démontrer que vous êtes plus clean que l’appart de Monica. On vous demande la couleur de vos yeux, de vos cheveux, votre taille et votre poids, votre style vestimentaire, vos revenus et… votre signe astrologique. Chope-t-on mieux quand on est scorpion ou capricorne ? Enquête !

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Pourquoi ? Pourquoi veut-on connaître mon signe astrologique ? C’est pas que ça me gêne de le donner, je m’en fiche à dire vrai, mais quelle question incongrue quand on y pense. Je veux dire quand je me présente à quelqu’un, je ne donne jamais mon signe astrologique, ce n’est pas quelque chose qui me paraît fondamental. Mais vraiment pas du tout… Non que j’ai honte de mon signe astrologique, juste que ça ne me définit pas en tant que personne. Au mieux, c’est un truc rigolo qui va servir quand une bonne âme lira l’horoscope de 20 minutes à la pause café ou quand on liste les points communs par signe même si on peut se rendre compte qu’on reste sur des généralités. C’est un peu comme quand on était ados et qu’on faisait des tirages de cartes un peu idiots pour savoir ce que ressentait un garçon pour vous. Rien de grave, juste de quoi s’occuper 5 mn.

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Alors pourquoi cette question ? En un sens, je trouve ça quand même un peu pratique : quand je consulte la fiche d’une personne, son signe astrologique me permet de savoir s’il vient d’avoir l’âge qu’il annonce ou s’il va les quitter incessamment sous peu. Non qu’il y ait d’âge éliminatoire, ça me donne juste un élément supplémentaire. Et je vais éviter les mecs qui ont un signe astrologique dont l’anniversaire est dans le mois suivant pour m’éviter de lui offrir un cadeau. Mais non allez, je déconne ! Mais en dehors de ça, pourquoi donc demander cette information ? Ceci étant pourquoi ne pas répondre à cette question à partir du moment où on répond à d’autres ?

Astrologie

Y a-t-il ainsi des signes astros plus sexys que d’autres et d’autres plus honteux ? Pour ma part, je ne ressens pas de fierté ou de honte particulière d’être bélier. Même si ça veut surtout dire que mon anniversaire tombe au printemps, la meilleure saison du monde ou presque. J’aime bien être née en avril parce que c’est un bien joli mois, la plupart du temps : le soleil revient, la nature chante la vie, ça sent bon, on redécouvre les joies de se promener sans mille épaisseurs. Ouiiiii, je sais, en avril ne te découvre pas d’un fil mais quand il fait 20°, j’ai tendance à lâcher ma doudoune. Mais je m’égare. Donc bélier, je suis et ça ne me donne pas l’impression d’être la plus sexy du monde. En face, je reconnais que dans mon classement de mes meilleurs amants, les 4 premières places sont squattées par des scorpions et que certains scorpions que je connais ont un léger souci avec la notion d’organisation et ont une passion absolue pour se trouver une soudaine activité au moment où on a décrété qu’on levait le camp. Genre prendre une douche ou se couper les ongles (exemples vécus). Mais à côté de ça, je suppose que certains scorpions sont mauvais au pieux (j’en ai pas gardé souvenir, je connais pas non plus le signe astro de tous les hommes que j’ai connus) et si je prends Anne ou ma soeur, j’ai jamais noté cette manie de se trouver un truc à faire au moment de bouger (et ma soeur, je la connais depuis 31 ans quand même). Ou quand je vois ma soeur et mon père, tous les deux scorpions, je vois pas bien de traits de caractères similaires permettant de tirer un éventuel portrait du scorpion moyen. Et si j’en reviens à moi qui suis signe de feu ascendant signe de feu, je suis tellement une aquatique que ça vire à l’obsession (prive-moi de piscine et je disjoncte). Et puis par le passé, j’avais une copine très branchée astro qui m’expliquait que tel ou tel signe, c’était super le pied pour elle. Genre les béliers. Moi, les béliers, ils m’ennuient un peu au lit. Jusqu’à l’homme sans statut qui est rentré izy dans le top 10 et aurait pu rentrer dans le top 5 si j’avais pas décidé de le congédier de ma vie pour suspicion de perversion narcissique. Breeeeef, plus je fréquente les hommes, et même les femmes, plus je constate qu’un signe astro ne sert à rien.

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Et pourtant, parfois, je constate que certains ne remplissent pas ce champ mais en remplissent d’autres. Peur d’avoir un signe astro qui dérange ou alors… ceux qui ne le renseignent pas auraient-ils peur de faire fuir un super mystique qui fuit les taureaux/vierges/verseaux… pour des raisons un peu curieuse de type « ils sont trop cons, têtus, mauvais au lit » ? Est-il cohérent de refuser de donner son signe astro par peur d’être éliminé de la course à l’amour ? Doit-on fuir les paranoïaques du « mauvais signe » ou se rappeler que, nous mêmes, on s’en fout ? Tant de questions sur une constellation associée à notre date de naissance, c’est fou fou non ?

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La prochaine fois, nous parlerons régime alimentaire.

Les brunes comptent pas pour des…

Par Lucas

Oui, oui, oui, je sais bien : des centaines de milliers de lecteurs ( au moins) vont avoir du Lio dans la tête après avoir lu ce titre. Comme ça vous penserez à moi toute la
journééée. Je sais, je suis démoniaque. Gnark, gnark gnark (c’était pour la rime)

Aujourd’hui, je vais être super short, ce d’autant plus que le sujet est super bateau…
Je sais, cela va engendrer une déception de plus chez So Long et consœurs: je fais exeuprès rien que pour les embêter d’abord ( oui, la rentrée, ça me donne un petit coté pueri… enfantin)
De toute façon, j’assume, je sais , c’est mal : je pars à vau l’eau et grace à moi les anxiolytiques se vendent par millions.
Bon, on revient au sujet ? Un sujet où je tiens à ce que les mecs fassent des comm’, même anonymes !

Donc aujourd’hui, je tiens à m’insurger grave de la mort qui tue.
Ouhai alors celles qui sont en train de faire leur pause café et qui jettent un regard blasé, tristement habituées, en se disant « Tiens, ya encore Lucas qui s’insurge, je sens que ça va me défriser. Ou pas. » eh bien les demoiselles aigries et blasées peuvent aller voir sur un site de pandas  si j’y suis. D’ailleurs vous savez de quoi je vais parler ??

C’est marqué dans le titre.

Yen a qui suivent : braaaavo.
Chez mes grands parents ya une salle de bains dédiée aux chambres d’amis, dans laquelle ma tante a posté une affiche super grande. Au moins 1,5m sur 1m. Une pub pour Revlon avec Claudia Schiffer
et Cindy Crawford…

Ce qui, je l’avoue, est un peu déstabilisant.
Parce que je voudrais bien vous y voir…
Débarquer dans la salle de bains en pyjama, ou à poil pour faire ses ablutions ou aller aux toilettes, tout ça, sous le regard des deux naiades…

Vous m’avez compris.
Or, nos deux coquines qui matent sont blondes.
Et ça, ça me tue !

Pourquoi on nous balance toujours des blondes dansles pubs !?
Tenez, je pense à la fameuse pub d’Alice. C’te blondasse insignifiante mais sculpturale et souriante.
Mais attendez, Alice, ça vient d’Italie : c’est la patrie de mon idéal feminin : Marta Mondelli. C’est le pays des brunes, bordel !

Franchement, prenez un magazine et comptez le nombre de pubs.
Ya combien de brunes ?
Queu-dalle.

Combien de rousses ?
Queu-daaaaalle.
Combien d’auburn ?
La misèèèère.

Par contre les teup modèles cheveux paillasse yen a la masse…
Mais bordel, quand allons nous avoir un publicitaire un peu plus audacieux que les autres qui nous fera une pub humaine !? J’ai souvenir d’une image dans un magazine, une pub Dove super où on voyait de vraies femmes ! Des rondes souriantes et des vieilles heureuses!  Ah le sacrilège ! Je pense que le publicitaire qui a fait ça a dû être crucifié par ses collègues apres avoir été écartelé par 4 nanas nourries au Weight Watchers. Histoire d’apaiser les dieux de la pub qui ont du avoir un vilain couroux et une chute de tension en voyant ces vrais personnages de la vraie vie.

Bah oui, on préfère nous montrer les ternes anorexiques, avec un visage lisse, qui font parfois un sourire quand on leur fait gouzi gouzi sous le menton. On prefere nous montrer Claudia que Germaine et Brad plutot que Gerard.

Alors oui bien sur… Pour faire vendre, la pub doit faire rêver. Merci de me le rappeler : avec tous les trucs compliqués qu’on apprend en école de commerce on a tendance à oublier
les choses simples…
Pourtant, même si la pub doit nous faire rêver,  je suis certain qu’il y un marché pour la « reality pub ».

Renault Espace série limitée Joies Familiales: Vous n’aurez plus les « Quand est-ce qu’on arrive? »
Kinder Tcheukeulayte (avec le haut de l’emballage déchiré):
Sans vitamines,
Sans fibres,
avec plein de sucre et un bon gout,
comme dans tous les « 4 heures » qui se respectent: parce que « ça déchire », tout simplement.

Vous ne croyez pas que ça pourrait marcher ?? Non ?? Vraiment pas ??
Allez, je vous laisse avec une pub canadienne qui dure 1,15 mn et qui démontre à quel point on est manipulé… Le pire c’est que la nana est déjà jolie à l’origine !!

La carotte et le bâton

(Vieil article retrouvé dans mes archives, un peu obsolète pour certains trucs!)

Je parlais il y a X temps de bonnes résolutions pour mon anniversaire. Les résolutions, on sait tous que ça tient du vœu pieu, qu’on veut tous en faire mais qu’on en tient rarement plus d’une. Moi, comme je m’aime bien, je me mets en place un système de carotte et de bâton. Histoire de rester sur le bon chemin… Enfin, presque. Parce que des fois, pour avoir un truc bien, faut passer par un truc chiant. Par exemple, pour avoir la fesse ferme et le ventre plat ou à peu près, faut se bouger les fesses. Pour trouver un boulot, faut candidater. Pour avoir ses allocs, faut remplir
des papiers. Petite, je me souviens que j’avais une maîtresse qui nous donnait des images panini à chaque A (oui, on était noté de A à D). Et au bout de 10 images panini, on avait un poster pourri. J’aurais bien gardé les images mais on avait des séries (série 1 de 1 à 10 puis 2 de 10 à 20…) et je voulais faire la course en tête, moi. Du coup, ça motivait pour avoir des A.

 

L’autre jour, je parle avec Jane sur MSN, on parle arrêt du tabagisme. Jane, dans l’idéal, elle voudrait arrêter de fumer mais depuis que son mec est devenu son connard de putain d’enfoiré d’ex qu’il mériterait l’ablation des couilles, elle a perdu la motivation. Moi, je tenais. A ma grande surprise, j’avoue car ma dernière, quand je l’ai cramé, j’étais persuadée que je reprendrais vite. Bon, là, ce que je crains, c’est le retour d’une activité professionnelle : si je fume pas, je vais faire des pauses quoi ? Non parce que quand je bosse, c’est réglé : pause café, pause clope, pause pipi (faut évacuer le café), pause clope, pause pipi (je suis une fille), pause déjeuner, café, clope, pipi, clope, pipi, fin de la journée. Là, ça me fait quand même des pauses en moins et c’est chiant. En tant que journaliste qui écrit, il est des fois où je suis plantée comme une conne devant mon écran blanc, les doigts suspendus au dessus du clavier et rien qui sort… J’arrive pas à formuler une phrase. Donc dans ces cas là, je prenais ma cigarette et sortait de devant cet écran qui me narguait et hop, dans ma tête, ça finissait par se dérouler. Mais là, en fait, je suis en train de faire une grosse digression, as usual.

 

Donc j’avais pas repris. L’autre soir, pétée de stress, ça m’a démangée, pourtant. Peut-être que ça me détendrait, vu que j’ai déjà fracassé le verre qui contenait mes bougies et donc la forme me plaisait pas pour faire de la récup…Naaaaaaaaaaaaaaaaaan, ne cède pas ! T’as pas arrêté pendant quasi 4 mois pour recraquer bêtement. Donc, j’ai mis en place le système « cadeau du 18 ». Tous les 18 du mois, je m’offrirai un petit truc pour fêter un mois supplémentaire sans clope, genre une rose, une jolie chose, un truc qui me fait plaisir. De la même façon, quand je réussis un entretien, je me paie un éclair à la framboise de la boulangerie d’à côté. Parce que je suis fière de moi et que je me félicite. Et le jour où j’ai un boulot ? Là, je craque, j’embarque mes copines et je paie le champagne. Ou je sais pas. Mais un truc énorme mais parce que ça se reproduira pas de si tôt, à priori.

Par contre, des fois, je déconne. Genre je me fais des nuits de 10h. Ok, je suis au chômage mais j’ai des tas de trucs à faire. Genre écrire des articles pour ici mais surtout ailleurs, candidater, candidater, candidater… Traquer les annonces, voir sur viadeo si j’ai pas de nouveaux contacts potentiels, essayer de créer un buzz sur ma personne, écrire, écrire, écrire. Sans parler du ménage, des courses et du tricot parce que BORDEL, je dois aussi me détendre, je me fous une pression de débile en ce moment. Alors quand je déconne, faudrait voir à me bâtonner un coup. Non, je parle pas de sexe, là ! Mais j’ai du mal à me punir. Me coucher une heure plus tard pour finir tout ce que j’ai pas fait, c’est pas top
comme idée, je me lèverai encore plus tard le lendemain. Me punir de télé ? Ils passent plus Nip/Tuck et Six feet under, ils ont foutu Toutaz je sais pas quand, y a plus les 4400, j’ai revu 6 fois tous les épisodes des sitcoms d’AB1 vu qu’ils passent en boucle. En gros, la télé, en ce moment, c’est pas forcément ma potesse. Bon, je me punis d’éclairs à la framboise et de bain et de glande mais bon, c’est pas méga radical comme punition.

L’idée essentielle contenue dans cet article, c’est qu’il faut se donner du courage en se mettant un prix au bout du chemin. Après le ménage, je file
prendre un bain. Comme ça, ma baignoire toute propre aura plein de trace car l’émail rouge, ça pardonne pas et faut toujours que je mette plein de trucs dans l’eau de mon bain. Pendant, j’ai le droit d’écouter mon i pod et de chanter à tue-tête en passant l’aspi. Un article sérieux de fini ? C’est autant à rajouter dans mon pressbook, sans parler de ce sentiment valorisant d’avoir bien fait. Et même que comme j’ai bien bossé, j’ai le droit d’aller tricoter devant une connerie télévisuelle ou de m’endormir devant la télé.

Finalement, ma maîtresse de CE1, elle avait tout compris à la vie.

A la rencontre des journalistes

Aujourd’hui, on fait un peu d’anthropologie et nous nous allons découvrir une peuplade intéressante : les journalistes. Une journaliste est-elle la meilleure personne pour parler de ses congénères ? Pas nécessairement mais peu importe, c’est pas une thèse d’anthropologie que je compte faire !

Commençons par la base. Beaucoup prétendent qu’un journaliste est un écrivain raté. Dans mon cas, c’est tout à fait vrai. Beaucoup de journalistes ont sur leur ordi un fichier ultra confidentiel de la mort qui tue : leur premier roman. Ils ont déjà écrit cinq pages word, ça déconne plus ! Si Françoise Giroud ou PPDA l’ont fait, on peut le faire aussi !
En fait, il faut savoir qu’un journaliste est un individu qui brasse de l’air en faisant semblant d’être débordé. Je n’ai pas fréquenté mille et unes rédactions mais j’en ai connu quelques unes et mes camarades de galère (heu…de master, pardon), également.

 
Journée harassante

Voilà la journée type d’un journaliste : arrivée entre 9h et 10h. Enfin, plutôt 10h… voire après. De toute façon, les gens dorment le matin, c’est pas la peine pour les interviews et puis le bouclage est loin, rien ne presse. Le matin, le journaliste lit la presse : faut bien se tenir au courant de l’actualité. Le faire chez soi ? Et puis quoi encore,
vous commencez à bosser dès le petit déjeuner ? Ben nous non plus ! Donc première partie de journée : arrivé au boulot à 10 heures, lecture des journaux entrecoupés de pause café et de discussions avec les collègues. Parce que les journalistes ne sont pas différents des autres : on passe notre temps à casser du sucre sur le dos des absents (« non mais Monique, elle sait pas écrire… Si elle mettait autant d’application dans ses articles que dans son maquillage, on n’en serait pas là ! »).

 

Parfois, le matin, il y a les conférences de rédaction, haut moment de la vie journalistique : chacun veut vendre son papier parce que c’est le meilleur, le plus intéressant et qu’on préfère avoir son nom sur la page Une que sur la page 5 parce que rien ne garantit que les lecteurs aillent jusque là. En général, les gens sont mesurés mais on sent les tensions qui ressortent (« si cette connasse de Monique croit pouvoir caser son article sur la politique de reboisement de la forêt voisine, elle rêve ! »). Quand on est stagiaire, ces séances sont hautement enrichissantes : on n’a pas son mot à dire puisqu’on traite des sujets inévitables dont les journalistes titulaires ne veulent pas. Mais on voit très bien qui s’entend avec qui et qui est en bisbille avec qui, toujours une source d’information. De toute façon, en tant que stagiaire, j’ai toujours fermé ma gueule : critiquer mes collègues, bien mauvaise idée. Ces petites séances sont utiles car on se rend compte que le rédacteur en chef sert à quelque chose. Assis sur son fauteuil, trônant, observant ses journalistes d’un air intéressé, il jauge et tranche. Oui, le rédacteur en chef, ça sert à ça : séparer les journalistes qui se disputent et déjeuner avec les personnalités du coin. Des fois, ça écrit des éditos mais faut pas trop en demander non plus.

Arrive l’heure du déjeuner, une occasion souvent de revoir nos « amis » et glaner quelques infos, s’en foutre plein la panse aux frais de la princesse. L’été dernier, j’ai œuvré pour un quotidien régional, j’ai eu droit à un délicieux déjeuner dans l’hôtel luxueux voisin pour un bilan des stagiaires. Sûr qu’au bout de 15 jours, j’étais apte à faire un bilan,
tiens ! Le déjeuner doit s’étendre de 12h à 14h, voire un peu plus. Un cerveau ne fonctionne qu’avec un estomac plein après tout.

A 15h, il est temps de s’y mettre… ou pas. De toute façon, on est là jusqu’à 19 heures, ne nous stressons pas. On part en reportage ou on passe quelques coups de fils, on interviewe les gens qui se déplacent à la rédaction pour nous soumettre une idée d’article et à 18 heures, on se met à rédiger. A 19 heures (dans le meilleur des cas), on peut quitter le boulot
en soupirant : comment avoir une vie de famille en terminant si tard ?
 

Quand j’ai commencé mon stage l’été dernier, j’ai été d’une efficacité incroyable : arrivée à 9h, ayant déjà lu le journal at home, je rédigeais mes articles, prenais des rendez-vous, calait quelques interviews. Résultat, à 17 heures, je quittais la rédaction avec tous mes articles écrits et quelques uns en avance. Une fois, je suis rentrée d’interview à 18h, le
rédacteur en chef remplaçant panique : « Nina, tu dois avoir fini à 18h30 ! » Je le regarde, un peu étonnée : faire un article de taille moyenne en une demi-heure, c’est plus que faisable. 18h25, j’éteins mon ordi : article écrit, corrigé, illustré, prêt à imprimer. Un jour, j’avais même terminé de mettre en page tous mes articles du jour à… 9h30 !

Avec mon master, j’ai appris à simuler le boulot. Dans mon avant dernier stage (qui était très intéressant au demeurant), j’avais un ou deux articles à écrire par semaine, plus quelques brèves, parfois, des statistiques à rentrer sur le logiciel, rien de bien compliqué. Donc j’avais le temps d’écrire des mails, de glander sur des forums, sur des blogs… Et de créer le
mien, d’ailleurs.

C’est beau, ça brille…

Outre le fait que les journalistes sont très doués pour brasser de l’air, ils ont d’autres particularités. Les journalistes sont des forniqueurs. Franchement, plus je côtoie des journalistes, plus le qualificatif « fidèle » me paraît irréel. Il faut voir que le journaliste n’a pas d’horaires (comme expliqué plus haut). Quoi de plus facile de s’organiser un 5 à 7 ! En plus, en tant que journaliste, on rencontre des tas et des tas de personnes toutes plus différentes les unes que les autres. De plus, il semblerait que les journalistes sont attirés par tout ce qui brille comme les papillons par la lumière de la bougie. Regardez le nombre de journalistes qui ont eu des aventures avec des hommes politiques ! Récemment, encore, un de nos éminents Ministres a fricoté avec une journaliste qui a eu la décence de démissionner de son poste (elle était journaliste politique).

Pourquoi devient-on journaliste ? Par vocation ou par désir de côtoyer les plus grands ? Pour certains, je me pose vraiment la question. Tous ceux qui ont fréquenté une rédaction ont croisé ces personnages blasés qui ne supportent pas leur boulot mais qui reprennent vie dès qu’il est question d’un dîner avec un ministre, un député ou même quelqu’un d’un tant soit pu pourvu de pouvoir. Par exemple, vous êtes la stagiaire d’Anne-Marie Chaussefoin, journaliste qui n’a pour but que de lécher les bottes des grands de ce monde. A l’ordre du jour, deux missions : l’interview du sénateur Bidule et un portrait d’un artiste de rue aux cheveux emmêlés… Devinez ce que va choisir notre amie Chaussefoin ?

 De plus, un journaliste aime la nourriture et les boissons gratuites. Ainsi, les attachés de presse qui organisent une conférence ne vous invite pas à poser votre auguste fessier sur une chaise en fer pour écouter un monsieur déblatérer. Non ! Votre petit cul sera posé sur un fauteuil confortable devant un copieux petit déjeuner… ou en prémisse d’un succulent cocktail, au choix. Bref, pour bouger un journaliste, faut lui promettre à boire et à manger. Ainsi, j’ai pris un des meilleurs petits déjeuners de ma vie au Plaza Athénée lors d’une conférence de presse organisée par la FFR. Je crois n’avoir rien mangé de meilleur que cette délicieuse crème de framboise ! Bien sûr, on prend des notes, on pose des questions… Mais surtout, on bouffe gratos et on remplit notre agenda de numéros. Parfois, en plus de la bouffe, on peut avoir un petit cadeau. Quel beau métier, tout de même… Cette année, j’ai eu des cours de management avec un directeur de relations extérieures d’une grande chaîne de télé, son mépris pour les journalistes était assez impressionnant mais, en même temps, quand je vois le comportement de ces pique-assiettes, je comprends pourquoi…
 

Oui, journaliste, c’est quelques conférences et cocktails, c’est soirée en boîte avec les rugbymen champions de France avec open bar, en plus. Oui, ce sont des expos ou CD gratuits, selon le média pour lequel vous travaillez… Beaucoup de journalistes n’ont qu’un désir : vivre leur propre moment de gloire, soit en éditant leur premier roman, soit en présentant le JT, soit en épousant une célébrité. Donc beaucoup de journalistes sont frustrés. Il faut avouer que parmi tous les journalistes existant, peu ont l’occasion d’évoluer dans cet univers strassés qu’ils envient.

Puis y a les autres, ceux qui font ce métier par vocation… Mais il s’agit d’une frange tellement infime qu’il ne sert à rien d’en parler.