Scorpion ascendant gémeaux

Parfois, remplir un profil de site de rencontre ne peut qu’évoquer une demande de prêt avec un plan sur 30 ans où vous devez démontrer que vous êtes plus clean que l’appart de Monica. On vous demande la couleur de vos yeux, de vos cheveux, votre taille et votre poids, votre style vestimentaire, vos revenus et… votre signe astrologique. Chope-t-on mieux quand on est scorpion ou capricorne ? Enquête !

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Pourquoi ? Pourquoi veut-on connaître mon signe astrologique ? C’est pas que ça me gêne de le donner, je m’en fiche à dire vrai, mais quelle question incongrue quand on y pense. Je veux dire quand je me présente à quelqu’un, je ne donne jamais mon signe astrologique, ce n’est pas quelque chose qui me paraît fondamental. Mais vraiment pas du tout… Non que j’ai honte de mon signe astrologique, juste que ça ne me définit pas en tant que personne. Au mieux, c’est un truc rigolo qui va servir quand une bonne âme lira l’horoscope de 20 minutes à la pause café ou quand on liste les points communs par signe même si on peut se rendre compte qu’on reste sur des généralités. C’est un peu comme quand on était ados et qu’on faisait des tirages de cartes un peu idiots pour savoir ce que ressentait un garçon pour vous. Rien de grave, juste de quoi s’occuper 5 mn.

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Alors pourquoi cette question ? En un sens, je trouve ça quand même un peu pratique : quand je consulte la fiche d’une personne, son signe astrologique me permet de savoir s’il vient d’avoir l’âge qu’il annonce ou s’il va les quitter incessamment sous peu. Non qu’il y ait d’âge éliminatoire, ça me donne juste un élément supplémentaire. Et je vais éviter les mecs qui ont un signe astrologique dont l’anniversaire est dans le mois suivant pour m’éviter de lui offrir un cadeau. Mais non allez, je déconne ! Mais en dehors de ça, pourquoi donc demander cette information ? Ceci étant pourquoi ne pas répondre à cette question à partir du moment où on répond à d’autres ?

Astrologie

Y a-t-il ainsi des signes astros plus sexys que d’autres et d’autres plus honteux ? Pour ma part, je ne ressens pas de fierté ou de honte particulière d’être bélier. Même si ça veut surtout dire que mon anniversaire tombe au printemps, la meilleure saison du monde ou presque. J’aime bien être née en avril parce que c’est un bien joli mois, la plupart du temps : le soleil revient, la nature chante la vie, ça sent bon, on redécouvre les joies de se promener sans mille épaisseurs. Ouiiiii, je sais, en avril ne te découvre pas d’un fil mais quand il fait 20°, j’ai tendance à lâcher ma doudoune. Mais je m’égare. Donc bélier, je suis et ça ne me donne pas l’impression d’être la plus sexy du monde. En face, je reconnais que dans mon classement de mes meilleurs amants, les 4 premières places sont squattées par des scorpions et que certains scorpions que je connais ont un léger souci avec la notion d’organisation et ont une passion absolue pour se trouver une soudaine activité au moment où on a décrété qu’on levait le camp. Genre prendre une douche ou se couper les ongles (exemples vécus). Mais à côté de ça, je suppose que certains scorpions sont mauvais au pieux (j’en ai pas gardé souvenir, je connais pas non plus le signe astro de tous les hommes que j’ai connus) et si je prends Anne ou ma soeur, j’ai jamais noté cette manie de se trouver un truc à faire au moment de bouger (et ma soeur, je la connais depuis 31 ans quand même). Ou quand je vois ma soeur et mon père, tous les deux scorpions, je vois pas bien de traits de caractères similaires permettant de tirer un éventuel portrait du scorpion moyen. Et si j’en reviens à moi qui suis signe de feu ascendant signe de feu, je suis tellement une aquatique que ça vire à l’obsession (prive-moi de piscine et je disjoncte). Et puis par le passé, j’avais une copine très branchée astro qui m’expliquait que tel ou tel signe, c’était super le pied pour elle. Genre les béliers. Moi, les béliers, ils m’ennuient un peu au lit. Jusqu’à l’homme sans statut qui est rentré izy dans le top 10 et aurait pu rentrer dans le top 5 si j’avais pas décidé de le congédier de ma vie pour suspicion de perversion narcissique. Breeeeef, plus je fréquente les hommes, et même les femmes, plus je constate qu’un signe astro ne sert à rien.

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Et pourtant, parfois, je constate que certains ne remplissent pas ce champ mais en remplissent d’autres. Peur d’avoir un signe astro qui dérange ou alors… ceux qui ne le renseignent pas auraient-ils peur de faire fuir un super mystique qui fuit les taureaux/vierges/verseaux… pour des raisons un peu curieuse de type « ils sont trop cons, têtus, mauvais au lit » ? Est-il cohérent de refuser de donner son signe astro par peur d’être éliminé de la course à l’amour ? Doit-on fuir les paranoïaques du « mauvais signe » ou se rappeler que, nous mêmes, on s’en fout ? Tant de questions sur une constellation associée à notre date de naissance, c’est fou fou non ?

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La prochaine fois, nous parlerons régime alimentaire.

Où trouver l’homme ? Episode 10 : le smirting

(Je rappelle à mon lectorat et surtout à ceux qui tomberaient ici pour la première fois que cette série est une joyeuse fiction. Actuellement, le seul homme dont j’aurais besoin, c’est d’un kiné).


A la recherche du prince charmant

Le smirting, qu’est-ce que c’est ? C’est la drague entre fumeurs sur le trottoir devant les bars, c’est donc une pratique très 2008. N’ayant pas réussi à verrouiller une cible dans le bar, je vais aller m’en griller une petite sur le trottoir ne sait-on jamais.

 

Etape 1 : oublier son briquet. Ben oui, c’est super bateau mais c’est toujours la meilleure façon d’entamer la conversation sans en avoir l’air. Me voici donc dehors. Erreur tactique numéro 1 : il fait froid donc j’ai ma doudoune d’hiver, je ressemble plus à Mme Michelin qu’à Carmen Electra. Mais bon, la veste en jean, là, c’est pas possible, je vous rappelle qu’il a neigé y a une semaine. Ah tiens, y a un mec pas mal là mais il est avec quelques potes, je tente ou pas ? De toute façon, faut bien que je demande du feu, j’en ai pas.

Allez, à trois, je me lance.

Etape 2 : voix de velours et grand sourire. « Bonsoir, est-ce que je pourrais vous demander du feu, s’il vous plaît ? Merci ! ». Là, le truc, c’est de pas lâcher la proie et enchaîner de façon intelligente. Alors je pourrais faire remarquer qu’il fait froid mais ils sont pas cons, ils ont dû remarquer tous seuls. Puis ça donne de suite l’image de la nana creuse, c’est pas topissime. On va pas non plus commencer de suite par un sujet politique ou artistique, ça va leur faire peur. Non mais imaginez une petite nana cachée dans sa doudoune qui vous demande du feu et fait : « ouais et alors, le passage de la flamme olympique à Paris, vous en avez pensé quoi ? » ou encore mieux « et alors, t’as voté pour quoi aux dernières présidentielles ? », non, non, non, je vais passer pour une tarée. Surtout que j’ai tendance à avoir des opinions et à les défendre avec de grands moulinés de bras. Bon, on va tenter le bateau : « vous connaissez ce bar, vous le fréquentez souvent ? ». Tarte powaaaaaaa !


Etape 3 : Essayer d’attiser la conversation, toujours en laissant de côté les sujets qui fâchent. Alors deux hypothèses : les messieurs ne sont que de passage sur Paris alors il va falloir vanter les charmes de notre chère capitale. Soit ce sont des gars du coin et là, va falloir se la jouer provinciale benête (féminin de benêt)
« Ouiiiiiiii, je viens d’arriver sur Paris et je connais pas trop, tu compreeeeeeeends, hihi ! ». Ben oui, le prince charmant est par définition serviable et il sera ravi de me
faire découvrir la capitale, main dans la main, yeux dans les yeux, tout ça quoi. Hé oui la balade romantique, c’est peut-être cliché mais ça marche toujours. Les messieurs me répondent, ce sont des Parisiens alors jouons la carte de la provinciale, retrouvons notre accent toulousaing. Je leur demande quelques bonnes adresses, des endroits sympas pour se balader « les quais de Seine, le dimanche, c’est sympa, on peut faire du roller ! ». Ah ouais mais moi, le roller, c’est fini ! Je leur raconte ma mésaventure, ils rient. Homme qui rit, à moitié conquis. Ah, y en a un qui semble très motivé pour me faire visiter sa ville, cool. Je suis trop forte.

Je finis ma cigarette. Heureusement, si j’ai pas pris mon briquet, j’avais pris mon portable pour noter son numéro, mouahahahah. Ainsi, la semaine prochaine, je
draguerai en balade romantique à travers Paris.

Paris, aventure olfactive de tous les jours

Tu vois, lecteur, je suis rentrée sur Paris depuis jeudi. Quand je suis rentrée, j’étais non fumeuse depuis 17 jours, déjà. Là, j’en suis à 22 jours, malgré deux « ruptures » en une semaine. Mais bordel, ce serait trop con de céder surtout que j’ai économisé 75 euros, déjà.

 Girl kicking a cigarette butt

Alors, quand on arrête de fumer, il se passe un phénomène annoncé dans tous les livres et sur tous les sites sur l’arrêt du tabac : on retrouve le goût et l’odeur. Ca peut paraître génial et moi, j’étais un peu contente, au départ. Arrivée jeudi, j’ai pris le taxi. Vendredi, je suis pas trop sortie à part pour ravitailler mon frigo tellement vide que ça en était indécent. Samedi, me voici de retour au centre de Paris pour une réunion puis pour un thé avec miss Drusilla. Et, depuis, je m’en rends compte que j’ai bien retrouvé mon odorat et, curieusement, je suis pas sûre que ce soit une qualité super appréciable, un odorat développé, au centre de Paris. J’avais déjà remarqué que le métro puait mais cette odeur d’œuf pourri m’assaille un peu n’importe quand dans les rues. Si bien qu’au début, je regardais les gens qui m’entouraient d’un regard inquisiteur, pour tenter de voir lequel d’entre eux avaient pété. Oui, je te rappelle que nous sommes en période de gastro et quand les gens ont les intestins dérangés, ça ne sent pas bon du tout quand ils dégazent. Je pense que je tiens là la phrase la plus poétique écrite sur ce blog depuis sa création. Etonnée que tant de gens pètent, j’ai fini par comprendre : non, c’est juste l’odeur habituelle de Paris mais elle m’agressait moins avant.

 

Hier, je suis allée à la Poste de mon bled chercher un colis, un splendide borsalino qui me va trop bien. Il me faut un imper qui va avec, maintenant parce que ma doudoune noire, elle me tient super chaud mais ça fait bizarre avec le chapeau. D’un autre côté, je m’en fous. Je fais que ce que je veux, comme la super rebelle que je suis. Donc hier, alors que je m’approche de la dite Poste super moche avec des employés super ternes et super mous (je hais viscéralement cette Poste, c’est pas juste que je suis affectée à celle-là alors qu’un proche voisin, lui, a le droit à la super belle nouvelle Poste où tout est tout neuf), une odeur m’agresse littéralement les narines. Ca pique, ça pue : la pisse de chien. Mais bordel, c’est un chien de la taille d’une vache qui s’est lâché ou quoi ? Ah oui, non, c’est vrai, c’est mon nouvel odorat. Ok, alors en fait, c’est plutôt merdique comme nouveau pouvoir.

 

Quoi qu’il en soit, ça fait trois, quatre jours que je prends conscience à quel point le tabac pouvait me priver de certains sens. Bon, idéalement, l’odorat, j’aurais préféré le retrouver en respirant le parfum d’un homme au creux de son cou plutôt que l’odeur d’égout et de pisse mais peut-être que c’est un peu ma punition pour avoir fumé si longtemps (enfin, longtemps, j’ai fumé à peu près trois ans de façon régulière). Ca fait un an et demi que je m’habitue plus ou moins à l’odeur parisienne mais là, en fait, il faut que je recommence de zéro. Déjà que je sentais la station Châtelet arriver, là, je pourrai plus jamais la rater, celle-là. Et puis je parle égouts et pisse mais n’oublions pas la pollution. L’autre jour, j’étais donc dans la rue à l’angle de la rue de la Roquette et de la rue du Faubourg St Antoine et j’ai plissé le nez. Oh bordel, y a une voiture qui pue grave dans le coin. Ah non, en fait, c’est pas « une » voiture, c’est la pollution tout court. Alors je peux pas dire que je savais pas que Paris n’était pas pollué : quand on est à la Défense, on voit bien le nuage de plomb qui s’élève et qui grise le ciel. Mais en plus quand on la sent, on se demande à partir de quand il va falloir sortir le masque à oxygène.

 

Alors, maintenant, quand je me baladerai avec un non fumeur non parisien qui se balade à mes côtés et s’exclament : « bon sang, Paris, ça pue ! », je lui répondrait pas : « je sais mais on s’habitue », je dirai : « Ca, c’est peu de le dire ! ». Si j’étais d’une totale mauvaise foi, je pourrais me servir de cette pestilence pour reprendre mon tabagisme, pour protéger mon petit nez mais, outre le fait que je refuse de céder à l’envie parce que je peux le faire, je repense à ces doux moments où je plongeais mon petit nez tout mignon dans le cou d’un homme et que je respirais son parfum à plein nez. Surtout que comme ma vie est toujours un éternel recommencement qui doit beaucoup amuser certaines instances supérieures, j’ai réussi à sortir avec deux mecs qui avaient exactement le même parfum. Pas un CK one ou je ne sais quel parfum hyper répandu. Nan, un truc bien inconnu… Mais n’empêche que dès que je reconnais cette odeur, je suis émue. Et maintenant, je serai encore plus disposée à la sentir.

L’’homme que j’’aime

Comme je suis un peu exhibitionniste, j’ai décidé de faire une déclaration d’amour sur mon blog. Bien sûr, j’aurais pu aller chez Bataille et Fontaine demander au monsieur s’il veut ouvrir le rideau ou pas mais faut pas déconner non plus ! Manquerait plus que j’aille faire le guignol chez Arthur avec son jeu de boîtes que j’ai quand même du mal à saisir (enfin, j’ai pigé le concept, je comprends pas pourquoi y a des gens qui restent là longtemps et pourquoi ils pleurent tout le temps). Bref, il faut savoir dire aux gens qu’on les aime et moi, je le fais en public, en plus, mais avec classe.
 
J’aime, donc. Mais pas comme vous le pensez : juste un amour pur et chaste, une amitié très forte car l’amitié, c’est de l’amour. Hé oui, car l’homme de ma vie, c’est Gauthier.
 
Gauthier, je l’aime quand on parle politique étrangère
Gauthier, il m’énerve à trop boire et à conduire après
Gauthier, je l’aime quand on est sur la même longueur d’onde et qu’on dit les choses en même temps
Gauthier, il m’énerve quand il est en retard
Gauthier, je l’aime quand il prend des délires avec moi
Gauthier, il m’énerve quand il gâche ses possibilités en faisant l’andouille
Gauthier, je l’aime quand on passe des soirées à se vider la tête devant des conneries qui ne font rire que nous ou à peu près
Gauthier, il m’énerve quand il me dit que je vais me prendre un mur alors que je le sais très bien et que je fais semblant de pas voir. Et puis il m’énerve à avoir raison quand il me dit que je vais me prendre un mur.
Gauthier, je l’aime parce qu’on peut parler de tout sans tabou.
 
Mais surtout, Gauthier, je l’aime parce que quand je l’appelle à minuit et demi en larmes, il m’écoute, il me réconforte et même il m’engueule quand je tombe dans le trop mélodramatique. Oui parce qu’il faut le savoir, le Gauthier est équipé d’une fonction « coup de pied au cul ». Exemple, discussion que nous avons eu l’autre soir.
Nina, mode « je chiale » : « Bouhouhou, j’en ai marre, y a rien qui va, je vais rentrer chez mes parents !
– Pourquoi ?
– Mais je leur coûte trop cher !
– Mais enfin, tu vas pas rentrer chez toi ! Tu vas faire quoi, là-bas ? En partant, tu vas juste donner raison à ceux qui attendent que tu te plantes ».
Oui, pour la petite histoire (pourquoi je voulais rentrer), mon proprio refuse de me rembourser ma facture de plombier (800 euros), quand même, sous prétexte qu’il fallait que je fasse juste faire le devis, lui demander et après, faire les travaux. C’est vrai, après tout, qu’est-ce que je fais chier à chouiner pour une fuite dans la salle de bain ? Comme a dit la secrétaire du proprio : « mais une fois que le réservoir aurait été vide, y aurait plus eu d’eau ». Oui, c’est vrai, j’aurais pu patauger une semaine de plus dans ma salle de bain, ce que je suis exigeante, quand même… Donc voilà, mes sous de Noël sont partis chez M. le plombier, mes parents vont sans doute m’aider mais j’en ai marre de leur coûter du fric. Au passage, si un lecteur s’y connaît un peu en droit des locataires, qu’il me fasse signe.
 
Donc, Gauthier (désolé pour la digression moumour). On passe plus de temps à rire qu’à pleurer, quand on est ensemble, mais de savoir que je peux l’appeler au milieu de la nuit et qu’il m’écoutera, j’avoue qu’il y a peu de mecs qui feraient ça pour moi. Et c’est le seul que je peux écouter au milieu de la nuit parce que même si j’aime pas qu’il m’appelle 36 fois par jour, quand c’est grave, j’écoute. Tous les deux, on conchie la terre entière, on emmerde nos concierges et nos proprios, nos profs incompétents et nos tuteurs de stages esclavagistes. On dit du mal des gens qu’on n’aime pas et qu’est-ce que c’est bon ! On va manger des fois au McDo ou alors dans notre chère cantine du Marais, on fume, on rit. Gauthier, c’est le seul mec avec qui je peux délirer sur la vie sexuelle des huîtres. Oui, en fait, la semaine dernière ou celle d’avant (peu importe), je fais : « Pfffff, j’ai la libido d’une huître en ce moment… Quoi que je ne connais rien à la vie sexuelle d’une huître.
– Mais attends, les huîtres, ça passe son temps à partouzer sur des poteaux et puis c’est SM, une huître, ça passe sa vie accrochée à un filet. »
Ben voilà, y a que Gauthier pour me répondre ça et me faire rire avec la vie sexuelle des huîtres. Parce que même quand je pleure, il arrive à me faire rire. Hé oui, un Gauthier, c’est magique.
 
Laissez-moi vous raconter notre rencontre (de toute façon, c’est moi la chef du blog, je fais ce que je veux). Tout commence en 1999, fin janvier ou début février, je ne suis plus très sûre. Ce jour-là, il faisait gris et froid et je me gerçais les fesses sur le banc en béton devant l’UFR d’histoire. Je discutais avec Sandrine, notre amie nymphomane amatrice de 106 verte, et Rachel, mon ex meilleure amie frustrée et aigrie. J’avoue que je me souviens pas du tout de quoi on discute quand Sandrine nous ramène soudain un grand gars en faisant : « Ben, voilà les filles, moi je vous ramène un mec ! Gauthier, Nina, Rachel. »
 
J’avoue que je l’avais déjà croisé deux, trois fois, sans lui parler, mais il était difficile de pas le repérer : 1m94, un peu rond (mais pas plus que ça, ça faisait plus rondeurs de la fin de l’enfance qu’autre chose) mais surtout, une doudoune bleu EDF avec deux bandes jaunes fluo sur les manches. Moumour, je suis sûre qu’à l’heure actuelle, tu me détestes d’avoir révélé ce détail. Donc, on commence à discuter, je ne me souviens pas du tout de quoi. On sympathise bien et le lundi suivant, au lieu d’aller en cours de géographie, on va à la cafétéria avec Sandrine et Silvia, une amie andorrane. On retrouve sur place Guillaume, un ami du lycée de Gaugau et on parle de cul, de cul, puis de cul. Petit à petit, je me dis qu’il est plutôt mignon, Gaugau et on dirait bien qu’il me drague, à m’appeler « amour » et à me regarder droit dans le seins. Puis un jour, il découvre mon intérêt pour lui grâce à la finesse de Sandrine et il m’explique : « non mais là, je veux pas de relation sérieuse alors…heu… non. » Ce n’est que six mois plus tard que j’ai appris la vérité : le problème n’était pas tant qu’il ne voulait pas une relation sérieuse, le problème était que j’étais une femme. J’avoue que le jour où j’ai su ça, le râteau que je m’étais pris devint soudain le plus facile à digérer de toute ma vie amoureuse ! Evidemment, certains argueront qu’il aurait pu me le dire avant mais à cette époque, Gauthier était encore officiellement hétéro donc ne le lui reprochons pas.
 
Curieusement, ce vent nous a rapproché et nous sommes devenus inséparables. Ce qui a quand même pas mal aidés fut Internet : à l’époque, on était les seuls à l’avoir et on passait nos week-ends (oui, je ne l’avais que le week-end, chez mes parents, à l’époque) à s’envoyer des mails. Curieusement, notre amitié a dérangé Rachel. En très gros, cette fille était ma meilleure amie mais je pense qu’au fond, elle me détestait. Dès qu’un mec semblait s’intéresser à moi, elle en tombait amoureuse pour mieux me reprocher après le fait qu’il s’intéresse à moi et pas à elle. Nous étions tous trois en cours ensemble et Gauthier et moi nous passions des mots genre : « bite, couille, je te prendrai nue la tête dans le micro-ondes » et autres joyeusetés du genre. Le problème, c’est que Rachel ne supportait pas qu’on parle de sexe donc on ne la faisait pas participer et elle faisait la gueule, persuadée qu’on disait du mal d’elle. Du coup, en cours, elle se mettait entre nous et se penchait en avant pour qu’on puisse pas se passer les mots (qui passaient quand même dans son dos). Je veux pas dire mais je serai jamais assez garce pour écrire des mots méchants sur une fille qui est à côté de moi. Et forcément, elle tombe amoureuse de Gauthier et me voilà à nouveau la rivale. Sauf qu’à l’époque, j’étais maquée avec Pierre le pervers (enfin, façon de parler) et Gauthier était devenu mon meilleur ami. Brouetter avec lui ? Mais ça va pas, c’est limite de l’inceste !
 
Dans les premiers temps, Gauthier m’a apporté une chose précieuse : il m’a appris à jouer à la belote. C’est idiot mais quand je repense à ma première année, ce qui me revient avant tout, ce sont les parties de belote sur la pelouse du Mirail, mon petit pense bête à côté (alors, les atouts c’est valet, 9, as, dix, ça faut tant de points…) et notre merveilleuse façon de jouer, pas du tout à la parlante. Genre : « tu prends ? » Gros raclement de gorge qui veut dire : « si tu prends, connasse, je te pends avec tes propres tripes ». « Heu… non, ça ira ». N’empêche que ça me manque, la belote…
 
Mais notre amitié n’a pas toujours plu mais au fond, on s’en fout : je ne regrette aucune des personnes qui nous a tourné le dos. Hé oui, parler de cul, ça nous fait rire, jouer les pintades, ça nous fait rire. Mais bon, on va pas jouer les sérieux et sages rien que pour plaire. On est comme on est et puis c’est tout.
 
Bien sûr, nous eûmes des orages, 7 ans d’amour, c’est l’amour fol. Mille fois tu pris ton bagage, mille fois, je pris mon envol… Il n’empêche qu’un amour de 7 ans, c’est plus que toutes nos histoires d’amour cumulées (j’ai comme la sensation que cette phrase nous fait passer pour des loosers de l’amour). Même quand on se dispute (généralement, les causes sont oubliées et digérées dès le lendemain), même quand il m’écoute pas, même quand je l’écoute pas, même quand il m’impose Priscilla et Lorie, même quand je veux pas aller voir une daube au cinéma, on s’aime et puis c’est tout. Si un mec n’accepte pas Gauthier, il peut aller se faire voir.
 
En bref : moumour, je t’aime !

J’aime pas l’hiver

17h, il fait nuit, mon thermomètre m’indique que les températures sont passées en dessous de zéro. Hop, je jette sur les épaules ma super couverture en mohair de mémé et je me fais une infusion : l’hiver sera long.
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Mercredi 22 décembre, 16h, ma mère et moi sommes dans la voiture, on fait les courses de Noël… Et on n’y voit rien. « C’est pas possible, doit y avoir un incendie ! » clame ma mère. Faux, c’est le brouillard. A 16h30, c’est comme s’il faisait nuit, je répète ma charmante litanie : « Berk, j’aime pas ça, c’est sinistre, ce temps ! ». Effectivement, on n’a pas revu le soleil avant le samedi, le thermomètre n’atteignait même pas le zéro en journée, les stalagmites formées par la canalisation pétée dans le jardin restent là, les toiles d’araignées sont détruites par le givre, trop lourd pour elles. Je me plante devant la cheminée, une couverture sur les épaules (c’est mon truc, ça), avec juste une envie : roupiller un coup. Ou alors ne rien faire, bouquiner tranquillement. Mettre le nez dehors ? Je suis obligée ? Parce que l’hiver, j’hiberne. Je ne sors que contrainte et forcée, j’essaie de faire un maximum de trucs à partir de chez moi. Quelle déprime !
 
L’année commence en plein hiver. Passé les premiers jours pleins de motivation (une nouvelle année, une nouvelle vie !), la déprime revient : il fait froid, il fait gris. Le seul avantage de l’hiver, c’est que je me promène dans la rue sans me faire draguer par quiconque. Faut dire qu’il faut être en manque pour avoir envie de moi dans ma tenue anti-froid : une immense doudoune qui me fait ressembler à une chenille informe, un chapeau enfoncé jusqu’aux yeux, une écharpe qui me cache le cou… En gros, on ne voit que deux choses : mon nez rouge qui a tendance à couler dès que je rentre dans un lieu chauffé et mes lèvres craquelées par le froid ou barbouillées de baume hydratant. Sexy au possible, en somme. Ce qui est particulièrement pénible, en hiver, ce sont les changements de températures. Outre le nez qui coule, on se prend des suées insupportables. Quand j’habitais à Toulouse, j’avais dix à quinze minutes de marche pour attraper le métro donc je traçais dans la rue pour me réchauffer et une fois que j’entrais dans le métro, je devais virer toutes mes épaisseurs sous peine de me mettre à dégouliner… Evidemment, je chopais un rhume, de temps en temps. Je me souviens particulièrement de l’hiver 2000 où je ratais une semaine sur deux de cours à cause de foutues crèves qui me clouaient au lit (j’ai quand même eu ma licence, n’ayez pas peur). En plus, les rhumes, c’est mauvais pour mon nez. Par exemple, si vous regardez les photos familiales de Noël 2004, vous ne m’y verrez pas : j’étais malade et j’avais la tronche écorchée à force de me moucher.
 
Outre ces petits problèmes de santé soignés à coup de grog qui m’assomment littéralement, il y a une baisse de forme indéniable sur tous les plans. Par exemple, en hiver, j’ai la libido d’un poisson : je ne cours pas après les brouettes, j’ai plus envie de chastes câlins pour se réchauffer à deux… De toute façon, l’hiver, je ressemble à rien : outre ma tenue anti-froid, l’électricité statique me fait de drôles de coiffures. A propos d’électricité statique, cette dernière m’en veut particulièrement. Je me prends des pignes en permanence. Quand je rentre chez moi, j’enlève mon manteau et quoi que je touche, paf ! Je me prends une décharge. Ouvrir ou fermer la porte d’une voiture ? Paf ! Avant de faire un câlin à Kenya, je me décharge en prenant une pigne pour pas lui faire mal. Mais l’autre soir, alors qu’elle me faisait un câlin, clac ! Même en me peignant, je prends le jus ! Quand je me déshabille, le soir, je jette mon pull le plus loin possible, il atterrit dans un tonnerre de claquements, j’attends cinq minutes pour le ramasser. Je me souviens, plus jeune, ma mère m’avait offert un pull en polaire que je mettais tout le temps quand je rentrais chez moi, le soir. Une nuit, je l’enlève puis j’éteins la lumière. Et là, le voilà qui me fait des éclairs verts ! Bonjour l’angoisse…
 
Les journées sont plus courtes et notre activité s’en ressent : se lever alors qu’il fait encore nuit, il n’y a pas pire à mon sens. Je me souviens, l’an dernier, je partais de mon appartement à 7h30 le matin pour aller en cours, l’ambiance dans les rues était glauques : pas un passant, peu de voitures et surtout ce froid atroce… Je me souviens, une fois, j’étais partie travailler à 7h à la Poste, j’avais dû traverser le Pont neuf qui enjambe la Garonne à pied car le métro était en panne et je devais rejoindre mon bus au Capitole. Durant la traversée du Pont, j’ai cru mourir, le froid me mordait tellement que j’ai cru un instant que mes oreilles allaient tomber. Parfois, on commence les cours, il fait encore nuit, c’est tout de même étrange… De la même façon, le soir, il fait nuit à 17h et on n’a qu’une envie : une soupe et au dodo. En ce moment, comme je suis au chômage, je n’ai pas d’horaires particulières et quand la nuit tombe, j’ai l’impression que la journée est finie et que je n’ai rien fait. Faux, il n’est que 17h, j’ai encore le temps de faire des tas de choses. Mais sortir une fois que la nuit est tombée, ça ne me séduit que peu. Quand j’étais au lycée, c’était ma litanie préférée : « c’est horrible, on passe notre journée à l’école : on arrive, il fait nuit, on repart, il fait nuit ! ». Il est vrai que quand je compare mon emploi du temps en hiver et celui en été, ça n’a rien à voir. Même mon temps de sommeil n’est pas le même, je dors beaucoup plus en hiver qu’en été. Parfois, je me dis que je ferais mieux d’hiberner, ça irait plus vite !
 
De toute façon, il est prouvé qu’en hiver, on déprime, c’est scientifique : on voit moins le soleil, ça joue sur l’humeur ! Quand je suis allée voir Yohann en Suède, j’ai pu mesurer l’effet des longues nuits sur nos vies. Yohann est un lève-tôt : pour lui, se lever à 9h, c’est une fantastique grasse matinée. Pourtant, quand je suis allée le voir, on se levait jamais avant 11h. De toute façon, on passait plus de temps dans les cafés qu’ailleurs. Le premier jour, on va au centre commercial voisin et quand on ressort, il fait nuit.
« Tu veux faire quoi ? me demande-t-il.
– Ben, il est tard, on va peut-être rentrer.
– Nina, c’est 16 heures… »
Oh Seigneur ! Du coup, il y a des tas de choses qu’on ne peut faire, genre aller se promener en forêt… Enfin, si, nous l’avons fait, mais on s’est perdus et on a manqué de se retrouver dans la forêt en pleine nuit, seuls et abandonnés de tous… Heureusement, on a fini par s’en sortir, pas du tout là où on pensait… Et on fumait ! On allait de cafés en cafés (quand il fait nuit, traîner dans les rues, ça tente moins) donc on fumait. D’ailleurs, après ce voyage, j’ai arrêté quelques temps…
 
Bref, l’hiver est une saison qui me semble morte, où rien de positif ne peut vraiment se passer. Pourtant, j’ai rencontré Guillaume mon ex fin janvier, par exemple, il s’en passe des choses pendant ce temps-là. Mais c’est vrai que mon humeur est extrêmement cyclique : charmante le matin, irascible l’après-midi, une crise de fou rire peut succéder à une crise de larme (ou vice et versa). Oui, parce qu’en hiver, je pleure tout ce que je n’ai pas pleuré tout le reste de l’année et je pleure pour un rien. Je pleure devant un film, parce que je suis fatiguée, parce que je sais même pas… Et puis je ris pour rien aussi. L’hiver, je suis totalement paradoxale : je ne veux voir personne et je ne supporte pas la solitude. Par exemple, dimanche, je rentre de chez ma sœur chez qui j’ai déjeuné, mes parents sont repartis pour notre sud natal. Je m’étale sur mon lit et Gauthier m’appelle. « Tu veux aller au cinéma ? » Grande question : oui… et non. Oui, j’ai bien envie de me bouger un peu, de voir Gauthier. Mais non, j’ai pas envie de sortir et ai-je envie de voir quelqu’un ? Bon, finalement, j’accepte, on va voir un navet américain mais ça fait du bien, finalement, on discute un peu après et ça me fait du bien. En hiver, je recherche le maximum d’activités à l’extérieur mais sur le coup, ça m’emmerde de sortir… C’est où Sainte Anne, déjà ?
 
Enfin, bref, vivement le retour du printemps, du soleil, du jour quand je me lève, des températures normales, des bonnes humeurs permanentes…Plus que trois mois, courage !