Le joli Océan

A peine ai-je rangé ma valise après Oman que je la ressors pour partir dans les Landes avec mes parents. Oui, je sais, c’est rapproché mais j’ai pas choisi les dates, voilà. Puis je pars jamais du 15 juillet au 15 août car je déteste les gens. Donc nous voilà dans les Landes, l’océan. Et bien, au bout de la 3e année de vacances à l’océan, la fille de la Méditerranée que je suis commence à choper deux ou trois trucs.

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Laissez-moi d’abord expliquer cette histoire de fille de la Méditerranée. Mon papa est catalan (français) donc j’ai passé toutes mes vacances d’enfance à 2 pas de Perpignan. Pour moi, les grosses vagues, c’étaient celles qui soulevaient la mer d’une vingtaine de centimètres. L’eau et la plage étaient toujours à la même place quelle que soit l’heure du jour et de la nuit. On frissonnait quand l’eau n’atteignait pas les 20 degrés, le vent et la moiteur étaient nos compagnons de vacances… ainsi qu’une certaine partie de la France « Confessions intimes » mais ça, c’est un autre débat.

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Alors forcément, l’Océan, à la base, je sais pas trop comment le dompter. Je le trouve très beau, surtout quand il bouge et mousse, mais il a deux défauts : d’abord, il est froid et ensuite, ses vagues peuvent parfois me mettre au tapis. J’ai le souvenir d’un séjour à St Jean de Luz, l’été de mes 16 ans, une mission de 15 jours pour garder 3 gamins insupportables. Un lendemain d’orage, la mer était démontée et j’avais délaissé mes 3 monstres pour bondir dans les vagues. Je suis retournée à la plage plusieurs fois cul par dessus tête… Le seul endroit où j’ai revécu ça, c’était en Corse y a 4 ans, j’avais été propulsée telle une boule de bowling (sans rapport avec ma silhouette) sur le bord de la plage, finissant ma course à 30 bons mètres du bord de l’eau, mon maillot sur la tête.

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Il y a trois ans, lors de mon séjour au Pays Basque, j’avais fait ma crâneuse car j’avais fièrement pris un bain un 02 juillet à Hendaye, la plage où y a pas de vagues. Cette année, le défi était de taille : non seulement mon premier bain s’annonçait fin juin mais surtout je quittais une mer à l’eau à 30° en moyenne. Et en plus y a des vagues. Allez, moi pas peur, moi courageuse. Et oui, je me suis baignée. Tous les jours. Et j’ai joué dans les vagues sans boire la tasse. Bon, par contre, j’ai perdu plusieurs fois ma décence grâce à des maillots baladeurs, l’un ne tenant pas le haut, l’autre ne tenant pas le bas. Mais je m’en fous, je connais personne…

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Mais l’Océan, c’est pas juste sauter des vagues, c’est aussi dompter la nature. En premier lieu, les marées. Ayant passé 15 jours en Bretagne dans ma prime jeunesse, j’avais décrété que c’était marée basse le matin, marée haute le soir. Tout le temps, partout. Ben non. Du coup, je devenais la pro pour consulter les horaires de marée et affirmer qu’elle monte ou descend « non mais là, elle descend, y a de l’eau, regarde! ». « Non, elle était basse à 15h15, elle remonte là ! ». Le problème de la marée montante, c’est qu’elle est taquine. C’est à dire qu’on n’est jamais à l’abri d’une vague curieuse qui sort des limites pour venir lécher nos serviettes. Du vécu ? Non, pas du tout…

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L’Océan, c’est aussi le temps changeant. En Méditerranée, on a de beaux orages mais c’est pas pareil. Là, tu pars à la plage, tu ne sais pas si tu dois prendre le parasol ou le parapluie. Et c’est ce qui rend l’Océan beau, d’ailleurs, ces ciels aussi dévastés que la surface océane, les nuages qui répondent à l’écume, ces dégradés de bleus, verts, gris… Je passerais des heures à capturer ces paysages…

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Alors les vacances dans les Landes, c’était comment ? Nuageux. Donc superbe. Et surtout tellement déconnectant, j’ai l’impression d’être partie hors de ma vie… Et y a des moments où ça fait particulièrement du bien.

La tradition du bilan

Je me fiche de ne pas manger de dinde, j’aime pas ça, je me fiche de pas manger de bûche : si elle est pas glacée, j’aime pas ça non plus. Mais s’il est une tradition que j’adooooore et à laquelle je tiens, c’est celle du bilan (et celle des résolutions mais c’est pour lundi, hihi). Alors, 2013, ça a géré ?

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Et bien après le cataclysme 2011 et le pas vraiment mieux 2012, enfin, j’ai eu une année cool. Rah putain, ça fait du bien !! Cette année, je me suis retrouvée, une sensation de renaissance qui fait du bien au moral. Déjà, parlons boulot. J’ai enfin réglé mon problème de syndrome de l’imposteur. Oui, je n’ai pas fait d’études de marketing mais je suis douée, je pige vite. En un an, je suis devenue la reine des campagnes de pub Facebook et j’ai enfin trouvé ma voie, mon objectif. Ca, ce sera pour 2014 mais ça fait du bien de voir enfin la prochaine marche, de chercher à mettre en place une échelle pour l’atteindre. Enfin, mes qualités sont reconnues et louées. Une sorte de vengeance sur des expériences passées où j’ai été punie de pas avoir été élue par la Reine Mère, d’être tombée sur une manager qui ne fait rien à part chercher les responsables de sa propre incompétence ou encore une équipe où ça se passe entre couilles et, pas de bol, j’en ai pas. Ah et cette année, aussi, j’ai été félicité à plusieurs reprises pour ma grande organisation dans mon travail. Ahah, moi, organisée ? Et ben oui. Avec ma to do list, je suis devenue über performante. Comme quoi, rien n’est jamais définitif dans la vie, on peut changer.
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Bon, fin du chapitre boulot. Et les amours ? Mmmm, quelques rencontres sympas, de jolis moments mais rien de définitif. Des mecs bizarres aussi : un beau mythomane et je crois qu’un autre a essayé de me soutirer du fric mais rien de traumatisant non plus. Ca restera pour l’anecdote. Eventuellement, mon petit English one arrivé en fin d’année, je m’y attache un peu… Mais rien d’incroyable, je me suis bien amusée, merci.

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Côté activités annexes, je me suis inscrite nulle part finalement. J’avais des envies et puis finalement, en septembre, plus rien. Du coup, je passe ma vie à la piscine, j’y vais quand je peux/veux, c’est pas si mal. Cette année aura surtout été l’année de la déconvenue associative mais en fin de compte, ça se digère très bien. De toute façon, je repars avec mon ancien club de plongée en mai, on ne change pas une équipe qui gagne.

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Côté amitié, pas de changements, on reste sur les bons basiques. En même temps, c’est déjà pas toujours si simple de se voir donc c’est pas forcément la peine de chercher de nouveaux amis puis pourquoi faire ? Ah oui, si, j’ai ma théorie de jouer sur l’amitié pour trouver l’amour, à savoir : tu deviens pote avec une fille maquée dont le mec a plein de potes. Avec de la chance, parmi ses amis à lui, se trouve la perle rare… Mais bon, pffff, la flemme. Notons quand même que certaines personnes ont fait leur entrée dans ma vie grâce au boulot, des gens que j’apprécie énormément et qui rendent les déjeuners à la cantine plus savoureux. Non pas pour le contenu de l’assiette mais pour la teneur épicée de nos conversations.

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Mais surtout 2013, c’est l’année où je suis réellement devenue une super Tatie. Mon neveu et moi, on s’adore. Ma soeur m’en confie la garde de temps en temps, je le change, je le lave, je le nourris, je le couche, je joue avec. Quand il me voit, il est tout content et même que pendant les vacances, spontanément, il m’a fait un câlin alors qu’il en fait jamais. Ce petit bonhomme, c’est un concentré d’amour à haute dose et puis il est beau ! Mais vraiment, hein, tout le monde le dit, on dirait un bébé de la télé. Il est drôlement dégourdi aussi, il marche déjà (il a commencé pour ses un an), papote dur même si on comprend rien. Bon, du fait de sa grande mobilité, il fait pas mal de conneries aussi, ahem… Mais bon, c’est l’amour de ma vie.
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Et puis en 2013, j’ai arrêté de fumer et lu le livre le plus chiant de la planète (enfin, non, le 3e), preuve de ma volonté sans faille « quand je veux » et qui va me servir de base : je peux tout réussir puisque j’ai déjà réussi ça.
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Voilà, voilà. Une année bien remplie qui m’a permis de faire un peu la paix avec la « vie ». Non que je voulais me balancer par la fenêtre mais j’ai arrêté de soupirer en me demandant quelle serait la prochaine merde à me tomber dessus. Et puis après deux années de merde, je méritais une année à la cool. Maintenant, on va travailler pour que 2014 soit exceptionnelle avec les bonnes résolutions…

J’ai testé pour vous la naturopathe

Les plus attentifs d’entre vous auront noté que j’ai pas eu une patate d’enfer le mois dernier. Pour tout vous dire, après 3 mois d’une relation idyllique à base de pioupiou les petits oiseaux, l’oiseau s’est retrouvé un bon matin sans ailes. Le pourquoi reste un peu fumeux mais après quelques mois à collectionner les grosses baffes avec élan dans ma gueule, je me suis sentie un peu démoralisée. Le Tiger va avoir besoin d’aide.

J’ai d’abord pensé aller voir un psy, j’ai demandé le numéro à une amie et… Rien. Je n’avais rien à lui dire au psy, je savais même pas pourquoi l’appeler, ma seule récrimination étant que « putain bordel de merde, j’en ai marre d’avoir la lose » mais à part me dire que tout est question d’éclairage (ce que je sais déjà) y avait rien de plus à dire. Donc payer pour des choses que je suis déjà capable de dire, bof…

Et puis Anais a agi. Lors de la Parisienne, elle m’avait parlé d’une naturopathe que consultaient deux de ses amies et je lui avais répondu que j’étais potentiellement intéressée. Alors que j’étais en plein week-end « je ne veux voir ni parler à personne », elle m’envoie donc les coordonnées de la naturopathe. Action, réaction, je prends rendez-vous.

1er rendez-vous. Elle me fait asseoir à son bureau et me demande pourquoi je suis là. Je lui résume les marasmes 2011 et 2012 (oui, finalement, 2012 est une année bien pourrie aussi). Elle me pose des tas de questions sur ma famille, les morts qu’il y a eues, les suicides… Elle est étonnée par ma lucidité sur moi-même, sur le fait que je sais mettre des mots sur mes maux. Bref, je sors de là avec une violente envie de pleurer tant ma vie, c’est de la merde.

2ème rendez-vous, je suis enrhumée, j’ai rendez-vous pour une « thérapie identitaire ». En somme, beaucoup de mes angoisses ne sont pas les miennes et je dois m’en débarrasser. De ça et de ma superstition qui m’empoisonne. Du genre celle qui dit que je peux pas être amoureuse en amour et au travail en même temps. Mais c’est pas ma faute si chaque embellie professionnelle se déclenche relativement en même temps qu’une rupture. À la limite, l’inverse, on peut se dire qu’en période « pioupiou les oiseaux, ce mec est top ! », l’amour peut entraîner des étourderies au boulot donc une (relative) crise professionnelle. Bon, bref, stop la superstition, donc. Elle me fait des massages du ventre et de la tête. On définit sur quoi je dois travailler, elle écrit ça sur un bout de papier et me malaxe. « Le corps accepte le message mais pas votre tête ». Elle fait chier ma tête. Mais à force de manipulation , ma tête a arrêtée de faire sa maline. « Ah Ben je suis contente, vous avez très bien réagi en fait ». Oui…euh… Je sais pas, j’avais jamais tenté alors bon… »

3ème séance, j’ai enfin repris les rênes de ma vie et je vais mieux « bon, on reprend pas rendez-vous, vous n’en avez plus besoin là ». Le Tiger is back ! Je reste toujours la première étonnée de ma faculté à rebondir et à me relever. Je suis la femme-ressort.

Que retenir ? Que je suis faite pour être heureuse, c’est ma nature. Que je dois arrêter les mecs dépressifs et/ou déséquilibrés (mais le dernier, il m’avait pas prévenue !). Qu’il ne faut pas donner à ses enfants des prénoms ayant appartenus à des gens de ma famille… Ce qui est un peu dommage parce que dans le roman que je lis, y a un Vitia, prénom que je trouve super mais c’est le diminutif russe de Victor… Prénom de mon grand-père. Et surtout, surtout… Que je dois arrêter d’être superstitieuse. Moi aussi, je peux être heureuse en amour et au travail.

Est-ce que ça m’a fait du bien ? Oui, carrément. L’histoire ne dira pas si je suis sortie de ma sale déprime par ses soins ou parce que j’ai fait ce que je sais faire de mieux (me bouger les fesses). Néanmoins, je ne sais pas si c’est lié, mais l’eczéma qui me rongeait le pied depuis 2 ans est en pleine régression. Puis ça m’a donné beaucoup matière à réflexion, des tas d’idées d’articles, donc.

Ça tombe bien, ma plume est revenue !

Girls just wanna have fun

En ce moment, je suis très branchée fille. Pas sexuellement, non, mon lesbianisme reste abstinent, c’est moins dangereux pour mon petit cœur. Non, quand je dis que je suis
très branchée fille, je parle des mes coupiiiiiiiines avec qui j’entretiens des relations passionnantes et passionnées.

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Pendant longtemps, je me suis méfiée des amitiés féminines où y a toujours un relent de jalousie ou presque. Bon, au lycée, avec Cécile, on était comme les deux doigts de la
main et y a jamais eu de problèmes entre nous. Avec Anne non plus, je me souviens pas qu’il y ait eu des histoires de jalousie et nous connaissant, je pense que si je m’en souviens pas, c’est
normal, c’est qu’il n’y en a jamais eus. Mais bon, mes années fac ont été empoisonnées par des relations féminines conflictuelles qui m’ont fait limite détester les filles. Je ne sais pas
pourquoi les femmes ont une propension plus importantes à se jalouser les unes les autres. Récemment, j’ai déjeuné avec un blogueur de la « haute blogosphère », celle des importants qui
squattent le top 100 des blogs les plus influents et il me parlait de l’une d’entre elles qui avait pas mal de détracteurs alors qu’objectivement, il me fait marrer son blog. Ouais, c’est futile,
c’est léger mais c’est bien écrit, c’est jouissif alors où est le problème ? Rançon du succès, ok, mais pourquoi ce sont toujours les femmes qui doivent le payer, ça, ça me dépasse. Mais là,
je suis officiellement hors sujet.

 

Après un début d’année bien pourri, je rencontre Vicky avec qui le courant passe instantanément. En à peu près 6 mois, on est passées de copines de blogs à « les
inséparables à l’unique personnalité, c’est moins fatigant ». Même dans la lose, on est solidaires ! On passe nos journées à se mailer, nos soirées à se MSNer, on se voit trois ou
quatre jours par semaine. En gros, vous avez une, vous avez des chances d’avoir l’autre pas loin. J’avoue que cette amitié me fait beaucoup de bien, c’est serein, y a pas de jalousie. En plus, on
a même pas les même goûts en matière de mecs donc on se battra pas. Sauf pour George mais là, on s’est promis de le partager (mouahahah !). D’ailleurs, Vicky et Nina qui regardent Hors
d’atteinte avec Geoooooorge et Jennifer Lopez, ça donne : « Han, Geoooooooorge, il est trop beau. Elle était pas mal Jennifer à l’époque, quand elle était pas refaite de partout…
Putain, il est nul, ce film. Han Geooooooooooorge ! » Bref, on se marre, on se console, on se soutient. Normal ? Oui mais entre deux femmes, pas si simple. Certaines disent par
devant « oh, c’est trop affreux que Kevin-John t’ait plaquée » et pensent par derrière « Je trouvais bizarre que cette grosse vache soit en couple et pas moi. Ouf, retour au statu
quo ! ».

 

En dehors de Vicky, j’ai d’autres amies, of course. En ce moment, je vois beaucoup Summer aussi, Tatiana, Lil Virgo et Marine. Je dois à tout prix rappeler Sab, Lefroid et
Zoé. Avec les filles vingtenaires, on adore se faire des plans girlies : on va boire un verre dans un bar méga prout prout puis on va manger dans un resto tendance aux prix raisonnables
parce que se la péter, c’est bien, mais on n’a pas forcément les moyens de dîner à la Tour d’argent, hein. Bon, des fois, dans nos soirées girlies, y a Kinder mais bon, comme c’est le chéri de
l’une de nous, il est le bienvenu. Je suppose qu’on l’a un peu traumatisé quelque fois mais bon, il revient toujours, il doit aimer ça, entendre parler les filles. Et il a bien raison, on
n’apprend jamais autant sur les femmes que quand on passe une soirée avec une bande de filles et qu’on se fait discret. Genre Kinder, d’ici peu, il pourra nous écrire « Etre dans la tête des
femmes : ce qu’elles veulent, ce qu’elles désirent, ce qu’elles pensent de nous ».

 

A quoi ça sert les soirées entre filles ? A se détendre, à se marrer mais aussi à se rassurer. Quand vous exposez votre problème et que les autres disent « moi
aussi ! » ou « pas de panique, ça m’est déjà arrivé ! ». Non parce que les hommes, je les aime, je les aime même trop, des fois, mais ils savent pas ce que c’est d’être
une fille. Si je leur dis « merde, mes règles sont en retard », ils me filent de suite une pilule abortive ou commencent à choisir les futurs prénoms de nos enfants. Alors que mes
copines, elles raisonnent : « Oh, ça arrive, si tu dormais plus de 5h par nuit, aussi, que tu mangeais correctement, que tu n’avais pas repris la clope, que tu n’étais pas stressée par
ton boulot… ». Oui bon, ok, les amies servent aussi de mère de substitution parfois. Puis quand un mec nous fait une crasse, ça fait du bien de sortir la cellule « tous des
connards », un mec comprendrait pas. Non parce qu’on le sait bien que non, pas tous des connards, y en a de bien mais on s’en fout, on est malheureuses, on a droit de maudire tous les
détenteurs d’un pénis durant une soirée. Et puis on peut être futiles, s’acheter du maquillage ensemble, parler fringues, mecs, manger des glaces et se marrer. Ou, c’est superficiel et léger mais
on s’en fout, ça met du baume au cœur.

 

Bref, avec mes copines, on décompresse, on se marre. J’aime ses relations sans ambiguïté, sans jalousies, sans désir de plus ou de moins. Je leur dis tout, de la beauté des
fesses d’un choupinou à mes loses quotidiennes, à mes séances de piscine, tout, tout. J’aime nos mailings quotidiens, nos after work, ça illumine mes journées (qui ne sont pas bien ternes,
certes, mais encore plus). J’vous kiffe les filles !

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Et si je croyais en Dieu ?

En ce moment, je traverse une crise spirituelle, je m’en suis rendue compte mardi en regardant Bruce Tout puissant. Je dois être à peu près la seule personne à avoir pu trouver un sujet de réflexion dans cette daube so Jim Carreyesque. Je sais plus qui m’avait dit que c’était plus dans la veine du Truman Show et tout. Je pense que je sais plus qui est un junkie.

Dans le film, Jim aka Bruce commence le film en étant renvoyé et il en veut à Dieu, tout ça. A un moment, il prend sa voiture et hurle à Dieu de lui envoyer des signes. Celui-ci le fait en lui disant d’arrêter d’aller tout droit mais Jim-Bruce n’écoute pas et bim un réverbère et allons-y pour un « Dieu, t’es qu’un con, tu fais chier, pourquoi moiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ? ». C’est ce moment là du film qui m’a plongée dans une intense réflexion. Parce qu’en ce moment, j’ai quelques réclamations à faire aussi mais y a pas de service après-vente de la vie et ça m’emmerde. Non parce que j’aime bien que quelqu’un écoute mes récriminations. Même si la connasse de la Poste, quand je m’énerve, elle me raccroche au nez (véridique).

 
« Bonjour, Dieu service après vente.
– Bonjour, ici Nina Bartoldi, j’aurais une réclamation.
– C’est à quel sujeeeeeeeeeeeeeeeeet ?

– Alors voilà, depuis plus de six mois, j’ai une vie on ne peut plus vertueuse, je bois plus, je fume plus, je sors plus jusqu’au bout de la nuit, je bombarde la capitale de CV et résultat, je me prends refus sur refus, le mec avec qui je croyais sortir trouve intelligent de me faire le coup du silence radio et on m’annonce que ma grand-mère va mourir.

– Mais elle est pas morte.

– Non mais c’est quand même dur à vivre, sur le coup. Et je vous épargne les autres merveilleuses désillusions que j’ai dû subir depuis le début de l’année.

– Oui mais vous continuez à avoir du sexe.

– Je suis pas nonne non plus et ma vie sexuelle n’a rien à voir dans l’histoire.

– Mais c’est pas avec nous qu’il faut voir ça mais avec le petit Jésus.

– Non, il m’aime pas, lui, la seule fois que je lui ai demandé quelque chose (et encore en rigolant), il me l’a bien fait payé.

– Oui mais c’est avec lui qu’il faut voir
– Ben passez le moi !
– C’est pas possible.
– Pourquoi ?

– Parce que c’est carême, il est parti en vacances dans le désert.

– Bordel, j’en ai marre, vous faites mal mon boulot et c’est moi qui paie les pots cassés !! Passez-moi quelqu’un !

– Bip ! Bip ! Bip ! »
 

Bon, je déconne. Pourquoi croire ? Parce que la croyance, c’est l’espoir. Je m’explique. Vendredi soir, en rentrant de chez ma sœur, je regardais Sex and the city, c’était l’épisode où Carrie se fait plaquer par un post it et Charlotte lui explique (en gros)que les choses n’arrivent jamais sans raison. Ok mais ça veut dire quelque part qu’on a un destin, que les choses sont tracées. Parce que par exemple, si j’ai pas un job, à priori, ça veut dire que j’en trouverai un mieux après, qui m’attend. Si j’avais eu le 1er, j’aurai pas eu l’occasion de postuler pour le 2nd. Si un mec oublie de me rappeler, c’est pour que je sois dispo pour un autre mec (quoi que dispo… Enfin, j’en parlerai une autre fois). Si ma grand-mère est presque morte, c’est peut-être pour me rappeler que la vie est courte et qu’il faut foncer. Ou que je culpabilise parce que j’ai parlé de son héritage pour un ordi et que je l’ai même pas appelée pour la fête des grands-mères. Ou alors tout ça arrive sans raison parce que c’est la vie et c’est tout. Si la mienne est merdique en ce moment, c’est peut-être de ma faute ou la faute à pas de chance.

 

Mais c’est trop fataliste, ça, ça me plaît pas du tout ! Croire, c’est avoir quelqu’un à qui adresser ses prières. Même si elles sont pas exaucées, ça fait du bien de croire que prier, ça peut arranger les choses (sans se contenter de ça non plus, of course). Je ne veux pas avoir une religion, je n’aime pas les religions, elles ne servent qu’à faire la guerre (oui, je sais méga simpliste mais j’ai pas le temps de développer, là). Je veux juste croire que quelque part, ce qui m’arrive, c’est avec raison et que c’est pour apprécier ce qu’il viendra après. Je ne peux pas croire en une entité supérieure, je ne peux pas le concevoir, je rationalise trop à ce niveau-là. Mais peut-être juste croire que quelqu’un écoute mes prières quelque part et va me filer un petit coup de pouce. Genre un taf (en CDI, soyons fous), genre un mec qui me respecte (ooooooooooooh), genre ma grand-mère qui retrouve tous ses esprits parce que là, elle raconte un peu n’importe quoi…

 

Promis, quand j’aurai tout ça, je prierai pour la paix dans le monde.

Sea, sex and moto

Comme tu le sais lecteur, ce week-end, je n’étais pas là. J’étais loin, quelque part dans le sud ouest pour un petit week-end qui m’a fait un bien fou. Ma vie parisienne me saoule un peu en ce moment donc partir deux jours loin, en me déconnectant du reste du monde, ça vous repose une Nina.

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Vendredi, 17h30, je peste contre tous ces foutus Parisiens qui ont décide de partir en même temps que moi. En fait, c’est pas qu’ils partent en même temps que moi qui m’énerve, c’est leur propension à se planter pile en plein milieu, empêchant quiconque de passer. Bon, je pose mon divin fessier dans le train et c’est parti. Un peu (beaucoup) plus tard, j’arrive à destination et là, c’est le jeu : « toi aussi, retrouve ton hôte sur le quai de la gare alors que t’as même pas tes lunettes. » Evidemment, je sors du quai d’un côté, il rentre de l’autre et après avoir un peu tourné (et s’être appelés), on finit par se retrouver. Me voici donc parti pour un week-end avec Olivier, trentenaire, motard et homme fascinant. On se parle par MSN et téléphone depuis deux mois, autant vous dire que j’avais vraiment hâte de le voir. Il m’embarque dans sa voiture et m’emmène dans sa maison. Une baraque à son image : unique en son genre et bourrée de charme, je me sens de suite comme chez moi. On prend l’apéro en discutant, on s’embrasse un peu puis on file au resto. En moto, ouais ! En fait, ils ont annoncé un mauvais temps tout le week-end donc on se précipite sur le deux-roues car c’est pas sûr qu’on puisse en refaire par la suite. On file à toute vitesse, je m’accroche fort à lui, j’adore. Sur une moto, on se sent si libre, tout notre corps est caressé par le vent, c’est vraiment une sensation que j’adore. Surtout que de la moto, ça faisait un an que j’en avais pas fait.

 

On se fait un petit jap’ tranquille. Puis on a fait un petit tour en ville avant de rentrer à la maison se prendre un petit verre et se coucher. Bon, évidemment, deux adultes consentants dans un même lit, nous n’avons pas fait que dormir mais quand même un peu. Et franchement, les hommes d’expérience, c’est quand même vachement bien, ils vous amènent au pays des orgasmes multiples. Enfin, celui-là, en tout cas. Même s’il aime bien me faire mariner parce que paraît qu’il faut que j’apprenne la patience… Le lendemain, vu le temps maussade, nous n’avons pas bougé mais c’est pas grave, on a profité l’un de l’autre, on a beaucoup discuté aussi. J’avoue quand même que c’est super enrichissant de discuter avec quelqu’un d’un peu plus âgé qui a vécu plein de choses, ça permet d’avoir un certain recul sur ce que l’on vit. Bref, on reste tous les deux mais on ne s’ennuie pas, on passe encore une délicieuse journée.

 

Dimanche, quoi qu’il arrive, on avait décidé d’aller à la plage, j’y tenais particulièrement : j’y suis pas allée, cette année. On prend la voiture, le temps est mitigé. Plus on s’approche de la plage, plus le ciel est couvert. Tiens, les voitures en face ont les phares allumés… Tiens, ils ont les essuie-glace, aussi. Merde, il pleut. C’est pas grave, c’est pas ça qui va nous arrêter ! Bon, il flotte mais on commence quand même à longer la plage mais à peine arrivés, le temps se lève et là, tous les gens réfugiés dans les crêperies alentour débarquent mais contrairement aux plages méditerranéennes, on se marche pas dessus. J’avais promis à Olivier que je tremperai les pieds dans l’océan et vu que le soleil est revenu, je me lance. J’enlève mes bottes, mes bas, je remonte mon pantalon et j’y vais, armée de mon portable pour prendre une preuve de mon barbotage. Sauf que moi, je suis une fille de la Méditerranée donc pendant que j’essaie de photographier mes pieds, je fais pas attention aux vagues et je me retrouve avec de l’eau jusqu’aux cuisses sans trop comprendre ! Il n’empêche que l’eau est délicieuse et je regrette soudain de pas avoir pris mon maillot, j’ai très envie de me baigner. Mais mon string minimaliste ne peut pas faire office de maillot, pas plus que mon sous-tif certes très joli mais une fois trempé risque d’être tout transparent. Enfin, certains n’ont pas ma pudeur vu qu’on a vu passer un mec à poil courant joyeusement dans les vagues. Je sais pas pourquoi, mais un mec courant à poil a toujours un côté ridicule, avec son pénis qui ballotte.

 

Je retourne auprès d’Olivier et on s’étale sur le sable humide, au soleil, assez loin pour pas se prendre une vague (marée montante, j’ai tendance à l’oublier, ça aussi). On reste allongés là une bonne heure, Olivier s’endort tandis que je savoure. C’est un moment de pur bonheur, vous savez, où tout est parfait ? Je le sens bien allongée sur le sable, le soleil caressant ma peau laiteuse, le ressac nous isolant des conversations voisines. Je sens mes batteries qui se rechargent, tout le stress parisien parti aux oubliettes. Je suis bien, tout simplement. On finit par rentrer, décidant de récupérer la moto pour se balader un peu mais en rentrant en ville, on retrouve l’orage. A cause de la pluie, on décide de manger à la maison, on passe au McDo se ravitailler. Après ce dîner hautement calorique, on boit un dernier verre puis on part se coucher car le lendemain, faut se lever tôt. Mais évidemment, on ne s’endort pas de suite.

Il pleut toute la nuit, on se serre souvent l’un contre l’autre. A Paris, j’entends pas quand il pleut et ça me manque. J’adore cette sensation quand il pleut, la nuit, et que je suis sous ma couette, je me sens protégée. Chez mes parents, je dors sous les toits donc j’entends bien le crépitement des gouttes sous les tuiles. J’aime ce bruit, ça berce. On se réveille quelques minutes avant la sonnerie du réveil (ça, par contre, j’aime pas, j’aime me réveiller et voir qu’il me reste encore une heure ou deux à dormir). On se prépare, on se lave, on petit-déjeune puis après avoir vérifié que je n’avais rien oublié, il me ramène à la gare. Je suis un peu triste de partir car j’ai vraiment passé un super week-end et l’idée de retourner dans la grisaille parisienne ne m’enchante pas du tout (mais alors pas du tout).

Dans le train, je suis placée à côté d’un monsieur au surpoids impressionnant qui mord un peu sur mon espace vital, juste à côté de pompiers qui montent manifester. Je mate discrètement le plus beau de la brigade (enfin, le seul beau), ils attaquent direct au vin et au pâté, à 8h30, c’est violent. Alors que mon voisin part au bar prendre un café, le beau pompier s’assoit à côté de moi mais bon, j’avoue que ce week-end a calmé ma libido pour quelques temps donc je reste lire mon foutu bouquin de Roland Barthes que j’arrive pas à finir. Au dehors, j’aperçois deux magnifiques arcs en ciel. Oui, c’est mon côté girlie-petite fille-licorne rose (© grr), je m’extasie sur les merveilles de la nature, les papillons et les arcs en ciel. D’ailleurs, dans la voiture, quand on rentrait de la mer, Olivier a eu droit à un « non mais ils conduisent vraiment comme des cons ici. Moi ça me dépasse cette façon de… OH UN ARC EN CIEL ! ». Puis je m’emmitoufle dans ma veste et soudain, on est à Paris et je comprends rien. On vient pas juste de partir ?

 

Bref, c’était LE week-end dont j’avais besoin, une mise au vert nécessaire qui m’a permis de me remettre sur les rails. Mon hôte est un homme charmant et chaleureux, à la fois fort et tendre à la fois. Un peu un deux en un. D’une virilité pas croyable à certains moments et super câlin à d’autres. Le genre d’hommes avec qui je me sens bien, à côté de qui je peux rester sans parler sans me sentir mal à l’aise. Il n’empêche qu’il paraît aujourd’hui évident que je pourrai pas vivre sur Paris tout ma vie : le vert, qu’est-ce que ça me manque !

PS : j’ai pas pu mettre la photo de mes pieds, j’arrive pas à passer les photos de mon téléphone à mon ordi mais y a des gens qui ont des preuves!

Sur les rotules

Depuis quelques temps, me voici devenue une working girl. C’est plutôt une bonne nouvelle, vu ce que j’ai galéré pendant les 6 derniers mois. Cette semaine, j’ai donc entamé un nouveau stage. Problème : la masse de travail est énorme et je suis pour l’instant seule à l’accomplir. Jeudi et vendredi, ce fut donc après-midi boulot chez Michel pour déblayer un peu le terrain. Résultat : mon week-end à Toulouse va être des plus réduits car je dois être de retour lundi à 8h. C’est parti pour un week-end marathon.

 


Jeudi, je sors de ma première réunion et j’ai compris : inutile d’espérer pouvoir partir le lendemain en province, j’ai encore une réunion et elle va finir tard. Effectivement, elle a terminé à 21h. Bon, c’est le début, ça va se calmer après. Donc je prends le train samedi à 7h30. Oui, vous avez bien lu, moi, dans un train à 7h30. Samedi, 6h, mon réveil me tire de mon sommeil. Fais chier, je serais bien restée au lit. Et c’est parti pour une des journées les plus longues de l’année. Je me lève, je m’habille, je finis mon sac et 6h30, je sors de chez moi (je me suis pas maquillée, ça fait gagner du temps). 7h, me voilà arrivée à la gare donc avec une demi heure d’avance qui m’ont servi à boire un café. Dans le train, ô misère, je tombe dans un compartiment, c’est impossible de dormir là-dedans, je fais comment pour finir ma nuit, moi ? Autant ne plus y compter. Heureusement, à Limoges, je change de train et dans le nouveau, y a de la place donc je dois dormir/somnoler deux bonnes heures. Sauf que dormir dans le train, ça fait mal au dos et aux cervicales. Donc décision : cet après-midi, je fais la sieste sinon, je ne tiendrai pas.

Arrivée à la gare, je retrouve mes parents et là, on croise la mère d’Anne qui vient justement chercher sa fille. On reste un peu à papoter et voilà justement Anne qui me propose de passer chez elle. Donc, je rentre chez mes parents, je jette mon sac dans un coin, mon linge dans la machine (oui, pour les draps, un sèche-linge, c’est top et je n’en ai pas), mon café dans le gosier, Technopolis sur le blog et je repars. Après-midi chez Anne à me gaver de thé et de café car je sais que je pourrai plus dormir. On papote de nos vies, de nos hommes (surtout d’eux, des oreilles ont dû siffler samedi après-midi), on dit un peu de mal des gens mais pas trop. Bref, un après-midi normal entre filles.

18h15, retour chez moi, opération « douche ». Mmmm, que ça fait du bien. Sauf que le drame se noue. En sortant de la douche, je tends la main pour attraper mes vêtements posés sur le rebord de la baignoire (oui, dans la salle de bain de mes parents, y a une cabine de douche ET une baignoire) et je fais tout tomber dedans. Ce qui est ennuyeux car il y a un phénomène de reflux donc toute l’eau que j’ai utilisée pour me laver stagne au fond de la baignoire et mes fringues trempent désormais dedans. Et merde ! Donc je fais une expédition punitive dans le placard de ma mère qui, heureusement, se fringue bien et fait la même taille que moi. Du coup, je suis à la bourre, je me maquille en parlant à ma maman qui venait de finir ses courses (dont la carte de vœu pour Gaugau, une carte miniature…).

Je pars enfin pour Toulouse, je perds une plombe à la station essence puis je prends l’autoroute. Arrivée sur place, je récupère Lucie et on va manger chez un couple d’amis. Première partie de la soirée calme, on mange des pizzas tout en jouant à la belote. Ben, mine de rien, j’adore la belote et ça devait faire plus d’un an que j’avais pas joué et ça m’a fait bien plaisir, surtout que mon partenaire et moi avons rétamé Lucie et son collègue lors de la deuxième partie. Bon, nous, on avait du jeu et pas eux. D’ordinaire, j’ai pas de chance aux jeux, moi, j’espère que je ne dois en tirer aucune conclusion… (je plaisante).

Nous sommes arrivées à 20h30. 22h, Gauthier commence à nous harceler pour qu’on se dépêche mais on finit notre repas-belote quand même surtout que j’apprends par Lucie que je dois récupérer trois personnes au passage. Sympa de me prévenir, c’est quand même moi qui conduit. Bon, on finit par partir vers 22h45 puis on tourne dans Toulouse pour récupérer les 3 personnes et on part enfin chez Mister Big. Ô miracle, on trouve une place en bas de chez lui, même pas besoin de faire un créneau. J’étais partie sur un : « à 1h, je me casse ». Finalement, le temps qu’on parle, qu’on fasse les cadeaux et tout ça, on décolle un peu avant 3h, je redépose mes passagers de l’aller moins une et je finis finalement par me coucher à 4h, totalement épuisée. Je ne m’endors qu’une demi heure plus tard.

Le lendemain mati, j’émerge à 12h30 et c’est reparti. Un bisou à ma mamie qui est venue manger, une douche vite fait avec lavage de cheveux obligatoire et hop, on déjeune. On mange sans se presser en avalant les infos, arrêt sur images (ouais, j’ai enfin réussi à faire regarder cette émission à mes parents !), les Guignols et le zapping. On débarrasse, je fais un tour rapide sur le net pour lire mes mails et les comms sur le blog. Je redescends, ma grand-mère part, je lui fais un bisou. Puis comme il est hors de question que je m’allonge et qu’il n’est que 14h30 (mon train étant à 16h39), on décide d’aller faire un tour dans la nouvelle voiture de ma mère, qui a la particularité d’être décapotable. Yeah. Je fais donc mon sac et vers 15h, nous voilà parties sur les routes de la campagne. Bon, c’est super agréable de se balader en décapotable, faut le dire, même si la luminosité me dérange un peu au départ. Bon, au bout d’un moment, la gorge me gratte et mes yeux se mettent à pleurer mais ce n’est pas très grave. Ca fait longtemps que mon allergie au pollen ne s’était pas à ce point manifestée.

Le problème, c’est qu’on se promène, on se promène et qu’à un moment, je fais : « maman, mon train part dans 20 minutes ». « Maman, mon train part dans 10 minutes… ». « Maman, a priori, je n’aurai pas mon train et le prochain me fait arriver à 23h50. » Bon, on va quand même à la gare, j’arrive et je vois que le train est là, voie 2, donc je prends les escaliers en courant avec ma valise qui pèse un peu quand même, j’arrive sur le quai d’en face, le coup de sifflet vient de retentir mais une porte est encore ouverte, deux contrôleurs discutant donc j’essaie de me jeter à l’intérieur mais ils me bloquent : « non, mademoiselle, aucun passager de cette gare ne peut monter dans ce wagon. » Bon, sur le coup, je me dis que je suis tombée sur un farceur mais apparemment, non, ce n’est pas le cas. Il m’a expliqué mais je n’ai rien compris et je m’en fous : le train est encore ouvert, je suis sur le quai, je veux monter. Il me dit qu’il y a une majoration de 35 euros, je réponds que je les paierai mais je veux partir ! Heureusement, le contrôleur du train est plus sympa, il me fait monter avec la promesse que je change de wagon à l’arrêt suivant (c’est un grand convoi avec deux TGV collés). Je m’installe donc tout au bout du premier TGV et docile, à l’arrêt suivant, je descends et je change de place. Sauf que la SNCF est très joueuse, elle ne m’a attribuée aucune place précise…Je trouve cependant une banquette libre, je m’y installe. A l’arrêt suivant, personne ne vient me chasser de là, un gars vient s’asseoir à côté de moi et m’explique que, comme moi, il n’a aucune place attribuée… Décidément ! Surtout que le train est loin d’être plein… Enfin, je suis assise. Au menu : écriture puis quand l’ordinateur bippera la fin de sa batterie, je lirai avant de m’assoupir. En rentrant chez moi, j’ai beaucoup de boulot mais ça attendra. Ce soir, je ne fais rien, ça me changera de ce week-end. En tout cas, j’aurai réussi en 26 heures à voir mes parents, ma mamie, Gauthier, Mister Big, Lucie, Emma et Anne, à fêter un anniversaire, faire deux parties de belote, boire un peu (Mister Big, ton margarita fraise, mmmm), me faire un nouvel ami qui est une machine à compliments, mettre mon blog à jour, faire une balade avec ma maman et apprendre les derniers potins de la famille (Gaugau, parenthèse pour toi : mon cousin pas beau de 20 ans va être papa… au secours), faire une lessive, prendre deux douches (dont une où je me lave les cheveux), noyer mes vêtements… Finalement, y a que dormir qui manque à la liste. Et le week-end prochain, le frère de Gauthier monte… Seigneur !

 

Cravachons l’’hippopotame

Les années se suivent et ne se ressemblent guère. Il y a un an, à peine arrivée sur Paris, je fêtais mon anniversaire avec Gauthier et Lucie montés pour l’occasion, Clara qui
vivait chez moi et son meilleur ami et Pedro, qui nous avait bien emmerdé toute la soirée (« non mais moi je veux pas faire ça ou ça. Et puis d’abord, c’est Nina qui choisit, tu veux faire ce que Gauthier propose ou ce que je propose ? » Curieusement, Gauthier a gagné). Une soirée sympathique mais qui ne restera pas forcément dans les annales (sauf ma bûche mémorable sur le trottoir à St Michel).

 

Cette année, je fus gourmande : pour fêter mes 26 ans, qui me rapprochent inexorablement de la trentaine, j’ai décidé de le faire trois fois. En fait, au début de l’année 2006, j’étais trèèèès pessimiste sur ces 26 ans, j’avais un peu peur de revivre mes 22 ans, la pire année de ma vie, d’après mes souvenirs (premier échec scolaire de ma vie, des décès en pagaille dans mon entourage, rupture d’Alice et Anthony…). Pourtant, plus l’échéance approchait et plus je me sentais sereine, je pense que mon petit CDD a bien aidé. Première fête d’anniversaire à Toulouse avec Mister Big, Anne, Lucie et un couple d’amis. On va boire dans un bar toulousain et on rit comme des petits fous, quelle merveilleuse séance d’abdos. J’avoue que j’étais ravie de cette petite soirée car, l’an dernier, je n’avais pas pu le faire avec Anne, mon amie d’enfance, et ça m’avait fait un peu bizarre. Fête deux : avec ma famille. Samedi soir, le lendemain, petite soirée en famille, papa, maman, Johann et Alice (Anthony étant resté sur Paris pour passer son concours de pompier). Et comme j’avais pas encore assez mangé et bu du week-end, le dimanche, on se fait un petit repas en famille avec ma mamie et ma tante. Tout ça se solde par un paquet de nouvelles fringues, un livre de cuisine et un kit de massage (ma famille chercherait-elle à me caser ?).

 

Retour sur Paris. Mon anniversaire étant jeudi soir, il paraît logique de fêter ça le vendredi soir comme ça, on peut se coucher tard. La liste des invités est la
suivante :

– 3 vingtenaires : Tatiana, Gauthier et moi.
– 2 blogueuses : La rouquine et Lilvirgo
– 3 lecteurs : Lefroid, Bernardin et Sechev
– 2 amies parisiennes : Sab et Zoé
– 1 membre de ma famille : Alice
– 1 élément rapporté que je connais pas : un copain gay de la rouquine.

Bon, tout le monde arrive (en retard) sauf Zoé qui est malade mais qui n’a pas l’appendicite, rassurons-nous. Forcément, nous avions réservé une table dans notre bar-restaurant de
prédilection, où nous passons pas mal de soirées depuis octobre. Bon, on est un peu serrés à table, nous voilà tous très intimes. A côté de moi, j’ai pris ma sœur qui ne connaît pas le blog donc ordre du jour : deux mots sont interdits : « Nina » et « vingtenaire ». On discute et Alice me sort : « bon, et faut appeler les gens par leur vrai nom ou leur pseudo ? » Mon cerveau passe en mode alerte : mais comment elle sait ça, elle ? J’ai bien envoyé un mail à tout le monde sauf la miss pour donner les vrais prénoms,
aurais-je commis la faute de lui adresser aussi ? Non, c’est mon Gauthier d’amour qui a envoyé un mail à tout le monde (y compris ma soeurette) de sa boîte gauthier.vingtenaire en intitulant le dit message : « anniversaire [biiiiiiip]/Nina ». Bon, ça, c’est fait.

Elle a eu droit aussi à la fameuse histoire du sperme qui rend la peau douce. Comme je ne suis pas sûre que cette histoire ait été racontée ici, je vous la retranscris. C’était en deuxième année de fac, j’étais au resto U avec Gauthier et un copain commun, Guillaume (pas celui avec qui je suis sortie). J’étais en train de bouquiner quand Guillaume dit : « et alors, il paraît que le sperme, ça rend la peau douce. » Et là, je me frotte le coin de la bouche et je lâche un merveilleux : « ah ouais ! ». Bon, elle a eu droit à plein d’autres histoires sur ma personne, notamment celles où je fais l’amour à des étagères et des grilles en fer forgé en boîte. Donc ma sœur ne me regardera plus jamais comme avant, c’est clair et net. Elle m’a aussi révélé au passage qu’elle savait que je fumais. C’est fou comme c’est difficile de cacher des choses aux gens qui vous connaissent…

 

Bon, je ne parlerai pas de la qualité de la bouffe, très bonne, mais là n’est pas la question. Abordons l’essentiel : mes cadeaux. Bon, comme j’en ai eu plusieurs (hihihihi),
ils ont été distillés tout au long du repas. Oui, les cadeaux, c’est comme les brouettes, faut pas tout donner d’un coup, faut profiter de chacun d’entre eux. Entre en piste cadeau n°1 : un petit hippopotame tout bleu, tout doux, avec de grands yeux tout mignons et qui a la particularité de vibrer. Bon, déjà, on a mis deux heures à mettre les piles, le couvercle refusant de se fermer puis le gentil hippopo a fait plusieurs fois le tour de toute la table, toute la table voulant l’essayer : « oh, mais c’est tout doux ! », « oh, ça vibre ! », « oh ouah ! Ca fait vachement de bien » (personne ne l’a testé de façon intime, je préfère préciser). Mon ami l’hippopotame, baptisé Hugo, a été l’objet de toute l’attention, Le Froid a même tenté de me le subtiliser (la photo est d’elle, on applaudit).

 

Après le plat principal entre le cadeau n°2, celui que je réclamais à corps et à cris depuis 6 mois et qui était enfin entre mes petites menottes excitées : une cravache que
j’ai baptisée Monica. Oui, j’aime donner un nom à mes objets coquins et alors ? Monica n’est pas très grande mais elle est très jolie, tout à mon image. Elle manque encore un peu de souplesse mais ça viendra avec le temps. J’ai donc passé le reste de la soirée à jouer avec, à l’agiter sous le nez des gens quand je veux leur parler et à en cravacher quelques uns. Bref, si Gauthier avait eu quelques doutes sur ce cadeau, il n’en avait plus, après. Enfin, troisième et dernier cadeau : un après-midi shopping, youhou ! Je vous tiendrai au courant de cette dernière partie du cadeau. J’ai aussi eu droit à deux roses, une offert par La rouquine, une autre par un gars qui fêtait son anniversaire à la table d’à côté. Ca devait faire trois ou quatre ans qu’un homme m’avait pas offert de roses…

 

Enfin, samedi, j’ai eu un dernier petit cadeau qui m’a fait très plaisir. Nous sommes sortis avec La rouquine, Le froid et Gauthier (of course), une folle soirée où j’ai dansé
comme une folle. Note pour moi-même : ce n’est pas une bonne idée de danser quand on a eu un torticolis dans la semaine, faut que j’apprenne à danser sans jeter ma tête de droite à gauche pour faire de supers effets avec ma chevelure. Bref, vers 4h du matin, Gauthier et moi décidons de nous transposer dans notre boîte gay préférée, prenant Le Froid sous le bras. La semaine précédente, j’avais harcelé le barman pour qu’il m’offre la merveilleuse paire de menotte en foufoune rose qui pendait à côté des bouteilles et qui étaient toutes malheureuses, seules, inutiles, inexploitées. Donc cette semaine, je reviens et je fais : « hé, tu sais, c’était mon anniversaire, jeudi ! ». Et là, je les ai eues, mes belles menottes. Et bien, la foufoune rose est très douce, je me suis baladée pour la fin de la nuit avec mes menottes au poignet, yahaa !!

 

Bon, maintenant, me reste plus qu’à trouver le monsieur qui fera la connaissance Monica et des menottes à qui j’ai pas donné de nom…

 

Voilà, j’ai maintenant 26 ans et je reprends ma vie en main, j’ai profité du week-end pour régler des choses qui ne pouvaient plus attendre, il est temps de ne plus subir les
événements mais de les maîtriser. Déjà, à peine ai-je soufflé mes bougies que je vais commencer un nouveau boulot. Ca commence plutôt bien, non ?

 

Pour terminer : je remercie les gens qui sont venus à mon anniversaire, j’ai passé une super bonne soirée et j’étais ravie de mes cadeaux. On se refait ça l’an prochain,
hein ?

J’aime pas l’hiver

17h, il fait nuit, mon thermomètre m’indique que les températures sont passées en dessous de zéro. Hop, je jette sur les épaules ma super couverture en mohair de mémé et je me fais une infusion : l’hiver sera long.
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Mercredi 22 décembre, 16h, ma mère et moi sommes dans la voiture, on fait les courses de Noël… Et on n’y voit rien. « C’est pas possible, doit y avoir un incendie ! » clame ma mère. Faux, c’est le brouillard. A 16h30, c’est comme s’il faisait nuit, je répète ma charmante litanie : « Berk, j’aime pas ça, c’est sinistre, ce temps ! ». Effectivement, on n’a pas revu le soleil avant le samedi, le thermomètre n’atteignait même pas le zéro en journée, les stalagmites formées par la canalisation pétée dans le jardin restent là, les toiles d’araignées sont détruites par le givre, trop lourd pour elles. Je me plante devant la cheminée, une couverture sur les épaules (c’est mon truc, ça), avec juste une envie : roupiller un coup. Ou alors ne rien faire, bouquiner tranquillement. Mettre le nez dehors ? Je suis obligée ? Parce que l’hiver, j’hiberne. Je ne sors que contrainte et forcée, j’essaie de faire un maximum de trucs à partir de chez moi. Quelle déprime !
 
L’année commence en plein hiver. Passé les premiers jours pleins de motivation (une nouvelle année, une nouvelle vie !), la déprime revient : il fait froid, il fait gris. Le seul avantage de l’hiver, c’est que je me promène dans la rue sans me faire draguer par quiconque. Faut dire qu’il faut être en manque pour avoir envie de moi dans ma tenue anti-froid : une immense doudoune qui me fait ressembler à une chenille informe, un chapeau enfoncé jusqu’aux yeux, une écharpe qui me cache le cou… En gros, on ne voit que deux choses : mon nez rouge qui a tendance à couler dès que je rentre dans un lieu chauffé et mes lèvres craquelées par le froid ou barbouillées de baume hydratant. Sexy au possible, en somme. Ce qui est particulièrement pénible, en hiver, ce sont les changements de températures. Outre le nez qui coule, on se prend des suées insupportables. Quand j’habitais à Toulouse, j’avais dix à quinze minutes de marche pour attraper le métro donc je traçais dans la rue pour me réchauffer et une fois que j’entrais dans le métro, je devais virer toutes mes épaisseurs sous peine de me mettre à dégouliner… Evidemment, je chopais un rhume, de temps en temps. Je me souviens particulièrement de l’hiver 2000 où je ratais une semaine sur deux de cours à cause de foutues crèves qui me clouaient au lit (j’ai quand même eu ma licence, n’ayez pas peur). En plus, les rhumes, c’est mauvais pour mon nez. Par exemple, si vous regardez les photos familiales de Noël 2004, vous ne m’y verrez pas : j’étais malade et j’avais la tronche écorchée à force de me moucher.
 
Outre ces petits problèmes de santé soignés à coup de grog qui m’assomment littéralement, il y a une baisse de forme indéniable sur tous les plans. Par exemple, en hiver, j’ai la libido d’un poisson : je ne cours pas après les brouettes, j’ai plus envie de chastes câlins pour se réchauffer à deux… De toute façon, l’hiver, je ressemble à rien : outre ma tenue anti-froid, l’électricité statique me fait de drôles de coiffures. A propos d’électricité statique, cette dernière m’en veut particulièrement. Je me prends des pignes en permanence. Quand je rentre chez moi, j’enlève mon manteau et quoi que je touche, paf ! Je me prends une décharge. Ouvrir ou fermer la porte d’une voiture ? Paf ! Avant de faire un câlin à Kenya, je me décharge en prenant une pigne pour pas lui faire mal. Mais l’autre soir, alors qu’elle me faisait un câlin, clac ! Même en me peignant, je prends le jus ! Quand je me déshabille, le soir, je jette mon pull le plus loin possible, il atterrit dans un tonnerre de claquements, j’attends cinq minutes pour le ramasser. Je me souviens, plus jeune, ma mère m’avait offert un pull en polaire que je mettais tout le temps quand je rentrais chez moi, le soir. Une nuit, je l’enlève puis j’éteins la lumière. Et là, le voilà qui me fait des éclairs verts ! Bonjour l’angoisse…
 
Les journées sont plus courtes et notre activité s’en ressent : se lever alors qu’il fait encore nuit, il n’y a pas pire à mon sens. Je me souviens, l’an dernier, je partais de mon appartement à 7h30 le matin pour aller en cours, l’ambiance dans les rues était glauques : pas un passant, peu de voitures et surtout ce froid atroce… Je me souviens, une fois, j’étais partie travailler à 7h à la Poste, j’avais dû traverser le Pont neuf qui enjambe la Garonne à pied car le métro était en panne et je devais rejoindre mon bus au Capitole. Durant la traversée du Pont, j’ai cru mourir, le froid me mordait tellement que j’ai cru un instant que mes oreilles allaient tomber. Parfois, on commence les cours, il fait encore nuit, c’est tout de même étrange… De la même façon, le soir, il fait nuit à 17h et on n’a qu’une envie : une soupe et au dodo. En ce moment, comme je suis au chômage, je n’ai pas d’horaires particulières et quand la nuit tombe, j’ai l’impression que la journée est finie et que je n’ai rien fait. Faux, il n’est que 17h, j’ai encore le temps de faire des tas de choses. Mais sortir une fois que la nuit est tombée, ça ne me séduit que peu. Quand j’étais au lycée, c’était ma litanie préférée : « c’est horrible, on passe notre journée à l’école : on arrive, il fait nuit, on repart, il fait nuit ! ». Il est vrai que quand je compare mon emploi du temps en hiver et celui en été, ça n’a rien à voir. Même mon temps de sommeil n’est pas le même, je dors beaucoup plus en hiver qu’en été. Parfois, je me dis que je ferais mieux d’hiberner, ça irait plus vite !
 
De toute façon, il est prouvé qu’en hiver, on déprime, c’est scientifique : on voit moins le soleil, ça joue sur l’humeur ! Quand je suis allée voir Yohann en Suède, j’ai pu mesurer l’effet des longues nuits sur nos vies. Yohann est un lève-tôt : pour lui, se lever à 9h, c’est une fantastique grasse matinée. Pourtant, quand je suis allée le voir, on se levait jamais avant 11h. De toute façon, on passait plus de temps dans les cafés qu’ailleurs. Le premier jour, on va au centre commercial voisin et quand on ressort, il fait nuit.
« Tu veux faire quoi ? me demande-t-il.
– Ben, il est tard, on va peut-être rentrer.
– Nina, c’est 16 heures… »
Oh Seigneur ! Du coup, il y a des tas de choses qu’on ne peut faire, genre aller se promener en forêt… Enfin, si, nous l’avons fait, mais on s’est perdus et on a manqué de se retrouver dans la forêt en pleine nuit, seuls et abandonnés de tous… Heureusement, on a fini par s’en sortir, pas du tout là où on pensait… Et on fumait ! On allait de cafés en cafés (quand il fait nuit, traîner dans les rues, ça tente moins) donc on fumait. D’ailleurs, après ce voyage, j’ai arrêté quelques temps…
 
Bref, l’hiver est une saison qui me semble morte, où rien de positif ne peut vraiment se passer. Pourtant, j’ai rencontré Guillaume mon ex fin janvier, par exemple, il s’en passe des choses pendant ce temps-là. Mais c’est vrai que mon humeur est extrêmement cyclique : charmante le matin, irascible l’après-midi, une crise de fou rire peut succéder à une crise de larme (ou vice et versa). Oui, parce qu’en hiver, je pleure tout ce que je n’ai pas pleuré tout le reste de l’année et je pleure pour un rien. Je pleure devant un film, parce que je suis fatiguée, parce que je sais même pas… Et puis je ris pour rien aussi. L’hiver, je suis totalement paradoxale : je ne veux voir personne et je ne supporte pas la solitude. Par exemple, dimanche, je rentre de chez ma sœur chez qui j’ai déjeuné, mes parents sont repartis pour notre sud natal. Je m’étale sur mon lit et Gauthier m’appelle. « Tu veux aller au cinéma ? » Grande question : oui… et non. Oui, j’ai bien envie de me bouger un peu, de voir Gauthier. Mais non, j’ai pas envie de sortir et ai-je envie de voir quelqu’un ? Bon, finalement, j’accepte, on va voir un navet américain mais ça fait du bien, finalement, on discute un peu après et ça me fait du bien. En hiver, je recherche le maximum d’activités à l’extérieur mais sur le coup, ça m’emmerde de sortir… C’est où Sainte Anne, déjà ?
 
Enfin, bref, vivement le retour du printemps, du soleil, du jour quand je me lève, des températures normales, des bonnes humeurs permanentes…Plus que trois mois, courage !