Et si je croyais en Dieu ?

En ce moment, je traverse une crise spirituelle, je m’en suis rendue compte mardi en regardant Bruce Tout puissant. Je dois être à peu près la seule personne à avoir pu trouver un sujet de réflexion dans cette daube so Jim Carreyesque. Je sais plus qui m’avait dit que c’était plus dans la veine du Truman Show et tout. Je pense que je sais plus qui est un junkie.

Dans le film, Jim aka Bruce commence le film en étant renvoyé et il en veut à Dieu, tout ça. A un moment, il prend sa voiture et hurle à Dieu de lui envoyer des signes. Celui-ci le fait en lui disant d’arrêter d’aller tout droit mais Jim-Bruce n’écoute pas et bim un réverbère et allons-y pour un « Dieu, t’es qu’un con, tu fais chier, pourquoi moiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ? ». C’est ce moment là du film qui m’a plongée dans une intense réflexion. Parce qu’en ce moment, j’ai quelques réclamations à faire aussi mais y a pas de service après-vente de la vie et ça m’emmerde. Non parce que j’aime bien que quelqu’un écoute mes récriminations. Même si la connasse de la Poste, quand je m’énerve, elle me raccroche au nez (véridique).

 
« Bonjour, Dieu service après vente.
– Bonjour, ici Nina Bartoldi, j’aurais une réclamation.
– C’est à quel sujeeeeeeeeeeeeeeeeet ?

– Alors voilà, depuis plus de six mois, j’ai une vie on ne peut plus vertueuse, je bois plus, je fume plus, je sors plus jusqu’au bout de la nuit, je bombarde la capitale de CV et résultat, je me prends refus sur refus, le mec avec qui je croyais sortir trouve intelligent de me faire le coup du silence radio et on m’annonce que ma grand-mère va mourir.

– Mais elle est pas morte.

– Non mais c’est quand même dur à vivre, sur le coup. Et je vous épargne les autres merveilleuses désillusions que j’ai dû subir depuis le début de l’année.

– Oui mais vous continuez à avoir du sexe.

– Je suis pas nonne non plus et ma vie sexuelle n’a rien à voir dans l’histoire.

– Mais c’est pas avec nous qu’il faut voir ça mais avec le petit Jésus.

– Non, il m’aime pas, lui, la seule fois que je lui ai demandé quelque chose (et encore en rigolant), il me l’a bien fait payé.

– Oui mais c’est avec lui qu’il faut voir
– Ben passez le moi !
– C’est pas possible.
– Pourquoi ?

– Parce que c’est carême, il est parti en vacances dans le désert.

– Bordel, j’en ai marre, vous faites mal mon boulot et c’est moi qui paie les pots cassés !! Passez-moi quelqu’un !

– Bip ! Bip ! Bip ! »
 

Bon, je déconne. Pourquoi croire ? Parce que la croyance, c’est l’espoir. Je m’explique. Vendredi soir, en rentrant de chez ma sœur, je regardais Sex and the city, c’était l’épisode où Carrie se fait plaquer par un post it et Charlotte lui explique (en gros)que les choses n’arrivent jamais sans raison. Ok mais ça veut dire quelque part qu’on a un destin, que les choses sont tracées. Parce que par exemple, si j’ai pas un job, à priori, ça veut dire que j’en trouverai un mieux après, qui m’attend. Si j’avais eu le 1er, j’aurai pas eu l’occasion de postuler pour le 2nd. Si un mec oublie de me rappeler, c’est pour que je sois dispo pour un autre mec (quoi que dispo… Enfin, j’en parlerai une autre fois). Si ma grand-mère est presque morte, c’est peut-être pour me rappeler que la vie est courte et qu’il faut foncer. Ou que je culpabilise parce que j’ai parlé de son héritage pour un ordi et que je l’ai même pas appelée pour la fête des grands-mères. Ou alors tout ça arrive sans raison parce que c’est la vie et c’est tout. Si la mienne est merdique en ce moment, c’est peut-être de ma faute ou la faute à pas de chance.

 

Mais c’est trop fataliste, ça, ça me plaît pas du tout ! Croire, c’est avoir quelqu’un à qui adresser ses prières. Même si elles sont pas exaucées, ça fait du bien de croire que prier, ça peut arranger les choses (sans se contenter de ça non plus, of course). Je ne veux pas avoir une religion, je n’aime pas les religions, elles ne servent qu’à faire la guerre (oui, je sais méga simpliste mais j’ai pas le temps de développer, là). Je veux juste croire que quelque part, ce qui m’arrive, c’est avec raison et que c’est pour apprécier ce qu’il viendra après. Je ne peux pas croire en une entité supérieure, je ne peux pas le concevoir, je rationalise trop à ce niveau-là. Mais peut-être juste croire que quelqu’un écoute mes prières quelque part et va me filer un petit coup de pouce. Genre un taf (en CDI, soyons fous), genre un mec qui me respecte (ooooooooooooh), genre ma grand-mère qui retrouve tous ses esprits parce que là, elle raconte un peu n’importe quoi…

 

Promis, quand j’aurai tout ça, je prierai pour la paix dans le monde.

L’’histoire de Nina le foeœtus

Il y a 26 ans, je poussais mon premier cri, un dimanche de Pâques… J’avoue que je m’en souviens pas mais il y a plein d’histoires autour de la conception de Nina, je vous les livre.

 

Juin 77, Papa Nina et maman Nina se marient, ils sont jeunes, ils sont beaux… Pour parfaire le tableau, ne manque qu’une chose : un bébé. Oui mais voilà, les tests de grossesse se suivent et le résultat reste le même : négatif. Au bout de deux ans, maman Nina passe des tests : tout va bien. Donc le problème viendrait de papa Nina. Avant de subir un spermogramme, papa et maman Nina décident de partir en vacances, la dernière tentative. Pendant quelques jours, papa et maman Nina s’aiment sur le divan qui sert de lit dans l’appart au bord de la mer de papi et mamie Bartoldi.

 

Retour at home. Les règles de maman Nina sont en retard, serait-ce enfin le moment tant attendu ? Un soir, papa et maman Nina font la fête entre amis. Le lendemain, ils se lèvent aux aurores, l’heure de vérité est enfin arrivée. Maman Nina fait un test de grossesse, ils attendent, le cœur battant et là : bingo, il est positif ! Ivre de joie, mon papa va acheter le journal (???) et le marchand de journaux lui rend une pièce de 2 francs toute neuve : hé oui, ce jour de test de grossesse est aussi celui de la sortie des pièces de 2 francs et le marchand de journaux dit à mon papa : « C’est la première que je donne ». Papa et maman Nina décident donc de collectionner toutes les pièces de deux francs pour ce petit embryon de vie qui vient de surgir dans leur existence. Sauf qu’ils ont arrêté avant que je naisse, arf !

 

Enceinte, ma maman est persuadée que je suis pénissalement équipée et que je m’appellerai Pierre. Je pense ici qu’il y a un certain traumatisme puisqu’à un moment dans ma vie, je ne flashais que sur des Pierre (et même que des fois, je concluais). Notre couple se promenait main dans la main en regardant avec émotion les meubles pour enfants : « ça ira bien dans la chambre de Pierre. Oh, ce serait trop mignon pour Pierre. » Raté, l’échographie révèle que je suis en fait une Pierrette. Donc, il faut se mettre d’accord sur un prénom. Mon père milite
pour Isabelle, ma mère pour Flavie (là, j’ai gardé les vrais prénoms). Je dois avouer que 26 ans plus tard, je bénis toujours mon père de ne pas avoir cédé. Finalement, ce sera Nina. Et là, c’est papi Bartoldi qui fait la moue : petit, il avait été traumatisé par une Nina, vilaine petite fille moche qui l’embêtait. Mais bon, la décision est prise, je serai Nina.

 

Le problème, c’est que je suis un fœtus chiant. A 6 mois, ma mère se retrouve alitée et doit suivre un traitement parce que j’ai une furieuse envie de sortir : pas née et déjà impatiente, quelle catastrophe. Mais à 6 mois, je suis pas finie donc hors de question de me faire sortir. Comme je suis chiante mais pas trop, je reste dans le ventre de ma maman.

 

Arrive la fin de la grossesse et là, ça devient épique. 21 mars, ma maman fête ses 25 ans. Hé hop, contractions ! Elle va à l’hôpital, la sage femme (accessoirement une grande tante) dit à ma mère : « elle arrive la petite, tu vas accoucher incessamment sous peu ! ». Mais ma maman n’a rien sur elle donc elle doit vite retourner à la maison avec papa pour récupérer quelques affaires. Pas de chance, mamie Parmentier (la maman de ma maman) et la sœur de ma maman ont décidé de passer à la maison pour faire une surprise à maman Nina pour ses 25 ans. Or ma mère ne veut pas les tenir au courant que son fœtus veut sortir, elle essaie de les éconduire poliment pour filer à l’hôpital. Retour à la case hôpital et là…rien. Finalement, je ne naîtrai pas le même jour que ma maman.

 

6 avril. Pendant 15 jours, ma mère est allée plusieurs fois à l’hôpital mais finalement non, je voulais plus sortir. En même temps, j’étais prévue pour le 12, quand c’est pas l’heure, c’est pas l’heure. Mais revenons au 6 avril, dimanche de Pâques. Ce jour-là, papa et maman Bartoldi ont rendez-vous avec mamie Parmentier et toujours la même tante pour un déjeuner pascal dans une auberge. Sauf que je fais à nouveau des miennes, je veux sortir ! Donc au lieu d’aller au restaurant, mes parents vont à l’hôpital. L’infirmière, très désagréable, manipule ma mère avec une délicatesse peu commune et perce la poche des eaux. Bon, ben, là, c’est la bonne, je vais donc naître.

 

L’accouchement ne se passe pas très bien (c’était pas l’heure, bordel !) et les médecins veulent utiliser les forceps pour me sortir de là. Et demandent donc à mon père d’aller voir ailleurs s’il y est. Or mon père, en tant que médecin, a fait un stage en maternité et sait qu’un bébé qui naît sous forceps a une tête en forme de huit, après. Ma mère hurle : « non mais c’est sa fille autant que la mienne, il reste ! ». Oui, ma mère, même en me donnant la vie, elle garde son caractère.

 

Pendant ce temps, dans l’auberge. Hé oui, mes parents ont un peu omis de prévenir leurs deux compagnes qu’ils ne viendraient pas pour cause d’accouchement. Mamie Parmentier, inquiète, finit par appeler et apprend l’évolution de la situation (n’oublions pas la tatie sage-femme). Il faut savoir que ma grand-mère est très discrète donc toute une auberge a suivi ma
naissance en direct. Pas née et déjà une star, tel est mon destin.

 

Enfin, à 14h45, je crie. Je ne suis pas très grande ni très épaisse : 48 cm pour 3 kg, un petit bébé même pas avec une tête en forme de huit. La fin de l’histoire, selon ma mère : mamie Parmentier arrive enfin à la maternité et me kidnappe des bras de mon papa, tout étonné.

 

Et voilà, 26 ans plus tard, j’ai bien grandi (si d’abord !). Aujourd’hui, ma maman va m’appeler et elle me dira : dire qu’il y a 26 ans, tu étais un petit bébé, tu as bien grandi. Hé oui. Des fois, je me demande ce que ressent une mère quand elle voit son bébé pour la première fois. Selon ma maman, ce fut : « qu’elle est belle ». Alors que pour ma sœur qui était toute rouge et toute fripée, ce fut : « Seigneur, c’est nous qui avons fait ça ? ». Rassurez vous pour ma sœur, elle s’est défripée et a retrouvée une couleur normale depuis (et non, Bernardin, tu toucheras pas à ma sœur). Est-ce qu’une jeune mère imagine l’avenir de son petit bébé ? Ma mère imaginait-elle que je serais une journaliste de
26 ans (certes au chômage) belle comme le jour. Bon, c’est mon anniversaire, les fleurs sont pas chères, j’ai le droit de m’en envoyer.

 

Les années passent et je me rends compte que mon anniversaire a moins d’importance qu’avant. Mais ça m’ennuie quand certaines personnes l’oublient, quand même. Maintenant, c’est plus l’occasion de faire la fête avec mes amis et ma famille. Cette année, j’ai droit à trois fêtes : la familiale, la toulousaine et la parisienne. Trois fois plus de cadeaux, donc ! Non, je plaisante, les cadeaux n’ont pas d’importance. Ce qui compte, c’est d’être avec les gens que j’aime et de passer un bon moment avec eux.