Petit guide pour blogueurs en mal de célébrité (volume 2)

L’autre, je vous expliquais avec le talent qui me caractérise (mouarfff ! Quelle modestie) quelques tuyaux pour faire un blog qui déchire. Mais c’est pas tout d’avoir un beau blog, il faut que les gens le découvrent. Parce que tu peux être une pépite d’humour et de finesse, si personne ne sait que ton blog existe, ça sert un peu à rien. Alors, aujourd’hui, je te donne des tuyaux pour faire de la pub pour ton blog.

 

Bon, déjà, tu as les annuaires et les moteurs de recherche mais ça, je vais pas t’en parler parce que tout le monde le fait et c’est même pas drôle. Moi, je fais te filer des conseils d’une vieille blogueuse, à appliquer ou non. Alors comment popularise-t-on un blog ? Alors, déjà, de quoi tu parles ? Non parce que par exemple, si tu fais un blog sur l’OM, c’est pas super la peine d’aller faire ton malin sur un forum pro-PSG. Parce que si tu attires des lecteurs grâce à ça, tu risques que de récolter des comms d’insultes donc je te le conseille
pas. Donc, déjà, si tu veux faire ton malin sur les forums en mettant l’adresse de ton blog, assure-toi de pas te faire des ennemis parce que se faire attaquer en permanence sur son blog, c’est pas franchement amusant. Ça peut même te dégoûter à vie du blog… Pourtant, certains utilisent cette technique. Par exemple, lors de mes interviews pour Modo, deux over-bloguiens m’ont parlé d’un commentateur militant FN qui venait les insulter. Ah oui, je le connais bien celui-là, il m’a fait pareil ! Sauf qu’à force d’insulter les gens, tout le monde le dénonçait sur le forum OB pour son blog à la limite de la loi (presque raciste, presque négationniste…) et dès qu’il faisait un pas de travers, hop ! blog suspendu. Donc voilà, c’est pas vraiment une bonne technique.

Le mieux, c’est de faire ami ami avec les autres blogueurs. Parce que finalement, la blogosphère, c’est vraiment comme le lycée (voire le collège) : toi, t’es nouveau, tu arrives en cours d’année et les groupes sont déjà constitués. Mais les groupes ne sont pas hermétiques, à toi de t’intégrer. Comment ? Mais comme dans la vie. Tu entames la conversation. Ce qui est bien sur les blogs, c’est que les gens te livrent un texte ou une planche, tu n’as plus qu’à commenter. Mais, s’il te plaît, sois pertinent. On raye de suite les « trop cool ton
blog, viens voir le mien ». Ce genre de comm, je les efface. Déjà, j’aime sentir que la personne a vraiment lu ce que je m’étais cassée à écrire. Après, tu n’es pas obligé d’être toujours d’accord avec ce que je dis non plus, c’est même la vie. Parce qu’un mec qui commente toujours « t’as trop raison, tu es géniale ! », je vais pas aller voir son blog et à la fin, je risque même de me foutre de lui. Non, sois pertinent mais correct. Tu as le droit de ne pas être d’accord avec moi, c’est pas une raison pour me mépriser ou m’insulter. Non, sois courtois, sincère, pertinent et les gens viendront te lire (et pas que celui chez qui tu commentes, magie !).

Après, ce qui marche quand même bien, c’est le léchage de fesses. J’en eus connu qui étaient des spécialistes. Déjà, ils commençaient par un « en fait, je voulais trop te rencontrer car c’est toi qui m’a donné envie de créer mon blog ». Ça, c’est très bon ! Du coup, on se sent un peu parrain/marraine du nouveau blogueur et même qu’on le met en lien. Enfin, moi, je le fais plus, je laisse grandir un peu ledit blog pour voir si je le linke ou pas. Non parce que le lien en blog, c’est délicat : si je linke un blog, c’est un gage de qualité donc je mets pas n’importe quoi. Or, parfois, un blog bien parti perd rapidement en qualité, ça m’emmerde de le laisser lié mais si je l’efface, ça va faire des histoires à base de « ouais, elle a enlevé mon lien, c’est une connasse, elle est jalouse de mon succès » ou chais pas quoi. Sauf que le fait d’être lié sur un blog, ça rapporte au mieux une dizaine de visites par jour donc pas de quoi s’extasier non plus. Par contre, faire ami/ami avec un blogueur, ça, c’est plus efficace. Par exemple : « Hier, je suis allée avec LilVirgo faire des courses »… Donc lien vers Lil. La demoiselle commente chez moi et comme elle est trop drôle, mes lecteurs-commentateurs passent la
voir à leur tour et hop. Ce qui marche vachement bien, aussi, c’est les soirées blogueurs et tout ça, faut pas en rater une. Moi, honnêtement, je suis allée à aucune. Parce que je n’en vois guère l’intérêt, si je veux rencontrer un blogueur, je lui écris direct un mail, ça va plus vite. Mais bon, ça reste un bon truc pour se faire des copains et se faire linker un peu à droite à gauche.

Mais là, encore, attention, ce genre de relation, ça se gère. Hé oui parce que des fois, les blogueurs, ils se tirent dessus. Genre, fais de la lèche, ok, mais fais en sorte qu’on ne relève pas ton hypocrisie parce que sinon, tu vas perdre ton lien sur les autres blogs. Après, si tu te la joues sur ton blog, attention aux rencontres, ça risque de te retomber dessus. Par exemple, si tu te la joues « je suis trop un tombeur, j’ai couché avec 258 filles », évite de t’étonner quand une blogueuse avec qui tu passes la nuit se couche sur le ventre malgré son opulente poitrine parce qu’elle va avoir tendance à penser que t’as trempé ton biscuit à peine trois fois dans ta vie. De la meme façon, rencontrer des blogueurs, c’est donner un visage à son pseudo et là, c’est à manipuler avec précaution. Bon, si tu dis que tu es beau ou belle sur ton blog, tout le monde te croira, pas le choix. Si tu mets des photos de toi sur ton blog et que tu ressembles plus à Lova Moor aujourd’hui qu’à Adriana Karembeu, bon,  y en aura toujours quelques uns qui se sentiront obligés de dire « ouah, comme t’es trop belle », comme on dit toujours qu’un nouveau né est beau, même si on le trouve laid. Mais je pense que tes stats vont s’en ressentir. De la même façon, si tu n’arrêtes pas de vanter ta beauté, ne mets jamais de photos car tu risques d’être la cible de deux blogueuses languedeputes qui commentent sur MSN (j’avoue que je fus l’une d’entre elles). Donc si tu dis que tu es sublime, évite de donner ton visage d’une façon ou d’une autre, ça fera partie de ta légende : « Bidule, le blogueur si beau que personne ne l’a jamais vu ». La rumeur peut être un bon argument vente aussi mais c’est très dangereux quand même, à manier avec précaution. Par exemple, si on dit « en fait, Nina, c’est Virginie Despentes » ou une autre écrivaine connue, c’est cool. Par contre, si tu fais naître une rumeur à base de « Nina sort avec blogueur machin », les gens peuvent se passionner de cette histoire et fouiller sur vos blogs respectifs
pour voir si c’est vrai ou pas. Le problème, c’est que ça peut te revenir dans la gueule, genre « il a dit ça sur elle », « elle a dit ça sur lui », « il paraît que c’est un mauvais coup », « il/elle l’a trompé(e) ». Alors, à la limite, y a pas de couple Nina-blogueur X donc tout ça, c’est fatigant mais bénef mais si le couple existe vraiment, ça peut l’atomiser ce genre de conneries.

Voilà, maintenant, tu as un blog top et tu as appris à lécher les bottes des blogueurs pour qu’ils parlent de toi… A partir de là, tu es bien parti pour devenir un blogueur incontournable !

Areuh

Il y a 25 ans et quelques heures, le petit Gauthier Marcel venait au monde. Oui je porte comme deuxième prénom celui de mon grand père, il est horrible, mais en même temps on s’en fout royal ! À la façon de Nina, je m’en vais vous conter l’histoire de ma naissance, hautement rocambolesque !

 Donc en cet été de l’année 1980, monsieur et madame futurs parents de Gauthier décident de mettre en branle leur premier héritier. Cela se déroule dans la maison de famille, elle nous appartient depuis près de deux siècles, et est actuellement la résidence secondaire de mes grands parents maternels. Mes parents estiment que c’est le meilleur endroit qui existe sur Terre pour concevoir l’enfant de l’amour (paroles exactes qu’emploiera ma mère quelques années plus tard pour me raconter ça !). Et puis ils veulent un enfant qui naisse au printemps (en fait ma mère ne veut surtout pas se retrouver enceinte en été, quelle bonne idée qu’elle a eue !).
La mayonnaise prend de suite, mes parents sont doués eux (Nina ne voit ici aucune attaque personnelle). Et voilà maman Gauthier enceinte, heureuse et épanouie. Elle veut un garçon, elle en veut un depuis qu’elle a 12 ans, il s’appellera Gauthier, mon père n’a même pas la voix au chapitre, il accepte ou il accepte. Connaissant ma mère, il n’essaye même pas d’argumenter ! Elle est tellement persuadée d’avoir un garçon qu’elle ne demande pas le sexe à l’échographie. Le gynécologue lui parle donc de mon petit cœur, de mes petits bras, de mes petits yeux, et là il lui dit :

–  Je vois bien les cuisses là !
–         … (ma mère ne comprend pas en quoi le fait que j’ai des cuisses l’extasie à ce point !)
–         Je vois vraiment bien les cuisses là vous savez !
–         Et alors ?
–         Vous voulez pas savoir ce qu’il y a au-dessus des cuisses ?
–         Dites-le-moi uniquement si c’est un garçon ! (ma mère est très joueuse !)
–         Félicitations madame, vous attendez un petit garçon !

Quelques larmes de joies plus tard ma mère annonce la nouvelle à mon père, à ce jour elle a toujours la photo de l’échographie sur elle. Mais tout ne devait pas être aussi rose que ça. À 6 mois, elle retourne chez le gynéco, elle s’assoit dans la salle d’attente, et elle remarque que toutes les autres femmes ont le même ventre qu’elle. Ma maman ne côtoyait pas d’autres femmes enceintes, donc elle ne savait pas trop comment elle devait être à 6 mois de grossesse. Le gynéco arrive dans la salle d’attente et demande à toutes les femmes à terme de se lever. Toutes les femmes se lèvent, sauf ma mère. Grand moment de solitude.

Persuadée qu’elle est enceinte de triplés, elle demande au gynéco de bien vérifier, il lui dit que non je suis tout seul, mais je suis peut-être un peu gros, tout simplement. Pour rajouter à la nouvelle, elle apprend que son col de l’utérus supporte mal le choc. Elle doit donc rester allongée jusqu’à l’accouchement pour éviter que je n’arrive prématurément. Et c’est parti pour 3 mois de sédentarisations totale.

Ma mère est grande (1m80), et svelte (57kg avant la grossesse), une semaine avant ma venue au monde, elle décide d’arrêter de se peser, elle vient de passer les 80 kg et elle en prend un par jour. Elle pense avoir frôlé les 90kg le jour de l’accouchement. L’accouchement justement parlons-en.

Je devais naître le 30 avril. Étant donné qu’elle était au lit depuis 3 mois, le matin du 30 avril, ma maman a senti un immense sentiment de soulagement, se disant « ça y est, je vais me débarrasser du monstre ! ». Mais non. Moi je suis très bien là où je suis. Le 1e mai rien. Le 2 mai rien. Mon père n’en pouvant plus non plus, ils décident de « provoquer » un peu tout ça. Les voilà donc parti sur les chemins creux de la campagne voisine, mon père conduit comme un taré, histoire de secouer ma mère comme une bouteille d’Orangina. En fin d’après-midi, ils rentrent, ma mère n’a toujours pas la moindre contraction, le désespoir s’empare de mes parents.

À 18h, maman est allongé devant la télé, papa bricole. Tout le monde essaye de se calmer. Et là : maman perd les eaux sur le canapé tout neuf pas encore fini de payer ! YOUPI ! Elle appelle mon père, et lui dit qu’elle va aller prendre une douche avant d’aller à l’hôpital. Elle n’a pas le temps de finir sa phrase que mon courageux paternel est dans l’entrée avec les valises et hurlant « allez dépêche toi, sinon tu vas accoucher ici ». Ma mère a eu beau lui expliquer qu’ils avaient encore le temps, il ne veut rien entendre, elle se lavera plus tard. Et les voilà parti pour la clinique. Mes parents ont choisi une clinique assez éloignée de chez eux, pour éviter que je ne naisse dans un hôpital public surchargé. Ils voulaient des soins de qualités et de la tranquillité. Mais tout ceci à un prix : il faut traverser la ville un samedi soir à 18h. Ma mère s’est vue mourir mille fois au moins, mon père a défoncé la voiture de devant puis celle de derrière pour sortir de son créneau. Il a embouti trois autres voitures sur le trajet (sans s’arrêter), il a grillé 4 feux rouges, et au moins autant de priorités. Dieu existe, et il a œuvré ce jour-là pour qu’on arrive tous en entier. Une fois ma mère dans les mains du personnel de la clinique, il s’est posé sur une chaise pour « décompresser », ma mère se souviendra toujours de sa tête à ce moment précis qui disait quelque chose comme « ouf, c’est bon, j’ai fait ma part du job ! ».

Il est donc quelque chose comme 18h30, ma mère s’installe sur la table de travail. Et là c’est parti pour le rodéo ! Je veux bien sortir, mais je n’y arrive pas vraiment. Ma mère est resté sur la table de travail jusqu’à 3h12 du matin (heure officielle de ma naissance). 9h c’est long ! Surtout que là, elle faisait pas du tricot la vieille, elle souffrait ! La pauvre, j’ai honte quand j’y pense (bien que techniquement je ne sois pas responsable !). Bref, pas de péridurale, parce que le travail est trop engagé, pas de césarienne, parce qu’« il finira bien par sortir » comme elle a dit la sage-femme (sage ? mon œil oui !). Par contre on y va gaiement sur les entailles au cutter.

–         Poussez madame, poussez !
–         *pousse*
–         Soufflez, inspirez, soufflez, eeeeeeet pousseeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeez
–         MAIS JE POUSSE ESPÈCE DE BATARD, TU VOIS BIEN QUE JE POUSSE ALORS ARRÊTER D’HURLER OU JE TE DÉVISSE LA TÊTE ! ENCULÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ
–         ….

Après deux changements d’infirmiers, que ma mère a, semble-t-il, choqué par son langage de charretier, le troisième arrive avec l’espoir affiché de mettre fin à ses souffrances ! Il enjambe ma mère et se retrouve à califourchon sur son ventre, il pose ses fesses sur la poitrine de ma douce maman, et pousse avec ses bras pour que j’arrive à sortir. Ma maman se retrouve donc avec un gentil monsieur qu’elle ne connaît pas assis sur ses seins. Le problème c’est qu’il doit peser 60kg tout mouillé le monsieur, et ma maman est une femme de 90kg en plein travail depuis 6h maintenant. Moralité : elle attrape l’infirmier d’une main, et il finit dans le mur ! Wonder maman ! Enfin, après encore 3h de travail, et quelques points de sutures chez le personnel médical, je viens au monde. Il était temps.

Mes parents ont acheté pour l’occasion un appareil photo dernier cri, mon père avait pour consigne de prendre la photo juste quand la sage-femme me pose sur le ventre de ma maman, avant qu’on me nettoie. Ma maman voulait avoir cette photo dans son album. Mon papa a donc pris les photos en ce mettant face à ma mère, on voit très bien ma tête sur la première photo, alors que mon corps est encore dans ma mère, puis on me voit en entier sur la seconde ! Je suis tombé sur ces photos, à l’âge de 15 ans, j’en fais encore des cauchemars. Mon père dit pour s’excuser qu’il avait oublié qu’on voyait ma mère à poil en fond, lui il ne voyait que moi à ce moment-là ! Bref inutile de préciser que ces photos n’ont jamais trouvé leur place dans un album.

Pour la suite de l’histoire, je vous dirais juste qu’en fait j’étais mort à la naissance. Ma maman ignorait pourquoi la sage-femme était partie en courant avec moi, sans prendre le temps de me montrer à ma maman. Personne ne voulait lui donner de mes nouvelles. Elle était persuadée que j’étais mort et que personne ne voulait le lui dire. Enfin à midi le gynécologue de garde est venu me ramener à mes parents plus qu’anxieux.

Je faisais 4,780kg pour 55cm, j’étais énorme, plein de poils, déformé par les forceps, et le manque de place dans le ventre de ma mère, le tout avec une jolie couleur violette ! Bref j’étais horrible, ma mère en a pleuré quand elle m’a vu. Il n’y avait que mon père pour me trouver beau. Les membres de la famille ont grimacé quand ils sont venus me voir, y compris ma grand mère :

–         Ah ! Ben il est…
–         Mais dit le qu’il est horrible maman !
–         Mais non, il est…

Elle n’a jamais réussi à le dire ! Mais maintenant je suis tout beau. En fait je suis devenu un beau bébé passé un mois. Le temps que je retrouve une corpulence et une couleur normales ! La preuve, je vous mets ici une photo ou j’avais deux ans. N’étais-je pas le plus adorable des bambins ?????

Je me dois de préciser que le gynécologue a dit à ma maman que plus elle aurait d’enfants, plus ils seraient gros et grands ! Elle a mis 4 ans avant de me donner un petit frère. Et Dieu merci il est né trois semaines avant terme, sachant qu’il faisait quand même 51cm pour 3,600kg, à terme il aurait été plus gros que moi ! La génétique est cruelle parfois.

L’’histoire de Nina le foeœtus

Il y a 26 ans, je poussais mon premier cri, un dimanche de Pâques… J’avoue que je m’en souviens pas mais il y a plein d’histoires autour de la conception de Nina, je vous les livre.

 

Juin 77, Papa Nina et maman Nina se marient, ils sont jeunes, ils sont beaux… Pour parfaire le tableau, ne manque qu’une chose : un bébé. Oui mais voilà, les tests de grossesse se suivent et le résultat reste le même : négatif. Au bout de deux ans, maman Nina passe des tests : tout va bien. Donc le problème viendrait de papa Nina. Avant de subir un spermogramme, papa et maman Nina décident de partir en vacances, la dernière tentative. Pendant quelques jours, papa et maman Nina s’aiment sur le divan qui sert de lit dans l’appart au bord de la mer de papi et mamie Bartoldi.

 

Retour at home. Les règles de maman Nina sont en retard, serait-ce enfin le moment tant attendu ? Un soir, papa et maman Nina font la fête entre amis. Le lendemain, ils se lèvent aux aurores, l’heure de vérité est enfin arrivée. Maman Nina fait un test de grossesse, ils attendent, le cœur battant et là : bingo, il est positif ! Ivre de joie, mon papa va acheter le journal (???) et le marchand de journaux lui rend une pièce de 2 francs toute neuve : hé oui, ce jour de test de grossesse est aussi celui de la sortie des pièces de 2 francs et le marchand de journaux dit à mon papa : « C’est la première que je donne ». Papa et maman Nina décident donc de collectionner toutes les pièces de deux francs pour ce petit embryon de vie qui vient de surgir dans leur existence. Sauf qu’ils ont arrêté avant que je naisse, arf !

 

Enceinte, ma maman est persuadée que je suis pénissalement équipée et que je m’appellerai Pierre. Je pense ici qu’il y a un certain traumatisme puisqu’à un moment dans ma vie, je ne flashais que sur des Pierre (et même que des fois, je concluais). Notre couple se promenait main dans la main en regardant avec émotion les meubles pour enfants : « ça ira bien dans la chambre de Pierre. Oh, ce serait trop mignon pour Pierre. » Raté, l’échographie révèle que je suis en fait une Pierrette. Donc, il faut se mettre d’accord sur un prénom. Mon père milite
pour Isabelle, ma mère pour Flavie (là, j’ai gardé les vrais prénoms). Je dois avouer que 26 ans plus tard, je bénis toujours mon père de ne pas avoir cédé. Finalement, ce sera Nina. Et là, c’est papi Bartoldi qui fait la moue : petit, il avait été traumatisé par une Nina, vilaine petite fille moche qui l’embêtait. Mais bon, la décision est prise, je serai Nina.

 

Le problème, c’est que je suis un fœtus chiant. A 6 mois, ma mère se retrouve alitée et doit suivre un traitement parce que j’ai une furieuse envie de sortir : pas née et déjà impatiente, quelle catastrophe. Mais à 6 mois, je suis pas finie donc hors de question de me faire sortir. Comme je suis chiante mais pas trop, je reste dans le ventre de ma maman.

 

Arrive la fin de la grossesse et là, ça devient épique. 21 mars, ma maman fête ses 25 ans. Hé hop, contractions ! Elle va à l’hôpital, la sage femme (accessoirement une grande tante) dit à ma mère : « elle arrive la petite, tu vas accoucher incessamment sous peu ! ». Mais ma maman n’a rien sur elle donc elle doit vite retourner à la maison avec papa pour récupérer quelques affaires. Pas de chance, mamie Parmentier (la maman de ma maman) et la sœur de ma maman ont décidé de passer à la maison pour faire une surprise à maman Nina pour ses 25 ans. Or ma mère ne veut pas les tenir au courant que son fœtus veut sortir, elle essaie de les éconduire poliment pour filer à l’hôpital. Retour à la case hôpital et là…rien. Finalement, je ne naîtrai pas le même jour que ma maman.

 

6 avril. Pendant 15 jours, ma mère est allée plusieurs fois à l’hôpital mais finalement non, je voulais plus sortir. En même temps, j’étais prévue pour le 12, quand c’est pas l’heure, c’est pas l’heure. Mais revenons au 6 avril, dimanche de Pâques. Ce jour-là, papa et maman Bartoldi ont rendez-vous avec mamie Parmentier et toujours la même tante pour un déjeuner pascal dans une auberge. Sauf que je fais à nouveau des miennes, je veux sortir ! Donc au lieu d’aller au restaurant, mes parents vont à l’hôpital. L’infirmière, très désagréable, manipule ma mère avec une délicatesse peu commune et perce la poche des eaux. Bon, ben, là, c’est la bonne, je vais donc naître.

 

L’accouchement ne se passe pas très bien (c’était pas l’heure, bordel !) et les médecins veulent utiliser les forceps pour me sortir de là. Et demandent donc à mon père d’aller voir ailleurs s’il y est. Or mon père, en tant que médecin, a fait un stage en maternité et sait qu’un bébé qui naît sous forceps a une tête en forme de huit, après. Ma mère hurle : « non mais c’est sa fille autant que la mienne, il reste ! ». Oui, ma mère, même en me donnant la vie, elle garde son caractère.

 

Pendant ce temps, dans l’auberge. Hé oui, mes parents ont un peu omis de prévenir leurs deux compagnes qu’ils ne viendraient pas pour cause d’accouchement. Mamie Parmentier, inquiète, finit par appeler et apprend l’évolution de la situation (n’oublions pas la tatie sage-femme). Il faut savoir que ma grand-mère est très discrète donc toute une auberge a suivi ma
naissance en direct. Pas née et déjà une star, tel est mon destin.

 

Enfin, à 14h45, je crie. Je ne suis pas très grande ni très épaisse : 48 cm pour 3 kg, un petit bébé même pas avec une tête en forme de huit. La fin de l’histoire, selon ma mère : mamie Parmentier arrive enfin à la maternité et me kidnappe des bras de mon papa, tout étonné.

 

Et voilà, 26 ans plus tard, j’ai bien grandi (si d’abord !). Aujourd’hui, ma maman va m’appeler et elle me dira : dire qu’il y a 26 ans, tu étais un petit bébé, tu as bien grandi. Hé oui. Des fois, je me demande ce que ressent une mère quand elle voit son bébé pour la première fois. Selon ma maman, ce fut : « qu’elle est belle ». Alors que pour ma sœur qui était toute rouge et toute fripée, ce fut : « Seigneur, c’est nous qui avons fait ça ? ». Rassurez vous pour ma sœur, elle s’est défripée et a retrouvée une couleur normale depuis (et non, Bernardin, tu toucheras pas à ma sœur). Est-ce qu’une jeune mère imagine l’avenir de son petit bébé ? Ma mère imaginait-elle que je serais une journaliste de
26 ans (certes au chômage) belle comme le jour. Bon, c’est mon anniversaire, les fleurs sont pas chères, j’ai le droit de m’en envoyer.

 

Les années passent et je me rends compte que mon anniversaire a moins d’importance qu’avant. Mais ça m’ennuie quand certaines personnes l’oublient, quand même. Maintenant, c’est plus l’occasion de faire la fête avec mes amis et ma famille. Cette année, j’ai droit à trois fêtes : la familiale, la toulousaine et la parisienne. Trois fois plus de cadeaux, donc ! Non, je plaisante, les cadeaux n’ont pas d’importance. Ce qui compte, c’est d’être avec les gens que j’aime et de passer un bon moment avec eux.